Édition du
28 July 2017

COMBIEN VAUT UNE VIE HUMAINE ?

Par Noureddine Belmouhoub

Cest la question qui se pose avec stridence, pour savoir pourquoi y a-t-il une Charte pour la paix et la réconciliation nationale pour une partie ou s’y trouvent victimes et coupables, et une autre partie ou il n’y a que des victimes qui en sont exclus. Une interrogation s’impose de facto, cette Charte est-elle tant et autant si sélective ? Alors n’est-ce pas là une panne de l’équité, une sorte d’incompatibilité avec la notion de la perception et du rayonnement de la justice, du mépris vis-à-vis de la douleur humaine, et aussi une violation gauchement fardée du fondement du premier principe de la Déclaration universelle des droits de l’homme, qui précise  nettement que les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits, une politique du déni et de l’oubli, au point ou on est poussé à se demander combien vaut une vie humaine ?

D’aucuns diront pourquoi ruminer cette salive amère qui ravive la douleur, et garde en éveil une colère impuissante, toutefois légitime. La raison est simple, fondée et surtout légale, la victime d’une injustice ayant gardée le sens de l’honneur, marche le front haut, et rappelle a l’occasion qu’il restera encore et toujours un petit nombre de personnes éternels trouble-fête, pour dire aux gens et aux choses qu’ils n’accepteront jamais de rester immobiles, et qu’ils veilleront pour que la vérité une fois réveillée, ne puisse jamais plus se rendormir. Baisser les bras et me terrer dans le silence, à mon sens c’est brader quelque chose de sacrée, un peu de mon âme, c’est aussi abdiqué alors que mon devoir est de me battre, dans les limites de la loi pour défendre et préserver mon honneur et ma dignité, sans considération du poids de l’adversité, et sans égard a la disproportion des moyens matériels.  Peu importe des lors que, ma volonté ne m’a pas abandonné, au contraire elle répond a l’exigence du temps et aux Commandements tacites et intangibles de ma conscience, qui me définissent clairement jusqu’ou devrais-je obéir et ou je dois cesser de le faire.

Il faut qu’on sache que la chose dont je suis sur, profondément sur, c’est que je n’ai plus envie d’avoir peur de quoi que ce soit, encore moins de dire la vérité, même si cela choque ou dérange, et je dis haut et fort, pour moi, la fièvre janvièriste restera à un de degré de perversion exclusive dans les annales de la forfaiture, alors que forfaire est un déshonneur qui déshonore bien plus que le déshonneur, mais l’autoritarisme s’embarrasse-t-il de la hachma (la honte), mais allait jusqu’à procéder à l’arrestation de milliers de gens innocents, dont le seul crime est d’avoir des idées différentes, pour les séquestrer injustement et sans aucun état d’âme, dans des lieux irradiés qui défient et la raison et la loi, restera la tâche la plus sombre, la plus sordide et la plus maléfique de toute l’histoire de l’humanité. Il est de notoriété que les régimes politiques abusivement personnalisés, fussent-ils les meilleurs ou les moins mauvais, préparent tout autant que les courants qu’ils présument désordonnés auxquels ils prétendent remédier, des lendemains pénibles et souvent tragiques, voire horribles. C’est le prix de l’aventure et les désastreux résultats en sont la preuve. Pour ma part je demeure profondément convaincu que de mémoire humaine, rarement un chef militaire n’aura lie aussi douloureusement a son esprit et a son destin, celui de toute une Nation. L’extrême concentration des pouvoirs entre les mains de l’auteur de la première violence et de sa clique à claques en Algérie, les pratiques oligarchiques tel que la prolifération des polices parallèles, l’abus du Pouvoir usurpé, l’action secrète, la propagande alarmiste, et particulièrement l’égocentrisme d’un vieillard dont le cerveau machiavéliquement tordu, s’identifie a la poignée de la canne qui l’aide a supporter le poids d’une conscience molle et sinistrement lourde, ne peuvent avoir résultats que les larmes et le sang inutilement versés, mais une chose est sure, les jugements de l’histoire sont implacables et les fins de règne sont toujours tristes, pour les monocrates sans scrupules, qui imposent leurs lois scélérates en agissant en monarques sans trône ni couronne, pour refuser le droit aux autres. C’est en voulant être tout pour tous, qu’ils finissent toujours par devenir plus rien pour tous, absolument rien, sauf une tache noire dans les pages de l’histoire de l’humanité, et maudit par la communauté.

