Édition du
23 July 2017

Appel à la levée de l'interdiction de SILA infligée à la littérature égyptienne

Le Commissaire du Salon International du Livre d’Alger (SILA) a décidé d’interdire d’exposition les livres égyptiens lors de la prochaine édition de cet évènement. Il a invoqué, en guise de justification, la campagne haineuse menée contre l’Algérie par certains médias égyptiens ainsi que le mauvais traitement subi par des citoyens algériens lors de la rencontre, au Caire, entre l’Équipe nationale de football et son homologue égyptienne. La ministre de tutelle s’est publiquement déchargée du problème sur ce responsable qui affirme, fièrement, la souveraineté de sa décision. Il affirme défendre la dignité du pays et de son Histoire. Comme si nos valeureux martyrs pouvaient être satisfaits d’une telle dérive, qui se traduit par un mépris arrogant vis-à-vis de la culture de nos peuples. Comme si on pouvait unilatéralement punir la littérature égyptienne et le lectorat algérien alors même qu’on continue à jouer des matchs de football, source initiale de tout ce scandale, avec des équipes égyptiennes. À notre avis, il s’agit bien là d’une attitude chauvine qui révèle, en fait, le peu d’égard que le livre en particulier et la culture en général ont toujours eu dans notre pays et la propension de certains de nos responsables à dénoncer au lieu d’éduquer.Nous, signataires du présent appel, nous nous démarquons de cette honteuse décision et appelons tous ceux qui sont soucieux de ne pas laisser passer un acte aussi irréfléchi:

• à dénoncer le chauvinisme dont font preuve certains responsables du secteur de la culture, tant ce sentiment exprime des dérives politiques en complète contradiction avec les intérêts supérieurs de notre peuple dont le seul ennemi doit être le sous-développement sous toutes ses formes;
• à demander aux autorités concernées par ce scandale à y mettre un terme en levant l’interdiction des livres égyptiens au SILA afin de leur permettre d’être découverts, lus et appréciés par les lecteurs algériens.
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Liste des signataires (à la date du 24 août 2010)

Ahmed Bensaada, Auteur; Aomar Hadjadj, Professeur; Mohamed Tahar Bensaada, Professeur / Philosophe; Taieb Hafsi, Professeur; Bachir Mazouz, Professeur; Omar Tchekiken, Informaticien; Ahmed Halfaoui, Consultant / Chroniqueur de presse; Farid Mammeri, Formateur; Fikri Faradj, Informaticien; Abdelkrim Hammada, Journaliste; Yassine Temlali,  Journaliste; Nadir Djermoune, Architecte/Urbaniste/ Enseignant universitaire; Nait Mebarek Mohand Ouchabane, Journaliste; Abdelmoumen Boumaza, Docteur vétérinaire; Kamal Almi, Éditeur; Nadir Krim, Enseignant; Adel Abderrezak, Enseignant universitaire; Ali Brahimi, Cadre d’entreprise; Abdelnasser Chiker, Ingénieur / Archéologue; Abderrahmane Zakad, Urbaniste/ Écrivain; Abdellatif Bounab, Cadre supérieur; Malika Bounab, Cheminote / Syndicaliste; Benaouda Bennaceur, Enseignant universitaire; Hocine Khelfaoui, Professeur associé; Aissa Lamri, Animateur Radio; Leila Touta, Enseignante; Aissat Kamel, Maître de conférences; Mustapha Mangouchi, Auteur-réalisateur; Zéhira Houfani, Écrivaine; Miloud Daho Bachir, Enseignant; Faïka Medjahed, Psychanalyste; Nasr edine Lezzar, Avocat / universitaire; Ghania Mouffok, Journaliste indépendante; Omar Zelig, Journaliste; Daho Djerbal, Universitaire; Wassyla Tamzali, Écrivaine; Djemaa Maazouzi, Universitaire; Boudjemaa Medjkoune, Journaliste; Ali Bensaad, Maître de Conférences;  Sadeq Aqrur, Économiste / Maire; Abderrahmane Belkadi, Dirigeant d’entreprise; Aidali Mohamed, Agronome; Hocine Belalloufi, Journaliste / écrivain; Imène Dellal, Attachée commerciale; Rachid Boudjarane, Président du R.A.C (Regroupement des Algériens du Canada); Benmokhtar Ahmed, Conseiller en emploi; Omar Abdelkhalek, Journaliste; Mehdi el-Djazaïri, Universitaire /journaliste/ auteur; Yahiaoui Yahia, Journaliste; Khaled Guerza, Chef d’entreprise; Abdennour Zahzah, Réalisateur; Mohamed Boudjemaa, Professeur; Abderrahmane Belkadi, Juriste; Ahmed Kaci, Journaliste; Boudjemâa Karèche, Auteur; Saida Khorsi, Informaticienne; Daikha Dridi, Journaliste; Ihsane El Kadi, Journaliste; Amara Lakhous, Écrivain; Bachir Kiouas, Étudiant.

