Édition du
28 March 2017

Le DRS, l’opposition et l’intox.

Radjef Saïd

En Algérie, l’intox, la rumeur et la propagande constituent l’élément central de l’identité du régime totalitaire en place depuis plus de soixante ans. Si bien qu’aujourd’hui la réalité a perdu toute signification dans l’esprit de la majorité des algériennes et des algériens. On  a du mal a distinguer la frontière entre le réel et le virtuel. Le dispositif institutionnel mis en place par la junte, ne tolère guère l’existence d’une presse libre et indépendante. Les medias et les journaux sont la propriété exclusive du DRS. Le quatrième pouvoir en Algérie donne l’impression de n’être qu’une couche de vernis avec laquelle les généraux tentent de maquiller leur régime totalitaire en république démocratique. C’est d’ailleurs grâce a cette presse dite indépendante que le régime a réussi a neutraliser dans l’œuf un nombre considérable de militants opposants authentiques qui veulent rétablir l’ordre de l’exactitude et de la certitude et a infiltrer les partis politiques.

Nous avons encore en mémoire l’histoire de ces éditeurs de presse qui pour entretenir l’illusion d’une menace qu’il faut a tout prix combattre, ont fait passer des agents du DRS pour des émirs nationaux du GIA et du GSPC et des militants accomplis et réellement engagés pour de vulgaires indicateurs. Qui ne se souvient pas de tous ces délinquants pervers  qui dans la peau de faiseurs d’opinion, ont pris d’assaut l’opposition pour faire croire à ses dirigeants  que des militants -intègres-  qui se trouvent a des années lumière de cette même opposition, sont des agents influents de la police politique ? Cette situation a fini par donner des purges spectaculaires au sein des partis de l’opposition.

Depuis les premiers jours de la révolution, l’armée a assiégé la mentalité de l’algérien par la rumeur et les fausses nouvelles. Aujourd’hui, en dépit  des soixante dix ou plus de journaux qui garnissent quotidiennement nos kiosques, l’algérien préfère reprendre une information (rumeur) qu’il aurait recueilli auprès «  d’un ami père d’un haut gradé au sein des services ». « C’est le père d’un colonel du DRS qui me l’a affirmé ce matin pendant que je me rendais au marché » Il s’agit là d’une façon de souligner son appartenance au monde qui domine, qui est la première source et qui est constitué par l’élite et la grande noblesse du pays. Des exemples de ce genre, on peut citer des tonnes par jour. Dans la mémoire collective,  la grande noblesse et l’élite ne sont pas dans l’univers universitaire et dans les partis politiques. Elle est seulement au sein du DRS.  Et la presse n’est pas une source fiable et sûre. Par ailleurs, les militaires algériens, conseillés il est vrai par des experts militaires français, américains et russes, savent que la société algérienne est un terrain fertile à la rumeur et à l’intox. D’abord parce que celle-ci est dépouillée de sa citoyenneté et évolue de façon archaïque et primaire sans repères culturel et intellectuel. Et ensuite, elle perpétue de façon magistrale une tradition orale basée essentiellement sur le mythe et l’irrationalité.

Durant son règne personnel, le colonel Med Boukharouba qui a donné au régime totalitaire une âme, n’a pas arrêté un chat et demi dans les rangs de l’opposition. Pourtant, à ce jour,  c’est tout le monde qui se souvient de ces années de terreur ou des centaines de milliers d’algériens ont été surpris dans leur sommeil par la police politique du dictateur Boukharouba et qu’on a  fait disparaître à ce jour sans laisser la moindre trace. Qu’en est-il réellement dans les faits ? Deux amis sociologues à l’université Mouloud Mammeri de Tizi-ouzou, ont ouvert les pages de cette douloureuse époque ou Boukharouba gérait d’une main de fer le pays. Ces deux sociologues, n’ont trouvé aucun cas de disparition ayant entaché le règne de Boukharouba. Les « opposants » qui parlent de disparition durant cette période, refusent de se rendre à l’évidence, parce qu’ils ne trouvent pas comment expliquer leur absence et leur peur devant le régime en place. On invente alors, loin de la réalité, un autre monde  ou tout est justifié d’avance.

Il faut dire que 130 ans de colonisation et plus d’un demi siècle de règne totalitaire, ont épuisé le mental des algériennes et des algériens. Ces derniers avalent toutes les couleuvres sans demander pourquoi.


