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23 March 2017

Algérie – Sawiris s’estime « puni » à cause du succès de Djezzy

par Oussama Nadjib    Vendredi, 17 Septembre 2010

In Maghreb Emergent

Le patron du groupe Orascom Telecom, Naguib Sawiris accuse le gouvernement algérien d’exercer des «pressions » sur Djezzy uniquement en raison de sa réussite. Il critique la « faiblesse de l’Etat de droit » qui le dissuade d’investir dans des pays comme l’Algérie.

Le milliardaire égyptien et patron d’Orascom Télecom Holding, Naguib Sawiris, a accusé le gouvernement algérien d’exercer des pressions sur sa filiale algérienne, Djezzy, uniquement en raison de son succès. « Nous avons atteint une part de marché de plus de 70% dans les télécoms où il y a trois acteurs. Nous sommes les plus grands et ils ont commencé à exercer des pressions sur nous pour la simple raison que nous étions très rentables et que nous avons réussi » a indiqué, Naguib Sawiris, au sommet des marchés émergents organisé par The Economist. Alors que les négociations sur le rachat de Djezzy par le gouvernement algérien, qui a mis en avant son droit de préemption, ne sont pas encore engagées, le patron d’Orascom Telecom juge de manière très négative le climat des affaires en Algérie. Selon le rapport de Reuters, Sawiris a déclaré que la « faiblesse de l’Etat de droit le dissuade d’investir dans des marchés émergents comme l’Algérie ». L’opérateur Djezzy (Orascom Telecom Algérie, OTA) a fait l’objet d’un redressement fiscal de 597 millions de dollars et d’une mesure d’interdiction de transfert de fonds vers l’étranger. Le gouvernement algérien s’est opposé à une cession de Djezzy à l’opérateur sud-africain MTN en faisant valoir son droit de préemption. Sawiris a affirmé que l’opérateur sud-africain avait fait une offre de 7,8 milliards de dollars pour le rachat de l’unité Djezzy. Très loin des estimations officieuses algériennes.

« On ne peut investir sans la bénédiction du n°1 »

Le gouvernement algérien qui a désigné un expert financier algérien, Hadj Samir Ali Mohand, pour estimer la valeur de Djezzy, avec l’appui de bureaux d’études étrangers, dit attendre les résultats avant la fin de l’année. Les déclarations de Naguib Sawiris sur la «faiblesse de l’Etat de droit » font partie de considérations générales sur la difficulté d’investir dans les pays du Moyen Orient et d’Afrique du Nord. « Vous devez vous rappeler que  vous êtes dans un environnement non-démocratique … Dans aucun pays vous peut investir sans la bénédiction du numéro 1. Si vous ne pouvez pas l’obtenir, vous ne devriez pas être là » a-t-il déclaré. Pour rappel, OTA-Djezzy est entré en février 2002 après avoir acquis, en juillet 2001, une licence pour 737 millions de dollars. A l’époque, il n’a pas manqué de voix en Algérie pour affirmer que l’opérateur égyptien bénéficiait de conditions très désavantageuses pour l’opérateur historique Algérie Telecom (AT). Le changement d’attitude du gouvernement algérien à l’égard d’Orascom Télécom est intervenu après la cession de la filière ciment d’Orascom Cement au groupe français Lafarge. On reproche au groupe égyptien d’avoir profité de facilités fiscales accordées par le gouvernement pour réaliser une forte plus value sur la vente de deux usines de ciments.

« Un comportement de prédateur »

Le gouvernement algérien n’a surtout pas apprécié de ne pas avoir été préalablement informé de la cession de la filière Orascom Cement au groupe français Lafarge pour la coquette somme de 8,8 Milliards d’euros. Un « comportement de prédateur » disait-on à l’époque. Le 26 juillet 2008, dans un discours devant les maires, le président Abdelaziz Bouteflika, voit dans cette cession la preuve que la politique économique du gouvernement est un échec, donnant ainsi le signal d’un changement total d’optique. Depuis, la règle des 51/49% a été imposée en matière d’investissement étranger et le droit de préemption affirmé. Pour certains experts algérien, si M.Sawiris « se plaint aujourd’hui de la faiblesse de l’Etat de droit, il en a aussi largement profité au moment de son installation en Algérie ». Le milliardaire égyptien considère que le Maroc, la Jordanie et l’Egypte sont toujours attractifs. Il considère néanmoins que le climat des affaires en Egypte était affecté par l’incertitude sur la succession de Hosni Moubarak. « C’est un risque et vous devez faire un pari. Un grand pari et non un petit. Vous avez un projet qui prend trois à cinq ans et vous devez faire appel à votre jugement ».


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8 Commentaires sur cet article

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  • khaled
    17 septembre 2010 at 17 h 13 min - Reply

    Quand l’imminence grise de ceux qui ont construit des autels de pseudo-pensées dénigre a l’Algérie leur ossement…

    Que vous levez attendre d’un transfuge de la pensée mercantile dans la terre des Boudiaf et Benboulaid…




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  • citoyen
    17 septembre 2010 at 17 h 39 min - Reply

    telephone egyptien,medicament francais cerales americaine route chinoise,povre algerie 48 ans plus tard elle ne produit rien.




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  • Larbi Anti-DRS
    17 septembre 2010 at 17 h 42 min - Reply

    Cet Egyptien il est partis de plus que rien en tous, éducation et fortune, est arrive’ avec la bénédiction du DRS a devenir un archi milliardaire. Il a obtenu un marche’ qui a été denier au PTT algérien et a d’autres privés Algérien. Maintenant cet énergumène fait face a comme il dit lui même a: “ Vous devez vous rappeler que vous êtes dans un environnement non-démocratique … Dans aucun pays vous peut investir sans la bénédiction du numéro 1.”
    Lui même a déclarer que les peuples Arabes ne sont pas prés pour la démocratie, ces barbares extrémistes. Je suis pour la protection de la propriété’ mais ce que ce type a en Algérie n’est pas a lui. Il est comme les généraux Algérien un parasite en disgrâce.




