Édition du
25 July 2017

Un système de santé assassin

El Watan 05 septembre 2010

Qu’y a-t-il de pire que d’entendre les gémissements de douleur d’un malade et ne pas réagir ? Qu’y a-t-il de plus révoltant que de laisser mourir quelqu’un sans avoir au moins tenté de le sauver ? C’est pourtant l’attitude qu’observent les pouvoirs publics face aux malades cancéreux. Insoutenable, le mot est faible pour désigner la situation de désarroi et de laisser-aller dont sont victimes des milliers de cas atteints par cette sourde et douloureuse maladie. Dans un pays où les pétrodollars pleuvent comme une averse de janvier sur le Trésor public, les malades sont voués à quémander un rendez-vous afin d’arracher leur droit à être soignés. Loin des cliniques parisiennes ou genevoises réservées aux seuls nantis et privilégiés du pouvoir, l’Algérien moyen reçoit dans son pays les soins qu’il peut.

Ne sommes-nous pas tous égaux devant la souffrance ? Il est honteux de constater que l’Algérie qui compte la manne pétrolière ne daigne pas regarder l’Algérie des laissés-pour-compte. Est-il encore possible d’espérer dans un pays où même l’accès aux soins est soit une affaire de piston, soit de chance. Quel est donc ce système de santé qui condamne le malade avant de lui procurer aide et assistance. Il ne faut pas porter une blouse blanche pour savoir que le cancer est une maladie qui évolue très vite et nécessite une prise en charge aussi rapide et efficace afin d’éviter le pire. Comment alors expliquer que des malades obtiennent des rendez-vous, uniquement pour consultation, une année après leur demande et ne commencent le traitement que deux mois plus tard.

Accéder aux soins à la radiothérapie ou la chimiothérapie devient ainsi un privilège pour des malades rongés par l’angoisse et dont le corps est déjà très éprouvé. ça n’a point d’autre qualificatif que de la non-assistance à personne en danger. Il s’agit bel et bien d’un mépris du peuple qui tend à s’exprimer sous différents visages. Un Etat digne et respectueux du droit est conscient de la valeur humaine et ne met pas la santé de son peuple en danger. Alors que la réforme du système de santé tient sous d’autres cieux le sommet des préoccupations des gouvernants, en Algérie, on continue dans le rafistolage. Il est inconcevable de ne compter que sur le Centre Pierre et Marie Curie pour répondre à des milliers de malades en attente de soins et venant de tout le territoire national. Face à tant de douleur, les pouvoirs publics renvoient à un lendemain incertain la réalisation de nouveaux centres de lutte contre le cancer, alors que les rangs des malades sont renforcés chaque année par 40 000 nouveaux cas. Si la souffrance use l’espoir, notre système de santé le tue.

Nadjia Bouaricha

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5 Commentaires sur cet article

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  • Rédaction
    5 septembre 2010 at 18 h 50 min - Reply

    El Watan
    05 septembre 2010

    La radiothérapie pour les cancéreux à l’arrêt au CPMC
    Des centaines de malades attendent un rendez-vous

    Les malades atteints de cancer sont désormais privés de leur traitement de radiothérapie. Devant les pressions exercées sur les deux centres fonctionnels, Alger et Blida, avec un nombre de malades qui ne cesse d’augmenter de mois en mois, les tumeurs
    auront tout le temps de proliférer et avoir raison de leurs victimes.

    Un problème qui ne date pas d’aujourd’hui, mais qui ne semble pas inquiéter les hautes autorités du pays. Malgré les appels incessants des associations de malades, les décès de jeunes patients pour faute de soins, les cris de détresse des praticiens et les écrits de presse, en vain.
    Le Centre Pierre et Marie Curie (CPMC) n’est plus en mesure de prendre en charge les malades au stade de soins de radiothérapie. Le chef de service a décidé d’arrêter la délivrance des rendez-vous depuis le mois dernier. Dans une lettre qu’il a adressée au Conseil médical et au directeur de l’établissement, en date du 12 août dernier, le professeur Afiane, chef de service, qualifie la situation de dramatique.
    Il affirme que le service n’a plus les capacités pour prendre en charge le flux de patients qui arrivent chaque jour. Dans cette lettre, le professeur Afiane déclare avoir subi avec son équipe des pressions et des menaces de la part des parents de malades. «Une secrétaire a été agressée physiquement pour donner un rendez-vous de consultation pour un cancer du col utérin pour mars 2011 et le traitement en juin-juillet, un résident a été menacé par un le fils d’un malade.

