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24 March 2017

Une "justice" sous la botte d'un ex-commissaire !!!

Témoignage d’un père meurtri : «Mon fils, 6 ans, a été enlevé, séquestré et victime d’une tentative d’abus sexuel. Le juge a libéré son tortionnaire.»
Vendredi, 01 Octobre 2010, 13:56 | DNA (Dernières Nouvelles d’Algérie)

DNA publie le cri de douleur d’un père dont le fils de 6 ans a été enlevé par un mineur de 17 ans. Malgré le diagnostic du médecin qui a constaté une tentative d’abus sexuel sur l’enfant, en dépit de la demande du procureur de placer sous mandat de dépôt l’agresseur présumé, le juge a décidé de remettre ce dernier en liberté. Pour préserver l’anonymat de sa famille et protéger l’enfant, le père de la victime a décidé de témoigner sous pseudonyme. Son témoignage est autant un cri de révolte qu’une lettre adressée au ministre de la Justice.


Plus de 1000 enfants ont été enlevés en Algérie au cours des dix dernières années. Soit une moyenne de 100 enfants par an. «Ils sont généralement enlevés pour demander des rançons pour alimenter les groupes terroristes, pour le banditisme et pour le motif d’abus sexuel», expliquait en janvier 2010 le professeur Mustapha Khiati. Parce que la pédophilie est une hantise, un sujet tabou en Algérie, victimes, parents et proches évitent d’aborder le sujet. Sans préjuger de la suite de ce dossier, nous publions le cri de douleur de ce père de famille en sa nature, un témoignage brut.

Témoignage :

Mardi 21 septembre 2010, mon enfant de 6 ans, est enlevé à proximité du domicile familial à Maghnia, aux environs de 16 h, par un voisin âgé de 17 ans, puis séquestré dans l’appartement en l’absence de ses parents. Impuissant, l’enfant a du se débattre, crier comme il pouvait, pour s’extirper des griffes du vautour, après avoir subi des attouchements, comme le décrira le médecin spécialiste dans son rapport médical, le jour même. Une heure plus tard, l’enfant traumatisé et craignant des représailles, parce que menacé par son agresseur, regagnera la maison pour s’isoler dans un coin. Inquiet de l’état piteux et inhabituel de mon fils, je le soumets à un interrogatoire. A ce moment, il éclate en sanglots avant de raconter sa mésaventure.

Sans trop attendre, je pars déposer plainte au commissariat de police du quartier. L’auteur des faits a été emmené une heure plus tard dans les locaux de la police, tandis que mon fils a été confié à un médecin spécialiste de la clinique Ibn Sina qui confirmera la tentative d’abus sexuel (rapport aux mains du tribunal de Maghnia avec les P.V d’audition des services de la police, du procureur de la république et du juge d’instruction établis les 21 et 22 septembre).

En début de soirée, mon enfant a du relater aux policiers pendant près de deux heures les faits dans les détails. Devant l’atrocité des faits, et ne pouvant entendre le témoignage du petit, très affecté par le récit, je quitte le bureau des inspecteurs. Dans un autre bureau, l’auteur des méfaits est entendu par d’autres inspecteurs. Il reconnaîtra avoir donné de l’argent à mon fils pour l’attirer, l’emmener chez lui, mais niera avoir tenté d’abuser de lui. Il sera quand même gardé la nuit au commissariat.

Le lendemain, mon fils a été contraint de raconter sa même mésaventure devant le procureur et affronter, une fois de plus, son bourreau. Le magistrat ordonne un mandat de dépôt. L’affaire est alors confiée au juge d’instruction le jour même. En attendant l’audition de mon fils et de son bourreau dans le bureau du magistrat instructeur, on nous met, mon fils et moi, dans un hall avec des condamnés menottés, des gendarmes et des policiers. A trois mètres plus loin, le bourreau qui n’arrêtait pas de crier et de hurler. Les heures s’écoulent. Mon fils, qui n’avait pas dormi de toute la nuit, affamé et effrayé dans l’enceinte du tribunal, suppliait qu’on l’éloigne des lieux. Je demande à voir le président du tribunal. On me signifie que les magistrats étant partis déjeuner, je n’ai pas le droit de quitter l’enceinte

