Édition du
30 March 2017

Mehdi Ben Barka : le mort qui dérange toujours, 45 ans après

France Info

C’était le vendredi 29 octobre 1965, il y a 45 ans jour pour jour. Le plus célèbre opposant marocain, Mehdi Ben Barka, était enlevé en plein coeur de Paris, devant la brasserie Lipp. Un rassemblement y aura lieu ce soir, à 18h30, selon la volonté de la veuve et des fils de l’ancien leader tiers mondiste.

    Quarante-cinq ans après, cette disparition reste une énigme. Le roi Hassan II a-t-il commandité l’enlèvement ? Les services français ont-ils été complices ? La mort de l’opposant n’avait-elle pas été planifiée ? Qu’est devenu son corps ?
    Beaucoup de questions restent sans réponse.

    Malgré les pressions dont il ferait l’objet, un juge, Patrick Ramaël garde l’espoir de connaître un jour la vérité. Il est le huitième magistrat à hériter de ce dossier.
    Il y a quelques semaines, il a réussi à mener une perquisition à la DGSE, les services secrets français. Il a fait saisir 23 dossiers classés « secret défense ». Ces archives du Sdece (service de documentation extérieure et de contre-espionnage) viennent d’être déclassifiées. Hervé Morin, le ministre de la Défense, a donné son feu vert. Ces documents concernent des personnalités marocaines et d’anciens truands français qui pourraient être mêlés à l’enlèvement de Ben Barka.

    Raison d’Etat

    Bachir Ben Barka, l’un des fils de l’opposant à Hassan II espère que ces documents permettront de répondre aux questions que sa famille se pose depuis 45 ans. « Tant qu’on n’aura pas les réponses, on ne pourra pas faire notre deuil », assure-t-il. « Toutes les responsabilités ont-elles été établies ? Il y a eu une volonté politique, marocaine, d’éliminer mon père. Et cette volonté à trouver des complicités. Beaucoup de questions restent sans réponse car il y a une raison d’Etat qui fait que l’action de la justice ne peut pas aller jusqu’au bout. Comment se fait-il qu’aujourd’hui encore, la justice ne puisse interroger un certain nombre de personnes au Maroc ? Il y a eu des pressions ! », tempête Bachir Ben Barka.

    En fait, la famille Ben Barka a acquis la certitude que tout est fait pour empêcher le juge Patrick Ramaël de mener à bien ses investigations. « On tente de l’écarter car son enquête heurte les intérêts diplomatiques« , dit aussi l’avocat de la famille. « Le régime actuel français est toujours très lié avec le Maroc : vacances à Marrakech, échanges, tentatives de vente d’avions au Maroc, etc. Ces relations économiques et commerciales font que Ben Barka est un mort qui gêne ! », affirme maître Maurice Buttin.

    Le juge, objet d’une enquête

    Coïncidence ou pas, on a appris il y a quelques jours que le juge Ramaël faisait l’objet d’une enquête admnistrative à demande de la ministre de la Justice. La juge Corinne Goetzmann, membre de l’Association française des magistrats instructeurs (Afmi), y voit une tentative de destabilisation de Patrick Ramaël. « Il y a trois ans, le juge avait décerné des mandats d’arrêt contre des personnalités marocaines », raconte Corinne Goetzmann. « A cette époque, il aurait été qualifié d’irresponsable par sa hiérarchie selon un article paru dans la presse. Cela démontre bien que les actes judiciaires qu’il accomplit sont critiqués par sa hiérarchie et aussi par le politique », conclut la magistrate.

    Il faut dire qu’il y a trois ans, le pouvoir avait pu s’agacer de la méthode employée par le juge. Un vrai « coup » médiatique : il avait délivré ces quatre mandats d’arrêts internationaux le jour même où le président Nicolas Sarkozy atterrissait au Maroc, accompagné par la ministre de la Justice Rachida Dati, pour un voyage officiel. Au risque de créer un incident diplomatique.

    Reste qu’à la demande du Parquet, ces mandats n’ont jamais été diffusés. Ils sont bloqués depuis trois ans. « Les documents transmis à Interpol ne sont pas assez complets et pas assez motivés », nous explique-t-on à la Chancellerie.

