Édition du
22 July 2017

Djazaïr az-Zaaf wad-Dokha : L’Algérie malade de ses élites

Par Abdelhafid Larioui
Le 02 septembre 2010

Préambule

Cette note est inspirée par un échange sur le site de l’Institut Hoggar à propos de la qualité littéraire de l’œuvre d’un compatriote qui se livre depuis quelque temps à des essais poétiques et qui s’est vu critiqué d’une façon qui m’a paru excessive[1]. On lui a reproché notamment de ne pas avoir l’éloquence du poète Moufdi Zakaria, ce qui ferait de lui un intrus dans l’univers de la poésie. J’ai répondu à cette critique par ce petit mot :

« La poésie est l’art du vrai, c’est-à-dire cette parole véhiculant une vérité universelle qui va droit au cœur et fait vibrer cette corde sensible à l’intérieur de chacun de nous. A la limite, on s’en fiche des tournures de la langue. C’est du superflu. Quant aux ‘colonnes’ du défunt Moufdi Zakaria, leur puissance de pénétration de l’âme ne vient pas du fait qu’elles soient bien alignées, respectant la rime, mais du fait qu’elles expriment authentiquement une réalité partagée. La poésie est un don de soi, un souffle véhiculé par tout support de communication, comme la langue, et qui disparait dès qu’on y touche. C’est pour cela que le poète américain Robert Frost disait que la poésie, c’est ce qui est perdu lors d’une traduction. Au lieu de vous attaquer aux rares voix qui tentent d’exprimer dans une langue respectable la douleur des leurs, vous devriez critiquer les bataillons d’hommes de lettres (toutes langues confondues) et d’artistes (toutes expressions confondues) algériens qui ont passé les deux dernières décennies loin des préoccupations réelles de leur peuple. Résultat : l’Algérie vit une ‘khalidation’ de l’art et de la culture portant les empreintes de Cheb Khaled et de Cheïkha Khalida. »

Cet incident a remué en moi la tentation, depuis longtemps réprimée, de tenter une note sur l’élite algérienne, c’est-à-dire sur nous tous qui avons abandonné les champs artistique, intellectuel et politique et laissé un vide occupé avec le temps par des artistes désengagés, qui ont fini par n’avoir d’opinion sur rien, et dont Cheb Khaled a eu le mérite de résumer l’état par sa formule célèbre « comme il a dit lui », un vide occupé par des intellectuels et des politiques sans attaches avec le peuple, représentés par excellence par « une femme debout » qui s’est vite « couchée » pour des miettes de pouvoir, et qui veille depuis sur le paysage culturel algérien.

Quelques précisions nécessaires

Je dois au préalable apporter les quatre précisions suivantes.

Première précision : Cette note ne prétend pas traiter une question aussi importante de façon académique, en passant en revue, systématiquement, les postures intellectuelles et les positions politiques d’un échantillon statistiquement significatif et représentatif des élites algériennes durant au moins les vingt dernières années. Il s’agit tout simplement d’impressions empilées en observant les attitudes et les comportements, les discours et les actions, d’un certain nombre de personnalités algériennes. La note est donc forcément partielle et déséquilibrée. Ce manque de rigueur s’explique par le fait que l’auteur désire moins rédiger un essai étoffé sur le sujet que lancer un cri de colère qui reflète sa frustration de constater l’immobilisme permanent des élites algériennes alors que leur pays sombre à grande vitesse.

Deuxième précision : Tout le monde sait à quel point les élites au pouvoir, depuis l’indépendance, qu’elles soient militaires, politiques ou religieuses, ainsi que celles qui leur apportent soutien intellectuel et artistique, ont détruit l’Algérie sur tous les plans. Leurs crimes noirciraient des encyclopédies. Ce sont elles qui font obstacle, par la répression, la corruption et la compromission, à l’émergence d’une véritable élite algérienne soucieuse des intérêts de la nation. Mais je crois qu’il faut dépasser ce constat et explorer le rôle des élites qui se positionnent hors du pouvoir, voire en opposition avec lui.

J’ai beaucoup apprécié les propos récents d’Abdelkader Dehbi, sur le site Internet du Quotidien d’Algérie, suite au témoignage de Karim Moulaï sur l’implication du Département de renseignement et de sécurité (DRS) dans les crimes contre l’humanité perpétrés en Algérie dans les années 1990. En affirmant que les révélations de l’agent du DRS « ne constituent nullement un ‘scoop’ », et que depuis des années, les crimes de cette officine obscure « n’ont jamais fait l’ombre d’un doute, dans l’esprit d’une grande majorité de l’opinion publique, tant nationale qu’internationale », il a mis le doigt sur une triste réalité sociologique en Algérie, que Malek Bennabi appellerait « la prédisposition au despotisme », et a interpellé les élites de l’opposition de façon franche et pertinente : « Pour nous citoyens, qui nous targuons de faire partie de l’élite intellectuelle de ce pays, pourrions-nous affirmer sans mentir à nous-mêmes, que nous ne nous sentons pas envahis par un profond sentiment de honte, de continuer à supporter depuis tant d’années, d’être les spectateurs passifs, voire complices, d’une véritable mise à mort d’un pays et de mise à sac de ses ressources par un pouvoir politiquement illégitime, pénalement criminel, moralement corrompu et civiquement traître à la nation ? Qu’attendent tous les enfants dignes de l’Algérie, par-delà leurs sensibilités idéologiques et politiques, pour se rassembler en un immense élan de nationalisme, pour s’organiser et faire bloc autour d’un seul objectif : libérer le pays, par tous les moyens de lutte pacifique, du joug d’un pouvoir criminel, corrompu et anti national ? »[2]

Je trouve en effet regrettable que le DRS, en captant en permanence l’attention de beaucoup d’entre nous, nous rend aveugles à son anagramme sociologique, le SRD (syndrome de la résignation et la démission). Il s’agit de ce fléau aussi ravageur que le DRS qui se manifeste par la résignation du peuple et la démission de ses élites. DRS et SRD représentent, à mon avis, les deux facettes d’une même pièce, deux phénomènes entretenant un lien étroit de causalité. D’une part, pour survivre, le DRS favorise l’apparition et la propagation du SRD. La résignation du peuple est l’effet d’un traumatisme collectif provoqué par tant d’années de répression féroce : détentions, tortures, disparitions, massacres, etc. La démission des élites est un aveu d’impuissance devant ce qui est intériorisé par beaucoup d’entre elles comme une « toute-puissance » du DRS, une conséquence de la stratégie de ce dernier résumée dans le triptyque « répression-corruption-compromission ». D’autre part, le SRD offre les conditions idéales pour le développement et la consolidation du DRS et le renforcement de sa « toute-puissance » dans l’imaginaire collectif, vu que peu de gens osent la défier politiquement ou intellectuellement.

Troisième précision : Lorsque je critique telle ou telle élite cela ne signifie pas sa démonisation. Je crois profondément que chaque individu, aussi larges et profonds soient ses aspects sombres, dispose inévitablement de côtés lumineux. Je suis conscient que les hommes et les femmes ne sont ni anges de lumière, ni démons de feu. Ce sont des êtres humains créés de terre, avec toutes leurs complexité et diversité, qui ont leurs faiblesses, leurs circonstances, leurs égarements, et leurs déchéances, mais peuvent aussi avoir leur force et grandeur.

Quatrième précision : Je suis conscient du fait heureux qu’en Algérie, il existe encore des élites dignes et honorables, certes minoritaires, mais viscéralement attachées aux intérêts supérieurs de leur nation, risquant leurs biens, voire leur vie pour leur défense. Ces hommes et ces femmes ne sont pas concernés par les critiques formulées dans cette note.

Lesdites élites en Algérie

L’élite est cette classe privilégiée composée d’hommes et de femmes dotés d’un outil (savoir, expression artistique, capacité intellectuelle, sens commun notamment en politique) lui permettant d’analyser, de synthétiser, de prévoir, d’orienter, d’inspirer, de donner du sens, ou des pouvoirs exceptionnels, couplés à des responsabilités, de prendre des décisions aux impacts réels sur la société. On y inclut donc non seulement les sociologues et les politologues, mais également les théologiens, les scientifiques, les hommes et femmes de lettres et des arts, et même les militaires et les politiciens. Il s’agit, dans les pays démocratiques, d’une sélection favorisée par des capacités intellectuelles, des dons artistiques et des prédispositions politiques au-dessus de la moyenne de la population. Dans les dictatures monarchiques et militaires, cela relève parfois d’un hasard génétique ou du « fait du prince ».

On parle souvent d’élites intellectuelles et politiques, référant à la réflexion et à l’action politique respectivement.

Entre les positions extrêmes de l’élitisme et du populisme, il y a de l’espace pour une relation saine entre l’élite et la population, une dialectique permanente. D’une part, un peuple sans l’apport de son élite se réduit à une masse humaine inerte ou se mouvant sans boussole et sans éclairage. D’autre part, l’élite travaille sur une matière brute : des faits, des phénomènes de société, que seul le contact avec la population et son observation attentive peut fournir. Coupée de la population, toute œuvre de l’élite n’est à mon sens que spéculation et tâtonnement.

Qu’en est-il des élites en Algérie ?

Si l’on retrace le parcours des élites algériennes depuis près d’un siècle, leur qualité intrinsèque semble se dégrader de génération en génération, soit sur le plan de la valeur de la production artistique, intellectuelle et politique, soit sur le plan de l’intégrité morale, la probité intellectuelle et la droiture politique, soit sur le plan du rapport des élites avec le pouvoir, soit enfin sur le plan de leurs liens avec le peuple et leur capacité à prendre en charge efficacement ses préoccupations immédiates.

Prenons comme point de départ l’époque des années 1920 et la naissance du mouvement intellectuel et politique algérien avec la génération de l’émir Khaled et de Ali El-Hammami.

Une génération plus tard, vers les années 1940, Malek Bennabi élaborait déjà, minutieusement, sur les élites de l’époque, composées à ses yeux de « boulitiques » habitués aux bas compromis politiques et d’« intellectomanes » accrochés à leurs semelles.

A la génération suivante, c’est à Abdelaziz Khaldi de faire remarquer amèrement en 1968 qu’ « au moment où l’on nous invite à entrer dans une nouvelle ère culturelle, certains s’interrogent sur les causes de la “saharisation” dans ce domaine. Il y a belle lurette, en effet, que notre climat intellectuel s’est desséché et ne donne plus naissance qu’à de bien maigres récoltes. Pourtant le peuple a vu, il y a quelque vingt ans, éclore sous son ciel des œuvres qui ont marqué une étape dans notre combat national. Jadis l’écrivain exprimait le drame de son pays parce qu’il le vivait lui-même. Aujourd’hui l’intelligentsia algérienne étale son moi, son appétit professionnel, tout en portant son cœur en écharpe. Elle vit désespérément dans l’ère culturelle des autres. La littérature n’exprime plus que le divertissement du dilettante et parfois ses humeurs. L’ère nouvelle nous invite donc à des révisions déchirantes pour donner au peuple d’autres nourritures spirituelles. »[3]

Une génération plus tard, c’est-à-dire aux années 1980, il y avait l’espoir d’une renaissance intellectuelle et politique, due d’une part aux effets de la démocratisation de l’enseignement qui a permis au plus grand nombre de citoyens de toutes les couches sociales d’acquérir les outils leur permettant d’accéder à la connaissance, à l’art et à la chose publique, et d’autre part au vent de liberté et à l’amorce d’une démocratisation de la société. Cet élan a hélas été freiné brutalement par le coup d’Etat de janvier 1992 et par la répression qui s’en est suivie. La fine fleur de la société algérienne a été broyée, dispersée ou muselée par la machine de mort commandée par le cabinet noir de l’armée.

A la génération suivante, en 2007, c’est au tour d’Abdennour Ali-Yahia de faire un sombre constat de la situation : « Les intellectuels dans leur grande majorité ont renoncé à leur rôle de critiques et d’analystes rigoureux, pour servir de simples relais ou d’instruments du pouvoir. Leur silence sur les dérives opportunistes alors que la population refuse la voie de la résignation, de la démission et du fait accompli, prouve que l’histoire se fait sans eux et contre eux. Les situations personnelles engendrent des discours différents, selon qu’ils sont tenus en aparté et en public. Il faut écouter le peuple et non ses élites réelles ou supposées. »[4]

Ainsi, soixante-dix ans après les propos de Malek Bennabi, il semblerait qu’à notre génération, la plupart de nos politiques sont plus « boulitiques » que jamais, et beaucoup de nos intellectuels se comportent comme des « intellectomanes », voire des « intellect-tueurs », pas uniquement dans le sens usuel du terme, c’est-à-dire ceux qui ont appelé au meurtre de leurs concitoyens, mais dans un sens plus large, c’est-à-dire ceux qui sacrifient l’intellect pour se livrer à de bas compromis intellectuels.

Tentative d’une typologie des élites algériennes

Pour être nuancé, je dirais que les élites algériennes d’aujourd’hui peuvent être classées selon deux paramètres : leur rapport au pouvoir réel, c’est-à-dire au pouvoir militaire (soutien, indifférence ou opposition) et la motivation de leur positionnement (par conviction, par intérêt ou par peur). On obtient ainsi les neuf catégories suivantes :

a) « L’élite alliée » qui soutient le pouvoir militaire par conviction : Ceux qui, par idéologie, partagent les thèses du pouvoir militaire, et qui ont fait appel à lui pour mettre fin au processus démocratique.

b) « L’élite mercenaire » qui soutient le pouvoir militaire par intérêt : Ceux qui apportent leur soutien au pouvoir militaire, en échange de quelques avantages et privilèges.

c) « L’élite otage » qui soutient le pouvoir militaire par peur : Ceux qui sont forcés d’apporter leur soutien au pouvoir militaire, sous la menace et le chantage.

d) « L’élite aliénée » indifférente au pouvoir militaire par conviction : Ceux qui n’apportent pas leur caution au pouvoir militaire et n’affichent pas publiquement une réprobation qui pourrait bénéficier à la partie adverse au pouvoir et dont ils ont été victimes.

e) « L’élite affairiste » indifférente au pouvoir militaire par intérêt : Ceux qui ne se prononcent pas, car occupés à se faire une carrière et une bonne situation matérielle, souvent issus des couches défavorisées ayant subi si longtemps la privation matérielle.

f) « L’élite traumatisée » indifférente au pouvoir militaire par peur : Ceux qui se taisent après avoir subi les affres d’une répression (détention, torture, humiliation, etc.), ou en avoir entendu parler, ce qui leur a paralysé la langue et la main.

g) « L’élite de l’élite » qui s’oppose au pouvoir militaire par conviction : Ceux qui se font très rares.

h) « L’élite maître-chanteuse » qui s’oppose au pouvoir militaire par intérêt : Ceux qui simulent l’opposition pour avoir une chance d’être un jour courtisés par les services et d’avoir la possibilité d’offrir leur service. Et ça a marché pour beaucoup.

e) « L’élite travestie » qui s’oppose au pouvoir militaire par peur : Ceux qui simulent l’opposition craignant de perdre des privilèges (par exemple un statut de réfugié mal acquis). L’essentiel de cette catégorie se trouve en fait dans les rangs de la diaspora.

Il convient de noter que ces catégories ne sont pas étanches ; ce sont plutôt des compartiments pouvant communiquer les uns avec les autres. Ainsi, par une évolution personnelle ou par un concours de circonstances, on peut passer de l’une à l’autre. L’exemple de Bachir Boumaaza est éloquent pour montrer le possible va et vient entre, par exemple, « l’élite alliée », « l’élite mercenaire » et « l’élite affairiste ». La vie intellectuelle et politique de cet homme à l’itinéraire en zigzag peut se résumer en dix étapes :

1) 1945-1954 : L’engagement au mouvement national. Marqué par les massacres de mai 1945, auxquels il a assisté à l’âge de 18 ans dans sa ville natale Kherrata, il adhère au PPA-MTLD et accède à l’entourage proche de Messali Elhadj, en compagnie duquel il mènera campagne en France.

2) 1954-1962 : L’implication dans la guerre de libération. Il est parmi les premiers à rejoindre les rangs du FLN. Il contribua à la constitution de la Fédération de France et à la mise en place de son collectif d’avocats, sera incarcéré à Fresnes de 1958 d’où il s’évadera en 1961, franchira la frontière belge déguisé en curé, pour rejoindre l’Allemagne. Il est coauteur de « La Gangrène », paru en 1959 chez les Editions de Minuit.

3) 1962-1965 : Le soutien à Ahmed Benbella. Proche du zaïm, il cautionne le coup contre le GPRA. Il est nommé successivement commissaire national à l’Information et à la Propagande, député d’Annaba à la Constituante de septembre 1962, ministre du Travail et des Affaires sociales, ministre de l’Economique nationale. En 1964, il préside la Délégation algérienne aux négociations avec la France et dirige les débats au congrès du FLN. Il est ensuite élu membre du Comité Central et du Bureau Politique du parti, puis nommé ministre de l’Industrie et de l’Energie. Puis survint la rupture. Selon le commandant Azzedine, « Boumaza était l’homme du président, mais Ben Bella a voulu l’enlever de son poste et mettre à sa place Medeghri. Ce dernier a refusé tout en le faisant savoir à Bachir Boumaza. Ce dernier avait dit à Omar Oussedik : “Si jamais on m’apprend qu’il y a une embuscade montée contre Ben Bella, même si je suis dans le convoi, je ne l’avertirai pas au risque d’y laisser ma peau.” »[5]

4) 1965-1966 : Le soutien à Houari Boumediene. Se vengeant de Benbella, il cautionne le coup du colonel du 19 juin 1965 et devient membre du Conseil de la Révolution et ministre de l’information.

5) 1966-1979 : L’opposition à Houari Boumediene. En octobre 1966, pressentant une arrestation proche par Boumediene, qui le suspecterait de participation à un complot, il quitte clandestinement l’Algérie par les frontières tunisiennes, pour aller se réfugier en France, où il tenta de rassembler les rangs de l’opposition au régime de Boumediene (PRS de Boudiaf, FFS de Aït Ahmed, OCRA de Mohamed Lebjaoui). Il déclara à l’AFP : « Ce qu’il faut avant tout, c’est retrouver l’unité d’action de tous les mouvements d’opposition. Nous avons au moins un dénominateur commun, c’est la condamnation du régime issu du coup de force du 19 juin. Il faut donner au peuple la possibilité de s’exprimer librement. »[6]

6) 1979-1988 : La distance du pouvoir. Suite au décès de Boumediene le 27 décembre 1978, il rentre au pays, mais il prend ses distances du nouveau pouvoir. Il noue des relations d’amitiés avec Saddam Hussein et, selon le témoignage de son ami l’avocat Amar Bentoumi, écrira « un livre défendant la position de l’Irak dans la guerre fratricide opposant ce pays à l’Iran de Khomeini. Il s’installa à Lausanne où il ouvrit une imprimerie. »[7] Selon certains de ses proches, cette imprimerie lui aurait été offerte par Saddam Hussein.

7) 1989-1992 : L’action associative. Suite au tremblement social d’Octobre 1988 et l’ « ouverture démocratique » qui s’en est suivie, il ne se lance pas en politique, car, il dira : « Je me reconnais dans les partis qui existent et dans le FLN, mais dans aucun entièrement. »[8] En mai 1990, il constitue la Fondation du 8 Mai 1945.

8) 1992-1997 : La distance des putschistes. Quelles que soient les positions publiques qu’il aurait prises suite au coup d’Etat du 11 janvier 1992, dans les cercles privés il était toujours critique envers les aventuriers de l’institution militaire. Je l’ai personnellement entendu en 1997, peu de temps avant que le général Zeroual ne sollicite ses services, et au moment où les massacres de populations faisaient des ravages, incriminer les généraux qui ont mené le pays au désastre.

9) 1998-2001 : Le soutien aux criminels contre l’humanité. Le 5 janvier 1998, il est désigné par Liamine Zeroual à la tête du Conseil de la nation. Pendant plus de trois ans, il ne ménagera alors plus aucun effort, en Algérie, dans les capitales arabes et en Europe, pour défendre l’armée et disculper les généraux, accusant les islamistes des pires atrocités. Il recevra entre autres, le panel d’information envoyé par l’ONU en juillet 1998 et présidé par l’ancien président portugais Mario Soares. A sa sortie de la réunion, il dira que : « les entretiens étaient positifs et francs. Ils ont permis de donner une image juste de la réalité algérienne […] le terrorisme est dépassé et l’Algérie est en train d’édifier une démocratie en dépit des difficultés actuelles. »[9] Deux ans plus tard, il affirmera qu’ « il était clair, dès le départ, que le terrorisme qui se nourrit de discours extrémistes, après que son masque idéologique soit tombé, demeurera – jusqu’à son éradication – nocif, comme il restera – comme il l’a toujours été – une vague sur laquelle surferont les adeptes du ‘‘qui tue qui ?’’ et les professionnels de l’acharnement sur l’Algérie et ses symboles. »[10]

10) 2001-2009 : L’amère déception. Dès la désignation en 1999 d’Abdelaziz Bouteflika par l’armée, à la place du général Zeroual évincé par ses pairs, la vie du président du Sénat allait s’avérer de plus en plus difficile. Mais il tiendra encore deux années sous un président avec lequel il avait des relations conflictuelles. Il sera prié de quitter son poste, mais il refuse, allant même jusqu’à saisir le Conseil constitutionnel sur la régularité du renouvellement du président du Conseil de la nation, oubliant peut-être que lui-même, n’avait pas été désigné dans le respect de la Constitution. En avril 2001, il sera forcé au départ manu militari et dans l’humiliation. Un autre membre du Sénat, Djamel Belhadj, a raconté en 2009 cet épisode tragique : « Leila Aslaoui a humilié le défunt Bachir Boumaza par son langage ordurier, tandis que, pour leur part, les deux généraux, Kamel Abderrahim et le général Hocine Benmaalem l’ont menacé lors d’une séance à huis clos […] Leila Aslaoui avait été la première à ouvrir les hostilités en quittant son siège et traitant M. Boumaza de tous les noms. Le général à la retraite Zine El Abidine Hachichi s’est également dirigé vers Boumaza animé des mêmes intentions. […] Rappelons que cette bataille verbale n’était que le reflet de l’âpre échange de propos que se livraient l’actuel président Bouteflika et M. Boumaza et qui s’était terminé par la démission de ce dernier du poste de président du sénat, après l’affaire de la mise en garde du conseil constitutionnel. »[11] Bachir Boumaza ne se relèvera jamais de cet affront. Il passera les neuf dernières années de sa vie dans l’isolement et l’amertume. Il décèdera à Lausanne oublié et méprisé de tous, le 6 novembre 2009, à l’âge de 82 ans.

Au moins, il aura eu le mérite de faire l’aveu de ses faiblesses : « Tout mon parcours montre bien que je ne suis pas un démocrate… Mais je fais cet effort sur moi-même ! »[12], aurait-il déclaré en mai 2000, en visite officielle à Paris.

L’élite politico-religieuse et le syndrome du « ZAAF »

L’observation de la scène algérienne des vingt dernières années conduit au constat amer que l’élite politico-religieuse souffre du syndrome du « ZAAF » (Zaïmisme-Autisme-Affairisme-Famillisme). Bien sûr, les quatre constituants du syndrome du « ZAAF » contribuent à des degrés divers chez les élites algériennes, il s’agit donc de décrire des tendances générales. Pour illustrer mon propos, je vais me contenter de prendre comme exemples de l’élite politico-religieuse les chefs de quatre formations politiques. Il s’agit des présidents du Front des Forces Socialistes (FFS), du Front Islamique du Salut (FIS), du Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD) et du Mouvement de la société pour la paix (MSP – ex HAMAS). Leur choix se justifie par le fait qu’ils représentent raisonnablement la classe politique algérienne. Deux sont d’orientation laïque et deux d’orientation islamique. Deux sont pilotés par le pouvoir et deux échappent en principe à son emprise, deux sont de la génération de la guerre de libération, deux sont de la génération de l’indépendance, enfin deux sont arabes et deux sont kabyles.

Le zaïmisme : C’est l’obsession du leadership que l’élite politico-religieuse algérienne partage avec les tenants du pouvoir qu’elle ne cesse de critiquer. Pour ceux portant en eux la fibre religieuse, le zaïmisme prend la forme du cheïkhisme par l’effet du qamis, de la barbe et de la rhétorique utilisée, même si la science religieuse n’est pas toujours leur fort. Le zaïm/cheïkh est celui qui réfléchit et agit pour les autres. C’est celui qui prend les décisions sans consulter personne, car se considérant omniscient, ce qui est relativement vrai, lorsque l’on connaît la constitution de sa cour/hachia soigneusement choisie par ses soins pour avoir le plein contrôle sur elle. La maitrise de ses courtisans lui permet de se maintenir aux commandes le plus longtemps possible, de préférence jusqu’à la mort. Je me rappelle l’adage algérien qui dit que le seul électeur qui a une voix qui compte lors des élections présidentielles en Algérie c’est l’archange Azrael. C’est aussi valable pour le poste de président de parti politique. Hocine Aït-Ahmed et Madani Abbassi sont des exemples éloquents qui ont pris tous les deux leur retraite, l’un à Lausanne depuis des décennies et l’autre à Doha depuis quelques années, sans jamais vouloir passer le relai. Ils ne manquent pas d’ailleurs de rappeler à l’occasion et avec fracas qu’ils sont toujours les « présidents » de leurs partis respectifs. De même que Saïd Saadi l’inamovible président du RCD depuis sa création. Quant à Mahfoud Nahnah, il n’a laissé son poste de président du MSP (ex HAMAS) que lorsqu’il en a été contraint par le Seigneur.

L’autisme : Les élites politiques algériennes sont souvent coupées des réalités sociologiques de leur peuple, pas seulement à cause de l’éloignement physique, comme c’est le cas d’Aït-Ahmed et de Abbassi, mais parfois aussi à cause de la distance culturelle qui les séparent. On l’a vu clairement à l’issue du premier tour des élections législatives de décembre 1991, lorsque Saïd Saadi a déclaré s’être « trompé de peuple ». Cette absence de contact avec la réalité vécue par la population enferme les élites politiques dans un univers abstrait qu’elles décrivent avec des mots creux et usés qui n’ont pas d’emprise sur la société. En outre, ces élites politiques font tout pour se maintenir prisonnières de cet univers virtuel, notamment en se fermant à tout conseil fut-il amical.