«Je suis le plaignant et non pas le coupable, en plus, mon enfant n’est pas détenu, il est victime d’une tentative de pédophilie» supplies-je les policiers. A 13 h 40, le juge nous appelle pour soumettre à nouveau mon fils à un interrogatoire en ma présence. Ne tenant plus, une fois de plus, je quitte le bureau. Mon fils sera encore soumis à une confrontation avec son bourreau. J’abandonne la partie laissant l’enfant face au juge et à son tortionnaire. Malgré son âge, mon enfant signe le procès verbal d’audition. Aux environs de 15 h, et devant la stupéfaction de tout le monde, le juge procèdera d’une manière expéditive à la libération de l’auteur de l’enlèvement, séquestration et tentative d’abus sexuel . Anéanti, j’interpelle le magistrat en ces termes «M. Le juge, vous venez de libérer un criminel et je ne serai plus responsable des conséquences de votre décision incompréhensible.» Gêné, le magistrat me rétorque : «Je demanderai au procureur de la république de faire appel de ma décision!» Hallucinant! .

Un détail me torture davantage l’esprit : le matin de la présentation au tribunal, l’oncle de l’agresseur, un ancien commissaire de police à Maghnia, a stationné sa voiture de marque Mercedes en face de l’institution judiciaire et y est resté à l’intérieur pendant plusieurs heures. Mon inquiétude augmentera lorsque des amis, qui m’accompagnaient dans ma douleur, m’informent que ce monsieur avait ses entrées au tribunal. D’ailleurs, je ne manquerai pas d’exprimer ma colère devant le juge d’instruction qui avait libéré le criminel. Le juge s’est gardé de reconnaître qu’il avait été approché par ce commissaire. Je m’interroge, malgré tout : la présence de cet ex-officier de la police avait-elle pesé dans la libération de son neveu ?

Aujourd’hui, le bourreau de mon fils s’affiche librement et en toute impunité dans notre cité et mon fils est reclus chez moi. Psychologiquement, il est fortement atteint. Toute ma famille est traumatisée, détruite. Ma vie et celle de mes quatre enfants a basculé en ce mois de septembre par la faute d’un jeune peu scrupuleux et d’un juge insouciant. J’ai cru en l’état de droit en me confiant à la justice de mon pays, mais je n’ai fait que torturer davantage ma petite famille… Je suis mort, M. le ministre de l Justice, garde des Sceaux !

Mohsen Batel


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14 Commentaires sur cet article

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  • Ourida
    1 octobre 2010 at 18 h 58 min - Reply

    M. Batel, votre récit m’a bouleversée. De tout coeur, je compatis à votre douleur de parents à la blessure du petit. Je suis révoltée par cet appareil de «justice» qui aggrave les choses plutôt que de les réparer autant que possible. Iji n’harhoum! Que Dieu vous (nous) assiste!




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  • asma
    1 octobre 2010 at 19 h 19 min - Reply

    je suis scandalisee jour apres jour je trouves qu il y a une injustice envers nos enfants victimes de ces malades pedophiles un criminel qui eccope de quelques mois de detention et a sa sortie recidive et la victime et ses parents blesses a vie je ne peux oublier la mort tragique du petit yacer de constantine je demandes a tout les algeriens de faire un front pour que cesse ces rapts et viol et assasinat de nos enfants deja qu ils n ont rien comme loisirs et detente , faut il qu ils restent enfermer a la maison ou a l ecole de grace sauvons ces petis innocents




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  • halli
    1 octobre 2010 at 20 h 40 min - Reply

    Monsieur !! Mort ? non !!! Il faut que cela soit EUX qui doivent se sentir MORTS !!!!! DONNEZ LE NOM DU JUGE ET DE CET EX COMMISSAIRE ..
    ..J’en ai la nausee !!!!!