    Le juge Patrick Ramaël n’a jamais pu entendre ces personnes qu’il soupconne d’être mêlées a l’enlèvement de Ben Barka. Parmi elles, le général Hosni Benslimane, ex-capitaine, actuel chef de la gendarmerie royale, et Miloud Tounsi. Le juge a fait appel à un expert en graphologie pour prouver que Miloud Tounsi, un Marocain de 75 ans vivant à Rabat (à quelques centaines de mètres de l’avenue Ben Barka, pour la petite histoire) n’est autre que Larbi Chtouki, membre présumé du commando marocain auteur de l’enlèvement du 29 octobre 1965.

    Un charnier à Rabat ?

    Le juge aurait également souhaité pouvoir visiter ce que certains appellent le « PF 3« , dont l’existence est niée par le Maroc. Le « point fixe 3 » serait une prison secrète de Rabat, dont l’existence a été confirmée par plusieurs témoins du dossier. Selon eux, les quatre truands français mêlés à la disparitions de Ben Barka y auraient été enfermés, exécutés, puis enterrés. C’est là aussi que serait enterrée la tête de Mehdi Ben Barka, ramenée comme preuve au roi après que l’enlèvement à Paris a mal tourné.

    Le juge Patrick Ramaël n’a jamais pu accéder au « PF 3 », mais un grand reporter de France 3 l’a retrouvé, il l’a même filmé. Joseph Tual est le seul à avoir obtenu des images des ruines de cette ancienne prison où, selon lui, serait enterrée une centaine d’opposants à Hassan II. Un charnier sur lequel aujourd’hui poussent des orangers, entre des murs de béton et des barbelés.
    Ces révélations ont valu à Joseph Tual des pressions et des menaces. « Cet endroit est la boîte de Pandore d’Hassan II, vu tous les ennuis qu’on m’a faits après avoir filmé cet endroit ! », lâche le grand reporter de France Télévisions. Le journaliste marocain qui l’a aidé à localiser le « PF 3 » aurait été incarcéré pendant huit mois, il n’aurait plus le droit d’exercer. Jospeh Tual a reçu des menaces verbales. Il a été le destinataire par la Poste de cercueils en papier.

    Malgré ces pressions, la vérité sur les circonstances de la mort de l’opposant marocain peut encore éclater. Mais il faut aller vite. Les acteurs présumés de l’enlèvement Ben Barka qui seraient toujours en vie sont âgés. « Peu importe ce qui leur arrive », confie Bachir Ben Barka, « on ne souhaite pas qu’ils soient condamnés. Ce qu’on veut, c’est qu’ils nous apportent leur part de vérité ».

    Elodie Guéguen

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    5 Commentaires sur cet article

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  • AMOKRANE NOURDINE
    29 octobre 2010 at 17 h 03 min - Reply