L’affairisme : Abdennour Ali-Yahia affirme souvent que « le pouvoir algérien contrôle la société par le flic et par le fric ». Il agit ainsi depuis l’indépendance, en neutralisant les concurrents potentiels – lorsqu’il ne les liquide pas – soit par les largesses et les privilèges, soit par la persécution et la répression. Ainsi, il a transformé de nombreuses élites algériennes en vulgaires trabendistes. Rares sont celles et ceux qui se déclarent opposants politiques et qui refusent les biens et avantages offerts par le pouvoir (villas, voitures de luxe, rentes et primes généreuses, etc.). Il est notoire en Algérie que lorsque Bouteflika a décidé il y a quelques années d’« arroser » à coups de milliards une certaine classe politique à la retraite, notamment les anciens présidents de la république, pratiquement le seul qui a refusé l’offre a été Liamine Zeroual.  Il me parait clair que plus l’élite est issue de milieux modestes, plus elle s’engouffre dans les marécages du « tbaznis ». L’adage arabe qui recommande de n’élire aux fonctions publiques que « celui qui dispose d’une richesse de l’âme ou d’une richesse de la poche » a toute sa pertinence en Algérie. Lorsque l’élite est pauvre de l’âme et de la poche, elle confond servir et se servir. Bouguerra Soltani et ses acolytes, qui ont pourtant grandi dans les cercles d’éducation religieuse et ont pendant des années prêché la bonne parole, et qui sont aujourd’hui noyés jusqu’à la barbe dans des scandales de corruption, en sont de parfaits archétypes.

Le famillisme : Cela dépasse le népotisme qui indique un favoritisme à l’égard des proches. Il ne s’agit pas de privilèges, mais carrément de partage du pouvoir. C’est cette tendance fâcheuse à confondre les sphères publique et privée dans l’action politique. C’est une forme aigue de l’esprit de tribu, de clan, ou de aarch dans la gestion de la chose publique. Lorsque certains chefs de partis politiques, de tous bords, se laissent entourer – tout comme l’actuel président de la république – d’un cercle de parents qui deviennent vite des éléments influents au sein du parti ; quand leurs enfants deviennent, par la force des choses, à la fois conseillers politiques, managers, et agents de communication du parti, et sont perçus par la base, qui hélas cautionne de telles pratiques par son silence, comme les portes que tous les prédateurs et parasites politiques frappent afin d’obtenir des miettes d’un pouvoir même potentiel, cela indique qu’il s’agit d’une culture politique nationale qui dépasse les clivages idéologiques et la dualité pouvoir/opposition.

La compromission des « boulitiques »

S’il est admis chez les Algériens que certaines élites politico-religieuses comme les chefs du MSP et du RCD, se sont compromises directement en soutenant explicitement et avec force la politique criminelle des putschistes, la compromission indirecte (volontaire ou involontaire) d’autres élites classées dans le camp de l’opposition est moins visible, bien que plus pernicieuse, car plus subtile.

Ainsi, ceux qui ont suivi la crise algérienne se rappellent bien les campagnes de Mahfoud Nahnah en Europe et dans le monde arabe, au cours desquelles, muni d’albums-photos de crimes de droit commun préparés par le procureur militaire Belkacem Boukhari, il propageait, notamment dans les cercles des « Frères musulmans », l’idée que c’était les membres du FIS qui égorgeaient femmes et bébés, pour tenter ainsi de  « blanchir » la hiérarchie militaire.

Au même moment, Hocine Aït-Ahmed sillonnait les chancelleries occidentales et les cercles de l’internationale socialiste pour propager sa thèse du « ni peste, ni choléra ». Il était d’ailleurs plus indulgent avec la « peste » (le pouvoir militaire) qu’avec le « choléra » (le mouvement islamique en général, et le FIS en particulier), et ne ménageait aucun effort pour démoniser ce mouvement et déshumaniser ses adhérents et sympathisants. Vraisemblablement l’opposition islamique était perçue par DalHo comme un adversaire plus redoutable que le « pouvoir militaire », avec lequel il a toujours gardé un canal de communication (un ami, officier très haut gradé) afin de toujours connaître avec précision où se situe la ligne rouge à ne jamais franchir ; c’est d’ailleurs le cas de la majorité des « hommes d’Etat » algériens, aujourd’hui « opposants », qui ont été mis à la retraite et/ou qui attendent leur tour « en réserve de la république ». C’est dans cet esprit qu’il faut expliquer la manifestation du 2 janvier 1992 lancée à Alger par Hocine Aït-Ahmed, qui ne pouvait pas ignorer, vu son sens politique aigu et considérant le contexte de l’époque, que son acte allait servir comme prétexte à l’armée pour fomenter le coup d’Etat. Il l’a quand-même osé, quitte à condamner le putsch par la suite.

Il y a plusieurs années, j’ai assisté à un colloque organisé à Zürich sur la crise algérienne. Aït-Ahmed était parmi les conférenciers invités. Nous étions des dizaines d’Algériens venus de France, d’Allemagne et d’autres pays européens pour écouter cette figure historique du mouvement national algérien. Il y avait aussi des participants européens. Quelle fut ma surprise d’entendre DalHo répondre à la question d’un journaliste qui l’interpellait sur son passé et son expérience sur l’usage de la violence politique, en affirmant qu’il n’avait pas pris le maquis en 1963 (fait bien documenté audio-visuellement dans les archives de l’INA français), qu’il n’avait par tiré une seule balle pendant la révolution, et qu’il ne faisait à cette époque que « vendre les salades du FLN ». Il est vrai qu’à cette époque où il construisait sa rhétorique en partie sur la critique de ce qu’il appelait « la violence islamiste », il n’avait pas intérêt à reconnaitre « une violence révolutionnaire » passée contre le colonialisme ou « une violence protestataire » postérieure contre l’armée des frontières, au risque de paraitre incohérent.

Sans légitimité, infréquentable, épuisé par une résistance imprévue qu’il n’arrivait pas à vaincre, le régime putschiste a trouvé en Mahfoud Nahnah et Hocine Aït-Ahmed « les deux béquilles islamique et laïque » qui lui ont permis d’activer et de réactiver des ressources au plan international. Un auteur algérien a écrit un jour : « Si dans l’Algérie des années 1990, Toufik, Lamari et consorts ont pratiqué l’éradication physique, Nahnah, Aït-Ahmed et consorts se sont livrés, eux, à une éradication symbolique, beaucoup plus dévastatrice. »

Un autre aspect de la compromission est le service énorme rendu au régime militaire par l’obstruction à la construction de véritables partis politiques d’opposition, forts, bien organisés et au fonctionnement démocratique. Les principaux partis représentatifs de la société algérienne (FFS et FIS) ont été réduits à des épaves politiques, des coquilles vidées de sens, des étiquettes usées par la faute de chefs souffrant du syndrome du ZAAF. Madani Abbassi et Hocine Aït-Ahmed portent une lourde responsabilité dans la déchéance de leurs partis, car ils ont constitué et constituent encore un obstacle objectif et réel à toute restructuration, rénovation et redynamisation de ces partis. En définitive, ils ne veulent pas d’une institution forte et organisée qui risquerait alors d’échapper à leur maitrise, quitte à faire de leur parti une épave à la dérive plutôt qu’un navire dont ils perdraient le contrôle.

Mais cette aubaine pour le régime militaire constituée par l’absence d’émergence d’un véritable instrument d’opposition dépasse le cadre intra-parti. La même attitude se manifeste au plan inter-parti, car chacun se prenant pour le seul interlocuteur du peuple, le seul « guide », le seul homme providentiel (ou femme providentielle) apte à sauver un peuple avec lequel il aurait un lien naturel exclusif, chacun lance sa propre initiative (moubadara, plateforme, charte, appel, manifeste, etc.). Et l’on se retrouve dans un paysage fragmenté, éparpillé, disloqué, avec des textes sans lendemain, qui se valent presque tous par ailleurs. Combien de fois Hocine Aït-Ahmed a été sollicité, y compris par ses proches amis, pour participer à des rencontres afin de lancer un front uni d’opposition au pouvoir regroupant les diverses tendances authentiquement engagées pour le changement réel en Algérie. Il a toujours refusé de s’associer à de telles entreprises et de s’asseoir avec ses frères et sœurs, alors qu’un simple coup de téléphone suffit à le convoquer à des milliers de kilomètres pour participer à des événements sans grande portée pour l’Algérie organisés par des occidentaux.

L’élite intello-artiste et le syndrome de la « DOKHA »

Par analogie avec ce qui vient d’être dit au sujet de l’élite politico-religieuse, je constate que l’élite intello-artiste est atteinte du syndrome de la « DOKHA » (Débilisme-Oisivisme-Khobsisme-Autisme), qui est d’ailleurs en partie lié au syndrome du « ZAAF ».

Le débilisme : Le zaïmisme du chef conduit nécessairement au débilisme des militants et sympathisants, privés du droit de participation à la prise de décision, voire même à la réflexion, puisque le zaïm le fait pour tous. Ainsi, lorsqu’on évoque, par exemple, devant des universitaires proches du MSP (ex Hamas), qui n’ont pas encore claqué la porte du parti, les incohérences et les forfaitures politiques de leur chef, défunt ou actuel, on obtient toujours la même réponse : « Il doit avoir un plan ». Lorsque le zaïm/cheikh décide soudainement de débarrasser son parti de la référence islamique, à commencer par le nom, emprunté au Hamas palestinien pour la baraka mais qui devenait gênant, et de changer de rhétorique pour ressembler à une colombe de paix, alors que durant les années 1980 il ne manquait pas d’occasion, notamment à l’étranger durant les rassemblements périodiques des « Frères musulmans », pour vanter les mérites des méthodes « fermes » de la révolution algérienne qui « égorgeait les traitres », en joignant le geste à la parole, l’élite qui gravite autour de lui trouve ce revirement tout à fait normal, car « le cheïkh, lui il sait ».

L’oisivisme : Lorsque l’oisiveté intellectuelle et artistique devient un mode de vie au sein de l’élite intello-artiste, la communauté censée être la plus dynamique dans la société, on ose alors parler d’oisivisme. Le défunt Mouloud Qassem Naït-Belqassem comparait publiquement les universitaires algériens à une poule qui pond un seul œuf et devient stérile, l’œuf faisant référence au diplôme ou à la thèse préparée pour accéder au rang envié d’universitaire. Ce fut aussi le propos de Malek Bennabi, de nombreuses années auparavant, lorsqu’il écrivait dans un article publié par République Algérienne : « En réalité, le lecteur en Algérie est souvent un homme du peuple et non de l’élite. Car l’élite chez nous ne sent pas le besoin de lire une fois qu’elle quitte les bancs de l’université. Son travail intellectuel s’interrompt – pour des raisons sociologiques et psychologiques héritées – lorsqu’elle reçoit le diplôme, c’est-à-dire au moment où l’élite, dans les autres pays, commence le véritable travail intellectuel. »[13]

La vacuité intellectuelle et artistique dans laquelle vit aujourd’hui l’élite intello-artiste est au premier chef l’œuvre du pouvoir qui ne survit que par la diffusion à grande échelle de l’ignorance autour de lui. Cependant, pour être équitable, cette oisiveté n’est pas uniquement due à la politique officielle, mais a aussi des racines culturelles consolidées par la sédimentation de plusieurs siècles de décadence, des facteurs historiques que Bennabi avait qualifié de « raisons sociologiques et psychologiques héritées » et qu’il serait trop long de développer ici.

Le volume insignifiant de la production intellectuelle et artistique algérienne autour de la crise qui secoue le pays depuis 1992 est significatif. Ce qui s’est passé en Algérie les vingt dernières années, la détresse humaine, la douleur, la misère, le chagrin, l’injustice, les drames sociaux, tout cela aurait inspiré dans d’autres pays des centaines de romanciers, poètes et autres essayistes. Mais, en Algérie, à part quelques productions commandées par le pouvoir ou encouragées par certains cercles parisiens, pour donner l’assise intellectuelle et artistique à la doctrine de l’éradication, c’est quasiment le désert en librairie et sur scène.

L’apathie que vit l’Algérie en ce moment s’accompagne d’une nostalgie de l’ancien. Sur le plan artistique, il n’y a qu’à regarder la chaine de télévision nationale et compter les nombre de films, de spectacles et de chansons des années 60 et 70 qui passent chaque semaine. On a l’impression que cette chaine ne survivrait pas sans les archives. D’ailleurs, nos intellectuels ne se comportent-ils pas de la même manière en misant sur certains de nos ainés septuagénaires, voire octogénaires, qui ont commencé le combat national pendant les années 40, pour résoudre les problèmes de l’Algérie d’aujourd’hui ?

Le khobsisme : Il s’agit d’un mode de vie où la probité est sacrifiée soit sur l’autel de la précarité et de la subsistance, soit sous l’irrésistible attraction des avantages et privilèges qu’offre le pouvoir en contrepartie de services rendus. Dans le premier cas le khobsiste est un citoyen qui passe tout son temps, et peut être amené à faire des compromis contre son gré, afin d’assurer el-khobza à sa famille. Dans le second cas, il s’agit d’un opportuniste qui monnaye de plein gré ses capacités intellectuelles ou talents artistiques contre des acquis qui ne relèvent pas des besoins fondamentaux (prestige, notoriété, luxe, fortune, etc.).

L’autisme : L’élite intello-artiste partage avec l’élite politico-religieuse l’autisme qui prend souvent la forme d’une distance culturelle la séparant du peuple, et cela est valable aussi bien des élites occidentalisées que celles orientalisées. Certes, la composante la plus active de l’élite intello-artiste est celle, minoritaire, dont la boussole culturelle est orientée vers l’Occident, et vers la France en particulier, alors que la composante orientalisée, majoritaire, reste néanmoins inefficace. Il s’agit d’un fait sociologique noté par le passé par plusieurs observateurs et qu’on peut mesurer facilement aujourd’hui en faisant l’inventaire des œuvres scientifiques, littéraires et artistiques produites en Algérie cette dernière décennie. Dans les deux cas cependant, la production intellectuelle et l’expression artistique est en déphasage total avec les préoccupations et les questions prioritaires de la société. L’élite intello-artiste, coupée de son milieu naturel, se trouve alors dans la situation absurde où elle rit lorsque son peuple est en deuil, ou pleure lorsque son peuple est en fête.

Le fantasme de l’intello providentiel

Parallèlement à la compromission des élites politico-religieuses, celle des élites intello-artistes peut également être directe ou indirecte, volontaire ou involontaire. Elle peut se manifester dans tous les secteurs (médias, fonction publique, art et culture, etc.) soit pour le compte de l’élite politico-religieuse compromise, soit en free-lance. Si le régime militaire a bénéficié de « deux béquilles islamique et laïque » pour se mouvoir, il a aussi trouvé une armée d’universitaires, d’intellectuels et d’artistes acceptant d’être « ses yeux, ses oreilles et sa langue ». Sans leur servilité, il n’aurait pas pu survivre.

Les élites intello-artistes partagent parfois avec les élites politico-religieuses si ce n’est le zaïmisme, une propension au zaïmisme. Il s’agit d’une posture qui consiste à se voir et se considérer comme une femme ou un homme providentiel, celle ou celui chargé de la mission de sauver le peuple, en se passant de la participation d’autres citoyens. Si les élites politico-religieuses zaïmistes prennent leurs modèles dans les figures de Mousavi Khomeini et Nelson Mandela, les élites intello-artistes zaïmistes adoptent Lech Walesa et Vaclav Havel comme idoles, s’imaginant que ces leaders ont agi seuls et ignorant les contextes historiques et sociologiques ainsi que la force organisationnelle derrière ces symboles.

D’ailleurs, pour disposer d’« alibis démocratiques », le pouvoir n’hésite pas à accorder une marge de liberté considérable à telle ou telle personnalité pour exprimer les critiques les plus acerbes à son encontre, en Algérie ou à l’étranger, lors d’un rassemblement, dans une mosquée, sur une chaine de télévision, sur les colonne d’un journal ou sur un site Internet. Il le fait car il sait que cela ne dépassera pas le stade de la protestation individuelle. Il a la certitude, fondée sur l’observation minutieuse de ces personnalités, qu’elles peuvent avoir autant d’adeptes qu’elles désirent, elles ne pourront jamais – faute de capacité d’organisation – les rassembler pour en faire une force qui menacerait son existence. Mais s’il soupçonne quelqu’un de la moindre tentative de penser à la constitution d’une force organisée, alors sa répression la plus féroce s’abat immédiatement sur cette personne. L’armée doit rester, selon l’expression de Bouteflika, « l’unique force organisée en Algérie ».

Ceux qui succombent au fantasme de l’intello providentiel tombent forcément dans le travers du culte de leur propre personne et de l’auto-idolâtrie. Ils regardent alors la société à travers un miroir déformant qui renvoie un reflet enflé de soi. Ils n’écrivent plus ni ne parlent à l’adresse du peuple mais dans le seul but de savourer à l’envi l’écho de leurs propres propos. Déconnectés de leur société, ils se rassemblent telle une secte dans des groupes de discussion, des forums d’échange, pour répéter à l’ennui les mêmes formules, finissant par devenir, sans en être conscient, d’effroyables dissipateurs d’énergie intellectuelle au service du pouvoir militaire, voire même encouragés par ses soins. Ils remplissent ainsi la même fonction que les émeutes sporadiques, dissipatrices d’énergie populaire et soupapes de sécurité pour le régime.

Le vent du changement sera l’œuvre de la jeunesse

Après ce diagnostic sombre de l’état des élites algériennes, quel est le pronostic pour demain ? Est-il aussi obscur ? Ma réponse est non. Les choses changent en Algérie. Mais le changement ne sera l’œuvre ni de la génération de la révolution ni de celle de l’indépendance. Une élite nouvelle apparait sur la scène publique et se fait entendre. Il s’agit de la génération des 25-35 ans. Ceux qui vivent réellement et profondément l’Algérie d’aujourd’hui, non celle d’hier ou d’avant-hier. Ceux qui parlent le langage du peuple et qui sont en phase avec la société. Ceux qui sont libérés des prisons idéologiques de nos générations et qui voient les Algériens, tous les Algériens, des concitoyens de pleine humanité. Ceux-là sont les plus immunisés contre les syndromes du « ZAAF » et de la « DOKHA ». On les voit déjà à l’avant-garde des luttes syndicales et des combats pour les droits de l’homme. On est fier de les entendre s’exprimer librement et avec dignité sur les blogs de plus en plus nombreux. C’est leur action d’aujourd’hui – qui peut paraitre encore balbutiante – qui dessinera les contours de l’Algérie libre de demain. Au lieu de toujours attendre l’initiative venir de leurs ainés pour sauver l’Algérie, les quadras et les quinquas d’aujourd’hui feraient mieux de se tourner vers l’avenir, de s’accrocher à cette locomotive propulsée par du sang neuf, et d’accompagner ces jeunes qui occupent petit à petit le terrain et se préparent à la relève. Ce serait, à mon avis, un geste salutaire qui leur évitera d’entrer par la petite porte au cimetière de l’histoire.

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1.  http://www.hoggar.org/index.php?option=com_content&task=view&id=1044&Itemid=64
2.  http://www.lequotidienalgerie.org/2010/07/31/massacre-de-beni-messous-1997-l%E2%80%99ordre-venait-du-general-toufik/
3.  Abdelaziz Khaldi. Révolution africaine No 276 du 3-9 juin 1968. Texte reproduit dans le livre de NourEddine Khendoudi. Abdelaziz Khaldi : une conscience algérienne. Dar El Othmania. Alger 2009.
4.  Abdennour Ali-Yahia. La Dignité humaine. Editions Inas. Alger 2007.
5.  Mohand Aziri. L’infatigable militant. El Watan du 7 novembre 2009.
6.  Mohand Aziri. Op. cit.
7.  Amar Bentoumi, Une vie riche en militantisme au service de la cause nationale : Témoignage sur Bachir Boumaza, La Tribune du 10 novembre 2009.
8.  Mohand Aziri. Op. cit.
9.  Journal des informations de la Télévision algérienne pendant le séjour du panel en Algérie
10. Younes Hamidouche, Députés et sénateurs soutiennent l’ANP, La Tribune du 4 mars 2001.
11. Le sénateur Djamel Belhadj raconte les ultimes assauts subis par le défunt. El Khabar, version française du 11 novembre 2009.
12. Mohand Aziri. Op. cit.
13. Malek Bennabi. Ecris avec ta conscience. République Algérienne du 4 juin 1954. Le texte original n’étant pas disponible, ce passage est retraduit au français à partir d’une traduction arabe.


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82 Commentaires sur cet article

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  • bouyilès
    2 septembre 2010 at 17 h 37 min - Reply

    On est dan un cafouillis d’un amas de fils d’où l’on n’arrive pas à extirper un seul même si on en tient le bout.
    Beaucoup de vérités dans tout ce qui est dit dans l’article.
    Et je voudrais dans tout ça trouver un algérien intègre et honnête,un seul au moins qu’on pourrait présenter comme modèle à nos enfants et qui pourra les insiper dans leur devenir.
    Finalement ce n’est pas nos dirigeants qui sont mauvais,car ils ne font que gouverner un mauvais peuple.
    Le mal est en nous tous et ça a commencé depuis des lustres.
    On continue toujours à se comporter de la même façon.




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  • lahouari addi
    2 septembre 2010 at 17 h 59 min - Reply

    Bonjour chers amis,

    Cet article participe de la confusion la plus totale. Il est nihiliste et participe de la démarche « tous pourris ». Je retiens surtout les attaques mensongères et injustes contre Aït Ahmed accusé de servir les desseins des militaires. Début janvier 1992, avant l’annonce de l’annulation du coup d’Etat, Nezzar a demandé une entrevue avec Aït Ahmed pour lui demander s’il voulait être membre d’un comité d’Etat composé de Boudiaf et de BenBella. L’idée était que les trois ‘historiques’ vivants soient utilisés pour justifier l’annulation des élections. Aït Ahmed a dit non à Nezzar, ajoutant que l’annulation des élections serait un coup d’Etat auquel il ne pourrait souscrire. La manifestation monstre du 2 janvier 1992 du FFS était contre le pouvoir mais aussi montrait les potentialités d’une opposition légale au futur gouvernement islamiste issu des urnes. La position du FFS et de Aït Ahmed a toujours été claire au sujet de l’annulation des élections. Aït Ahmed avait des relations suivies avec le regretté Abdelkader Hachani en qui il voyait un islamiste crédible et politisé à la différence de Abbassi Madani qui a transformé l’islam en une tradition folklorique. Dès 1994, Aït Ahmed a participé à la première réunion de Sant’Egidio au côté du FLN, du FIS, du MDA… pour trouver une solution politique à la crise tout en se démarquant idéologiquement du FIS et du FLN. Une partie importante de l’article est consacré à Aït Ahmed comparé de manière injuste à Bachir Boumaza.
    Il faut savoir garder raison et s’informer avant de diffamer des gens. Je n’appelle pas cela un débat serein et équitable.

    Lahouari Addi




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  • Rbaoui
    2 septembre 2010 at 18 h 34 min - Reply

    @Abdelhafid Larioui

    Merci pour cette excellente contribution.




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  • Ghani
    2 septembre 2010 at 19 h 14 min - Reply

    Salam,
    c’est l’analyse la plus objective que j’ai lu ces dernières années.
    je vais la relire et la relire pour en tirer la conclusion qui s’impose à nous tous, faire taire en nous cette incommensurable envie de museler l’autre.
    Merci si Abdelhafid




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  • brahmi16
    2 septembre 2010 at 20 h 29 min - Reply

    La trahison, la lacheté ,la cupidité, la servitude, etc sont helas bien enraciné,et pour des siècles chez nos « elites » et nos « intellectuels ».La preuves; ils participent chacun dans son domaine à l’ oppression et au pillage de ce pays.science sans conscience n ‘est que ruine de l’ ame.ILS sont ravis dès que le pouvoir (dans un souci de credibilité) fais appel a eux.oubliant leur principe,l’argent n’ayant pas d odeur.




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  • Hmida
    2 septembre 2010 at 22 h 04 min - Reply

    Réponse : Non Monsieur, avec nous, il n’y a pas de pression. Il y a respect de la dignité humaine. Nous avons supprimé un paragraphe qui nous avait échappé en première lecture, touchant à la vie privée d’une personnalité politique nationale. Même s’il s’agit d’hommes publiques, nous n’avons pas le droit de toucher à leur vie privée. C’est une question d’éthique ! Tout comme nous avons par déduction supprimé des phrases de nos amis Lahouari et Bouyilès relatives à cette question. Donc évitez monsieur ces jugements péremptoires. Ce ne sont pas des voyous qui exerceront des PRESSIONS sur les Hommes Libres.
    Et notre frère Abdelhafid Larioui qui a eu l’honnêteté et le courage de signer son article de son nom, comprendra aisément notre réaction.
    Salah-Eddine Sidhoum




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  • B. Mohand
    2 septembre 2010 at 22 h 22 min - Reply

    A Mr Le professeur Addi avec tous mes respects.
    J’ai découvert ce site il y a bientôt 15 jours sur recommandation d’amis en France, alors que je suis à Alger. Le comble ! Nous sommes étrangers dans notre propre pays. Nos compatriotes à l’étranger sont mieux informés du bouillonnement politique et intellectuel que nous. Et je suis avec beaucoup d’intérêt ces débats de haute facture d’algériens avides de changement.
    Contrairement à vous, Mr le Professeur, cet article me semble honnêtement très réaliste et nullement nihiliste. Il dissèque avec minutie l’un des maux de l’Algérie : la couardise de ce que nous appelons les élites. Et toute dissection fait mal quelque part.
    J’ai lu et relu l’article, il n’y a pas d’attaques mensongères contre notre camarade et figure historique Hocine Aït Ahmed. En tant qu’homme public et politique, nous avons le droit et le devoir de le critiquer, tout comme d’autres hommes politiques ont été critiqués. Nous ne devons pas verser dans la sacralisation de l’être humain. Nous devons sortir de ce carcan de l’homme sacré. De Gaulle, Churchill, Mandela, Roosevelt et tant d’autres n’ont pas été ménagés par leurs opinions publiques. Et Dieu Sait la grandeur de ces hommes qui ont sauvé leurs pays de désastres programmés.
    Certains islamistes sont condamnables pour avoir plongé dans le creuset de la violence préparé par le régime pour reprendre les rènes du pouvoir. Tout comme certains « démocrates » sont condamnables pour avoir soutenu l’arrêt du processus électoral. Il en est de même que la marche du 2 janvier 92 du FFS, infiltrée par le DRS et les éléments civils de l’éradication a été une erreur monumentale qui a inconsciemment donné le feu vert au putsch du 11 janvier.
    Ecoutons Leila Aslaoui dans son témoignage au procès Nezzar-Souaïdia (page 315) :
    « J’ai manifesté avec toute ma famille pour dire ‘’non au 2e tour, armée avec nous ‘’. Je me souviens très bien de ce slogan. (……). A la tête de cette marche , M. Aït Ahmed était présent. A la fin de la marche, il s’est mis au balcon d’un hôtel célébre à Alger., l’hôtel Aletti. J’étais devant, avec mon époux, ma famille et des amies qui sont dans cette salle. Lorsque nous avons dit ‘’non au 2e tour, l’armée avec nous ! ‘’, il nous a fait cela ….. Il n’a pas dit :’’non, je ne veux pas’’, mais il a levé ses bras. »
    Et à notre camarade Aït Ahmed de répondre (page 376) :
    « Le seul but de la manifestation était de mobiliser pour le deuxième tour (…..). Quelques jours après, on a compris que si la marche avait été autorisée, c’était pour légitimer la thèse d’un coup d’Etat ‘’à l’appel du peuple’’.
    Donc Mr Aït Ahmed reconnait avec le recul que la marche du 2 janvier allait servir de feu vert au coup de grâce à la démocratie balbutiante. L’erreur est humaine, mais de là à dire que le parcours des uns a toujours été parfait et le parcours des autres a toujours été calamiteux, n’est pas de bonne guerre.
    Merci pour ces débats francs qui mettent à plat toutes nos tares et nos insuffisances et qui permettent d’avancer sur la voie du véritable changement.
    Cordialement.