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  • Nourredine BELMOUHOUB
    1 octobre 2010 at 22 h 57 min - Reply

    Je Voudrais apporter une petite correction le nombre d’enfants victimes de kidnappins est superieur à 2000 de 2001 à 2010), ils sont le fait de gens pervers, d’autres servent les fillières de trafics d’organes, et certains pour regler des comptes en parents divorcés. ce qui est navrant est que peu de gens ont soutenu le Comité SOS Kidnappins Enfants, crée par un petit groupe de personnes qui ne comptent aucun enfant kidnappé, Révolté par ce fléau, nous avons animé plusieurs conférences.Consultez Google Nourredine BELMOUHOUB.
    Quant à l’Affaire en question, je dirais à Mohsen Batel,d’user des voies de recours nationales, s’il n’obtient pas gain de cause, je lui rappelle que le 20 Novemebre c’est la Journée de l’Enfant. et s’il ignore la voie à suivre, avec plaisir et par devoir, il peut compter sur ma contribution pour l’orienter surement et benevolement, et au diable les passe droits.




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  • D B
    1 octobre 2010 at 23 h 41 min - Reply

    Khouya Batel
    Permettez-moi de vous exprimer ma sincère sympathie. Dites-vous bien, si tant est que cela peut atténuer votre détresse, que vous êtes loin d’être seul. C’est juste que vous avez eu le courage, et quel courage, de briser le silence qui pèse ordinairement sur ce genre d' »affaire ».
    Notre pays, où les gens se pressent jusque dans la rue pour faire la prière du vendredi, est plein à craquer de ces crimes inavouables, et surtout inavoués, tus par tout le monde, dans un large consensus du silence, non seulement par les victimes elles-mêmes, mais aussi par la police, par la justice, par les médias, par la mosquée. Personne ne veut en parler. Les victimes parce qu’elle en ont honte, les criminels parce que ça les arrange, les pouvoirs publics parce qu’ils sont dépassés, et les mosquées parce qu’elles veulent faire croire que les Algériens sont des musulmans modèles. Et puis, ces sujets tabous, ça ne fait que fâcher les gens, ça les ennuie, ça les embête. En Algérie, on ne parle ni de viols d’enfants, ni d’incestes, ni d’adultères, ni encore moins de tout ce que des êtres sans défense, et sans défenseurs, comme les orphelins et les handicapés mentaux, endurent tous les jours, dans un silence sidéral.
    J’ai eu l’occasion, un jour, d’observer un enfant victime d’attouchements et son père, dans la salle d’attente du Procureur de la république. Cela s’est passé exactement comme vous avez décrit votre propre expérience. Exactement pareil. Le pire de tout, est que la victime, un enfant au regard fixe, épouvanté, était obligé, à chaque fois, de répéter ce qu’il avait dit plusieurs fois déjà. J’arrête.




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  • l.leila
    2 octobre 2010 at 0 h 38 min - Reply

    Bonjour,
    Si la justice était indépendante, il n’y aurait pas des millions de bourreaux dans ce pays. Je me demande comment ce juge peut-il avoir la conscience tranquille, en innocentant le bourreau, tout en frustrant le petit ange, malaïka.
    Malgré cela, cher compatriote, ne lachez pas l’affaire. Le petit, que je salue, a eu le courage de dénoncer son bourreau. Alors ne baissez pas les bras.

    Mes salutations




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  • abderahmane
    2 octobre 2010 at 1 h 34 min - Reply

    Faut pas oublier l’incontournable justice divine (DE DIEU): Ce jeune agresseur(et son protecteur) payeront inchallah. il vous faut vous rapprocher de Dieu, en ses moments de douleurs, il vous guidera, aidera, soulagera surement …Autrement c’est encourageant de savoir que dans les pays d’Amérique (Nord et Sud ), UN PÉDOPHILE EMPRISONNÉ A 100 POUR 100 DE CHANCE D’ÊTRE TUÉ PAR LES AUTRES DÉTENUS. On peut déduire l’état de pourrissement de la justice de notre ex-Algérie.




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  • ismael redha
    2 octobre 2010 at 4 h 00 min - Reply

    Les lois algériennes sont aux ordres des criminels, d’où une probable explication des milliers de disparus depuis 1992 !!?