Yazid Kefif, Médecin / Ecrivain; Abdelkader Dehbi, Universitaire; Mohamed Sari, Écrivain / Traducteur; Nait Sidenas Mohand, Architecte; Ali Boudoukha, Journaliste;Chafaa Bouaiche, Journaliste; Adila Laïdi-Hanieh, Essayiste; Lyes Touati, Étudiant; Omar Bouraba, Gérant d’entreprise; Mohamed Benchicou, Écrivain / Journaliste; Dalila Iamarene, Militante des droits des femmes; Safia Fahassi, Fondatrice du mouvement familles des disparus en Algérie et militante des droits humains; Farid Hadj Mohand, Étudiant; Mahmoud Rechedi, Juriste; Hakim Addad, Militant associatif; Samiha Belaribi, Enseignante; Samir Ben, Journaliste; Leila Marouane M’Chentel, Écrivaine / Journaliste; Mohammed Beghdad, Universitaire / Syndicaliste; Benmerad Mohand Said, Enseignant / Chercheur; Hakim Arabdiou, Médiateur; Boualem Bensebaa, Maître de conférences; Asma Guenifi, Psychologue / Psychanaliste; Souad Labbize, Formatrice; Mohammed Iouanoughene, Journaliste; Ali Derbala, Universitaire; Khaoula Taleb Ibrahimi, Professeur; Kamel Khelifa, Journaliste / Écrivain; Ghania El Kechaï, Adjoint administratif; Abdelaziz Belmahdjoub, Écrivain; Tewfik Allal, Coordinateur du manifeste des libertés; Yazid Amirouche, Journaliste; Nouicer Mustapha, Maître de conférences; Nasim Brahimi, Journaliste; Salah-Eddine Sidhoum, Chirurgien.


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13 Commentaires sur cet article

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  • Azzedine Ayadi
    21 août 2010 at 11 h 30 min - Reply

    Il me semble que dans l’état actuel des relations tendues entre les deux pays, et le fait que les autorités égyptiennes n’aient pas eue le courage d’affronter ce problème, la participation des auteurs ou des maisons d’éditions au SILA serait mal venue. Puisqu’ils nous ont traités de barbares, d’illettrés (en langue arabe)que pouvons nous faire avec leur livres qui font souvent l’apologie de l’intégrisme et de l’islamisme? Qu’ils nous fichent la paix avec leur littérature à la noix et leur films de m…Il faut se tourner vers des pays qui apporteront un plus à notre société et lâcher tous ceux qui attentent à nos valeurs intouchables, des écrivains arabes de Syrie, de nos proches voisins tunisiens, marocains, ou même soudanais sont une très bonne alternative aux égyptiens, je pense que nous reviendrons vers ces derniers lorsqu’ils auront compris d’une manière définitive qui sommes-nous….mais pas pour le moment.




