Édition du
23 July 2017

Les otages français et africains dans la sale guerre du Sahel

In Rue 89

Par Pierre Haski | Rue89 | 19/09/2010 |

Que se passe-t-il dans la zone sahélienne, où la France a commencé à envoyer des troupes ? Dans cette zone vaste comme vingt fois la France, bordée par certains des Etats les plus pauvres de la planète, se joue, dans une totale opacité, une partie géopolitique complexe. C’est là qu’ont disparu les otages français et africains d’Areva enlevés jeudi, et que se déroulent d’importants combats avec ou sans l’armée française, on ne sait pas… Tentons d’y voir un peu clair.

1Toujours pas de nouvelles des otage français

Hervé Morin, le ministre de la Défense, est convaincu que l’enlèvement, jeudi au Nord du Niger, de cinq Français, un Malgache et un Togolais, collaborateurs des groupes français Areva et Vinci, est l’œuvre d’Al Qaeda au Maghreb islamique (Aqmi), une organisation aux contours mal définis avec laquelle la France a déjà eu des démêlés sanglants.

Aucune revendication n’a toutefois été enregistrée ce dimanche, ce qui n’est pas inhabituel pour ce groupe.

Areva exploite des mines d’uranium dans la région d’Arlit, au Nord du Niger, en plein désert. La sécurité du site est assurée par une entreprise privée, formée par d’anciens rebelles touaregs locaux, et désarmée, ainsi que par l’armée nigérienne qui dispose d’une base militaire à proximité. Ce dispositif n’a pas empêché l’enlèvement des sept personnes qui auraient été transférées au Mali voisin par leurs ravisseurs.

Cruel paradoxe pour la société française qui était autrefois accusée d’avoir acheté la paix en aidant des rebelles touaregs, mais qui se retrouve cette fois au cœur d’un conflit qui s’étend à toute la zone sahélienne.

Dimanche, Luc Chatel, le porte-parole du gouvernement, a affirmé que la France « fera tout pour libérer ses otages », sans en dire plus.

Sarkozy : « Le paiement de rançon pour la libération de prisonnier ne peut pas être une stratégie durable »

En juillet, la France n’avait toutefois pas réussi à sauver Michel Germaneau, un humanitaire français kidnappé au Mali et détenu par un groupe d’Aqmi. Une opération militaire française avait été tentée, en vain, et, le 25 juillet, l’Elysée confirmait la mort de l’otage français, annoncée quelques heures plus tôt par le groupe islamiste.

La France affirmait alors qu’il n’y avait pas eu de négociations avec Aqmi.

En août, les Espagnols obtenaient la libération de deux de leurs otages, deux humanitaires kidnappés neuf mois auparavant en Mauritanie par le même groupe. La presse évoquait le paiement, par des intermédiaires du Burkina Faso, d’une rançon d’un montant de plusieurs millions d’euros à Aqmi.

Cette décision hautement controversée du gouvernement espagnol a fait des vagues, mais elle a permis de récupérer vivants les deux hommes. Après la mort de Michel Germaneau, Nicolas Sarkozy avait déclaré en juillet que « le paiement de rançon pour la libération de prisonnier ne peut pas être une stratégie durable » : que fera le gouvernement français s’il est placé devant le même choix que les Espagnols avec le personnel d’Areva ?

2Qui se bat ?

La France fera donc « tout ce qu’elle peut », mais, selon le Quai d’Orsay, elle ne participe pas aux combats qui ont lieu depuis samedi sur le sol malien entre l’armée mauritanienne et des hommes d’Aqmi, impliquant même des avions selon certaines informations. L’armée mauritanienne affirme être intervenue contre une colonne de véhicules d’Aqmi en territoire malien, en route vers la frontière mauritanienne.

C’est la deuxième fois en quelques mois que l’armée mauritanienne sort de ses frontières pour s’affronter avec des militants islamistes. La fois précédente, c’était en juillet, lors d’une opération qui a coïncidé avec la tentative française de libérer Michel Germaneau, l’otage français.

