Édition du
21 July 2017

L’université de BB

In Hoggar.org
Mounir Sahraoui
Vous connaissez la dernière ? C’est l’université de Benbouzid

Il y a très très longtemps, est né en Algérie un génie comme il n’en nait qu’une fois par siècle, avec un peu de chance… Vous avez bien deviné, il s’agit de… Benbouzid, ou BB pour les victimes.

Comme dans les années 70 il était en bons termes avec Si Chekkam, lequel connaissait Si Bouchkara, un petit indic de la SM qui rodait dans l’université, le jeune BB décrocha le plus légitimement du monde une bourse anti-impérialiste pour aller « étudier » en URSS…

BB voulait naturellement se spécialiser dans l’électrodynamique quantique, car il avait lu dans Pif Gadget que c’était la voie royale pour obtenir le prix Nobel de physique. Plus que circonspect sur ses aptitudes intellectuelles, le centre d’orientation des Soviets l’envoya dans la fameuse Université Russe de l’Amitié des Peuples – ou Université Patrice Lumumba – laquelle avait pour mission première de donner l’aumône communiste en distribuant des diplômes type « PhD » à tout boursier africain qui se dévouait à combattre l’impérialisme décadent et les ennemis du prolétariat…

Suite à 5 ou 6 années de lavage-graissage de cerveau, BB obtint son « doctorat », non sans avoir au préalable fermement promis à ses examinateurs d’exporter en Algérie tout ce qu’on lui a fait subir à l’Université Lumumba…

Tout auréolé de son précieux sésame, BB prit l’avion du retour, lequel, malheureusement pour nos enfants et petits enfants, ne s’écrasa point. Vers 93-94, Toufik était justement à la recherche d’un génie pour aider les instruits à désapprendre et à s’abrutir efficacement. Devant ses collègues de la Junte, Toufik soutenait ferme que l’Algérie n’avait pas besoin d’intelligencia mais d’abrutigencia. Il fit donc appel à BB, qui accepta l’offre de diriger le ministère de l’Eraducation Nationale, à condition toutefois que le bail soit de 20 ans renouvelables. Il argua avec force et conviction qu’il fallait « du temps pour démolir tout cela »…

Ecole fondamentale, école fawdamentale, 15 matières infligées aux mômes de 8 ans, les maths dispensés en arabe mais écrits en latin, de droite à gauche qui plus est… les innovations géniales de BB ne se comptent plus…

Après 16 ans sur le trône de l’Eraducation, BB peut contempler son œuvre avec une légitime fierté : l’Université algérienne est, aux dernières nouvelles, classée… dernière, justement. Dernière en Afrique pour être tout à fait complet. Mission accomplie, donc ! BB ne connait pas la teneur de cette étude, autrement il l’aurait corrigée à la hausse comme il l’a fait pour les résultats du Bac 2010, lesquels ont vu des dizaines de milliers de mentions « tri bien ». Sans doute pour refléter plus fidèlement l’inflation galopante dans d’autres secteurs comme la corruption ou les émeutes…

Les élèves qui sortent de « l’Université » à partir de 2010 n’auront connu que le système BB. Donc à partir de dorénavant et à compter de désormais, ces diplômés promotion BB vont commencer à faire leur entrée dans le monde du « travail ». Ils vont « construire » vos immeubles, vos ponts, vos stades. Certains vont « diagnostiquer » vos maladies. D’autres vont vous « opérer » du cœur… et il y en a même qui seront aux commandes de centrales nucléaires…

Jusqu’à aujourd’hui donc, le système BB, c’était de la théorie. Dans les années à venir, nous allons passer aux « travaux pratiques ». Alors : Oine, tou, tré, viva l’Algéré !

Mounir Sahraoui
27 septembre 2010


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9 Commentaires sur cet article

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  • moufdi
    27 septembre 2010 at 23 h 10 min - Reply

    merci monsieur Sahraoui.




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  • Sami
    27 septembre 2010 at 23 h 41 min - Reply

    Merci beaucoup pour cet article qui touche le problème j ose dire central de la guerre contre le peuple et son identité dans le fond, on se rappelle bien des attaques lance contre l ecole algerienne dans les 1990 et ca bien commencé avec le coup contre l’ex-minstre de l education Mr Ali ben Mohamed, Allah yedhkro belkheir, .. c etait un plan bien préparé, les raison sont bcp et les gens qu’il le connait de pres ils peuvent vous dire choses incroyable .. mais la question urgente qui se pose est la suivante: quand on donne le secteur le plus critique d une nation a ce type de gens, quelle est la fin envisagée; parceque c’Est le secteur qui fait le present et le future de notre pays ??!!
    Mr Abdelkader Dehbi, Que Allah le préserve, a dit des bons mots pour decrire la mission de ce Ministre, je vous invite a l ecouter sur site rachad.org
    En fait, la fin ne demande pas bcp de talent maintenant de la savoir, c est assassine l algerie et faire ‘elkati3a’ avec notre histoire et meme avec le future ‘la nation qui n a pas d histoire na pas d avenir , c est aussi assassiner la morale du peuple algerien, et le moment ou vous ce ministre et les ministre comme lui ont ete met au …….pour leur crimes , a ce moment la vous pouvez dire que l algerie est sur les rails et on peut parler d une independance
    Merci




