Édition du
24 July 2017

Réponse d'Addi Lahouari aux détracteurs du Contrat National

Contribution : Réponse à Saïd Sadi et Yacine Téguia

Par Lahouari Addi

Le Soir d’Algérie

06 septembre 2010

Il faut savoir gré au quotidien Le Soir d’Algérie — qui vient juste de fêter ses vint ans d’existence — d’abriter des débats politiques, parfois trop polémiques, portant sur la société algérienne, passé et présent. Cela atteste d’une effervescence et d’une soif de dialogue et d’échange que le régime du parti unique avait refoulées pendant plusieurs décennies.
La société algérienne, comme toute autre, est diverse idéologiquement et est traversée par des courants politiques qui ont des conceptions différentes du bien commun, du vivre ensemble et de l’organisation de l’Etat. C’est ce que révèle le livre de Saïd Sadi sur le colonel Amirouche qui a déclenché une avalanche de réactions où les protagonistes ont livré leur conception du passé, mais aussi, implicitement et explicitement, leur conception de l’avenir du pays. Ce déballage médiatique des rancœurs passées et présentes, cette foire d’empoigne où les accusations se mêlent aux professions de foi sont au fond positifs à plus d’un titre parce qu’ils cassent des tabous et élargissent la culture politique du grand public qui s’approprie des concepts jusque-là réservés à l’élite intellectuelle. Au fond, ce n’est pas la divergence d’idées et d’intérêts idéologiques qui est nuisible à la société car la divergence et la contradiction font partie du processus de la vie. Ce qui est nuisible, par contre, c’est le refus de la divergence. Par conséquent, la confrontation d’idées et le débat, dans le respect des uns et des autres, sont les moyens par lesquels la paix civile est consolidée. Les désaccords en politique ne sont pas l’expression de conflits d’intérêts individuels, c’est-à-dire que ce ne sont pas des querelles d’ordre privé. Ils portent sur l’organisation de l’espace public et sur la nature des rapports d’autorité et, dans cette optique, je vais expliquer mes positions en répondant sans aucune arrière-pensée et sans esprit polémique à S. Sadi et à Y. Téguia qui m’ont interpellé dans ce domaine.
Saïd Sadi et le Contrat de Rome
Il faut reconnaître au président du RCD le mérite d’avoir provoqué un débat public autour de la mort suspecte des colonels Amirouche et Si Haouès, débat qui a suscité des interrogations et des remises en cause du régime par d’anciens responsables. Ce qui se disait en privé est aujourd’hui écrit dans des journaux. Dans une conférence prononcée à l’Université Mouloud- Mammeri à Tizi-Ouzou (texte publié par Le Soir d’Algérie du 28 juin 2010), j’ai essayé d’expliquer pourquoi la démarche de Saïd Sadi est inopportune pour le régime qui veut monopoliser l’écriture de l’Histoire, comme il cherche à monopoliser l’économie, le syndicat, la religion… pour en faire des ressources de légitimation. Sur le fond, le leader du RCD a raison de penser que la mort de Amirouche est suspecte et l’idée qu’il aurait été donné à l’armée française n’est pas farfelue ; elle est susceptible d’être prouvée par des archives dans un futur proche. Je suis d’accord avec lui aussi sur l’analyse du coup de force de 1962 opéré par le colonel Houari Boumediène dont le bilan politique est globalement négatif au vu de la situation que vit le pays. J’ai cependant fait remarquer que le régime qu’il critique avec raison et brio est celui-là même qui a opéré le coup d’Etat de janvier 1992 que le RCD a appuyé. Cela a provoqué de véhémentes réactions accusatrices de la part de deux députés du RCD auxquels j’ai répondu par une analyse dénuée de toute attaque personnelle ( Le Soir d’Algérie du 14 juillet). Dans l’article paru le 31 août 2010, Saïd Sadi y revient et me reproche de le «dénoncer de ne pas s’être rallié à Sant’Egidio». Le terme «dénoncer» est inapproprié dans ce contexte et dénote un état d’esprit peu propice au débat. Saïd Sadi a créé un parti à vocation nationale et sollicite les