Édition du
26 March 2017

Nuit de colère à Fouka

Suite à l’électrocution d’un jeune
Nuit de colère à Fouka

La daïra de Fouka dans la wilaya de Tipaza s’est transformée, dans la nuit de mardi, en un véritable champ de bataille que ses habitants ont investi pour déverser leur ras-le-bol après la mort d’un jeune par électrocution. Le père de la victime dénonce le «bricolage de la direction de distribution d’électricité qui a coûté la vie à un jeune à la fleur de l’âge».

19 Août 2010, InfoSoir

La goutte qui a fait déborder le vase c’est la mort d’un jeune (N. Sid Ahmed, dit Fawzi),de 18 ans, au douar Houari-Boumediene, électrocuté par une ligne de moyenne tension. Les citoyens du quartier, mais aussi de toute la commune sont sortis déverser leur colère dans la rue et sur les édifices publics jusque très tard dans la nuit.

Les émeutiers ont, en effet saccagé les façades des guichets du siège de la daïra ainsi que les portes, les fenêtres et certains équipements de travail (chaises, tables, etc.), avons-nous constaté sur les lieux. Selon une source, les documents (dossiers) des citoyens ont heureusement échappé à la casse, contrairement au siège de la commune de Fouka dont l’état civil a été brûlé au même titre que le véhicule du président de la commune et un camion qui se trouvaient au parc du siège de l’APC.

La famille du défunt, chez laquelle nous nous sommes rendus, avant l’enterrement, nous ont exprimé outre leur tristesse et leur chagrin, leur mécontentement envers des services de la direction de distribution de l’électricité pour leur travail qu’ils ont qualifié de «bricolage et qui a coûté la vie d’un jeune à la fleur de l’âge”, a amèrement souligné le père de la victime.

Son fils, raconte-t-il, rentrait à la maison le soir juste après la prière des taraouihs «dans le noir car on n’avait pas d’électricité. Dans l’obscurité, il a marché sur le câble électrique qui l’a tué sur le coup».

Selon l’oncle de la victime, M. Abdellah, plus de mille familles occupant le quartier dont une grande partie depuis l’indépendance «les habitants souffrent de beaucoup de problèmes dont les inondations et les coupures incessantes d’électricité». D’après lui, c’est la 3e fois que les câbles de la Sonelgaz font des dégâts.

Les deux fois précédentes, ce sont des chiens qui y avaient laissé la vie. Contactée par téléphone, la direction de distribution de la wilaya de Tipasa nous a assuré qu’il y a eu une coupure d’électricité à Fouka marine avant le ftour. Ses éléments sont intervenus pour réparer la panne. Mais juste après le f’tour, ils ont été encore une fois contactés mais cette fois pour leur annoncer l’accident et le décès du jeune.

Le courant a donc tout de suite été coupé, directement de Tipasa mais n’a pu être rétabli dans la nuit même. «En raison des émeutes, nos éléments ont été empêchés une fois sur site de procéder au dépannage. Ils ont été obligés de rebrousser chemin.Ce dépannage n’a pu être effectué qu’hier, dans la matinée d’hier»

S.L


Nombre de lectures : 3345
3 Commentaires sur cet article

LAISSER UN COMMENTAIRE

*

*

  • Rédaction
    21 août 2010 at 0 h 40 min - Reply

    El Watan 20 août 2010

    Fouka
    Les citoyens incendient le siège de l’APC et le véhicule du maire

    Un jeune homme âgé de 17 ans a été carbonisé, hier, à cause de la chute d’un câble électrique de haute tension, au niveau du quartier Houari Boumediène à Fouka.

    Suite à ce drame, la situation a dégénéré après la rupture du jeûne, au point où les citoyens se sont attaqué, à partir de minuit, au siège de l’APC de Fouka, ont incendié le véhicule du président de l’APC et un camion de la Sonelgaz. La tension est montée d’un cran après la mort du jeune homme à la suite de cet accident. Les éléments de la Sûreté nationale avaient du mal à contenir la colère des citoyens, lassés par l’insouciance de ceux censés s’occuper sérieusement de la gestion des affaires publiques locales. Les forces de l’ordre ont utilisé des bombes lacrymogènes pour ramener le calme et des interpellations ont eu lieu. Les antagonistes sont demeurés face à face jusqu’après l’heure du s’hour, jeudi (hier, ndlr).