    «Hassan II, De Gaulle, Ben Barka: ce que je sais d’eux.» Par l’avocat Maurice Butin, éditions Karthala
    UN LIVRE VIENT D’ÊTRE PUBLIÉ PAR UN AVOCAT FRANÇAIS Hassan II, sans pitié, en 500 pages24 Octobre 2010 – Page : L’ouvrage rapporte dans le menu détail la hargne du roi Hassan II à l’encontre de tous ceux qui osaient s’opposer à lui…. Pour situer les drames des familles marocaines, vécus pendant les années de plomb du règne de Hassan II, un livre écrit par l’avocat Maurice Butin vient d’être publié en France aux éditions Karthala sous le titre: «Hassan II, De Gaulle, Ben Barka: ce que je sais d’eux.» L’ouvrage ne manquera pas d’éclabousser le royaume qui persiste dans les mêmes pratiques envers le peuple sahraoui.Ce nouvel ouvrage de 500 pages rapporte que «les disparus sont enlevés dans la plus grande discrétion en un véritable guet-apens, traquenard sur la voie publique ou parfois même chez eux au petit matin par des hommes encagoulés». Il s’agit en général d’éliminer pendant un certain temps des opposants, devenus trop gênants pour le régime, ou tout simplement d’enlever des «braves gens», ce qui «suffit à intimider tout un quartier», écrit l’auteur.Parfois hélas, la mort s’ensuit après des séances de torture, pour tenter d’obtenir de ces «disparus, des renseignements sur tel ou tel événement survenu. Qu’ils ignorent peut-être totalement». L’auteur livre ainsi un témoignage sur une partie au moins d’une période douloureuse pour de nombreux militants marocains, dans la première décennie après l’indépendance, qu’il connut surtout au prétoire comme défenseur dans les procès politiques de l’époque, souvent seul avocat français aux cotés de confrères de ce pays.Dans une première partie, il relate la résistance du peuple marocain au protectorat. La deuxième partie couvrant les années 1956-1965, éclaire dès les premiers mois de l’indépendance, sur la montée en puissance du prince Moulay Hassan, le futur roi Hassan, sa volonté et sa hâte de régner en maître absolu sur le peuple marocain. Sa hargne aussi à l’encontre de tous ceux qui pouvaient s’opposer à lui et notamment à l’encontre de ces rares hommes, dont le seul peut-être qui était de sa taille dans le pays, à savoir Mehdi Ben Barka.La troisième partie du livre se rapporte au développement de l’Affaire Ben Barka, sa disparition, ses effets immédiats, au Maroc et en France. L’auteur évoque aussi la première plainte pour enlèvement et séquestration suivie de deux procès devant la Cour d’assises de la Seine. Puis la deuxième plainte en octobre 1975 toujours en cours au Palais de justice de Paris pour «assassinat» cette fois-ci, et où il sera question du combat mené pendant plus de 40 ans pour et aux côtés de la famille Ben Barka, afin de tenter de découvrir toute la vérité sur cette tragédie.En effet, le vendredi 29 octobre 1965 à Paris, le leader de l’opposition marocaine fut enlevé puis assassiné. Au Maroc, une seule personne était au courant de cet enlèvement: le roi Hassan II. Il a été avisé de l’enlèvement de son pire ennemi par l’un de ses proches, lui-même informé par un député français, mais le souverain laissera croire avoir appris la nouvelle par la presse.Au Maroc, c’est le paroxysme des années de plomb d’alors et la fin du face-à-face depuis 1965 entre le prince Moulay Hassan, devenu le roi Hassan II en 1961 et le leader de l’opposition qui plus est, le secrétaire général de la Tricontinentale aux missions mondiales.Ce livre rappelle la situation intérieure du Maroc avant 1956, puis décrit les événements qui ont suivi l’indépendance jusqu’à la disparition de Mehdi Ben Barka. Il témoigne du combat mené par Ben Barka et souligne que l’hostilité du roi Hassan II à l’encontre de cette personnalité politique d’envergure, remonte au début de l’indépendance, le souverain, n’étant alors que le prince Moulay Hassan.A travers l’Affaire Ben Barka, le livre en question dévoile l’action déterminante d’agents marocains aux ordres du roi. Il révèle également le rôle joué par des policiers et hommes des services secrets, voire de hautes personnalités françaises. Soit consciemment, soit par négligence.«Ce qui s’est passé du côté français, n’a rien eu que de vulgaire et de subalterne», a déclaré le Général de Gaulle, cité par l’auteur. Quarante-cinq années ont passé et la disparition de Ben Barka demeure un mystère. Par qui il a été tué? Comment? Où repose son corps? C’est toutes ces interrogations que cet avocat né à Meknès (Maroc), qui connut de près le leader marocain, soulève dans ce livre de 500 pages




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  • AMOKRANE NOURDINE
    29 octobre 2010 at 17 h 07 min - Reply

    JE NE SAIS POINT SI MAURICE BUTTIN EST TOUJOURS PRESIDENT DE L’ASSOCIATION FRANCE-PALESTINE
    BIEN A VOUS




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  • AMOKRANE NOURDINE
    29 octobre 2010 at 17 h 52 min - Reply

    Ahmed Benani
    A la Mémoire de Mehdi Ben BARKA
    29 Octobre 1965 29 Octobre 2010 45 ans jour pour jour A la fin des années 60, au moment où la crise franco-marocaine avait atteint un stade paroxystique, Abderrahim BOUABID déclarait au nom de l’USFP, désormais entre le palais et nous, il y a le cadavre de Mehdi Ben Barka! La phras…e a été vite oubliée par ses successeurs à la direction du parti.Aujourd’hui, je la fais mienne et je déclare en ce triste 45e anniversaire de la disparition de ce très grand leader internationaliste:ENTRE LE PALAIS ET LE PEUPLE MAROCAIN, IL Y A TOUJOURS LE CADAVRE DE MEHDI BEN BARKA ! Ahmed Benani, Lausanne, le 29 octobre 2010