suffrages des électeurs pour diriger l’Etat. Il doit s’attendre à être critiqué sur telle ou telle position ou déclaration. La démocratie est une compétition et une bataille d’idées sans concessions et non un rassemblement autour d’un seul parti. Si c’était le cas, ce serait la situation du régime de Boumediène que Saïd Sadi a critiqué à juste titre. Par conséquent, quand j’écris que c’est une incohérence de condamner le coup d’Etat de 1962 et d’approuver celui de 1992, ce n’est ni une dénonciation, ni une attaque personnelle. Le président du RCD pouvait dire qu’entre deux maux, il choisit le moindre. Et, en effet, c’est ce qu’il a fait, sauf qu’en politique, on ne choisit pas le moindre mal, on propose sa propre solution pour guérir les deux maux. J’ai lu et relu la partie de cet article où Saïd Sadi essaye de répondre à ma critique. Si on enlève les effets de style et autres phrases à l’emporte-pièce dont il a le secret, il ne répond pas sur le fond. Il me reproche seulement d’avoir soutenu l’initiative de Sant’Egidio, ce qui est surprenant de la part d’un homme politique qui prône la rupture d’avec le régime en place car le RCD aurait dû participer à la réunion de Rome. La société algérienne étant ce qu’elle est, il ne s’agit pas, pour construire un début de démocratie, d’exiger des islamistes de ne plus être des islamistes et du FLN de ne plus être populiste. Nous n’avons pas le choix que d’accepter la société algérienne dans sa diversité idéologique, en exigeant cependant la liberté d’expression, l’exercice du monopole de la violence par l’Etat et l’alternance électorale, sachant que les opinions électorales évoluent avec la pratique des élections libres. La tâche historique des années 1990 était d’éviter la violence et aussi d’insérer les (vrais) islamistes dans les institutions pour opérer la transition d’un régime autoritaire vers un régime pluraliste. Dans cette transition, le RCD avait un rôle politique et pédagogique à jouer. Sa direction a préféré se rallier aux détracteurs du Contrat de Rome dénoncé parce que ses signataires auraient agréé à l’application de la Charia ! Ce n’est pas sérieux de croire que Hocine Aït Ahmed, Abdelhamid Mehri, Ali Yahya Abdennour et Louisa Hanoune acceptent d’endosser la revendication de la Charia. Cela relève plus de la blague du jour que de la critique sérieuse. Pour appuyer cette accusation fallacieuse, les opposants au Contrat de Rome se sont référés au mot char’i, traduction arabe du terme «légal». Ce mot n’a rien à voir avec la charia dont il est issu et dont il a évolué sur le plan sémantique. Les droits modernes européens comprennent des mots issus de la jurisprudence du Moyen Age du fait que les contenus sémantiques des mots changent à travers le temps. Le mot char’i renvoie à la légalité et non au corpus médiéval appelé la chari’a.
Yacine Téguia et l’utopie totalitaire
Si je crois que le RCD aurait dû prendre part à la réunion de Sant’Egidio, c’est parce qu’il est un parti représentatif d’un courant idéologique présent dans la société avec une surface électorale potentielle dans les grandes villes, sur tout le territoire national. Ce n’est pas le cas du MDS qui n’arrive pas à faire sa mue postcommuniste comme le montre l’article de Yacine Téguia publié par Le Soir d’Algérieles 10, 11 et 12 août 2010. Dans cette publication, l’auteur prend la défense du régime de Boumediène, exprimant une volonté nostalgique d’y revenir, ajoutant que la solution est que «l’ANP devienne une institution transpartisane fondée sur une stratégie de défense nationale, de souveraineté et de progrès, qu’elle soit le reflet de l’ensemble des forces démocratiques qui traversent la société avec ses contradictions, mais après avoir disqualifié l’islamisme et les partis/Etat». Au moment où la tâche est de dépolitiser l’armée, Téguia propose de militariser le champ politique en ayant dans l’ANP des représentants du MDS, de l’ANR, du RCD et du PT ! Pour avoir échoué à s’enraciner dans la société, le