Édition du
24 July 2017

Pourquoi l’ANP détient-elle a elle seule le pouvoir?

Par Khaled

Ce péché originel n’a pas été commis en 1957, avec l’assassinat de Abane Ramdane, mais en 1830-31, lorsque la France a non seulement envahi l’Algérie, mais détruit dans ce processus l’infrastructure de gouvernance ottomane.

A la suite des différents soulèvements populaires contre l’occupation et l’expansion française, la France coloniale opta pour l’administration directe de l’Algérie en s’appuyant sur divers intermédiaires religieux et tribaux.

Durant les campagnes de la terre brûlée lancées en 1840 par le maréchal Bugeaud et jusqu’à la Première Guerre mondiale, les élites traditionnelles locales furent anéanties, ou discréditées pour leur association avec le colonisateur.

Les nouvelles élites algériennes éduquées dans les écoles françaises apparurent au début du 20eme siècle. Mais elles ne purent jouir de leur liberté professionnelle et sociale dans l’Algérie française sauf a quelques rares exceptions.

La formation politique de ces nouvelles élites algérienne fut élitiste, sans contact avec la base et le peuple.
Tout rapprochement entre élite et peuple fut inacceptable pour les autorités coloniales.

Dans les années 1930, même les écoles religieuses en Algérie dont Ben Badis fut le précurseur, étaient restreintes par l’occupant français dans leur rapprochement avec les masses algériennes.

Les premières rencontres entre élites militantes et algériens allaient se faire au cœur même de l’empire colonial.

Ces organisations nationalistes algériennes virent le jour parmi les travailleurs algériens en France.

La situation coloniale raciste a aussi empêché les élites de souche française de prendre attache avec les algériens à l’intérieur du pays.

A la fin de la Seconde Guerre mondiale, la classe politique issue des élites algériennes hybrides acquis une représentation symbolique dans les institutions françaises de la quatrième république.

Les massacres de Sétif du mois d’avril-mai 1945 signifièrent la fin de tout espoir d’un compromis politique entre les nationalistes algériens et les autorités coloniales.

Ce n’était pas l’élite algérienne d’instruction française, mais plutôt d’algériens démobilisés de l’armée française et autres qui prirent l’initiative en 1954, de lancer la lutte armée.

Durant la révolution, l’ALN coopta certains intellectuels algériens, y compris les politiciens traditionnels comme Farhat Abbas ainsi que des étudiants représentés fin des années 1950 par UGEMA.

Mais ces intellectuels, qu’il s’agisse de politiciens comme Abbas ou de leaders d’étudiants comme Belaid Abdesselam, n’ont été que de simples outils dans les mains de la révolution dont les dirigeants s’entre-déchiraient pour l’accaparement du pouvoir politique.

L’intensification de la guerre et la répression sauvage contre la population ont déjà éliminé tout possibilité de négociation, mais allèrent aussi broyer a jamais l’élite algérienne.

A l’indépendance, c’est l’armée organisée des frontières qui écrasa les différents factions issues de la révolution et domina le nouvel État algérien, dans les coulisses jusqu’en 1965, puis plus ouvertement.

Le point essentiel de cette lecture comprimée de histoire algérienne est qu’il n’a jamais eu de possibilités pour les élites instruites algériennes de tisser des liens avec le peuple et de définir avec lui un projet de société issu de ses conditions sociales, historiques et religieuses.

L’élite algérienne a subit l’Histoire a défaut de la faire.

Les conséquences de cette situation sont entre-autres: la non-existence d’intellectuels organiques, la non-existence d’intermédiaires autonomes, et une société civile réduite a sa plus simple expression s’exprimant en privé, et activant a travers des liens informels, entre familles et amis.

De ce fait l’ANP détient le pouvoir et continuera a le détenir tant que la classe intellectuelle dans l’ensemble de son spectre politique désertera le champs du militantisme.


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33 Commentaires sur cet article

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  • balak
    13 octobre 2010 at 18 h 45 min - Reply

    Elementaire mr Khaled :cela coule de source, c’est pour preserver les privilèges scandaleux et illimitées qu’ elle s’ est octroyée.La democratie sonnerait le glas des militaires et de leur fortunes illicites.Ce sont eux Qui ont chassés les français en consèquence l’Algerie leur appartient exclusivement, et leurs enfants ,tout naturellement se partageront l’ héritage(comme leur parents qui se sont accapares les richesses du pays),sans omettre au passage de gratifier les fideles charognards , qui se disputeront les restes.Qui pourrait ou aurait la capacité de leur dénier quoi que ce soit?Quant aux pseudos democrates(hacha quelques uns) ils ont vendus leurs ames aux diables.




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  • Arezki Nait Amar
    13 octobre 2010 at 20 h 41 min - Reply

    Comment dire définitivement « adieu aux interventions militaires » dans le champ politique ? Pour cela, il convient que l’institution militaire ne se considère plus comme l’unique gardien de la République et qu’elle cesse de percevoir l’affermissement du pouvoir civil comme un péril pour le régime, tandis que les forces politiques civiles,majoritairement acquises à la nécessité du primat du politique sur le militaire,doivent éviter le recours aux militaires et préviligier les valeurs et les procédures démocratiques et accepter la sanction des urnes.




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  • Alilou
    13 octobre 2010 at 21 h 32 min - Reply

    @Arezki Nait Amar, Il me reste un peu de thé a fumer, si tu en veux un peu.

    Crois-tu reellement que les militaires vont du jour au lendemain laisser les urnes parler ????

    Une chose utopique dans notre pays, on n’arrive meme pas a nous entendre sur les heures de prieres et de jeun, et on cherche a faire accepter le resultat des urnes aux militaire qui etaient la, qui sont la et qui y resteront jusqu’a la fin de notre miserable vie de soumis a leur dictat.

