Édition du
26 March 2017

Non à l'Amnésie !Vérité et Justice !

Les familles de disparu(e)s venues de plusieurs régions du pays ont observé aujourd’hui mercredi 29 septembre 2010 , un sit-in à la Grande Poste d’Alger à l’occasion du 5e anniversaire du « référendum » sur la charte de la tromperie nationale et de l’impunité. Dans le calme et la discipline et malgré un dispositif policier encadrant les lieux, femmes et  hommes, le plus souvent des personnes âgées ont bravé l’interdit, brandissant photos de leurs enfants enlevés par les services de sécurité et  banderoles réclamant vérité et justice. Le sit-in s’est déroulé dans la sérénité la plus totale et les services de sécurité n’ont pas eu à intervenir pour disperser le rassemblement. Un grand bravo aux  courageuses familles de disparu(e)s. Cet événement constitue une modeste mais JUSTE victoire contre ceux qui ânonnent que la « mémoire est faite pour oublier ».

La Rédaction de LQA

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6 Commentaires sur cet article

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  • Liberty
    29 septembre 2010 at 23 h 14 min - Reply
  • diegol
    30 septembre 2010 at 2 h 46 min - Reply

    @Liberty
    merci pour le lien.
    un article wow!!!!!!!!




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  • samir
    30 septembre 2010 at 9 h 34 min - Reply

    le sang des innocens resurgira sur les assassins.On ne peut qu’être admiratif et ressentir de l’humilité face à ces méres,épouses,et soeurs qui sont les notres.la disparition de la sorte d’algeriens restera à jamais dans les mémoires des generations futures.par sa politique d’enlevements et de torture,ce régime a atteint le sumum de la cruauté.aucune situation aussi complexe soit elle ne permet institutionaliser les disparitions de personnes.comment peut pretendre avoir bonne conscience le premier magistrat du pays alors que les âmes des disparus hantent encore nos esprits?ces méres nous donnent une leçon de résistance et d’humilité dont nous devons en tirer toutes les consequences.il est décevant de s’appercevoir que les politiques de notre pays ne réagissent pas avec la même ardeur et n’opposent pas le même courage face à cette clique de voyous.




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  • Liberty
    30 septembre 2010 at 9 h 47 min - Reply

    @diegol j’esper que quelqun peut traduire cet article en francais pour nos compatriotes qui ne lisent pas l’anglais.




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  • Rédaction
    30 septembre 2010 at 10 h 21 min - Reply

    Protestation à l’occasion du 5e anniversaire de la charte pour la paix
    Le rassemblement des familles des disparus toléré par les autorités
    El Watan, 30 septembre 2010

    Les familles des disparus célèbrent, à leur manière, le 5e anniversaire de la charte pour la paix et la réconciliation nationale adoptée le 29 septembre 2005.

    Elles ont bravé l’interdit en réussissant à tenir hier un rassemblement à Alger-Centre. Pour une fois, les représentants des familles des disparus n’ont pas été malmenés et «tabassés» par les policiers.Ces derniers ne se sont présentés que tardivement sur les lieux. Leur nombre était très réduit, environ une vingtaine d’agents seulement. Ils se sont contentés d’encadrer les manifestants pour les empêcher d’occuper la voie publique.Ce qui laisse penser que les autorités ont toléré cette action. En tout cas, les parents des victimes des disparitions forcées ont atteint leur objectif qui est, selon eux, celui d’exprimer leur rejet «du silence officiel sur les dépassements enregistrés durant la décennie noire».
    La mobilisation était forte.

    Plusieurs dizaines de personnes, en majorité des vieilles dames, ont répondu favorablement à l’appel du Collectif des familles des disparus en Algérie (CFDA) pour marquer avec leur présence cette date symbolique. Ils sont venus de Tizi Ouzou, Constantine, Tiaret, Tipasa, Guelma, Médéa et Jijel pour «exiger la vérité sur la disparition de leurs enfants».
    Soutenus par des militants de la LADDH, du RAJ, du Snapap et des organisations des victimes du terrorisme, les contestataires ont exprimé leur colère contre «l’oubli imposé». Le sit-in a commencé vers 10h30. Brandissant des banderoles et des pancartes sur lesquelles sont inscrits des slogans dénonçant la charte pour la paix, ils demandent la vérité sur la disparition de leurs pères et enfants. «Ya houkam bladna, win rahoum ouladna (où sont nos enfants ?) », «Ouladna qadhiyatna, hata chi ma ye-khaoufna (nos enfants sont notre cause et nous ne craignons rien)», lancent-ils.