MDS cherche un ancrage dans l’armée, livrant l’Etat à une avant-garde altruiste. C’est exactement cela la situation pré-politique, le refus du politique et de son institutionnalisation, et même le déni de l’anthropologie humaine. L’avantgarde serait composée d’anges désintéressés. Et pour Téguia, l’archétype de cet ange, c’est Boumediène dont le souci constant était le bonheur du peuple. Refusant de tirer leçon de l’expérience du régime de Boumediène, dont les illusions s’étaient pourtant dissipées avec les émeutes d’Octobre 1988, Téguia souhaite au contraire y revenir. Il propose, avec une scolastique léniniste, «de revenir à la fusion historique qui a permis de vaincre le colonialisme puis, même si c’est dans une moindre mesure, de mettre en échec le projet d’Etat théocratique, en proposant une nouvelle unité entre l’armée, la société et l’Etat». L’unité ou la fusion de la société et de l’Etat, c’est exactement la définition que donne Hanna Arendt du totalitarisme. Il s’agit de faire avaler la société par l’Etat, de ne laisser aucune liberté individuelle ou collective. La figure centrale de cet Etat serait celle du fonctionnaire de la police politique audessus des lois et de la justice. Dans ce schéma, l’Etat n’est pas l’instrument politico-juridique de la société ; dans ce schéma, c’est plutôt la société qui devient un appendice de l’Etat tel que l’a illustré le régime de Staline avec la Russie soviétique. A ma connaissance, il n’y a qu’un seul pays aujourd’hui qui vit une telle expérience à laquelle aspire Téguia, c’est la Corée du Nord. Yacine Téguia réduit la problématique du pouvoir à une question de foi et de sacrifice, autant de concepts religieux, refusant de croire que l’homme est autant attiré par le pouvoir que par les richesses. En pays sous-développé, il est encore plus attiré par le pouvoir parce que celui-ci donne accès aux richesses. Quelle que soit la conscience qu’il avait de lui-même, et l’opinion qu’a de lui Téguia, Houari Boumediène n’était pas un altruiste. Il adorait le pouvoir et ne voulait le partager avec personne. Il tenait à ce que personne ne s’enrichisse sans son autorisation et c’est pourquoi il a étatisé l’économie. Il s’était approprié un attribut du peuple — la souveraineté —et déclarait que les biens matériels appartenaient à ce peuple spolié de sa souveraineté. La contradiction qui a miné son régime, c’est qu’il a privatisé le pouvoir, qui est d’essence publique, et a cherché à rendre publique l’activité marchande, qui a vocation à être privée. Le seul aspect positif du régime de Boumediène, c’est que les Algériens ne veulent pas revivre cette expérience de l’homme providentiel. Il est vrai qu’ils ont du respect pour sa mémoire, mais il faut rappeler que l’ancien président du Conseil de la Révolution n’était pas un affairiste et n’était pas attiré par les richesses matérielles. C’était un nationaliste utopique qui a mené le pays vers la catastrophe actuelle. Il aimait son pays et son peuple au point de l’infantiliser. Boumediène était un dirigeant qui ne voulait pas que les Algériens grandissent et s’émancipent de son pouvoir. Il cherchait à contrôler la société afin que tous les Algériens dépendent de lui personnellement. Les communistes ont confondu cette conception archaïque avec le socialisme qu’ils ont défendu au prix de grands sacrifices qui se sont traduits par des arrestations, la torture, l’exil… Les communistes sont des militants sincères et ne cherchent pas à faire de la politique pour s’enrichir. Le problème, c’est que leur idéologie sous-estime l’enseignement de Marx sur le caractère révolutionnaire du marché, du salariat et du capital dans la situation précapitaliste. Cette faiblesse les a prédisposés à être des alliés de la culture politique archaïque hostile à l’autonomie de la société civile. L’exemple de l’Égypte de Nasser et de l’Algérie de Boumediène est, de ce point de vue, une illustration dramatique, dont ils ont été parmi les premières victimes.
L. A.