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  • bouyilès
    2 septembre 2010 at 22 h 33 min - Reply

    Merci à la rédaction d’avoir supprimé le dernier paragraphe de mon intervention et par la même la partie du texte à laquelle il se reférait.
    C’est à perdre tous ses repères et ‘leurs repaires’ et à ne rien comprendre à ce pays.
    Chaque individu doit faire la part des choses et doit peser et équilibrer entre ce qu’il a donné effectivement à ce pays et ce qui l’a reçu.Dans beaucoups de cas,si ce n’est dans la majorité,on constate qu’on n’a pas donné autant qu’on a réçu.Et la différence est flagrante et trés importante.Ce pays a ét sucé jusqu’à la moelle et les générations des futurs paumés,c’est à dire nos fils,n’ont qu’à se tenir à carreau et à servir leur maitres qui ont acquis tous les droits sur eux.
    La justice commence d’abord par rétablir l’équilibre,pour le reste on verra après si on arrive à voir pointer ce changement.




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  • Mohamed Jabara
    2 septembre 2010 at 22 h 37 min - Reply

    Dans un travail scientifique à ma connaissance, on observe et on décrit les phénomènes observés pour tirer ensuite des conclusions et élaborer des définitions et les expérimenter sur le terrain de la réalité.

    A l’inverse il me semble que l’auteur de l’article commence par affirmer pour ensuite faire coincider ses observations avec ses affirmations. La réalité doit concider avec ses affirmations et nous devons adhérer sur la base d’une démonstration ab absurdo.

    Cette méthodologie inverse ou inversée dans sa logique que l’auteur pousse au plus loin aboutit à son contraire. C’est un poeme invraisemblable sans rimes et sans inteêrêt.




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  • Arezki Nait Amar
    2 septembre 2010 at 22 h 44 min - Reply

     » L’ élite algérienne est malmenée par les difficultés de la vie,la marginalisation sociale et politique orchestrée par ses autorités publiques « ,c’est le constat amer qu’a dressé la célèbre revue américaine Foreign Policy qui vient de consacrer une enquête minutieuse aux pays les plus vulnérables dans le monde.
    La revue US met en relief les conditions de vie déplorables de nos cadres et cerveaux lesquels fuient,chaque année,en nombre le pays à la recherche de « cieux plus cléments ».
    Les très bas salaires et l’environnement politique défavorable hypothèquent,selon Foreign Policy,les possibilités d’épanouissement de nos élites.Si la situation du pays continue à se dégrader,l’hémorragie des cadres s’accentuera au grand dam de notre pays qui se retrouverait ainsi sans son intelligentsia pour construire son avenir !
    Quand on parle des élites ,frère Abdelhafid Larioui,ça suppose que dans notre pays,il y a un groupe de gens qui sont puissants,influents et riches parce qu’ils possèdent richesse ou savoir pour accéder au pouvoir comme dans les pays démocratiques.Or vous savez très bien ,à moins que vous soyez frappé d’amnésie ,qu’en Algérie,pays en voie de disparition(et non en voie de développement),c’est le pouvoir qui mène à la richesse et non le contraire.Quant à l’intelligentsia,elle est complètement exclue de celui-ci.Et celà date de bien avant notre indépendance .Rappelez-vous de l’épisode d’Abane Ramdane durant la guerre de libération nationale !




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  • balack
    2 septembre 2010 at 23 h 24 min - Reply

    @BOUYILES; il faudrait tout raser et tout reconstruire bien sur qu’ il s agit de notre personnalité.EN fait nous portons en nous le germe de notre destruction.LARIOUI Se trompe quand il affirme que le vent du changement viendra de la jeunessen ayez crainte,Les vieilles hyenes qui monopolisent le pouvoir ont pris toutes les precautions.vous pouvez toujours rever ,leur progeniture seront toujours là et prennent deja la relève, on les voit deja partout.ils sont là pour des siècles.Sauf si le messie les en deloge…….




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  • lahouari addi
    2 septembre 2010 at 23 h 29 min - Reply

    Bonjour Mohand,

    Abdelhafid Larioui écrit:

    « Sans légitimité, infréquentable, épuisé par une résistance imprévue qu’il n’arrivait pas à vaincre, le régime putschiste a trouvé en Mahfoud Nahnah et Hocine Aït-Ahmed « les deux béquilles islamique et laïque » qui lui ont permis d’activer et de réactiver des ressources au plan international. Un auteur algérien a écrit un jour : « Si dans l’Algérie des années 1990, Toufik, Lamari et consorts ont pratiqué l’éradication physique, Nahnah, Aït-Ahmed et consorts se sont livrés, eux, à une éradication symbolique, beaucoup plus dévastatrice. » Fin de citation. On ne peut pas écrire cela quand on connaît le champ politique algérien. C’est connu que Nahnah soutenait le régime contre les opposants, mais Aït Ahmed a toujours été la bête noire du régime.
    Que la marche du 2 janvier ait été récupérée par le pouvoir et les anti-islamistes primaires, c’est de bonne guerre, mais de là à dire qu’elle était organisée par le FFS pour appeler à l’annulation des élections c’est faux.
    Je ne verse pas dans le culte de la personnalité mais les attaques infondées sont inacceptables. Aït Ahmed est probablement critiquable dans la gestion de son parti mais sa position vis-à-vis du régime depuis 1962 est sans faute. C’est mon opinion.

    Cordialement

    Lahouari Addi




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  • Hmida
    2 septembre 2010 at 23 h 44 min - Reply

    @ Salah-Eddine Sidhoum,
    Cher Frère, je suis rassuré que votre liberté vous protège de toute pression. Cependant, à mon humble avis, le passage en question ne relevait nullement de la vie privée.
    Cordialement,

    =====================
    Non, mon cher frère. Gardons notre calme et évitons de toucher à la dignité de quiconque. L’erreur est humaine. Nous sommes assez divisés comme cela, pour approfondir encore plus le fossé. Il y a des moments où il faut user de la pédale du frein, pour éviter, vu nos conditions déjà déplorables de foncer dans le mur, à la grande joie des imposteurs qui ont mis notre pays à genoux.
    Avec mes fraternelles et respectueuses salutations.
    Salah-Eddine.




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  • Arezki Nait Amar
    3 septembre 2010 at 0 h 22 min - Reply

    Je donne entièrement raison à notre professeur Lahouri Addi !Notre histoire a été tellement défigurée par le colonialisme d’abord puis par nos gouvernants illégitimes et successifs qu’on a pas besoin d’en rajouter des couches !Basta! J’en a marre de la falcification de notre histoire !Time is a money(le temps , c’est de l’argent),disent à juste titre les Anglais!Alors,arrêtons de faire perdre du temps et l’argent des contribuables à nos historiens, chercheurs et professeurs pour rétablir la vérité sur notre histoire !




    0
  • Sidou
    3 septembre 2010 at 0 h 22 min - Reply

    L’auteur semble méconnaitre l’acception du terme « élite » et son analyse apporte plus de confusion que d’éclairages. Existe t-il une élite aliénée? le simple citoyen sait qu’une élite est fondamentalement intellectuelle, à l’instar de celle qui a inspiré la révolution française. Souvenez vous,les Hobbes, Rousseau et tout ceux qui ont marqué le siècle des lumières. Il n’y a pas d’élite en Algérie et les jet sets que vous avez nommées n’ont rien d’intellectuel. L’auteur semble prendre plaisir à transfigurer les concepts: La prédisposition au despotisme n’a jamais été évoquée par Benabi, celui ci a plutôt expliqué la colonisabilité plus profond mais bien dé&fini dans l’espace




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  • D B
    3 septembre 2010 at 0 h 27 min - Reply

    Ce texte pèche peut être par la profusion des informations et des « arrêts », parfois lapidaires qu’il rend sur certains politiciens. Mais je le trouve personnellement très intéressant, en plus de l’angle subtil, voire cynique, à travers lequel il dissèque les hommes et les phénomènes. Il est vrai, cependant, que le traitement réservé à Aït Ahmed procède de raccourcis, d’arguments, et d’amalgames, qui dévoient inutilement le cours de cette remarquable contribution. Monsieur Aït Ahmed, comme tout politicien de son envergure, même si le respect et la considération dont il jouit sont immenses et mérités, n’est pas impeccable, néanmoins. Sauf que la critique ne doit pas être un procès d’intention. Encore moins reposer sur des contre-vérités. Mais à nous d’en discuter en toute sérénité. N’est-ce pas là le but recherché, finalement ? Susciter un débat, un vrai, sur des questions essentielles.




    0
  • Arezki Nait Amar
    3 septembre 2010 at 0 h 44 min - Reply

    Cher frère DB,c’est une excellente contribution de notre frère Abdelhafid Larioui !J’ai lu son article d’un trait et ça m’a beaucoup plu,car il y a longtemps que je n’ai pas lu un roman-fleuve made in Algeria ! !Bon,il a déliré un peu,il en a rajouté un peu, il a dit certaines vérités, en somme nul n’est parfait! On a tous dit des bétises sur ce site !Nul n’est parfait,cher frère DB !Il n’ y a que Dieu qui est parfait,comme disent nos sages !Nous avons appris beaucoup de choses avec lui,nous le remerçions vivement !




    0
  • D B
    3 septembre 2010 at 1 h 27 min - Reply

    @Arezki Nait Amar
    Mon cher frère,
    Tu sais, cet espace qui est le nôtre, celui de tous les Algériens sincères, et même d’intervenants d’autres nationalités qui aiment notre pays, est celui de la libre expression, dans la mesure où elle ne déroge pas aux conditions de sa charte éditoriale. Personnellement, je salue le travail harassant, et particulièrement délicat, de notre grand frère Salah Eddine, grand par la sagesse, qui sélectionne les contributions et modère les interventions. Ce n’est pas facile, et j’en sais quelque chose.
    LQA, petit à petit, est en train d’imposer une éthique en matière d’expression et d’information. Nous avons aujourd’hui le privilège de nous retrouver, dans toutes nos différences, et même dans nos contradictions, sur une même agora, ou chacun vient clamer ses opinions, contredire celle des autres, et même proposer des actions concrètes pour chasser le régime oppresseur.
    Ce qui me réjouit personnellement, au delà de toutes mes attentes, est que des intellectuels de haute volée y rencontrent leurs compatriotes ordinaires, si je puis dire, sans craindre de s’exposer à des incompréhensions, ni de se « compromettre » avec le ghachi que nous sommes. C’est pour cela que je parle de famille LQA. Parce que nous sommes imprégnés d’un sentiment qui nous lie les uns aux autres, que chacun d’entre nous est lu, avec intérêt, et sans condescendance, par tous les autres.
    De ceux qui fréquentent LQA, et qui le parcourent assidûment, il n’y a peut être même pas 2% ou 3% qui interviennent régulièrement, mais je dois reconnaître que ce qu’ils écrivent est toujours instructif, parfois passionnant. Certains, parmi les plus assidus, sont des sources vives, et j’avoue que je me nourris de leur sagacité et de leur perspicacité, comme je me désaltère aussi de la beauté intrinsèque de leurs textes.
    Il arrive que des débordements aient lieu. Particulièrement venant des plus enthousiastes et des plus prolifiques. Mais c’est parce qu’ils donnent beaucoup de grain qu’un peu d’ivraie se glisse parfois dans leur générosité. Ne leur tenons pas rigueur, même si nous devons leur dire ce que nous pensons nous mêmes.
    Ne faisons surtout pas l’erreur de jeter le bébé avec l’eau du bain, pour reprendre cette formule éculée.
    D’autres compatriotes, trop longtemps étouffés, sevrés de libre parole, vont nous rejoindre, et nos ruisseaux iront gonfler le fleuve fertilisant. Jusqu’à la crue qui amènera le limon, et emportera l’ordure.
    Bien à toi




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  • iker
    3 septembre 2010 at 1 h 36 min - Reply

    Bon article qui souleve entre autres la quéstion de (la séparation) entre un régime autoritaire et les oppositions,dans le sens où l’opposition n’est pas extérieure au régime bien au contraire elle réagit à l’intérieur du cadre tracé par la junte.
    À des degrés differents les oppositions passent des transactions politiques qui installent une forme de collusion,cela ne favorise pas le travail oppositionnel,d’où la nécessité de changer à mon avis le jeu face a`un régime qu’on conteste et qu’on rejette.




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  • Arezki Nait Amar
    3 septembre 2010 at 1 h 51 min - Reply

    Cher frère DB, peu d’intervenants sur ce site que tu as chérement acquis au bout d’une multitude de lutte connaissent ton passé de combattant pour la démocratie, la liberté et les droits de l’homme dans notre pays !Ton blog,Tahia Bladi,je l’ai découvert aussitôt que tu l’as mis en place dès ton arrivée en France!Il n’y a que les coeurs des justes qui peuvent se rencontrer virtuellement sur le Net ou réellement dans la vie !




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  • Hamma
    3 septembre 2010 at 4 h 48 min - Reply

    Salam à toutes et à tous.

    L’article du frère Abdelhafid Larioui ouvre droit à un véritable débat et je trouve que l’intervention de nos amis internautes est très intéressante.

    J’ai lu l’intervention des uns et des autres avec beaucoup d’attention car elle dénote d’une véritable ouverture d’esprit sur le sujet proposé.

    L’Algérie est véritablement malade non seulement de ses élites dans toutes les classes (politiques, sociales et culturelles), tant la dégradation de son état de santé ne permet pas de d’établir pour le moment un diagnostique fiable. Il est vrai qu’il y a des avis médicaux concordants ou partagés, mais il est impossible dans l’immédiat de préscrire le moindre remède par crainte de s’être trompé, de contre-avis médicaux ou de risques d’effets secondaires.

    La maladie de l’Algérie survient après une successions d’allérgies et de troubles provoqués par un étrange virus nommé « Système » développant dans le sang d’aussi étranges corps qui s’attaquent et détruisent toute matière pouvant permettre au patient de réflechir, penser, parler, écouter, bouger, sourire et surtout esperer. La science se penche sérieusement sur ce cas de pathologie grave, et elle déclare d’ores et déjà son impuissance à en comprendre
    la nature exacte de ce virus, tant l’Algérie est une nation historiquement forte, révolutionnaire, culturelle et artistique, économiquement et territorialement riche et démographiquement jeune.

    Voila en quelques phrases la situation médicale de l’Algérie vue par votre serviteur, car tout ce qui se dit sur l’élite Algérienne, malade ou pas, elle se doit d’être à l’écoute de l’appel au « don » lancé par la patrie comme la fait cette élite unique au monde en 1954. Une élite composée de toutes les classes et de toutes les souches et qui a mis le « maître » au pas.

    Fraternellement.

    Salam.




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  • Nazim
    3 septembre 2010 at 7 h 50 min - Reply

    C’est un texte dense mais qui reste agréable à lire. De prime abord, l’auteur me donne l’impression d’évoluer dans un monde d’insectes. En effet, la distance prise par rapport aux événements (vus de loin), la catégorisation des différentes «élites» et les critères de classification regroupés dans deux subtils termes mnémotechniques («ZAAF» et «DOKHA») en font un bon travail d’entomologiste. Pour ma part, je trouve tout cela assez intéressant, quoiqu’un peu superficiel concernant notamment certains jugements (comme celui portant sur Ait-Ahmed) qui peuvent paraitre trop hâtifs et qui tombent parfois comme de vraies sentences. Cela dit, il n’y a rien de péjoratif à évoquer les insectes. Quand on se penche sur l’organisation des communautés de fourmis ou d’abeilles par exemple, il y’a beaucoup d’enseignement que l’être humain pourrait tirer (à ce titre, le Coran leur a dédié deux sourates). Leur fonctionnement répond strictement à ce que leur dicte la nature (sans innovation mais aussi, sans corruption). L’Homme a ceci de particulier, qu’il peut modifier sa nature et il a appelé ça : la culture. Et, comme tout ce que l’homme invente, il peut en sortir le meilleur comme le pire. Dans la culture de base de l’algérien c’est malheureusement le pire qu’on retrouve. Du moins aujourd’hui (et même hier) et surement aussi demain, en tous cas tant qu’on continuera à s’enfermer dans une culture proclamée «spécifique» (révolution spécifique, socialisme spécifique, démocratie spécifique,…) et qui s’enferme en vérité, dans un fonctionnement culturel «tribal» ou villageois d’un autre âge et générateur de régionalisme, de favoritisme, de stigmatisation, de haine, d’injustice et de toutes sortes de violences. Au lieu de cela, il aurait fallu développer une culture d’État où chacun au pays,trouve son compte pour le bien de tous. C’est pour ça que je pense que la première chose à faire est d’abord de se remettre personnellement en question. Faire son autocritique, un peu comme Bachir Boumaaza et c’est tout à son honneur (mieux vaut tard que jamais), l’a fait à la fin de ses jours. Lui qui a toujours prôné la démocratie et qui s’est rendu finalement compte sur le tard, qu’il n’a jamais eu une culture de démocrate. Quand chacun d’entre nous comprendra en quoi il n’est pas démocrate, peut-être pourrions alors corriger nos errements et éviter bien des pièges dans lesquels nous sommes jusque-là toujours tombés. Si j’insiste sur la démocratie, c’est parce que c’est le seul système qui permet pacifiquement l’alternance à la gouvernance (et non au pouvoir). Encore faut-il savoir bien définir les règles du jeu et limiter drastiquement les mandats car l’homme est par nature poussé à «posséder toujours plus» et pour cela il lui faut «dominer toujours d’avantage». Si vous laissez une personne dans un endroit et que vous revenez quelques années plus tard vous verrez qu’il aura adapté tout son environnement à son profit personnel. Alors il ne faudra le laisser qu’un temps limité, tout en lui attachant des contre-pouvoirs se contrôlant les uns les autres. Un mandat vous élisez un responsable, deux mandats vous élisez un «corrupteur- corrompu» (ne dit-on pas que le pouvoir corrompt?), trois mandats vous avez le despote parfait. Je terminerais en souhaitant bon courage à l’auteur du texte et à lui dire continuez à cogiter, il en sortira surement quelque chose de bon. C’est ce que je sens, et si on poursuit cette discussion, je vous dirais pourquoi.




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  • A.By
    3 septembre 2010 at 8 h 35 min - Reply

    @ Mr. Abdelhafid Larioui

    Je voulais vous dire que vous avez oublié, je crois, une élite importante dans votre typologie descriptive qui ne cite pas celle de l’exil, l’élite exilée multinationale. À moins qu’elle n’est plus algérienne à vos yeux.

    Je vous le laisse soin d’amender cette liste et de nous donner votre avis sur cette élite exilée laquelle, j’estime, est nombreuse, avant tout, au sein de la communauté LQA.

    A.By




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  • Saadi Yacine
    3 septembre 2010 at 10 h 30 min - Reply

    @ Lhouari Addi
    Avant tout un grand merci à l’auteur de l’article
    que je trouve juste et plein de bon sens et nullement diffamatoire.
    L’auteur nous démontre d’une façon subtile que le changement tant souhaité ne se réalise que si les promoteurs de telle entreprise soient exemplaires
    Très cher Addi vous dite  » Cet article participe de la confusion la plus totale. Il est nihiliste et participe de la démarche « tous pourris ». Je retiens surtout les attaques mensongères et injustes contre Aït Ahmed accusé de servir les desseins des militaires » l’auteur de l’article ne pense pas un seul instant que Ait Ahmed est le complice conscient des militaires et du coup d’état mais tout simplement il met en relief des comportements parasites qui jalonnent le parcours d’un homme politique aux facettes multiples, l’article commis par l’auteur est salutaire pour nous, génération post indépendance pour éviter de vivre les mêmes errements et déchirements, l’Algérie va mal et le système contamine sans distinction tout les secteurs de la société et même ceux qui se croient les plus immunisés finiront par vivre dans une zone à risque !




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  • baroudi
    3 septembre 2010 at 12 h 01 min - Reply

    @NAZIM: A quoi cela sert il de se remettre en question ou de demander pardon,si on est au crepuscule de sa vie et que l’ on sent la mort imminente???A quoi cela sert il d’ avoir des remords, puisque l’ on sait que l’ on ne possède plus les capacites requises pour reparer le mal historique, incommensurable et irreversible que l’ on a commis???? Surtout si l’ on a commis des crimes abjects ou des actes qui ont entrainés des milliers d’ assassinats ,des millions d’ opprimés ,d’ avoir perverti et corrompu toute la société,d avoir falsifié la religion, d’ avoir créés des millions d ‘affamés,des millions de gens à qui ont a gachés leur vie,avoir detruit un pays qui avait tout pour reussir, c’ est trop facile, c ‘est trop lache.




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  • rezki
    3 septembre 2010 at 12 h 09 min - Reply

    Salam

    Article intéressant et agréable. Sahit ya Khoya
    PAs d’accord quand tu dis la langue. C’est du superflu.
    tout a fait d’accord par contre Pour Dal Ho ; avec son slogan ni peste ni cholera.. On a choppé les 2….. Il a joué sans le savoir le jeu des putchistes




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  • Mahieddine Lachref
    3 septembre 2010 at 19 h 31 min - Reply

    Bonjour chers camarades.
    Hormis le passage souligné par le Pr Addi Lahouari et qui porte sur les postions politiques de Hocine Ait Ahmed, notamment durant les années 1990, votre article, M. Larioui, me parait d’une pertinence remarquable. Cependant, d’un point de vue théorique, une remarque est formulée. En fait, depuis l’arrivée des Français en Algérie, et peut-être même avant, on a de toujours compter plus de oumalaa que de oulamaa, c’est-à-dire, plus de couards que de vrais intellectuels. Donc, continuer à justifier l’immobilisme qui caractérise religieusement la situation politique, intellectuelle, culturelle, etc., de l’Algérie par la démission, la résignation ou la corruption d’une certaine élite -aussi majoritaire soit-elle-, relève tout simplement de la mauvaise foi et de l’irresponsabilité. Car, si les oumala sont nombreux en Algérie et que les Algériens pêchent par ignorance lorsqu’ils ne pêchent par conviction, qu’est ce que cette élite engagée, responsable, sincère, a fait depuis 1962? A mon avis, le problème de l’élite algérienne est un problème d’inefficacité et je l’ai déjà souligné dans l’article que j’ai publié, il y a quelques jours, dans LQA, en évoquant l’école républicaine française en Algérie durant la colonisation. Les faits sont là: l’Algérie n’a pas de traditions intellectuelles élaborées et l’expérience coloniale a fait plus de mal que de bien, pour le peuple algérien, dans ce sens. Par conséquent, l’effort requis pour inventer une tradition intellectuelle ne se résume à une simple gymnastique logocratique. Les syndicalistes disent, et ce sont eux qui ont raison, « seule la lutte paye! ».
    Fraternellement
    Mahieddien Lachref




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  • Rachid Ziani cherif
    3 septembre 2010 at 20 h 18 min - Reply

    @ Mr Addi

    Ni Tabou ni Totem

    J’ai lu l’article de Larioui avec grand intérêt, et je salue la pertinence de l’analyse dont il nous a gratifié, et le remercie de nous avoir offert cette occasion de briser certains tabous, et nous affranchir de certains totems. Par contre j’avoue avoir été quelque peu désarçonné par la teneur de la réponse de M Addi (à fortiori, venue d’une personne d’une pareille notoriété). M Addi, ouvre la chasse de prime abord par des ‘qualificatifs’ de lourd calibre du genre ‘confusion totale’, ‘nihiliste’ , ‘attaques mensongères et injustes’ à l’égard de Mr ait Ahmed, et de clore son ‘réquisitoire’ accusant l’auteur de ‘diffamation’. Chose que je n’ai pas rencontré tout au long de ma lecture du texte de l’auteur, sur les 14 pages ‘word’ (7681 mots), au point où je me hasarderai à dire que si Mr Larioui à ‘laissé tombé’ de son analyse critique, les positions de M Ait Ahmed ( critiques qui n’entament en rien son parcours ni son militantisme, sans pour autant en faire un sacro saint qui assimilerait à un sacrilège, la simple velléité d’effleurer sa personne), je pense que Mr Addi aurait peut être eu la main un peu moins lourde dans son réquisitoire si l’article n’aurait pas osé ‘blasphémé’ Mr ait Ahmed; et là je suis tenté une fois encore de faire un rapprochement entre les courtisans de la cour qui débordent de courage dans leur critiques acerbes, tant que le contenu de leurs critiques va dans le sens du poil des vœux de leur maîtres, et entre les analyses critiques de certains de nos sommités auxquelles nous vouons un grand respect, mais qui sont tenté à leur tour de s’auto imposer des lignes rouges, en érigeant des TOTEMS, qui serait à leur discrétion diffamatoire de diriger des critiques sans détours. C’est toutefois l’impression qui en ressort des propos de M Addi, et j’espère sincèrement me tromper dans ma lecture.
    Sans m’étaler plus longtemps sur le sujet je voudrais seulement intervenir sur quelques unes des critiques émises par l’auteur (sur M Ait Ahmed), pour dire simplement qu’il s’agit de faits établies (sans porter de jugements sur les intentions), même si les appréciations et analyses différent à leur encontre.
    Mr Aroui ecrit :
    – « C’est aussi valable pour le poste de président de parti politique. Hocine Aït-Ahmed et Madani Abbassi sont des exemples éloquents qui ont pris tous les deux leur retraite », est ce une diffamation, où est le mensonge. N’est ce pas un fait établit ?
    – « Aït-Ahmed a accepté entre autres une somptueuse villa sur les hauteurs d’Alger offerte par le régime qu’il prétend combattre et qu’il revendra; Pour ma part j’avoue que c’est une information que je ne connaissais pas, et je ne pense pas que M Larioui irait jusqu’à inventer ce mensonge (chose facilement vérifiable), et partant de là je demande à M Addi s’il détient des informations contraires (peut être par M Ait Ahmed lui-même) de nous les communiquer, dans le cas contraire, Où est le mensonge et la diffamation ? et dans le cas où cela se vérifie, comment expliquer ‘cette générosité’ du pouvoir envers l’un de ses opposants invétérés? Est-il possible que pareille ‘tentative de corruption’ puisse échapper à Mr Ait Ahmed ?

