Édition du
28 March 2017

Centre anti–cancer de Constantine: Les malades voient rouge

par A. Mallem

« Y a-t-il encore dans ce pays des responsables qui sont conscients de notre situation et qui ont un cœur sensible pour sentir la tragédie que nous vivons ?», s’est interrogé hier un malade venu de la wilaya de Bordj Bou Arréridj, pour passer l’examen de radiothérapie au centre anti-cancer (CAC) du centre hospitalier universitaire de Constantine. Et ils sont des dizaines comme lui venus de toute la région Est, qui errent chaque jour dans les couloirs du service, dans l’espoir d’obtenir une séance de radiothérapie.

Les patients se plaignent du retard accumulé dans leur prise en charge pour des séances de radiothérapie et voient du coup leur situation s’aggraver. «C’est désormais une fatalité cette panne sur les accélérateurs, explique un médecin, car notre centre fait face à une pression insoutenable du moment que celui-ci donne des prestations pour toute la région Est constituée de 17 wilayas».

Une note du médecin-chef affichée à l’entrée du service avertit en effet qu’en raison des pannes fréquentes survenues sur les machines, des rendez-vous pourraient être reportés. «Les rendez-vous ajournés ne cessent de s’accumuler et c’est maintenant plus de 500 patients qui attendent leur traitement», confirme la professeur Djemaa, médecin-chef du service de radiologie du CAC. Cette praticienne affirme que face à cette situation, le service ne prend plus de nouveaux malades. Elle expliquera qu’un seul patient nécessite un mois et demi de traitement, à raison de 3/4 d’heure la séance et chaque appareil, qui fonctionne de deux à trois fois par jour, ne peut prendre en charge qu’une trentaine de personnes. «Nous travaillons pour une population de 15 millions d’habitants de la région Est, avec trois machines seulement, alors que suivant les normes admises au niveau international, il en faut six pour un million d’habitants. Et encore, à cause d’une surexploitation continue, ces appareils, qui ont plus d’une vingtaine d’années d’âge, tombent souvent en panne et on ne trouve plus de pièces de rechange d’origine parce que le fabricant étranger n’en produit plus». Elle signale que les différentes astuces utilisées, notamment le prélèvement de pièces de rechange sur des appareils similaires réformés et provenant du centre Pierre et Marie Curie d’Alger ne peuvent plus être utilisées parce que ces pièces ont été épuisées.

Interrogé, M. Zermane, directeur du CHUC, n’a fait que confirmer la gravité de la situation en rappelant que l’opération d’acquisition de nouveaux équipements, qui passe par la procédure de passation de marché et par la commission nationale des marchés, a été lancée au mois de mars 2008. «Et nous sommes toujours dans l’attente de sa programmation», a-t-il affirmé.


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