Source de cet article :

http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2010/09/06/article.php?sid=105563&cid=41


Nombre de lectures : 10221
22 Commentaires sur cet article

LAISSER UN COMMENTAIRE

*

*

  • Sassi
    7 septembre 2010 at 0 h 05 min - Reply

    Monsieur Addi, pourquoi vouliez-vous que Saadi devait etrte a Rome? Mr Saadi etait au prmier rang, apres avoir perdu les elections, pour punir le peuple algeriens pour ces choix democratiques. N’avait-il pas soutenu ceux qui arretaient et torturaient les elus du peuple algeriens?




    0
  • Abdel Madjid AIT SAADI
    7 septembre 2010 at 5 h 27 min - Reply

    Salam, frère Addi,
    Ne te casse pas la tête, chacun aura compris.
    1. Saïd Sadi, s’étant déjà trompé de peuple, il l’a reconnu évidemment, ne pouvait après cela que se tromper à la fois de combat et bien sûr d’ennemis.
    La démocratie ne se décrète pas derrière des chars, mais devant des urnes et en se soumettant aux décrets du peuple qu’il faut savoir écouter et servir et non gruger avec des concepts à mille lieues de ses préoccupations.
    2.- Quant à Teguia, j’ai l’impression qu’il est en retard d’une guerre, celle qui a coûté au pays non seulement plus de 250.000 morts, mais le risque de perte de son identité.

    « Ni Est, ni Ouest », disaient certains qui scandaient sur les rues d’une certaine capitale que n’apprécie certainement pas, M. Teguia, qui doit pleurer certainement le « rideau de fer », le même, à l’exemple duquel son héros défunt Boumedienne, avait commencé à nous donner comme exemple de développement industriel, quand il osait de la tribune des Nations Unies, énoncer : « la Corée du Sud, s’est lancée dans un saupoudrage industriel, rendez-vous à l’horizon 80’s ».
    En effet, dès les années 80’s, Boumedienne mort, la Corée du Sud, commençait à exporter dans le monde et devenait une puissance économique, tandis que l’Algérie, voyait ses complexes industriels, corroder et son agriculture anémiée, tandis que le port d’Alger, devenait par la vertu de l’import-import, la plus « grande ferme d’Algérie », et le plus grand centre de stockage de « produits industriels » que ne fabriquaient pas nos coûteux complexes « les plus grands d’Afrique », dont il fallait payer la dette, en quémandant devant les Club de Londres et de Paris, avant de se mettre sous les fourches caudines du FMI.




    0
  • tacili
    7 septembre 2010 at 10 h 44 min - Reply

    Bonjour,

    Pour comprendre Saadi faut-il ouvrir un bon livre de psychologie, chapitre « schizophrenie ».

    Merci




    0
  • Twitted by BENCHENOUF
    7 septembre 2010 at 12 h 02 min - Reply

    […] This post was Twitted by BENCHENOUF […]




    0
  • Belhoucine Mohamed
    7 septembre 2010 at 13 h 30 min - Reply

    La tragédie de nos politiques organiques (au sens Sartrien du terme)c’est qu’ils n’ont pas de véritable culture politique et démocratique. Démunis de l’outillage théorique et de l’instrumentation de base, indigents au niveau des concepts et des fondamentaux pour appréhender le monde, se retrouvent hagards et dénués de toute lucidité voir malhonnêteté pour éviter le vrai débat : Electorat,Public, le rôle de l’Armée qui n’est pas l’électorat et enfin (c’est de moi)il faut criminaliser par de très lourdes peines toute fraude Electorale à l’avenir.

    Saadi, très distants culturellement du peuple algérien, il n’a aucune chance, alors que le pagsiste Teguia vit dans la planète Jupiter! Ils n’ont pas compris la leçon d’Habermas, parce qu’ils ne l’ont pas lu, « un homme politique doit d’abord adopter la culture du groupe, du public avec toute sa symbolique ».