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  • amel
    28 septembre 2010 at 0 h 11 min - Reply

    merci monsieur Sahraoui, une gentille berceuse pour trouver le sommeil




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  • bert
    28 septembre 2010 at 4 h 24 min - Reply

    Bonjour a tous. Pour pouvoir mettre sur le trône un membre de sa famille, toutes les dictatures du monde utilisent la meme astuce, c’est à dire, abrutir le peuple, et donner les moyens à leurs progénitures pour dépasser ce ghachi. et ça passe. C’est le cas aujourd’hui pour la corée du nord. lisez ce que dit France24.com
    « Kim Jong-un, fils du dirigeant nord-coréen Kim Jong-Il, a été promu général, ce qui le conforte dans son statut de successeur désigné. Cette promotion a été annoncée peu avant l’ouverture de la première conférence du Parti unique depuis trente ans. »
    a quand le trône au frère de Boutef, un Boutef bis. pas dans longtemps.
    Alors pourquoi s’en faire. On est tous des moutons, et ils sont les seuls a être bergers. Tant qu’il n y a pas de soulèvement, c’est on est bien, qu’il nous manque rien. Demandons a n’importe quel algérien, si ça va, il vous répondra « el hamdoulah, anetic et tout un chapelet de mots signifiants qu’il se porte a merveille.




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  • Guerriere de la lumière
    28 septembre 2010 at 14 h 19 min - Reply

    Cet article de Mr SAHRAOUI est la triste réalité que nous vivons et que vivent et vivront nos enfants si on n’arrête pas ce massacre !
    Le constat est la ! l’échec scolaire est la! tout le monde est d’accord pour dire que la majorité des nouveaux diplômés ne savent même pas rédiger un rapport de fin de stage. Ils ne maîtrisent ni arabe, ni français, ni anglais !!! Alors que dire de leurs spécialités.
    Je veux à travers cet écrit, lancer un appel urgent à nos valeureux enseignants à tous les niveaux qu’ils soient pour arrêter d’être les Gourous de nos enfants ! Arrêter d’être les complices de BB.
    Maintenant que vos revendications salariales sont satisfaites, il est de votre devoir de refuser d’enseigner ces programmes débiles à nos enfants !
    La majorité des enseignants est consciente du problème ! nos méthodes d’enseignements sont des plus médiocres. Alors AGISSEZ !
    En tant que parente consciente du problème, il me navre de savoir que mes enfants subiront ce sort !
    Aucun esprit d’analyse ni de critique, aucun sens de l’observation ni d’orientation! Ils veulent faire de nos enfants des automates! Des disciples de BB. And Co.




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  • OrO
    28 septembre 2010 at 14 h 39 min - Reply

    Posons une question simple:De tous les barons du Régime qui faisaient et défaisaient les présidents(Belkheir,Nezzar,Tewfik,les deux Lamari,Touati),il y a vingt ans,combien sont encore à leurs postes?La réponse est simple:un seul(Tewfik).
    Maintenant,combien de mini-stres de le même période sévissent encore?Il y en a à la pelle,Benbouzid,Rahmani,Ould Abbes,Chérif Abbes(et son alter ego Said Abadou),auquel il faut ajouter Sidi-Said de l’UGTA etc….
    Moralité:en Algérie,les larbins,bien que détenant peu de pouvoir,ont une longévité beaucoup importante que leurs propres parrains!
    P.S:j’ai beaucoup apprécié le neologisme « abrutigencia » qui décrit,malheureusement très bien la situation de l’Algérie.




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  • Guerriere de la lumière
    28 septembre 2010 at 15 h 49 min - Reply

    AU FAIT, POURQUOI A-T-ON FAIT ASSASSINER DJILLALI LIABES? « J’ai cru entendre à l’époque qu’il était en phase d’achever un travail important de recherche qui remettait en cause l’enseignement en Algérie »

    « Feu le professeur Djillali LIABES est né en 1948 à Sidi Bel Abbés. Il a poursuivi ses études primaires et secondaires dans sa ville natale notamment au lycée Azza Abdelkader (ex lycée El Djala) où il a obtenu son baccalauréat en 1967 en série Lettres. Ses études supérieures à l’université d’Alger lui ont permis d’obtenir une licence en philosophie et en sciences sociales, il a obtenu son doctorat 3ème cycle et un doctorat d’état en littérature et sciences humaines.

    Il a été désigné Ministre des Universités en 1991, puis ministre des universités et de la recherche scientifique en 1992. il a occupé par ailleurs le poste de ministre de l’éducation nationale par intérim de juin 1992 à octobre 1992. Nommé en octobre 1992 Directeur de l’Institut des Hautes Etudes Stratégiques Globales, il a présenté un rapport d’analyse sur les Perspectives de Développement de la Société algérienne.

    Entre autres activités, il a présenté une conférence intitulée : Les pays du Tiers Monde et la Nouvelle Organisation Mondiale.