Comment se taire face à tant d’injustice, tant de mal et tant de souffrances, devant tant d’abus du droit des gens par la force et la puissance d’un Etat de non droit, ayant largement montré son non sens. Abus brodés par des doigts sinistrement maladroits dans un désordre démocratique, incompatible dans sa forme et dans le fond, autant avec la morale élémentaire, qu’avec les valeurs nationales. Un honteux dérèglement ayant quelque chose de tragique et de comique à la fois, à l’image de ses concepteurs. Mais il faudra bien que justice soit rendue un jour même si de l’autre coté de la barrière, on continu à croire qu’on peut abuser longtemps,  il faudra bien qu’on comprenne un jour qu’on ne pourrait leurrer, qu’on ne peut mentir tout le temps. Heureusement, tout à une fin, le mensonge aussi. Alors pourquoi s’entête-t-on autant à mystifié la question des Camps de la honte ? Pourquoi cette culture de l’omerta ? Que voudrait-on dissimuler au juste, le fait que les essais nucléaires de la France coloniale, se soient poursuivis bien après l’indépendance « ou presque » du pays, avec Internet les accords d’Evian, sont un banal secret de polichinelle. Alors Remember, plus que jamais, le Comité de Défense des Internés des Camps du Sud (CDICS) est décidé de ne point désarmer, et en qualité de Porte parole des victimes des guatanamo’s du désert algérien, je dénonce le crime abjectement inhumain dont furent victimes des milliers d’innocents, et je continuerais à le faire haut fort et sans trêve le plus loin possible, sur un terrain, ou grâce à Dieu aujourd’hui on ne peut plus museler les voix qui se veulent libres, libres de toutes contraintes, sans fils à la patte, et surtout désintéressées de tout, comme je dénonce le silence agaçant qui loin de nous plier au contraire, me motive et fait que j’élèverais davantage et chaque jour u peu plus, plus haut et plus fort la voix, jusqu’à me faire entendre par les étoiles au Firmament.

Sans aucun doute, avec la première violence que fut l’arrêt du processus électoral, ce qui alors était certain, bien entendu sauf chez les imposteurs, c’est que chacun avait non pas l’impression mais la certitude qu’il n y avait ni gouvernants ni Etat. Des hommes libres ont lutté et libéré le pays de la tyrannie coloniale, mais une fois parvenus au pouvoir par la ruse et la force, une poignée de sinistres individus aux desseins obscurs et aux passés douteux, sont devenus pires que ceux qui ont été chassé. A un problème pose en pleine lumière et avec une grande force se résumant par deux mots : Autorité et Justice, le système pourri le plus corrompu que la terre ait connu, apporta une réponse en un seul mot : Répression. L’objectif était si clair au point ou la sauvegarde tant louée, paraissait aussi clairement n’être qu’un alibi trompeur et mensonger, faisant preuve d’un non sens et de l’irresponsabilité. Et ce n’est sûrement pas une hasardeuse coïncidence si l’on trouve parmi ces acteurs, bien d’individus au sommet de fortunes colossales, bâties malhonnêtement sur le dos d’une imaginaire tentative d’insurrection, « qu’elle insurrection ?… ». On appréciera la subtilité du motif évoqué, remarquable dans sa perfidie que l’histoire jugera. Elle jugera ceux qui l’ont conçu et pourquoi pas, ceux qui auront accepté de l’exécuter, comme si la démocratie formelle s’accommodait docilement d’une dictature militaire. Une duplicité nommée sauvegarde, au nom de quoi des intellectuels de haute culture seront détenus arbitrairement dans des camps de concentration, dignes d’un fascisme d’un temps révolu, au profit de menteurs et de tricheurs, inspirés d’un mélange d’aventures mi-fascistes mi-coloniales. Dieu admet-il une passion faite d’intrigues dangereuses ? Bien sur que non répondra tout sage, il ne faut ni former des intrigues, ni jouer avec la liberté ou la vie des gens. Où seraient donc la piété, la raison et l’humanité pure, lorsqu’apparaît dans une Société au passe glorieux, une âme vile, sordide, sans noblesse et sans générosité. Nul que l’auteur avéré de la première violence n’aura offensé avec un orgueil si impie,  la charpente sociale d’une Nation qu’une déshonorante et sanglante colonisation n’aura pas réussi à déstabiliser. Nul que lui (nezaresse hachakoum) n’a fait succéder l’anarchie à l’Ordre. Nul n’aura fait tant de mal, engendrant douleurs, souffrances, frustrations, désespoirs, océan de sang des victimes mêlé aux larmes de veuves et des orphelins, et quel gâchis ! Un gaspillage où seul un parasite éhonté peut y parvenir, en détournant tout à son usage. C’est une chose monstrueuse de voir dans un même individu une insensibilité pour les choses inhumaines et cette étrange dose d’insensibilité à la douleur humaine. Etrange aveuglement que l’on rencontre chez tout coupable de haute trahison.