    Encore Bravo , ADDI , tu es en train d’éduquer la canaille ( ce n’est pas une insulte au sens marxiste du terme du terme pour faire plaisir à Teguia)et de les préparer à la démocratie.

    Addi Lahouari est en train de faire oeuvre de salubrité publique! Lahouari n’hésites à revenir 100 fois sur le métier, pour instruire ces courtisans et flagorneurs professionnels !




    0
  • Si Salah
    7 septembre 2010 at 14 h 07 min - Reply

    Si Lahouari, Said Sadi est une quantité neglgigeable, qu’il faut par consequent negliger, alors ne le rehausse pas en repondant à ses divagations.

    Quand les elections sont libres, il obtient 0.3 %, quand elles sont truquées, il obtient 1% par charité democratique.
    Quant a sa conception de la democracie, il n’y a qu’à voir:
    21 ans à la tete d’un nano-parti qu’il mène de desastre en desastre. A-t-il jamais pensé que quelqu’un puisse faire mieux que lui? Non, alors…

    Si Salah




    0
  • Belhoucine Mohamed
    7 septembre 2010 at 14 h 26 min - Reply

    L’Algérie elle a encore de longues années à elle pour vivre le syndrome de la fraude électorale de façon récurrente, à la lumière de ce qui se passe en Egypte, même Baradei a compris que l’Europe et les USA ne veulent pas que le monde Arabe se démocratise tant que leur clientèle est en place :

    Législatives égyptiennes: El Baradai appelle au boycott du scrutin 07/09/2010
    Candidat putatif aux présidentielles égyptiennes, Mohamed El Bardai a appelé hier, lundi, ses compatriotes à boycotter le scrutin législatif du mois de novembre. « Je lance cet appel puisque je sûr que ce scrutin sera entaché de fraudes, a affirmé l’ancien directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique. « Participer aux futures législatives va ainsi à l’encontre de la volonté d’une majorité d’Egyptiens qui veut l’instauration d’une vraie démocratie, a-t-il poursuivi. Les Egyptiens se préparent à élire au mois de novembre leurs députés mais aucun des partis d’opposition n’a encore procédé à l’enregistrement du nom de ses candidats.




    0
  • Adel
    7 septembre 2010 at 15 h 19 min - Reply

    Limpide.

    Tant qu’il y a des intellectuels comme vous qui font des analyses aussi lucides, l’espoir est permis.

    Merci, M. Addi.




    0
  • Salay
    7 septembre 2010 at 15 h 19 min - Reply

    Le consensus qui se dégage de la majeure partie des intervenants est « contre nous tous ceux qui ne sont pas avec nous ». L’un des seuls Algériens à être de tous les débats des combats nobles, pour la liberté et la démocratie, ne sait pas trompé de Peuple mais d’un électorat qui a décidé de la mort par anticipation de l’Algérie. 250 000 morts sont à leur actif. Pis encore, ils ont servi à réhabiliter le système inique. En attendant des jours meilleurs, Addi Lahouari n’a trouvé que Said Sadi pour en débattre… Je leur souhaite de la persévérance et de la santé. L’environnement est vraiment pollué.




    0
  • liberté
    7 septembre 2010 at 15 h 32 min - Reply

    Chers camarades,

    Le Professeur Lahouari Addi est dans l’éducatif des généraux algériens qui sont malheureusement incultes.Dans cet article Mr Addi est le seul qui ose parler dans nos jours sur les colonnes d’un journal algérien du contrat de Saint Egidio qui a été rejeté par le DRS.Mr Said Sadi et le général Tewfik n’auraient t-ils pas du à cette époque envoyer leurs représentants officiels à Rome pour ratifier ce contrat qui nous aurait épargné de plus de 200000 morts et des milliers de disparus? L’histoire a donné raison au Professeur Addi qui avait soutenu à l’époque le contrat de Rome.Merci Mr Addi pour votre intégrité et votre honneteté intellectuel.

