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25 July 2017

Les élites face à la crise : Que peuvent faire les élites dans une telle situation ?

Par : Dr ahmed benbitour . Liberté 28 octobre 2010

Il y a toujours l’attitude qui consiste à dire : “Après tout, c’est le pouvoir en place qui a créé la crise, il n’y a qu’à se débrouiller avec” et attendre en y allant doucement par la recherche d’une légitimité hypothétique qui viendrait des élections. Le changement ne peut venir d’élections organisées au profit du régime en place !
Il faut s’inspirer de l’expérience de 1954 et innover en matière d’organisation du travail politique, innover en matière d’instruments du changement et parier sur de nouvelles forces.

Bien entendu, cela commence par la constitution d’une élite (voir la première chronique).

L’innovation en matière d’organisation du travail politique peut venir de l’utilisation des possibilités offertes par les Nouvelles Technologies de l’Informatique et des Télécommunications : réseaux sociaux, facebook, Internet, youtube, etc.

L’innovation en matière d’instruments du changement peut se résumer en cinq éléments :

1. Une force motrice : c’est un discours politique mobilisateur qui explique clairement l’inéluctabilité du changement et qui définit le choix devant lequel se trouve la Nation algérienne : se taire aujourd’hui et subir le changement dans le désordre avec tous les risques de dérapages, ou se mobiliser dans le calme et la sérénité, identifier les problèmes et se préparer à les résoudre, concevoir le changement dans le long terme au bénéfice de tous.

2. Une vision qui expose la situation de l’Algérie d’aujourd’hui, avec tous ses risques et ses dérives et qui donne les contours de sa mutation grâce au changement proposé. De même qu’une feuille de route qui explicite clairement les missions et les étapes de mise en œuvre du changement, ainsi que les engagements des différentes parties prenantes au changement et le système de contrôle et de validation.

3. Un leadership collectif, capable de donner un sens au changement, de réaliser le consensus et de mener rapidement l’Algérie vers la prospérité. Il ne pourra être constitué que de compétences nationales de très haut niveau, avec à leur tête un groupe de personnalités respectées, réfléchies, visionnaires et au-dessus des partis, des clans et des intérêts privés.

4. Un certain nombre de personnalités et/ou de groupes d’appui ayant une présence de caution au sein de la société et disposant d’une respectabilité pour soutenir le leadership et la stratégie d’implantation du changement.

5. Les réalisateurs du changement seront des personnes qui assureront la préparation, la coordination et la mise en œuvre du changement dans tous les secteurs.

Le pari est à faire sur les compétences nationales aussi bien à l’intérieur du pays qu’à l’étranger pour les engager dans la voie de la résolution de la crise.

Il faut bien noter que la mutation ne nécessite pas le nombre. C’est le respect scrupuleux par tous d’un certain nombre de principes qui assurent le succès.

Il s’agit de :

1. L’absence totale de violence, ni dans le verbe ni dans l’acte, lors des revendications pour enlever au pouvoir le justificatif de la répression.

2. La clarté intellectuelle, même si elle présente un grand défi pour le pouvoir avec les risques de répression.

3. La culture démocratique dans le travail au changement : le pouvoir de bas en haut et le respect des règles d’alternance.

4. Les principes démocratiques fondamentaux sont un garant du succès, d’où, il est impossible de réussir en utilisant les méthodes autocratiques.

5. Les forces du changement commenceront en petit nombre qui grossit au fur et à mesure par les relations directes avec la base, le lancement des idées et en présentant une alternative crédible.

6. Plus les gens se mobiliseront autour du changement plus le pouvoir en place perd confiance et se prépare à la négociation d’une sortie honorable.

7. Il faut qu’une personnalité assume le leadership et prenne la tête du mouvement pour le changement.

Les missions pour les élites reconstituées dans la voie du changement sont ainsi clairement définies :

1. Intérioriser la nécessité du changement dans le calme et la sérénité pour sauver la Nation algérienne.
2. Travailler à l’élaboration de la force motrice et de la vision.
3. Travailler à l’établissement d’un consensus pour un leadership assumé.  4. Repérer les personnalités d’appui.
5. Repérer les réalisateurs du changement.

Après cela définir une stratégie de communication qui doit comprendre deux premières étapes probatoires : la première consacrée à l’éducation citoyenne ; la deuxième à l’appel à l’imputabilité (accountability ou moussaala).

C’est le sens du travail que j’ai lancé depuis novembre 2009 (voir www.cicc-dz.net ).

Les élites ont perdu l’opportunité d’assumer le leadership du lancement de la Révolution de Novembre, elles continuent à le payer jusqu’à aujourd’hui. Si elles ratent une opportunité de prendre le leadership du changement, aujourd’hui, ce sera la marginalisation définitive !


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7 Commentaires sur cet article

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  • wahid
    28 octobre 2010 at 13 h 21 min - Reply

    Les élites face à la crise : Que peuvent faire les élites dans une telle situation ?

    @Aux lecteurs de la Tribune de l’Algérie Libre « Le quotidien d’Algérie »

    COMME un leadership c’est un EXCELLENT CHOIX.
    Je crois qu’il est le plus sincère, le plus modeste, le plus clean des personnalités politiques du pays, capable de peser sur l’échiquier politique ET d’opérer le changement POSITIF efficacement et avec sérénité, c’est une personnalité très a l’écoute et ouverte aux idées et au dialogue.

