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26 March 2017

Affaire Mécili : les écoutes qui accusent un agent algérien

Par José Garçon | Journaliste | 26/08/2010 | 20H00
RUE89.com

Le témoin, qui accablait le « diplomate » Hasseni pour l’assassinat de l’opposant en 1987, a subi des pressions.

Des écoutes téléphoniques officielles -dont Rue89 a eu connaissance- vont-elles empêcher qu’un non-lieu blanchisse définitivement Mohamed Ziad Hasseni, un « diplomate » algérien suspecté d’être l’organisateur de l’assassinat, en 1987 à Paris, de Ali Mécili, le porte-parole de l’opposition algérienne en France ?

Le 31 août, son sort sera en tout cas l’une des premières décisions rendue par la justice française à la fin des vacances judiciaires. Un nouveau rebondissement dans une affaire qui empoisonne les relations Paris-Alger, et qui est en permanence menacée d’être étouffée par la raison d’Etat, depuis le meurtre de cet avocat français, porte-parole de l’opposition algérienne abattu à l’âge de 47 ans dans le hall de son immeuble parisien du boulevard Saint-Michel, le 7 avril 1987.

Deux ans après l’interpellation de Hasseni à l’aéroport de Marseille, Alger affiche l’assurance qu’un non-lieu est acquis : la justice française s’apprêterait à reconnaître que ce dernier est bien un « diplomate algérien victime d’une homonymie » et en aucun cas celui qui organisa le meurtre d’André Ali Mécili, sous le nom de « capitaine Hassani » .

Le problème, c’est que les écoutes téléphoniques versées au dossier d’instruction en décembre 2009 montrent que la seconde hypothèse est, selon toute vraisemblance, la bonne. Et qu’un non-lieu est du coup totalement illogique.

Samraoui : « Au début, j’étais convaincu à 99%… »

Ces communications relativisent en effet beaucoup ce qu’Alger considère comme le « revirement » de Mohamed Samraoui, un dissident militaire algérien réfugié en Allemagne. C’est son témoignage qui avait ouvert la voie à la mise en examen de Hasseni pour « complicité d’assassinat ».

Auditionné par le juge Thouvenot alors en charge de l’enquête, Samraoui avait reconnu en Hasseni le fameux « capitaine Hassani » qui avait versé, en sa présence à Amelou, le tueur de Mécili, une partie de l’argent de son « contrat » dans un hôtel algérien à l’été 1987.

Le doute exprimé le 4 juin 2009 par Mohamed Samraoui au cours d’une confrontation par vidéo-conférence avec Hasseni permettra cependant à Alger de marquer un point. A l’issue de ce face-à-face, Samraoui avait déclaré :

« Au début, j’étais convaincu à 99% [de le reconnaître, ndlr] et je repars à 50-50 ».

On imaginait sans peine les pressions auxquelles Alger avait soumis cet ex-haut responsable des services secrets algériens avant cette confrontation. On les connaît désormais avec certitude grâce aux écoutes téléphoniques. On y entend un certain Mustapha appeler à plusieurs reprises Samraoui surnommé Mahmoud pour la circonstance.

Leur dialogue vaut son pesant de pressions et de connaissance des méthodes du régime algérien. Mais il est surtout accablant pour Hasseni. Extraits :

– Mustapha : « Celui qu’ils ont arrêté… [Hasseni, ndlr] »

– Mahmoud/Samraoui : « Que veux-tu que je fasse moi, ce n’est pas de ma faute, il n’avait pas à se mettre dans la gueule du loup. »

– Mustapha : « C’est toi qui en a rajouté sur lui. »

– Mahmoud : « C’est normal, c’est lui, c’est lui. Je ne peux pas faire autrement. Je ne suis pas seul à le connaître, on est plusieurs à le reconnaître […]. »

– Mustapha : « Il va être victime le pauvre d’une erreur. »

– Mahmoud : « Non pas d’une erreur, non pas d’une erreur. »

– Mustapha : « Lui, il n’est pas concerné. »

– Mahmoud : « Comment il n’est pas concerné ? »

– Mustapha : « Il va payer et injustement. »

– Mahmoud : « Non pas injustement. Pourquoi injustement ? »