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  • Abdelkrim Badjadja
    21 août 2010 at 17 h 56 min - Reply

    Bonsoir,
    Pas du tout étonnant de voir des livres interdits de diffusion en Algérie, peut importe le prétexte. Mes deux livres envoyés à titre gracieux à des parents et amis en Algérie ont été saisis par la Douane, sans aucun motif ni politique, ni commercial ni autre raison aussi stupide soit-elle. Pourtant, ces deux livres ne traitent que d’histoire et d’archives. Il en est de même d’autres auteurs algériens avant même de parler des auteurs égyptiens.
    Abdelkrim Badjadja
    Consultant en Archivistique




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  • tahar
    21 août 2010 at 20 h 12 min - Reply

    on s’attend a tout dans la republique de khalida!!
    elle qui ne cessait de nous avertir de la dictature du fis et des islamists.
    la derniere edition avait connu toute une liste de livres interdit sur instruction de khalida la democrate elle meme.




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  • Abdelkader DEHBI
    23 août 2010 at 1 h 14 min - Reply

    @ — Azzedine Ayadi –

    Etant déjà suffisamment saturé, comme tout un chacun, par une actualité autrement plus sérieuse qu’un banal Salon du Livre, j’allais juste me contenter de lire l’information y afférente sur notre site, avant de tomber sur votre commentaire qui m’a indigné.
    Car, vous écrivez en effet :
    «  » »…je pense que nous reviendrons vers ces derniers [les Egyptiens] lorsqu’ils auront compris d’une manière définitive qui sommes-nous….mais pas pour le moment. » » »….
    Je crois hélas que beaucoup de gens savent qui nous sommes tous les deux, les algériens comme les égyptiens : deux peuples qui totalisent à eux deux plus de Cent Millions d’âmes et qui subissent depuis des années, les uns comme les autres, deux régimes illégitimes, corrompus et traîtres à leurs peuples.- Alors, s’il vous plait, arrêtons de nous rengorger en jouant les vieilles demoiselles offusquées…
    Quant à la décision officielle et stupide de mise à l’index des livres égyptiens, qui ne sont ni meilleurs, ni plus mauvais que les autres, elle procède manifestement d’un « nationalisme de Superette » qui ne vous autorise nullement à vous ériger en juge de la littérature égyptienne ; qui plus est, en proclamant avec une suffisance et une impudence qui en disent long aussi bien sur votre formation que sur votre éducation :
    «  » »Qu’ils nous fichent la paix avec leur littérature à la noix et leur films de m… » » »
    Comme si l’on devait juger de la littérature à l’aune de telle ou telle nationalité ! Dieu merci,, il n’y a que de la bonne ou de la mauvaise littérature, en Egypte comme en Algérie, en France, en Grande Bretagne, en Syrie ou ailleurs.
    Par respect pour le lecteur, autant que pour m’épargner le risque d’être taxé de pédantisme, je m’abstiens de vous citer ici, quelques noms prestigieux d’auteurs de grandes œuvres littéraires égyptiennes universellement connues pour avoir été traduites de l’arabe dans des dizaines de langues à travers le monde. D’autant plus que cela ne vous sera d’aucune utilité ce me semble, du moment que votre opinion est déjà faite…




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  • Abdel
    23 août 2010 at 11 h 31 min - Reply

    C’est Terrible à chaque fois qu’il y a un problème dans nos pays arriéré il faut que le pouvoir s’immisce. Si Bouteflika avait laissé les instances du football Algérien régler le problème après le caillassage du Bus et pas dit oui à Moubarak pour poursuivre le match, le problème aurait été résolu aux niveaux des fédérations. On rentre chez nous et la Fédération International intervient pour programmer un autre endroit.

    Toujours pareille, il faut que ça devienne une affaire d’état. La montage a accouché d’une souris, Super Khalida qui à elle seule a réussit à contenir le Terrorisme et le FIS a trouvé un autre Os à ronger.
    Ce n’est pas le fait que les séries Egyptiennes sont Nulles qui justifie le fait qu’on les empêche d’assister au Salon.