Aujourd’hui, la France affirme que les combats menés par l’armée mauritanienne sont « indépendants de l’enlèvement des employés du groupe Areva », et a nié que l’armée française y soit mêlée. Le gouvernement du Niger affirme pourtant le contraire : pour quelle raison ?

Selon nos informations, toutefois, une opération militaire française n’est pas exclue et semblait même en préparation dimanche soir. Un début de confirmation a été apporté lundi matin : selon l’agence Reuters, des forces françaises sont arrivées dimanche au Niger, qui a autorisé la France à utiliser son espace aérien. Une centaine de spécialistes français de l’antiterrorisme sont ainsi arrivés à Niamey à bord de plusieurs appareils de reconnaissance.

Samedi soir, le ministère mauritanien de la Défense a affirmé avoir fait douze morts et un nombre indéterminé de blessés dans le camp des « terroristes », contre six morts et huit blessés dans les rangs de l’armée.

Mais une source algérienne dans la région a affirmé de son côté à l’AFP que l’armée mauritanienne aurait perdu « au moins quinze » soldats. Pourquoi l’Algérie contredit-elle la Mauritanie dans cette affaire ?

3 Qui se cache derrière Aqmi ?

A l’origine, le sigle Al Qaeda au Maghreb islamique est apparu en janvier 2007, prenant la suite du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) algérien, et englobant des groupes rebelles touaregs et sans doute une composante criminelle, dans une zone désertique allant du Niger à la Mauritanie.

Cette origine algérienne est lourde de sens, alors que pèse depuis des années le soupçon de la manipulation d’une partie de la nébuleuse islamiste algérienne par le Renseignement militaire algérien, le DRS, l’une des branches du régime d’Alger.

C’est la thèse que défendait, sur Rue89, l’anthropologue britannique Jeremy Keenan, au lendemain de l’annonce de la mort de Michel Germaneau. Keenan, un spécialiste reconnu de la zone sahélienne, écrivait le 9 août :

« La zone frontalière [entre le Mali et l’Algérie, ndlr] juste au Nord de Tigharghar est survolée quotidiennement par les hélicoptères de l’armée algérienne, et régulièrement par deux Beechcraft 1900 de l’armée de l’air algérienne, équipés de matériel de surveillance. De plus, il existe des contacts étroits entre la cellule d’Abdelhamid Abou Zaïd d’Aqmi et le DRS, Zaïd étant lui-même considéré comme un agent du DRS.

Pour cette raison, les habitants de la région, de plus en plus remontés contre les activités présumées d’Al Qaeda, se réfèrent souvent à Aqmi comme “ Aqmi/DRS ”. Ainsi, les derniers mots attribués au colonel Lamana Ould Bou, du service malien de la sécurité d’Etat, peu avant son assassinat à Tombouctou le 10 juin 2009, étaient : “ Au cœur d’Aqmi, il y a le DRS. ” »

Cette thèse ne fait toutefois pas l’unanimité. Sur TV5 Monde, vendredi, le président malien Amadou Toumani Touré, en première ligne dans cette affaire, s’en prenait « à mots à peine couverts », précisait samedi Le Monde, à l’Algérie, accusée de repousser les islamistes vers le Sahara malien :

« Ceux qui nous accusent n’ont qu’à empêcher les salafistes de venir chez nous. Ces gens-là ne sont pas Maliens. Ils sont venus du Maghreb. Nous n’avons rien à voir avec cette histoire. »

Et de fait, les divisions ethniques entre l’Afrique arabe et l’Afrique noire ont empêché jusqu’ici d’autres que des Algériens d’être dirigeant au sein d’Aqmi, limitant ainsi son impact, même si l’organisation dispose de moyens lui permettant de recruter les jeunes désœuvrés des zones désertiques des pays pauvres et fragiles de la zone.