    – « C’est dans cet esprit qu’il faut expliquer la manifestation du 2 janvier 1992 lancée à Alger par Hocine Aït-Ahmed, qui ne pouvait pas ignorer, vu son sens politique aigu et considérant le contexte de l’époque, que son acte allait servir comme prétexte à l’armée pour fomenter le coup d’Etat. Il l’a quand même osé, quitte à condamner le putsch par la suite », là également, je n’ose même pas penser qu’une manifestation dans le contexte que connaissait l’Algérie et à cette date précise, entre les deux tours du scrutin, sachant que la cabale qui fomentait son coup, savait combien il lui était difficile voire impossible d’exécuter son vil et assassin dessein, sans arriver à ‘impliquer’ sur le terrain des diverses parties : en se dotant de la légitimité islamique de hamas, celle de la société civile par le biais de la création du CNSA, de la composante laïque au faveurs du RCD, et pour provoquer une brèche dans le mur des TROIS fronts issue des urnes, quoi de plus précieux que ce don du ciel qu’offrait Ait Ahmed avec sa manifestation, avec comme slogan « ni peste ni cholera » ; je n’ose même pas penser que cette instrumentalisation- récupération par la junte, pouvait échapper au sens politique de M Ait Ahmed,
    – فإن كنت تعلم فتلك مصيبة وإن كنت لا تعلم فالمصيبة أعظم

    – « Si dans l’Algérie des années 1990, Toufik, Lamari et consorts ont pratiqué l’éradication physique, Nahnah, Aït-Ahmed et consorts se sont livrés, eux, à une éradication symbolique, beaucoup plus dévastatrice » .Il n’est ni diffamatoire ni mensonger de dire que la thèse que ventilait M Ait Ahmed ( Nahnah ne s’en défendait pas de la sienne dans ses cercles internationaux) servait de super alibi à la junte dans son éradication des va nu pieds, offshoot de la choléra tant décrié par Mr Ait Ahmed

    Je finirai par dire que lorsqu’on porte des critiques à l’égard de personnalités, quelque soit leur probité et l’estime qu’on leur porte, quand ces critiques se basent sur des faits établis, il n’y a plus de sacro saint, ni de ligne rouges, autrement, on attrape à notre tour les germes mutants des syndrome du ZAAF wa doukha décrits par Larioui, que Dieu nous en préserve TOUS.

    إن كل ما يحتاجه الشر لكي ينتصر، هو أن يمتنع الخير عن القيام بشيء
    Wa ramadan kareem




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  • Ghani
    3 septembre 2010 at 20 h 52 min - Reply

    Monsieur Addi,
    j’ai rencontré à maintes reprises Monsieur Ait Ahmed à Lausanne, et un mot récurent dans son discours amère sur la gestion désastreuse de l’Algérie est (BLEDKOM), il m’a donné l’impression d’une grande désillusion (sûrement d’une souffrance aussi) mais aussi d’une totale résignation.
    Sa légitimité historique ne lui ôte pas la responsabilité à s’impliquer dans une démarche de changement dans notre pays, qu’il vende sa villa ou qu’il la donne à un foyer pour personne âgées ne m’intéresse guère, mais devant Allah et l’histoire, je note sa démission!
    Saha Ftorkom




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  • yazid
    3 septembre 2010 at 21 h 02 min - Reply

    J’avoue que je n’arrive pas à comprendre 20 ans aprés comment des etres humains normalement constitués ou des intellectuels aient pu soutenir le FIS et penser une seconde qu’il puisse etre une solution.
    Que des personnes defendent l’idée que la poursuite du processus electoral aurait été preferable en terme de couits humains et de drame peut etre recevable en core que…
    Mais de là à croire que le FIS valait mieux que ceux qu’il combat releve au mieux de la candeur ou pire du cynisme .




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  • radjef said
    3 septembre 2010 at 23 h 13 min - Reply

    Bonsoir tout le monde. Avons nous veritablement une elite en Algerie? Le premier novembre 1954 a été l’oeuvre de militants ayant a peine franchi le seuil du primaire. Des militants totalement depourvus de capacités intellectuelles. A la veille du 1er novembre, l’Algerie comptabilisait plus de 500 universitaires. Il est tout de même qu’aucun universitaire ne figure sur la liste des 22 ou celle des 09 historiques. A partir de 1962, l’armée des frontieres confisque par la force le pouvoir. Le grand dictateur Boukharouba n’a jamais rencontré sur son chemin une quelconque resistance. De 1965 jusqu’a son deces, aucune declaration de l’opposition n’est venue contester les grandes orientations prises par le pays; aucune arrestation dans les milieux de l’opposition n’est venue troubler le regne du colonel Boukharouba. Certains peuvent dire que le pays etait contolé par la SM. Mais le gros des universitaires algeriens se trouvait déja a cette epoque sur la rive nord de la mediterranée ou il n’y avait ni SM ni indicteurs. Ces universitaires savaient ce que c’est une democratie et savaient egalement ce que veut dire le mot opposition. Avaient-ils entrepris une action pour renverser le regime personnel du colonel Boukharouba? A partir de 1980, le pays a decidé de faire un virage a 180 degrés, avant même l’avenement de Gorby et la tenue du 27eme congrés du PCUS dont on ignore a ce jour les resolutions. Nos universitaires etaient-ils pour ou contre cette decision de rompre contre toute attente prise par le pouvoir en place? On l’ignore a ce jour encore…Nos universitaires sont-ils conscients de la mission historique qu’ils doivent accomplir?




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  • lahouari addi
    3 septembre 2010 at 23 h 40 min - Reply

    Bonjour chers amis internautes,

    Dans l’appréciation des hommes politiques, il est tout à fait normal que nous ayons des divergences. On peut ne pas être d’accord avec Aït Ahmed ou Ben Bella ou un autre. Là n’est pas le problème. C’est la démocratie et il faut défendre le principe de la liberté d’expression comme la prunelle de ses yeux. Si en Algérie, il y avait eu la liberté d’expression dès 1962, le pays serait aujourd’hui développé. Mais quand on critique quelqu’un, il ne faut pas être injuste et mensonger. Ce qui m’a révolté dans l’article de Abdelhafid Larioui, c’est lorsqu’il a écrit que Aït Ahmed a participé à l’éradication symbolique des islamistes au profit des militaires avec Nahnah. On ne peut pas laisser dire cette contre-vérité. C’est par sentiment de justice et de vérité que j’exprime cette position et non pas par culte de la personnalité. J’a




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  • lahouari addi
    3 septembre 2010 at 23 h 54 min - Reply

    J’ai du respect pour Aït Ahmed parce que dès 1962, il a demandé que la souveraineté du peuple soit exercée par l’Assemblée nationale. Il aurait pu faire comme beaucoup d’autres: monnayer son silence contre des milliards que Boumédiène lui aurait donnés. Il a préféré l’opposition. En 1992, son parti s’est clairement opposé à l’annulation des élections. Le slogan c’était ni un Etat policier, ni un Etat théocratique, parce qu’il n’était pas islamiste. Mais il n’a jamais aidé le pouvoir à pourchasser les islamistes. La position du FFS sur les disparitions, sur les exécutions sommaires, sur la torture dont ont souffert les islamistes était sans ambiguïté. Que Aït Ahmed ait fait des erreurs dans son part, c’est possible. Il n’a cependant jamais soutenu le régime contre l’opposition islamiste. Dire cela ne signifie pas que je fais du culte de la personnalité. Je ne crois que je sois capable d’adorer une personne.

    Cordialement

    Lahouari Addi




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  • Hmida
    4 septembre 2010 at 3 h 28 min - Reply

    @Lahouari Addi

    Cher Professeur,

    Je suis tout à fait d’accord avec vous quand vous affirmez que “dans l’appréciation des hommes politiques, il est tout à fait normal que nous ayons des divergences.” Mais lorsque vous dites “quand on critique quelqu’un, il ne faut pas être injuste et mensonger”, alors je ne vous suis plus. Qu’est-ce qui vous autorise à affirmer que le propos de l’auteur du texte et mensonger et injuste ? Pensez-vous être au fait de tous les éléments qui composent une personnalité aussi complexe que celle de M. Aït Ahmed, pour pouvoir invalider en deux mots le propos de l’auteur ? Ne pouvez-vous pas imaginer que l’auteur puisse avoir des raisons objectives (valables est justes) pour citer la phrase qui vous a révolté : “Si dans l’Algérie des années 1990, Toufik, Lamari et consorts ont pratiqué l’éradication physique, Nahnah, Aït-Ahmed et consorts se sont livrés, eux, à une éradication symbolique, beaucoup plus dévastatrice.”

    Indépendamment du sens que l’auteur donne à l’expression “éradication symbolique”, le fait est que beaucoup d’Algériens de la mouvance islamique trouvent que M. Aït Ahmed leur a mené une sale guerre. Il n’aura pas pratiqué “l’éradication symbolique des islamistes au profit des militaires”, comme vous l’écrivez, mais il l’aura fait pour se positionner, surtout à l’étranger, comme la seule alternative politique en Algérie. Il a certes combattu le régime militaire, et le fait encore. Mais le fait de porter des coups à ses adversaires politiques n’a fait que fragiliser l’opposition, ce qui profite au régime et prolonge sa vie.

    J’ai personnellement assez d’éléments qui montrent que M. Aït Ahmed, que je respecte d’ailleurs pour son combat dans le mouvement national et juste après l’indépendance, a péché par un sens trop machiavélique de la compétition politique. J’en cite quelques uns.

    1- M. Aït Ahmed était en droit d’adopter le slogan “ni un Etat policier, ni un Etat théocratique” ; cependant il ne devait pas utiliser celui de “ni peste (FLN), ni choléra (FIS)” en 1991 déjà, slogan qui allait être repris par bien d’autres. A côté des discours régnant de la “démonisation” des islamistes, de leur “bestialisation” et de leur “négation par absence d’ordre et d’esprit”, cette “rhétorique de l’infection”, selon l’expression de Moussa Aït-Embarek, a fait des ravages. Elle a préparé le terrain à l’éradication physique d’une partie délibérément déshumanisée de la population.

    2- Un autre aspect de la déshumanisation consistait à renier aux islamistes toute sensibilité humaniste. M. Aït Ahmed ne se privait pas de déclarer que les islamistes ne croyaient pas aux droits de l’homme et qu’ils les utilisaient uniquement pour des fins politiciennes. Ca ne le gêne pas cependant d’utiliser les victimes islamistes, en tant que statistiques, dans ses discours politiques. J’ai les preuves matérielles (que je peux partager avec vous en privé, si vous le désirez) que M. Aït Ahmed a tout fait il y a une dizaine d’années, en prenant le téléphone personnellement, pour saboter un événement sur les droits de l’homme organisé à Londres par un groupe d’amis qu’il avait taxés d’islamistes.

    3- Dans ses discussions privées en France et en Europe, avec les journalistes, les parlementaires, les fonctionnaires des chancelleries, les responsables de partis politiques et des ONG des droits de l’homme, son message était le même : la mouvance islamique était une bande d’obscurantistes moyenâgeux avec une forte propension à la violence, bébés politiques de surcroit, ce qui ferait d’eux une catégorie dangereuse. Je rapporte cela pour en avoir eu l’écho plusieurs fois de source primaire. Et comme il représentait un partenaire crédible auprès des cercles européens, dominés à l’époque par les socialistes, ces propos ont eu des répercussions graves sur beaucoup d’Algériens de la mouvance islamique résidant en Europe et ont contribué à discréditer cette mouvance aux yeux des décideurs européens.

    Alors cher Professeur, peut-être ne connaissez vous qu’une facette du personnage.

    Pour ne pas s’attarder sur ce cas, je dirais que nous respectons le combat national de M. Aït Ahmed et tout ce qu’il a fait pour l’Algérie, mais nous regrettons son comportement vis-à-vis de ses adversaires politiques qui, du moins, n’était pas élégant.

    Bien à vous,
    Hmida




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  • Saâd Lounès
    4 septembre 2010 at 10 h 33 min - Reply

    Cette contribution très pédagogique de Abdelhafid Larioui est excellente, et à recommander à la lecture des plus jeunes qui n’ont pas vécu tout le parcours 1962-2010.

    Cependant elle reste toujours dans le constat empirique des conséquences de plusieurs ruptures historiques, identitaires et culturelles opérées par le colonialisme, le néo-colonialisme et ses relais locaux.

    Lorsqu’on débattra « sans censure » des origines et des causes da la situation actuelle, on aidera à la compréhension de ces phénomènes.

    Je déplore vivement la censure du paragraphe d’un fait véridique que le Tout Alger connaît et qu’il serait judicieux de porter à la connaissance des fidèles lecteurs de ce site qui vivent à l’étranger et l’ignorent. C’est une information comme une autre qu’il n’y a pas lieu d’occulter, d’autant que tous les « opposants » ont bénéficié de gratitudes du pouvoir.

    =======================
    Je crois, Mr Lounès que nous avons été assez explicite sur cette question (que vous appelez censure) concernant le paragraphe supprimé. Je ne vais pas y revenir. Nous débattons de politique, sans entrer dans des calculs d’épiciers et sans toucher à la dignité de quiconque. Notre ligne éditoriale est constante et notre politique est basée sur une ETHIQUE et non sur des calculs politiciens et des coups bas pour nous affaiblir un peu plus et faire le bonheur des imposteurs et de leurs relais de la pseudo-classe boulitique.
    Cordialement.
    Salah-Eddine




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  • radjef said
    4 septembre 2010 at 13 h 17 min - Reply

    Bonjour tout le monde. Une hirondelle toute seule ne fait pas le printemps. Ait Ahmed est un grand homme politique. C’est un homme sincere , courageux et patriote. Il a consacré toute sa vie au service de la liberté, de la pensée et de la justice. Cependant, Ait Ahmed a echoué dans la construction d’un parti capable de rassembler tous les opposants sinceres du pays. Ait Ahmed avait et a à ce jour les capacités de realiser cette alternative si necessaire au changement que tout le monde reclame de ses voeux. Il reunit toutes les conditions pour reussir une telle entreprise. Aujourd’hui encore rien n’est perdu: Ait Ahmed peut passer la main à une nouvelle génération qui a pour tache de projeter le pays vers un avenir réellement radieux et de rompre une bonne fois pour toutes avec les querelles du passé, le populisme, la violence et l’imposture que le mouvement national nous a laissé en heritage. Ait Ahmed peut federer les forces de l’opposition et rassembler les elites du pays autour d’un seul et même mot d’ordre. Les femmes et les hommes sinceres et courageux comme lui, ne manquent pas en Algerie. Il a l’embarras du choix.




    0
  • tacili
    4 septembre 2010 at 14 h 16 min - Reply

    Bonjour,

    Je ne pense pas qu’au delà d’un rôle de conseil, inestimable il est vrai, Ait Ahmed ou les autres figures historique s’opposant au pouvoir ait un quelconque rôle direct a jouer dans une action de changement.

    C’est trop lui demander et une façon indirecte, peut être, de fuir nos responsabilités.

    Il est malheureux, toutefois, que cette contribution ait polarise les opinions seulement sur la personne de Ait Ahmed mais ne serait-ce la, forcément, son seul mérite ?

    Je pense, par ailleurs, que Ait Ahmed est joignable et LQA pourrait l’inviter a s’exprimer.Il n’y a pas mieux que le contact direct pour élucider des points aussi chauds ou attendrions nous qu’il ne soit plus de ce monde pour en parler.

    M.Addi pourrait, idealement, faire le journaliste pour quelques heures et discuter avec lui franchement sur ces points de discorde.

    Juste une proposition.

    Merci




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  • Hocine.dz
    4 septembre 2010 at 15 h 01 min - Reply

    M. Lahouari Addi, je tiens à vous remercier vivement pour avoir relevé et dénoncé les contre-vérités et les accusations injustes et infondées à l’encontre de Hocine Aït Ahmed proférées par M. Abdelhafid Larioui. Et je tiens à vous dire que ça renforce mon admiration pour vous. Accuser Aït Ahmed de compromission avec le régime ! C’est une blague ou une divagation ? Hocine Aït Ahmed est la crème des hommes, c’est un militant infatigable pour la démocratie et les droits de l’homme et son parcours politique et son militantisme exemplaires et inégalables parlent pour lui. Ceux qui le dénigrent sont ceux qui se sont compromis avec le régime, en tout cas ils sont son allié objectif. Citez-moi un homme politique de par le monde qui a égalé le parcours et le militantisme de ce grand homme ! A son âge (84 ans), il milite toujours pour l’instauration de la démocratie et le respect des droits de l’homme dans son pays (et pas seulement dans son pays). Les Algériens doivent être fiers d’avoir un compatriote et un militant infatigable de cette trempe. Il est crédible parce qu’il a été et est toujours cohérent dans ses prises de position, sa démarche et ses analyses, et l’histoire lui a toujours donné raison. Il est propre, très intelligent, très cultivé, à la différence des patriotards, lui, c’est un patriote sincère et en même temps un citoyen du monde. Il ne se contente pas de faire un diagnostic toujours lucide de la situation du pays, mais il propose toujours des solutions et des alternatives crédibles pour faire sortir le pays de la crise multidimensionnelle qui le ronge. Pour juger de la crédibilité d’un homme politique, il faut toujours comparer ses professions de foi avec ses actes. Ceci dit, comme l’a si bien dit Lahouari Addi, je ne verse pas dans le culte de la personnalité, on a le droit de critiquer Aït Ahmed car il peut bien commettre des erreurs; d’ailleurs qui n’en commet pas ? Seulement, il faut que la critique soit fondée. Merci encore une fois Lahouari Addi pour ces mises au point, on en a toujours besoin pour rétablir la vérité et combattre le mensonge d’où qu’il vienne. En tout cas, vous et Aït Ahmed, vos actes et vos écrits parlent pour vous. Je pense que le mal de l’Algérie réside, pour une grande part, dans ses élites qui ont démissionné par lâcheté. Pour terminer, je veux juste vous poser une question M. Lahouari Addi : est-ce que vous avez pensé à publier vos ouvrages en Algérie ? Si vous n’y avez pas pensé, je vous le reproche.
    Cordialement




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  • Ghani H.
    4 septembre 2010 at 16 h 40 min - Reply

    @ MM. Hmida et Ziani Cherif et

    Que vous le veuillez ou non, la victoire du FIS au premier tour des législatives n’a pas été accueillie avec enthousiasme par tous les algériens. Une partie de ces algériens (que vous dites ultra minoritaires) a participé a cette marche d’espoir du FFS. Cette marche visait comme l’a dit M. Addi mettre en garde de le FIS qu’une opposition légale allaient l’attendre. Evidement, cette marche a été exploitée par la junte…mais cette même marche a été qualifiée par les islamistes du FIS par les la marche des Moutabaridjates, parce qu’ils y avaient peu de femmes voilées.

    Arrêtez d’en vouloir a M. Ait Ahmed, il ne vous a pas discrédité par le slogan (ni État policier ni État intégriste). Vous vous êtes discrédité avec vos discours caricaturaux et excessif.




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  • OrO
    4 septembre 2010 at 17 h 09 min - Reply

    Il est effectivement excessif,pour ne pas dire diffamatoire,d’accuser Ait Ahmed d’être un suppôt du pouvoir.
    cela dit,je pense que l’article pêche par une multiplication totalement injustifiée(une bonne dizaine) des différentes élites caractérisant le paysage politico-intellectuel algérien.A mon avis,ces élites se divisent en trois grandes catégories:celles qui soutiennent le pouvoir par peur des islamistes,les opportunistes et enfin celles qui tiennent à garder leur indépendance et leur distance à l’égard du régime.
    Enfin,je trouve que le (trop) long passage consacré au parcours politique de Bachir Boumaza,un personnage ayant joué un rôle plutôt secondaire dans l’histoire du pays est une digression qui n’avait pas lieu d’être.




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  • Zineb Azouz
    4 septembre 2010 at 19 h 10 min - Reply

    Monsieur Abdelhafid Larioui,

    Je tiens avant tout à vous rendre hommage pour tous les efforts consentis et salue votre persévérance et surtout votre irrévérence envers le pouvoir et sa culture.

    J’ai lu les commentaires qui ont suivi la publication de votre article sur LQA, et la majorité semblent d’accord avec vous sur l’essentiel.

    Concernant le FFS qui me déçoit personnellement de jour en jour, je voulais, si vous le permettez vous apporter mon point de vue :

    De par sa nature et son histoire, il est en effet presque impossible de séparer ce parti de son leader Aït Ahmed, ce qui ne sert pas forcément le débat ni la réflexion.
    Ce qui est grave et devrait attirer notre attention c’est de se rendre compte de l’impuissance de ce parti et des profits que tire le pouvoir de cette situation au point que directement ou indirectement, sournoisement ou spontanément beaucoup soient tentés de penser que le FFS ne serait aussi qu’un relai parmi tant d’autres de notre système.

    Je n’irai jamais jusque là, mais je reste pessimiste quant à l’avenir de ce parti dans la sphère d’une opposition agissante, effective et sans ambiguïté ni zones d’ombres.

    La récente agression du Dr Fekhar à ghardaia, ghardaia, rappelons le est la seule ville en dehors de la kabylie où le FFS est implanté et structuré à un point non négligeable; cette agression et le silence des instances nationales qui s’en est suivi, les événements qui l’ont précédé, sont autant d’éléments qui ne me laissent aucun doute sur l’enlisement de ce parti dont les dérapages et les confusions qu’il génèrent ne peuvent en aucun cas suggérer qu’il fait encore partie d’une alternative d’opposition stable, implanté et fiable.

    Je ne me permets pas malgré tout de confondre et de projeter ou réduire totalement monsieur Aït Ahmed à ce qu’est devenu le FFS, je ne tiens pas non plus à passer de la notion du leader immaculé à celle de l’homme à abattre, en le mettant sur un même pieds d ‘égalité que des tacherons notoires du pouvoir, ce serait grave et impardonnable.

    L’analyse politique doit prévaloir et les critiques ne doivent pas s’assimiler aux injures ni aux scoops de la presse people.

    Vous avez de ce point de vue, le mérite d’avoir engagé le débat.

    Permettez moi ceci dit, monsieur de vous apporter également mon point de vue sur la typologie que vous proposez et dont le fond à propos de nos élites vassalisées est plus que vrai.

    Une typologie doit permettre de « découper » la population étudiée en groupes homogènes et exclusifs, or les élites telles que vous les définissez n’obéissent pas forcément à cette règle, mais restent malheureusement telles que vous les décrivez.

    Je tiens encore une fois à saluer vos efforts.

    Cordialement,
    ZA




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  • Madjid Laribi
    4 septembre 2010 at 21 h 17 min - Reply

    Bonsoir tout le monde

    Le Quotidien d’Algérie est entrain de prendre de l’ampleur et de l’espace. Et les débats qu’il organise commencent à faire peur. Il faut que les lecteurs évitent, à mon sens, de tomber dans le jeu du DRS qui s’agite car des Algériens se parlent, dialoguent entre eux et abordent avec sérénité leur avenir.
    Plusieurs faits indiquent que les débats dérangent, que les discussions notamment avec les islamistes ne doivent pas avoir lieu, le seul à pouvoir le faire étant uniquement le pouvoir car c’est sa chasse gardée. Un remake du contrat de Rome hante leurs nuits dans leur citadelle du Club des chiens…euh désolé, je voulais dire Club des pins.
    Lorsque des Algériens de tout bord conversent, c’est Saint’Egidio qui pointe devant leurs nez car ils sont incapables de voire au-delà de leurs nez. Ne vous ménagez pas chers compatriotes ; débattons entre nous et dégageons les règles communes qui vont nous mener vers l’achèvement de la libération de l’Algérie, notre Algérie, que nos valeureux chouhada et moudjahidine avaient entamé.
    Lorsque Addi Houari a été à l’université de Tizi-Ouzou et qu’il avait été bien accueilli par les étudiants, ils avaient tremblé. Ils ont voulu le faire taire par des insultes et des mensonges, du moins de l’emmener sur le terrain de la polémique mai en vain. Addi a été à la hauteur de son statut, celui d’universitaire et cela dérange plus, et ils veulent le prendre sur le terrain partisan pour dire aux gens : regardez, il est partie pris, car ils ont horreur des intellectuels et des libres penseurs.
    Alors Addi inondez nous de tes contributions, de tes analyses et d’autres intellectuelles et universitaires honnêtes suivront !
    La dernière sortie virulente de Said Saadi, porte parole de ses maîtres du DRS, montre combien ces débats les dérangent.
    Maintenant, ils essayent de jeter de la confusion sur le parcours et les positions d’Ait Ahmed.
    On peut écrire un bon papier, pondre une bonne analyse et faire passé une phrase, une malencontre phrase diront certains, qui secrète du venin comme les glandes secrètent la bille.
    Désolé Messieurs, j’ai beau cherché (politiquement s’entends) une phrase ou je pourrais mettre Ait Ahmed aux cotés de Nahnah (que Dieu ait son âme), je n’en ai pas trouvé.
    La marche du 2 janvier 92 a été organisée pour dire aux Algériens n’ayez pas peur de la victoire du FIS. Car toute la presse algérienne et internationale ainsi que les parrains des généraux leur ont fait peur.
    Mais ce qui dérangeait ce n’était pas pour autant la victoire du FIS qui était prévisible dès que le gouvernement Ghozali avait refusé la proportionnelle, mais ce qui dérangeait le plus c’était l’émergence du FFS en tant que seule force d’opposition. Des partis qu’ils avaient créé aucun n’avait réussi à avoir un siège. Dire qu’Ait Ahmed avait joué le jeu du pouvoir vise à semer la confusion chez les algériens et cela suite à la sympathie grandissante qui se crée autour de lui et les appels lancés sur ce site en témoignent.
    Ne vous ménagez pas chers compatriotes ; débattons entre nous et dégageons les règles communes qui vont nous mener vers l’achèvement de la libération de l’Algérie, notre Algérie, que nos valeureux chouhada et moudjahidine avaient entamé.




