Édition du
27 March 2017

1er Novembre : A qui profite la fête ?

Par Zineb Azouz

56 ans après, longtemps après finalement,  où en sommes nous du premier Novembre 1954, allons nous le fêter ou le commémorer, nous en souvenir ou nous en accommoder, allons nous nous glorifier à cette occasion ou nous en vouloir encore une fois et nous auto-flageller , ou tout simplement allons nous enfin prendre le taureau par les cornes (ou la cassette), nous réapproprier  notre douloureuse histoire et nos démarquer définitivement de toutes ces festivités et ces vérités travesties au service des planqués de l’histoire.

Cette révolution dont le 1er Novembre marque le déclenchement, ne mérite t’elle pas plus d’investissements et d’investigations de notre part ? Pouvons encore nous contenter de dire que la révolution a été dévoyée et que notre libération est inachevée parce que malheureusement des traîtres et des prédateurs n’ont fait qu’attendre le moment propice pour venir tout simplement remplacer le colonialisme par un despotisme au service des mêmes puissances étrangères ?

Par quel miracle cette stratégie gagnante n’a-t-elle rencontré aucune résistance depuis le temps ?

A partir de quel moment toutes ces forces diaboliques se sont elles cristallisées ? Et pouvaient elles vraiment réussir seules à détourner toute une révolution, n’avaient elles que le hasard comme allié ?

Ils ont réussi à  nous asservir, à redonner la cravache aux enfants de la cinquième colonne, à faire de nous de la chair à canon et de nos jeunes les nouveaux indigènes de l’occident, des bras bon marché comme l’étaient nos aïeux, des sans papiers, de la nourritures pour poissons ou encore des ceintures explosives.

Du statut d’indigènes ne sommes nous pas passés à celui de sujets civils ?

N’est ce pas là tout simplement une délocalisation d’un autre genre ?

A partir de quand la France a t’elle compris la fin du monde colonial ? Pire encore,  qui d’autre le savait ?

Pourquoi le formidable Mouvement  Nationale s’est il soldé par une horrible scission et un bain de sang ? Les victimes du 08 Mai 1945 n’étaient elles pas toutes sous la même bannière ?

Le premier assassinat politique fût sans doute l’horrible exécution de Abane Ramdane, mais à quand remonte le premier délit politique ?

Ceux qui ont consenti au sacrifice suprême pour une utopie, une « folle » idée qui s’appelait à l’époque la lutte armée contre l’une des plus grandes puissances militaires, ceux qui ont conçu, imaginé et vécu le premier Novembre, ces héros qui se savaient condamnés à ne jamais voir l’indépendance, à ne jamais revoir leurs enfants, ces hommes et ces femmes morts pour la plupart dans des conditions atroces, ces authentiques enfants de l’Algérie qui n’en pouvaient plus d’attendre le bon sens international, ces disciples de Messali El Hadj, peut-on aujourd’hui les questionner, en avons-nous le droit au fait ?

Peuvent ils nous dire si le premier Novembre était un coup de Poker ou un coup de force, y compris contre le destin, ou les deux à la fois ?

Tous ces problèmes de tribalisme, de clanisme et de régionalisme, n’ont-ils pas miné et guidé tous les mouvements dans ce pays ? De 1954 à 1962, combien de crimes ont été commis au nom d’une unité ou d’un front ? Combien de jeunes instruits ont-ils été lâchement fusillés ? Combien d’authentiques  nationalistes engagés dans la lutte armée ont été froidement liquidés, juste pour avoir osé dénoncer des dérapages ou des privilèges de clans ?

Y compris parmi les premiers adeptes du 1er Novembre, peut-on dire qu’ils avaient ils tous les mêmes motivations, les mêmes convictions et la même foi ?

Lorsqu’on on revisite l’histoire et qu’on découvre tant de hargne parmi des compagnons de luttes et des frères d’armes, tant d’empressement à salir et à liquider tout ce qui était messaliste, on est droit de douter de la sincérité de certains, surtout qu’après l’indépendance, et comme par hasard, les plus virulents étaient les moins impliqués et les mieux planqués.