Le désert sahélien est ainsi devenu un terrain d’affrontement mettant aux prises toute une série d’acteurs :

  • une nébuleuse islamiste dont on ignore totalement jusqu’où remontent les fils qui la contrôlent, et qui a choisi de se placer sous le sigle Al Qaeda, histoire de brouiller un peu plus les pistes ;
  • des Etats qui comptent parmi les plus pauvres de la planète (Niger, Mali, Mauritanie), et n’ont que très modestement les moyens de contrôler leur territoire dans sa partie désertique ;
  • l’Algérie, puissance régionale majeure, dont le rôle est tout sauf clair, mais dont on sait que rien de ce qui se passe dans le Sahara ne lui est totalement étranger ;
  • la France, puissance coloniale à l’influence déclinante, qui conserve de gros intérêts comme l’uranium exploité par Areva au Niger ;
  • les Etats-Unis qui disposent d’une station d’écoute au Nord du Niger, et surveillent activement tout ce qui s’y passe, depuis que l’administration Bush a étendu à l’Afrique la « guerre contre le terrorisme ».

Une situation d’une totale opacité qui ne facilite assurément pas la recherche des otages français et africains, ni la définition d’une stratégie claire dans une zone victime d’une sale guerre.


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12 Commentaires sur cet article

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  • el-amel
    20 septembre 2010 at 15 h 04 min - Reply

    C’est encore un coup d’éclat de Aréva!




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  • Saâd Lounès
    20 septembre 2010 at 19 h 20 min - Reply

    Cet article est de la pure désinformation, totalement nul et non avenu.
    Les Touaregs, ne sont à aucun moment cités, alors qu’il s’agit de L’élément essentiel de la problématique du Sahel.
    L’AQMI n’est qu’une invention et un leurre. Aucun « terroriste » quelqu’il soit ne peut se mouvoir dans cet espace spécifique sans l’autorisation et la complicité des chefs touaregs, et sans parler le tamashaq, langue tamazight variante touareg.

    On surestime et on mythifie le rôle nuisible du DRS, qui est malheureusement très loin d’être assez intelligent pour comprendre tout ce qui se passe dans cette région.
    Au nord du Mali et Niger, le DRS n’a aucun agent officiel, mais simplement des informateurs touaregs cupides qui l’induisent en erreur.
    Aux ambassades de Bamako et Niamey, les officiers en poste sont incompétents, passifs et jm’enfoutistes. Ils attendent des ordres qui ne viennent pas.
    Depuis l’échec des Accords de paix d’Alger, la mésentente avec Touré, et le coup d’Etat au Niger, le DRS est inerte et inactif, en l’absence d’une vision et d’une stratégie politique claire toujours indéfinie à la tête du Gouvernement et de l’Etat-major de l’ANP, en dehors d’un volet sécuritaire banal.
    (pour mémoire les réunions d’Alger entre les Chefs rebelles touaregs et le DRS, dont avait fait état la presse, sont interrompues depuis plusieurs mois)

    Une chose est cependant sure: il y a une résurgence chez les Touaregs de la mémoire des méfaits coloniaux de la France.
    Les rebelles touaregs ont compris à 200% que leur véritable ennemi sont les français en particulier, et les européens en général; et ils veulent les bouter hors de leur territoire.

    Un des objectifs de la rébellion est l’expulsion d’Areva et la fermeture du site d’uranium d’Arlit, jusqu’au réglement du problème Touareg.
    Une gageure et un énorme défi mené pour le moment en secret, sous couvert de kidnappings et de terrorisme.

    Une intervention et une présence militaire française à moins de 200kms de nos frontières serait une défaite cinglante pour l’Algérie et un grave danger qui va durablement déstabiliser tout le Sahara du Maroc-Mauritanie jusqu’à à la Libye-Tchad.

    (Précision pour tous ceux qui écrivent sur cette région sans jamais y avoir mis les pieds, je réside à Tamanrasset depuis 10 ans et j’ai sillonné le Mali et le Niger des frontières algériennes jusqu’à Bamako et Niamey).




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  • Said Salombi
    20 septembre 2010 at 21 h 01 min - Reply

    @Saâd Lounès,

    Puisque vous connaissez la région, et que le DRS n’y est pour ainsi dire pour rien dans tout ce qui se trame la bas, pouvez-vous nous dire svp un peu plus sur le personnage du Para? Merci.

