Édition du
25 July 2017

« Que faire ? »

Madjid Laribi

C’est toujours un plaisir de lire Le Quotidien d’Algérie

« Que faire ? »(La fameuse question de Lénine) maintenant que tout a été dit. Le constat est fait et refait à maintes reprises. Tout le monde veut la démocratie, soit ! Mais comment faire maintenant ?
L’Appel du 19 mars trace les contours d’un large rassemblement. C’est bien. Mais a-t-on identifié les acteurs de ce large rassemblement ?
Moi par exemple, je parle d’une utopie, car bien des utopies ont fini par se réaliser et on a qu’à voir autour de nous, entre des démocrates, des nationalistes et des islamistes. Sans négliger bien sur les mouvements sociaux et autres.
J’entends par les démocrates (c’est peut être arbitraire de ma part) le FFS et tout ce qui tourne autour ; par les nationalistes les formateurs du FLN et d’autres réseaux qui existent au sein de l’administration mais qui ne se sont pas formalisés ( cela ne veut pas dire que le FFS ou les islamistes ne sont pas des nationalistes) ; par les islamistes, ceux du FIS en premier lieu, surtout ceux qui se sont rendus compte qu’ils ont été manipulés durant les années 90 et qui ont pris conscience aujourd’hui de la nécessité d’aller vers un vrai compromis. Feu Hachani avait compris le jeu du pouvoir et il a été exécuté. Son courant existe toujours !
Cela reste évidement une utopie ! En identifiant plus au moins les acteurs, reste à préciser quelle pensée véhiculera cette dynamique ? La pensée ne peut être que la Démocratie bien sure ! Mais comment articuler cette pensée face à un DRS qui ne connaît qu’un seul langage, celui du sang ? Est –il possible d’épouser une pensée non démocratique face au DRS pour déboucher in fine à la démocratie ?
Et qu’elle sera maintenant le modèle de cette lutte ? Moi je dirai qu’elle ne peut être que marxiste ! A discuter !
L’organisation la plus redoutée par les flics du monde entier, à savoir le Hizbollah libanais, est marxiste dans sa méthode. C’est un exemple à méditer. Cette organisation chiite, travaille avec les communistes et les chrétiens libanais, contrairement à ce que veut nous faire croire la presse occidentale, en présentant l’organisation du Cheikh Nasserllah comme terroriste. En termes de débats et de réflexions, elle dépasse de loin tout ce qui ce fait dans le monde arabo-musulman. Je suis un militant de gauche et j’ai beaucoup de respect et d’admiration pour le Hizbollah.
Et je trouve que le consensus est possible entre les algériens qu’ils soient des marxistes ou des islamistes. C’est de nos divisions que se nourrit le DRS.


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8 Commentaires sur cet article

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  • rachid
    2 septembre 2010 at 1 h 50 min - Reply

    prenez en compte touts les syndicats autonomes representatifs(snpsp,snpssp,les PEST,etc)




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  • balack
    2 septembre 2010 at 16 h 43 min - Reply

    @madjid LARIBI,oui! vous avez sans doute raison,toute action est voué à l’ echec, car elle ne prends pas en compte la nature machiavelique du systeme.Les exemples de reussites que vous qualifiez paradoxalement d’ utopiques , leurs acteurs appartiennent à une autre culture, à une autre civilisation. Ceux qui pretendent que nos predateurs s ‘en iront juste apres une revolution des oeillets sont bien naifs.D’ ailleurs vous le dites si bien en reconnaissant que le DRS ne connait qu ‘un seul langage, celui du sang.Tout est dit.




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  • Mohamed Jabara
    2 septembre 2010 at 19 h 06 min - Reply

    @ Madjid Laribi

    Bonjour.

    Citation : »Et quel sera maintenant le modèle de cette lutte ? Moi je dirai qu’elle ne peut être que marxiste ! A discuter ! »

    J’avoue ne pas avoir de vision assez claire du modèle de lutte marxiste, entendez vous celui de la commune, investir en foule les édifices publics et ériger des barricades, ou celui de Mao mettre la pression au sud pour occuper le nord, ou voulez vous parler d’autre chose ?