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  • AMOKRANE NOURDINE
    29 octobre 2010 at 19 h 43 min - Reply

    L’assassinat de Mohamed BOUDIA à Paris
    Publié le 22/11/2007 à 12:00 par djamazz
    Nous publions ci-dessous un texte paru en juin 1999 dans le numéro 2 de la revue du « Collectif Algérie-Machreq » qui retrace l’itinéraire du militant anticolonialste Mohamed Boudia et rend compte des circonstances dans lesquelles il a été assassiné. Nous n’oublions pas…

    Mohamed Boudia est né à Alger en 1932.

    Enfant de la Casbah, autodidacte, il s’élève à la conscience politique par une voie personnelle libre et indépendante.

    Venu tôt à la politique, il découvre à travers la lutte contre le colonialisme, dans la clandestinité et dans les prisons françaises, le sens d’une démarche artistique puisée aux sources les plus sures : la vie réelle et les nécessités de la révolution. Cette démarche sera l’axe de sa vie. Il est un des rares intellectuels arabes à avoir su subir et dépasser les contradictions de l’artiste vivant en milieu bourgeois aliéné et du révolutionnaire dont la tâche primordiale est de redonner sons sens à la vie. A la libération de son pays, il se retrouve à la direction du Théâtre National Algérien qu’il crée de toutes pièces. Puis, à la direction du journal « Alger Ce Soir » et à celle de la revue « Novembre », où le militant et l’homme de culture ne font qu’un lorsque le poète, l’écrivain, l’artiste où le polémiste s’exprime.

    Opposé, en 1965, au coup d’Etat militaire du colonel Boumedienne contre le régime de Ben Bella, Mohamed Boudia pourchassé, s’enfuit et dans l’exil en France, il continue son combat politique au sein de l’ORP (« Organisation Révolutionnaire Populaire » dont il est un des éléments les plus dynamiques).

    En 1967, il participe à la fondation du FLN Clandestin (RUR) dont il est un des membres dirigeants. Administrateur du Théâtre de l’Ouest Parisien, il constitue la troupe du Théâtre Maghrébin qu’il dirige sur ses propres fonds.

    La solidarité active qu’il manifeste et ne cessera de manifester jusqu’à sa mort avec la Résistance palestinienne, les mouvements de libération dans le monde et les mouvements révolutionnaires, n’était ni le produit d’un aventurisme, ni celui d’un romantisme, mais celui, profond, de sa conscience des nécessités de la lutte contre l’impérialisme et pour la Révolution.
    Les faits

    28 juin 1973, 10h45

    Mohammed Boudia monte dans sa R.16, rangée devant l’un des immeubles de l’Université de Paris VI, 32, rue des Fossés Saint Bernard (Paris 5ème). A peine assis au volant, une déflagration disloque la voiture. Atteint aux jambes et à l’abdomen, il est tué sur le coup.

    La police

    Avant même d’avoir entamé son enquête, elle répand aussitôt la thèse de l’accident : Mohamed Boudia a été tué en déposant la bombe qu’il transportait sur le siège arrière de sa voiture. Un geste maladroit a déclenché l’explosion. Il venait de prendre possession de l’engin dans un des nombreux laboratoires du quartier.

    La presse

    Elle s’empare aussitôt de cette version. Hamchari n’avait-il pas piége lui-même son téléphone ?

    « Tué par sa propre bombe. » L’Aurore du 29/6/1973 sur cinq colonnes.

    « Mohamed Boudia a pu être victime d’un engin dont il prenait livraison. » Sud-Ouest du 29/6/1973

    « Attentat israélien, estiment les milieux arabes. Mais pour la police, la victime transportait la bombe qui l’a déchiqueté. » La Nouvelle République de Tours du 29/6/1973

    « (…) l’Hypothèse de l’attentat ne semblant pas résister aux constatations matérielles, reste la possibilité d’un accident. M Boudia transportait-il une bombe dans sa voiture et l’a-t-il fait exploser par maladresse ? (…) Mais que M. Boudia ait été sa propre victime n’est nullement exclu au siège de la brigade criminelle. » Le Figaro du 29/6/1973

    « la voiture de M Boudia n’aurait pas été piégée. » Combat du 29/6/1973

    « (…) Selon la police, il ne s’agirait pas d’un attentat. » L’Humanité du 29/6/1973

    Quand un militant arabe est assassiné, il ne s’agit jamais d’un attentat, il s’agit toujours d’un « terroriste » victime de sa maladresse.