    La prochaine fois que l’on se disputera avec les Egyptiens ont prendra les armes directement ça sera plus simple.

    Fierté Algérienne mal placé jusqu’où tu nous mèneras




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  • Azzedine Ayadi
    23 août 2010 at 12 h 59 min - Reply

    @-Abdelkader DEHBI
    Vous vous méprenez Monsieur, sur ma petite intervention au sujet du SILA. Rien ne vous empêche d’adorer ou de détester une littérature de quelque bord qu’elle soit, j’ai donné une opinion qui est la mienne, rien ne vous autorise dans mon texte de vous en prendre à ma formation que vous ignorez, ni à mon éducation qui est de très loin ce que vous pensez. C’est vrai que je n’ai pas précisé dans mon intervention qu’il s’agissait de littérature islamiste, ce que j’avais dis un peu plus haut… Mais si vous estimez que l’Eqypte actuelle et l’inondation de feuilletons qui sont en majorité liées de près ou de loin à la vieille littérature égyptienne est digne de respect et qu’il faut inonder l’Algérie de ses éditions; c’est votre droit le plus absolu. D’ailleurs,la fin de mon texte précise bien que la porte doit rester ouverte pour eux, mais un peu plus tard. Vous ne m’apprenez rien sur les grandes œuvres littéraires égyptiennes que par votre souci « d’être taxé de pédantisme… » vous ne souhaitez pas citer. L’universalité de ces œuvres n’est plus à démontrer, mais qu’en est-il resté? aujourd’hui dans un monde en profonde et perpétuelle transformation…à moins que, je ne le sache, le peuple algérien est devenu subitement un grand lecteur de « grande littérature » égyptienne ou autre. Aller vous promener un peu dans les grandes villes algérienne, vous verrez que, quasiment toutes les librairies se sont transformées en petites gargotes. Je crois Monsieur que le peuple algérien a plus la littérature du ventre en tête que celle de l’esprit. Les raisons de cet état de fait, je n’en doute point vous le savez aussi bien que moi et que nous ne pouvons développer ici par souci de respect pour l’article en question. Il suffit de demander autour de vous, quel budget les gens consacrent à la lecture pour saisir l’abîme d’ignorance dans lequel se dépêtre une grande partie de ce peuple, mais ça vous le savez déjà. je suis en revanche très en accord avec vous au sujet des régimes qui gouvernent les deux peuples.un peuple qui a faim ne lit plus, il tente d’abord de survire. Ces deux régimes et d’autres agissent de la sorte à l’image de la puissance romaine,on jette à la plèbe du pain pendant que les gladiateurs s’entretuent…Je dois quand même par respect vous féliciter de votre article. Précis, concis et agréable à lire, malgré quelques égratignures à mon propos au passage…mais sans aucune rancune, bien au contraire, j’apprécie la bonne répartie, mesurée et surtout démocratique




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  • Abdelkader DEHBI
    23 août 2010 at 13 h 52 min - Reply

    @ — Azzedine Ayadi :

    A mon tour, j’apprécie hautement votre sage mise au point qui dénote une grande honnêteté en vous présentant mes excuses pour le ton utilisé à votre égard et en demandant de considérer clos ce malentendu entre nous. —
    Je crois qu’il est du devoir de chacun d’entre nous en effet, de maintenir la sérénité des échanges et de cultiver l’intelligence et le sens de la mesure dans ce petit espace de débats de fond qu’est LQA ; un espace qui est ouvert à tous les patriotes soucieux de contribuer, peu ou prou, à l’avènement du changement dans notre pays, par delà les différences de sensibilités idéologiques, politiques et culturelles. Car, nous avons tous comme OBJECTIF COMMUN PRIMORDIAL : la lutte par tous les moyens légitimes et légaux, pour aboutir à la chute du pouvoir illégitime et criminel en place et à l’instauration d’Institutions républicaines authentiquement démocratiques, garantissant en particulier l’ensemble des Libertés Publiques : liberté de conscience, liberté d’aller et venir, liberté d’expression…etc…etc…