    Il est vrai que pour le moment la lutte est utopique dans la mesure ou nous ne faisons que ressasser des constats amers et réver de jours meilleurs en amplifiant parfois nos espoirs de manière démesurée et parfois en succombant au désespoir. Mais le désespoir n’a jamais réglé le problème de personne. Par contre une utopie lorsqu’elle est portée par des ames généreuses peut se réaliser, l’islam est une de ces utopies à ses débuts et pratiquement toutes les religions. Il faut juste de la conviction , une conviction profonde, un but noble et qui bénéficie au plus grand nombre, une situation sociale favorable aux nouvelles idées et de l’esprit de sacrifice. C’est beaucoup me direz vous. Combien sont capables de se sacrifier ? Je ne pense pas qu’il en existe beaucoup surtout dans un contexte social ou la solidarité est devenue un vain mot.




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  • Madjid Laribi
    2 septembre 2010 at 22 h 42 min - Reply

    @ Mohamed Jabara

    C’est vrai que mon papier n’est pas explicité en profondeur et c’est fait à desseins.
    Le but est de passer des constats ressassés comme vous le dite et d’aller à d’autres étapes.
    Il s’agit d’identifier les acteurs avec qui lancer la dynamique et établir des règles communes.
    J’ai parlé de la pensée démocratique qui doit, à mon avis, guider notre démarche. Il ne s’agit pas de mettre les charrues avant les bœufs en imposant dés le début une idéologie quelconque ! Il faut établir un consensus, un compromis et des règles avec des acteurs qui, à mon avis, se trouvent tous dans l’opposition au DRS, mais qui restent dispersés pour le moment, justement pour des motifs idéologiques et je dirais même pour certains, pour des raisons absurdes.
    Chaque pays, chaque expérience, a ces spécificités mais il y a aussi des expériences intéressantes et je cite la Turquie et l’Iran pour rester dans le monde musulman. Ces Etats parce qu’ils sont démocratiques, ils ont réussis leur développement économique, social et culturel. C’est valable pour tout le monde arabo-musulman et nos seulement pour l’Algérie : pour sortir de l’emprise des occidentaux, notamment des griffes des Américains et des Israéliens, il faut instaurer une démocratie effective, et pour l’instaurer il faut impérativement un compromis entre les islamistes, les démocrates et les nationalistes.
    Quant au modèle de lutte marxiste dont j’ai parlé ne veut pas dire idéologie marxiste. J’ai cité l’exemple du Hizbollah et je vous renvoie aussi à notre révolution démocratique et sociale dans le cadre des principes islamiques, qui avait la méthode marxiste dans son organisation. Elle n’était ni maoiste, ni communarde, elle était tout simplement algérienne.
    Pour peaufiner cette organisation, Abane et Ben mhidi ne se sont pas passer de l’apport d’un marxiste comme Ouzeguane. Notre révolution n’a pas été achevée et il s’agit de le faire. Elle dépassait, à mon sens, de loin l’indépendance dans ses objectifs, elle était aussi démocratique et sociale et surtout anti –capitaliste et ses dérivées le colonialisme, l’impérialisme et l’atlantisme. C’est une révolution permanente, de plusieurs générations.
    Mais ce qui il faut retenir, c’est l’instauration d’un démocratie et d’accepter les règles établies dans un consensus. L’essentiel par la suite est de respecter le choix du peuple. Les islamistes gouverneront avec leur idéologie s’ils sont élus et partiront si le peuple le décide.
    Mais dans notre lutte dont la pensée est démocratique (stratégiquement), faudra-il agir démocratiquement dans mes actions à entreprendre ou faudra-il (tactiquement) s’adapter à ses ennemis tout en gardant l’objectif de l’instauration d’un Etat démocratique (je ne suggère pas la violence s’entend)?




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  • radjef said
    2 septembre 2010 at 23 h 54 min - Reply

    Bonsoir tout le monde. @Madjid, bonsoir. Que faire, moi aussi je me suis posé cette question a plusieurs reprises sur ce site…Il faut d’abord que la violence cesse. Les islamistes savent que chaque acte de violence est une bouée de sauvetage a la junte au pouvoir depuis plus d’un demi siecle. La violence sert le pouvoir. Les islamistes savent quelle est la condition pour que les militaires lachent le champ politique et retournent dans les casernes:la paix. A ce sujet, je ne pense que les dirigeants du FIS ignorent cette réalité. Ensuite, il faut que les partis qui se reclament de l’opposition(squelittique) democratique renoncent au terrorisme politique qu’ils exercent a l’encontre des universitaires et des elites et acceptent d’assumer leurs responsabilités historiques. La chasse aux elites et le populisme n’est pas seulement l’oeuvre du DRS, elle est beaucoup une pratique adulée par nos partis. Certains dirigeants de cette même opposition pensent sincerement que sans eux rien ne se fera; que ce qui ne vient pas d’eux est supect, est l’oeuvre du DRS…Certains partis ont preferé composer avec des repris de justice, des delinquants sexuels, des opportunistes sans le moindre scrupule que d’associer a leur action les elites aptes a lire correctement la situation du pays. Mais alors quelle aubaine pour le pouvoir et ses relais tous ces dirigeants qui portent en eux-faute de legitimité revolutionnaire- le complexe d’Adler et pensent qu’ils sont veritablement des entités politiques incontournables! Que faire? Il faut d’abord nous debarrasser de notre narcissisme, de notre cupidité, de nos pretentions demesurées et des ambitions qui depassent souvent nos capacités intellectuelles.Il ne faut pas agir comme le pouvoir. Le peuple n’est aussi dupe qu’on le pense.