Avons-nous le droit de mettre dans les mêmes ouvrages, dans les mêmes loges, dans la même wilaya 5 des Zabana et des comploteurs ornementés ?

Jusqu’à quand allons nous encore tolérer que nos boulevards portent tantôt des noms de héros tantôt des patronymes de véritables sanguinaires ?

En quelques années, et avant même d’être indépendants,  nous sommes passés d’une révolution populaire, pensée et décidée par des héros et  portée par le paysan, nous sommes passés  à une coalition  obscure et mafieuse formée de barrons, de gradés et d’un Etat Major fort des sous officiers de la France.

Le comble est que cette cabale s’exprimait aussi au nom du 1er Novembre, c’était sans doute le deal fait sur notre dos avec plus d’une puissance et plus d’un service secret.

Ces ogres embusqués savaient que l’indépendance était acquise, ils n’ont pourtant pas hésité du fond de leurs salons de Genève à envoyer des milliers de pauvres immigrés Algériens se faire massacrer par Papon sous prétexte de vouloir porter la voix du FLN dans la rue Parisienne.

Plus l’indépendance approchait, y compris parce que politiquement la France était condamnée, plus les mystificateurs devait faire vite,  Il y avait quelque part intérêt à ce que l’indépendance si chère au peuple,  aux milliers de veuves et d’orphelins, reste entre les mains des marchands de rêve, il fallait saigner le peuple jusqu’au bout et même après ; là-dessus De gaulle, comme ses successeurs  étaient sur la même longueur d’ondes.

Le peuple ne devait entendre parler ni d’accords secrets ni de tractations, il fallait juste qu’il continue de verser le sang de ses enfants et de croire à  tout prix lui à une victoire militaire arrachée à la France.

La politique de la terre brûlée avait eu tout le temps de se pratiquer, les intellectuels comme la plupart des authentiques moudjahidines, lorsqu’ils n’étaient pas directement fusillés par leur « frères », se faisaient de toutes façons massacrer dans les maquis ou les villas Sesini.

Au jour d’aujourd’hui les témoignages sur la révolution se font au compte gouttes, sont hétéroclites, capricieux, irréguliers et ressemblent le plus souvent à des déclarations-menaces qu’à une volonté réelle de dire la vérité.

Nos archives ne nous appartiennent pas, et ce n’est certainement pas pour protéger ses criminels de guerre que la France nous cache tant de chemises !

Vous en conviendrez, il est plus simple et plus profitable pour nos charlatans et nos frimeurs de continuer à parler au nom de nous tous et de faire semblant par exemple  d’exiger des excuses de la part du gouvernement Français, que d’exiger la restitution de toutes les archives ou d’ouvrir déjà celles dont nous disposons.

Et chaque année nous en sommes ainsi au même point, avec notre histoire et notre premier Novembre, tels des naufragés accrochés à la dernière épave qui peut encore rassembler ce peuple, une épave qui n’a pas livré tous ses secrets.

Ce peuple qu’on embaume à l’occasion du 1er Novembre, qu’on aromatise à chaque fois qu’il est utile pour notre ego à tous de nous persuader de notre originalité et de nos prouesses extraordinaires, de notre passé révolutionnaire, ce peuple de « Sbouaa », avez-vous remarqué comment très vite, et sans crier gars, nous l’accusons de complaisance et de lâcheté ?

N’y a t’il pas un sérieux conflit d’intérêt, une vérité qui nous échappe ou qu’on ne veut pas voir ?

Il n’est plus permis de continuer à tolérer ces demi vérités, cette histoire qui nous embrouille et nous trouble plus qu’elle ne nous éclaire, ces carnavals qui nous narguent et nous écoeurent et que pourtant décore notre beau Senjak.

Est-ce bien utile de rappeler que de jeunes émeutiers ont brûlé le drapeau national. Bien sûr, comme à son accoutumée avec les hors la loi,  la justice a été exemplaire et intraitable et notre silence aussi fût légendaire face à ce signe qui ne trompe pas.