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  • Brahim Younessi
    4 septembre 2010 at 21 h 36 min - Reply

    Il y a quelques semaines, je défendais l’intégrité de Ahmed Ben Bella que Mohamed Samraoui a, de mon point de vue, diffamé en reprenant une rumeur lancée par un partisan de l’Algérie française. On lui déniait même son algérianité. L’ancien lieutenant-colonel du DRS avait même décidé que l’ex-président de la République était mon idole. Je vais en avoir une autre ce soir parce que, en dépit de tout ce qui me sépare de Hocine Aït Ahmed, je trouve que c’est un mauvais procès qui lui est fait par certains qui, hier encore, le courtisaient. Ce procès est aussi très injuste sur tout ce qui lui est reproché dans l’article de M. Abdelhafid Larioui et par les internautes qui se croient obligés d’en rajouter pour se faire valoir.
    Il est vrai que le FFS a organisé une manifestation le 2 janvier 1992 qui a été récupérée ; n’importe quelle autre manifestation, fut-elle islamiste aurait été récupérée d’une autre manière par le pouvoir comme en mai/juin 1991 avec la grève insurrectionnelle du FIS, dans le même contexte. Je suis convaincu que si Hocine Aït Ahmed avait soupçonné que le pouvoir allait profiter de cette manifestation d’entre les deux tours pour interrompre le processus démocratique et électoral, jamais il n’aurait appelé ces partisans à manifester pour tenter de mobiliser l’électorat au second tour. La préoccupation de Hocine Aït Ahmed était de remporter les sièges dans les circonscriptions où ses candidats se trouvaient en ballottage, quelques fois favorable.
    En lançant cette fameuses phrase « ni Etat policier ni Etat théocratique », Hocine Aït Ahmed était, qu’on le veuille ou non, dans son rôle de leader politique qui exprimait une position politique et lançait en même temps un appel au « camp des démocrates » à se rassembler autour de lui parce qu’il était clair pour lui qu’il allait devenir avec 25 sièges au premier tour le chef de l’opposition parlementaire. Le RCD, son adversaire voire son ennemi va, d’ailleurs, lui faire payer ses positions quelques jours plus tard. Ce paramètre RCD doit impérativement être pris en compte pour toute analyse sérieuse et correcte, ce qui a totalement échappé à l’auteur du texte et aux intervenants critiques voire insultants. Le Deuxième tour Hocine Aït Ahmed le voulait comme les autres vainqueurs le voulaient également.
    Devant les chancelleries étrangères ou l’Internationale socialiste, il ne me semble pas que le chef du FFS ait défendu la politique de l’éradication, bien au contraire. S’il n’était pas de son rôle de parler au nom du FIS ou de défendre les positions idéologiques de ce dernier, ce qui devrait se comprendre aisément, Hocine Aït Ahmed, n’a jamais apporté le moindre soutien même symbolique au pouvoir. Il a été parmi tous les grands opposants que j’ai connus le plus intransigeant et le plus intraitable avec le pouvoir. Je sais que certains de mes amis qui ont été ses proches ne m’en voudront pas ce soir de prendre ainsi la défense d’un homme qui les a déçus dans la gestion du FFS. Abdelhafid Larioui reproche à Hocine Aït Ahmed d’avoir ou d’avoir eu des canaux de communication avec le pouvoir. Mais c’est le contraire qui aurait dû vous interpeller. Hocine Aït Ahmed ne cachait pas qu’il recevait des émissaires du pouvoir, notamment de l’institution militaire comme l’on dit, je peux même vous donner le nom du général qui venait le voir en Suisse, ce n’était pas un secret. Tous les leaders de l’opposition depuis les années 60 avaient leurs canaux de communication avec le pouvoir (Mohamed Boudiaf en avait, Mohamed Lebjaoui en avait, Ahmed Ben Bella, et là je sais de quoi je parle, en avait, Bachir Boumaza en recevait dans le petit bureau de « sa » maison d’édition à Lausanne…). Ali André Mécili dont on parle beaucoup en ce moment, et pour cause, rencontrait également des émissaires du pouvoir. Où est le problème ? L’essentiel est que certains de ses hommes n’ont pas renié leurs convictions.
    Cela me surprend beaucoup et me peine personnellement qu’on puisse faire à Hocine Aït Ahmed un procès aussi indigne parce qu’il démontrera en janvier 1995 à Rome à tous ses partenaires européens qu’il aurait intoxiqué par ses critiques contre le FIS qu’il était l’allié des islamistes, l’allié de Abassi Madani et de Ali Benhadj. Les critiques peuvent se porter ailleurs, par exemple sa propension à vouloir imposer aux autres ses propres vues politiques ou sa « stratégie » du moment mais sur son attitude plus que correcte pendant la décennie 1990-2000.
    Honnêtement, Hocine Aït Ahmed n’avait pas besoin de noircir le FIS, certains « responsables et « militants » de ce parti y parvenaient très bien tous seuls ; il n’y a qu’à lire ou relire les bulletins et les communiqués du FIS à l’intérieur et à l’étranger durant la période de 1992-1995 en particulier pour s’en convaincre. Le FIS est le seul responsable de sa déchéance avec sa communication désastreuse, ses divisions et un manque indéniable de stratégie politique et militaire qui a fait dire à Hocine Aït Ahmed ce mot de « bébé politique ». Avait-il tort ? C’est ce qu’il fallait démontrer.
    Sortir l’affaire de la maison qui lui avait été légitimement attribuée est une honte et coup bas que Hocine Aït Ahmed ne mérite pas. Est-il le seul à avoir bénéficié d’un logement ? Ahmed Ben Bella en a eu un aussi, Bachir Boumaza également, d’autres encore, chacun les connaît. Où est le mal ? S’il avait participé au pouvoir il en aurait eu certainement davantage encore. Je vais citer trois cas : un ancien ministre dont l’intégrité est apprécié par tous reconnaît que Boumédienne lui a donné la villa qu’il habite toujours. Et un ancien grand militant de la cause nationale qui se plaignait de n’avoir eu de la révolution qu’un appartement luxueux dans l’un des plus beaux quartiers d’Alger. Ou ce général à la retraite que les milieux de l’opposition considèrent comme quelqu’un de bien qui est fier d’habiter le bel et grand appartement qu’occupait le général Raoul Salan. Les cas sont très nombreux. Et cet ancien Premier ministre qui achète une villa les plus en vue sur les hauteurs d’Alger pour 1 dinar symbolique.
    Je crois qu’il faut revenir à la politique et arrêtons ces coups de feu qui servent l’adversaire. Lorsque l’on a rien à dire sur le plan des idées, je ne vise absolument pas M. Abdelhafid Larioui qui a fait un effort de réflexion de nous proposer une typologie des élites que je ne partage pas globalement. Ce sujet sur les élites est très intéressant, je me permets d’encourager M. Larioui à approfondir son travail pour le soumettre au débat. J’aurais voulu aborder d’autres questions posées par le texte notamment la question de la Fondation du Mai 1945 dont Bachir Boumaza était le président mais il n’était pas le concepteur bien qu’il ait tout organisé à Kherrata et Guelma avec des moyens substantiels que Mouloud Hamrouche avait mis à sa disposition. Bachir Boumaza avait, au départ, l’idée de créer une simple association qui n’avait aucun lien avec les événements du 8 mai 1945. Cette association qu’il appelait les 3D (Dialogue, Développement, Démocratie) lui tenait pourtant beaucoup à coeur, Mourad Oussedik, l’un des deux responsables du collectif des avocats du FLN avec Maître Abdessamad Ben Abdellah, a fini par le convaincre qu’il fallait plutôt créer la Fondation du 8 mai 1945. Bref…

    Salutations
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  • Brahim Younessi
    4 septembre 2010 at 22 h 02 min - Reply

    Désolé, il y a quelques petites fautes que je n’ai pas corrigé et des mots qui manquent…
    BY




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  • Afif
    5 septembre 2010 at 0 h 04 min - Reply

    l’article qualifié par Mr Addi de nihiliste est, à mon sens, du défaitisme pur et simple malgré certaines vérités. Par ailleurs, il serait intéressant de savoir dans quelle catégorie de sa typologie se situe Mr Larioui. Sa réponse nous aiderait à mieux comprendre la portée de sa contribution et pourrait nous inciter à réviser notre première impression.

    A Brahim Younessi : au sujet de la villa de notre frère Aït Ahmed, certains ignorent que les anciens militants du PPA ont sacrifié leur jeunesse et leur vie pour le pays, vivant des années durant dans la clandestinité (depuis les années 40) ou la prison. A l’indépendance, ils étaient sans le sou, ni activité professionnelle. Si l’état ne les a pas pris en charge, ils auraient été obligés de tendre la main pour vivre. Leur octroyer une maison est la moindre des choses.




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  • bouyilès
    5 septembre 2010 at 0 h 16 min - Reply

    Curieusement un acteur important de la vie politique nationale qui a joué un rôle important durant ces 20 dernières années et qui a poussé son courage jusqu’à envoyer son fils guerroyer dans les maquis de Kabylie n’apparait pas dans ce texte.
    Curieux,curieux tout ça.
    Ne serait-on pas en droit de se demander si on n’est pas victime d’une autre manipulation?
    La question est posée , à vous d’apporter les réponses ,en toute démocratie.
    Il n’y a ni insulte ,ni diffamation,c’est tout juste une question d’équilibre et pour faire avancer le débat.




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  • Brahim Younessi
    5 septembre 2010 at 0 h 47 min - Reply

    A Affif, nous connaissons tous des anciens militants du PPA et du FLN historique qui, s’ils ne tendent pas la main,Dieu merci, rencontrent des problèmes sociaux et ne disposent pas encore aujourd’hui de logements. Vous pouvez me croire que je connais des familles d’authentiques moudjahidine dont certains ont toujours des balles dans le corps qui logent dans des « appartements » insalubres. Ceci dit, je crois avoir reconnu la légitimité des attributions de villas ou d’appartements à ces hommes qui ont, comme Si Madjid, sacrifié leur jeunesse, leurs études et leurs familles pour l’indépendance de l’Algérie. Vous avez, comme moi, défendu Ahmed Ben Bella, à juste titre, lorsque il a été gravement porté atteinte à sa personne et à son algérianité. Vous le savez sans doute ce dernier qui était pourtant célibataire partageait en 1952 le même appartement au Caire que Mohamed Khider, marié, et Hocine Aït Ahmed, marié également, tous les deux sont beaux-frères.
    Salutations
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  • yazid
    5 septembre 2010 at 3 h 47 min - Reply

    @ LAHOUARI ADDI
    J’admire vous patience et votre tolerance . Vous voulez convaincre l’auteur de cet article qu’il s’est trompé sur AIT Ahmed. Moi je suis convaincu que ce Mr n’avait pondu son papier que pour nuire justement à mr AIT AHMED .Du coup il ne peut vous ecouter ou vous repondre. Le FIS comme l’a si bien signalé @ BRAHIM YOUNESSI portait ses propres armes destructrices en son sein et s’est sabordé tout seul. Je dirais que c’est tant mieux ainsi. Car s’il avait des cadres plus intelligents et cachaient leur jeu ,nous serions tous entrain de vivre sous les bottes des ses milices incultes. Maintenant si Mr Laroui pensait que le vieil historique allait faire la courte echelle à l’inénarrable bonhomme à la calotte blanche et son adjoint excité c’est meconnaitre et l’homme et son amour de ce pays.




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  • liberté
    5 septembre 2010 at 9 h 46 min - Reply

    Chers amis,

    Aprés les attaques du RCD contre le Professeur Lahouari Addi, voici maintenant au tour du DRS de s’attaquer à Mr Hocine Ait Ahmed.Si l’Algérie avait un président de la république comme Ait Ahmed et un premier ministre comme Lahouari,au jour d’aujourd’hui nous serions un pays développé,démocratique et respectueux des valeurs humaines et de l’alternace politique, on aurait eu aussi un professeur d’université ou un docteur à la tete du ministére de la défense.

    Salutations




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  • Mohamed Jabara
    5 septembre 2010 at 11 h 09 min - Reply

    @ Yazid.

    Je ne pense pas que les « milices incultes » du FIS auraient fait 250 000 morts et 20 000 disparus outre la destruction d’ouvrages économiques de haute importance pour notre pays. Les relents de la propagande des putchistes à l’égard du FIS est encore présente dans les esprits. Il est possible que le FIS n’était pas la solution, mais les choix populaires étaient faits et l’avantageaient. Qu’il ait obtenu ces voix par la tromperie, personne n’a pu pénétrer dans les tetes des gens pour le savoir, on ne fait que supputer.

    C’est quand tu dis « tant mieux » ainsi que je comprends pas. Est ce à dire que pour chasser le FIS il est bon qu’on ait eu autant de morts etde disparus ?

    Pour les « milices incultes », je crois que le FIS regorgeait de militants de haut niveau aussi bien politique que scientifique, mais Abbassi Madani, Docteur es psycho sociologie, option manipulation des foules ( on me l’a certifié !) à réussi, si c’est le cas, à manipuler tout le monde et a donc fait des travaux pratiques sur le dos des algériens.

    Il faut je crois nuancer et distinguer entre les personnes et les options politiques. On a bien eu des démocrates dictateurs éradicateurs, tels Said Saadi, Khalida jnsplu etc.. et donc on aurait pu avoir des islamistes démocrates pourquoi pas, les méandres de la politique sont souvent tortueux comme mes phrases.




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  • Moh
    5 septembre 2010 at 11 h 33 min - Reply

    Salam et saha ramdankoum,

    Dans ce débat fort intéressant, provoqué par cet article et que je trouve limpide même presque poétique.
    A fait sortir, pour moi :
    1- on se comporte comme si on était en guerre. Donc pour le moment, on ne doit pas se remettre en question. Tout le monde doit respecter le statu quo. Du coup le résultat est qu’on va occulter tout changement, donc tout mouvement vers un avenir clair.

    2- Je remarque, malheureusement qu’on n’a pas de solution, les politiques n’ont pas de solution, en dehors des syndicats autonomes avec un combat plutôt nutritionnelle que autre chose, ils sont sur la pyramide de Maslow dans le plus bas niveau, celui de la sécurité (du travail).

    3- je remarque aussi, qu’il y a toujours, une certaine méfiance de la mouvance islamique de l’opposition (sincère), si ce n’est pas du mépris




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  • khaled
    5 septembre 2010 at 13 h 35 min - Reply

    Je rejoins l’appréhension de certains sur l’effet grandissant de LQA et des coups de boutoir qui émergent des discussions et qui tentent de briser les pseudo-tabous, comprendre ici alliance entre démocrates et islamistes.

    Comme par un hasard Redha Malek publie aujourd’hui ses mémoires ou entre-autre il dénigre le droit aux algériens de se parler et se réconcilier…Il appelle cella réconciliation contre nature.

    Je pense l’idée qui a été lance sur site d’une approche possible entre FFS et FIS pour une déclaration commune fait peur aux criminels.

    Il faut continuer de se parler et de ne refuser aucune discussion qui aspirent rétablir les droits de tous les algériens.

    Il faut avoir foi dans la plume, c’est notre arme pour le changement.

    Saha F’tourkem.




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  • Zineb Azouz
    5 septembre 2010 at 14 h 22 min - Reply

    @Yazid,

    Vous réduisez l’article de l’auteur au seul point qui vous dérange, c’est elliptique et préjudiciable, pour ne pas dire carrément déloyal.

    Le papier qui nous est présenté n’a pas la prétention d’être le dictionnaire des hommes politiques de l’Algérie, de plus, le parcours de monsieur Aït Ahmed ne semble pas être le sujet traité.

    Mais ce qui me choque le plus, c’est le mépris et l’avanie avec lesquelles vous parlez de monsieur Abassi et je suppose de monsieur Benhadj.

    Ces attitudes et ces postures d’une autre ère vis à vis des dits « islamistes » ne font que confirmer et conforter tous ceux qui ont versé dans l’éradication physique du FIS, c’est à dire massacrer et liquider des milliers et des milliers d’innocents.

    C’est trop sérieux pour que l’on se donne le droit et qu’on s’offre le plaisir de se moquer ainsi de la dignité des personnes.

    Sous d’autres cieux, la dérision, l’humour et la caricature auraient été les bienvenus, mais face aux cagoules, aux chalumeaux et aux chars qui ont récupéré cette typologie de l’islamiste, je reste personnellement irascible et intraitable.

    Ce discours est à dénoncer haut et fort, en qualifiant des adversaires politiques ainsi vous en faites des bêtes humaines qu’il est aisé, logique et surtout PERMIS de parquer dans les ABATTOIRS du pouvoir.

    La position d’Aït Ahmed n’était sans nul doute pas confortable, devoir rassembler, lutter politiquement contre le discours du FIS et ses excès de zèle tout en affrontant les généraux qui se réjouissaient de cette situation est un exercice, pour ne pas dire un piège, dont personne ne s’en sort indemne.

    Cordialement,
    ZA




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  • omar
    5 septembre 2010 at 15 h 24 min - Reply

    kestion simple a l auteur de l article ,est ce ke loe pouvoir algeriens a besoin d une marche pour arrete le processus democratique soyons serieux mr hocine ait ahmed est plus ke propre il est sujet a critik c cela la democratie mais nous faire avaler ke sans la marche du ffs les decideurs ne peuvent pas arrete le processus democratik chouiya serieux khoya wa sala




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  • Abdelhafid Larioui
    5 septembre 2010 at 16 h 26 min - Reply

    Je remercie les amis qui gèrent le LQA pour avoir publié cette note ainsi que tous mes compatriotes qui ont pris le temps d’apporter leur contribution au débat sur la question des élites en Algérie. Mon unique but était de lancer un tel débat dans la franchise et le respect de tous.

    J’ai été interpelé par certains d’entre vous sur deux plans : méthodologique et éthique, et je tiens à apporter ici quelques clarifications.

    1) Concernant la méthodologie, je dois préciser que ce n’était pas une étude scientifique rigoureuse mais seulement un cri de cœur écrit dans la douleur. Je vous renvoie à la première précision au début de la note. D’ailleurs, ce n’est pas du tout réjouissant de se livrer à tel exercice et ce à triple titre. C’est douloureux de faire un constat aussi désastreux de nos élites en général, c’est douloureux d’émettre des critiques à l’encontre de personnes envers lesquelles on a aussi beaucoup de respect pour leur itinéraire de lutte (c’est le cas notamment d’Ait Ahmed et d’Abbassi et même de Bachir Boumaza Allah yarhmou qui était pour moi lui-même victime d’un système), c’est douloureux car la critique et aussi autocritique, j’estime qu’en tant qu’Algérien, je partage également certaines des tares décrites dans la note.

    2) Pour ce qui est des aspects éthiques, je voudrais préciser que si mes analyses et interprétations peuvent paraitre subjectives, sur le plan factuel j’ai tenu à ne considérer que les faits dont j’ai été témoin, qui m’ont été rapportés par des amis très proches des dirigeants FFS/FIS, ou qui sont de notoriété publique. Donc les amis internautes peuvent dire que je fais des analyses injustes et de mal interpréter. Cependant ils ne peuvent pas avancer l’argument du mensonge, des contre-vérités et de la diffamation. Par ailleurs, si j’ai mentionné l’histoire de l’immobilier, ce n’est pour toucher à la vie privée d’une personnalité politique nationale. Chacun est libre d’acheter et de vendre, de bénéficier ou d’offrir un bien immobilier. Là n’est pas la question. Ce qui m’a interpelé dans l’affaire c’est le fait qu’on puisse faire une transaction avec un criminel aussi connu et accepter un argent trempé dans le sang des victimes de la « justice militaire » des années 90. N’y avait-il pas d’autres solutions plus propres ?

    Je regrette que l’on braque l’attention sur M. Aït Ahmed, qui n’était pas l’objet de la note, et que l’on ne s’attarde pas sur les questions à poser pour tenter de débloquer la situation. Loin d’être défaitiste ou nihiliste, je ne cesse de m’interroger, et d’interroger les autres, sur la manière de réactiver les ressources humaines de notre pays (intellectuelles, artistiques, politiques et religieuses), emprisonnées dans certaines des catégories que j’ai mentionnées, afin qu’elles reprennent leur rôle de moteur de la société.

    Saha ftourkoum.
    Abdelhafid Larioui




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  • radjef said
    5 septembre 2010 at 17 h 59 min - Reply

    Bonsoir tout le monde. Pour dissiper tout malentendu,il y a lieu de rappeler que nous n’avons nullement l’intention d’accabler Ait Ahmed de torts ou de lui professer de patriotisme et de militantisme. Ait Ahmed, c’est notre ainé, notre chef et notre camarade.Il sait comme tout le monde ou mieux que tout le monde de quoi est fait le champ politique en Algerie.
    Dans notre colère, il reconnait notre sincérité, notre volonté et notre hargne a restaurer l’Etat de droit conformément à l’esprit de la charte de la Soummam et a réconcilier le pays avec son génie, avec l’art, le talent, le savoir, le savoir faire sans nier l’une de ses valeurs propres. Mais Hocine Ait Ahmed homme d’expérience, préfère la sagesse et la prudence à la fougue de notre jeunesse. Du reste,n’est-il pas vrai que c’est grâce à sa sagesse que les sacrifices de plus d’un siècle n’ont pas été bradés lorsque l’armée des frontières a confisqué le pouvoir par la force des armes devant le regard approbateur de la colonisation encore présente sur le sol algérien. D’ailleurs Ait Ahmed n’a pas besoin d’interprète pour nous comprendre. C’est une affaire de famille qui concerne les militants sincères et réellement engagés. Et nous savons combien en ces temps propices pour les tartufes, sa sagesse et sa prudence sont légitimes.
    L’action a laquelle nous appelons, Hocine Ait Ahmed ne la désapprouve pas. Cependant il craint la bestialité d’un régime pervers, pernicieux, ignorant,sadique et imprévisible. Un pouvoir non pas seulement capable de crimes contre l’humanité, mais capable de provoquer des scissions et des fractures dans toutes les institutions de la république, risque qui va effacer l’Algérie en tant qu’Etat et nation de la carte géographique, que de céder a l’exigence de l’alternance et des lois de la démocratie. Mais peut-on faire d’omelette sans casser les œufs? Nous voulons ici et maintenant une action concertée avec toutes et tous contre ce régime d’HDT et de zouaves qui a fait de Moh Loubia un sénateur au pays de Feraoun, Mammeri et Malek Bennabi.




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  • Adel
    5 septembre 2010 at 18 h 15 min - Reply

    L’auteur de cet article – et nous avec lui – aurait eu tout à gagner à inverser les proportions dans l’élaboration de son texte. Le dernier paragraphe aurait dû occuper 80% du corps de l’article. Il aurait pu, par exemple, pour nous remonter le moral, nous présenter quelques uns de ces nouveaux intellectuels, nous dire en quoi ils se distinguent de leurs aînés et, surtout, comment nous, simples Algériens lambda, pourrions participer à protéger et faire proliférer cette denrée si rare. Car, enfin, ce qu’il nous dit est connu de tout Algérien, aussi inculte en politique soit-il. J’imagine l’auteur assis sur une chaise dans une fête de mariage, entouré de quelques dizaines de quadra et quinquagénaires qui s’esclaffent et se tapent les cuisses à la moindre de ses prouesses verbales. Il souffre hélas du même mal dont nous souffrons tous dans notre pays : très forts pour descendre en flammes toute idée et toute initiative, mais impuissants lorsqu’il s’agit de construire une alternative. Nihilistes, tout simplement.

    Pourquoi les choses se sont-elles passées ainsi et comment peuvent-elles changer? Répondre à ces questions aurait certainement demandé plus d’efforts que cette virtuosité verbale dont nous a gratifiés l’auteur.

    De quel syndrome souffre-t-il au fait?




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  • Ghani H.
    5 septembre 2010 at 20 h 17 min - Reply

    @ Zineb Azzouz

    Donc selon vous, puisqu’on est face a la dictature de junte militaire, il ne faudra pas trop dénoncer le discours caricatural, excessif des Belhadj et Madani, sous prétexte que
    cela pourrait s’apparenter a un soutien aux putschistes. Eh bien, je suis contre les généraux, contre l’arrêt du processus électoral de 91, mais je pense que Belhadj et Madani sont des idéologues, manipulateurs de foules au nom de l’islam et n’ont aucun sens politique.

    S’ils étaient le moindrement réalistes, ils auraient mesuré la portée de leurs excès. Ce sont eux, qui enfin de compte, ont joué le jeu de leurs marionnettistes. Comme le disait un responsable de la communauté de Saint’ Egédio, ce n’est que lors des rencontres ayant lieu a Rome en 1995, que le FIS commençait a faire de la politique.

    Cordialement et Saha F’tourek




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  • Rachid Ziani Cherif
    5 septembre 2010 at 20 h 18 min - Reply

    @ Yazid et…Reda malek !