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  • tifsa
    2 octobre 2010 at 17 h 40 min - Reply

    Cher frère

    Je te comprends très bien ,je ne sais pas te conseiller quoi faire .Je te dis seulement ce que m’avait dit un ami plus agé que moi, surtout plus sage et plus intelligent .Il m’avait dit tu fais comme le chien qui s’acharne contre un os ,quand il n’en peut plus il l’enterre et va se reposer ,il reviendra certainement aprés chaque repos .Avec ces monstres ,c’est ce qu’il faudrait faire : ne jamais lacher l’affaire et quand tu es fatigué prends du repos. C’est la meilleure stratégie car il vont attendre que tu t’épuise.Bon courage.




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  • laghouati
    3 octobre 2010 at 11 h 33 min - Reply

    Bonjour Monsieur Mohsen,

    La faute inpardonable que vous avez comis, c’est de ne pas défigurer ( ni vu ni connu et sans témoins) le visage de celui qui a fait basculer la vie de votre famille, hélas vous vous étes confier à la pseudo justice de cette pouriture de systéme.

    Dieu soit avec vous




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  • Fathi
    6 octobre 2010 at 19 h 57 min - Reply

    J’aurai bien aime savoir ce qui serait passe si l’enfant (bien que je ne lui souhaite pas du tout)de ce juge a deux sous avait subit le subit le meme sort que le petit Batel




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  • M.J.
    7 octobre 2010 at 13 h 40 min - Reply

    Je crois que dans cette affaire le juge n’aurait rien pu faire d’autre que de relacher ce jeune délinquant et ce qu’il a dit au père de la victime c’était juste pour tenter de le tranquiliser, même si le procureur fait appel, cela ne servira strictement à rien.

    La responsabilité pénale au regard du droit Algérien commence à partir de 18 ans. En effet avant 13 ans, l’enfant n’est pas responsable car sa conscience pour le législateur n’est pas encore totalement formée. De 13 à 16 ans l’enfant, cette responsabilité devient perceptible mais ne peut permettre au tribunal que de l’admonester seulement et de 16 à 17 ans il peut être placé dans un centre pour mineurs, à condition que son tuteur ne s’y oppose pas mais il ne peut être emprisonné. Ce n’est qu’a partir de l’âge de 18 ans que sa responsabilité pénale est entière et que la justice peut le condamner. Quoique on s’insurge dans cette affaire et quoique oin dise, il s’agit en fait de deux enfants, bien que l’un est adolescent. Ce qu’il faut relever, c’est que ce comportement de dérive à tendance à se généraliser et la délinquance est en voie de gagner de plus en plus de terrain et la morale voit son champ social se rétrécir comme peau de chagrin. Le droit ne peut malheureusement pas tout dans un pays ou la religion et la morale sont devenus des luxes et des apparats de fêtes qui recouvrent des habits sales et déchirés.

    Mohamed Jabara.




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  • el amel
    13 octobre 2010 at 11 h 58 min - Reply

    el hogra, c’est le terme adéquat à ce drame!je compatis
    et demande à mr Batel de ne pas perdre en vue el hak de son fils, mais surtout de ne pas oublier la prise en charge psychologique de son fils,et au diable les qu’on dira t-on nul n’est à l’abris! ne vous déclarez pas mort!battez vous!nous sommes avec vous et donnez nous de vos nouvelles.fraternellement




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  • syphax
    1 novembre 2010 at 14 h 10 min - Reply

    bonjour Mr BATEL,
    c’est un JUSTICE AUSSI DÉGUEULASSE QUE CEUX GOUVERNENT LE PAYS mais comme vous l’ont dit tout les intervenants, le petit a eu le courage de dénoncer ce CRIMINEL, ayez le courage (pour votre enfant) de poursuivre l’affaire en dénonçant toutes les irrégularités dont vous êtes victimes, je sais ça doit pas être facile, mais tenez bon LE BIEN FINIT TOUJOURS PAR TRIOMPHER SUR LE MAL, et vous avez le soutien de nombreuses personnes pour vous aider a surmonter cette tragédie.
    et tous finiront par payer, ils ne perdent rien pour attendre.
    la haut il n’y a ni piston ni ben3ammis.
    et dans ce bas monde, il vaut mieux subir une injustice que de la commettre.

    courage,
    mes salutations fraternelles




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