Édition du
28 July 2017

Les tuyaux troués d'Alger

Menace terroriste importante en France depuis jeudi
LEMONDE.FR | 20.09.10 | 09h32  •  Mis à jour le 20.09.10 | 18h33

Les inquiétudes sur un risque d’attentat en France sont fondées sur un renseignement en provenance d’Algérie, a-t-on appris de source proche du ministère de l’intérieur. L’inquiétude se fonde « sur la base d’un renseignement venu d’un pays ami avec lequel la France travaille très régulièrement », selon lequel Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) « ferait peser une menace imminente d’attentat sur le territoire national » depuis jeudi 16 septembre, confirmant une information diffusée par RTL lundi matin.

Selon RTL, les services secrets français sont depuis jeudi à la recherche « d’une femme, une terroriste susceptible de commettre un attentat kamikaze à Paris » : « deux informations concordantes » sont parvenues, « dans la nuit de mercredi à jeudi, au ministère de l’intérieur en provenance d’un pays du Maghreb et d’un service français », laissant croire à une menace d’attentat.

Le ministre de l’intérieur, Brice Hortefeux, interrogé par la presse sur l’existence d’une menace terroriste, a affirmé lundi à Moissy-Cramayel que « la menace est réelle » et que « notre vigilance est renforcée ». Cependant, le ministère affirme que la menace ne vise « pas spécifiquement » les transports. Le parquet antiterroriste de Paris a ouvert une enquête pour « vérifier la crédibilité » de cette menace potentielle. Cette enquête a été confiée à la direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) et à la section antiterroriste (SAT) de la brigade criminelle de Paris.

LE RECTEUR DE LA GRANDE MOSQUÉE DE PARIS SOUS PROTECTION

RTL ajoute que Dalil Boubakeur, recteur de la Grande Mosquée de Paris et ancien président du Conseil français du culte musulman, a été placé sous protection en raison de ses prises de position modérées. Ce dernier s’est dit « surpris » de cette protection rapprochée, qui provoque « une certaine émotion dans [son] entourage et chez [ses] fidèles », dans une déclaration à l’AFP. Il a dit avoir été informé jeudi après-midi que le ministre de l’intérieur avait « décidé de placer [sa] personne sous protection rapprochée ».

Quand il a demandé s’il faisait l’objet d’une menace précise, on lui a répondu, explique-t-il, qu’il s’agissait d’« une mesure générale de protection des personnalités tenant au renforcement du plan ‘Vigipirate' ». Dans la pratique, une voiture avec deux personnes à bord l’accompagne dans ses déplacements, lui-même circulant comme d’habitude dans sa voiture avec chauffeur.

Le recteur ne s’explique pas bien cette mesure de protection, même s’il estime que « la Mosquée de Paris est un élément éminent de l’islam de France », et que lui-même s’est efforcé de servir « un islam de France modéré ». C’est « un coup de tonnerre dans un ciel serein », a-t-il jugé.

« LES PRINCIPAUX LEADERS NE SONT PAS INFORMÉS »

Le député socialiste Jean-Christophe Cambadélis a regretté sur Canal+ que « la représentation nationale et les principaux leaders des partis politiques ne soient pas informés » par le gouvernement de la réalité de la menace terroriste en France. « On ne peut pas dire qu’il y ait beaucoup de transparence. Il y a beaucoup d’annonces mais la représentation nationale et les principaux leaders des partis politiques ne sont pas informés. »

« Il fut un temps où on faisait venir, quand il y avait des menaces, à Matignon ou à l’Elysée l’ensemble des leaders pour les tenir informés du risque », a-t-il poursuivi. « On nous dit : la menace est là, mais qui, quoi, qui est-ce, comment, on n’en sait rien. On est dans le brouillard pour quelque chose qui touche à la sécurité des Français », a-t-il regretté. « Je ne pense pas » qu’il y ait une instrumentalisation de la menace de la part du pouvoir, a-t-il cependant ajouté. « Je pense qu’il y a des risques [terroristes], malheureusement », a-t-il reconnu.

Depuis dix jours, les responsables français multiplient les mises en garde contre un attentat. Samedi 11 septembre, dans un entretien au  Journal du dimanche, le patron de l’antiterrorisme français, Bernard Squarcini, avait ainsi assuré que la menace d’un attentat sur le sol français n’avait « jamais été aussi grande », citant comme principale source d’inquiétude AQMI.