– Mustapha : « Ce n’est pas lui, ce n’est pas lui le responsable [du meurtre de Mécili, ndlr]. »

Sur Hasseni : « C’est un bouc-émissaire, mais il l’a fait »

– Mahmoud : « Si ce n’est pas lui le responsable, il n’a qu’à donner le nom de celui qui lui a donné l’ordre… Ça va arriver à Larbi [Belkheir, considéré comme l’un des “parrains” du régime décédé en janvier 2010, ndlr]. Moi, je ne leur demande rien. Ce sont eux qui me demandent, moi tu entends moi je ne peux pas…

[…] Regarde Mustapha, le jour où on leur lâchera Hasseni, je te jure qu’ils ne vont plus entendre parler de toi ou de moi… Tu entends… Maintenant, c’est parce qu’ils sont coincés… »

– Mustapha : « Le monsieur, son affaire est entre tes mains. »

– Mahmoud : « Non entre les mains de Dieu… »

– Mustapha : « Ils seront contre toi… »

– Mahmoud : « Pourquoi ils attendent pour lever le mandat d’arrêt ? Ils veulent juste sauver la tête de leur ami de France […]. Oui, je sais que c’est un bouc-émissaire, mais il l’a fait, il l’a fait… Ils avaient qu’à penser aux conséquences avant… »

Pour Antoine Comte, l’infatigable avocat d’Annie Mécili, la veuve de l’opposant assassiné, ces écoutes sont cruciales :

« Il s’agit d’éléments incontestables qui démontrent que les autorités algériennes ont tenté, à travers leurs services, de faire revenir le témoin sur ses déclarations en échange du retrait d’un mandat d’arrêt qu’elles ont lancé contre lui, mandat qui avait d’ailleurs entraîné son arrestation en Espagne en octobre 200. »

Toute la question est désormais de savoir si en dépit de ces éléments essentiels, la conjonction de deux raisons d’Etat permettra de classer « l’affaire Hasseni ». Ce serait un paradoxe inquiétant.

Un non-lieu le 31 août, et Paris de céder encore face à Alger

Les juges Philibeaux et Goetzmann avaient déjà estimé « prématuré » d’arrêter les investigations sur Hasseni -passé entretemps du statut d’inculpé à celui de témoin assisté- alors que le principal témoin, Samraoui, disait avoir subi « des pressions ». Or celles-ci sont aujourd’hui avérées.

Paradoxe aussi car si en février 2010 le parquet a « requis un non-lieu » au vu des « charges insuffisantes pesant à l’encontre » de Hasseni, il réclamait dans le même temps « la poursuite de l’information aux fins d’identifier le ou les auteurs de l’assassinat d’Ali Mécili ».

Dans un tel contexte, un arrêt de non-lieu rendu le 31 août confirmerait que Paris a une fois de plus cédé aux pressions des autorités algériennes. Il est vrai que depuis des mois, celles-ci attribuent les reports de la visite en France du Président Bouteflika et le malaise entre les deux pays en l’absence d’un non-lieu en faveur de Mohamed Ziane Hasseni.


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16 Commentaires sur cet article

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  • personne
    27 août 2010 at 0 h 36 min - Reply

    c’est le dialogue de deux collegues sachant etre sur ecoute.




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  • tacili
    27 août 2010 at 10 h 32 min - Reply

    Bonjour,

    Faut-il d’abord confirmer l’authenticité de ce dialogue parce qu’il y a trop de points de suspension pour porter un quelconque jugement.

    Exemples :

    – Mustapha : « Celui qu’ils ont arrêté … [Hasseni, ndlr] »

    – Mahmoud : « C’est normal, c’est lui, c’est lui. Je ne peux pas faire autrement. Je ne suis pas seul à le connaître, on est plusieurs à le reconnaître … »

    – Mahmoud : « Si ce n’est pas lui le responsable, il n’a qu’à donner le nom de celui qui lui a donné l’ordre… Ça va arriver à Larbi [Belkheir, considéré comme l’un des “parrains” du régime décédé en janvier 2010, ndlr]. Moi, je ne leur demande rien. Ce sont eux qui me demandent, moi tu entends moi je ne peux pas…

    – Mahmoud : « Non entre les mains de Dieu… »

    – Mustapha : « Ils seront contre toi… »

    – Mahmoud : « Pourquoi ils attendent pour lever le mandat d’arrêt ? Ils veulent juste sauver la tête de leur ami de France […]. Oui, je sais que c’est un bouc-émissaire, mais il l’a fait, il l’a fait… Ils avaient qu’à penser aux conséquences avant… »

    Le seul point intéressant dans ce dialogue serait l’admission de Samraoui-Mahmoud (?) que d’autres personnes que lui auraient reconnu Hasseni.Une nouvelle piste pour le juge.