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  • Menouni Rachid
    24 août 2010 at 3 h 37 min - Reply

    A defaut de riposter contre le regime et l’entite egyptienne suite aux insultes et agressions de novembre passe, les bougnoules qui nous gouvernent se sentent une force et une vitalite retrouvee contre…les livres! Les livres c’est plus facile a attaquer, on peut les bruler, les dechirer, les boycotter, les censurer etc..Une telle interdiction est une autre preuve que les nababs d’alger sont des faibles declares.




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  • amin
    24 août 2010 at 5 h 31 min - Reply

    @ Azzedine Ayadi, Votre reflexion m’a interessee au premier lieu sur plsueirs niveaux, je partage aussi avc vous ce rejet inconditionnel de la culture egyptienne qui n’est pa la mienne et ne sera peut etre jamais pour aucun algerien eclaire.
    Juste un remarque: dans la culture egyptienne il faut pa selon moi lui reprocher l’aplogie de l’islamisme ou autre mais plutot -toujours selon moi-
    elever le niveau d’education de notre peuple,cultiver
    son esprit analythique et ses oyens intelectuels a faire la difference.
    Deuxiement, avec tt le respect que je dois a votre culture et votre education, la culture occidentale aussi n’est pa mon model, si envoyer des ROM en france chz eux est la culture que vous cherissez elle est pa la mienne, si la democratie et l’intelectualisme est de prendre les ROM pour des sans papiers comme le prentend la lique du nord en italie…chui dsl c’est pa ca mon ideal de tolerance alor que ni en italie ni en france, les politiciens n’ont lu des livres egyptiens.
    Cordialement




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  • Global Voices in English » Algeria: Bloggers Denounce the Exclusion of Egypt from the Algiers Book Fair
    26 août 2010 at 20 h 36 min - Reply

    […] a reaction to the decision, Algerian blogger Adel regrets the origin of this development [fr]: à chaque fois qu’il y a un problème dans nos pays arriérés, il faut que le pouvoir […]




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  • Rédaction
    28 août 2010 at 11 h 39 min - Reply