    Personnellement, je subis une pression à la limite du supportable, je passe la majeure partie de ma journée à recevoir des recommandés, des hospitaliers et le fait de leur refuser la prise en charge de leurs proches parents, où que j’aille, je suis interpellé, c’est insupportable», a-t-il déploré avant de signaler que les rendez-vous de consultation sont programmés pour fin mars 2011 et il faut attendre deux mois et demi pour commencer le traitement, ce qui signifie que «les malades qui accèdent à la radiothérapie sont mal traités (un an d’attente)», a-t-il précisé. Un aveu qu’il justifie par le cas d’un malade à qui «j’ai avancé le RDV de consultation, sous pression, le délai entre le centrage et le traitement était supérieur à deux mois, l’état du patient s’est dégradé par l’évolution de la maladie», a-t-il ajouté. Il a précisé que du 2 janvier au 10 août 2010, le service a pris en charge 1656 nouveaux patients. «Nous traitons un peu plus de 180 malades par jour, ce rythme est bien entendu maintenu durant tout l’été à ce jour», a signalé le Pr Afiane, qui estime que la situation va encore s’empirer surtout avec «l’arrêt de la prise en charge de la chimioradiothérapie par l’hôpital de Aïn Naâdja qui a assuré depuis janvier dernier des traitements à 70 patients que nous avons transférés», a-t-il signalé. Le chef de service de radiothérapie s’attend à une situation des plus insoutenables dans la prise en charge des malades puisqu’il déplore la perte de 5 manipulateurs qu’il souhaite remplacer d’ici le mois d’octobre prochain. Pour toutes ces raisons, le Pr Afiane se dit être dans l’obligation, après concertation avec ses assistants et à leur demande, «de suspendre les rendez-vous de consultation, reporter ceux de centrage, et ce, jusqu’à la normalisation de la situation, probablement la fin de l’année», a-t-il écrit, en attendant la réception d’un nouvel appareil et la formation des 5 manipulateurs pour pouvoir faire fonctionner cet appareil en janvier 2011 et augmenter les capacités de traitement et atteindre le nombre de 250 patients par jour.

    «La pression que je subis sera sûrement plus forte, mais mon équipe pourra travailler avec un peu plus de sérénité et les malades qui seront pris en charge seront mieux traités», a-t-il encore indiqué. La normalisation de la situation n’est sûrement pas pour la fin de l’année en cours, puisqu’aucune solution n’est mise en route pour régler définitivement cette situation. Les centres de prise en charge prévus au niveau national n’étaient en fait que des projets qui n’ont pas toujours vu le jour.
    Des promesses sont faites par tous les ministres qui sont passés au département de la Santé.
    La dernière est celle du ministre actuel de la Santé, Djamel Ould Abbès, qui a promis, cet été, de «lever toutes les entraves et prendre les décisions qu’il faut pour la prise en charge des malades cancéreux, notamment pour la radiothérapie». En attendant les solutions, les patients ont tout le temps de voir leur maladie récidiver et leur état de santé se dégrader. L’exemple de cet jeune patiente de 35 ans de Ouargla, décédée il y a quelques jours des suites d’un cancer du sein mois après une attente de 8 mois après sa cure de chimiothérapie, est édifiant.