    Ensuite je ne crois pas que des menaces d’Alger pousseraient Samraoui a changer son témoignage. Il a dépassé a mon avis le seuil psychologique de la peur car aucune action ne viendrait ajouter au dommage qu’il a déjà fait a ses ex-employeurs.

    Je pense que c’est une subtile partie d’échecs que joue Samraoui et ses ex-employeurs car il est passible de poursuites judiciaires pour diffamation au cas ou Hasseni est innocenté. Ils se tiennent pas la barbichette.

    Merci




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  • AS
    27 août 2010 at 12 h 59 min - Reply

    ah enfin il lache le roi qui est mort, larbi belkheir… le gouvernment francais aide a l’assassinat d’un opposant politique vivant en France, pour proteger ses agents inflitres au sommet de l’etat algerien… d’une maniere ou d’une autre sarkozy ne peut pas prendre le risque de faire tomber Pasqua maintenant, quoique pasqua a deja un pied dans sa tombe ?

    D’;autres personnes impliquees dans cette affaire ne reconnaissent pas le type arrete, comme hasseni, ce type pourrait debaler des choses, quel abruti d’etre reste silencieux deux ans, aux arrets, pour des gens qui l’ont abandonné… n’est ce pas Bernard Bajolet ? au fait ou en est l’onu avec les attentats de decembre 2007 ?

    dans cette histoire chacun essait de sauver sa peau, bajolet et la france de pasqua a l’elysse, hasseni, samraoui et d’autres crois moi c’est la verite, faut la dire maintenant apres c’est trop tard… le reste des montages on en a vu beaucoup recemment notamment au liban




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  • J-TIME
    27 août 2010 at 17 h 21 min - Reply

    J-TIME

    Bonjour,

    Si les donnees/data cle [inclut dans cet article de RUE89.com] sont inserees dans un logiciel en ajoutant comme derniere donnee/data suivante (venant de Mustapha vers Mahmoud, la donnee suivante: “C’est OK et avec confirmation officielle de…!: Le mandat d’arret a votre encontre a ete definitivement completement leve, tout est OK, vous pouvez le verifier et le confirmer”).

    L’objectif de la simulation via computer etant donc de trouver une reponse (de trouver une solution a l’equation a resoudre) a: la question suivante:

    Les juges Philibeaux et Goetzmann s’adressant a Mahmoud: (concernant le suspect Mohamed Ziad Hasseni, “diplomate” algérien suspecté d’être l’organisateur de l’assassinat, en 1987 à Paris, de Ali Mécili) :
    Mr Mahmoud: Est-ce que vous suspectez encore Mohamed Ziad Hasseni, “diplomate” algérien ??

    Resultat de simulation /reponse du logiciel (automatism) via computer: Reponse de Mahmoud egale:
    Au début, j’étais convaincu à 99% [de le reconnaître, ndlr] et je suis reparti à 50-50 il y’a quelques mois , maintenant je declare que je suis convaincu a zero pourcent …

    P.S.: Ce que j’ai ecrit ici ne serait que le resultat d’une simulation fictive (automatism via computer, a non-human-being, a machine, a robot). So take-it easy it’s a joke only.

    Cordialement,
    J-TIME




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  • Taous
    27 août 2010 at 21 h 46 min - Reply

    C’est un non scoop des plus bizarres.

    Rien de nouveau apparemment puisque M. Samraoui avait évoqué cela en juin dernier et nous n’apprenons rien de nouveau, si ce n’est l’intention de ceux qui sont avec et derrière José garçon, ex-journaliste à Libération et proche du FFS et des Mecili, de tenter d’influencer les magistrats en charge de l’affaire ou, s’ils n’y parviennent pas, à tenter de pervertir le verdict devant être rendu le 31 aout prochain.

