Édition du
24 July 2017

Lula, un exemple à méditer par nos "messies" du tiers-Monde

Il tire sa révérence après deux mandats réglementaires
Lula a hissé le Brésil au rang de 8e puissance économique

Par : Djamel Bouatta
Liberté 0
2 octobre 2010

Toujours au sommet de sa popularité, Lula remporterait facilement un nouveau mandat présidentiel, son troisième, s’il avait le droit de le solliciter. Mais faute de voter pour Lula, les Brésiliens choisiront dimanche probablement Dilma Roussef, désignée par lui pour continuer à faire du “lulisme”.

Elle n’a pas le charisme du président sortant mais poussée par Lula, les Brésiliens ont fini par l’adopter et l’appeler familièrement pas son prénom, Dilma, une sexagénaire de l’immigration.
Les multiples scandales de corruption qui ont éclaboussé dans les derniers mois le Parti des travailleurs ont éliminé un à un les candidats à sa succession et Lula qui a gardé sa popularité a imposé alors Dilma, qui avait occupé l’équivalent depuis de ministre de l’Énergie. Lula a fait campagne à ses côtés en promettant la continuité.
Les 136 millions de Brésiliens vont voter à travers elle pour Lula qui a fait en deux mandats de son pays la 8e puissance économique de la planète. Sa méthode, le “lulisme”, une politique sociale contre la pauvreté et le renforcement de la classe moyenne sans sacrifier les classes possédantes. Confortées, ces dernières ont accompli sous Lula des miracles.
Avec elle, continuité dans l’impressionnant chantier qu’est devenu le Brésil sous Lula. Taux de chômage passé de 20% à 9%, bourses distribuées aux familles pauvres pour stimuler l’économie, construction de 130 universités et de milliers de kilomètres de routes, présence active sur la scène internationale, notamment depuis que Lula joue les entremetteurs avec l’Iran, au Moyen-Orient…
La  métamorphose du pays de Pelé a bénéficié d’une politique volontariste de l’État depuis l’arrivée de Lula au pouvoir, le 1er janvier 2003. Lula n’arrêtait pas de sillonner le monde, ses opposants ont comptabilisé un an à l’étranger. Lula n’a pas visité tous les recoins de la planète, avec une préférence pour l’Amérique latine, les grands pays émergents comme l’Afrique du Sud, l’Inde, la Chine, la Russie, mais aussi des régions auparavant délaissées comme l’Afrique, et le Proche-Orient, pour rien. Il a fait gagner à son pays 7 places dans le classement des pays développés. Il a fait passer le nombre de représentations diplomatiques, plutôt économiques, de 155 en 2003 à 224 cette année.
Partout, il avait une seule obsession : faire la promotion du Brésil et de ses produits, et s’imposer comme un interlocuteur sur les grands problèmes du monde. Le Brésil organise ainsi la rébellion des pays émergents au sein de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), enterre l’Alca, le projet de George Bush d’une zone de libre-échange de l’Alaska à la Patagonie, au profit de l’Unasul, la communauté des pays d’Amérique du Sud. Brasilia cherche aussi jouer les intermédiaires au Proche-Orient, entre Israéliens et Palestiniens, et rapprocher Téhéran des puissances traditionnelles. L’intervention de Lula est mal perçue par Washington. Barack Obama s’accommode mal des prétentions brésiliennes.
Son dauphin aura un défi : maintenir cette nouvelle attitude, sans le charisme de Lula, le président sortant.  Dilma a un autre atout : avoir été emprisonnée pendant trois ans pour avoir combattu la dictature brésilienne dans les années 1960 et 70.
Ses opposants traînent dans les sondages bien qu’ils n’aient pas cessé de parler d’elle avec des préjugés : femme, pas belle, manières masculines, malade… Lorsqu’il quittera la présidence du Brésil, Luiz Iñacio Lula da Silva ne devrait pas rester inactif pour autant.
Son nom a souvent été évoqué pour succéder à Ban Ki-moon, qui termine son premier mandat comme secrétaire général de l’ONU à la fin de 2011. Mais outre que la SG de l’ONU a habituellement droit à un second mandat, le rapprochement entre Lula et les chefs iranien, syrien ou biélorusse a irrité les grands dirigeants occidentaux. Mais, rien n’est encore joué.


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3 Commentaires sur cet article

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  • Amayes
    2 octobre 2010 at 14 h 36 min - Reply

    C’est un example a mediter; voici un homme politique qui est rspectueux de la constitution de son pays. Tres peu de cette categorie de personnes suivent cette demarche. Dans le Tiers-Monde, generalement,ils s’accrochent au pouvoir comme des arapedes sur les rochers du Mole d’Alger. Ils ne lachent jamais prise car ils ne veulent, a aucun prix, perdre les privileges qu’ils ont acquis. Quand ils sont au pouvoir, ils se servent; servir le pays est une attitude qu’ils considerent comme farfelue.
    Recemment, le president americain, Obama, s’adressant a l’Assemblee generale des Nations-Unies, avait fait de tout feu sur les « leaders » qui violent la constitution de leur pays pour continuer a regner.
    Lula montre le chemin que les dirigeants de nos pays devraient suivre mais nous ne retiendrons pas notre souffle pour voir de si tot ce jour poindre a l’horizon.




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  • khaled
    2 octobre 2010 at 14 h 37 min - Reply

    Je ne peux que féliciter celui qui a pris les règnes d’un pays en liquidation et qui est arrive a le hisser au rangs des grands nations.

    Nos démocrates et syndicalistes organiques doivent méditer sur cet exemple, Boutef aussi….

    Lula au sommet de sa réussite aurait pu changer la constitution et briguer un 3eme mandant…Mais non….Les grands qui font l’Histoire partent la tete haute.




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  • Adel
    2 octobre 2010 at 17 h 45 min - Reply

    Dans une émission d’Al-Djazira diffusée la semaine passée, un larbin du pouvoir tunisien dît à un opposant, lui aussi tunisien : « Citez-moi le nom d’une seule personne dans l’opposition capable de remplacer le président Bénali. »

    Qui avait entendu parler de Lula avant qu’il devienne président? Les nouveaux sultans qui squattent les postes de chefs d’États dans les «républiques» arabes sont convaincus qu’ils sont irremplaçables. Ils ne savent pas qu’un fellah analphabète mais qui aime sincèrement son peuple et son pays ferait mieux qu’eux.




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