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  • samir
    3 septembre 2010 at 0 h 35 min - Reply

    ou voyez vous dans la methode d’action du hezbollah un quelconque rapprochement avec les methodes marxistes?le context libanais est totalement different du notre,de plus le hezbollah libanais represente le seul vrai rempart face aux agressions sionistes dans la région.son action n’est pas dirigé contre le régime libanais et n’a pas comme objectif de s’emparer du pouvoir au liban.tout mouvement révolutionnaire n’est pas systematiquement d’obedience marxiste.les méthodes revolutionnaires ont existé bien avant marx.notre probléme n’est pas celui d’une lutte de classes pour pretendre utilisé les methodes marxistes de changement.la révolution populaire française n’a pas attendu marx pour renverser le joug du tyran.bien avant lenine et marx,les mouvements révolutionnaires anti-tsaristes prônèrent le terrorisme politique comme moyen de se débarraser du tsarisme.tout cela pour écrire que l’action révolutionnaire n’est pas une éxclusivité marxiste.quant la solution qui nous concerne et vu que la création d’un front uni contre l’oppression est quasiment peine perdue vue les interets mesquins des differentes tendances politique de notre pays sont prioritaires face aux interets de la nation donc du peuple, il faut attendre que la pression que nous subissons atteigne son paroxysme,ce qui ne saurait tarder étant donné les enjeux economiques de la decennie à venir et la non preparation de la société à affronter ces nouveaux défis.l’explosion populaire est inévitable et personne ne pourra la controler une fois que le processus sera lancé.une fois le peuple dans la rue, le régime fera appel à l’armée comme cela fut le cas en 88 et 92.seulement cette fois ci les choses sont differentes:l’armée n’est plus une garantie de stabilité pour le régime.




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  • Hamma
    3 septembre 2010 at 1 h 28 min - Reply

    Salam à toutes et à tous.

    Très bonne question du frère Madjid Laribi, tout en lui précisant que la démocratie n’est pas une idéologie et ne peut en aucun cas l’être.

    La démocratie est une voie toute tracée depuis la création de l’homme et c’est cet même homme qui en a changé le tracé Toutes les saintes écritures définissent la démocratie sous la forme « d’égalité entre les hommes » « de fraternité entre les hommes » « de justice entre les hommes » et « de liberté pour les hommes ». La démocratie n’est pas un système que l’on choisi au grés du vent et des intérêts de la nation. La démocratie ne s’impose pas et ne s’importe pas, elle ne se marchande pas. Elle est l’essence même de la vie.

    J’ai noté l’allusion du frère Madjid faite à la Turquie et à l’Iran comme modèle de sociétés « démocratiques »?? ayant réussis leur développement économique, social et culturel. C’est en parti vrai, mais qu’en est-il de l’aspect démocratique de ces pays où la répression envers leurs citoyens et autres entités est le seul mot d’ordre?

    On cite à tort les USA et certains autres pays occidentaux comme étant des modèles de sociétés démocratiques pour de tas de raisons, mais si nous nous référons à l’histoire passée et présente de ces nations, nous découvrons qu’elles sont loin de ce qu’elles prétendent être.

    C’est ces mêmes nations qui empêchent le monde arabo-musulman à reprendre la voie de la démocratie, telle qu’elle à été tracée par Allah pour l’ensemble des êtres humains. Il est peût-être probable que cette voie est en train d’être empruntée par le Liban et toute sa communauté après d’énormes sacrifices.

    Voici je pense, une partie de la réponse à la question du frère Madjid et des intervenants. Mais j’insiste pour dire que toute idéologie effacera toute notion de démocratie.

    Fraternellement.

    Salam.




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  • amir
    5 septembre 2010 at 16 h 47 min - Reply

    50 longues années de souffrance et on continue encore et encore, de disserter !!!!!!!




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  • Congrès du Changement Démocratique