    J’ai eu beau lire dans tous les sens ces « écoutes  » je n’ai rien trouvé d’accablant pour le diplomate algérien.

    Bien au contraire puisque le fameux « Mustapha » tente de ramener M. Samraoui, alias Mahmoud, à la raison en lui demandant de ne pas faire chahadet ezzour.

    Et puis, cette journaliste est plutôt gonflée: elle ne retient du témoin à charge que ce qui l’arrange: son témoignage initial oui car il va dans le sens voulu mais pas ce qu’il a dit lors de la confrontation et après car, et il le dit en conscience, il n’a tout simplement pas reconnu le mis en cause et il a déclaré publiquement sur ce site et sur d’autres qu’il n’avait cédé à aucune pression et livré son témoignage en son âme et conscience.

    Faut-il que la partie civile soit à ce point en perte de vitesse pour recourir à ce procédé quatre jours avant le prononcé du verdict par la cour d’appel de Paris ? il faut croire que oui.

    Que Dieu le Tout Puissant permette à la vérité d’éclater et de triompher.




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  • AS
    27 août 2010 at 23 h 31 min - Reply

    @ Taous, n’importe quoi, Pasqua est vivant pourquoi il est pas arrete, la justice francaise est aux ordres, on l’a vu avec pas mal d’affaire ben barka, mecili… la france a tue un opposant algerien avec l’aide de ses agentsas inflitres au plus haut niveau de l’etat algerien, khemeyes et abulker… apres samraoui le reconnait, d’autres disent c’est pas lui, en connaissant l’assassin Hassani… des reglements de comptes qui n’interessent que les partis en conflits




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  • Mohis
    28 août 2010 at 0 h 08 min - Reply

    Cette journaliste n’a pas été honnête puisqu’elle omet de se référer à l’interview accordée par le Colonel M. Samraoui à TSA dans laquelle il affirmait n’avoir cédé à aucune pression et n’avoir pas pour objectif de chercher à accabler une personne, qu’à l’évidence, il ne connaissait pas puisqu’il avait reconnu avec honnêteté, après six heures de confrontation, que ses certitudes n’étaient plus que de 50 %.

    Or, en une affaire aussi grave, si l’on n’est pas sur à 100%, il y a assurément problème car il s’agit de la vie et de l’honneur d’un homme.




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  • warrior
    28 août 2010 at 9 h 50 min - Reply

    C’est quand même!!!étrange cette affaire!! comment Samraoui qui se disait prêt à tout pour rétablir la vérité, cède soudainement à des pressions!??? n’est ce pas lui qui s’est jeté dans la gueule du loup??? Pourquoi cédé à des pressions maintenant après tant d’année de rébellion???




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  • Rédaction
    28 août 2010 at 11 h 18 min - Reply

    L’affaire Mecili au menu de la justice française le 31 août
    Des écoutes téléphoniques versées au dossier d’instruction
    El Watan, 28 août 2010
    Nouveau rebondissement dans l’affaire Ali Mecili.

    La justice française doit statuer sur cette affaire le 31 août, et le dossier d’instruction est doté d’une nouvelle pièce consistant en des écoutes téléphoniques entre le principal témoin de l’affaire, à savoir Mohamed Samraoui (ancien colonel du DRS établi en Allemagne) et un certain Mustapha. Dans un article publié par le site d’information français Rue89, il est dit que ces écoutes confirment des pressions subies par le témoin Samraoui pour changer son témoignage, ce qui mènerait à peser sur le jugement que doit prononcer la justice française sur le cas du diplomate algérien Mohamed Ziane Hasseni. Ce dernier, interpellé il y a deux ans à l’aéroport de Marseille puis accusé de complicité d’assassinat de l’avocat Ali Mecili survenu le 7 avril 1987 à Paris, a été relaxé six mois plus tard avec décision de la chambre d’instruction de la cour d’appel de Paris levant partiellement le contrôle judiciaire et Hasseni qui affirmait être victime d’une homonymie passe de la position de «mis en examen» à celle «de témoin assisté». Dans l’extrait de la conversation téléphonique entre ledit Mustapha et Samraoui, ce dernier et sur l’accusation de Hasseni affirme qu’il n’y a pas d’erreur.