    D’autres slogans exigeant la vérité et la justice ont également dénoncé. «Non à l’impunité, justice et vérité», scandent-ils encore.
    Les participants à cette action ont interpellé le président de la République : «Ya raïs Bouteflika aâlach kheyef men lahqiqa» (Monsieur Bouteflika pourquoi avez-vous peur de la vérité ?). Ils ont également critiqué Farouk Ksentini, président de la Commission nationale consultative pour la protection et la promotion de la charte pour la paix et la réconciliation nationale (CNCPDDH). «Ksentini barra ! (Ksentini dehors)», lancent-ils encore. D’autres slogans ont été également scandés. Les mères des personnes disparues ne sont pas prêtes à oublier leurs fils, enlevés devant elles. Certaines d’entre elles ont accepté l’indemnisation de l’Etat. Mais elles le regrettent aujourd’hui.
    C’est le cas de Mme Aribi Zineb.

    «Quand nous avons été convoquées pour le dépôt des dossiers, ils nous avaient dit que c’est une aide de l’Etat. Aujourd’hui, ils disent que ce sont des indemnités. Mon fils ne vaut pas 900 000 DA. Je regrette vraiment de l’avoir fait», déclare-t-elle. «Les familles des disparus ont le droit de connaître la vérité sur le sort de leurs proches et aucune loi inique ni mesure de répression ne les feront renoncer à ce droit», affirme encore les membres du CFDA.
    Madjid Makedhi




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  • Rédaction
    30 septembre 2010 at 10 h 31 min - Reply

    Alger: Rassemblement de familles de disparus

    par Ghania Oukazi, Le Quotidien d’Oran, 30 septembre 2010
    «Prônant l’oubli et consacrant l’impunité, cette charte interdit tout recours aux familles des victimes de la décennie 90.»

    C’est, entre autres, par cette phrase que les familles et collectifs des familles des disparus (CFDA et SOS Disparus) ont voulu convaincre les citoyens pour se joindre à eux hier au rassemblement qu’ils ont organisé devant la Grande Poste d’Alger pour commémorer l’an 5 de l’adoption de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale. Proposée à référendum populaire en septembre 2005, la charte en question est entrée en vigueur le 28 février 2006. «Dès l’annonce de ce référendum, le CFDA et SOS Disparus ont mené une vaste campagne pour alerter l’opinion publique nationale et internationale sur les conséquences néfastes de cette charte», ont écrit ces organisations dans l’appel au rassemblement qu’elles ont transmis discrètement aux milieux de la presse. «Nous devons être discrets parce que si les autorités le savent, elles nous enverront la police pour nous empêcher de manifester», nous disait mardi une représentante de SOS Disparus.

    Les autorités politiques ont, pour rappel, décidé depuis le mois dernier, subitement et brutalement, d’interdire le rassemblement que ces familles tenaient tous les mercredis et ce depuis douze longues années, devant le siège de la Commission nationale consultative pour la promotion et la protection des droits de l’homme (CNCPPDH). En organisant la manifestation d’hier, elles ont tenu à rappeler leur rejet des dispositions de la Charte qui, à leurs yeux, «renforce d’une part le dispositif d’amnistie des groupes armés et accorde l’impunité aux agents de l’Etat». Elles dénoncent aussi dans leur appel le fait qu’«aujourd’hui, l’Etat continue de harceler les familles des disparu(e)s pour qu’elles acceptent que soient établis des jugements de décès et tente d’acheter leur silence en leur offrant des indemnisations».

