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27 July 2017

Fermeture de la frontière terrestre algéro-marocaine : à quand la fin du gâchis ?

In UnMondeLibre.org

Youcef Maouchi – Le 19 octobre 2010. Voilà seize années que la frontière entre l’Algérie et le Maroc est fermée. Une fermeture contraire aux aspirations et au combat commun des deux peuples pour la liberté, dans lequel beaucoup ont payé de leur vie. Si cette fermeture semble passer à côté des préoccupations des décideurs politiques des deux pays voisins, n’est-il pas urgent de mettre fin à cette anomalie de l’histoire?

Sans revenir sur le pourquoi de la fermeture, ni sur la désignation de « coupables », il faut bien comprendre que cette décision représente un gâchis économique, qui n’est pas, comme tout gâchis, sans coûts pour les deux peuples. Il faut donc mettre en avant les raisons pour lesquelles cette situation irrationnelle doit cesser.

Malgré le potentiel économique du royaume chérifien et de l’Algérie, les fruits d’un échange libre restent en deçà des résultats possibles. En 2008, les échanges entre l’Algérie et le Maroc ne représentaient qu’environ 570 millions de dollars selon le délégué algérien chargé des Affaires maghrébines et africaines. À titre de comparaison le niveau des échanges entre l’Algérie et la France en 2008 avait atteint 10 milliards d’euros. Quant aux échanges commerciaux franco-marocains, ils représentaient environ une masse de 6 milliards d’euros en 2009. On imagine donc le potentiel d’un commerce entre les deux pays. Un tel constat ne manque pas de souligner l’urgence de mettre fin à ce blocage dû à la fermeture de la frontière. La situation de ces pays (Algérie Maroc) ne leur permet pas de se payer le luxe d’un tel gâchis économique.

Les acteurs économiques marocains et algériens perdent tout simplement les opportunités de commerce et d’investissement annihilées par la fermeture de la frontière. Les deux pays comptabilisent plus de 65 millions d’habitants, autant de consommateurs potentiels pour les entreprises algériennes et marocaines. On sait pourtant depuis au moins Adam Smith qu’un plus grand marché permet davantage d’opportunités d’échange et de spécialisation, et donc davantage de gains de productivité et de croissance.

Autre fait paradoxal, l’axe Alger-Rabat est au centre de l’union pour le Maghreb Arabe. Plus qu’une simple union politique, les objectifs de l’Union du Maghreb Arabe (UMA) sont la libre circulation des biens et des personnes ainsi que l’harmonisation des règlements douaniers afin d’instaurer une zone de libre-échange. On ne s’étonnera pas que cette UMA fasse du surplace depuis 20 ans, du fait de cette frontière fermée. Il en résulte donc que les échanges entre l’Algérie, le Maroc et la Tunisie ne représentent qu’une fraction minime des échanges totaux de chaque pays. Ils sont estimés à moins de 3% et restent bien en deçà de leur potentiel. Le manque à gagner de cette faible intégration est évalué de 2 à 3% du PIB annuel total des pays maghrébins.

À l’heure où la stratégie des blocs régionaux est devenue l’outil de prédilection des pays pour faire face aux défis que la mondialisation implique, la fermeture de cette frontière apparait comme une position irrationnelle de la part des dirigeants marocains et algériens. Comment des pays pourraient-ils mettre en commun leurs forces en pratiquant une intégration économique pour profiter, ici, de leur proximité géographique, avec une frontière terrestre fermée ?

Malgré les clivages politiques et les froids diplomatiques, il est urgent que les dirigeants des deux pays libèrent les deux populations de cet emprisonnement forcé en ouvrant la frontière terrestre.

Le secteur privé (actuellement faible) et la société civile en général peuvent être une pièce maîtresse dans le développement de la coopération et des échanges entre l’Algérie et le Maroc. En effet les acteurs du secteur privé et de la société civile, cherchant à satisfaire leurs besoins mutuels, seront par définition prédisposés à jouer ce rôle en sachant que leurs intérêts dépassent les simples clivages communautaristes. Ce développement du secteur privé, qui se place ainsi au-delà des considérations nationales étroites dans lesquelles se sont enfermés les pouvoirs politiques, permettrait de dynamiser la coopération et de renforcer les liens entre ces deux peuples.

Cette coopération fondée sur la réciprocité et sur des échanges gagnant/gagnant, et qui passe par une liberté de circulation, peut être un facteur pacificateur, créateur d’ordre et de prospérité. L’échange et la paix, comme le rappelait avec force Montesquieu, se renforcent mutuellement. Si une telle coopération se met en place, elle est capable de perdurer, de prospérer et de s’auto renforcer. L’entraver (pour une raison x ou y) est synonyme de lourdes pertes en termes économiques mais aussi de préservation de la paix.

Rappelons au passage que les deux peuples algériens et marocains ont plus de points de convergence que de divergence. Depuis des lustres, les Algériens et les Marocains se sont mélangés pour donner naissance à plusieurs familles mixtes. Ces familles sont aujourd’hui séparées du fait de cette frontière fermée. L’urgence n’est donc pas seulement économique, mais aussi humaine.