    En réponse à l’accusation de Mustapha ajoutant : «C’est toi qui en a rajouté sur lui», au sujet du premier témoignage de Samraoui, ce dernier répond : «C’est normal, c’est lui, c’est lui. Je ne peux pas faire autrement. Je ne suis pas seul à le connaître, on est plusieurs à le reconnaître (…)» Et à Mustapha d’ajouter : «Il va payer et injustement», et à Samraoui de répondre : «Si ce n’est pas lui le responsable, il n’a qu’à donner le nom de celui qui lui a donné l’ordre… Ça va arriver à Larbi. Moi, je ne leur demande rien. Ce sont eux qui me demandent… Regarde Mustapha, le jour où on leur lâchera Hasseni, je te jure qu’ils ne vont plus entendre parler de toi ou de moi… Tu entends… Maintenant, c’est parce qu’ils sont coincés…» Et à Mustapha de dire que le sort de l’accusé est entre les mains de Samraoui. Et ce dernier répond :
    «Pourquoi ils attendent pour lever le mandat d’arrêt ? Ils veulent juste sauver la tête de leur ami de France (…). Oui, je sais que c’est un bouc émissaire, mais il l’a fait, il l’a fait… Ils n’avaient qu’à penser aux conséquences avant…»

    Nadjia Bouaricha




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  • Idir16
    28 août 2010 at 12 h 22 min - Reply

    En cette affaire, il est inconcevable que M. Samraoui ait pu céder à des pressions car il n’avait plus rien à perdre et depuis longtemps.

    Plusieurs éléments sont à l’appui de cette thèse:

    – d’abord sa réaction lorsque cette nouvelle a été rendue publique: il a affirmé avoir livré un témoignage honnête lors de la confrontation et que son but n’était pas d’accabler le mis en cause mais d’aider la justice à découvrir la vérité. Alors pourquoi omettre cet aspect capital de la position du seul et unique témoin à charge ?

    – Il est rupture de ban avec son pays et les choses sont telles qu’on peut supposer que la rupture est consommée et définitivement.

    – Il a été très exposé à une époque et n’a pas reculé, pourquoi le ferait-il aujourd’hui alors qu’il bénéficie de la protection liée à son statut de réfugié politique ?

    Maintenant pour en revenir à l’article de José Garçon, que je ne présenterai pas puisqu’elle est connue du grand public pour son hostilité à l’Algérie. Elle est trop impliquée dans l’affaire Mecili pour être honnête. Je l’ai personnellement vu lors de la commémoration de la mort de feu A. Mecili offrir des fleurs aux personnes présentes et sa proximité avec H. Ait Ahmed est un secret de polichinelle.

    Ces éléments avaient été évoqués par la presse en juin dernier à l’issue de la confrontation et il n’y a en cette affaire aucun rebondissement ni rien qui vienne fragiliser la position du désormais témoin assisté, et non plus mis en examen.

    Car, et c’est là un point important, crucial même, les juges d’instruction ont procédé à ce changement de statut et laissé tomber la mise en examen alors même qu’ils avaient en leur possession les écoutes en question.Cela devrait donner à réfléchir.

    La défense a considéré que cette évolution ne faisait pas droit à l’innocence avérée de M.Z. Hasseni et fait appel de cette décision des juges.

    La décision de la cour d’appel sera connue le 31 aout prochain et force est de reconnaitre que la partie civile, qui est coutumière du fait en raison de la faiblesse de sa position, tente par tous les moyens soit d’inflencer les juges par le biais d’une campagne médiatique tonitruante à la veille de l’échéance sus-mentionnée, soit d’entacher la décision prise si elle lui est défavorable.

    C’est indigne car, ce faisant, cette partie démontre publiquement que ce qui l’intéresse ce n’est pas le bon fonctionnement de la justice mais de marquer des points en cette sordide affaire, quitte, en chemin, à broyer un innocent.