    Les habitants avaient signalé à maintes reprises les défaillances apparentes des câbles électriques ayant entraîné plusieurs coupures d’électricité. L’effervescence des citoyens avait commencé bien avant la mort du jeune homme. Les réparations effectuées par les techniciens de Sonelgaz étaient jugées hâtives et provisoires par les habitants de ces quartiers populaires de Fouka, qui ont vu le jour illégalement et dans l’anarchie. Le quartier Houari Boumediène a bénéficié de plusieurs opérations, toujours en cours, pour sa restructuration, afin de permettre aux habitants de vivre dans des conditions décentes, telles que la rénovation des rues et des chemins, l’AEP, les réseaux d’assainissement et enfin l’attribution de 100 logements sociaux au profit des familles nécessiteuses, recensées par la commission communale, au sein de laquelle siègent les membres de l’Association du quartier Houari Boumediène.

    Les coupures récurrentes d’électricité sont à l’origine du malaise populaire des citoyens des localités de la wilaya de Tipasa, en dépit des efforts fournis pour atténuer la tension qui règne. Toutes nos tentatives pour joindre le P/APC de Fouka sont restées vaines.
    M’hamed H.




    0
  • Rédaction
    21 août 2010 at 10 h 33 min - Reply

    48 HEURES APRÈS LA MORT TRAGIQUE DU JEUNE FAOUZI À FOUKA
    Le quartier Houari-Boumediène encore sous tension
    Le Soir d’Algérie, 21 août 2010
    Une tension palpable régnait toujours hier dans le quartier populaire Houari-Boumediène de la petite ville de Fouka. Les habitants, quoique désabusés et résignés, ont exprimé leur indignation suite au décès tragique d’un jeune homme électrocuté dans la nuit de mardi à mercredi. Les citoyens, toujours sous le choc quarante-huit heures après le drame, attirent l’attention sur leur cité qu’ils disent délaissée par rapport aux autres quartiers de la commune.
    F.-Zohra B. – Alger (Le Soir) – Assis sous des arbres face à la mer qui se profile à l’horizon, une dizaine d’habitants du quartier Houari-Boumediène devisent tranquillement ou lisent de vieux journaux. Les lieux sont calmes et les quelques commerces ouverts en cette matinée du vendredi ne drainent pas grand monde. Mais sous cette ambiance empreinte de sérénité en apparence, la colère et l’indignation grondent. Le traumatisme qui a fait suite au décès du jeune Faouzi Bounedjar, âgé de dix-sept ans, dans des circonstances tragiques n’a pas encore quitté les habitants des lieux. Ils consentent à revenir sur les circonstances du drame mais assurent surtout qu’aucun jeune du quartier endeuillé n’a brûlé de voiture, ni participé à l’incendie qui a touché le siège de la daïra. «Nous étions choqués, révoltés quand nous avons vu le jeune Faouzi brûlé par terre, nous avons effectivement coupé la route mais nous n’avons pas été au-delà. Aucun de nos jeunes n’a brûlé quoi que ce soit, ce sont de fausses accusations. Ce sont des jeunes venus d’autres localités qui ont profité du branle-bas général pour commettre leurs méfaits. Nous dénonçons, d’ailleurs, le fait que le siège de l’APC ait été incendié», témoigne un habitant du quartier, approuvé par d’autres citoyens qui ont aussi tenu à exprimer leur impuissance devant l’ampleur qu’ont pris les événements. Ils insisteront surtout sur le fait que le comité de quartier a déjà déposé pas moins de 600 plaintes concernant le problème de câbles électriques mal installés. Ces mêmes câbles, explique un citoyen, sont à plusieurs reprises tombés et ont brûlé des chiens errants sans pour autant que les autorités concernées ne réagissent. «Ce laisser-aller et ce mépris ont conduit à la mort d’un jeune homme dans des circonstances affreuses. Nous avons maintes fois demandé à la Sonelgaz l’installation d’un transformateur, mais en vain. En fait, notre quartier ne suscite pas l’attention des autorités. Tout se passe là-haut», s’indigne un habitant en montrant d’un signe de la tête le côté supérieur de la ville. Les personnes présentes étaient d’autant plus outrées que vingt jeunes du quartier ont été arrêtés par la police et n’ont pas été relâchés. «Il n’y a jamais eu de problème dans ce quartier, nos jeunes ne sont pas des voyous, ils ont été accusés à tort. Nous n’avons fait qu’exprimer notre colère dans des circonstances douloureuses», affirme un jeune homme dont les deux frères sont toujours détenus. «Il était 23 heures 30 quand des passants, après la prière du taraouih, ont vu un câble tomber subitement par terre. Ils ont vu des flammes et une forme gisant sur le sol. Au début, nous pensions que c’était encore un animal mais après qu’une voiture eut éclairé les lieux, nous avons compris que c’était un être humain. Nous avons demandé dans le quartier quelle personne manquait et la famille de Faouzi s’est manifestée», témoigne un homme qui a du mal à contenir son émotion. Il expliquera que la famille a appelé le jeune et son téléphone a sonné du côté du corps qui brûlait toujours. Il était impossible à ce moment de s’approcher du jeune homme du fait que les câbles menaçaient toujours. «Nous avons appelé, supplié les agents de la Sonelgaz pour qu’ils coupent au moins le courant pour que nous puissions récupérer le corps du pauvre Faouzi, mais nous avons dû attendre une heure et demie en regardant le jeune brûler. Les membres de sa famille et spécialement sa mère, ont même voulu se suicider, et c’est à ce moment là qu’ils se sont dirigés vers la route nationale et nous les avons suivis» raconte à son tour un voisin. Selon les témoins du drame, même les secours ne sont arrivés que tardivement sur les lieux. Si les habitants du quartier Houari Boumediène tentent de dépasser le drame vécu, ils diront, désabusés, qu’aucune réparation ou prise en charge du réseau électrique n’a été effectuée depuis la nuit fatidique. Selon eux et après que le corps du défunt ait été emmené, les agents de la Sonelgaz ont, encore une fois, effectué une simple réparation sans prendre en charge le vrai problème subi par le quartier. Ils vivent, confient-ils, dans la peur et craignent le pire du fait que les installations incriminées se trouvent à côté du collège du quartier.
    F.-Z. B.