    Ses productions littéraires sont nombreuses.

    Djillali LIABES est décédé le 16 mars 1993 à Kouba (Alger), suite à un attentat à la sortie de l’immeuble où il habitait.

    L’université de Sidi Bel Abbés porte fièrement son nom depuis 1996.

    Commémoration de son assassinat en 1993
    Liabès : dix ans déjà !

    «Je tiens à vous raconter ce que nous avait dit un jour Liabès. Il nous avait parlé d’un rêve prémonitoire dans lequel il voyait l’Algérie à feu et à sang, il se voyait ministre, ensuite assassiné.  » Mon enterrement sera comme celui de Boumediène mais en plus petit. Si ce dont j’ai rêvé devait m’arriver, il faut que je termine tout ce que j’ai entrepris « , nous avait-il dit. » Ceci est le témoignage d’une ancienne collègue de Djillali Liabès à l’époque où il travaillait au Centre de recherches et d’études appliquées en développement (Cread). Elle a tenu hier à le partager avec l’assistance présente aux deux journées d’étude organisées à la Bibliothèque nationale du Hamma pour commémorer le dixième anniversaire de son assassinat afin de « montrer dans quel esprit il se trouvait » les dernières années de sa vie. Une vie qu’il consacra au bien-être du pays et au service de la science, avant son assassinat devant son modeste domicile à Kouba, en 1993. Ses travaux se sont intéressés, entre autres, à la fin des années 1960, à l’aspect économique, précisément au secteur privé et aux entreprises publiques pour diriger, ensuite, et pendant quelques années, plusieurs études au niveau du Cread. Avant son dernier poste en qualité de directeur général de l’Institut national des études stratégiques et globales (INESG), il fut ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. Mais, comme témoignera une autre collègue du Cread, Liabès était l’un des rares à allier une fonction officielle avec une autre pédagogique, en ce sens qu’il continuait ses travaux de recherche. Sa présence dans le « pouvoir » n’était autre qu’un prolongement de ses convictions personnelles et non point un quelconque intérêt pour la responsabilité, comme le témoignait si bien la modestie qui le caractérisait. Et c’est à ce titre qu’il fut président de la commission nationale 2005, installée en 1992 par les pouvoirs publics pour réfléchir sur le devenir du pays à cette échéance. L’idée d’organiser cet hommage, premier du genre, à la mémoire d’une des personnalités intellectuelles du pays ayant payé de leur vie le prix de leur engagement est venue d’un collectif de chercheurs et d’universitaires, notamment des sociologues, ayant connu le personnage et apprécié à sa juste valeur ce que représente aujourd’hui le riche patrimoine scientifique légué. Parce que sa vie a été consacrée à la réflexion et à la recherche, l’hommage qui a été rendu à Djillali Liabès allait plus dans le sens d’interventions thématiques et scientifiques que la simple évocation classique des mérites et des qualités du personnage. Ainsi, pour Amine Khan, expert à la Banque mondiale, ayant bien connu le défunt, c’est là l’occasion d’aborder la position des intellectuels algériens dans la crise depuis la guerre de Libération jusqu’à l’après- Octobre 1988.
    « L’assassinat des intellectuels a réduit l’espace d’expression nécessaire à la vie et à la survie de la nation », a-t-il entre autres déclaré. « Liabès a parlé de sujets qui peuvent paraître banals dans d’autres pays mais qui posent problème en Algérie.
    Décortiquer les caractéristiques du système politique, la relation du politique avec l’économique », raconte Nacer Djabi, sociologue. Ce dernier insiste sur l’homme de terrain que fut Liabès qui ne se contentait pas d’idées stériles. Notons enfin la présence à cette rencontre de plusieurs personnalités, dont l’ex-Chef de gouvernement Ahmed Benbitour, des sociologues, tels Daho Djerbal et M. Kadri, l’économiste Ali El Kenz, qui doit intervenir aujourd’hui.

    Mekioussa Chekir
    Le Matin 16-03-2003




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  • halli
    29 septembre 2010 at 14 h 01 min - Reply

    Djillali Liabes a ete assassiné pour avoir fait et publié une etude sur les Dynasties et alliances qui se constituaient des la fin des annees 70 pour constituer la CASTE de GUEUX qui s’approprie l’Algerie aujourd’hui ..Ce travail ne lui a jamais ete pardonné , malgré qu’il ait ete passé sous silence depuis la fin des annees 70




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  • Si Salah
    26 novembre 2010 at 21 h 47 min - Reply

    Dans le Soir:
     »
    Ahmed Djebbar, l’ancien ministre de l’Education nationale du temps de Mohamed Boudiaf, a lancé un gros pavé dans la mare.
    Lors d’une conférence animée à la maison de la Culture de Mila, Djebbar a déclaré avoir décerné, du temps où il était en poste, des titres et des diplômes falsifiés à de hauts responsables de l’Etat. L’ancien ministre n’a, cependant, pas souhaité divulguer de noms.
     »

    Si Salah




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  • Congrès du Changement Démocratique