    L’algerie et les algeriens sont pourris par la course pour le fric ou la course pour le paradis sic…

    Chaque jour qui passe me desespere plus que celui d’avant, la raison pour lquelle je continu de fumer mon thé…Hic…

    Salam




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  • Ammisaid
    13 octobre 2010 at 21 h 53 min - Reply

    Les rôles des uns et d’autres doivent être clairs et sous le contrôle des lois et de la constitution. L’ANP a toujours joué le rôle d’un père tyrannique, égoïste et pervers. Elle refuse toute autonomie au peuple et aux responsables civiles a tous les niveaux. Mais combien d’hommes profitent de cette armée et de l’Algérie. Je ne crois pas qu’ils soient nombreux. Mais, ils sont déterminés a ne rien céder tant qu’ils ne seront pas obligés, d’une manière ou d’une autre. J’ai peur de savoir avec certitude que cette œuvre de destruction massive de notre pays et de son peuple, n’était que l’œuvre de quelques mercenaires sans valeurs mais prêts a tout pour nous effacer de la race humaine.
    Fraternellement




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  • Salim Ahmed-Nacer
    13 octobre 2010 at 22 h 27 min - Reply

    Les 5 derniers siècles du vécu de l’algérien:
    3 Siècles sous le dictat des Janissaires,
    130 années sous l’horreur du colonialisme français,
    Et depuis 1962 encore une fois sous le dictat des Neo-janissaires.
    Chronologiquement on voit bien que le peuple est seul fautif.




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  • habib
    14 octobre 2010 at 15 h 42 min - Reply

    a certain moment j avais a la démocratie .avec des débats a la télévision ,des marches pacifiques , des partis politiques , des élections libres communales et de wilaya .après des acteurs inattendus sont rentré dans la scène. le fis ,les kabyles, l armée, le terrorisme , et maintenant le sahel .en conclusion il n y aura jamais de démocratie en Algérie. pour notre unité et notre sécurité ,tout le peuple est pour le maintien du pouvoir entre les mains de l armée .

    ==================
    C’est un avis qui n’engage que vous mais évitez de parler au nom du peuple !!!
    La Rédaction LQA




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  • said
    14 octobre 2010 at 16 h 27 min - Reply

    @tout le peuple ya si l’ habib??? vous vous trompez , vous devez etre militaire aisés et vous étes heureux que près de 15 millions d’ algeriens vivent en dessous du seuil de pauvreté?mais apparemment, cela ne vous concerne pas.il y a 1% d’ algerien qui se sont accapares 99 % des richesse petroliéres du pays.Pour notre unité et notre securité ,comme vous le dites si bien l’ armée doit etre au service exclusif du peuple(proteger le peuple et le defendre) de la constitution et d ‘un gouvernement democratiquement élu.Il n’ appartient pas à des militaires de gerer un pays la preuve, ils ont montres leur limite,c ‘est un fiasco total.




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  • Chérif
    14 octobre 2010 at 19 h 14 min - Reply

    Je n’ai jamais été militant de quoique ce soit mais je puis dire que,si c’est l’armée qui serait la détentrice du pouvoir en Algérie, celà démontre que le peuple algérien,avec ses spécificités diverses et variées, ne veut devenir ni la Somalie ni Haiti.
    Les sang sue de l’intérieur et les charognards de l’extérieur auront beau montrer leur cupidité et leur instinct féroce, trouveront sur leur passage un rempart sûre à même de les contrer,et avec la manière qui leur plait.
    Pour ceux qui parlent de fiasco, je ne vois pas l’interêt à nier les changements qui s’opèrent et dans le profit de qui;certes,beaucoup reste à faire mais il ne faut pas pour autant désespérer.
    Si nous nous interdisons l’espoir,nous aurions failli à la foi en Dieu.




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  • Adel
    14 octobre 2010 at 20 h 03 min - Reply

    Les algériens des années 40 et 50 avaient mis toute leur énergie et tous leurs espoirs dans la constitution de l’Armée de Libération Nationale. Ils ne savaient certainement pas que cette armée allait les opprimer, une fois l’indépendance acquise.

    Ce n’est pas une question d’élites. En quoi un militaire analphabète est-il supérieur à un fellah? C’est plutôt l’éternel volonté de puissance de l’être humain. Celui qui a un fusil domine celui qui n’en a pas. C’est aussi simple que cela. Les Algériens sont tombés dans un piège qu’ils n’avaient pas prévu. L’histoire fait parfois des détours, comme une rivière qui cherche le chemin de la mer. Il peut y avoir beaucoup de méandres.

    Aujourd’hui que le peuple algérien a compris son erreur, il doit sortir du trou dans lequel il est tombé en 62 et reprendre sa route.




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  • radjef said
    15 octobre 2010 at 12 h 01 min - Reply

    Bonjour tout le monde. D’abord merci à Khaled pour cette contribution qui a le merite de soulever les vraies questions à coté de celles soulevées par Adel. L’ANP detient le pouvoir depuis le 1er novembre 1954. Les germes de la dictature etaient explicitement annoncés dans la Proclamation du 1er novembre. Nos sociologues et historiens connaissent parfaitement la question, mais preferent l’eviter a tout prix…La seule fois que les politiques ont decidé de se reapproprier la decision, cela s’est soldée par l’excution de Abbane Ramdane. Et depuis personne n’a osé remettre la question sur le tapis. Depuis le Congrés de Tripoli à ce jour, l’ANP est seule sur le terrain sans le moindre adversaire. Pour sauver la face, l’armée algerienne aprés s’être distinguée durant la revolution par la creation de commandants politico-militaires, a inventé des façades democratiques, des opposants sur mesure…Y a t-il aujourd’hui une classe politique digne de ce nom en face de cette armée? L’armée va t-elle remettre le destin du pays entre les mains de dirigeants politiques qui ignorent tout de la doctrine des partis pour lesquels ils militent respectivement? Un dirigeant local, regional ou national, qui doit de l’argent a la motié de la population de sa wilaya, qui incapable de lire et de produire, qui passe les trois quart de son temps dans les lieux de debauche et les bars, peut-il succeder a l’armée? Un dirigeant politique qui ne sait pas ce qui ce passe dans son parti, qui ne connait pas ses cadres, son village et sa region, peut-il remplacer l’armée? @Arezki Nait Amar, dans la situation que nous vivons aujourd’hui, a qui l’armée va t-elle ceder le pouvoir si toutefois elle consent le ceder? Connaissant nos partis politiques, l’enjeu vaut-il la chandelle? Vous savez que j’ai horreur de l’armée, mais je ne trouve pas comment faire pour que nos petits caporaux zouaves retournent dans leurs casernes et que le pays ne bascule pas dans une guerre par la faute de dirigeants politiques cupides et inconsequents. Que faire, Dda Arezki?