    Said




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  • Larbi Anti-DRS
    20 septembre 2010 at 21 h 50 min - Reply

    Le pétrole, le gaz et maintenant de l’uranium qui vient du désert. Plus de 50% de la consommation française de l’uranium vient du désert. Dans un article publier i y a pas longtemps quelqu’un a dit que la France a peur que la chine ne lui prenne les gisements existants et future. Est-ce que cela n’est pas une opérations pour justifier la colonisation du nord de Mali, Niger et Mauritanie ? N’est ce pas pour cela que la France soutient les dictateurs et les génocidaire du monde entier ?




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  • Lounes
    20 septembre 2010 at 23 h 02 min - Reply

    Larbi,
    La France, comme les USA et …, n’ont jamais été des pays des droits de l’homme, car ils ont toujours crée et soutenu les dictatures des pays du sud (Afrique, Asie, …)




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  • Rbaoui
    21 septembre 2010 at 8 h 57 min - Reply

    Les massacres encore impunis des années 90. Plusieurs milliers de civils touaregs et maures ont ainsi été tués en toute impunité. Les Touaregs n’ignorent plus que ces crimes n’ont pas soulevé la moindre réprobation de la part de la communauté internationale




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  • AS
    21 septembre 2010 at 11 h 04 min - Reply

    pourquoi ce type ne parle jamaois des tetes de reseaux… tu as les tetes de reseaux tu remontes a la source… AQMI vient du GIA qui vient de la SM, qui vient de la DST… prouve et estampille




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  • Noor
    21 septembre 2010 at 13 h 32 min - Reply

    En tout état de cause, la prudence s’impose. Cité sur un blog du Monde diplomatique, Antoine Glaser, directeur de la Lettre du continent, en atteste :

    « En tant que journaliste, j’ai toujours été très méfiant dans la couverture du terrorisme, que ce soit en Algérie même ou dans les pays du Sahel. Le journalisme atteint très vite ses limites puisque l’on ne peut pas recouper l’info avec ces terroristes eux-mêmes. (…) Pour le coup, en ce domaine, on se fait balader par tout le monde. »




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  • Arezki Nait Amar
    21 septembre 2010 at 21 h 01 min - Reply

    @ Noor

    J’ai la même perception des choses en ce moment crucial que vous et M.Antoine Glaser.La prudence est de mise.Quelle crédibilité ont les Chefs des structures du DRS pour prendre au sérieux l’information qu’ils ont communiqué aux services français et qui fait état de l’imminence d’un attentat qui va se produire sur le territoire français et qui sera commis par une femme ? Les services algériens ne font que semblant de collaborer avec leurs homologues français,le temps de faire leurs courses sur les champs Elysée et de rendre visite à leurs maitresses à Paris.Dans le cadre des attentats commis à Paris durant l’été 1995,le DRS sollicité par les services français pour tirer au claire cette affaire a collaboré du bout des lèvres et a brouillé toutes les pistes : Ali Touchent qui était le suspect N°1 à Paris et qui était un agent structuré du représentant du DRS à Paris,le colonel Habib,s’est retrouvé quelques mois après bizzarement tué par les services de sécurité algériens à Alger !Toute la presse écrite algérienne a rapporté à la une sa liquidation,à l’époque.
    Comment peut-on croire des services secrets incompétants,innefficaces,usés,doté d’un matériel rudimentaire et menteurs pardessus le marché ?

    Cordialement.




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  • Bladi
    11 octobre 2010 at 5 h 26 min - Reply
  • Bladi
    11 octobre 2010 at 22 h 12 min - Reply

    Voicui la traduction en Francais de l’article si-dessus via Google Translation

    Google English to French translation

    Entretien avec Jeremy Keenan
    Mirage dans le désert?

    Depuis 2003 un certain nombre d’Européens ont été enlevés dans le Sahara. Officiellement, la branche maghrébine de la groupe islamiste Al-Qaïda a été tenue responsable. Alfred Hackensberger parlé avec l’anthropologue Jeremy Keenan, qui a été consulté en tant que spécialiste et de médiateur dans certains des cas d’enlèvement

    | Bild: Capturé otages italiens en Mauritanie (photo: dpa)
    vergrössern Bild « Il s’agissait de l’argent et non pas tant sur les conflits idéologiques ou politiques »: Selon Jeremy Keenan, services secrets algériens, DRS, a aidé à créer des organisations terroristes islamistes du Maghreb | A la fin de Juillet forces spéciales françaises a essayé de sauver les otages Michel Germaneau. Leur mission a échoué. Quel est le problème?