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  • Abderrahmane Al Djazaïri
    28 août 2010 at 13 h 15 min - Reply

    @Idir 16
    Juste une petite précision : José Garcon est l’ennemi de l’Algérie des généraux pas des algériens. Nuance. A moins que votre Algérie se confonde avec celle des Tagarins et du club des pins.

    Samraoui est l’exemple de l’officier honnête et propre. Il me rappelle un peu le colonel Lotfi. Cet officier que des crétins traitent de « félon » aurait pu être aujourd’hui général major au sein de la mafia comme Tartag, Chengriha et djebbar, de sinistre réputation et aux mains dégoulinantes de sang. Guidé par sa conscience il a préféré l’exil, loin de ses parents et de sa chère patrie, plutôt que de participer à la boucherie contre son peuple pour défendre un régime de voyous criminels et corrompus. La campagne menée contre lui par ses ex-collègues via Le Matin de service a été dégonflée comme un ballon de Baudruche. Son sens de la communication dans la transparence la plus totale fait que tous les complots tissés contre lui n’ont aucun effet.Continuez à dire la vérité à votre peuple, Mr Samraoui.
    Vous êtes la fierté de l’Armée Nationale Algérienne de demain.




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  • Rédaction
    28 août 2010 at 14 h 04 min - Reply

    Nous venons de recevoir du colonel Samraoui les précisions suivantes :
    =================================

    Messieurs,
    Je vous prie de prendre note de la présente mise au point, susceptible de mettre en lumière certains faits erronés rapportés par le journal Le Matin.
    Merci.
    Cordialement.
    M.S

    Je tiens à répéter pour la dernière fois que je n´ai JAMAIS adressé quoi que ce soit au président Bouteflika ou à un quelconque service de la Présidence de la République.
    Je suis d´ailleurs surpris que malgré un démenti, le journal Le Matin continue dans ses délires.
    Si la première et la seconde partie de l´article que publie ce journal peuvent être considérées comme fondées, la troisième par contre n´est que pure affabulation, à moins que l´auteur dudit papier ne soit victime d´intoxication; et alors je suis en droit de me demander à quel dessein cherche-t-on à induire en erreur l´opinion publique ?
    Pourquoi tant d´amalgames et de mensonges éhontés ? Est-ce dans le seul but de me nuire et de me discréditer ?
    S´il s´agit de provocation, alors c´est raté ! La guerre des clans entre mafieux ne me concerne ni de près ni de loin.
    Dans le cadre de l´affaire Mecili, je ne me tiens qu’à ma conscience, et les tentatives du DRS cherchant à modifier mon témoignage n´auront aucun impact sur ma volonté et ma quête de vérité et de justice.
    Je tiens aussi à préciser que je n´ai jamais rencontré en Allemagne ou ailleurs ce Mourad Halouane (que je ne connais d´ailleurs pas), pour la simple raison que ma rupture avec le DRS est consommée depuis belle lurette. Si mes souvenirs sont exacts, la dernière fois que j´ai rencontré un cadre du DRS remonte à juillet 2002 lors du fameux procès de la « sale guerre ».
    Brader mes principes contre une amnistie ! Ca se voit que le journaliste qui a commis l´article ne me connaît pas.
    Je confirme enfin que les propos rapportés par l´article paru dans Rue 89 sont authentiques. Sachant que l´affaire Mecili est toujours en cours d´instruction, je ne peux malheureusement pas révéler l´identité de «Mustapha » qui est un ami de longue date pour qui j´ai du respect et de la considération. Ce dernier m´avait contacté sur insistance des généraux Toufik et Attafi, mais je suis resté inflexible à l´appel des sirènes ou pour être plus précis, tant « à la carotte qu´au bâton ».
    Je jure devant Dieu en ce mois sacré du Ramadhan que tout ce qui est écrit ci-dessus est vrai.
    Le 28.08.2010.
    M. Samraoui




    0
  • tacili
    28 août 2010 at 15 h 00 min - Reply

    Bonjour,

    Le débat téléphonique n’aura aucune valeur juridique car, a l’exception de Samraoui, personne ne pourra identifier catégoriquement qui était ce Mustapha. Les avocats de Hasseni n’auront aucune peine a demander a ce que ces enregistrements soient carrément ignorées.