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  • Adel
    15 octobre 2010 at 14 h 23 min - Reply

    @radjef saïd

    Bonjour, cher ami,

    «Un dirigeant politique qui ne sait pas ce qui ce passe dans son parti, qui ne connait pas ses cadres, son village et sa région, peut-il remplacer l’armée? @Arezki Nait Amar, dans la situation que nous vivons aujourd’hui, a qui l’armée va t-elle céder le pouvoir si toutefois elle consent le céder? Connaissant nos partis politiques, l’enjeu vaut-il la chandelle? Vous savez que j’ai horreur de l’armée, mais je ne trouve pas comment faire pour que nos petits caporaux zouaves retournent dans leurs casernes et que le pays ne bascule pas dans une guerre par la faute de dirigeants politiques cupides et inconséquents. Que faire, Dda Arezki?»

    Permettez-moi d’essayer d’apporter quelques éléments de réponse à votre question.

    Je pense qu’il y a aujourd’hui en Algérie des hommes et des femmes, dans et en dehors des partis politiques, capables de remettre l’Algérie sur les rails. Le problème n’est pas dans les personnes, il est dans le système.

    Lorsque l’État d’urgence sera levé, que les partis politiques pourront se constituer librement et que tout un chacun pourra dénoncer toutes les erreurs commises par les gouvernants; lorsqu’une justice indépendante condamnera ces derniers s’ils se rendent coupables de violations de la loi, alors les Algériennes et les Algériens compétents et dévoués à leur pays pourront jouer pleinement leur rôle.

    Bien sûr, le problème de la violence devra trouver une solution définitive. Mais si nous disons que cette violence est alimentée par le pouvoir en place, alors il y a fort à parier qu’elle cessera avec son départ.

    Ne nous interrogeons donc pas sur ce qui se passera si le pouvoir de l’armée est renversé, mais continuons à chercher comment le renverser.

    Amitiés




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  • radjef said
    15 octobre 2010 at 16 h 56 min - Reply

    Bonsoir tout le monde. @Adel, bonsoir. Le probleme est le systeme, voila donc un constat qui fait l’unanimité…Ou sont donc ces femmes et ces hommes capables de changer ce systeme? Deux chats et demi dans chaque parti politique qui n’arrivent pas a se comprendre et qui se tirent dans les pattes matin et soir, peuvent-ils se mettre tous d’accord entre eux pour sauver la republique; peuvent-ils sacrifier leurs ambitions pour le bien de toutes et de tous? Avec quoi va t-on renverser cette armée? Avec des leaders incultes et narcissiques? Avec des universitaires qu’on corrompt avec un hamburger?…Avons nous des citoyens accomplis ayant le sens des responsabilités morales et civiques, car le changement a besoin de citoyens accomplis et non d’ames scelérates, de bandits et de mercenaires. Ou est la ligne de demarcation entre les pratiques des partis politiques et celles de l’armée? A quoi sert de renverser l’armée et de remplacer les caporaux zouaves par des apprentis dictateurs qui n’ont ni la force de rassembler ni le charisme pour être suivis? Le changement est neccessaire. La democratie passe necessairement par le retour des militaires dans les casernes. Mais pour réaliser ce changement et restaurer cette democratie, il faut d’abord preparer des citoyens qui vont assumer pleinement leurs responsabilités historiques. Il ne faut plus refaire les fautes du passé, celles qui nous ont conduit là ou nous sommes présentement.




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  • Arezki Nait Amar
    15 octobre 2010 at 21 h 13 min - Reply

    Cher Said Radjef,
    Bonsoir ,

    Je pense que vous avez entièrement raison de dire que la primauté des forces armées ne date pas d’hier.Elle prend ses racines avant même l’indépendance du pays.
    Dès l’origine (novembre 1954),le pouvoir algérien était de nature politico-militaire.Le primat du politique sur le militaire-affirmé au congrès de la Soumman (août 1956)- avait été remis en cause dès 1957 avec l’assassinat d’Abane Ramdane au Maroc par ses « frères de combat ».
    Au pouvoir pratiquement depuis cette date,ou du moins depuis le coup d’Etat du 19 juin 1965 fomenté par le colonel Houari Boumediène, l ‘armée algérienne entendait toujours rester la maîtresse du jeu politique.
    Après avoir fait la courte échelle au Président Ahmed Ben Bella, appuyé le Colonel Houari Boumediène et imposé le colonel Chadli Bendjedid, elle a mis fin à un processus démocratique par peur de se retrouver hors jeu et sans privilèges.
    Quarante huit ans après l’indépendance, les Algériens n’ont pu se mettre d’accord sur les modalités d’accès,de contrôle et de renouvellement du pouvoir par la faute de l’intrusion dans le champ politique de l’armée.La dictature militaire a fait in fine de l’Algérie un pays à vau-l’eau,menacé ultimement d’implosion.
    Depuis octobre 1988, l’Algérie traverse une zône de turbulences fort dangereuse.Quel que soit le pilote – à moins d’un miracle – il lui sera difficile d’éviter la catastrophe.Toutefois, un pilote compétent , expérimenté et ayant la confiance des passagers a plus de chance de se poser en douceur, réparer son moteur et redécoller.
    Si au préalable, la question de la légitimité du pouvoir n’est pas réglée,l’Algérie n’a aucune chance de s’en sortir.Tourner en rond en se mordant la queue est la pire des solutions.
    L’institution militaire mise sur la déliquescence de la société pour péréniser son pouvoir et ses privilèges.
    Cordialement.




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  • Shaoui
    16 octobre 2010 at 17 h 57 min - Reply

    L’armée dans les casernes !

    C’est encore trop tôt pour le souhaiter tant les enjeux malsains des uns et des autres ne sont pas « catho » dans un pays ou,tu auras beau ramener ta main verte du paradis,il ne croiront jamais.
    Alors, si c’est pour foutre la m……………pour revenir au point de la décennie noire,je préfère la pérénnisation de lla manmise de l’armée sur la vie sociale que de perdre les veaux et les vaches( au second degré,ils me sont inaccessibles !!).
    Il est vrai que l’anarchie profite à des groupes ou cas ou mais la majorité du peuple algérien n’est pas « les groupes ».
    Ceci ne signifie ni un blanc sein,ni une revendication fantaisiste, mais une façon de prévenir la chute.




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  • wahid
    17 octobre 2010 at 18 h 32 min - Reply

    @adel vous avez raison d’aller loin dans l’histoire pour expliquer d’où vient cet héritage du mode de gouvernance de nos militaires, malheureusement quatre décennies plus tard, rien n’a changé.