    Wahid

    ===============================
    Il n’est pas question ici de leadership ou de zaïmisme. Il s’agit de débattre des idées et des questions soulevées par Mr Benbitour qui a le droit de s’exprimer même si nous ne partageons pas certaines de ses idées. Le Quotidien d’Algérie est ouvert à tous nos compatriotes sans exclusion ni exclusive. C’est notre modeste conception et compréhension de la démocratie.
    La Rédaction LQA




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  • Saighi Djaballah
    29 octobre 2010 at 2 h 22 min - Reply

    Bonjour tout le monde
    M. Benbitour est une personne à qui j’ai beaucoup de respect et j’étais, peut être, parmi les premiers à prendre part de son initiative de création des cercles d’initiative pour le changement.
    Cependant, et comme je l’ai dit à maintes reprises, la solution du problème de l’Algérie nécessite un consensus de toutes les forces actives oeuvrant sur la scène nationale (Excluant les forces périmées, à savoir: les partis de coalition et les associations satellites), sur une plate forme commune pour une période de transition mettant les bases d’un état moderne et démocratique renouant avec ses principes et son histoire.
    Dans cette perspective, personnellement, je qualifie M. Benbitour pour jouer ce rôle d’assembleur, afin de contacter tous les partis politiques, les personnalités nationales connues, les ONG algériennes et toute personne pouvant contribuer à ce méga projet.
    Sans aucun doute, c’est un travail énorme, mais vu la taille de M. Benbitour, son niveau intellectuel et la place qu’il a autant chez la population que chez les leaders et les personnalités politiques, je trouve qu’il est le mieux placé pour ce genre de boulôt. Travail qui n’a pas été fait à la veille de l’indépendance et a été saboté par Ben Bella et Boumedienne, et depuis l’Algérie vit le calvaire.




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  • Afrox
    30 octobre 2010 at 21 h 05 min - Reply

    Il avance doucement mais surement contrairement à certains qui voudraient récolter sans même semer. Il s’agit là d’un travail de font. Et de ce point de vue, on ne peut que lui souhaiter une bonne continuation.




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  • fadel
    31 octobre 2010 at 17 h 47 min - Reply

    le changement ne serait que positif a mon avis car l’algerie ne pourrait pas aller aussi loin dans le pourrissement.le changement de cap est salutaire venant de personnes intègre et urtout intellectuel.c’est un homme qui travaillera pour l’intérèt de l’algerie loin de la haine et des reglement de compte.un homme qui oeuvre pour un état de droit et de justice.




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  • Mahiedine
    31 octobre 2010 at 20 h 20 min - Reply

    Chers amis :

    J’ai le regret de vous dire que Mr Benbitour est un technocrate qui serait certainement très utile au pays dans un poste de gestion, mais ce n’est pas un homme politique. Il n’a aucune crédibilité en tant qu’homme politique : il est en train de perdre son temps et le notre, alors que ce temps est très précieux. Evidemment, de quel droit, je le juge. C’est juste mon avis et j’en suis responsable. Je pense à des gens comme Ghazi Hidouci ou Mohamed Ghrib, ce sont des technocrates comme lui, mais ils inspirent le respect, on sait juste qu’ils sont disponibles pour l’intérêt du pays, quant au travail politique, ils le laissent à d’autres, ce n’est pas leur domaine.




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  • Nacera
    3 novembre 2010 at 22 h 09 min - Reply

    Bonjour,

    Je lis M. Benbitour, et mon apprehension est la suivante: Does he walk the talk? J’aime l’expression, elle dit du mot à mot: Marche ton discours!
    Au départ, je l’avoue, j’ai dû me faire violence pour rester objective et donner la chance au courreur et oublier qu’il vient de ce système et que bien sûr il a sa part de responsabilité dans ce marasme. Avouez, qu »il aurait été plus crédible s’il n’avait pas attendu d’être out, pour se rappeller qu’il y a, en Algerie, en plus des hautes sphères qu’il a fréquentées, cette espèce de chose en bas qui paraît-il forme le peuple algerien. Il serait intéressant d’entendre Benbitour nous expliquer le pourquoi de sa démarche. Sa source de motivation est-elle la vengeance ou le salut du peuple algerien?
    En tous cas, en allant sur le site ccic-dz.net de M Benbitour, j’ai compris que question leadership collectif, ce n’était pas fort comme début. Je n’ai trouvé aucun article ecrit par quelqun d’autre que lui même, par contre j’ai eu une overdose du JE. Son style directif ne démontre aucunement une prédisposition au dialogue. Je parle du vrai où on écoute deux fois plus qu’on dit. Je ne sais pas si vous l’avez remarqué, mais pour quelqun qui veut trouver des idées nouvelles et travailler en équipe, il use et abuse de : il faut, vous devez…
    Pour tous ces signes qui trahissent le discours, même si vous avez changé Monsieur Benbitour, la récidive sera au programme consciente ou inconsciente. J’ai un ami égyptien qui dirait: Ymout ezzammar, wsbâou btalâab.




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  • D B
    4 novembre 2010 at 3 h 50 min - Reply

    @Nacéra
    cette expression croustillante de votre ami égyptien a failli me tuer de rire. « Ymout Azzammar wsbâou btalâb » C’est parlant. Ah, ces Egyptiens…
    Merci.




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