    0
  • Rédaction
    21 août 2010 at 10 h 33 min - Reply

    Après la mort d’un jeune électrocuté
    Violentes émeutes à Fouka
    Par : Neila B, Liberté, 21 août 2010

    La mort d’un jeune homme, âgé de 18 ans, électrocuté au douar Houari-Boumediene, a provoqué de violentes émeutes dans la région de Fouka (Tipasa). Les sièges de la daïra et de la commune ont été saccagés et des véhicules incendiés dont celui du P/APC de Fouka. Selon des habitants de cette localité, la victime N. Sid-Ahmed, âgé de 18 ans, rentrait de la prière des tarawih, vers 23h, quand il a marché sur un câble électrique tombé par terre suite aux dernières intempéries qu’à connues la wilaya. “Il ne pouvait pas le voir, le quartier sombrait dans l’obscurité totale à cause de la coupure de l’électricité”, affirment les habitants. La victime fut électrocutée et décédera sur le coup. Les citoyens du quartier, en colère suite au drame, se sont dirigés vers les sièges de l’APC et la daïra de Fouka où ils ont incendié les bureaux et même l’état civil de la commune ainsi que le parc communal où on déplore un véhicule incendié et appartenant au P/APC. Les émeutiers ont aussi coupé la route avec des pneus brûlés. Ils ont voulu ainsi dénoncé la série de coupures d’électricité, et ce, malgré leurs multiples doléances. Chose qui aurait pu éviter ce drame, nous dit-on. Les émeutes ont duré jusqu’à 2h du matin et il a fallu l’intervention du GIR de Zéralda (Groupement d’intervention et de réserve) pour instaurer l’ordre, de même qu’une enquête a été ouverte. Dans le même sillage, on apprend aussi que les habitants du bidonville sis à Bachdjerrah ont investi la rue et ont fermé, mercredi après minuit, (vers 1h du matin), la route liant Bachdjerrah à Maqaria (Léveilly) pour dénoncer leur ras-le-bol surtout après les dernières intempéries. Ils se sont dispersés vers 3h du matin après avoir reçu des promesses et une rendez-vous avec le wali délégué d’El-Harrach, pour étudier leurs cas.




    0
  • Congrès du Changement Démocratique