    De gaulle a dit :
    1965, deux mois avant le coup d’État militaire qui devait renverser Ben Bella, le General de Gaulle confiait que « Dans ce genre de pays, tout est suspendu à 1’armée. Ou elle est loyale au chef ou elle le renverse. […] L’Algérie, c’est fragile »

    Quatre décennies après :
    Le président actuel est limite dans ces pouvoirs. Il en est réduit à négocier avec ces « décideurs » des parcelles de liberté, de manière a ne pas empiéter sur leurs prérogatives.
    Jusqu’en 2004, les généraux au pouvoir appartenaient tous au groupe des « éradicateurs » hostiles au compromis avec les islamistes « politiques ».
    Ils ont dit pour justifier leurs actions :
    – Larbi Belkheir qui confirmera lors d’une interview : « Je ne regrette rien. J’ai fait le choix d’épargner à 1’Algérie le sort de 1’Afghanistan. Le prix à payer a été lourd, mais il a évite le pire : une vraie guerre civile avec des millions de victimes et de refugies. »
    – Le General Touati déclarait en 2001: « Il est indéniable que 1′ armée algérienne, Bans son unité et sa cohésion, jouissant de la confiance des forces nationales, […] était réellement un rempart qui a empêche le succès du FIS ainsi que de l’opposition qui lui était liée »
    – Le General Touati 2002, considérait « que 1’on peut soutenir que le danger de talibanisation de 1’Algérie est sérieusement éloigné »

    Les opinons :
    – Il ya ceux qui pensent : Le coup d’État du 11 janvier 1992 fut une « violence faite à la nation »
    – Et d’autres qui pensent : Tout au long de la guerre civile, la haute hiérarchie militaire a œuvrée « a la sauvegarde de l’État algérien » et elle s’est dresse par son unité et sa cohésion comme « rempart contre 1’intégrisme ».

    *Conséquences directes :
    Main mise sur le système politique, pluralisme de façade.
    Main mise sur 1’économie, « bazarisation » de l’économie par le credo IMPORT/IMPORT Selon des propos d’hommes d’affaires « derrière tout bateau qui mouille Bans les eaux du port d’Alger, se cache un général ». La banalisation de la corruption est principalement liée à la dérive clientéliste de 1’Armée, un parmi des centaines d’exemples « Khalifa ».




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  • radjef said
    17 octobre 2010 at 20 h 11 min - Reply

    Bonsoir tout le monde. Le sujet traité par Khaled merite plus d’interêt. L’ANP, la democratie, l’avenir et le passé tout est imbriqué…@ Adel, @Arezki Nait Amar, bonsoir. Je pense que le changement et la restauration d’un Etat de droit ne peuvent se réaliser sans le concours de l’ANP ou du moins d’une partie de celle ci. Au sein de cette institution, il y a beaucoup de Samraoui , de Haroun et d’officiers integres et sinceres. Ils doivent depasser leurs peurs et faire confiance a leur talent, a leurs intuitions…La plupart des officiers sont nés apres 1960.Ils sont issus du peuple. Il faut qu’ils accomplissent leurs missions historiques en se mettant au service des representations légitimes du peuple. Sans la participation de cette frange d’officiers, aucun changement ne sera possible.




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  • Zineb Azouz
    17 octobre 2010 at 23 h 17 min - Reply

    J’avoue que la question posée par l’auteur de cet article Monsieur Khaled est délicate, elle fait partie de ces interrogations dont la réponse semble presque évidente mais qu’il vaut mieux éviter lors d’un examen ou un concours.

    En effet, je suis tentée de plonger et de donner comme réponse :

    « Si l’ANP détient à elle seule le pouvoir, c’est parce qu’elle détient à elle seule les armes, synonyme de force »
    Quoi de plus évident, si je m’amène chez vous avec une arme ou un char n’ai je pas tous les pouvoirs ?

    Et pourtant et pourtant, pour que ce pouvoir DURE et PERDURE, pour que je ne sois pas obligée matin et soir de pointer mon arme sur vous et de devoir recruter pour cela des vigiles qui peuvent se lasser ou se retourner contre moi, il a bien fallu repenser l’occupation et la dictature, habiller le vigile en député ou journaliste et même mieux, comme offrir des privilèges aux membres de votre famille les plus vulnérables, les plus impatients, ceux qui ont en marre de subir parce que vous refusez de capituler et de reconnaître que tout ce qui est à vous m’appartient, ceux qui veulent tout prix voir à quoi ressemble une de privilèges ou tout simplement ceux qui, n’en pouvant plus d’être des captifs ont opté pour un poste de géolier.

    Ainsi, si ceux qui ont fait éruption chez nous pas la force (et par la ruse aussi, car rappelons le, ces occupants d’un tout autre genre étaient nos frères, ils portaient le drapeau national) continuent d’être les maîtres plus de 50 ans après, c’est que de deux choses l’une ou les deux en même temps :

    -Soit qu’on n’a pas été capables d’aller jusqu’au au sacrifice suprême dès le départ, c’est à dire mourir.

    Or dans notre cas, il s’agit d’un peuple qui était déjà à genoux, plus de 7 ans de guerre contre une puissance avérée et sans merci, et avant même d’avoir soufflé, avait il les moyens d’assumer une quelconque contre offensive et contre ses propres enfants, même mutants ?

    Deuxième explication :

    -On a été incapables de transmettre la MEMOIRE aux autres membres de la famille surtout et y compris à ceux qui n’étaient pas encore nés et qui n’ont donc jamais vu le véritable visage de l’occupation par les armes, le feu et le sang.

    Ainsi et petit à petit, au fil du temps ce que vous et moi appelons pouvoir détenu par l’armée, dictature politico militaire ou voyoucratie, apparaît malheureusement comme un simple concept détaché de la réalité où tout ce que nous essayons de décortiquer et de rattacher à l’ancien occupant en char est perçu et décrypté par le commun des Algériens comme faisant partie d’une situation banale, normale, courante qui ne s’explique pas qui se vit ou se fuit.

    Après tout nous ne somme pas les seuls à souffrir sur terre, le monde va mal partout !
    Si le sucre est cher c’est la faute à la bourse.

    Je voudrais ainsi et au risque d’être recallée à votre examen cher compatriote @Khaled, conclure par une conjecture en me basant beaucoup sur la NEKBA, notion prohibée et criminalisée par Israël qui combat au même titre l’effort de mémoire et la résistance palestinienne.