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15 Commentaires sur cet article

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  • AMOKRANE NOURDINE
    17 septembre 2010 at 16 h 54 min - Reply

    QUELS SONT CES DEUX SOCIOLOGUES ET LE TITRE DE LEUR LIVRES? JUSTE PAR CURIOSITE




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  • AMOKRANE NOURDINE
    17 septembre 2010 at 17 h 01 min - Reply

    LA QUESTION DONC EST POSEE A MR RADJEF L’aUTEUR DE LA CONTRIBUTION




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  • bouyilès
    17 septembre 2010 at 18 h 24 min - Reply

    On dresse toujours des tableaux noirs sur la gestion de mon pays.Eh bien,moi aujourd’hui je vais vous désapprouver.Mon pays est trés bien géré et en voici la preuve.
    Ma rue ,qui existe dans l’anonymat depuis vingt ans a été baptisée aujourd’hui.
    On lui a apposé un plaque,inscrite dans les trois langues s’il vous plait.Depuis vingt ans que j’y habite je peux maintenant recevoir mon courrier tranquillement.
    Le boulevard situé aux alentours et que le génie populaire à baptisé du nom « des 12 salopards »en raison de la position des gens qui se le sont accaparés pour une poignée de dinars durant la période faste de l’article 120 s’est vu débaptisé.On lui a attribué le nom d’un chahid et je suis trés malheureux pour ce chahid.Le pauvre il ne mérite pas que son nom soit associé à cet endroit .
    Il y a six mois de cela ,je vous avais informé qu’on avait dépêché une équipe de balayeurs qui avait déblayé les trottoirs et les canniveaux.
    Dès que j’aurai d’autre bonnes nouvelles de ma rue ,je vous les communiquerai.
    Dans 10 ans ou 20 ans peut-être,si on est encore de ce monde.
    Et je vous l’assure:c’est de l’info et pas de l’intox.




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  • radjef said
    17 septembre 2010 at 18 h 52 min - Reply

    Bonsoir tout le monde.@Amokrane, bonsoir. Je n’ai pas dit que mes amis ont ecrit un ouvrage, j’ai dit qu’ils se sont interrogés sur ce qui s’etait passé durant cette periode. Combien d’arrestations et de crimes qu’on peut mettre a l’actif du colonel Boukharouba? Qui sont ces gens qui ont été enlevés et qu’on a fait disparaitre tard dans la nuit et dont les familles n’ont pas retrouvé de trace a ce jour?Combien d’ecrits politiques pour denoncer la politique desastreuse -et qui l’etait réellement- ont été redigés par les opposants de l’epoque?…Il existe des gens qui veulent preparer des theses universitaires sur le mouvement national et sur la conquete du pouvoir avant et apres les Accords d’Evian. Ces deux amis interviennent regulierement a travers ma personne sur ce site.




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  • Mohamed Jabara
    17 septembre 2010 at 20 h 53 min - Reply

    @Said Radjef, bonjour.

    Moi aussi je vais emboiter le pas à @Vouyilès et dire du bien de mon pays. Tous les pouvoirs au monde ont recours à la presse aux ordres et à la rumeur pour faire passer leurs combines, y compris dans la France Sarkozienne pays des droits de l’Homme et même de la femme sans voile et sans burqua.

    L’affaire Sakinah qui ressort depuis 2005 pour être brandie comme une épée et par laquelle on veut imputer coùte que coùte à l’Iran une lapidation qui n’existe qu dans la caboche de ses concepteurs, est un exemple illustratif qui vise à mobiliser l’opinion interne en vue d’une guerre inélucatable contre ce pays qui ne veut pas rentrer dans le rang. Ont ils appris chez nous ces sbires qui manient si bien le mensonge, ou avons nous appris chez eux ? Manipuler la rumeur pour en faire une information et manipuler l’information pour en faire une rumeur, cela s’est vu aussi lors de la guerre d’Irak et à donné les résultats que l’on sait.

    Ce que ailleurs on trouve par contre, et qu’on ne trouve malheureusement aps chez nous, c’est une opposition des gens intègres dans les coulisses des professions, politiques, journalistiques, militaires et autres, qui dénoncent et ont le courage de le faire malgré la pression.

    Chez nous les gens se taisent devant des énormités. Des femmes et des vieillards se font agresser et détrousser en pleine rue sans que personne n’intervienne.

    Par ailleurs, le mensonge à la vie courte et ses auteurs finissent toujours par être rattrapés par le temps. La vérité sur l’Irak est maintenant connue. Et chez nous le petit peuple ne croit plus à ce qu’on lui dit.