    C’est bien cela Réda malek, il ne s’agit pas de lapsus, et ne prenez pas la peine d’aller chercher une quelconque intervention directe de l’ancien chef du gouvernement sur ce site vous ne le trouverez pas, ce que vous trouverez par contre, c’est une superposition totale entre les propos de Malek dans ses mémoires récemment publiés marquant sa frustration face à ce qu’il appelle ‘coalition contre nature’ ( ce qui nous rappelle la position officielle de la junte vis-à-vis du contrat de Rome qui avait réussi à rassembler les principaux partenaires politiques, de tous bord, autour d’un même table pour une sortie de la crise, un événement qui avait ‘secoué’ alors la junte et provoqué un état d’alerte dans ses rangs, dont nous connaissons la suite). Les frustrations cette fois dans les mémoires d’un des bourreaux de la junte, ont trouvé écho dans l’intervention haineuse de Yazid (un timing fort suspect) ? Une hyper frustration à en juger par la nature du vocabulaire utilisé par yazid ( un amoncellement d’injures et de vindictes à l’égard de personne sans réelle relation ni avec le sujet ni avec l’auteur du sujet, ce qui dénote le degré de désarroi dans lequel se trouve ce lobby qui est pris de terreur à chaque fois qu’il entend parler de citoyens algériens se parler entre eux, sans tutelle, et de manière directe, sans que les propos des uns et des autres ne soient pervertis par les prismes déformateurs, qu’il arrivait jadis à imposer comme seul moyen de communication, ce lobby assiste impuissant à des concertations et des dialogues civilisés, qui se font en dehors de sa ‘bénédiction’, entre des pans de citoyens, qu’il a tout fait pour éloigner les un des autres, les mettant dos à dos, par le biais du mensonge, la caricature, les stéréotypes et la manipulation. eh bien non, nous discutons toutes les idées, même les plus extrêmes, mais en même temps, nous acceptons nos différences, dans le respects mutuel. C’est ce qui provoque le désarroi dans le QG de la nomenklatura, désarroi platement exprimé dans la réponse du porte parole volontaire de R malek, ie Yazid.
    Car comment expliquer le contenu de cette haine viscérale (sans relation directe avec l’article en question) si ce n’est une projection directe du contenu des mémoires récentes de reda malek, qui comme par hasards sort maintenant, et par double hasard yazid en fait echo maintenant, et comme triple hasard, c’est Malek, en personne, le fameux auteur de ‘la peur doit changer de camps, qui s’agite pour attirer l’attention (et attiser les haine) contre ce qu’il appelle coalition, contre nature !
    Outre les contre vérités qui infestent la réponse M.Yazid, ( certaines ont déjà été relevés partiellement avant moi) et cette propension hautaine de sa part à diffamer une bonne partie du peule de ghachi ‘inculte’, ceux qui ont donné leur confiance au FIS ( pourtant il appartient au peuple, seul souverain de donner sa confiance à qui il veut et de la retirer quand il veut, n’est ce pas là un des piliers de la démocratie ?!), Yazid parle d’incultes, alors que les chiffres indépendants, aussi bien nationaux qu’internationaux tranchent d’une manière cinglante, que le niveau intellectuel et universitaire, non seulement pour des élus au parlement, mais également aux APC et APW, étaient des plus conséquents, (nul n’est mon intention de m’attarder sur ce sujet, mais je me devais de rappeler des faits vérifiables), seulement force est de constater que le concept d’intellectuel à une toute autre connotation pour m yazid, qui semble appartenir à la caste qui considère que les islamistes restent incultes combien même ils détiennent les plus grandes distinctions universitaires fus ce du MIT ou de Princeton ou d’oxford (entre autres) et que par contre les ‘illuminés’ de son genre sont ‘la crème de la société, un genre de peuple élu, même s’ils n’ont jamais dépassé les classes primaires, et de là on comprend sa satisfaction jubilation (de ses propres(!) aveux), quant aux vagues de répression, disparitions dont ont été victimes des centaine de milliers des ces infrahumains (à son goût). Cela s’apparente à un véritable cri au meurtre (à posteriori), et où je ne serais guère étonné qu’il ait pu être (potentiellement, puisque je ne le connais pas et ne connais pas son age pour préjugé de la possibilité matérielle de sa ‘potentielle’ participation au moments de ces crimes)’, son langage cadre de manière parfaite avec la personnalité de cette soldatesque inconnue qui a participe à sa manière à la traque battue des indigènes que sont devenus les citoyens non grata dans leur propre pays.
    Mais je finirai par rassurer m yazid, ou peut être le décevrai-je, pour lui dire arrête ton char Ben H…Yazid, c’est peine perdue, vous n’arriverez, ni vous, ni toute la cohorte à laquelle vous appartenez, à arrêter l’élan véritablement citoyen en marche, nous connaissons par le biais du dialogue ( dont LQA constitue un des pionniers parmi ses vecteurs ) la différence entre ‘ne pas adhérer aux idées des autres et militer pacifiquement, par l’argumentation, pour prouver notre point de vue, tout en vouant le plus grand respect à ceux avec qui nous avons des différences d’appréciation, d’analyses et de choix, nous savons que nul ne détient à lui seul la vérité, que c’est un terrain dans lequel nous militons tous avec dignité , modestie, et persévérance, la main dans la main, pour le salut de tous, même de ceux qui veulent notre laminage ( Notre Prophète PBUH, n’a-t-il pas dit concernant ceux qui le traquaient et voulaient sa mort, que Dieu les pardonne, il ignorent). M Yazid, le synchronisme entre vos propos haineux et ceux d’un des bourreaux de l’Algérie présumée indépendante, reda Malek, ne font que nous prouver que nous sommes dans la bonne voie, les hommes et femmes sincères qu’ils soient islamistes, démocrates, nationaliste ( pour utiliser la catégorisation en vigueur), cela ne fait que renforcer notre conviction, que nous sommes très prêts, puisque on arrive à faire régurgiter la haine de ceux qui conçoivent comme contre nature que les hommes et les femmes d’Algérie puissent se concerter et unir leur efforts pour construite l’Algérie de demain, celle de tous ses citoyens, sans clivage, et dans la dignité. Votre manège est vain, et cousu de fil blanc sale.




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  • iker
    5 septembre 2010 at 20 h 47 min - Reply

    Je vous salue bien bas @zineb, quelle vivacité! quel plaisir devous lire et de voir partir vos flèches vers les bonnes cibles.




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  • yazid
    5 septembre 2010 at 21 h 19 min - Reply

    @ djebbara @Zineb azzouz
    Oui je le reconnais , je le pense , j’en suis convincu et je le proclamme haut et fort , le FIS ne pouvait etre la solution . Il est le probleme et tout le probleme. Bien avant son avenement ceux qu’on appelait les khoundjias terrorisaient déjà les etudiants dans les campus et faisaient leur loi avec la benidiction des srabes qui pensaient pouvoir les utiliser pour contrecarrer tout germe de revendication democratique. Mme Azzouz me reproche de parler de ABBASSI Madani et suppose t-elle de ALI BELHADJ avec mepris , là aussi je reconnais que ces deux personnages ne sont pas celles avec qui je serais enchanté de prendre un thé. Je ne les meprise pas pour autant quoique l’un comme l’autre ne furent des modéles de respect de la dignité de l’autre . Je me rappelle comme aujourdhui d’une conference donnée par le diplomé en psychologie  » manipulation des foules » pour reprendre Mr djebbara qui disait « bi al harf al wahid  » naanlatou allahi aala abbane ramdane aladhi rakassa al ichtirakia fi el djazair ». Cela se passait en 80 à l’université populaire de Constantine . Vous m’excuserez , mais c’est au dessus de mes forces de respecter un « leader islamoui » comme on dit actuellement qui s’attaque à mort et pas n’importe lequel.
    Quant à Mr Belhadj point besoin de dissertation à son sujet , car vous conviendrez avec moi que si c’etait lui qui est à laace des gouvernants actuels ni vous ni moi ne serions entrain de debattre actuellement. Vous dites que le FIS renfermait des cadres de valeurs et des scientifiques , je n’en doute pas il doivent meme etre nombreux. Ils etait ou ces elites du FIS quand leur milice defilaient au pas de l’oie dans les grands boulevards de la capitale , ils etaient ou quand leurs mentors nous menacaient de changer nos habitudes vestimentaires et alimentaires. Ils etaient là riant sous barbe et attendant leur heure. NON MADAME NON MR le FIS comme on disent les gens des haut plateaux houa sbab khlaha.




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  • lahouari addi
    5 septembre 2010 at 22 h 12 min - Reply

    Cher Abdelhafid Larioui,

    Vous avez écrit un texte sur les élites en Algérie qui a du mérite. C’est ainsi que vous voyez les choses et en créant un débat autour de votre texte, en notant les critiques et observations, vous pourriez l’améliorer pour que cela devienne plus qu’une vision subjective mais une analyse sociologique.
    Ce qui a discrédité votre texte, à mes yeux, c’est les passages sur Aït Ahmed. C’est faux et c’est injuste de le mettre sur le même pied d’égalité que Mahfoud Nahnah dont la mission confiée par le régime était de casser le FIS. Aït Ahmed n’est pas islamiste; c’est même un adversaire politique des islamistes, mais il ne les considère pas comme des ennemis. Il voulait les combattre dans des campagnes électorales. C’est une grande différence. Ce n’est parce qu’on n’est pas islamiste qu’on est contre les islamistes. Aït Ahmed a désapprouvé l’annulation des élections, il a condamné les disparitions forcées (des islamistes) la torture (des islamistes) et a pris part à la réunion de Sant Egidio qui est la reconnaissance explicite du FIS comme parti. Que voulez-vous de plus? Qu’il prenne sa carte au FIS? Ce serait le retour au parti unique.
    Concernant le bien immobilier dont vous parlez, il faut bien se renseigner avant de lancer ce genre d’information sur la place publique. Je me suis renseigné et voilà ce que j’ai eu comme réponse. En 1962-63, Aït Ahmed a acquis une villa à Alger dont il a été dépossédé par le colonel Benchérif lorsqu’il avait été arrêté en 1964. De retour en Algérie en 1990, le gouvernement Hamrouche lui a donné en compensation une autre villa qui était le siège de l’ambassade du Pakistan. Il a trouvé que cette villa était trop grande et l’a échangée contre une autre avec un commerçant originaire de Sidi Aïch dont le nom est Boukari et qui n’a rien à voir avec le colonel Boukhari dont Abdelhafid Larioui parle. Probablement que le commerçant a ajouté une somme d’argent que Aït Ahmed a utilisé soit pour son parti soit pour lui-même. J’ai eu ces informations d’un militant du FFS crédible.
    Enfin dernier point en rapport direct avec le sujet des élites. Toutes les sociétés donnent naissance à leurs élites dans différents activités sociales: politiques, artistiques, religieuses, intellectuelles, économiques, etc. En Algérie, et du fait que la question institutionnelle du pouvoir n’a pas été réglée, le régime s’oppose aux élites politiques représentatives des différentes couches de la population et fabrique des élites administratives qui lui sont fidèles. Nahnah a été représentatif dans les années 1980 d’un courant islamiste mais il été récupéré au début des années 1990 et il a ainsi perdu de sa représentativité. Le régime refuse l’émergence d’une élite représentative et qui ne dépende pas de lui. Si demain il y a la démocratie, une élite représentative apparaitra.
    Prenons un exemple. Il y a des personnes qui défendent le principe des droits de l’homme en Algérie. Il y a un courant artificiel, faux, non crédible et qui ne croit pas aux droits de l’homme : c’est celui de Farouk Ksentini. Il y a un autre réel et désintéressé représenté par Ali Yahya Abdennour. Imaginez vous que Ali Yahya soit désigné à la tête de la Commission des droits de l’homme. Il fera mener des enquêtes officielles sur les violations de droits de l’homme et fera arrêter tout fonctionnaire de l’Etat, militaire ou policier, impliqué dans une disparition, torture ou assassinat. La nature du régime est telle qu’il ne peut pas accepter une élite représentative tout comme le système colonial n’acceptait pas le élus du PPA-MTLD et imposait ses propres « élus ». C’est la même situation.
    J’espère vous avoir convaincu parce que dans cet espace, le but est d’échanger et de convaincre par l’argumentation, étant convaincu que vous êtes attaché au pays autant que moi et que les autres internautes qui vous ont approuvé ou malmené.

    Lahouari Addi

    Cordialement




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  • Zineb Azouz
    6 septembre 2010 at 0 h 12 min - Reply

    @Ghani H.,

    Vous allez trop vite en besogne et vous me faites dire ce que je n’ai pas dis.

    Il y a une différence entre dénoncer un discours et jeter en pâture des vies humaines.

    Il y a une différence entre « en vouloir à mort » aux leaders du FIS et « vouloir leur mort » ou suggérer clairement que leurs vies ou celles de leurs sympathisants se valent et ne valent rien.

    Faire de la politique en temps de paix civile où il est normal et de bonne guerre d’user de tous les moyens pour dénoncer, dénigrer et satiriser le discours de ses adversaires est une chose, mais continuer à s’agiter contre ces mêmes adversaires alors que les chars ont tout balayé et que les tortionnaires font des heures sup., relève de la bêtise politique pour ne pas dire de la lâcheté.

    Rien ne doit justifier ni absoudre les crimes ni des uns ni des autres, mais les crimes contre l’humanité relevant de la responsabilité de l’Etat sont incomparables juridiquement, quantitativement et historiquement.

    La sale guerre que nous avons subi, n’avait certes besoin de l’aval de personne, mais encore une fois permettez moi de vous rappeler mes motivations et mes craintes :

    Les typologies réductrices et circonscrites à l’islamiste ou à toute autre frange, formation politique ou ethnique de la société ne sont pas dignes d’un discours politique responsable.

    Le fait qu’en plus ces clichés puissent contribuer de façon directe ou subliminaire à justifier de tuer de « l’islamiste » dans l’Algérie des 200 000 disparus, les rends encore plus aventureux voir abjects.

    Tout cela pour vous dire que les cliches-cibles d’aujourd’hui peuvent demain, changer de couleur, d’opinion ou d’apparence et d’autres innocents y compris vous et moi risquent d’en payer le prix.

    Nul besoin d’adopter les symboliques et les vocables des génocidaires pour s’exprimer et lutter contre le projet ou le parti islamiste.

    Cordialement,

    ZA




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  • Mohamed Jabara
    6 septembre 2010 at 1 h 39 min - Reply

    @ Yazid.

    Je ne crois pas que tu aie compris ce que j’ai dit à propos de Abbassi Madani. J’ai parlé de nuancer et de distinguer entre les personnes et leurs positions politiques. J’ai aussi parlé de sommités scientifiques au sein du FIS et notamment de Abbassi Madani Docteur en psycho Sociologie. S’il a réellement réussi à manipuler les foules ça ne peut que prouver que le FIS possédait la ressource humaine capable de diriger un pays, de conduire les gens. Mais point important que j’ai préféré laisser en filigrane, c’est le fait que malgré toute sa science, Abbasi Madani a été manipulé comme un bleu et tu viens nous dire que le FIS « houa sbab khlaha » et la cause des morts et des disparus. J’aimerais bien connaitre tes sources, à part l’ENTV bien sur et la presse « indépendante » des Benchicou et consorts.




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  • khaled
    6 septembre 2010 at 9 h 01 min - Reply
  • OrO
    6 septembre 2010 at 11 h 02 min - Reply

    @M.Lahouari Addi.
    Permettez d’exprimer mon désaccord sur la question de l’émergence des élites.Vous conditionnez l’émergence d’une élite représentative par l’avènement de la démocratie.Personnellement je pense qu’au contraire une démocratie viable n’est possible en Algérie que s’il y a au préalable une élite puissante et autonome à l’égard du pouvoir politique.
    Il ne faut pas être angélique,tout pouvoir politique quelle que soit sa nature ,démocratique ou autoritaire,est tenté de faire en sorte qu’il n’y ait pas d’alternative crédible à son regne et cela n’est possible que par la caporalisation des élites.La seule différence entre les deux,c’est que le pouvoir démocratique dispose d’un éventail d’instruments plus restreint que le régime autoritaire.
    La question qu’il faut poser donc est la suivante:Quelles sont les causes qui empêchent l’émergence d’une élite autonome en algérie?Je ne suis pas sociologue,mais à mon avis les causes sont à chercher dans a)la période coloniale qui a entrepris une entreprise systématique de destruction des structures sociales traditionnelles(confiscation des biens habous,exil des élites religieuses et urbaines…)b)dans le régime politique issu de l’indépendance qui a continué l’entreprise de destruction des structures sociales traditionnelles tout en se révélant incapable de construire un état moderne au sens occidental du terme.




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  • Abdelhafid Larioui
    6 septembre 2010 at 17 h 47 min - Reply

    Cher Lahouari Addi

    Effectivement il ne peut y avoir d’élites représentatives occupant la scène que dans un climat de liberté et un Etat de droit, et le régime actuel s’oppose à l’émergence d’une telle élite et préfère remplir la scène par des faussaires. Mais la question, comme l’a soulevé “OrO”, est liée à “qassat eldjadja wel baydha” (le paradoxe de l’œuf et la poule) : Est-ce que l’Etat de droit doit précéder l’élite représentative, ou est-ce que l’élite représentative est un pré-requis à l’établissement de l’Etat de droit.

    Se pose alors la question de savoir ce qui confère à une élite la qualité de “représentativité”. Une élite représentative est-elle forcément et exclusivement celle issue d’une sélection sociale dans un environnement sain ? Peut-on imaginer une “représentativité” même dans un environnement malsain et en dehors de la volonté du pouvoir ?

    Une autre question se pose dans des sociétés comme la nôtre qui aspirent au changement : la représentativité est-elle le seul critère de légitimité ? Considérons un groupe de citoyens qui s’identifie aux aspirations de son peuple et qui prend l’initiative de lancer une action dans le sens du changement désiré. Ce groupe n’a pas été désigné au suffrage pour mener cette mission. Il peut même être contesté en tant qu’acteur de changement. Doit-il alors s’abstenir, par manque de représentativité ? L’histoire politique du monde nous donne plein d’exemples similaires (groupes révolutionnaires ou réformateurs) qui d’ailleurs, une fois le changement opéré, soit ont veillé à acquérir une représentativité populaire, soit se sont contentés par exemple d’une “légitimité révolutionnaire”. Bref, en temps d’occupation ou de dictature où le peuple ne peut pas faire de choix et désigner ses élites, qu’est-ce qui rend une élite légitime ?

    J’aimerais maintenant réagir à deux autres points que vous avez soulevés :

    Je ne pense pas un instant qu’il faille mettre Nahnah et Aït Ahmed dans le même sac. L’écart entre les deux hommes est énorme. Tout ce que je dis est que leurs actions respectives dans les années 90 ont servi le pouvoir militaire. C’est évident que Nahnah était en service commandé et agissait sur instructions. Aït Ahmed n’a jamais été un suppôt du pouvoir, mais sa faute, et c’est mon appréciation personnelle donc elle vaut ce qu’elle vaut, est qu’il n’a pas su suspendre après le coup d’Etat sa compétition politique avec ses adversaires, pour mener une action commune contre les usurpateurs du pouvoir. Il a préféré faire cavalier seul contre le pouvoir, tout en lançant ses piques à l’encontre de ses adversaires politiques. Si en temps de paix ceci est parfaitement légitime, ça devient contestable en temps de guerre, lorsque les adversaires politiques sont conduits dans les abattoirs ou massacrés dans leurs demeures.

    Je n’ai jamais demandé à Aït Ahmed de devenir islamiste, encore moins de prendre une carte du FIS. C’était son droit le plus absolu de combattre politiquement ce parti, dont nombre de responsables – pas tous – ont fait des dégâts énormes, par excès, par arrogance et par manque de culture politique, et j’espère que certains d’entre eux se remettent un jour en question, fassent leur autocritique et présentent au peuple leur mea culpa. Je dis seulement qu’après le 11 janvier 92, tout Algérien devait se sentir républicain avant toute considération partisane. Car en réalité, ce ne sont pas les pourfendeurs du FIS qui ont payé la facture du coup d’Etat, ils ont trouvé refuge en France, en Allemagne, en Turquie et ailleurs ; c’est la base sociale de ce parti qui a cru un jour au changement, qui a subi la terreur des putschistes.

    Concernant le second point, et je n’aimerais pas m’y attarder, je vous remercie de nous faire part cette version relatée par un militant crédible du FFS. Le problème c’est que je n’ai pas lancé d’information sur la place publique, je l’ai plutôt recueilli de la place publique. Cela remonte à 2007 (et pas aux années 90) ; la presse en avait à l’époque fait l’écho (voir par exemple http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2007/07/25/article.php?sid=56609&cid=3). Mais je ne me suis pas fié, pour me faire une idée sur cette affaire, ni à une presse manipulée par le DRS, ni au MAK et autres groupes similaires, ni même aux membres dissidents du FFS qui en parlaient. J’ai eu confirmation de l’affaire dans ses détails que j’ai mentionnés, par des militants crédibles du FFS dont un très proche de M. Aït Ahmed, qui n’ont pas apprécié cela, surtout que ça se passait au moment du quatrième congrès national, et ils étaient gênés d’entendre des mauvaises langues dire que le chef n’était pas venu de Suisse pour le congrès mais seulement pour signer un contrat. Contre pareille information qui ternit son image, et qui circulait dans le tout Alger, pour reprendre l’expression de Saad Lounès, M. Aït Ahmed devait immédiatement émettre une déclaration pour l’expliquer ou la démentir éventuellement et mettre fin à la rumeur. C’est un devoir envers tous les Algériens qui voient en lui l’une des dernières figures historiques du pays. S’il le faisait, je serais le premier à lui présenter des excuses en public, pour avoir mentionné cette affaire dans ma note.

    Avec mes amitiés,
    Abdelhafid Larioui




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  • yazid
    6 septembre 2010 at 20 h 05 min - Reply

    @DJEBBARA
    Vous etes certainement un homme bon qui aime ce pays et son peuple.J’ai toujours lu tous vos comments et remarqué zn vous quelqu’un de sincere dans ses jugements . permettez moi de vous contredire encore une fois au sujet de Abassi et de son adjoint.Ma conviction profonde est que ces deux personnages et c’est l’avis et le sentiment de beaucoup d’Algeriens ne sont que des manipulateurs et des leaders inconsequents et dangeureux. Ils ne se sont jamais empeché de jeter en pature des personnes illustres de notre revolution et d’insulter leur memoire (chose que vous ne voulez pas entendre ).Rappelez vous les preche de Belhadj qui disait  » allahouma baridj ni ssa ahoum oua yatim aouled ahoum » ou Madani qui maudissait le congrés de la soummam etc… Je me suis limité aux 2 principaux tenors , mais en fait la virulence et l’outrance verbale etait de mise dans tout le courant qu’ils representent.Ceci n’a rien de pejoratif ni n’est une insulte à leur egard du moins en ce qui concerne Belhadj qui agit en bon fondamentaliste qui se respecte. Je le repete ici le terme fondamentaliste est à prendre au sens literral . Atrement dit Mr Belhadj est fondamentalement convaincu de la justesse de son combat et de ses idées qu’il ne peut en aucun cas se remettre en cause ou admettre qu’il puisse etre dans l’erreur. Je lui reconnais aussi le courage de ses idées , mais cela ne suffit d’en faire un homme politique au sens moderne.
    saha ftourek




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  • yazid
    6 septembre 2010 at 20 h 59 min - Reply

    @ DJEBBARA
    Je m’excuse j’ai du intrrompre mon commentaire suite à l’ADHAN .

    Pour en revenir à notre sujet j’avais ecrit effectivement tant mieux que le FISn’ait pu acceder aux commandes. C’est un sentiment politique né d’une conviction car nul ne pouvait predire le nombre de mort que nous aurait reservé une une republique fissiste dont il est aisé de deviner les victimes . Pour autant aucune personne douée de raison ne peut se rejouir de la mort de centaines de milliers de ses compatriotes quand bien meme ils seraient des advrsaires politiques. j’ajouterait d’autant plus les morts et disparus sont soit l’elite de ce pays soit les enfants du peuples àtravers de pauvres bougres manipulés et envoyés au casse pipe ou des conscrits utilisés comme boucliers . En conclusion si le pouvoir manipulateur et criminel est responsable de la tragedie le FIS et ses leader lui ont donné l’occasion inespéré de jeter une camisole de force sur toute la societé que nous payons jusqu’a ce jour . C’est mon opinion et je la dis n’en deplaise à certains commentateurs pathetiques auquels il ne faut meme pas repondre tant ils cherchent la polemique pour leur seul plaisir.
    Bien à vous




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  • karim2380
    6 septembre 2010 at 21 h 55 min - Reply

    @yazid,

    Purée!!!! enfin un deuxième qui pense comme moi, J’étais presque dans le désepoir absolu. Merci.




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  • Ammisaid
    6 septembre 2010 at 23 h 34 min - Reply

    Le pouvoir et son système diabolique à tout récupéré: De notre révolution jusqu’au bout de nos rêves et de nos désirs. Nos analyses et même les plus scientifiques sont toutes basées sur un postulat fondamental faux: Le MENSONGE. Le mensonge circule dans notre sang à la place de l’oxygéne. Ils n’ont jamais dit la vérité et ils n’ont jamais rien fait qui ne puisse servir leur cause. La cause de la perversité et de la barbarie. Sommes-nous à ce point aveugle ? Soyons d’accord que les hommes qui nous gouvernent sont des ennemis irréductibles et dangereux de notre pays et de son peuple. Avons-nous besoin d’autres preuves ? Toutes les preuves sont étalées devant nos yeux. Elles sont devenues souveraines et implacables. Ils nous ont tous et toutes utilisés, sans exception, certes à des degrés différents. Ils ont utilisé l’Algérie et tout ce qu’elle contient pour faire ce qu’ils nous ont fait et pour servir leurs intérêts primitifs, uniquement d’ordre primitif: manger, dormir, voyager, boire, faire pipi et caca et b…… C’est tout. Ils n’ont aucun autre but que celui de satisfaire leur âme ANIMALE. Il faut une preuve de légalité de l’acquisition de la villa de MR Aït Ahmed pour ne pas le dénoncer et pour le respecter, c’est fort de café ! Dalhocine fait parti des meilleurs hommes que l’Algérie a enfanté et ils sont nombreux. Mais les usurpateurs les ont sali et ils les ont rendu malhonnêtes envers le pays et le peuple pour lesquels ils ont tous sacrifiés. Sa fakhamatouhou et sa tawgikatouhou ont volé 600 milliards de dollars et ils continuent à trôner sur nos têtes en toute légalité et toute constitutionnalité ET NOUS NOUS CHERCHANT des poux dans les têtes de nos hommes les plus purs. Soubhan Allah. Où nous allons comme ça ?
    L’ennemi vit tranquillement chez nous et l’ami est disséqué pour lui trouver des tares et des défauts. Les responsables de tous nos malheurs, sans exception, c’est ceux qui vivent dans l’impunité tout en continuant à nous voler, à nous violer, çà nous humilier…en toute impunité. Si c’était moi qui a la possibilité de gérer les richesses de notre pays, j’aurais offert cent villas à Mr Aït Ahmed et cent villas à chacun de ses compagnons qui ont servi l’Algérie sans la trahir et sans faire du mal au peuple. Combien cela nous aurait coûté ? Rien, par rapport aux milliards dont les traîtres ont hérité. Recentrons-nous sur les moyens d’arriver à une vraie union, c’est la que réside notre salut.
    PS: Il est peut-être temps de laisser tranquille MR Hocine Aït Ahmed. Celui qui veut le dépasser n’a qu’à faire mieux que lui, celui qui le déteste doit au moins le respecter. Que dieu lui prête longue vie et qu’il lui facilite la vieillesse. Amine Arebi Al3alamine.
    Fraternellement




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  • Mohamed Jabara
    7 septembre 2010 at 0 h 35 min - Reply

    @ Yazid.

    Citation: »En conclusion si le pouvoir manipulateur et criminel est responsable de la tragedie le FIS et ses leader lui ont donné l’occasion inespéré de jeter une camisole de force sur toute la societé que nous payons jusqu’a ce jour ».