Lorsque les orphelins de nos 250.000 disparus, pour ne parler que de ceux qui n’ont même pas eu droit à une tombe dans leur pays, lorsque ces orphelins voient les rues et les cimetières de Chouhada décorés pour l’occasion (avec notre argent) avec entre autre tous ces magnifiques bouquets de fleurs assemblés à chaque 1er Novembre, à la mémoire du soldat inconnu, que pensez vous qu’ils puissent ressentir ?

Sachant, et c’est le plus grave et le plus impardonnable à mon sens, que ceux qui fêtent nos chouhada ainsi chaque année, sont ceux là même qui ont sacrifié les  250 000 Algériens et ceux là même qui continuent de bastonner les femmes et les orphelins de leurs victimes.

Ces orphelins de la tragédie dite nationale, ces enfants de « X-Algérien », se sentent ils au moins concernés par ce passé et ce 1er Novembre ?

Pourtant bon nombre d’entre eux, et nous le savons, sont des petits fils de Chahid ?

Trop de hasard, trop de répétitions dans l’histoire, le crime était il  parfait au point que ses auteurs et leurs descendances se permettent de le reproduire aussi fidèlement et aussi  impunément ?

En continuant à se présenter comme le digne, le légitime et le seul hériter de Novembre 54, le pouvoir nourrit délibérément ce sentiment schizoïde, ce déchirement cuisant et fondé, cet  imbroglio déroutant et séditieux dont la conséquence ne peut donner qu’un rejet total et en bloc de nous mêmes, de notre histoire, de nos utopies, de nos luttes et donc du 1er Novembre, dans ce qu’il porté de plus noble et de plus serein.

Non héros peuvent tout nous pardonner sauf laisser le doute planer sur eux en abandonnant notre histoire et la leur entre les mains de ceux qui les ont tués par deux fois.

Je reste convaincue que parler des erreurs d’une révolution, fait plus peur à ceux qui ne l’ont PAS faite, qui n’y ont même jamais cru,  qu’à ceux qui lui ont sacrifié leurs vies.

ZA, le 1er novembre  2010


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24 Commentaires sur cet article

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  • wahid
    1 novembre 2010 at 2 h 56 min - Reply

    En lisant ce qui suit, je répondrais par ceci, les nommés indigènes (1830-1962) et les Algériens en dépit de tout ce que nous avons enduré et de ce que nous endurons!

    – Pour la célébration du 1ier Novembre 1954 et pour la mémoire-.

    UNE RAISON DE PLUS POUR S’UNIR

    ****Extraits de débats sur le centenaire de la colonisation.

    «Quant à la population, elle présente des caractères généraux communs, mais avec des différences appréciables. On a affaire dans l’ensemble à une population berbère à laquelle sont venus se mêler des Arabes. Il est souvent difficile de faire la distinction des uns et des autres. Beaucoup de Berbères se sont arabisés; mais aussi un certain nombre d’Arabes se sont berbérisés. Les deux mouvements ont été plus ou moins lents, plus ou moins contrariés, et le résultat final présente UNE BIGARRURE TRÈS VARIÉE.»

    « L’Algérie a été conquise par l’armée française et elle ne tient que par l’armée française. Le colon, homme pratique, en est extrêmement conscient.

    N’en concluez pas que L’INDIGÈNE GÎT ÉCRASÉ SOUS LA BOTTE. Rappelez-vous simplement que jamais depuis 2.000 ans, l’Afrique du Nord n’a été capable, sans le secours de l’étranger, d’organiser elle-même son ordre et sa paix. Elle en est aujourd’hui aussi incapable que jamais.

    Songez encore, que la viticulture est la grande ressource économique de l’Algérie, qui est donc étroitement liée au consommateur Français. Ceci aussi va très profond. L’Afrique du Nord depuis 2.000 ans n’a été prospère que lorsqu’elle faisait partie d’un empire extérieur à elle, dont les marchés lui étaient ouverts.

    On a souvent rappelé LA PROXIMITÉ MATÉRIELLE D’ALGER ET DE MARSEILLE. Cette proximité est le moindre des liens qui unissent les deux pays. L’HYPOTHÈSE DE L’INDÉPENDANCE ALGÉRIENNE EST INCONCEVABLE.»

