Édition du
30 March 2017

Mme Nadia Touabti dénonce les magouilles de l'Institut Pasteur et se retrouve au banc des accusés !!!!

Report du procès des cadres de l’institut Pasteur

L’affaire qui cache le scandale des importations de vaccins

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le 16.09.10

Après avoir dénoncé la «mauvaise gestion» et l’importation douteuse de vaccins pédiatriques et H1N1 non conformes, Mme Nadia Touabti, ex-cadre de l’Institut Pasteur se retrouve au box des prévenus. Très attendu, son procès a été renvoyé hier au 29 septembre. La tenue de ce dernier s’annonce riche en révélations…

Pour la troisième fois consécutive, le procès de Mme Nadia Touabti, ex-cadre de l’Institut Pasteur par qui le scandale de l’importation de vaccins non conformes est arrivé, fait l’objet d’un renvoi par le tribunal correctionnel de Sidi M’hamed, près la cour d’Alger. Mme Touabti devait comparaître avec neuf autres prévenus : Omani Ammar, représentant du laboratoire indien (Sérum Institut of India), en détention, Belkaïd Miloud, ancien directeur général de l’IPA (2002-2009) actuellement en fuite et faisant l’objet d’un mandat d’arrêt international, et d’autres cadres de l’IPA, parmi lesquels Dali Hamid, directeur général adjoint au niveau de la commerciale (toujours en poste,) Abdelmadjid Boudiaf, conseiller du DG, Chaïb Ahmed, ancien responsable des moyens généraux, Benguedda Mohamed Cherif, Aït Ouras Ahmed et Aït Ouras Lamine ainsi que Boubekeur Djamila.

L’affaire remonte à 2005, lorsque Nadia Touabti avait saisi d’abord son directeur général, puis le ministre, Ammar Tou, sur la situation «d’anarchie» qui régnait à la direction commerciale, dont elle a été chargée. Direction qu’elle s’est attelée à organiser en mettant en application la législation en vigueur à travers entre autres l’instauration d’une structure de prix pour tous les produits, la suppression de la vente au détail des vaccins, qui souvent se faisait sans le respect de la chaîne de froid. La réaction du DG ne s’est pas faite attendre.
Changement au niveau du personnel chargé de la gestion des chambres froides, le transfert en catimini, par le directeur général adjoint, d’une importante quantité de vaccins de Kouba vers un entrepôt privé Mag Sahel (pour un loyer de 400 000 DA/ mois) à Dély Ibrahim, non-respect de la procédure de distribution de vaccins et la cerise sur le gâteau a été l’arrêt inexpliqué des chambres froides pendant deux jours ayant occasionné la rupture de la chaîne de froid et donc la déperdition d’une quantité importante de vaccins contre l’hépatite B pédiatrique, anti-rougeoleux et de sérum antitétanique.

Marché d’importation

En fait, cet accident a eu lieu comme par hasard au moment où la direction générale de l’IPA signait un marché d’importation des mêmes vaccins auprès du laboratoire indien. Les quantités perdues au niveau de l’entrepôt privé, avaient été acquises dans le cadre de la coopération algéro-cubaine (sous forme de troc). Mme Touabti a saisi son directeur général mais ce dernier a fini par la muter au service de contrôle de qualité. Quelque temps plus tard, elle découvre que les trois lots de vaccins pédiatriques (plus de 3,5 millions de doses) contre la diphtérie, le tétanos et la coqueluche, importés auprès du laboratoire indien, ne sont pas conformes et refusent de signer le contrat.

Son DG fait appel au laboratoire national de contrôle de produits pharmaceutiques, pourtant non habilité à contrôler les vaccins, qui lui certifie la conformité des lots.Mme Touabti est alors licenciée quelques jours plus tard après avoir reçu des menaces de mort. Elle dépose plainte contre X, et décide d’aller voir le ministre Ammar Tou, pour lui exposer les graves informations qu’elle détenait. L’entrevue va durer plus de trois heures, à l’issue desquelles, elle est réintégrée à son poste. C’était vers la fin de 2005 et début 2006. Elle va se heurter à de nombreux blocages et mesures de harcèlement jusqu’à ce qu’arrive la crise de la grippe porcine. Mme Touabti déclare le vaccin H1N1 importé auprès du laboratoire anglais GSK, non conforme. Les mêmes lots qui avaient été refusés par la France se sont retrouvés en Algérie.

C’est alors que le ministre de la Santé, Barkat, qui avait suivi personnellement l’opération d’importation, a décidé d’envoyer une inspection pour fouiner dans la gestion de l’IPA (entre 2002 et 2005), sur des dossiers qui ont fait l’objet de rapports écrits par Mme Touabti et déposés sur le bureau de son prédécesseur. Mme Touabti se retrouve ainsi parmi ceux-là mêmes qu’elle n’a cessé de dénoncer, alors que plusieurs lots de vaccins H1N1 sont en train d’être retirés, dont trois l’ont été à Oran.

Enquête judiciaire

A la suite de la plainte du ministère de la Santé, l’enquête judiciaire va mettre la lumière sur les graves anomalies de gestion avec un préjudice provisoire, estimé par une expertise, à plus de 147 milliards de dinars et des marchés pour l’importation de vaccins contre la grippe, la rougeole, la diphtérie, le tétanos (DTCoq adultes et pédiatriques) donnés de gré à gré à un privé (Omani Ammar) représentant plusieurs laboratoires.

L’enquête a révélé une importation excessive de vaccins, quatre opérations durant le mois de juin 2003, pour des sommes de 1,5 million de dollars, 2,87 millions de dollars, 2,92 millions de dollars et 4,174 millions d’euros, auprès de Biopharma et du laboratoire indien, stockés dans des entrepôts jusqu’à ce que leur date de péremption soit dépassée. Elle a également montré que les 2 millions de doses de vaccins pédiatriques DTCoq importées pour 40 millions de dinars, avaient un taux de toxicité très élevé et ne pouvaient être mises sur le marché.

Le directeur général de l’IPA, Belkaïd Miloud, va mettre tout sur son conseiller Abdelmadjid Boudiaf, avant de prendre la fuite et de s’installer avec sa famille à l’étranger, au moment où la brigade économique et financière s’attelait à finaliser son enquête. Plusieurs chefs d’inculpation sont retenus contre les cadres mis en cause, y compris Mme Touabti, qui n’arrive plus à comprendre comment du statut de dénonciatrice, elle se retrouve parmi les prévenus, poursuivis pour entre autres dilapidation de deniers publics, violation de la législation des marchés publics et perception illicite d’avantages. Mme Touabti ne compte pas se taire. Elle attend avec impatience la tenue du procès pour livrer à l’opinion publique ce qu’elle a toujours dénoncé à ses plus hauts responsables….

Salima Tlemçani

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2 Commentaires sur cet article

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  • Bla N’joum
    16 septembre 2010 at 20 h 45 min - Reply

    cela expliquera clairement pourquoi notre systeme de sante est le plus mauvais au maghreb.
    on ajoutant la justice est tout s’explquera par details
    et en gros.




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  • faouzi
    16 mars 2011 at 10 h 36 min - Reply

    en ce qui concerne le maroc on se demmande pourquoi un produit comme le serum antitetanique indien SAT; est toujours en circulation dans notre pays alors que le nombre de choc anaphilactique augmente de plus en plus??????




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  • Congrès du Changement Démocratique