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  • solo
    17 septembre 2010 at 18 h 45 min - Reply

    Lui même a déclarer que les peuples Arabes ne sont pas prés pour la démocratie, ces barbares extrémistes…il n’y a rien a dire le monsieur a dit vrai;et ils ne le seront jamais…a moins que sur une autre planete.




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  • Nazim
    17 septembre 2010 at 20 h 27 min - Reply

    Je me rappelle très bien de cette époque pas si lointaine où une insignifiante compagnie de téléphone venue d’Égypte a d’abord été écartée des soumissionnaires à l’appel d’offre concernant la téléphonie mobile en Algérie. Quelques jours plus tard et à la surprise générale (mais surement pas à celle des «généraux»), elle fut non seulement repêchée (en remaniant les conditions de l’offre) mais elle remporta aisément le marché convoité aussi par des concurrents français, espagnols et portugais. Je me rappelle parfaitement de ces puces qu’on nous faisait payer une fortune et qui ne devaient devenir fonctionnelles que plusieurs mois plus tard. Il faut dire que le terrain était bien préparé par les PTT nationale qui ne vous accordaient alors la fameuse puce que si vous êtes recommandé par le ministre. Bref, l’épisode actuel m’inspire un seul commentaire, c’est les mots de ma grand-mère qui disait: «kama tadin toudan».




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  • Rédaction
    17 septembre 2010 at 21 h 04 min - Reply

    Sawiris : « En Algérie, vous ne pouvez investir sans la bénédiction du numéro 1 » !

    El Watan
    le 17.09.10

    Naguib Sawiris a lancé de graves accusations au gouvernement…

    Le patron du groupe Orascom Telecom, Naguib Sawiris, a sévèrement « taclé » le gouvernement Algérien au sommet des marchés émergents organisé par The Economist.

    « Nous avons atteint une part de marché de plus de 70% dans les télécoms où il y a trois acteurs. Nous sommes les plus grands et ils ont commencé à exercer des pressions sur nous pour la simple raison que nous étions très rentables et que nous avons réussi », a lancé d’emblée le milliardaire égyptien qui n’a pas manqué de décocher des flèches empoisonnées à l’encontre des Autorités Algériennes et à leur tête le Président Bouteflika.

    Selon le site maghrebemergent.info, Sawiris a tenu des propos très durs à l’encontre de l’Etat Algérien. Ainsi, pour lui, l’Algérie souffre d’une « faiblesse de l’Etat de droit » qui dissuade les investisseurs étrangers de venir s’installer dans notre pays.

    Pire encore, pour le patron d’Orascom Holding, en Algérie il règne « un environnement non-démocratique » et dans ce pays  » vous ne pouvez investir sans la bénédiction du numéro 1. Si vous ne pouvez pas l’obtenir, vous ne devriez pas être là » ! Avec de telles déclarations fracassantes, le « Bacha » Sawiris a dangereusement écorné l’image de l’Algérie.

    Et pour cause, de graves allusions sont signalées dans ces phrases incendiaires car elle implique directement le personne du Chef de l’Etat dans les investissements réalisés par Naguib Sawiris en Algérie.

    De nombreux observateurs ont cru comprendre que le milliardaire a voulu transmettre un message à l’assistance de ce sommet. Or, décodé, ce message pourrait comporter certaines vérités dangereuses. En effet, si en Algérie, le Groupe Orascom a bénéficié de la bénédiction des Hautes Autorités, cela pourrait alimenter de graves accusations de corruption.

    C’est donc un véritable pavé dans la marre que vient de jeter Naguib Sawaris. Cette affaire ne restera certainement pas sans suite car le bras de fer entre Orascom et le gouvernement Algérienne vire désormais au scandale !
    Abderrahmane Semmar




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  • Arezki Nait Amar
    17 septembre 2010 at 23 h 04 min - Reply

    Naguib Sawaris connait bien les mécanismes de fonctionnement du système algérien (entendre par-là ses tares !).En exploitant les tares du pouvoir algérien,il s’est introduit sur le marché algérien des télécoms et il a réussi.Comme nos dirigeants ne supportent pas les gens qui réunissent sans être en permanence sous leur coupe pour en extraire les dividendes,ils créént alors toutes sortes de scénarios qui puissent mener le récalcitrant vers une descente aux enfers.Souvenez-vous des affaires Abdelmoumen Khalifa et Brahim Hadjas !
    Mr Nagib Sawiris s’exprime en position de force car fortement soutenu pas la dynastie Moubarak d’Egypte et connaissant tous les points faibles du pouvoir algérien.Abderrahmane Semmar veut réanimer le feu entre l’Egypte et l’Algérie,mais c’est peine perdue car il ne faut pas prendre ses désirs pour des réalités !




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  • batni
    18 septembre 2010 at 3 h 35 min - Reply

    Il menace Bouteflika de tout dévoilé, admiré cette tournure  »« On ne peut investir sans la bénédiction du n°1  ». Une facon diplomatique d’insinuer qu’il a corrompu et acheté Bouteflika avec de l’argent et qu’il peut aller loin dans ses révélations.
    Sawiris contre-attaque et il connais trés bien le talon d’achille de notre malheureux pays.




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  • Congrès du Changement Démocratique