    «Mais dans l’ensemble, sur ce terrain très spécial du Maghreb, le rôle éminent dans le peuplement a été joué par l’administration algérienne avec sa méthode de villages de colonisation aussi maladroitement et aveuglément que l’on voudra, mais sans contestation possible.

    Précisons maintenant en graphique et en chiffres l’importance de la race nouvelle.
    Et d’abord la courbe de l’évolution est intéressante. »

    « DE 1831 À 1848, DISAIT DUVIVIER, NOUS AVONS SACRIFIÉ À L’ALGÉRIE 100.000 HOMMES. » LE CHIFFRE EST CERTAINEMENT EXACT. SEULEMENT AUX DERNIERS RECENSEMENTS L’AFRIQUE DU NORD NOUS A RENDU EN ÉCHANGE UN PEU PLUS DE ONZE CENT MILLE EUROPÉENS».

    Les colons ont été l’élément actif de transformation clans le bouleversement profond de l’Afrique du Nord de 1830 à 1930. LES TOXINES REDOUTABLES DE LA CIVILISATION OCCIDENTALE ONT ÉTÉ SÉCRÉTÉES DANS UNE SOCIÉTÉ PRÉEXISTANTE, LA SOCIÉTÉ INDIGÈNE. DANS QUELLE MESURE A-T-ELLE RÉAGI, C’EST-À-DIRE COLLABORÉ ?

    Ici quelques chiffres sont inévitables et il est commode de les grouper en une courbe graphique.

    Cette courbe serait passionnante, s’il était possible au public de se passionner pour une courbe démographique. Elle est sérieusement établie, basée sur des dénombrements quinquennaux qui ont été faits régulièrement, sauf en 1917, à cause de la guerre. Ce qui est passionnant, c’est l’allure de la courbe entre 1856 et 1872. EN 1861 LE RECENSEMENT A DONNÉ 2.750.000. EN 1866, 2.700.000 ÂMES.

    Immédiatement après se place une énorme oscillation négative. Le recensement de 1872 a donné Un Chiffre D’indigènes Inférieur D’un Demi-Million À Celui De 1861, Soit 2.125.062. Ce fléchissement a causé à l’époque une grosse émotion et a entraîné des généralisations hâtives. Des gens sérieux se sont imaginé que cette dure population Maugrebine, au contact de notre civilisation, allait fondre progressivement, comme la population des îles Polynésiennes.»

    QU’IL Y AIT EN ALGÉRIE UN EUROPÉEN POUR SIX INDIGÈNES, c’est déjà une proportion énorme, suffisante pour faire présumer une action profonde. Par surcroît ce sixième de la population totale n’est pas seulement prépondérant au point de vue politique, il est prépondérant aussi au point de vue social ».

    « Quand l’armée française a débarqué en Algérie en 1830, elle y a trouvé les Turcs installés depuis trois siècles. Ils avaient refoulé dans les métiers manuels, et dans l’humble existence de paysans arabes, à peu près toute la masse des indigènes berbères et arabes; ils avaient la fortune; ils occupaient les postes importants ; ils étaient la bourgeoisie.

    Ils n’ont même pas réalisé l’unité de langue. UN TIERS DE L’ALGÉRIE INDIGÈNE PARLE BERBÈRE, la langue de Massinissa, et IGNORE L’ARABE, que LES DEUX AUTRES TIERS ONT ADOPTÉ. Ce n’est pas une simple différence de langue, ce qui serait déjà grave à soi tout seul, puisque la langue modèle le cerveau. Mais il y a là-dessous des différences totales de genres de vie. D’une part des villageois montagnards, fixés au sol, d’instincts démocratiques, avec un sens aigu de la propriété privée. D’autre part des nomades de grande tente, avec des instincts communistes, avec une organisation aristocratique et princière.

    A travers toute l’histoire, les millénaires, ces deux groupes, constitués par les nécessités du climat et du sol, se sont éternellement pillés, massacrés, sans merci et sans trêve. Chaque groupe a eu ses victoires sans lendemain, ses grands hommes à lui, ses gloires propres.