    Jeremy Keenan: Le français aurait été incapable de mener à bien cette tentative de sauvetage sur un sol étranger par leurs propres moyens et devait d’abord obtenir la coopération de l’Algérie et ses services secrets.

    Dites-vous que, en raison de la coopération avec DRS, les services secrets algériens, ni le camp de terroristes, ni l’otage n’a pu être trouvée?

    Keenan: Ce serait la conclusion évidente.

    Et c’est parce que les services secrets algériens inventé Al Qaida dans le Maghreb, AQMI, et mis en scène les enlèvements, que nous sommes amenés à croire en vos livres et articles?

    Keenan: Il serait faux de prétendre que tout cela n’était qu’une mise en scène set-up. La vérité est beaucoup plus compliqué.

    Que voulez-vous dire?

    Keenan: La relation entre le DRS et militants islamistes remonte aux années 1990, lorsque le Groupe Islamique Armé (GIA) a été encore aux prises avec l’Etat algérien. À partir de 1994, le services secrets algériens a été en mesure d’infiltrer les rangs de leadership du groupe. À l’époque, l’armée, le service de sécurité et les islamistes ont tous été actifs sur le «marché noir».

    La contrebande d’aliments, armes et de drogues?

    | Bild: Amari Saifi alias Abderrezak El Para (photo: AP)
    crossover terroristes: Selon Keenan, Amari Saifi, alias Abderrezak El Para, qui a dirigé le premier enlèvement des Européens en Algérie en 2003, est un agent dans les services secrets algériens | Keenan: Oui, c’était en effet un chapitre sombre. Il s’agissait de l’argent et non pas tant sur les conflits idéologiques ou politiques. Ils savaient tous qui étaient les autres et ne favorise chaque autres petits, ou ceux, parfois plus. C’est ainsi que des contacts ont été établis entre ce qui était en fait parties hostiles. Un crossover, nous dirions aujourd’hui. C’est l’époque où «El Para» a également vu le jour.

    Amari Saifi, alias Abderrezak El Para, qui a dirigé le premier enlèvement des Européens en Algérie en 2003, et qui vous demande a été un agent du DRS algérien.

    Keenan: Il est actif également comme un passeur à l’époque, et ses liens avec le DRS pourraient résulter de ces jours. Il est important de réaliser qu’il n’est pas un de ces agents secrets, embauché comme James Bond pour mener à bien une mission spécifique. Ce genre de motif noir et blanc ne s’applique pas ici. Il ya beaucoup de zones grises, des réseaux complexes de relations dans lequel les intérêts communs émergent soit brièvement ou pendant une plus longue durée de temps.

    Si je peux demander naïvement, comment quelqu’un qui est un agent de la DRS créer un « groupe terroriste » pour enlever des touristes?

    Keenan: Le groupe autour de El Para a compté environ 60 membres. Ces hommes avaient très simple d’esprit notions salafistes, mais ont été pour la plupart des islamistes foi. Seuls El-Para lui-même et ses sous-commandants, par exemple Abdel Hamid Abou Zaid, a travaillé avec le DRS.

    Abu Zaid est l’un des responsables de ces enlèvements, ces dernières années.

    Keenan: Oui, Abu Zaid, et Yahia Djouadi.

    | Bild: Michel Germaneau (photo: AP)
    Bild vergrössern fin tragique d’un enlèvement: Quand on a tenté de sauver Michel Germaneau des griffes de l’AQMI à la fin de Juillet, le Français a perdu la vie dans le raid | Il y avait donc certains islamistes véritable militant et un ou plusieurs agents du DRS qui ont dit de sortir et d’organiser un groupe terroriste. Cela pourrait être utile pour nous de savoir.