    Témoignages poignants

    Elles sont venues hier nombreuses près de la Grande Poste pour «réaffirmer leur droit de connaître toute la vérité sur le sort de leurs proches». Elles font savoir qu’«aucune loi inique, ni mesure de répression ne les fera renoncer à ce droit».

    Il était 10h quand les premières femmes avançaient hier discrètement vers le jardin faisant face à la Grande Poste, en plein centre de la capitale. «Mon fils avait 21 ans, il a été emmené au commissariat central (Bd Amirouche), je ne l’ai plus revu. Le fils de mes voisins a été arrêté en même temps. Il a dit au juge d’instruction que mon fils est mort après avoir été torturé, qu’il lui a fait la chahada. Moi, sa mère, j’ai déposé une plainte auprès de la Cour suprême pour arrestation et crime volontaire», raconte l’une d’elles. «J’ai continué à me présenter au tribunal d’Hussein Dey et en 2008, on m’a dit que l’affaire est classée, que je ne devais plus demander quoi que ce soit…», a-t-elle ajouté.

    Elles se mettent à plusieurs pour relater les faits de disparitions de leurs proches. «On nous dit qu’il y a des tombes anonymes, des personnes qui ont été enterrées sous X, qu’ils fassent des tests ADN pour savoir d’où elles viennent, parce qu’ils disent que nos enfants ont été terroristes alors qu’ils n’avaient rien à voir…» «Mon mari a été arrêté sur les lieux de son travail le 31 janvier 1993, on m’a remis un acte de décès daté du 1er février 1993. Trouvez-vous ça normal ?» «Ils ont pris mon mari qui avait 82 ans et mon fils 24 ans…» «On nous dit que nos enfants sont morts dans des accrochages. Alors où sont les corps ? Qu’on nous les donne pour qu’on fasse notre deuil ?»

    «Rien ne nous arrêtera!»

    Il est 10h25. La place commence à se remplir de femmes et d’hommes. Des portraits sont brandis. «C’était un avocat». «C’était un étudiant». «Il faisait un stage pour être imam.» «C’était un assistant du DG d’une entreprise publique.»… Les fonctions sont nombreuses et diverses mais le drame de la disparition forcée a eu le même effet tragique sur les familles. «Non à l’impunité ; Justice et Vérité !», lit-on sur la large banderole déployée au premier rang des manifestants. Les manifestants étaient venus de plusieurs villes. «Oran, Jijel, Tizi Ouzou, Médéa, Tiaret», lit-on sur les pancartes.

    «Ya houkam bladna, ouine rahoum ouledna (Gouvernants de notre pays, où sont nos enfants ?» «La Ouiam, La Salam, La Raha Lelhoukam ! (Non à la réconciliation et à la paix. Pas de répit pour les gouvernants !)» Bien que ce sont de vieilles personnes atteintes, selon plusieurs d’entre elles, de maladies chroniques, elles scandaient à gorge déployée des slogans qui résument à eux seuls la profonde détresse dans laquelle elles ont été plongées. «Ouledna kadhiyatna, hata chi ma yhabasna ! (Nos enfants sont notre cause, rien ne nous arrêtera !)» «Ya Rais Bouteflika, aâlah tkhabi el hakika ! (Président Bouteflika, pourquoi cachez-vous la vérité ? )» «Aâdalatna khaina, mahkama doualia ! (Notre justice triche, nous voulons un tribunal international !)» La place de la Grande Poste grouille de monde. Manifestants entourés par de nombreux citoyens et badauds ont fait foule.

    Il était 11h quand un fourgon de police arrive. Un policier en descend, téléphone mobile à l’oreille et talkie-walkie à la main. «Vous êtes journaliste ?», a-t-il interrogé notre chef de bureau. «Oui», lui répond-il. «Donnez-moi votre carte professionnelle», réclame le policier. Mais le temps que le journaliste sorte sa carte de son cartable, le policier fait demi-tour et se met à côté du fourgon. Instruction venue «d’en haut» de ne pas intervenir ? Probablement puisque aucun policier ne s’est approché des manifestants. Aucun signe de répression n’a été visible contrairement au mois dernier où les agents de sécurité ont traîné quelques-uns de ces mêmes manifestants par terre.