    Saha Ftourkoum




    0
  • nomade
    7 septembre 2010 at 20 h 04 min - Reply

    il l’a clairement dit « qu’il s’est trompe de peuple » et non pas d’electorat comme tu le dis ,tu rapièces ses déclarations pour lui réinventer une virginité perdue pour toujours et aucune falsification ne rétablira son crédit devant le peuple algérien. ton saadi déserte par ses proches collabos n’est plus qu’un cadavre gisant dans la décharge de l’histoire .un avortement de said saadi aurait évite des milliers de morts.
    mal enfante ,saadi n’a semé que la mort autour de lui.encore une fois l’Algérie a mal porte et s’est trompe sur une de ses grossesses.
    saadi a refuse le poste d’ambassadeur du bon dieu a abbassi, mais vite il s’est déniché un , celui de larbin chez les généraux dafistes et post-marsiens (les generaux qui se sont infiltres dans les rangs de l’aln apres le 19 mars 62 )

    dans les pays vraiment democratiques,ou la base est libre de choisir ses representants,les saadi ,benhamouda, ferhat mhenna et consorts ne feront meme pas partie du service d’ordre.




    0
  • Mohand ibn Echahid
    7 septembre 2010 at 21 h 21 min - Reply

    Azul Essalam
    Le RCD et leur chef me fait rappeler la RDA qui se faisait appeler democratique alors qu´elle était tout a fait le contraire alors que la RFA ki etait vraiment une democratie se faisait appeler RFA. Tout le monde se rappelle du duel télévisé de S Saadi (SS) et de M Abbasi. SS a jure » wa Allah on vs laisse jamais arriver au pouvoir même si vs l´emporterez par la voie des urnes » d´ailleurs toute son équipe Khalida messaoudi( une femme debout selon cHAMLA), amara, Norredine Amirouche,etc etc était de la même créature Allah yarham Maatoub Lounés Allah issaber sa mere
    Je tiens a saluer Da Ait Ahmed qui n´a jamais failli a ses principes le FFS n´avait nullement besoin de se faire appeler FDS. Hommage a Benyoucef Benkhedda,Ferhat Abbas et ts les chouhadas sincères Allah yarhamhoum jami3en. Hommage au dr. Sidhoum, Addi Houari les militants Rachad, et tous ceux qui resistent hors et a l´interieur de l´Algerie




    0
  • D B
    7 septembre 2010 at 21 h 53 min - Reply

    Une réponse magistrale, où la démarche scientifique s’appuie sur l’honnêteté intellectuelle. Une réponse d’autant plus positive qu’elle est empreinte de courtoisie, qu’elle s’interdit l’anathème inutile. C’est un plaisir et un réconfort de lire de telles contributions. Cela apaise sans frustrer. Sans attiser les haines. Je dirais même que c’est une thérapie pour thérapeutes attitrés. Dans leur propre spécialité.




    0
  • Larbi
    7 septembre 2010 at 23 h 00 min - Reply

    Le Contrat de Rome de 1995 est une avancée démocratique, car, depuis 1962, c’est la première fois que plusieurs partis représentatifs se mettent autour d’une table de réunion et se mettent d’accord sur un SMIG démocratique. C’est aussi une victoire de la démocratie, car, pour la première fois, le FIS a renoncé à sa suprématie, a accepté de se réunir avec les autrres sensibilités et, en fin de compte, s’est rangé sur l’avis de la Djamaâ.

    En ce sens, tous les partis dits démocratiques (RCD, etc…) auraient dû y participer avec cependant une condition sine qua non qui n’a malheureusement pas été respectée : à la fin de la réunion, le FIS aurait dû décréter une trêve unilatérale sans condition préalable en respect d’un principe du Contrat de Rome, à savoir, la non utilisation de la violence à des fins de prise du pouvoir. Il aurait été ainsi conséquent avec sa signature. Or, il a fallu attendre encore deux années épouvantables parsemées de charniers, pour qu’enfin l’AIS décrète une trêve unilatérale en 1997. Si le FIS avait décrété la trêve au moiment de la signature du Contrat de Rome, celui-ci aurait été une réussite totale et aurait mis les partis anti-San Egedio dans la défensive et les aurait incités à réviser leurs positions.