    Keenan: C’est tout simplement le mettre trop. L’infiltration est un processus qui peut prendre des années. Tout ce que nous savons, c’est que les dirigeants du Groupe Salafiste Pour la Prédication et le Combat (GPSC), une organisation qui a succédé à GIA, a été infiltré dans le nord de l’Algérie. Les détails exacts quant au moment, où et comment sont pas connus.

    Avons-nous plus d’informations disponibles sur les ravisseurs qui ont récemment enlevé un groupe espagnol et a pris plusieurs otages français?

    Keenan: Le gars en haut de la hiérarchie du groupe et un ou deux de ces juste en dessous de lui dans la ligne de commande sont connectés en quelque sorte avec le DRS. Nous ne savons pas quel est le lien exactement: si elles sont victimes de chantage, corrompu, si elles sont des agents vrai, complices simple, les mercenaires, qu’ils travaillent tout le temps ou seulement de temps en temps avec le DRS.

    Mais El-Para a été un véritable agent, qui a reçu ses ordres directement de services secrets algériens?

    Keenan: Oui, oui. Il ne fait aucun doute qu’il était un agent du DRS. Bien sûr, il n’ya pas de preuve concrète de ce fait, il n’était pas porteur d’un ID d’agent ou de quoi que ce soit. Mais aucun des événements dans lesquels son groupe ont été impliqués aurait été possible sans le soutien de la DRS. Tout a été manipulé, les «terroristes» utilisés comme outils.

    Pouvez-vous citer des exemples?

    Keenan: Quand El Para enlevé 32 Européens en 2003, des hélicoptères de l’armée algérienne tournoyaient au-dessus du camp de terroristes, même si elle a été déplacée en permanence.

    Comment savez-vous que?

    Keenan: Les otages ont dit dans leur comptes de l’incident. Et le raid des forces spéciales, qui a libéré 17 des otages, a été organisée. Il aurait eu des blessés, mais les otages ne voyait rien de la sorte. Il leur semblait plutôt comme si elles avaient été prises pour un lieu de rencontre convenu. Il n’y avait aucun signe d’un raid surprise par l’armée algérienne.

    | Bild: Capturé espagnol otages Roque Pascual Salazar (à droite) et Albert Vilalta (L.) (photo: dpa)
    Bild vergrössern lucrative terrorisme: «La menace posée par Al-Qaïda dans le Sahara fait de l’Algérie un partenaire de l’administration américaine sous le président George W. Bush dans la lutte contre le terrorisme», déclare Jeremy Keenan | N’était-ce pas El Para arrêtés et condamnés?

    Keenan: Oui, des mois après l’argent de la rançon a été versée, il a été appréhendé, prétendument en cavale, Tchad par des rebelles du Mouvement pour la démocratie et la justice (MDJT), remis aux autorités libyennes et remis aux Algériens. En Juin 2005, un tribunal d’Alger, El-Para a donné une peine à perpétuité. Quoique « in absentia », bien qu’il aurait dû avoir été en garde à vue pendant huit mois d’ici là. Il ya eu reprise des négociations mai 2007, mais ils ont à nouveau eu lieu sans que le défendeur. Cette fois, la phrase 2005 a été suspendu pour des raisons spécieuses, et l’affaire a été ajournée.

    Et depuis lors, El Para a disparu sans laisser de trace?

    Keenan: Pas tout à fait. Son nom fut à nouveau en 2008 dans le cadre de l’enlèvement prochaine. Les ravisseurs de deux Autrichiens ont exigé que El Para être mis en liberté.

    Bien qu’il ait été apparemment même pas en garde à vue. Quel était le véritable motif derrière cette demande?

    Keenan: Peu de temps avant cette deuxième enlèvement, la Suisse avait demandé la permission d’examiner les dossiers sur l’enlèvement en 2003, que deux ressortissants suisses ont été parmi les otages. Ils avaient l’intention de remettre en question El Para ainsi. Une demande à laquelle les Algériens ont été incapables de respecter.

    Et, à une perte de savoir quoi faire, ils ont joué la carte ravisseur?

    Keenan: Oui, il semble que quelqu’un a appelé à Abu Zaid et lui a dit d’enlever des touristes. Qu’il a ensuite bien évidemment fait dans le sud tunisien.

    Et ce aidé l’Algérie à résoudre son problème diplomatique?