    Ma réponse serait donc que si l’ANP détient toujours le pouvoir, c’est faute de MEMOIRE individuelle, collective et nationale.

    Abbane et tant d’autres ne sont ils pas morts pour voir suggéré que la place de l’armée était dans les casernes et pas dans nos jardins ?
    Au fait combien parmi nos jeunes bacheliers le savent ?

    Cordialement,
    ZA




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  • Adel
    18 octobre 2010 at 20 h 32 min - Reply

    @Zineb Azouz

    Bonsoir,

    Il est vrai que tous les peuples ont un devoir de mémoire par rapport à ceux qui ont combattu la tyrannie sous toutes ses formes et à toutes les époques.

    Le peuple algérien vit malheureusement sous la tyrannie depuis plusieurs siècles. Quand est-ce qu’il a connu la vraie liberté? Bien avant la proclamation de l’indépendance, ceux qui allaient le maintenir sous leurs bottes pendant 48 ans fourbissaient déjà leurs armes. Qui connaissait les détails de ce qui s’était passé entre les «chefs» à Tunis et ailleurs. Qui connaissait la véritable histoire de la mort d’Abane? On a un devoir de mémoire quand on a la chance de connaître quelque chose. Le peuple algérien a malheureusement été abreuvé de mensonges dès le premier jour de l’indépendance. Lorsqu’il a commencé à comprendre, il était déjà trop tard et le pays était bien quadrillé par la vermine sous toutes ses formes.

    Ce qu’a subi le peuple algérien de la part de ses propres fils est la plus grande des trahisons. Ceux qu’il pensait être des héros au cœur pur se sont avérés être des salopards de la pire espèce.

    Maintenant, pour revenir à notre époque et si nous comparons des choses comparables, pourquoi les membres d’une même famille politique, celle du FLN, se divisent-ils en militaires et en civils, les premiers étant les vrais chefs et les vrais décideurs, et les seconds, les éternels larbins? En quoi nezzar et toufiq sont-ils plus malins ou plus intelligents que boutef et belkhadem? Qu’est-ce qui fait des premiers les maîtres des seconds? Vous me direz que ces derniers trouvent leur intérêt dans la répartition des rôles. Je veux bien vous le concéder, mais on l’a bien vu avec boutef, l’humiliation est dure à supporter, même pour eux.

    Je ne vois que la force brutale, pour expliquer la prééminence des militaires sur les civils. Bien sûr, avec le temps, on s’habitue à tout. Pavlov a expliqué le réflexe conditionné.

    Tout individu qui cherche trop à comprendre voit la SM débarquer chez lui et l’emporter vers une destination inconnue : voilà la seule vérité du régime algérien depuis 62.

    Non, les intellectuels algériens ne sont pas plus lâches que les autres intellectuels de par le monde et le peuple algérien non plus. Ce sont les chefs de l’armée algérienne qui sont spéciaux. Ils l’ont largement prouvé durant les années de sang et de larmes. L’assassinat de Boudiaf en direct, Rais, Bentalha, Sidi Youcef… ce n’était pas du cinéma, c’était l’horrible réalité de l’Algérie et son armée de schizophrènes (hacha elli mâ yestehlhâch).

    Cordialement




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  • Adel
    18 octobre 2010 at 20 h 50 min - Reply

    Le seul choix qui restait au peuple algérien, c’était de se révolter contre sa propre armée et son propre État et ce choix est un choix très difficile pour un peuple qui a été privé de toute forme de souveraineté par le colonialisme. Cet État et cette armée, pour lesquels il avait tout sacrifié, il ne pouvait se résoudre à l’idée qu’ils étaient devenus ses oppresseurs. Cette idée, il n’a cessé de la refouler depuis 62, en espérant que les chefs militaires reviendraient un jour à la raison et le traiteraient avec plus d’humanité.

    Lorsque la coupe a débordé, le résultat a été hélas terrible.




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  • Afif
    18 octobre 2010 at 22 h 55 min - Reply

    Bismi Allah Ar Rahmane Ar Rahim,

    Dans le Quotidien d’Oran d’aujourd’hui, Ghozali a avoué qu’il n’a jamais fait partie du cercle des décideurs et qu’il n’a été qu’un « Harki du Système ». Les décideurs, il les a nommés par le terme « Armée politique » en la distinguant du gros de l’Armée.

    Pour ses activités politiques, il a déclaré préférer un quart d’heure de radio ou de télévision, à une interview fleuve avec El Khabar, El Watan ou le Quotidien d’Oran. Qui plus est, les médias écrits l’invitent rarement pour un entretien politique qu’il n’a jamais eu à refuser. Pour lui, c’est le manque de médiatisation qui fait qu’on parle de vide politique. Il est clair qu’à travers l’exemple de Mr Ghozali, il ne pourrait y avoir d’émergence d’une classe politique en mesure de prendre le relais et que de ce fait, la présence de l’Armée reste indispensable.




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  • wahid
    18 octobre 2010 at 23 h 29 min - Reply

    @adel
    Il ya eu cette révolte dans le passé avant l’Independence, et 30 ans après.
    La fondation de l’état algérien était basée sur la dominance de l’armée, et de façon très explicite depuis le coup d’état de 1965, cette dominance remonte à la guerre de libération et aux luttes de la légitimité qui divisait le GPRA. Héritière de 1’Armée de Libération Nationale (ALN), 1’Armée Nationale Populaire a cessée progressivement être ce quelle était, tout en continuant à entretenir le dogme de la parfaite communion entre la nation et l’institution, garante de son indépendance. La sanglante répression des émeutes d’octobre 1988 consomme cette rupture et lorsque, le 11 janvier 1992 les chefs militaires refusent de reconnaitre les résultats des urnes, c’était le début de guerre civile entre Algériens et révèle la fracture de la nation algérienne, et le discrédit de l’image de ANP suite à l’étrange passivité des troupes lors des massacres de Bentalh et Rais et.
    Ces militaires, il ya ceux qui sont issue de l’armés françaises, ceux des académies arabes, il ya ceux qui sont kabyle, d’autres des Chaouias, il ya ceux qui sont plus éradicateurs que d’autres, formant des clans, car ils existent même au sein du sommet de la haute hiérarchie militaire, des différences d’intérêts qui prennent parfois 1’ampleur de véritables clivages. Le General Nezzar, affirme carrément à ce propos que « le régionalisme a été érigé en raison d’État » au point de peser sur les procédures de recrutement des prétendants à la magistrature suprême depuis 1’indépendance. Mais en fait, ces clans, pour réels qu’ils soient, sont conscients des risques de la division et se rejoignent pour défendre leur objectif commun « le maintien du système actuel par n’importe quel moyen ».