Je dédie cette contribution (dont chaque paragraphe débute avec une initiale du C.D.I.C.S oualou karihou elmoudjrimoun), à tous les ex-déportés et évidement à celles et ceux qui ressentent de la compassion pour les veuves et les orphelins de nos Co-internés qui ont rendu l’âme, suite aux maladies radio induites due aux irradiations nucléaires, et le combat continu.

Le 20 Septembre 2010

Nourredine BELMOUHOUB

Porte-parole du CDICS

Défenseur Libre des Droits de l’Homme


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7 Commentaires sur cet article

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  • citoyen
    20 septembre 2010 at 22 h 58 min - Reply

    en algerie une vie humaine c l equivalent dune sardine au yeux de c « gouvernants ».




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  • Zineb Azouz
    21 septembre 2010 at 0 h 52 min - Reply

    Cher Compatriote Nourredine BELMOUHOUB,

    Une SEULE vie sacrifiée sur l’autel de l’injustice vaut TOUTES les vies humaines.

    Telle est l’équation que nous connaisons depuis Hābyl (Abel) et Qābyl (Caïn)et la réponse, si je puis me permettre à votre titre.

    Nous savons que celui qui ôte la vie est maudit et que son acte est un crime contre toute l’humanité .

    La vie est sacrée et ce principe est consacré dans tous les livres saints, auprès de toutes les consciences libres et au sein de tous les peuples civilisés.

    C’est parce que nous nous sommes un jour mis à comparer les dictateurs, les crimes et les événements douloureux par leurs nombres de morts que nous nous sommes retrouvés face à ces boucheries à ciel ouvert.

    C’est parce que nous nous sommes autorisés à penser que lorsque l’Etat tue, ce crime pour être reconnu en tant que tel, il devait obéir à un seuil de signification lié à une valeur quantitative, à un nombre de morts minimal.

    J’entends encore des arguments du genre, le colonel ou le président X était le meilleur, de son temps, on n’a tout même fusillé qu’une quarantaine d’officiers ou d’opposants, rien à voir avec les crimes qui ont suivi son règne.

    Et les règnes ou les fratries qui se sont succédés pour nous gouverner et nous asservir ont bien bien sûr reçu notre message ou notre non-message et se sont surpassés puisque les enjeux et les prédateurs se sont décuplés.

    Quelque part, depuis que nous avons détourné nos consciences du premier cadavre que les forces du mal ont fusillé ou étranglé ou que sais-je et ce, bien avant notre indépendance, nous sommes tous morts puisque incapables de défendre le principe inaliénable de la vie.

    Nous somme devenus la mangeaille de l’État et seuls les hommes libres et dignes qui continuent comme vous, de rester intraitable avec les criminels, dérangent et perturbent nos commandeurs gloutons en fortune et en vies humaines.

    Comme à chaque fois que je vous lis, je suis triste , voir honteuse, et j’ai presque envie de dire aux victimes, malgré leurs affres, de venir sauver cette masse silencieuse se son « confort », cette masse qui a l’illusion d’être hors de danger.

    Encore merci Monsieur Nourredine BELMOUHOUB.

    Cordialement,
    ZA




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  • Guerriere de la lumière
    21 septembre 2010 at 15 h 26 min - Reply

    Je voudrais simplement dire, que toutes les richesses du monde, ne valent une vie humaine!

    Quand à l’indemnisation des victimes d’une tragédie, pour moi c’est la pire des insultes qu’on puisse faire à un parent qui a perdu un ou des êtres chers!

    Cet argent aurait pu ou dû servir à investir dans des projets (écoles, universités, hopitaux, centre de recherches scientifiques, musée, … toutes sortes d’infrastructures utiles et rentables avec création d’emploi pour cette jeunesse perdue et desesperée)
    au Lieu de leur creuser des tombes ou des fosses communes selon les cas, pour ré-« compenser » ensuite leurs parents!

