Édition du
25 March 2017

Affaire Mécili : Paris cède devant Alger

Par Madjid Laribi

In Le Maghrébin

« Le prononcé de cette décision de la Cour d’appel de Paris apporte un développement positif pour nos relations bilatérales dont notre volonté est bien d’en poursuivre l’approfondissement et le développement », a déclaré le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Bernard Valero, après le non lieu prononcé par la justice française en faveur du diplomate Hasseni.

Paris cède donc devant les pressions exercées par Alger. On ne peut contester une décision de justice, mais toute décision de justice suggère des lectures. Une telle affaire, l’assassinat d’Ali Mécili en l’occurrence, est une affaire éminemment politique. Donc toutes les lectures qui en découlent ne peuvent être inscrites en dehors du cadre politique et de la raison d’Etat.

Depuis l’arrestation de Hasseni, le pouvoir algérien n’a pas cessé, périodiquement, de faire pression sur le gouvernement français. Des menaces de tout genre ont été brandies par la partie algérienne. Et la France, ce pays « grand-mère des droits de l’Homme » pour reprendre Ait- Ahmed, ne peut, disons-le crûment, se permettre de fâcher indéfiniment Alger.

L’Algérie est, stratégiquement, un pays pivot d’Afrique, de la Méditerranée et du Maghreb et du Sahel où, via l’AQMI, vient de démontrer à la face du monde qu’elle est incontournable dans la région, ce que les américains ont compris depuis bien longtemps. Sans parler « des routes du pétrole et du gaz » dixit Hocine Malti.

Le DRS a redoublé de férocité dans l’affaire Germaneau en manipulant les services français et les mauritaniens, en leurs indiquant le lieu à attaquer alors que l’otage français se trouvait ailleurs. Paris a fait pschitt et sa diplomatie n’a rien trouvé à dire que de s’attaquer à l’Espagne a qui Alger a fait le cadeau de récupérer ses otages bien vivants.

C’est un message fort que l’Elysée ne peut ignorer. Sinon comment expliquer le silence de l’Etat français après les attentats du RER en 1995 ? Quel sens donner à l’affaire des moines de Tibhirine dont des documents importants ont été cachés par le fameux juge Bruguière, proche de la DST ?

Le régime d’Alger est assis sur un trésor et aucun Etat n’osera aller à l’encontre de sa volonté.
La vérité sur l’assassinat d’Ali Mécili, à travers lui d’autres, n’est pas pour aujourd’hui, et la justice ne sera rendue qu’une fois les algériens débarrassés de ce monstre qu’est le DRS.

Il faut juste rendre hommage à cette grande femme, Annie Mécili, et à ses enfants, et s’engager à rester à leurs côtés pour continuer le combat, ce combat pour la vérité et la justice qui constitue un segment important de la lutte contre le DRS.


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5 Commentaires sur cet article

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  • AS
    2 septembre 2010 at 17 h 46 min - Reply

    on se demande qui est assis sur le tresor de guerre et qui profite le plus de ce non-lieu… paris plus qu’alger….




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  • D B
    2 septembre 2010 at 18 h 55 min - Reply

    Merci Madjid de rappeler que l’affaire Mecili obeit à d’autres considérations que celle de justice.
    Le passage suivant, d’un article paru sur le journal algérien l’Expression, sur l’affaire « Hasseni », et qui a été publié juste avant que le non lieu soit prononcé, est significatif à cet égard. Cet article, sans nuances ni subtilité, est un appel du pied à l’Etat français, pour qu’il comprenne où est son intérêt, et une menace ouverte au cas où l’affaire n’est pas traitée comme le souhaite le régime algérien. Cet article est à lui seul, tout un éclairage sur les sombres dessous de cette affaire. Il faut absolument le lire dans son intégralité, et le garder dans ses archives.
    Voici ce passage:

    « Au moment où elle s’applique à une politique d’austérité pour contrer l’expansion d’une crise qui a failli emporter toute l’Europe, la France peut-elle se permettre le luxe de laisser filer des niches financières? Il y a de la place pour la France dans le marché algérien qui pèse 286 milliards de dollars au titre du plan quinquennal. C’est un fait défendu par des arguments inattaquables. »

    Sans autre commentaire!




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  • fatiha
    2 septembre 2010 at 22 h 32 min - Reply

    La justice est pragmatique,et comme il a si bien dit le col samraoui, en justice (du moins française), le moindre doute profite a l’accusé, « mieux vaux dix accusés en herbes,qu’un innocent en prison . »dixit Voltaire.
    Ensuite les pouvoirs exécutifs ont profité de cette aubaine pour relancer leurs magouilles.
    MERCI SAMRAOUI




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  • rabeh
    2 septembre 2010 at 23 h 11 min - Reply

    Moi a la place de samraoui meme à 50/50 j’aurais maintenu mon accusation « surtout que samraoui l’avait reconnu au permier coup et de dos s’ils vous plait ».
    Au nom de la nation algerienne,au nom de nos chouhada,au nom des milliers de victimes de la guerre civile,au nom de la famille mécili,au nom des futures générations algeriennes,au nom de l’histoire ,j’aurais maintenu l’accussation et attendre des jours ou des mois pour voir le developpement de cette affaire,car de toute maniere si ce n’est pas le vrai HASSENI il devrait bien y avoir le vrai HASSANI, et la balle est entre les mains du pouvoir algerien, a lui de nous dire ou il est ainsi que l’assassin amalou. »ils ne se sont pas volatilisés?? ».Et si ce n’est pas lui, au nom de la justice je me rétracterais pour l’innocenter est « la victime » comprendra ma demarche patriotique. »certains a la fleur de l’age on donner leur vies pour notre indepandance




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  • Sami
    3 septembre 2010 at 20 h 40 min - Reply

    « surtout que samraoui l’avait reconnu au permier coup et de dos s’ils vous plait »

    Mais Samraoui s’est retracté en arguant de la presomption d’innocence…

    La piste a poursuivre est celle de l’homonyme. Est-ce cet homonyme le veritable coupable ?




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