    Une fois l’opinion publique matraquée par la fausse nouvelle, on commence à laisser sous-entendre la vérité. 30 juin 1973, dans sa rubrique « Faits divers », Le Monde s’interroge prudemment, sur une colonne : « M. Boudia a t-il été victime d’un attentat ou d’un accident ? »

    A partir du 30 juin, alors qu’une évolution s’est faite et que la presse propose, parallèlement à la version « accident » de la police, celle de l’attentat, l’Aurore, tribune des services secrets israéliens, fournit des « informations techniques » de « source sûre » sur la nature de la bombe :

    « (…) D’après certaines indications israéliennes, Boudia aurait été « piégé » par des agents secrets juifs. On aurait placé, sous le siège de la R.16, une machine infernale d’un modèle tout à fait nouveau : une bombe pression. Cet engin a, si on peut dire, deux avantages : tout d’abord, il se déclenche dès que la victime s’installe sur son siège, donc avant qu’elle ne mette la voiture en marche (…) Enfin, second perfectionnement apporté par la « bombe pression » : il n’est plus nécessaire de brancher des fils pour actionner la machine infernale au niveau de la clef de contact ou du démarreur (…). Car pour leur part, les services secrets israéliens ne font pas mystère de leur action éventuelle à Paris. Ils s’en amusent même. Comme ils ont « piége » le leader terroriste palestinien Hamchari, le 8 octobre 1972, ils laissent entendre que l’explosion de la rue des Fossés Saint Bernard pourrait bien être leur œuvre. Ce que conteste farouchement, on le sait, la brigade criminelle.

    Au correspondant d’un journal de Jérusalem un officier de police français aurait même déclaré : « Nous n’excluons pas la possibilité que l’explosion soit l’œuvre des israéliens, mais le cas échéant, même si nous en avions les preuves, nous ne le dirions pas, et nous affirmerions le contraire. » L’Aurore du 30/6-1/7/1973.

    La police et la presse, trois jours après

    « Mohammed Boudia : c’était bien un attentat. »

    « (…) Les enquêteurs estiment maintenant que la voiture a été piégée dans la nuit de mercredi à jeudi, alors qu’elle stationnait rue des Fossés Saint Bernard. La bombe, qui devait comporter un détonateur à mercure dissimulé sous le siège du conducteur, a explosé dès qu’il s’est assis. Ces engins sont, paraît-il, utilisés par les services secrets israéliens. » Le Journal du Dimanche du 1/7/1973 sur une petite colonne en page intérieure.

    2 juillet 1973 : les assassins sionistes revendiquent leur crime :

    « …) La presse israélienne ne cherche pas à nier l’assassinat : « Maariv » écrivait hier qu’il pouvait bien y avoir un lien entre lui et une « tentative d’attentat contre le consul d’Israël à Milan ». De son côté « Yodiot Aharonoth » écrit de Paris qu’il pense que Mohammed Boudia avait pris la relève de Mahmoud El Hamchari à la tête du réseau européen de « Septembre noir (…) » Combat du 2/7/1973

    « (…) Il est curieux de constater, dans certains services de M. Marcellin, une propension à accuser les Palestiniens de la responsabilité des crimes commis par les services israéliens. Lorsque Mahmoud Hamchari fut assassiné, la police affirma également, durant les premières heures, qu’il avait été tué par une bombe de sa fabrication. (…) Une information contre X…a été ouverte. Prendra-t-elle la suite de l’enquête sur la mort de Mahmoud Hamchari, dont on attend toujours les résultats, un an et demi après ? L’équation n’est pourtant pas difficile à résoudre. Le gouvernement français en sait suffisamment sur les coordonnées des « X… »en question pour prendre les mesures qui s’imposent. » L’Humanité du 2/7/1973
    Un crime longuement prémédité

    Le sionisme, depuis déjà très longtemps, a fait preuve de ses capacités terroristes. L’arrogance et le mépris du droit, quel que soit sa nature, de l’Etat d’Israël, lui a donné, grâce à la couverture totale de l’impérialisme, l’assurance que quoi qu’il fasse il n’a rien à craindre. Ni l’ONU, ni les organismes internationaux, ni les mouvements politiques ou humanitaires ne le gênent (tribunal Russel, MRAP, etc.) quand ils ne sont pas – de plus- ses complices.