Il parait clair qu’à tous points de vue, la fermeture de la frontière terrestre algéro-marocaine est une réalité scandaleuse, un gâchis économique et une atteinte à la liberté des deux peuples. Il faut y mettre rapidement fin.

Youcef Maouchi est analyste sur UnMondeLibre.org.


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7 Commentaires sur cet article

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  • adel133
    25 octobre 2010 at 7 h 17 min - Reply

    ce n’est pas pour rien que la frontière commune s’appelle:
    ZOUJ BGHAL.prenez les cv des muletiers et vous comprendrez tout.




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  • asma
    25 octobre 2010 at 17 h 59 min - Reply

    je suis pour un magreb unis mais notre dignite et notre stabilite prime




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  • omar54
    26 octobre 2010 at 20 h 51 min - Reply

    Il faut dire qu’à l’époque, une décision unilatérale a été prise par notre ami le Roi de fermer cette frontière,à bon ou mauvais escient il l’a fait.Notre pays traversait,alors, une période très difficile et indélicate, des calculs stratégiques et/ou politiques ont fait que cette frontière soit fermée depuis.Maintenant on demande à ce que cette dite frontière soit réouverte,si c’est pour des raisons humanitaires et économiques alors tant mieux,mais si c’est pour nous fourguer du « haschich » et de la camelote,non merci !Nous souhaitons tous à ce que le bon voisinage et la fraternite nous rapprochent encore un peu plus, pour réaliser cette utopie qu’on appelle le Grand Maghreb uni,car il y va de l’interet de tous les pays qui forment ce maghreb. Amicalement.




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  • reda
    27 octobre 2010 at 11 h 05 min - Reply

    Apres les revelations de Karim pretendant que les attentats de l’hotel à Marrakech avaient été perpetré par les services de securité algerienne pourquoi les marocains et espagnol ne veulent pas entamer une enquete internationale et liberer les esprits ????




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  • mourad
    27 octobre 2010 at 12 h 20 min - Reply

    Rafraichissement des mémoires :
    C’est bien les marocains qui se sont condamné à la fermeture de la frontière en instaurant le visa d’entrée aux algériens, se sentant supérieur à un moment où les algériens traversaient des moments difficiles (un fait déjà connu de la part des Marocains à travers l’histoire de la région, (LA TRAITRISE).
    Alors que les européens débarquent chez eux sans passeport. Une carte d’identité leurs suffit, lâchent et lèchent botte comme ils le sont, profitant des vagues de touristes algériens, qui de surcroit dépensent sans compter, et ne les humilient pas comme les français ou les occidentaux. Leurs demandent un visa…
    Leurs roi ‘’DOS’’, comparé l’Algérie un laboratoire d’expériences…on les laisse s’entretuer…dites-t-il, et de rajouter, ça apprendra à nous marocain les conséquences de vouloir une démocratie ‘’non contrôlé’’ quel drôle de frères n’est-ce pas !
    Même si la frontière est fermé, des quantités astronomique de cannabis se déversent chaque jour chez nous en Algérie…en leurs exportent la nourriture bon marchés, souvent importés au pris fort en devises et on importe que de la drogue, prostitution et pacotille…
    Le Sahara occidentale est marocain, Tindouf est marocaine Bechar aussi Oran aussi la Mauritanie n’échappe, ni d’ailleurs le Sénégal…mais sabta et melia des territoires ancrés pleinement au feins fond du Maroc, là, pas mot dire…quand il s’agit de leurs maitres, ils courbent l’échine…champion de la lâcheté.
    Non et mille fois non à l’ouverture de cette frontière avant le règlement définitif de tout le contentieux algéro-marocain, des excuses officiels de leurs autorités pour les accusations portés à l’Algérie durant les événements de Marrakech, arrêter la production et l’exportation de la drogue, rendre la liberté au peuple sahraoui opprimé dans le sang, arrêter la ‘HOGRA’ du peuple sahraoui, et balayer devant votre porte en demandant la libération de vos vrais territoires ’’Sabla, Milia ; détroit de Gibraltar ‘’ colonisés par les mêmes qui viennent vous exploités chez vous …




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  • Nourredine BELMOUHOUB
    27 octobre 2010 at 15 h 28 min - Reply

    Qui a dit que la frontière algéro-marocaine était fermée, et toute cette drogue qui passe et repasse sans visa, sans passeport, conformement au droit à la libre circulation, mais s’il s’agit des citoyens des deux pays, des deux cotés nous ne sommes pas tout a fait libres, alors liberons nous d’abord voyageons ensuite. Seuls les gens libres ont le droit de voyager.




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  • rachid 2
    28 octobre 2010 at 19 h 11 min - Reply

    Ce n’est pas avec des mentalités toujours rivées dans le passé qu’on va avancer … il n’y a que les gens intelligents qui sont capables de regarder vers l’avenir sans etre emprisonné dans dans des idées d’un autre age sans se rendre compte malheureusement … FIKOU




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