    Certes il reste encore une petite minorité qui boit encore dans les fontaines du parti pris qu’est devenue la presse, mais comme me disait un jeune l’autre jour, ce n’est pas avec 10 dinars qu’on achète LA vérité.




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  • AMOKRANE NOURDINE
    17 septembre 2010 at 21 h 16 min - Reply

    Je m’excuse Mr RADJEF; je ne sais pas si j’ai bien compris votre commentaire car pour ce qui est des écrits sur l’ALGERIE LE MAGHREB ils y ont a énormément. Juste quelques mots que j’ai envie d’ajouter : Avant de juger une période bien donnée de l’histoire algerienne il faut la situer dans son contexte mondial. J’aimerai bien vous renvoyer au petit article que j’ai publié ds hoggar.org sur le portugal et la REVOLUTION DES oeillets article intitulé LES EFFETS NEFASTES DE LA MONDIALISATION NEOLIBERALE Et je me demande encore aujourd’hui si les choix de BOUKHAROUBA à l’epoque n’était pas pour le pain les soins gratuits etc pour tout le peuple.Il n’y nul pays au monde où on peut tout avoir et comme m’a dit un copain residant en france que j’ai rencontré cet été; copain de ma génération,  » L’ALGERIE des années 70 était un havre de paix par rapport à celle d’aujourd’hui et les peurs que tu as évoquées avec tes amis remontent au colonialisme, à ce qui s’était passé durant la guerre bien à toi bonne soirée
    j’espére que je me suis bien exprimé sinon j’essaierai une autre fois




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  • D B
    17 septembre 2010 at 21 h 38 min - Reply

    @Mohamed Jabara
    Mon cher Mohamed
    Que dire après ton post qui répond à Saïd ?
    C’est un condensé de bon sens, l’expression d’une vision juste, honnête et forte, d’une situation que les uns et les autres tentent d’embrouiller, délibérément où à leur propre insu.
    Je dis seulement: MERCI!




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  • AMOKRANE NOURDINE
    18 septembre 2010 at 9 h 15 min - Reply

    @Mr MOHAMED JABARA vous dites : « L’affaire Sakinah qui ressort depuis 2005 pour être brandie comme une épée et par laquelle on veut imputer coûte que coûte à l’Iran une lapidation qui n’existe que dans la caboche de ses concepteurs ». Je ne comprends pas ; est ce dire que ces pratiques barbares n’existent point en IRAN, ARABIE SEOUDITE etc.…
    Si je comprends bien les forces de gauche se trompent donc
    MERCI DE REPONDRE




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  • Mohamed Jabara
    18 septembre 2010 at 10 h 17 min - Reply

    @Amokrane Nourdine.

    Je ne sais pas pour l’Arabie Saoudite et pour d’autres pays et je n’en ai pas parlé dans mon post mais pour ce qui est de l’Iran, veuillez trouver ci dessous les liens où j’ai puisé mes informations. Un certain Dieudonné signataire de la pétition contre cette lapidation est allé jusqu’en Iran pour s’apercevoir qu’on l’a berné, d’après ce qu’il dit.

    http://lequotidienenalgerie.blogspot.com/2010/09/sakineh-une-nouvelle-jila-izadi.html

    http://lequotidienenalgerie.blogspot.com/2010/09/le-scandale-sakineh.html

    Mais je peux dire que la lapidation est une mesure (houdoud) posée dans le saint Coran pour réprimer l’adultère, or la preuve de l’adultère en droit musulman doit etre faite selon certaines conditions impossibles à se réaliser dans la réalité et qui rendent toute preuve impossible et donc je ne vois pas d’applicapilité à la lapidation dans les pays réellement musulmans.

    Cordialement.




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  • Mohamed Jabara
    18 septembre 2010 at 10 h 27 min - Reply

    @DB.

    Bonjour.

    Merci de m’encourager.

    Il est vrai que chez nous au lieu d’encourager les bonnes volontés qui se démarquent ça et là, on leur tombe sur le paletot et on les empêche de s’exprimer. La solidarité pour la vérité n’existe pratiquement pas, alors que la solidarité dans l’hypocrisie existe et est au plus fort. Dans ce contexte trouble, la morale, réprimée, trouve difficilement son chemin pour s’exprimer et sans morale la société périclite et se meurt.




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  • AMOKRANE NOURDINE
    18 septembre 2010 at 12 h 08 min - Reply

    @MOHAMED JABARA COMME dit ce vieux médecin algérien LE COMMUNISME et L’ISLAM sont deux choses parfaites mais dans l’application c’est tout autre chose.