    Keenan: La Suisse a dû se rendre compte que dans cette situation de crise, avec la vie de deux Européens capturés en fonction de lui, El Para ne pouvait pas être extradé. Ils devaient d’abord attendre que l’enlèvement a été résolu. Mais cela a pris des mois et à ce moment le délai de cinq ans a été passé au sein de laquelle les Suisses auraient pu demander une procédure d’extradition.

    Quels sont les avantages gouvernement algérien de l’enlèvement en 2003 par El-Para et de tous les autres enlèvements?

    | Bild: La couverture du livre ‘Dark Sahara. America’s War on Terror en Afrique »par Jeremy Keenan (source: Pluto Press)
    Bild vergrössern Les États-Unis utilise la menace terroriste au Maghreb pour justifier de nouvelles bases militaires et un engagement intensifié dans le Sahara | Keenan: Vous voyez, après la sanglante guerre civile en Algérie, où 200.000 ont perdu la vie, le pays n’est plus avait une réputation internationale, il a été un Etat paria et l’armée fut obligée de s’appuyer sur les armes obsolètes. La menace posée par Al-Qaïda dans le Sahara a conduit l’Algérie en partenariat avec l’administration américaine sous le président George W. Bush dans la lutte contre le terrorisme. La Maison Blanche a levé son embargo sur les armes, fournies Algérie avec des équipements modernes, et les pays avancés au cours des années à la première terreur respecté combattant dans la région.

    Et les États-Unis?

    Keenan: Ils ont utilisé l’enlèvement de 32 touristes par El Para pour justifier de nouvelles bases militaires dans le Sahara.

    Les Etats-Unis savaient que El Para a été un opérateur de services secrets algériens?

    Keenan: En août et Septembre 2002, la défense du gouvernement américain Science Board présenté au ministre de la défense alors, Donald Rumsfeld, un nouveau programme de lutte contre le terrorisme. L’idée était d’infiltrer des groupes terroristes et de les inciter à prendre des mesures.

    Vous parlez de la proactive, préventive du Groupe des opérations, P20G pour faire court.

    Keenan: Oui, et le projet du programme pilote a été El Para.

    Un projet pilote qui pourrait être menée avec l’aide de l’Algérie.

    Keenan: Les deux parties ont un intérêt dans le terrorisme fabriquer ici.

    Et aujourd’hui?

    Keenan: Quelques-uns des récents enlèvements sont des accidents, comme celui de Michel Germaneau. Il a été enlevé par deux gangsters, puis vendu à Al-Qaïda. La chose enlèvement ensemble a pris une vie propre et n’est plus toujours sous le contrôle du DRS algérien.

    Interview: Alfred Hackensberger

    Qantara.de © 2010

    Jeremy Keenan est un professeur d’anthropologie à l’École des études orientales et africaines de l’Université de Londres. Son dernier livre est «Le Sahara Dark. Guerre contre le terrorisme de l’Amérique en Afrique » (Pluto Press 2009).

    Éditeur: Gropp Lewis / Qantara.de




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    11 octobre 2010 at 22 h 45 min - Reply

    COMME SON NOM L’INDIQUE, L’AQMI, C’EST-A-DIRE Al-Qaïda au Maghreb Islamique; C’EST DONC LE MAGHRB QUI EST ISLAMIQUE PAS ALQAIDA.MAIS LES PRINCIPALES VICTIMES DE CETTE MACHINATION SONT: L’ISLAM EN TANT QUE RELIGION ET LES RESSOURCES ENERGETIQUES DES PAYS ISLAMIQUES. TOUTES LES AUTRES VICTIMES, NOTAMMENT HUMAINES (PARCE QU’IL Y EN A D’AUTRES) FONT PARTIE DES DOMMAGES COLLATERAUX (DU POINT DE VUE DES BELLIGERANTS) POUR ENTRETENIR L’ILLUSION D’UN CONFLIT IDEOLOGIQUE ET AINSI DETOURNER L’ATTENTION DES VRAIS EUJEUX, CEUX-LA ECONOMIQUES ET PLUS EXACTEMENT ENERGETIQUES.




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