    Ils sont dits :
    Charles de Gaulle : « Les Arabes et les Kabyles, c’est une population fondamentalement anarchique, que personne ne contrôle et qui ne se contrôle pas elle-même. Au lieu de se rassembler pour nous faire la guerre, ils vont se faire la guerre entre eux ».
    1997, Pierre Mesmer ministre des Armées à la fin de la guerre d’Indépendance algérienne, avait répondu avec émotion «Ce pays me fait horreur».
    Analyse bien ce que j’ai ecrit
    Cordialement
    Wahid




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  • Zineb Azouz
    18 octobre 2010 at 23 h 58 min - Reply

    Bonsoir Si Adel,

    La force brutale n’est pas la seule explication à cette longévité du pouvoir militaire, n’empêche que seule la force permet l’effraction et seule la force permet d’entretenir la terreur dont vous parlez en écrivant  » Tout individu qui cherche trop à comprendre voit la SM débarquer chez lui et l’emporter vers une destination inconnue : voilà la seule vérité du régime algérien depuis 62. »

    Par contre, il est évident que cette force brutale a du s’adapter à la vie civile avec plus d’un accoutrement, et que les treillis nécessaires les premiers mois ont laissé place à tout un arsenal de tenues et de toges.

    Lorsque je parle de Nekba, je mesure mes mots, et je vous l’accorde le travail de mémoire n’incombe pas qu’aux intellectuels, mais à toutes les victimes surtout et avant tout.

    La normalisation, la banalisation ou acclimatation avec l’Etat de siège-pour ne citer que ce corollaire du pouvoir par la force- obéit à des méthodes de dressage et apprivoisement très connues des psychologues au service de la manipulation des masses, ce qui est devenu pavlovien c’est plutôt la réaction des tenants du pouvoir (tout échelon confondu) qui pour la plupart (nouvelle génération oblige) ne comprennent même pas pourquoi ils seraient prêts à tirer sur le peuple.

    En 1989, avez vous remarqué avec quelle vitesse les partis se sont jetés sur les agréments et omis de réclamer que lumière soit faite sur ces geôles, hangars et autres caves où leurs propres militants ont été sacrifiés.
    Dans cette kermesse, on avait troqué la mémoire contre la soit disant liberté d’expression, est ce pas hasard ?
    On avait sacrifié la justice et la vérité sur l’autel de l’amnésie collective.

    Aujourd’hui encore, appréciez avec quelle acharnement et quelle redondance on veut à tout prix disculper le MALG, diviniser Boumédienne voir le canoniser et diaboliser tous les Messalistes.

    Cordialement,

    ZA




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  • radjef said
    19 octobre 2010 at 20 h 40 min - Reply

    Bonsoir tout le monde. Quelque part notre amie Zineb n’est pas loin de la verité. Bismarck disait devant le parlement allemand que la force prime le droit. Avant d’jouter: « seules les armes et le sang font l’histoire ». Cependant, l’histoire est tout autre en Algerie. L’ANP ne detient pas par la force le pouvoir; elle le detient par la faiblesse de la classe politique algérienne. Pour ainsi dire l’armée n’a pas eu et n’a pas a ce jour d’adversaires en face d’elle. Elle occupe seule le terrain. L’opposition refuse d’assumer ses responsabilités; elle veut juste que l’armée lui cede une petite partie de ses pouvoirs.




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  • Adel
    19 octobre 2010 at 22 h 26 min - Reply

    @radjef saïd

    Bonsoir,

    En 92, les militants du FIS avaient cru qu’en Algérie, on pouvait s’opposer aux généraux et accéder au pouvoir. On connaît la suite. Si ce n’était pas de la force, alors nous avons toutes les raisons d’avoir peur de cette armée pacifique, car lorsqu’elle décidera vraiment d’utiliser la force, ce sera l’apocalypse.

    Cordialement




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  • batni
    20 octobre 2010 at 5 h 25 min - Reply

    La question qu’il faut se poser est pourquoi le peuple Algérien (en tout cas ceux qui ont votés) s’est fait hara-kiri la seule fois ou il a eu la chance de peser sur la trajectoire du pays. S’est-il fait manipulé pour voter comme il l’a fait? Est-ce son choix? Dans un cas comme dans l’autre on a manqué de vigilance et nous payons les conséquences.
    Y’a-t-il un autre peuple sur terre qui aurait voté comme on l’a fait? J’en doute.
    Est-ce l’humus fertile de la montée du chômage et la détresse économique largement répandue qui a poussée les Algériens à choisir l’extrême?
    La réponse à ces questions d’une manière dépassionnée nous aidera à voir clair.

    Mes respects,




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  • radjef said
    20 octobre 2010 at 20 h 02 min - Reply

    Bonsoir tout le monde. Adel, Zineb, bonsoir. Apres une conversation qu’il a eue avec les cadres du FFS et de l’ex FIS, un haut responsable du mouvement nationaliste me fait cette remarque: » Ait Ahmed est devenu réellement moche. Il sait comment fabriquer un parti de l’opposition mais il refuse de le faire. Ce n’est pas avec des cadres pareils que le FFS et le FIS vont faire trembler le pouvoir en place ».l




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  • Adel
    20 octobre 2010 at 20 h 31 min - Reply

    @Zineb Azouz

    Bonsoir,

    Qu’est-ce qui différencie, fondamentalement, un régime militaire d’un régime civil? Dans le second, les militaires obéissent aux civils et c’est l’inverse dans le premier. La dictature de l’armée (ou plus exactement des officiers supérieurs de l’armée) a commencé en Algérie avec le coup d’État de Boumédiène. Ce dernier préparait certainement son coup depuis le moment où il est devenu chef d’état-major de l’armée des frontières. Après l’indépendance, lorsqu’il a vu que son allié civil, Ben Bella, risquait d’être destitué par ses pairs, il est passé à l’action.