    Le rappel du comité des droits de l’homme de l’ONU

    «Ya houkam bladna, ma biôouche ouledna ! (Gouvernants de notre pays, nous ne vendons pas nos enfants !» continuent les familles de scander. «Bouteflika hram aâlik, deme ouledna itabaâ fik ! (Bouteflika, c’est un pêché pour vous, le sang de nos enfants vous suit !)»

    Quelques minutes plus tard, des femmes de la police et de la BMPJ se rapprochent du lieu de la manifestation. «Ça y est, cette fois-ci, on leur a ramené des femmes…», nous a dit un agent de sécurité. «Pour qu’elles puissent bousculer facilement ces femmes ?», interrogeons-nous. «Non, on ne les touchera pas», a-t-il répondu.

    «Ya houkam ya masôoulin, ouine rahoum el mafkoudine ? (Gouvernants, vous qui êtes responsables, où sont les disparus)». La manifestation continue encore plus forte. «Fi blad el houria, essoudjoune essaria ! (Dans le pays de la liberté, il y a des prisons secrètes !)» «Ya Ksentini ya kedhab, ouache kolt fi jinev ? (Ksentini, le menteur, qu’as-tu dit à Genève ?)» Les policiers en faction remarquent la présence d’un photographe étranger. «Avez-vous une autorisation pour photographier ?», lui demandent-ils. «C’est un Américain, il a un ordre de mission d’un journal algérien», leur répond son interprète. «C’est marqué reportage photos, c’est vaste…», lui dit un policier en civil. «Suivez-nous au commissariat, on doit vérifier», recommande son collègue au photographe américain. Les familles se dispersent vers les coups de 12h avec la promesse de continuer le combat pour «la justice et la vérité».

    Indemnisations des familles des disparus: Les regrets d’une mère qui a accepté de signer

    par G. O.
    Non, je n’ai pas vendu mon fils, je voulais que cette jeunesse vive mieux !» nous a dit Mme Aribi qui a accepté de se faire indemniser conformément aux dispositions de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale. Elle raconte comment en 1993, son fils de 18 ans a été pris de la maison pour ne plus revenir. «Quand j’ai dit oui à la Charte, je pensais aider quelque part à ce que cette jeunesse vive en paix,» ne cesse-t-elle de répéter. Elle nous fait savoir qu’elle a accepté de faire enregistrer son fils comme décédé. «On m’a demandé de signer un papier et m’ont donné 94 millions et on m’a dit que c’était une aide sociale. Lisez, vous voyez, c’est une trahison !» nous dit-elle avec la gorge serrée. «Je ne peux pas comprendre les lois toute seule, on n’a pas à nos côtés des avocats qui nous expliquent et nous aident à arracher nos droits, on se retrouve seul !» se plaint-elle. «Le jour où j’ai signé, je traînais les pieds, j’ai perdu connaissance,» raconte-t-elle. «Je pensais que le fils qui me reste va bien vivre, il gagne aujourd’hui 10 000 DA, pour toute une famille dont les parents sont malades ! Est-ce que c’est ça les bienfaits de la Charte ?» Interroge-t-elle. «Oui, j’ai regretté, je n’aurais pas dû accepter de signer. Je suis une femme de la révolution, je ne paie pas mes sacrifices d’hier et d’aujourd’hui avec l’âme de mon fils.»

    «L’Etat algérien ne peut se prévaloir des textes de la charte et a le devoir de mener des enquêtes approfondies sur les violations supposées des droits de l’Homme, en particulier lorsqu’il s’agit de disparitions forcées(…) mais aussi d’engager des poursuites pénales contre quiconque est présumé responsable de ces violations (…) .» C’est ce que le comité des droits de l’homme de l’ONU a notifié aux autorités algériennes et que les familles des disparus ont tenu à mettre dans la lettre qu’elles ont distribuée sur place et qu’elles ont intitulée «non à l’oubli, non à la fourberie !»




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  • Congrès du Changement Démocratique