Le Monde.fr, avec AFP et Reuters

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4 Commentaires sur cet article

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  • Larbi Anti-DRS
    21 septembre 2010 at 10 h 41 min - Reply

    Tiens ont parle plus des expulsions massif de ces Romains, de la pauvreté au Niger et au Mali, de la monarchie absolue au Maroc, de la dictature en Mauritanie et en Algérie, de l’inexistance des libertes individuels et collectifs, des dizaines de milliers d’assassiner, des disparus, des crimes économiques. Ont couvrent tout ce beau monde qu’ont nomme roi et presidents, et ont s’accaparent du gaz, du pétrole, de l’uranium et ont déleste tout dans cette zone de dumping, cela va des produits manufacture’ aux déchets radioactif. Tous cela en tant que victime du terrorisme ! quel belle trouvaille et excuse qu’est le terrorisme, de l’éternelle bourreau a celui de la victime.




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  • tacili
    21 septembre 2010 at 12 h 37 min - Reply

    Bonjour,

    C’est la revanche du DRS après l’offensive franco-malienne contre les bases du DRS-AQMI.

    De la pression, aussi, sur Sarkozy qui a poignardé ses amis a Alger en ne soufflant mot sur ses intentions avant ces attaques.

    La voie des relations franco algériennes est impénétrables.

    Merci




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  • ZIneb Azouz
    21 septembre 2010 at 16 h 20 min - Reply

    Personnellement, pour en avoir le cœur net je préfère m’enquérir directement auprès du sénateur Serge Dassault, surtout qu’il vient d’annoncer son intention un autre journal (le Parisien).

    Quant à l’AFP dont les journalistes ne cessent de dénoncer le dangers qui pèsent sur eux et sur leurs métiers (voir Pétition pour l’indépendance et la survie de l’Agence France-Presse), je me contenterai de rappeler cette dernière ne fait pas partie des entreprises de presse qui appliquent la charte de Munich.

    Cordialement,
    ZA




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  • ZIneb Azouz
    21 septembre 2010 at 16 h 24 min - Reply

    Merci de lire (son de intention de RACHETER un autre journal, le parisien)

    Je voulais juste proposer ces deux commentaires :

    Xavier Panon

    « Depuis 25 ans, la France vit sous la menace terroriste. (…) Depuis une semaine, le ministre de l’Intérieur et le directeur central du renseignement intérieur tirent la sonnette d’alarme sur la réalité et l’intensité accrue de la menace terroriste. On imagine qu’ils ont quelques éléments précis pour étayer leurs mises en garde qui ne sont pas nouvelles.

    Car les piqûres de rappel sur la menace majeure sont quasiment annuelles. En juin déjà, le ministre de l’Intérieur insistait sur une menace réelle et précisait que deux attentats sont déjoués chaque année. C’est donc que les réseaux d’al-Qaïda et leurs raisons de cibler la France occupent quotidiennement les services secrets français. Mais la menace étant toujours présentée comme majeure, faut-il que chaque occasion prête à une dramatisation dont on ne voit pas bien le but? L’accumulation des mises en garde ne peut que plonger le citoyen dans l’embarras de son impuissance et endormir sa vigilance.

    On n’ose pas imaginer que cette dramatisation vise un autre dessein. Faire oublier quelques affaires embarrassantes, aux prolongements barbouzards suspects. Sur le modèle déjà décrit pas un autre ministre de l’Intérieur qui, pour détourner d’une affaire, conseillait d’en créer une plus grosse! »

    Jean-Marcel Bouguereau

    « Il semble que les services spéciaux aient reçu des informations assez précises venant d’Algérie indiquant qu’Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) aurait envoyé une kamikaze en France. Or, dans le même temps, cinq Français, un Togolais et un Malgache ont été enlevés dans le nord du Niger, par un groupe d’hommes armés, un enlèvement que les autorités françaises attribuent également à Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Ce sont les mêmes qui avaient assassiné l’humanitaire Michel Germaneau, un ingénieur français à la retraite âgé de 78 ans. Après le raid militaire – durant lequel sept combattants islamistes ont été tués – qui avait échoué à le libérer, l’AQMI avait juré vengeance: « A l’ennemi d’Allah, Sarkozy, je dis : vous avez manqué une occasion et ouvert la porte de l’horreur pour vous et votre pays. » (…) Mais encore faut-il être prudent lorsqu’on parle d’Al Qaïda. On sait peu de choses sur Al Qaïda au Maghreb islamique. Ancien chef du service de renseignement de sécurité de la DGSE, Alain Chouet a brisé un tabou fin janvier 2010 en déclarant qu’Al Qaïda « est morte sur le plan opérationnel dans les trous à rats de Tora Bora en 2002 ».




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