    Djamila Kourta




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  • IMAD TAYEB
    5 septembre 2010 at 21 h 39 min - Reply

    UNE POSSIBLE SOLUTION :
    ==> que chaque vendredi entre 14h et 17h, devient une journée de révolte, pacifique, pacifique .
    Ou .
    ==> partout en Algérie , ou on est visible, place public, placette.
    ==> surtout ne pas obstruer les routes et chemin.
    ==> ne pas déranger quiconque.
    ==> ne pas faire du tapage.
    ==> chacun, chaque groupe, chaque association ,tous les citoyens algeriens demandant leur droits(( a la santer, sécurité, eau potable, électricité, éducation, travail , sécurité sociale, médicaments, travail, indemnités,disparus, khalifa banque séquelles….ect,bien organiser et sécuriser, soulevant des pancartes, des photos, des slogans, demande justice, demande intervention de l’état, demande justice, demande ses droits.
    ==> L’UNION EN SAGESSE ET DISCIPLINE FERA CERTAINEMENT LA FORCE. INCHALLAH




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  • Rédaction
    6 septembre 2010 at 13 h 01 min - Reply

    Manque de médicaments dans les hôpitaux:«C’est l’asphyxie des malades»

    Le temps

    Dimanche 5 septembre à 18:44

    Manque de médicaments dans les hôpitaux:«Cest lasphyxie des malades»

    «C’est depuis la promulgation de la loi de finances complémentaire 2009 que nos hôpitaux souffrent de ce manque de médicaments.

    Ajoutez à cela les fournisseurs qui font la loi sur le marché en imposant leurs prix, notamment en ce qui concerne les consommables et enfin les lenteurs des structures sanitaires dans le payement des factures.

    En tout cas, Mustapha Pacha est réputé pour être un mauvais payeur.» C’est le constat dressé par un responsable de ce CHU sur l’état des hôpitaux algériens. «En cas de catastrophe naturelle, sachez que nous allons faire appel à la communauté internationale car, pour être clair, nous n’avons pas de quoi y faire face», ajoute le même responsable.

    Pourtant, trois mois après le remaniement gouvernemental et la prise en charge du secteur de la santé par Djamel Ould Abbas, rien ou presque n’a été fait si ce n’est des promesses. Bien que les structures existent ainsi que le personnel, la substance essentielle fait défaut.

    Le ministre de la Santé a pourtant déclaré qu’«il n’y aurait pas de pénurie de médicaments, surtout pas pour les maladies chroniques et puis nous pouvons importer n’importe qu’elle médicament en utilisant le caractère d’urgence, c’est-à-dire en 24h si nécessité oblige». Les déclarations du premier responsable du secteur sont malheureusement contraires à la réalité du terrain.

    «Nous avons vécu un été houleux où des dizaines de malades (cancéreux) se sont retrouvés sans médicaments, notamment le Methotrexat, qui est un produit de chimiothérapie.

    «C’est l’oxygène des cancéreux surtout pour mon service, les doses pédiatriques sont introuvables», a indiqué un médecin spécialiste en pédiatrie.

    «Nous avons des patients qui ont arrêté la chimiothérapie faute de médicament, et cela provoque une rechute du malade et complique davantage son cas.» Le manque de médicaments persiste encore, et notre visite à l’hôpital Mustapha Pacha a permis un constat réel de la situation, où médecins, infirmiers mais surtout malades crient au secours.

    «Tous les services crient à la pénurie, le service de chirurgie thoracique n’a même plus de fil pour les sutures. A l’hôpital, c’est la débrouillardise : «Tu me donnes du fil, je te donne du sérum», a ajouté le médecin.

    L’autre service touché par la pénurie est le département de cardiologie. Le Dr Nassim n’en revient pas : «J’ai acheté une boîte de Digloxine à une vieille femme qui vient de l’est du pays. La Digloxine est inexistante alors que c’est un traitement de base pour les cardiaques. Nous sommes à l’arrêt et le malade souffre trop.»

    Les raisons réelles ou supposées d’un manque

    Selon le personnel que nous avons rencontré hier, les avis diffèrents. Selon le docteur Abdelwahab, cardiologue, «le manque de médicaments incombe à la loi de finances complémentaire qui a tout bloqué».