    Je suis assez d’accord avec ta conclusion ci dessus. Mais encore pour nuancer, je dirais que malgré ses capacités, le FIS a été manipulé et n’a pas vu venir. A qui la faute ? A celui qui a manipulé ou a celui qui a été manipulé ? Encore une fois, on ne sait pas ce qui se serait passé si le FIS avait gouverné, ce ne sont que des suppositions, l’inconnu est impossible à cerner avec certitude mais permet des conjectures plus ou moins justes, c’est a dire plus ou moins fausses et ce qui est faux en partie est faux dans sa totalité. C’est pourquoi je persiste à dire que la justice aurait commandé qu’on laisse l’expression des urnes aller à son aboutissement et qu’il aurait peut etre mieux valu pettre des verrous comme on l’a fait pour les communes FIS pour éviter les débordements possibles. Pour le reste je dois te confesser que je ne sais pas ce qu’ont dit Ali Belhadj et Abbassi Madani, je n’ai jamais été l’un de leurs adeptes ni de leurs auditeurs favoris, je considère que notre sainte religion ne devrait pas être mélée aux sordides tractations partisanes du pouvoir mais être l’émanation de la masse de notre peuple, morts, vivants et à naitre dans le génie de l’algérien à s’adapter au milieu en cultivant savoir, humilité, persévérance, respect des autres, égalité, amour, altruisme, abnégation et autres valeurs qui se déprécient malheureusement devant le culte de la personnalité qui né et descendu subrepticement et graduellement du haut du pouvoir vers le plus bas des niveaux sociaux l’entraine (l’algérien, mes phrases sont souvent alambiquées, je m’en excuse) dans les abysses de l’égoisme de la négation de soi et des autres. Car en fin de compte l’égoiste n’agit pas dans son propre intêrêt mais sert les interets du diable.

    Saha ramdanek.




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  • Mahieddine Lachref
    8 septembre 2010 at 12 h 30 min - Reply

    Bonjour chers camarades.
    M.M. Larioui et Addi, sur un point, j’aimerais attirer votre attention: le syndrome de la poule et de l’oeuf. En fait, à mon avis, attendre, comme je l’ai de toujours dit, à ce que le pouvoir appelle ses opposants et leur donne des postes clef, cela relève, sinon de la folie, du moins de l’extrême crédulité. C’est à l’élite politique de tout arracher. C’est indiscutable. Dans tous les pays du monde, les intellectuels ont lutté, ont payé quelques fois, avec leur propre vie, pour le changement. Les Algériennes et les Algériens, dont je fais bien sûr partie, héritiers de je ne sais quelle tradition activiste, ne réfléchissent presque jamais. Chez l’Algérien, l’activisme l’emporte toujours sur la réflexion. Je pense là à L’Eternel Jughurta de Jean Mouhoub Amrouche. Il est vrai que le peuple algérien a lutté, beaucoup, voir trop, surtout durant le siècle dernier, mais, il faut le dire, il l’a très mal fait. Essayons d’étudier exhaustivement et objectivement la guerre de libération nationale. La gâchette n’a pas cessé un instant de l’emporter sur la cervelle. Nous sommes, nous autres Algériens, des enfants de la violence, nés dans la violence, ne vivant que par la violence; notre histoire est l’histoire de la violence et le DRS ne fait que réactiver cette réalité. Ça choque mais c’est vrai. Il faut que l’on apprenne d’abord à réfléchir. Lénine, allah yerahmou, disait il n’ y a pas de révolution sans théorie révolutionnaire. Où est notre théorie ? Celle consistant à tirer incessamment sur le DRS pour oublier le mal qui nous range de l’intérieur ?
    Fraternellement
    Mahieddine Lachref




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  • Hocine.dz
    8 septembre 2010 at 16 h 04 min - Reply

    Dire que l’action de Aït Ahmed durant les années 90 a servi le pouvoir militaire comme le prétend Larioui Abdelhafid relève plus du déni de la réalité que d’une analyse sérieuse. Il a oublié ou a feint d’oublier que durant toutes ces années 90, Aït Ahmed, tant sur le plan national qu’international, n’a pas ménagé ses efforts pour la sauvegarde de la paix civile, il n’a cessé de mettre en garde les uns et les autres pour éviter la guerre civile, et pour ce faire, il n’a cessé d’appeler au dialogue tous les acteurs de l’époque pour trouver une issue politique pacifique au chaos qui se préparait. Il n’a cessé d’appeler à la raison les dirigeants du FIS afin qu’ils évitent la violence armée, piège dans lequel le pouvoir voulait les pousser. Malheureusement ces va-t-en-guerre, ces bébés politiques, pour reprendre son expression, ne les ont pas écouté et ce qui devait arriver arriva…De ce fait, en accusant Aït Ahmed d’avoir fait le jeu du pouvoir, c’est Larioui qui fait de l’opposition à l’opposition; par conséquent c’est lui qui fait le jeu du pouvoir.
    Si le but de Larioui est de plaider la cause de son mouvement auquel il appartient, sa plaidoirie est très médiocre; elle le dessert plus qu’elle ne le serve. En se prenant à Aït Ahmed pour justifier la déroute de son mouvement, il fait preuve d’une indigence politique ahurissante. En accusant Aït Ahmed de matérialiste et de faire le jeu du pouvoir, soit il méconnaît l’homme, soit il a écrit son article sous la dictée de ses mentors pour des desseins inavoués. Car Larioui ne peut pas oublier – à moins qu’il souffre d’une amnésie – que Aït Ahmed était l’un des rares hommes politiques à avoir accepté le verdict des urnes de décembre 1991; c’était l’un des rares à avoir prôné l’insertion des islamistes dans le jeu politique, à condition qu’ils respectent la règle du jeu démocratique. Il a toujours condamné les injustices dont ils étaient victimes, tout en condamnant leurs méfaits, eux aussi; il renvoyait dos à dos le pouvoir et les islamistes parce qu’ils sont également responsables des atrocités commises et du déclenchement et de la poursuite de la guerre civile.
    Aït Ahmed est connu pour sa grande culture politique; son intégrité et sa droiture sont reconnues, non seulement en Algérie, mais aussi au niveau international. C’est un homme de compromis, non de compromissions, et il ne transige jamais avec ses principes que sont la démocratie, la liberté, la justice et les droits de l’homme. Il a commencé à lutter et militer pour ces valeurs-là dès l’âge de 16 ans dans les rangs du PPA. Et depuis 1962, il s’est montré un adversaire implacable et sans concessions contre la dictature. En 1995, lors de la réunion de Sant Egidio, un membre de cette communauté a déclaré aux journalistes que Aït Ahmed a montré aux islamistes comment faire de la politique. Et je ne pense pas qu’il a exagéré en disant cela. Aït Ahmed est un adversaire acharné des leurres, des impostures et des intégrismes de tous bord, qu’ils soient de droite, de gauche ou religieux. Depuis qu’il est entré en politique, une seule chose l’a guidé : un devoir de vérité, de lucidité et de pédagogie. Oui, Aït Ahmed est un adversaire politique des islamistes, et de ce fait il a le devoir de les combattre sur le terrain politique. En 1990, au tout début du pluralisme, il a déclaré qu' »il ne faut pas concéder aux forces obscurantistes le monopole de l’opposition, et encore moins la moralisation de la vie publique ». En 2007, dans la nouvelle préface à la nouvelle édition de « L’affaire Mécili », il écrit, je le cite : « D’innombrables raisons peuvent être invoquées pour expliquer cette faillite. De même, bien des choses ont été dites sur le FIS, cette nébuleuse qui présentait une double caractéristique : avoir un véritable écho dans la société et vouloir s’emparer des leviers du pouvoir, tout en étant, dans le même temps, la formation la plus infiltrée par les services secrets. Je reste convaincu quant à moi que deux données majeures sont à l’origine du désastre des années 1990 : d’une part, la confiscation du droit à l’autodétermination du peuple algérien et la mainmise de la police politique sur les affaires du pays ; d’autre part, la manipulation du mouvement islamiste – qui précéda celle des groupes armés se revendiquant de l’islamisme – pour stopper l’élan de liberté et le changement qui se dessinaient dans la société ». Fin de citation. Il faut lire et écouter Aït Ahmed, c’est une institution à lui tout seul; c’est une école de la démocratie.




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  • Saadi Yacine
    9 septembre 2010 at 16 h 06 min - Reply

    @ Hocine.dz
    Franchement je trouve votre commentaire plus que douteux! Prendre la défense de votre chef est louable mais lancer des anathèmes contre l’auteur de l’article en l’accusant d’appartenir au FIS ou un autre mouvement islamiste pour mieux éluder les questions posés, pour votre gouverne monsieur Larioui que je connais bien est un démocrate patriote qui aime son pays et son peuple, il assume pleinement son héritage culturel, Amazigh, arabe et il n’a aucun complexe par rapport à sa religion, je connais sa tolérance et l’ouverture de son esprit mais surtout je respecte sa lucidité et sa clairvoyance! Sachez que son article ne vise pas Ait Ahmed particulièrement mais une critique de l’élite en général




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  • Hocine.dz
    9 septembre 2010 at 16 h 22 min - Reply

    Extraits d’interviews de Hocine Aït Ahmed

    1. Interview de Hocine AIT AHMED publiée par le quotidien El Watan les 21 & 22 Mars 1999 (Extrait)

    Le contrat national est-il toujours d’actualité ?

    Les principes de Rome sont toujours valables. Ils sont éternels. Le rejet de la violence pour arriver au pouvoir ou s’y maintenir, le respect de la personne humaine, le droit à l’alternance…

    Et la réhabilitation du FIS ?

    Le problème n’est pas la réhabilitation du FIS. A l’époque (1995) on voulait l’amener à s’associer à une dynamique de paix. On ne peut pas faire des procès d’intention, surtout qu’on a appris que l’AIS a proclamé unilatéralement la trêve. Sauf que cette tentative a échoué puisque le problème reste irrésolu. Il faut ouvrir le champ politique, lever l’état d’urgence, permettre aux gens de s’exprimer librement. Il faut essayer de décanter la mouvance islamiste de sorte à impliquer ceux qui sont contre la violence et qui appellent à la paix et à réduire ceux qui s’y refusent.
    Dans un pays qui a connu les plus grands malheurs et les plus grandes horreurs, les mots paix et réconciliation deviennent tabous. La paix est devenue subversive parce qu’elle dérange des intérêts et ouvre la voie à la démocratie. Sans paix il ne saurait y avoir de démocratie. Quelque part, la violence est gérée par des secteurs apparemment prépondérants qui veulent assurer la pérennité de ce système. Par le refus de la transition démocratique.
    On se rappelle les slogans « Non à la République islamique, non à l’Etat policier ». Vous avez affirmé que l’élection était truquée. Pourquoi ?
    Il y a eu une rencontre entre les deux tours. J’ai souligné au général Nezzar que si le FIS l’a emporté, la faute incombait au régime, pour de nombreuses raisons. J’ai dit qu’il allait y avoir un second tour et un troisième tour. Combien avaient-ils de recours devant le Conseil constitutionnel ? Ce même Conseil s’est empressé d’annoncer les résultats de l’élection. Je ne savais pas que les choses allaient évoluer comme cela. Je pensais qu’on allait vers le deuxième tour puis vers le troisième. De toutes les manières le FIS allait avoir une majorité relative. C’était gérable politiquement. Le président de la République avait des pouvoirs de dissoudre l’assemblée si des dérives venaient à se manifester comme promulguer une loi attentatoire aux principes de la Constitution, par exemple. Nezzar m’a fait croire que le coup d’Etat était dans l’air. Ils avaient tout ficelé. Je lui ai dit laissez-nous organiser une manifestation parce que vous avez arrêté celle du 6 juin (1991). Les gens oublient parce qu’il y a eu une telle rapidité dans l’Histoire. Six mois auparavant, le FIS, qui avait déclaré la grève, a demandé l’interruption du processus électoral. Nous pensions que cette grève générale était un prétexte. Ces élections (prévues le 27 juin 1991) n’allaient pas donner une victoire écrasante au FIS. C’est pour cela que ses dirigeants ont demandé d’arrêter le processus des législatives et ont demandé à la place une présidentielle anticipée.
    Après, Ghozali a mis en place un découpage électoral défavorable au FFS. J’ai dit au général que nous devions organiser la marche le 6 juin alors que la veille l’Armée avait occupé Alger, avec l’état de siège et le renvoi de Hamrouche. J’ai dit, cette fois-ci, s’il vous plaît laissez-nous faire. A l’époque, je savais que des gens voulaient peut-être manipuler notre manifestation de janvier 1992. Incapables de mobiliser Alger, ils voulaient nous laisser faire et puis manipuler les images. Lors de la rencontre FFS-FLN-FIS, tenue à ma demande le premier jeudi qui a suivi le coup d’Etat, j’avais dit que le coup d’Etat était un malheur mais ne réagissez pas comme vous l’avez fait en juin, vous avez appelé à une grève, et c’était le prétexte pour l’Armée d’intervenir. Un membre du FIS m’a demandé si notre manifestation était contre le pouvoir ou contre l’opposition. Je lui ai répondu qu’il fallait lire les mots d’ordre. Il m’a demandé que voulait dire l’intégrisme. Je lui ai répondu que l’intégrisme était le modèle iranien, l’oppression politique, le totalitarisme, la torture. A l’étranger, on dit que les Algériens étaient contre les islamistes alors que nous ne voulions pas faire le jeu du pouvoir. Si véritablement le pouvoir voulait s’opposer à une idéologie, ce n’était pas de cette manière. La manifestation indiquait que la société n’était pas soumise.
    Il y a eu sept millions d’abstentions. Pourquoi ? La transition démocratique était parasitée par trop de manipulations. On a créé combien de partis ? Il existait aussi de faux journalistes dans le champ médiatique. Tout ceci a fait que les gens disaient que voter ou ne pas voter, ceci n’allait rien changer. Il y a eu un sursaut extraordinaire et c’est nous qui avons saisi cette occasion. J’ai rencontré Hamrouche en juin et je lui ai dit que ces troubles étaient destinés à arrêter le processus électoral. Prenons donc des initiatives, maintenez le FIS dans une ou deux places. On allait s’organiser.

    Ne croyez-vous pas que le FIS a été lui-même manipulé ?

    C’est très possible. De toutes les manières, il y avait prétexte à l’Armée pour intervenir alors que les choses se déroulaient pacifiquement.
    Est-ce que le pouvoir a préparé l’arrêt du processus électoral de décembre en refusant la proportionnelle par wilaya qui était une de vos revendications ?
    M. Ghozali a refait le découpage électoral partout pour défavoriser le FFS. En juin 1991, si les élections avaient eu lieu, il y aurait eu un gouvernement de coalition FFS-FLN réformateurs. On en parlait dans les chancelleries. L’alternative ghozalienne était de diminuer l’importance du FFS pour ne pas avoir à gérer le pays avec lui. Ils étaient tellement sûrs de passer qu’il fallait ouvrir la voie au FIS, lequel devait développer l’effet repoussoir. Lors du premier découpage, El Biar était une circonscription FFS, on lui a ajouté, en décembre Dely-Ibrahim et Ben Aknoun. Aïn Benian était une circonscription FFS, on a ajouté Ouled Fayet et Chéraga. A Oran, on nous a enlevé deux circonscriptions. Cette élection a été préfabriquée dans le but d’aider au triomphe du FIS et de se donner la légitimité politique d’intervenir.

    Et ceux qui avaient appelé à arrêter le processus électoral à travers le CNSA…

    Ceux-là ont fait partie du complot. On leur a demandé de prendre des initiatives politiques d’abord. Je vous dirai qu’il y a eu des appels à la violence pour arrêter le processus électoral. A travers notre marche, nous voulions le deuxième tour. Certains ont voulu créer l’arrêt du processus. Nous avons dit qu’il fallait continuer et ne pas les suivre.

    Vous aviez dit que si le FIS avait une majorité relative, la situation aurait été gérable. Pouvez-vous nous l’expliquer ?

    Le pouvoir a tout ficelé parce qu’il aurait pu laisser le Conseil constitutionnel faire son travail et étudier les dossiers de recours. On voulait faire croire à l’opinion internationale que le pouvoir a mis fin au totalitarisme islamiste. C’était une vraie manipulation politique. J’ai dit que c’était gérable. Vous savez, en Turquie, par exemple, le parti islamiste est arrivé au pouvoir pendant une certaine période et l’armée est intervenue après. Je ne veux pas dire que je soutiens l’armée turque dans sa tentative. Quand il y a une armée laïque, ce n’est pas le cas chez nous, avec un background historique de l’Etat, on fait attention. Que la majorité soit relative ou pas, l’alternative était la violence.
    Pouvait-on admettre cela, dans un pays piégé par la frustration et par le désir de vengeance ?

    Peut-être que la situation était voulue pour faire démettre Chadli

    Chadli est un problème accessoire par rapport à la volonté de faire basculer l’Algérie dans la violence.

    Vous êtes un chef historique qui a beaucoup de choses à dire sur la Révolution. Que pensez-vous de la résurgence de certains réflexes comme celui du wilayisme ?

    C’est une réalité ce retour au wilayisme, au régionalisme, au tribalisme, au copinage et au népotisme. On a refusé de donner la chahada (l’attestation) au peuple algérien pour avoir été le vrai artisan de la libération. On a refusé cette chahada collective. On a confisqué sa souveraineté. Tout découle de là. Et à partir de là pas de politique. La politique est assurée par les notables du régime. On a fait du mauvais travail en enlevant de la mémoire des gens les vrais repères. Et on a exploité l’appartenance à la lutte de Libération pour des intérêts personnels. C’est miraculeux que la jeunesse algérienne soit toujours fière de sa révolution. J’ai eu l’occasion de proposer aux anciens moudjahidine d’ouvrir les dossiers de l’Histoire, d’essayer de discuter et de connaître nos forces et nos faiblesses. Notre devoir est de raviver cette mémoire et de dire que ce sont les Algériens qui ont libéré le pays. Avec le quadrillage qui existait avec un demi-million de soldats, au temps du colonialisme, les dirigeants ne pouvaient pas faire marcher les choses de l’extérieur. Même prise au piège, la population a pris des initiatives à plusieurs niveaux. On n’a pas encore fait la sociologie de la Révolution algérienne.
    Je me sens honteux d’être considéré comme historique. Historique de quoi ? J’ai fait de la diplomatie. Je n’ai rien dirigé. Je n’ai pas donné des consignes. Lorsque l’armée française a déclaré zones ouvertes de nombreuses régions du pays, c’est la population qui a trouvé l’astuce pour soutenir le maquis. Les gens sont sortis travailler. Il n’y a jamais eu de consignes. Peut-être terrorisée, la population qui a vu qu’il y avait un début de division au sein de l’Armée est sortie dans la rue. Les manifestations de Belcourt, par exemple, n’ont jamais fait l’objet d’une instruction.
    Tous les Algériens ont apporté leur contribution, l’un prend le fusil, l’autre le renseigne. C’est déjà injuste de donner des médailles aux uns et d’oublier les autres. C’est déjà injuste de priver des gens qui ont mérité leur citoyenneté pendant la guerre.

    Vous avez été l’une des victimes de Boumediène. Ces derniers temps, on remarque le retour du discours boumediéniste. Cela est dû à quoi ?

    Cela n’augure rien de bon. On revient à la notion de l’Etat fort. C’est l’Etat de Mussolini. C’est l’Etat de tous les dictateurs. Un Etat fort de toutes les faiblesses de la société qu’il a entretenues et développées. Il a enlevé le vaccin aux Algériens qui leur permettait de s’immuniser contre toute espèce d’idéologie totalitaire. On va donc encore avoir droit au contrôle redoutable du citoyen. Ce qui a marqué le boumediénisme, c’est la coercition et la propagande. Si les Algériens ne font pas attention, ils vont voir arriver un autre dictateur.

    Les autorités ont souvent été critiques à l’égard des ONG comme Amnesty International et la FIDH du fait qu’elles considèrent les groupes armés comme des groupes d’opposition

    Le prestige et la crédibilité de ces organisations sont reconnus à l’échelle mondiale. C’est maladroit de s’attaquer à ces organisations qui sont représentées par des milliers de gens dévoués au service des victimes des violences aussi bien du côté des opposants armés que des Etats.
    Tôt ou tard, on découvrira le rôle bienfaiteur de ces organisations. Celles-ci sont nées après la défaite du nazisme et du fascisme. Les relations internationales ont cessé d’être le monopole de l’Etat. C’est le Pan-Etatisme. Hitler voulait faire une Europe Pan-étatique. Le retour des droits de l’homme signifie le droit à chacun de participer à la vie internationale. On peut être victime d’un Etat. Les islamistes découvrent les droits de l’homme parce que cela les arrange.

    L’extrémisme religieux aspire — des hommes politiques le disent — à absorber les convictions démocratiques de la société. Qu’en pensez-vous ?

    Nous allons prouver sur le terrain qu’on ne peut pas accepter un pouvoir totalitaire quel qu’il soit. On semble s’aveugler sur les réalités d’aujourd’hui et s’arrêter uniquement sur les hypothèses. Pour nous, il faut enraciner la politique de la tolérance et l’éthique. Il existe un créneau islamiste, non majoritaire dans le pays j’en suis persuadé, qui a le droit de s’exprimer. Pour nous, il faut créer des règles de jeu à propos, notamment, de l’alternance, de garanties du droit à la minorité.
    Je ne parle pas de la démocratie en termes de choix du peuple. Ce terme me rappelle les critiques des politologues à l’égard des doctrines de Rousseau, celle relative à la loi de la majorité. Quelles sont les garanties à donner à la minorité ? C’est cela le problème. Il faut faire évoluer la société.

    La question de l’amnistie revient souvent ces derniers temps

    C’est une question qui mérite un approfondissement.
    Quelle amnistie ? Est-ce celle reconnue au président de la République ou celle que doit décréter le Parlement ? Dans quelles conditions ? Tout cela doit faire l’objet d’études sérieuses. Il faut trouver les moyens de cicatriser les blessures. Notre devoir est de ne pas léguer des querelles de cent ans à nos petits-enfants.

    2. Entretien réalisé par Saad Ziane, Libre Algérie n° 40, 13 au 28 mars 2000 (Extrait).

    Ne pensez-vous pas que l’alternative manque de visibilité ?

    On ne peut pas dire que le Contrat National, signé à Rome, n’était pas visible puisqu’il est apparu comme une alternative sérieuse non seulement au plan national mais aussi au niveau international. Les réactions et les attaques grossières du régime s’expliquent justement par sa visibilité et son énorme impact. Le changement était à portée de main pour peu que les tenants du système aient accepté l’offre de paix.
    Le Contrat National était en lui-même un événement historique. Pour la première fois, dans l’Algérie indépendante, les partis d’opposition et des personnalités de tendances et idéologies différentes ont dialogué et ont fini par se mettre d’accord sur une solution pacifique, politique et démocratique de la crise. Nous avons commencé enfin à faire de la politique rappelant ainsi le pluralisme politique qui a existé dans la société durant la décennie 1944-1954. Nous ne nous sommes pas contentés de faire une déclaration platonique, nous avons proposé tout un processus concrèt pour ramener la paix et mettre en place, à plusieurs, les institutions pour préparer le retour à la transition démocratique. Nous avons tenu à faire un travail de balisage en précisant les principes qui constituent les piliers d’un système démocratique. Nous avons consacré le rejet de la violence pour se maintenir ou accéder au pouvoir, le respect des droits de l’homme et de la personne humaine, le respect des libertés individuelles et collectives sans distinction de sexe et de confession, le droit à l’alternance.
    Nous avons vraiment fait de la politique et cela reste dans la tête et le coeur des gens. Loin d’aller en guerre , c’est la paix que nous avons déclaré au régime avec l’espoir que l’intelligence et le réalisme l’emporteraient sur les vieux schémas de domination de la société.
    Un jour ou l’autre, il faudra bien s’asseoir à une table et parler avec le pouvoir. Le plus vite sera le mieux.

    Cette difformité de l’Etat dure encore ?

    Oui, cette anomalie constitute le socle du régime, C’est un Etat hanté et squatté par des gens d’armes qui violentent la société en se plaçant au-dessus d’elle. Aussi longtemps que la nature du régime n’a pas changé et que l’Etat n’est pas remis à l’endroit, on restera dans la logique meurtrière qui est imposée à la nation depuis 1992. Il ne peut y avoir une alternative que de la société. Avec le pouvoir bien sûr, mais à condition que la société puisse s’exprimer librement. Or, c’est précisément pour empêcher l’émergence d’une alternative que le pouvoir consacre beaucoup de ressources humaines et financières à domestiquer les partis. Sa réaction grossière et hystérique après la signature du Contrat National s’explique par le fait que le monde et les partenaires de l’Algérie découvraient l’existence d’une alternative. Jusque-là, ils prétendaient qu’il n’y avait de choix qu’entre les islamistes et l’armée. Or, ils découvraient, alors que la politique d’éradication était un échec, une alternative sérieuse qui ne se contentait pas d’énoncer des principes mais qui a arrêté un processus pratique de retour à la paix et à la démocratie.

    Abdelkader Hachani dans son ultime interview à Libre-Algérie disait que le pouvoir n’aime traiter qu’avec les extrémismes pour les instrumenter mais qu’il combattait avec acharnememt ceux qui sont modérés et développent une approche sérieuse pour le pays.

    Je la partage entièrement et encore une fois je regrette le sort qu’il a subi. L’Algérie a perdu un homme de valeur, de conviction, un homme modéré. Je l’ai rencontré avant l’arrêt du processus électoral et découvert qu’il était le fils Si Brahim, un grand patriote avec lequel j’ai milité au PPA. Il doit sans doute ses qualités au fait d’avoir baigné dans cette grande école du nationalisme politique.

    Parlons de stratégie d’avenir car le troisième millénaire est quand même un tournant notamment avec le processus de mondialisation ?

    La mondialisation, au sens positif et humaniste, pose un impératif d’ouverture au niveau national et international. Seuls les pays démocratiques sont outillés pour négocier ce tournant.
    Dans les années 70, l’idée d’un nouvel ordre économique mondial était la tarte à la crème des technocrates algériens. L’idée était bonne mais comment auraient-ils pu être pris au sérieux quand l’ordre interne est totalitaire. Il faut toujours commencer par balayer devant sa porte…
    La mondialisation est déjà là, elle s’impose à tous et nous envahit de toutes parts. Elle comporte d’indéniables aspects positifs pour ceux qui savent s’y insérer de manière planifiée et au mieux des intérêts de leur peuple. L’Europe est partie prenante de la mondialisation car, au préalable, elle a réussi une unification fondée sur un socle démocratique partagé. C’est ce qui fait sa force et lui permet de sauvegarder son identité et ses capacités compétitives dans tous les domaines. En revanche, l’intégration séparée des pays maghrébins hypothéque leurs intêrêts et leurs souverainetés. On ne saurait évaluer les conséquences facheuses de l’échec de la construction maghrébine. Les options bureaucratiques et les conceptions étriquées du nationalisme ont stérilisé les nombreuses tentatives d’intégration régionale au Maghreb. Pire elles ont créé un état de tension permanent incompatible avec la coopération et le développemeent. Il est déjà tard, mais il est encore temps de relancer la construction maghrébine en changeant de démarche et en édifiant un socle démocratique qui est seul capable de mobiliser les ressources et les énergies pour un développement durable. Le Maghreb aurait ainsi des atouts et le pouvoir de négocier au mieux de l’intérêt de ses enfants son insertion dans ce monde nouveau qui s’installe.
    J’ajoute que d’une manière générale les pays développés ont une grande responsabilité dans l’aggravation des situations politiques, économiques et sociales des pays du Sud. Leur démarche strictement financière et technocratique favorise en fait la mise en place d’une véritable internationale des dictatures. Ils semblent faire jouer à ces dictatures le rôle de containment des flux migratoires et de gardiens de la stabilité des sources d’approvisionnement en matières premières. On est loin des professions de foi emphatiques sur les droits de l’homme et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Nul doute que cette politique du double langage et du double standard fait le lit de toutes les formes d’extrémisme.