    0
  • mohand ibn echahid
    8 septembre 2010 at 1 h 15 min - Reply

    @Larbi! Essalam saha Ramdanek

    Vs avez totalement raison sur le principe, MAIS apres la derniere sortie de l´espion Moulay Karim (ke j´apprecie son courage)les makis tkechfou ki etaient derriere (la3ab Hmida wa erracham hmida)biensur sa n´a etet le secret pour personne mais c une confirmation de ce ke l´on doutais. Le petrochimiste Hachani Allah Yarhmou (assassiné chez le dentiste) ne s´arretais de le crier haut et fort k´il n´avait rien a avoir avec ces makis. MAIS OU SONT ? Larbi Belkher, Lamari Smain, et et et ALLAH ALLAH ALLAH YARHAM ECHOUHADA
    MERCI LQA




    0
  • batni
    8 septembre 2010 at 6 h 14 min - Reply

    Mes respects Mr Addi,
    Pouvez-vous m’expliquer le point suivant du Contrat de Rome.
    – la primauté de la loi légitime

    Merci,




    0
  • liberté
    8 septembre 2010 at 8 h 23 min - Reply

    @ Larbi,

    Vous savez que l’AIS était composée d’agents du DRS ex SM déguisés en islamistes. Dans votre texte il fallait écrire que c ‘est au DRS de décréter la tréve et mettre fin à la violence militaire.

    Cordialement




    0
  • Lahouari Addi
    8 septembre 2010 at 10 h 19 min - Reply

    Bonjour tout le monde,

    En réponse à la question de Batni, qu’est-ce que « la primauté de la loi légitime ». Je n’ai pas assisté à la réunion de Rome, mais si j’y avais assisté, j’aurais proposé qu’on écrive seulement « primauté de la loi ». En science politique, il faut distinguer la légalité de la légitimité. Est légale une décision conforme à la loi, mais une loi peut être décidée par un pouvoir illégitime, une loi peut être inujuste. Une dictature promulgue des lois et établit sa propre légalité. Elle n’est pas pour autant légitime. Ce que le rédacteur de ce passage veut souligner c’est la promulgation de lois en Algérie par un pouvoir légitime. L’expression « loi légitime » pourrait signifier une loi promulguée par un pouvoir légitime accepté par la majorité. Une loi légale est un pléonasme parce que la loi fonde la légalité. Je crains que la langue arabe ne fasse pas la distinction entre légitimité et légalité. Les détracteurs du Contrat de Rome se sont référés à la version du texte en langue arabe pour dire que les signataires veulent l’application de la chari’a. Cependant, les autres disposition du Contrat sont claires là-dessus. Le Contrat est un texte clair et je le comparerais volontiers à la plate-forme du congrès de la Soummam. Je suggère à l’administrateur de LQA de le publier pour permettre aux lecteurs de se faire leur propre opinion.

    Cordialement

    Lahouari Addi

    =======================
    Le Contrat National a été publié il y a quelques mois sur le site et dans la rubrique « Histoire ».
    La Rédaction LQA




    0
  • Si Salah
    8 septembre 2010 at 11 h 03 min - Reply

    A Lahouari: tu viens juste de répondre à 2-3 types, en voilà un autre qu’ils te balancent (Arezki Metref, Le Soir, 7 Septembre). Dis-donc, les gars sont vraiement braqués contre Addi…

    Ce gars-là, tu ne dois meme pas lui répondre, car il…parle pour toi:

    « Je cite cet exemple pour montrer ce que Lahouari Addi sait et qu’il n’ose peut-être pas dire avec la même liberté que pour d’autres questions : l’arabe littéraire est non seulement une greffe en Algérie mais une greffe qui prend mal. »

    L’Arabe et l’Islam etrangers en Algérie n’ont qu’à faire leurs valides et prendre le premier chameau en partance pour le Yamen…

    Un autre joyau: « De même que l’indépendance appartient à tous les Algériens bien qu’elle ait été arrachée par une élite »

    Voilà un autre gars qui s’est trompé de peuple. Yakhi « intellectuels » nta3 takhir ezzaman!