    Son confrère neurochirurgien pense à son tour que «certains barons du médicament font leur loi, sans oublier qu’un certain nombre de médicaments sont interdits à l’importation puisque nous fabriquons le générique en Algérie. Mais ce que nos responsables ignorent, c’est que les quantités sont insuffisantes et la qualité est à déplorer aussi».

    L’un des responsables de la pharmacie centrale de l’hôpital Mustapha estime que «les pénuries sont le résultat de certains grossistes qui achètent tout le lot chez l’importateur et le revendent à leur guise.

    Car depuis l’imposition du crédit documentaire par la LFC, il faut avoir de l’argent liquide pour importer, et les mieux fournis sont les grossistes».

    Le responsable se pose la question sur les cliniques privées qui ne connaissent pas de rupture de stocks, ni de pénuries de médicaments. Selon lui, «l’hôpital Mustapha est considéré par les grossistes comme étant un mauvais payeur, d’où leur refus de traiter avec ses gestionnaires».

    En tout état de cause, la seule victime est le malade qui cherche désespérément une boîte de médicaments pour atténuer une douleur qui le ronge. Les pouvoirs publics doivent prendre la chose en main car le risque est majeur, il s’agit de la préservation de la santé de la population. Le contraire signifie non-assistance à population en danger.

    E. M




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  • amir
    6 septembre 2010 at 14 h 42 min - Reply

    ILS n ‘ont pas honte ces ministres ,tous des menteurs, pas un ne dit la verité.Les journalistes également sont malhonnêtes , pourquoi ils n’ iraient pas enqueter sur place, dans les hopitaux pour enqueter et connaitre la verité. Pourquoi ces memes journalistes reprennent les mensonges des ministrs sans les verifier,avant de les publier?,sans prendre la peine de confirmer si leurs affirmations sont justifié?C ‘est quoi ces journalistes qui reprennent les declarations des ministres ,en titre, sans prendre la peine de les verifier et sans utiliser le conditionnel, ils sont ainsi complices de divulgation de fausses informations.L’ ethique , la deontologie ainsi que la morale ne semblent pas faire partie des valeurs de nos journaleux(et des ministres ) de service.




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  • Ya Sidna II
    8 septembre 2010 at 11 h 37 min - Reply

    Bonjour,

    Notre Président et nos gouvernant ont mieux à faire. Construire la 2e ou 3e plus grande mosquée du monde ! pas un hôpital non, non pas un hôpital. Ils ne sont pas concernés par ces hospices du 18e siècle qui font partie du décor actuel de l’Algérie. Pour Eux et leurs familles; la place et l’avion sont réservés pour se faire soigner à Zurich, Genève, Paris, Bruxelles ou Munich…….Plus grave encore : quand on voit ces milliards de dollards inverstis dans l’achat d’armes (avions, chars, matériels sous-marins… )et de surcroît de seconde main ou en partie usé ! des casseroles quoi ! franchement c’est pour se battre contre qui ? Ah, j’avais oublié contre le maroc, la Tunisie, La Lybie, le Niger, l’Egypte (suite du match de foot) le Bouroumboudjoum, le Tanganika, le Togo, l’Angola, le Zanzibar : des ennemis virtuels et parfois imaginaires mais capables de tout !!!! Tout cela pour dire que la santé en Algérie n’a jamais préoccupé quiconque, les marabouts sont là pour tout guerir et soigner en faisant appel à leurs savoir-faire et à leur miraculeuse potion magique. Même chez eux : la demande est tellement forte que vous pour pouvez être sur une liste d’attente comme chez Air Algérie. Au delà de la dérision mais qui reste une vérité; Une penssée tout de même pour ces malades, ces gens qui souffrent, ces médicaments qui manquent, ces medecins, infirmières et personnel hospitalier qui se battent tous les jours pour soulager leurs patients et leur conscience devant le Créateur.




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