    Si l’on croit que tout ce beau monde de militaires, ex ou présents et non pas des moindres, Toufik et Attafi savent que leurs conversations téléphoniques sont certainement sous écoute, il est peu plausible que Mustapha allait se mouiller.Le message aurait été passé par d’autres moyens qui laisseraient moins de traces.Le DRS peut se permettre d’acheter un billet d’avion a Mustapaha. Élémentaire, non ? De l’amateurisme jusque la.

    Maintenant après que M.Samraoui ait reconnu la véracité du contenu du scoop de Rue89 il est relevant de remarquer qu’il est, une nouvelle fois, revenu sur ces déclarations.

    Du 99% au 50/50 nous sommes repassés au 100% :

     » Mahmoud : C’est normal, c’est lui, c’est lui. Je ne peux pas faire autrement. Je ne suis pas seul à le connaître, on est plusieurs à le reconnaître […]. »

    Plutôt du 200% car d’autres personnes auraient également reconnu Hasseni-Hassani.

    Du pain sur la planche de M.Samraoui.




    0
  • Salim Saddik
    28 août 2010 at 15 h 26 min - Reply

    D’ou vient la fuites? Qui est derrière ? Qui est le marionnettiste et qui sont les marionnettes ?
    Dans toute cette histoire on nous balance un cadavre; celui de Belkheir !!! A moins que les écoutes ne soient qu’une autre manipulation pour relancer l’affaire Hssissen a des fins qu’on comprendra ultérieurement!!

    Au passage voici une nouvelle apparition de Hichem Aboud, le super « Agent/Opposant/Démocrate », qui nous parle de son SM: http://www.echoroukonline.com/ara/aklam/analyses/58322.html




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  • Samraoui
    28 août 2010 at 16 h 10 min - Reply

    @Tacili,

    Ne vous méprennez pas, la conversation téléphonique a eu lieu avant la visioconférence.Il faut laisser la justice suivre son cours et ne pas se fier aux élucubrations de la presse qui ne publie que ce qui l´arrange.
    Un moyen simple qui aurait permis de lever le doute depuis longtemps sur la véritable identité de Hassani était de réclamer la photo de l´intéressé auprès du MAE malien, sachant que Hassani était en poste à Bamako en 1990 et que la procédure en vigueur requiert l´établissement d´une carte diplomatique qui sera obligatoirement restituée à la fin de la mission.
    Et il ne faut pas me sortir la trouvaille qu´il n´y a pas d´archives au Mali.




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  • Taous
    28 août 2010 at 18 h 41 min - Reply

    @ Tacili,

    je partage entièrement le point de vue développé dans vos deux contributions et la réaction de M. Samraoui est loin d’être convaincante.

    Dans sa réaction cet ancien officier du DRS mentionne une conversation téléphonique, or j’ai de la peine à imaginer cela car cela relèverait d’un amateurisme inqualifiable.

    Je vois mal Toufik et/ou Attafi demander à l’un des leurs de contacter par téléphone à partir d’Alger M. Samraoui. Ils le connaissent, savent de quoi il est capable, donc l’hypothèse d’un échange téléphonique est à exclure totalement.

    Une rencontre? possible mais là encore, je n’adhère pas car M. Samraoui ne peut plus rien donner. C’est déjà fait.

    Il doit y avoir une manipulation et il ne faut pas exclure que ces prétendues écoutes soient l’œuvre de M. Samraoui.

    De plus, comment, à ce stade de l’instruction, sortir un autre argument: celui de la photo de Hassani, lui qui n’a pas été fichu de reconnaitre son ex-collègue, tout simplement parce que ce n’était pas lui.

    Ce qu’il convient de retenir c’est que Hasseni, le diplomate, a subit depuis plus de deux années une instruction implacable et que rien n’a pu être retenu contre lui. le seul témoin à charge a révisé ses prétendues certitudes devant les juges d’instruction et si cette affaire n’était pas aussi polluée, il y a longtemps que Mohamed Ziane Hasseni aurait été blanchi, sur la base du droit et rien d’autre, ainsi que le laisse accroire José garçon qui semble subodorer une issue positive et tente, à tout le moins, de l’entacher.




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  • Congrès du Changement Démocratique