    Sur le plan symbolique le règne des militaires est très clairement perçu par la population comme celui de la force. Pour se maintenir, le pouvoir s’appuie d’abord sur des hommes en armes, pas sur la force de persuasion et d’entraînement des personnalités politiques civiles. D’ailleurs, les civils qui peuvent survivre avec les militaires sont les larbins, les béni-oui-oui, qui méprisent le peuple et n’ont aucune envie de le convaincre de quoi que ce soit. Boumédiène a dirigé le pays en s’appuyant d’abord sur la force de dissuasion des fusils. Il n’a jamais cherché à convaincre qui que ce soit. Il a toujours dicté sa volonté. Il a également éliminé de la scène tous ceux qui risquaient de lui faire de l’ombre. Il y a certainement eu beaucoup d’Algériens qui ont collaboré de plein gré avec le pouvoir militaire. Mais ce qui distingue ce dernier de son homologue civil, c’est la manière dont il traite ses opposants. Le pouvoir civil, lorsqu’il ne s’appuie pas sur l’armée (comme ce fut le cas de Ben Bella), finit par négocier avec l’opposition lorsqu’il se trouve en difficulté. Le pouvoir militaire la liquide pour donner l’exemple. Boumédiène, lorsqu’il prit connaissance de l’appel adressé au peuple algérien par Ferhat Abbas, Benkhedda, Kheir-Eddine et Lahouel, en 1976, déclara devant ses ministres : «Je vais les faire fusiller!»

    Bien sûr, avec le temps, le cercle des supporters du pouvoir militaires parmi les civils s’élargit. Mais encore une fois, ce sont ceux qui ne sont pas d’accord avec sa politique qui nous intéressent, pas ceux qui l’acceptent volontiers et collaborent avec lui. Les opposants sont toujours réprimés avec la plus grande sévérité par les militaires. Pour les chefs militaires, tout opposant à leur politique est un déserteur qui doit être fusillé. La force brutale est toujours à l’affut, prête à se déployer.

    Je crois qu’en dernier ressort, toute dictature s’appuie sur l’armée, même si en apparence les dirigeants sont des civils. Les véritables hommes forts sont les militaires et en particulier ceux qui commandent la police politique. Il en était ainsi dans les pays de l’ex-bloc des pays d’Europe de l’Est. En fin de compte, les militaires fusionnent avec les civils pour former une caste militaro-bureaucratique qui dirige le pays. Cuba, la Corée du Nord et les pays arabes et africains sont aujourd’hui les parfaits représentants de ces régimes despotiques. L’évolution vers un pouvoir dynastique est également une caractéristique des régimes autoritaires du tiers-monde.

    La faiblesse de l’opposition dans notre pays est le résultat de la dictature militaire et non sa cause. Il est très difficile, pour ne pas dire impossible, pour une opposition de se constituer et de survivre dans un pays où les militaires sont aux commandes depuis 45 ans.

    Cordialement




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  • wahid
    20 octobre 2010 at 23 h 41 min - Reply

    @ Adel

    Petite rectification pour une meilleur compréhension de votre texte, dans un régime démocratique versus régime dictatoriale, l’armée obéit aux lois, le législateur fait la loi, et le législateur est un élu, par déduction l’armée obéit aux urnes dans une democratie.

    Un exemple : c’est le « congress en majorité républicains » qui a mandaté Bush d’aller en guerre.

    Dans une dictature comme la notre c’est l’armée qui s’est fais rôle d’aller en guerre contre ces propres de l’Algérie, ni le président Chadli ni même le APN n’était en position de pouvoir de décider autrement.

    Ben Bella s’est fais porte au pouvoir par l’armée des frontières, Oujda et Ghardimaou, l’agent qui a amené Ben Bella a se rallier au militaires (Boumedienne, Krim et Boussouf}, face au GPRA c’est l’actuelle président et plus tard pour le recomposé, il a nommé Ministre des affaires étrangères suite a l’assassinat de Khemisti.

    Les raisons de la destitution de Ben Bella par ceux qui l’on porte au pouvoir sont strictement politiques, selon eux (Militaires) Ben Bella a cesse d’être Nationaliste le jour ou l’Algérie est devenue indépendante.

    Ne crois pas que notre armée est aussi forte que vous le pensez, nous avons bien été témoin de la chute de l’empire du Chah d’Iran, première puissance au Meade Aast, et la chute du mur de Berlin, le régime des Khmers rouges de PolPot, ou Chauchesku et sa Securitas.

    NB : Ce sont la des événements rapportés par des historiens et témoins crédibles, en plus Ben Bella et Bouteflkika y compris Ait Ahmed sont vivant ils peuvent toujours apporter leur témoignages, déjà les deux président ont de bonnes relations selon se qui est rapporte par la presse.




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  • wahid
    21 octobre 2010 at 5 h 17 min - Reply

    @ Adel
    Petite rectification pour une meilleur compréhension de votre texte, dans un régime démocratique versus régime dictatorial, l’armée obéit aux lois, le législateur fait la loi, et le législateur est un élu, par déduction l’armée obéit aux urnes dans une democratie.
    Un exemple : c’était le « congress en majorité républicains » qui a mandaté Bush d’aller en guerre.
    Dans une dictature comme la notre c’est l’armée qui s’est fais rôle d’aller en guerre contre ces propres enfants de l’Algérie, ni le président Chadli ni même le APN n’était en position de pouvoir de décider autrement.
    Ben Bella s’est fais porté au pouvoir par l’armée des frontières, Oujda et Ghardimaou, l’agent qui a amené Ben Bella a se rallier au militaires (Boumedienne, Krim et Boussouf}, face au GPRA c’est l’actuelle président et plus tard pour le recomposé, Ben Bella l’a nommé Ministre des affaires étrangères suite a l’assassinat de Khemisti, car le poste était vacant et secondaire au yeux du président. Bouteflika sachant qu’il allait le congédier,quelques mois plus tard, Bourteflika s’est rangé du coté de son clan de Oujda pour destituer Ben Bella.
    Les raisons de la destitution de Ben Bella par ceux qui l’on porté au pouvoir sont strictement politiques, selon eux (Militaires) Ben Bella a cessé d’être Nationaliste le jour ou l’Algérie est devenue indépendante.
    Ne crois pas que notre armée est aussi forte que vous le pensez, nous avons bien été témoin de la chute de l’empire du Chah d’Iran, première puissance au Meade Aast, et la chute du mur de Berlin, le régime des Khmers rouges de PolPot, ou Chauchesku et sa Securitas.
    NB : Ce sont la des événements rapportés par des historiens et témoins crédibles, en plus Ben Bella et Bouteflkika y compris Ait Ahmed sont vivant ils peuvent toujours apporter leur témoignages, déjà les deux président ont de bonnes relations selon se qui est rapporté par la presse.