    Préparation politique

    Chaque fois que les sionistes ont mené des attaques terroristes -et elles ont été nombreuses- ils se sont toujours couverts « politiquement » par avance en dénonçant et accablant leurs futures victimes. C’est le cas d’un pays, le Liban, comme celui des militants palestiniens ou de leurs camarades et amis. Ainsi, chaque fois qu’en Europe, ces dernières années, il y eut une opération palestinienne, la presse de droite et entre autres en France , Rivarol, Minute, l’Aurore a commencé par clamer que les terroristes palestiniens bénéficiaient de la sympathie de militants algériens opposés à Boumedienne.

    Puis, de sympathisants, les voici transformés en hommes de main :

    « Trois attentats ont été commis contre le président Houari Boumedienne, l’année écoulée. Dont un près de Rocher-Noir. Aucun d’eux n’a été révélé. Ce sont les opposants d’Europe qui les organisent. Pendant les entractes, ils sont libres et se placent. » Express du 22/28/1/1973

    …Ensuite, ils sont présentés comme le bras armé des palestiniens en Europe… C’est ainsi que Boudia a été désigné en Suisse, en Italie, en Allemagne et particulièrement en France par une presse puisant ses « informations » auprès des ambassades d’Israël et des polices nationales.

    Mise au point pratique

    Lorsque le 15 mars 1973, un commando palestinien est arrêté au poste frontière de la Grave (Hautes-Alpes), on apprend six mois plus tard que la police a semble-t-il trouvé sur l’un d’eux, parmi d’autres noms et adresses, le nom et l’adresse de Boudia.

    Tous ont été convoqués par la Police. Sauf Boudia. Les étrangers désignés sur la liste sont expulsés. Boudia n’est ni convoqué ni expulsé. Pas plus qu’il n’est inquiété ou interpellé de la moindre manière. Pourquoi ? Il est donc si important de ne pas donner à la victime désignée des raisons de se méfier…Alors qu’elle n’avait rien à lui reprocher, la police française voulait-elle l’assassinat de Boudia ?

    Pouvait-elle ignorer ce que Me Vidal-Naquet révèle dans Le Monde du 3/7/1973 : « (…) J’ai été averti, il y a plusieurs mois, par une conversation avec une personne de nationalité française, qu’il est inutile de nommer ici, que les services secrets israéliens s’intéressaient tout particulièrement à Boudia (…) Je l’ai aussitôt averti de la façon la plus énergique qu’un danger le menaçait en provenance d’Israël » et que « l’aurore » du 30/6/1973 confirme : « (…) C’est alors que Jérusalem donne l’ordre de le démasquer et de le liquider coûte que coûte. »

    La collusion totale du sionisme et de l’impérialisme implique la similitude et l’échange complice des méthodes. La Rank Corporation ne travaille-t-elle pas pour Israël, sans parler de la CIA ?

    Aujourd’hui, devant la montée des forces révolutionnaires dans le monde, l’impérialisme utilise une nouvelle technique, celle des assassinats sélectifs :

    Marighella en Amérique Latine,

    Ben Barka , leader révolutionnaire marocain, Hamchari, Kubaissi, Boudia, assassinés en France,

    Cabral, en Guinée,

    Abou Youssef, Kamel Adouane, Kamel Nasser, au Liban,

    Abou Kheir, Zwaiter à Rome.

    Comme l’impérialisme tente de décapiter les mouvements révolutionnaires (exemples : les Black Panthers, les Tupamaros, le PAIGC) à travers leurs cadres politiques, les sionistes font de même pour les palestiniens.

    Dans chaque cas, l’impunité est assurée.