    Le Jour d’Algérie 28 août 2010

    http://www.lejourdalgerie.com/Editions/280810/Rubriques/evenement.htm#12

    Le SiLa se prépare

    Après avoir décidé de refuser aux Egyptiens des stands au Salon international du livre d’Alger (Sila), le commissaire chargé de cette manifestation, se dédit entièrement en invoquant des questions de sécurité. Il fait même plus. Il approuve ceux qui se sont élevés contre sa décision et considère que leur réaction est salutaire et qu’elle ne fait que valoriser l’image de l’Algérie. A la bonne heure ! Voilà une attitude qui rompt avec les habituels entêtements à camper, vaille que vaille, sur la défensive. Mieux. Il nous informe, aussi, qu’il a agi en concertation avec les exposants du Nil. Comprenne qui pourra, ou plutôt qui voudra, traduire les envolées enflammées contre ces derniers en entente cordiale et concertée. Là serait le bien-fondé de l’absence de l’Egypte au Salon. Sur le coup, le commissaire suscite une interrogation de taille. Puisqu’il y avait entente préalable, il ne fallait pas, par conséquent, nous dire que la mesure était une sanction qui répondait aux insultes contre l’Algérie et ses symboles. Il aurait pu faire l’économie de s’exposer à l’indignation de ceux qui lui refusent le droit de décider, seul, de la configuration du Sila. Mais, tout compte fait, on s’est quelque peu éloigné du discours chauvin, ce qui constitue un progrès notable. Il ne s’agissait que d’une appréhension sécuritaire. Le problème se présente sous un autre aspect. On apprend que le Salon du livre pourrait faire l’objet de la vindicte populaire, encore vivace et peu oublieuse du choc des inimitiés des médias égyptiens. Pire, le public du livre pourrait être plus violent que le public d’un stade. L’animosité étant née à propos du football, le stade devrait être le lieu le plus craint, en matière de possibilité de violences incontrôlées. Il n’en a rien été à Tizi Ouzou. Même pas des insultes, des ovations en l’honneur d’Aboutrika. Le stade n’a pas respecté les promesses concoctées dans les préjugés de ceux qui pensent à la place des masses. Le stade, avec des Egyptiens dedans, des Egyptiens qui ont joué contre les Verts, les mêmes pour la plupart, s’est avéré pas dangereux du tout pour ses hôtes. A contrario, le Salon du livre, avec des gens des livres, non des joueurs de football, serait dangereux. Comprenne qui pourra, ou plutôt qui voudra, l’inversion des genres. Des supporters de football potentiellement pacifiques versus des visiteurs-lecteurs potentiellement agressifs. C’est l’aboutissement de ce raisonnement hors normes, auquel nous contraint notre commissaire, qui dans la foulée de sa hiérarchie, qui se vantait que le Sila avait drainé 1 600 000 visiteurs, nous prédit, lui, les 150 000 par jour. Voire, 200 000 durant le week-end. De quoi avoir le vertige. Il faut qu’il y ait de l’espace pour contenir tout le monde qui va défiler. Voyons voir. Le Sila s’étendrait sur 20 000 m² dont 10 000 m² réservés aux exposants. La surface du parking n’est pas révélée. Nous allons, quand même, refaire en plus explicite, la démonstration faite lors d’une chronique antérieure. Si le public se répartit équitablement dans la journée, le commissaire devrait se préparer à caser 18 750 personnes sur 10 000 m². La discipline sera de rigueur. On entrera l’un derrière l’autre et un placeur attitré nous casera sur le 1/2 m² qui nous revient. On a le choix de marcher l’un derrière l’autre, par paquets, mais il serait plus recommandé de rester sur place, afin d’éviter la bousculade. Pour les mouvements requis par la consultation des livres, le Sila sera peut-être doté de moyens adaptés à de tels cas de figure. Il y a un autre cas, le plus probable. Le public va avoir des «heures de pointe», disons que 50% des visiteurs, soit 75 000 individus, vont se présenter entre 17 et 19 heures. Selon l’offre d’espace on aurait entre 7 et 8 personnes au m². Impossible donc de faire entrer l’ensemble. Ils devront se mettre par rangées de dix pour faire la queue sur une distance de 7 kilomètres et demi ou plus. Ceci, si les rangées sont de moins de 10. Ils doivent être à pied. Pour cause qu’il faudrait garer 1 100 bus, si tous viennent en bus. Et 1 100 bus cela peut occuper, rangés comme il faut, au moins 20 000 m². Sans préjudice du nombre de bus des vagues précédentes qui n’auraient pas quitté les lieux et sans préjudice du fait qu’ils devront partager la surface roulante avec le reste du parc roulant de la ville, sur le trajet qui mène au site du Sila. Concernant le week-end, on préfère laisser les organisateurs faire leur travail. C’est dire que la performance sera certainement cotée à l’échelle des expositions internationales et que l’expertise des gens du Sila sera l’une des plus recherchées.

    Par Ahmed Halfaoui




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  • Global Voices بالعربية » الجزائر:إدانة مدوني الجزائر إستبعاد مصر من معرض الكتاب الجزائري
    30 août 2010 at 22 h 01 min - Reply

    […] وفي رد فعل تجاه هذا القرار، يأسف المدون الجزائري عادل على أصل هذه التطورات: […]




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  • Nourredine BELMOUHOUB
    31 août 2010 at 1 h 39 min - Reply

    @ Rdaction : Prière de bien vouloir me joindre à la liste des signataires pour la levée de l’interdiction de SILA infligée à la littérature égyptienne. Merci




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  • Congrès du Changement Démocratique