    Par extrémisme, vous pensez à l’islamisme?

    Entre autres.L’islamisme, par l’ampleur de l’aire géo-démographique où il se manifeste, est l’un des principaux défis des temps présents. Mais il est indissociable des réalités politiques marquées par l’autoritarisme, la corruption et la marginalisation. Ce phénoméne est loin d’être monolithique ; c’est une nébuleuse totalitaire dans la majorité de ses tendances et, c’est vrai, même certains modérés d’entre eux ont une vision purement tactique de la démocratie. Faut-il gérer ce phénoméne par la violence? Je pense que c’est une erreur. Une gestion politique est possible. Il faut s’attaquer aux causes et non pas seulement aux effets. Ces mouvements sont très souvent une réaction aux tentatives de modernisation autoritaire de la société qui ont mis sur la touche des pans entiers des populations. Le paradoxe est que les dictatures qui ont favorisé leur émergence s’en servent souvent pour justifier leur perennité.Un seul remède, le véritable : la démocratie et le respect des droits de la personne humaine. Il est clair que l’exclusion et la repression, instruments des dictatures ne sont pas des parades, au contraire, elles sont les meilleurs agents recruteurs du terrorisme et des mouvements violents.
    Plus vite les Algériens exerceront leurs droits et plus l’Etat en sera renforcé et armé contre les dérives extrémistes. Cela est possible pour peu que les sociétés disposent de leurs droits politiques et de véritables espaces d’expression et de représentation. L’exemple de l’Iran est révélateur. J’ai des réserves de fond à l’égard du système en place, mais je constate que l’existence d’un scrutin crédible et d’une presse libre ont permis à la société iranienne de s’en saisir pour favoriser une évolution contre  » tout Mollah  » au profit des réformateurs et des mouvements de gauche. Force est de constater qu’on sort de tout, sauf du système algérien dont la véritable spécificité est de priver, par la violence et la fraude, la société algérienne des instruments du changement pacifique. Il n’y a pas de voie de réforme royale, elle est toujours particulière. Mais au-delà des particularités historiques et culturelles, la réforme ne peut se faire, pacifiquement, quand les conditions de l’exercice effectif des libertés démocratiques ne sont pas réunies.

    3. L’entretien avec Hocine Ait Ahmed
    Propos recueillis par Hamid Barrada – 1985 (Extrait).

    Et Khomeiny ?

    Autant je respecte et admire sa longue et exemplaire résistance à la tyrannie du Chah, autant je réprouve et condamne son système de gouvernement. Je n’accepte nulle part que les droits de l’homme soient bafoués. Qu’il s’agisse ici d’une révolution ne constitue pas des circonstances atténuantes à de tels crimes. Si les Iraniens se sont révoltés contre une dictature, c’était pour avoir le droit de goûter aux bienfaits de la démocratie.
    Mon rejet catégorique de Khomeiny et du Khomeynisme procède en outre de mon opposition résolue à toute exploitation de la religion par les pouvoirs politiques. Au cours d’une conférence que j’ai donnée récemment dans une université parisienne et qui portait sur le thème « Engagement politique et islam », on m’a posé cette question : « êtes-vous laïc ? » Je n’ai pas esquivé. Bien que la laïcité soit une notion impropre à l’islam, puisque celui-ci ignore, en principe, l’existence d’un clergé, je préconise la séparation du spirituel du temporel, ne serait-ce qu’à titre préventif, je peux dire pour empêcher l’émergence toujours menaçante d’un clergé à l’abri du pouvoir politique. La laïcité ne constitue pas pour nous un faux débat. Il suffit pour s’en rendre compte de voir ce qui se passe en Iran, en égypte, au Soudan, au Pakistan, sans parler de l’Algérie. L’islam enseigne, et c’est sa grandeur, que la foi est une question de conscience personnelle, une affaire qui récuse les intermédiaires précisément parce qu’ils deviennent vite des imposteurs et des charlatans. « Point de contrainte en religion », dit le Coran. Dès lors que s’en mêle un appareil, fut-il animé des meilleures intentions, on peut être certain qu’il fera le lit, délibérément ou non, d’un système policier.

    Comment réagissez-vous à la montée de l’intégrisme dans le monde ?

    Je m’en inquiète et je tente d’en déceler les raisons. La première cause me paraît être d’ordre économique. On s’est lancé au nom de l’efficacité, mettent l’accent sur l’économisme sans âme et négligeant les besoins fondamentaux de l’homme. Il s’agit littéralement d’économies inhumaines, puisqu’elles ont pour finalité, quand elles réussissent de transformer les hommes de chair et de sang en appareils de production, en robots. Les valeurs traditionnelles de solidarité et de dignité se trouvent détruites sans qu’aucune référence morale ne vienne les remplacer. La loi économique s’assimile à la loi de la jungle.
    Les frustrations, les traumatismes, les aliénations qui en résultent sont visibles à l’œil nu : dans les bidonvilles où dans les cités sinistres sont presque multitudes anonymes arrachées à leurs terres où elles gardaient, malgré la pauvreté, visage humain. L’Iran (sous le Chah, mais autant que je sache rien n’a changé à cet égard), le Nigeria, l’Indonésie et dans une moindre mesure, l’Algérie fournissent des modèles du genre. Ce n’est pas un hasard si ces pays, par ailleurs si divers, ont en commun le pétrole qui se révèle être, au fil des années, une prime à la paresse et une malédiction du ciel. Si de plus ces politiques échouent sur leur propre terrain, le développement économique, on assiste à une exacerbation des frustrations. Et c’est alors que l’intégrisme pousse comme une mauvaise herbe.
    Une autre cause à trait à l’organisation de la cité, à la politique. La monopolisation, la confiscation par le pouvoir de la chose publique, avec la suppression des libertés individuelles et collectives le contrôle pointilleux de toutes les manifestations de la vie sociale qui en résultent immanquablement, font que l’expression se réfugie dans la religion. On va à la mosquée, comme on ouvre une fenêtre pour ne pas étouffer. La mosquée tient lieu de parlement, de salle de réunion, de maison de culture…C’est le lieu géométrique de toutes les frustrations chauffées à blanc et des énergies inexprimées.
    Il y a encore autre chose qu’à ma connaissance on n’a jamais noté : si les gens ont tendance aujourd’hui à exalter la religion et l’intégrisme, redécouvrant l’islam, c’est simplement qu’ils ont le sentiment de vivre dans la Jahiliya, l’époque anti-islamique c’est à dire littéralement dans un monde sans foi ni loi. Pour ne prendre qu’un seul exemple : qu’est-ce que le culte de la personnalité, sinon la résurrection des idoles (asnam) que les Prophète avait détruites ? Dès lors, il n’est pas étonnant que tous ceux qui s’insurgent contre ce désordre établi, cette Fitna, croient trouver le salut dans les institutions des premiers temps de l’Islam. Pour sortir des ténèbres de la Jahiliya, ils s’accrochent désespérément aux faibles lueurs de la Charia

    Décidément, l’intégrisme fait des ravages en Algérie : après la conversion de Ben Bella, voici celle de Hocine Ait-Ahmed !

    Je n’ai pas besoin de me convertir comme Don Quichotte cognant sa tête contre les hautes murailles de l’église ! Je suis musulman, mais je n’ai rien à faire avec l’intégrisme. L’islam est une affaire trop sérieuse pour la confier aux islamistes !
    L’islam n’appartient pas aux intégristes, et tenter de comprendre un phénomène qui domine nos sociétés, qui s’empare des cœurs de nos frères et sœurs n’est pas le justifier et encore moins y adhérer. Pour tout dire, je pense que les intégristes posent de vrais problèmes ou plus exactement les illustrent, mais qu’ils sont incapables d’y apporter la moindre solution qui soit conforme au siècle où nous sommes. Il est hautement significatif que l’islam iranien manifestait une efficacité redoutable dans l’opposition et fait preuve, une fois au pouvoir, d’une efficacité tout aussi redoutable.

    Paris vaut bien une messe…

    écoutez-moi. Et je ne crois pas cultiver un complexe d’échec. « Gagner » ne m’intéresse pas en soi ! Ce qui m’intéresse, c’est que les quelques idées de liberté, d’indépendance, de démocratie pour lesquelles je lutte depuis quarante ans, passent un tant soit peu dans les faits, c’est à dire que l’Algérie offre à ses enfants une société où il fait bon vivre.

    Le débat avec l’intégrisme ne porte-il pas, en dernière analyse, sur le statut, ou plutôt le sort des femmes ?

    Qui dit femme, dit famille, dit société, et la femme, partout et toujours, constitue en quelque sorte la clé de voûte de toute vie en société. L’intégrisme, qui propose d’organiser, de régenter la vie des individus sous tous ces aspects, et qu’est de fait une idéologie totalitaire, tombe inévitablement sur les femmes. Le débat se corse d’autant plus que pour les mentalités archaïques, la femme représente la tentation par excellence, l’incarnation du diable. L’homme si faible s’il en est, risque à tout moment d’y succomber. Il convient donc de multiplier les mesures pour assurer sa protection lointaine ou rapprochée. Cela va de la mutilation au tchador en passant par la lapidation. Je suis désolé, mais la théologie n’a rien à voir avec de telles préoccupations pitoyables. Nous sommes en pleine psychanalyse !

    Les intégristes sont des névrosés et des psychopathes…

    Freud nous enseigne que nous sommes tous névrosés, mais certains sont assurément plus névrosés que d’autres ! Sérieusement, je m’interroge sur la santé mentale de ceux qui, dés qu’ils voient une femme brandissent le fouet ! Il ne faut pas confondre le marquis de Sade et le Prophète Mohammed ! La cruauté est répréhensible au regard de la morale la plus élémentaire, à fortiori au regards d’une religion céleste.

    L’album de dessin de Kaci, Bas les voiles !, il a été interdit à la diffusion en Algérie…

    Sous un régime policier, tout est subversif même l’humour. Il faut dire que ces dessins, qui portent davantage que les meilleurs discours, tombent à point nommé. Le code de la famille qui, depuis deux ans avait suscité une vive controverse a été finalement adopté pour consacrer l’inégalité entre l’homme et le la femme. L’arsenal dont dispose le mâle reste intact : répudiation, suprématie, maritale, polygamie…En 1962 je m’étais déjà levé contre la polygamie devant l’Assemblée constituante. Quelle ne soit pas encore abrogée aujourd’hui en dit long sur l’évolution des mœurs en Algérie ! Il est quand même réconfortant de constater que les Algériennes ne se laissent pas faire. Elles ont réussi, dans un premier temps, à bloquer le vote de la loi et elles ne laissent pas le bras maintenant qu’elle est adoptée. Le code de la famille a donné lieu à un bouillonnement qui n’est pas prêt à s’apaiser. Pour qui connaît l’Algérie des profondeurs, il ne serait pas étonnant que le redressement, l’espérance, le salut viennent des femmes. En tout cas, il est remarquable que la combativité des femmes jure avec la passivité des hommes, comme pendant certains épisodes de la guerre de libération…

    Revenons, si vous le voulez bien, à la question linguistique : quelle est votre position sur l’arabisation ? Etes-vous pour ou contre ?

    Il convient d’abord de se mettre d’accord sur le sens des mots. Cette précaution s’impose d’autant plus que la confusion dans les termes, ici plus ailleurs, reflète la confusion dans les esprits. Nous devons redoubler de vigilance dans la mesure où les grandes questions qui concernent la culture et la civilisation suscitent passions et mythes et partant rendent aisée le tâche des charlatans et des démagogues.
    Si donc arabisation signifie que l’arabe est la langue officielle, enseignée à l’école et utilisée dans l’administration, je suis pour. A vrai dire je n’ai pas à être pour ou contre. Cela va de soi : l’arabe est notre langue nationale comme l’Algérie est notre patrie. Mais si arabisation veut dire adhésion au panaralisme de papa – version nasserienne ou version baâtiste avec ses deux variantes syrienne et irakienne- ou au panaralisme de fiston, c’est à dire de Kaddafi, non, vraiment merci ! On glisse subrepticement d’une question de culture et d’enseignement dans la solution ne fait pas problème, à une question politique et idéologique qui charrie des formes de pouvoir, lesquelles sont hautement contestables.
    A cause de ce glissement inavouable, la question de l’école est bâclée en Algérie. On arabise pour arabiser, sans se soucier des lancinants problèmes pédagogiques, sans se préoccuper des risques très réels de régression culturelle. Ce faisant, on ne rend pas service à l’arabe, langue et culture, qui, se trouve assimilée à l’absence d’esprit critique, à l’archaïsme et, pour tout dire, à l’obscurantisme. Ayant négligé de former des maîtres pour assurer à l’école un niveau honorable et pour l’arrimer solidement à l’activité productrice, on fabrique à tour de bras de futurs chômeurs et des intégristes en puissance. Je soutiens que l’arabisation mal connue et mal exécutée – du « travail arabe », c’est le cas de la dire !- constitue l’une des causes de la montée de l’intégrisme en Algérie et, par voie de conséquence, l’un des facteurs de déstabilisation et de déséquilibre de la société et de l’homme algériens.
    Ayant, sans réflexion ni planification, développé une armée de diplômés sans compétence précise, on n’a rien trouvé de mieux pour conjurer les périls qu’elle représente que de la diriger vers l’administration, dont les effectifs s’accroissent au rythme de son incapacité. Il fait, avoir le courage de dire ici qu’il existe un danger propre à la langue arabe, qui fait d’elle, si l’on n’y prend garde, un instrument de mystification. Parce que notre langue a été coupée, des siècles durant, disons depuis l’âge d’or de la civilisation arabe, depuis le temps des Avicenne, Averroés et Maimonide, du développement des sciences, des techniques et de la pensée rationnelle, elle s’est réfugiée dans la scolastique et les belles lettres. Le résultat est que, si on impose l’arabe tel qu’il est, sans s’assurer au préalable qu’il sera en harmonie avec les préoccupations de notre temps, on va tout droit à la régression et à l’obscurantisme.
    Un imbécile qui déploie son imbécillité en français ou en anglais reste ce qu’il est : un imbécile. En arabe, il est transfiguré : il devient un beau parleur qu’on écoute, sinon un futur ministre ! Ce n’est pas seulement une boutade : vous savez comme moi que, sous Boumedienne comme sous Chadli, des personnages dont l’incompétence est motivement universelle ont fait carrière dans les sommets de l’état parce qu’ils pouvaient, dans un pays déculturé et traumatisé, étaler leurs connaissances, au demeurant rudimentaire, de l’arabe et épater les gogos.
    En outre, l’arabisation telle qu’elle est appliquée aujourd’hui se veut antinomique de tout épanouissement de la culture berbère. La langue nationale devrait, selon ses champions plus précieux d’ordre de culture, marcher sur la cadavre berbère. L’arabisation censée nous restituer notre personnalité et assurer notre développement harmonieux s’avère un moyen supplémentaire d’appauvrissement et d’oppression. On tente de nous enfermer dans un faux dilemme : les Kabyles, Mozabies et autres Chaouiyas sont sommés de renoncer à la langue et à leur culture de leur ancêtres sous peine de se marginaliser. Je regrette, mais nous pouvons parfaitement posséder la langue arabe, vivre de plein-pied avec notre époque, sans nous couper de nos racines.

    Comment avez-vous appris l’arabe vous ?

    A l’école coranique, puis au lycée comme langue étrangère (!) au même titre que l’anglais. Par la suite, je me suis astreint à développer mes maigres connaissances par l’étude et la lecture. S’il m’arrivait de commettre des poèmes en berbères, je n’éprouvais aucune difficulté à parler avec Nasser ou Salah Bitat.

    Tout ce que vous dites est bien beau, mais ne pensez-vous que l’introduction de l’arabe en tant que langue nationale implique inévitablement un abandon du français comme des dialectes régionaux ? En adoptant vraiment pour l’arabe, on est condamné, au moins provisoirement et jusqu’à ce qu’il occupe sa place, tout sa place, à négliger les autres langues pour le moment dominantes ?

    L’arabe doit occuper sa place (de langue nationale), mais rien que sa place, et pas toute le place. Je prétends que le jacobinisme que sous-tend le raisonnement que vous prenez à votre compte n’est pas une fatalité. Je vous signale qu’au royaume du jacobinisme, la France, est en train de découvrir les vertus de la différence et de décentralisation. Tandis que la France entreprend enfin sa propre décolonisation, nous nous engageons nous sur la voie sans issue de l’état bonapartiste.
    La question linguistique n’est pas innocente. De proche en proche, on débouche, en la soulevant, sur les choix cruciaux de culture et de société. Il s’agit de savoir dans quel type de société on aura affaire, quel genre d’homme et de femme on veut former. Tout se tient : ceux qui imposent le parti unique imposent sur leur lancée, le chef unique, la langue unique et les marchandises (de mauvaise qualité !) uniques. La grisaille culturelle et l’uniformité linguistique rejoignent le conformisme politique et la standardisation sociale. Alors que l’indépendance devait, sans l’esprit de ceux qui ont lutté pour y parvenir, donner lieu à un « retour aux sources » c’est à dire à des retrouvailles des Algériens avec leur culture diverse et multiple, alors que nous devions prendre à pleines mains nos réalités, toutes nos réalités sans rejet ni exclusive, alors que nous devions défricher et déchiffrer, on assiste vingt ans après à une entreprise de nivellement, de réduction, de massification qui ne s’explique que par la volonté forcenée de tout contrôler.
    L’ennui, c’est qu’à vouloir tout contrôler on ne contrôle plus rien, et il ne faut pas être grand chose pour voir que les Algériens, comme les Polonais ou les Argentins, ne vont pas s’accommoder longtemps de cette culture au rabais de parti unique -et de prisunic…




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  • Mnervi
    12 septembre 2010 at 21 h 58 min - Reply

    Effectivement Mr. Larioui! Je me souviens bien de cet événement de mai 1998 à Zürich, j’en ai même gardé l’affiche :

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    Algerien – warum?

    Organisiert zusammen mit DIWAN, unterstützt durch Musikbüro Rote Fabrik, Pro Helvetia, Kino Morgental und evang.-ref. Landeskirche.

    [11.-24.5.98]
    ― Bilder Algeriens – Karikaturen und Fotos von F.Bourayou und K.Idir

    ― Algerische Küche im Ziegel au Lac an den Veranstaltungstagen

    [16.05.1998]
    ― « Der Islam ist die Lösung » – eine Einführung in Herkunft, Politik und Denkweisen islamistischer Bewegungen mit S.Kebir und A.Hottinger

    ― Raï-Konzert mit Faudel, anschl. Party mit DJ Sativa

    [17.05.1998]
    Algerien im Film (im Kino Morgental)

    ― 10.30 Uhr: « Le vent des Aurès » von M.Lakhdar-Hamina, Algerien 1966

    ― 12.30 Uhr: « Omar Gatlato » von M.Allouache, Algerien 1976

    ― 11-18.00 Uhr: Algerien – warum? Seminar mit S.Ghezali (Algier, Herausgeberin « La Nation », M.Tahri (Algier, Rechtsanwalt, Ligue Algerienne de défense des droits de l’homme), S.Kebir (Berlin, Autorin Buch « Algerien – zwischen Traum und Albtraum)

    ― 20.00 Uhr: Die Schweiz und Algerien. Debatte mit S.Auer (CH-Zentralstelle für Flüchtlingshilfe), S.Bähler (Asylrekurskom-mission), M.Bosonnet (Anwalt), B.Leuthardt (Journalist), H.P.Uster (Justiz- und Polizeidirektor Kt.Zug), VertreterIn des BFF, Leitung: D.Hitzig (Redaktor SF DRS)

    [24.05.1998]
    Algerien im Film (im Kino Morgental)

    ― 10.30 Uhr: « Bab El-Qued City » von M.Allouache, Algerien 1994

    ― 19.00 Uhr: Demokratie in Algerien? Podiumsgespräch mit L.Hanoune (Algier, Parlamentsmitglied), H.Aït Ahmed (Schweiz, exilierter Vorsitzender des « Front des forces Socialistes » FFS, A.Ouldadda (Brüssel, Auslandssprecher der verbotenen « Islamischen Heilsfront » FIS), Gesprächs-leitung: M.Woker (NZZ)
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  • Rachid
    14 septembre 2010 at 23 h 57 min - Reply

    On a affaire à un virus qui se reproduit dans le système. Il sera extremement difficile de l’extirper. Il sucera la fruit jusqu’à l’os. L’os du pétrole va encore durer cinquante ans … vivement 2060 !




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  • Hadj-Hammou
    17 septembre 2010 at 2 h 39 min - Reply

    Voici un article intéressant qui nous interpelle,qui nous renseigne même sur quelques unes de nos faiblesses en tant que peuple porté génétiquement sur le Zaimisme(quelque chose qur l’on porte dans le sang)
    En outre avec son intelligent jeu de mots ,il nous projette loin dans nos profondeurs.
    Dites-moi mr Addi,est-ce que la portée de cette analyse mérite-t-elle d’être décapitée pour en faire une tribune politicienne ?

    En tant qu’intellectuel,et appartenant à cette élite en déperdition car éloignée de son peuple,vous devriez y souscrire des deux mains des enseignements de cette excellente introspection(en nous mêmes) que l’auteur nous offre car lui soulève un bon nombre de questions tabous mais surtout propose de sérieuses pistes pour demain.
    Ait-Ahmed,avec le grand respect que lui dois pour son rôle pendant la guerre ne représente plus demain,ce serait négatif ,mr Addi,de poursuivre votre plaidoyer pour l’honneur d’un homme et que vous mettiez de côté l’essentiel de l’analyse qui porte sur nos faiblesses à tous.
    Quelque chose de visible et bien mise sur la table constitue sans l’ombre d’un doute un sérieux pas vers une guérison; Frantz Fanon,avait prédit cette « chose »,un peuple(et ses élites) malade d’une grave affection psychique !
    Salam




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  • Kadder
    18 septembre 2010 at 0 h 05 min - Reply

    mr Larioui, votre réflexion est trés interessante. A l’exception du passage sur un aspect privé de la vie de Ait Ahmed, le débat sur les élites est ouvert. Vous résumez trés bien le parcours de feu Bachir Boumaza (quoiqu’il manque son engagement actif pour la cause palestinienne). Je trouve que parmi les anciens, il fait partie de la catégorie qui malheureusement n’a pas pu, ou pas su, transmettre son expérience. Cette catégorie d’anciens honorables dont Mehri,feu Benkhedda, feu Bentobbal, ont un rapport complexe au pouvoir, à l’Etat et a l’exercice du pouvoir. A priori, tous ont été captifs du système, tout comme ceux qui leur ont succédé. Pour faire court, peut être faut-il travailler à une rupture avec ce système puisqu’il est hostile à tout changement.Soumission ou reddition, c’est tout ce que connait et n’admet ce système.




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  • Hadj-Hammou
    18 septembre 2010 at 0 h 53 min - Reply

    Selon l’acceptation générale,quand on évoque l’idée de l’intellectuel,on songe à quelqu’un se situant à l’avant d’un train,guidé par un noble idéal et cherchant inlassablement à faire parvenir son message.
    C’est vrai,une vision assez idyllique du rôle de l’intellectuel.
    Mais que doît-être son rôle dans un pays tel que le nôtre sortant d’une atroce et infame colonisation?
    On a souvent tendance,quand il s’agit de donner des explications aux travers du pays depuis l’indépendance,à incriminer les pouvoirs successifs et surtout les militaires,mais qui dénonce l’intellectuel ?
    Pour rappel d’histoire, la guerre de libération s’est faite sans lui.
    Depuis la période Boumediéniste,jusqu’à l’heure actuelle,certes on en a connu quelque uns ,ce furent souvent des contributions partisanes aucun apport intéressant l’ensemble du peuple !
    Comme si notre intellectuel à nous,ne cherche que sa tour en ayant surtout horreur d’être au contact de la populace !
    Le véritable rôle de l’intellectuel dans un pays(tel que le nôtre)dominé par taux d’analphabétisme et d’ignorance très élevés,n’est poin de s’enfermer dans sa tour en se coupant délibérément de la réalité de tous les jours,mais bien au contraire,de constituer un juste faisceau de lumière pour cette énorme population pataugeant encore dans les affres de l’ignorance.
    Il devrait,en premier lieu,s’interroger sur sa façon de communiquer et d’écrire,sur sa manière personnelle de transmettre sa lumière en la rendant très accessible à l’ensemble de la société.
    Il devrait,également,se mettre à la place du citoyen lambda qui n’a jamais fait d’études mais qui néanmoins parvient à lire où à déchiffrer des journaux sportifs,lui permettre ainsi de saisir le langage.
    Ainsi cette démocratisation de l’écrit ne pourra enfanter que lumières au Zaouali.
    Le jour où nos intellectuels se décideront vraiment à entreprendre ce rôle,au lieu de recourir à l’usage d’images venant de postures et de comportements issus de réalités étrangères,et bien ce jour-là,l’on verrait à coup sur,une écoute populaire et une adhésion au projet,car on aura permis la valorisation de ce citoyen lambda par rapport à ses propres spécifités,à sa propre manière de penser et de considérer les choses.
    Si le pays va mal,c’est aux intellectuels qu’il faille demander des comptes,qu’ont-ils fait ou produit pour ce peuple depuis 1962 ?




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  • abdelkader wahrani el-arabi
    2 octobre 2010 at 19 h 02 min - Reply

    wach men l´elite. la domination des odieux criminel colonialiste a ue largement le temps de former les cadres néo-colonialistes nécessaires securitaires. militaires. culturel mediatique ideologique et politique pour gerer et protéger le néo-colonialisme le colonialisme a aussi le temps de former dans ses écoles tout son arsenal de division et de destruction. de l´interieur. culturel et politique pour affaiblir notre systeme immunitaire et pour mieux gérer le néo-colonialisme. tous les generaux (daf) qui ont formé le noyau del´armée nationale populaire (ANP) etaient de veritables traitres ils etaient des volontaires mercenaires dans les armées d´occupation étrangéres ou ils ont servi non pas pour défendre leur pays eldjazair. merci




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  • Congrès du Changement Démocratique