    C’est vrai cher frère Nourredine BELMOUHOUB,Il ne faut plus se taire, et c’est l’hommage le plus sincère, le plus juste, le plus noble et le plus équitable qu’on puisse rendre à tout les êtres chers qu’on a perdu.

    @Mme ZINEB AZOUZ,
    Chère soeur, vous avez le droit d’être triste de part vos valeurs hautement humaines, mais point de hônte! ce n’est pas à vous de l’avoir…mais à ses bourreaux qui ont endeuillis et continuent à endeuillir nos familles et notre chere « EL DJAZAIR ».
    Votre contribution et votre présence sur ce site est la meilleure preuve de votre sincèrité et la plus belle façon à rendre hommage à toutes les victimes!

    Respectueusement à vous.




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  • Zineb Azouz
    21 septembre 2010 at 18 h 41 min - Reply

    Ravie de te lire chère @Guerriere de la lumière,
    je me suis inquiétée à propos de ton absence en plus du fait que tes mises au point ma manquaient.

    J’ai honte ma chère sœur de mon impuissance face à toutes ces injustices que nous côtoyons depuis trop longtemps et dans la plus grande indifférence.

    Ne sommes nous pas capables ne serait ce d’afficher des signes de deuil ?

    Merci encore à toi et ne nous laisse pas tomber.

    Sincèrement,
    ZA




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  • Guerriere de la lumière
    22 septembre 2010 at 13 h 45 min - Reply

    @Mme ZINEB AZOUZ!

    Je suis très touchée par votre message et sachez que même si je ne poste pas souvent des commentaires, je suis accro à LQA! (et quelque soit la cure de désintoxication qu’on me fera, je crains que ca ne soit irreversible!:) )

    Vous êtes ma seconde famille!

    Je me sens toujours très proche des gens sincères, droits et engagés dans des causes justes, nobles et loyales!
    J’ai souffert dans ma jeunesse, car très tôt j’ai perdu des membres de ma famille qui m’étaient très chers! J’ai vu beaucoup d’injustice autour de moi et j’encaissais les coûts sans pouvoir faire quoi que cela soit! et je ne parle pas seulement de la cruelle perte des mes propres frères mais aussi de tous les algériens hônnetes et sincères, ceux qui ont l’amour de la justice dans le sang et jaloux de leur patrie!

    C’est pour cette raison, que je crois que c’est un signe du destin si le bon Dieu a fait que je découvre LQA et que je sois la!

    J’essayais de changer les choses en priant avec mon coeur…(AD3AFOU EL IMANE)
    A présent, j’essaye de changer les choses en écrivant …
    Demain, peut-être j’aurais plus de force et d’autres moyens pour changer les choses…

    Je veux apporter ma modeste contribution pour le salut de ma patrie, et pour ne pas trahir la mémoire de tous ceux qui se sont sacrifier et qui se sacrifient pour que demain nous puissions vivre dans la paix!

    Respectueusement à vous.




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  • Nourredine BELMOUHOUB
    25 septembre 2010 at 14 h 01 min - Reply

    @ citoyen, comparer une vie humaine à une sardine,franchement ce n’est pas fort, maintrenant permettez moi d’user de votre langage, moi je parle des requins à deux pattes qui nous gouvernent par le fer et par le feu, Oui c’est de ceux-là que je leur parles, je parle de la place de la Place 1er mai à Alger, alors commencant d’abord par avoir du respect pour le peuple meurtri.
    Il est vrai qu’aujourd’hui les gens semblent sombrer dans le fatalisme, mais ceci ne veut pas dire que c’est la fin du monde, un peuple qui ne croit plus, n’obeit plus et c’est dans cette situation que nous nous trouvons aujourd’hui.
    Maintenant courtoisie oblige, permettez moi citoyen de saluer Mme Zineb AZOUZ er Guerriere de la lumière.
    Amiocalement Votre




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  • abdelkader wahrani el-arabi-allemagne
    1 octobre 2010 at 23 h 03 min - Reply

    salem. quand les voleurs,les hypocrites et les traitres gouvernent un pays quand les libertés sont bafouées. quand la corruption la décadence et l´injustice devient systeme de gouvernement et quand les bouches son muselées alors, il ne reste plus a faire que ce que nos valeureux martyres ont fait. chokren




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  • Congrès du Changement Démocratique