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  • khaled
    23 octobre 2010 at 14 h 36 min - Reply

    La Première Violence.

    La plus grande question est pourquoi la révolution algérienne a réussi a défaire la France coloniale mais a échoué dans la construction d’un État Algérien au sens moderne du terme. Et que dans sa configuration actuelle, le pouvoir algérien n’a qu’une seule composante: l’ANP.

    Une partie de réponse a pour cause primaire la destruction des élites algérienne tout le long de l’occupation par l’ordre coloniale d’abord.

    Ensuite, quand même ces élites se sont construites, leur champs d’action fut sévèrement restreint encore une fois par le même ordre en premier lieu.

    Je rejoins ici l’idée qui dit que l’aliénation absolue anéantit la conscience de l’aliénation. L’élite algérienne ne se savait même pas cela.

    Le paroxysme de tout cela est que cette force coloniale s’appelle la France—pays de tous les pseudo-concepts de libre pensée et droits de l’homme.

    Dans cette optique je me sens plus proche de Frantz Fanon que notre frère Addi Lahouari. Il fallait faire la révolution même sans un projet de société viable poste-indépendance.

    Devant une occupation féroce qui a pulvérisé par une violence inouïe le corps et l’âme de la population, il n’avait d’autre solution que de la violence.

    Et je refuse catégoriquement l’idée selon laquelle la quête du peuple algérien pour l’Indépendance n’était pas une révolution, dans la mesure où l’état économique et culturel de la société algérienne ne permettait pas, la prise de conscience révolutionnaire qui suppose que les initiateurs du soulèvement aient une vision claire de l’avenir. Et cela pour la simple raison, on ne peut attendre de l’ordre occupant de nous former pour le défaire et construire notre État!!!!

    En réalité, cette question ne sait même pas poser aux dirigeants algériens de la révolution. Pour eux, il fait aller au sacrifice ultime.

    C’est nous a posteriori qui analysons les faits avec le recul du temps.

    En conclusion, les élites algérienne ont subit une double violence, celle de l’occupant et celle des dirigeants de la révolution, d’où leur entière anéantissement quand leur besoin se faisait sentir pour construire un projet de société.

    Le grand défi qui n’a pas d’autre défis pour le peuple est trouver cette élite qui le guidera dans la paix d’abord, dans la réflexion, ensuite dans la construction avec les matériaux locaux son projet de société.




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  • wahid
    25 octobre 2010 at 20 h 02 min - Reply

    @ Adel
    Petite rectification pour une meilleur compréhension de votre texte, dans un régime démocratique versus régime dictatorial, l’armée obéit aux lois, le législateur fait la loi, et le législateur est un élu, par déduction l’armée obéit aux urnes dans une democratie.
    Un exemple : c’était le « congress en majorité républicains » qui a mandaté Bush d’aller en guerre.
    Dans une dictature comme la notre c’est l’armée qui s’est fais rôle d’aller en guerre contre ces propres enfants de l’Algérie, ni le président Chadli ni même le APN n’était en position de pouvoir de décider autrement.
    Ben Bella s’est fais porté au pouvoir par l’armée des frontières, Oujda et Ghardimaou, l’agent qui a amené Ben Bella et convaincu boumedienne de faire alliance pour prendre le pouvoir (Boumedienne, Bentoubal et Boussouf}, face au GPRA c’est l’actuelle président et plus tard pour le recomposé, Ben Bella l’a nommé Ministre des affaires étrangères juste après l’assassinat de Khemisti, vacance du poste. Sachant qu’il allait être congédié , quelques mois plus tard, Bourteflika s’est rangé du coté de son clan de Oujda pour destituer Ben Bella.
    La destitution de Ben Bella, selon ceux qui l’on porté au pouvoir; sont strictement politiques, pour eux (Militaires) Ben Bella a cessé d’être Nationaliste le jour ou l’Algérie est devenue indépendante.




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  • Adel
    25 octobre 2010 at 21 h 03 min - Reply

    @wahid

    Bonsoir,

    Effectivement, dans une démocratie tout le monde obéit aux lois votées par les représentants élus du peuple.

    Il me semble bien pourtant que le ministre de la défense ainsi que les chefs militaires reçoivent leurs ordres du chef de l’État qui, dans une démocratie qui se respecte, est toujours un civil.

    Cordialement




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  • Adel
    25 octobre 2010 at 22 h 05 min - Reply

    Dire que l’ANP avait pris le pouvoir dans notre pays après l’indépendance parce que c’était la seule force organisée ne me semble pas conforme à la réalité.

    D’abord, qu’appelle-t-on armée? L’ALN de l’intérieur, composée majoritairement de jeunes paysans, était-elle une armée? C’était une armée de partisans formant corps avec la population.

    Ensuite, le mouvement national, du début des années 30 au déclenchement de la guerre de libération, fut riche en partis structurés et bien organisés. Que de militants chevronnés ont été formés par ces partis! Que sont-ils devenus après l’indépendance? Sont-ils tous morts en martyrs?

    En 62, face à Boumédiène et son armée des frontières, il y avait beaucoup de civils de valeur : Ferhat Abbas et ses amis de l’UDMA, Benkhedda et les centralistes du PPA-MTLD, Aït-Ahmed, Boudiaf, Krim et tous les anciens de l’OS, les militants du mouvement des oulémas, les anciens du PCA, etc. Boumédiène, le jeune étudiant d’El Azhar promu colonel, et ses collaborateurs, auraient donc été plus qualifiés que tous ces civils, qui, pour certains, militaient depuis plusieurs décennies, pour diriger le pays (tout le monde connaît le parcours de Ferhat Abbas, qui a côtoyé les plus grands politiciens français pendant plus de vingt ans)? Ce n’est pas très sérieux comme hypothèse.

    Je crois que l’avenir du pays s’est joué dans une course au pouvoir déclenchée par quelques uns, le plus déterminé ayant remporté la partie. Le plus agressif n’est pas forcément le plus apte à diriger. La réalité a cependant fini par rattraper les héros du dernier quart d’heure. Leur coup de force a réussi en 62, mais il nous est resté en travers de la gorge et nous l’avons payé très cher en 92.

    Rien ne sert de courir, disait Jean de La fontaine.




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  • Congrès du Changement Démocratique