    Dans chaque cas, l’impérialisme fournit l’idéologie et les moyens. Et ses alliés, « la main d’œuvre » criminelle.
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    Commentaires (14)
    Carlos le 20/12/2007
    je pense que le feu Boudia a donner un exemple fort pour tout etre humain qui refuse l’imperialisme et le colonialisme.
    sa mort n’est qu’un triomphe pour la liberte

    Carlos le 20/12/2007
    je pense que le feu Boudia a donner un exemple fort pour tout etre humain qui refuse l’imperialisme et le colonialisme.
    sa mort n’est qu’un triomphe pour la liberte

    BOUDIA le 28/03/2008
    Mohamed BOUDIA n’est pas mort. Il est devenu un symbole et comme tout symbole de liberté, il est inaltérable et inusable dans le temps, il est éternel comme sa vie dans l’au-delà (Que Dieu l’accueile dans son vaste paradis et lui accorde sa miséricorde.
    ALLAH YARHAM ECHOUHADA !
    Mon blog

    BOUDIA le 28/03/2008
    Mohamed BOUDIA n’est pas mort. Il est devenu un symbole et comme tout symbole de liberté, il est inaltérable et inusable dans le temps, il est éternel comme sa vie dans l’au-delà (Que Dieu l’accueile dans son vaste paradis et lui accorde sa miséricorde.
    ALLAH YARHAM ECHOUHADA !
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    BOUDIA ABOU WAHID le 15/07/2008
    pour etre plus bref il n y a jamais de paix entre les vrais croyants et les juifs et particulierement les musulmants et plus particulierement les ALGERIENS

    polo le 15/07/2008
    AH OUI !!!! infos de dernieres minutes *Réseau Voltaire, en « exil » à l’étranger…, va très bientôt reprendre sa diffusion sur internet. source http://www.toutsaufsarkozy.com/cc/article02/EkEypuypppsvALprIF.shtml
    faite circulez 😉

    Anonyme le 09/12/2009
    c 1999 que j ai entendu parler de la premiere fois de mohamed boudia a traver un article paru sur un journal national que j ai oublier le nom .croiyer moi j ai ue la chaire de poule comment un nom comme ce lui de mohamed boudia echape de la memoire colectif algerienne et pour quoi peut de gens le connait .pourquoi,
    *el yerham echouhada*

    Anonyme le 20/12/2009
    les laches n’aiment pas les hommes alors ils les assassinent. BOUDIA DJAMILA .sa niece

    Mohamed Boudia le 02/01/2010
    Mohamed Boudia est une figure éminente de la révolution algérienne. Mais c’est aussi un homme de théâtre qui a su allier son amour pour la patrie avec son amour pour le théâtre. Même durant son incarcération à la prison des Baumettes à Marseille, il n’a cessé, tout au long de sa détention de jouer des pièces de théâtre pour ses compatriotes. Gloire à nos Chouhadas = Malheureusement, ce héros de notre lutte armée reste toujours inconnu de notre jeunesse car, à un certain moment, il fut diabolisé par un certain régime……….
    http://boudia2007.centerblog.net

    BOUDIA NACER le 14/01/2010
    Bonjour, Merci pour cet article, a propos de feu Mohamed Boudia, qui est le cousin de mon père. et qui a fut un homme activement engagé dans la lutte pour la cause nationale et pour la cause du peuple palestinien par la suite, un homme exceptionnel, un intellectuel et un homme de culture.
    c’est regrettable de constater que peu de personnes connaissent son parcours et le sacrifice qu’il a du payer de sa vie comme les quelques braves et nobles personnes sur cette terre.

    Merci quand même pour l’article 🙂

    riyad210 le 21/03/2010
    boudia boudia ?? ???????

    z_erham le 06/04/2010
    je n.ai pas compris les interrogations de ryad,ni l’alliance de nacer? par contre ma soeur djamila est bien là. Reste carlos?!…ABOU ZAKARIA

    benelkadi le 19/04/2010
    je suis trés touché par la vie de Boudia qui représente aujourd’hui pour moi un grand idol… je l’aime bcp

    ben mousa le 07/06/2010
    l impunité de l état israéliens ,son mépris de la dignité du peuple palestiniens ,son terrorisme d état mérite une riposte dure ,des hommes ne sont pas mort en vain .leur exemple montre la voie a suivre .la relève est la .mouvement du 14 avril

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    Publié le 29/10/2010 à 19:34

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  • AMOKRANE NOURDINE
    29 octobre 2010 at 19 h 45 min - Reply

    L’EVOCATION DE BEN BARKA ME FAIT PENSER A L’ASSASSINNAT DE L’ALGERIEN BOUDIA A PARIS et je vous invite à lire l’article ci dessus




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  • Congrès du Changement Démocratique