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  • AMOKRANE NOURDINE
    18 septembre 2010 at 12 h 55 min - Reply

    @radjef « Nous avons encore en mémoire l’histoire de ces éditeurs de presse qui pour entretenir l’illusion d’une menace qu’il faut a tout prix combattre, ont fait passer des agents du DRS pour des émirs nationaux du GIA et du GSPC et des militants accomplis et réellement engagés pour de vulgaires indicateurs » Je trouve que votre phrase mérite clarifications




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  • M.J.
    18 septembre 2010 at 17 h 49 min - Reply

    Hypocrisie.

    Se dire musulman sans appliquer les préceptes du Coran et de la Sunna et les critiquer ouvertement c’est être musulman moderniste, c’est à dire n’ayant de l’islam que le nom et la shahada qui demeure enfouie au fond de l’âme et dont personne ne peut juger sauf le Créateur.

    A chacun ses orientations mais pourquoi tout mélanger ? L’histoire des lapidations revient trop souvent dans les débats, de même que la polygamie. La lapidation est établie par l’aveu ou par le constat établi par quatre témoins. Certains vont même jusqu’à dire que ces témoins doivent établir sans ambages qu’un fil tendu entre le couple ne passe pas. On sait que l’érection dans ces conditions ne peut tenir le coup et que le fil passera et que donc il est impossible d’abord de réunir quatre témoins sur la scène des faits et ensuite de pratiquer cette procédure sans annuler les effets qu’elle tend à établir. Même sans ça, comment faire pour réunir quatre personnes sur la scène de l’adultère pour visualiser l’acte ?

    Du temps du prophète une femme est venu le voir ainsi d’ailleurs qu’un homme, je n’ai pas retenu les noms pour reconnaître avoir commis des cas d’adultère. Le prophète n’a cessé de dissuader les deux (pour la femme des années durant) , qui ont tenu à se voir infliger la sanction de la lapidation. Je ne connais pas d’autre événement similaire après.

    C’est donc que la législation musulmane subordonne la lapidation à des conditions irréalisables ou dépendant exclusivement de la foi et/ou de la bonne foi de l’auteur de la faute et de sa disponibilité à accepter la sanction et à faire l’aveu public de sa faute de lui même.

    Il ne suffit pas qu’il y ait adultère pour que la lapidation soit appliquée mais il faut que les protagonistes soient mariés et qu’il le fassent. Or pour l’homme la loi à prévu la polygamie et pour la femme le « khol3 » qui la délie du lien du mariage pour en contracter un autre. Rien n’empêche donc deux personnes qui veulent fricoter de le faire dans les normes.

    Pourtant certains musulmans prèfèrent encore l’adultère et la tromperie à une polygamie institutionnelle au motif que les occidentaux la voient d’un mauvais oeil. C’est donc un problème civilisationnel ou plutôt de mimétisme civilisationnel. Car notre civilisation musulmane ne pose pas problème pour les véritables musulmans même s’ils sont taxés d’islamistes et qu’on leur colle les pires des étiquettes. Forniquer oui, être polygame non. Rejeter les préceptes divins oui, rejeter les préceptes occidentaux non. Voilà ou nous en sommes.

    Ce serait d’après eux une inégalité instituée entre les sexes et qui serait illogique de leur point de vue. Les hommes et les femmes mariés, savent la disponibilité de la femme et de l’homme au lit. Quand les organes mâles produisent en permanence des spermatozoides pour les stocker dans la vésicule séminale, au bout de quelques jours, voire de quelques heures pour certains, cette vésicule envoie une alerte au cerveau et le reste est connu. Par contre chez la femme ce sont surtout les sentiments qui sont à l’origine de son attirance vers un homme et peut être aussi à l’ovulation pour une courte période d’une journée ou deux. L’inégalité réside donc dans la nature des deux et non pas dans les règles de gestion des relations.

    Mohamed Jabara




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  • abderrezak
    18 septembre 2010 at 18 h 49 min - Reply

    salam,
    arretez de dire n’importe quoi,il n’y a jamais eu de disparus a l’epoque du président Boumediene,je vous met au défi de me trouvé un seul disparu.




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  • Freemoh
    18 septembre 2010 at 19 h 35 min - Reply

    Ce que vous dites est très juste M.Jabara. Barak Allahou fik.




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  • Congrès du Changement Démocratique