    Si Salah




    0
  • hafid
    8 septembre 2010 at 12 h 31 min - Reply

    la loi legitime c’est celle qui tire sa legitimite du peuple dans une democratie,elle tire aussi sa legitimite de la famille royale dans une monarchie,comme elle peut tirer sa legitimite du coran dans une republique islamique.par contre la loi dine c’est la chariaa pour les musulmans,et l’eglise pour les chretiens,la synagogue pour les juifs.




    0
  • IKER
    8 septembre 2010 at 18 h 14 min - Reply

    Notre ami ADDI est trop prudent à mon avis,on à l’impression d’assister à une querelle portant sur des détails historiques(morts de amirouche et si l’houès)or l’enjeu est autre.
    l’enjeu est de répondre à une attente de plus en plus pressante de la JUNTE de donner une traduction politique au REVISIONNISME HISTORIQUE EN COURS ainsi pour diminuer la charge explosive et (NORMALISER)l’histoire du pays.
    Des bouches closes depuis longtemps s’ouvrent,la terreur transformée en raideur accede à l’espace public.
    le chef du RCD en bon serviteur du régime participe comme il peut à (la restructuration) historique.




    0
  • OrO
    18 septembre 2010 at 14 h 53 min - Reply

    La signification du passage du contrat national parlant de « primauté de la loi légitime » qui a concentré tant d’attaques et de dénigrement de la part des déctrateurs du contrat de Rome est évidente(sauf pour les propagandistes du Régime et les éradicateurs indécrottable):il signifie tout simplement la primauté des lois adoptées avant le 11 janvier 1992.Le but était de faire une distinction entre les lois adoptées quand le régime algérien avait un semblant de légalité avec un gouvernement,un parlement et une constitution et les mesures d’exception entrées en vigueur après l’arrêt du processus électoral et la suspension déguisée de la constitution.
    Cela dit,cette polémique provoquée par les adversaires du contrat de Rome,malgré son coté grotesque est à mon avis très intéressante.
    Dans le texte arabe du contrat national,les signataires du contrat ont parlé de « qawanine char3ia » par opposition,comme je l’ai expliqué précédemment,aux mesures d’exception adoptées à partir de janvier 1992.Les détracteurs du contrat ont lu « chari3a ».Etait-ce en raison de leur précipitation à vouloir trouver à tout prix des éléments pour le discréditer ou bien parce qu’en raison de leur formation majoritairement francophone,ils ne savent pas bien lire l’arabe ou était-ce tout simplement leurs origines populaires qui les ont trahis ici?Je m’explique:Dans la langue arabe classsique, »char3″ signifie légitimité alors qu’en arabe algérien,il signifie tout simplement…charia.Dans l’inconscient de l’algérien moyen, »chra3″ signifie à la fois « charia » et « loi légitime ».Dans le langage courant,les gens disent souvent « que ce soit du point du « chra3″ ou de la loi,nous somme dans notre droit ».Il est évident que par « chra3 » ils entendent la charia et par « loi »,ils désignent les lois promulguées par l’Etat « moderne »(ou ce qui en tient lieu).Finalement donc,cette histoire de « lois légitimes » ne trahit-elle pas en fin de compte les origines populaires de ce qu’on appelle les « démocrates républicains » qui tiennent tant à ce démarquer de leur peuple?Ne prouve-t-elle pas qu’ils gradent toujours inconsciemment des résidus de cette culture populaire qui considère la charia comme source de légitimité?




    0
  • Congrès du Changement Démocratique