    Ce sont bien en effet deux espèces de groupes nationaux. MAIS CE NE SONT PAS DEUX NATIONS CONSTITUÉES. Il s’en faut de tout. CHACUN DES DEUX BLOCS EST HÉTÉROGÈNE.

    Le Kabyle, dans ses montagnes humides, boisées, est un paysan, tout près des nôtres, un jardinier, propriétaire de sa chaumière et de son jardin, enraciné en un point déterminé du sol.

    Le Chaouïa de l’Aurès, dans ses montagnes sèches, est pâtre de moutons, un transhumant dans un tout petit rayon de transhumance. Le village Chaouïa n’a ni la disposition, ni l’architecture du village kabyle.

    LE CHAOUÏA ET LE KABYLE ONT BEAU PARLER TOUS LES DEUX DES DIALECTES BERBÈRES, d’ailleurs assez aberrants, IL N’Y A AUCUN RAPPORT ENTRE LES DEUX PSYCHOLOGIES. DEUX PETITES PLANÈTES DISTINCTES.

    LE BLOC ARABE EST PEUT-ÊTRE ENCORE PLUS PROFONDÉMENT ÉMIETTÉ. Dans les premières décades de la conquête, nos pères ont très naturellement GROUPE A PART DANS LES STATISTIQUES,

    « D’après les estimations de la Chambre de commerce de Marseille, en 1832, l’Alger turc importait pour 6.500.000 fr. de marchandises européennes. Il les payait apparemment avec les bénéfices de la piraterie, puisqu’on estimait les exportations à 14 ou 15.000 francs.

    Dans l’Algérie française, en 1924, le total des exportations et importations était de 5 milliards 394 millions; ce total en 1929 atteindra probablement 8 milliards, en francs papier il est vrai.

    Il faut songer que ces huit milliards de richesse sont une création pure. Ils sont sortis intégralement du coup d’éventail du dey.

    NO COMMENT!




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  • manassi
    1 novembre 2010 at 13 h 20 min - Reply

    MA VIE: AVANT ET APRES 1962

    Combien que j’ai souffert dans mon village natal situe au pied de SIDI-ALI-BOUNAB,entoure de barbelés .
    Pendant que mon PERE etait en PRISON à BOUSSOUI(ORAN) ,je me souviens très bien lorsque les MILITAIRES FRANCAIS et les HARKIS ont arrete ma mere et l’ont conduit a la caserne de mon village,puis ce sont diriges vers le « CAMP » du chef lieu de la commune.
    j’ai vecu sans MERE et sans PERE pendant UNE LONGUE DUREE.
    En 1962, on a saute de joie puisque le COLONISATEUR est sorti,mais voila les problemes commencent :
    -AFFAIRE DES WILAYAS
    – AFFAIRE DU MAROC
    -AFFAIRE DU FFS
    -COUP D’ETAT DE 1965
    -COUP MANQUE DE TAHER ZBERI
    – AFFAIRE DE LA PALESTINE DE 1967 ET 1972/73
    -AFFAIRE DU MAROC ET LA MAURITANIE
    -AFFAIRE DE LA KABYLIE 1980
    -AFFAIRE DE 1988
    – LA GUERRE DE LA RELIGION MUSULMANE JUSQU’A CE JOUR.
    TOUT CE TEMPS QUE J’AI PASSE DANS LA MISERE,LES AUTORITES DE MON PAYS M’ONT CONFISQUE MES DROITS DE CITOYEN ALGERIEN, VOILA BIEN LA RECOMPENCE .
    Aujourd’hui,je declare devant MONSIEUR LE PRESIDENT DE TOUS LES ALGERIENS,MONSIEUR LE PREMIER MINISTRE ET SON GOUVERNEMEN et ainsi devant toutes les HAUTES AUTORITES ALGERIENNES que je PREFERE les HARKIS qui ont arrete mes PARENTS mieux que LES AUTORITES D’AUJOURD’HUI qui m’ont CONFISQUE MES DROITS DE CITOYEN.
    Au moins les HARKIS ne m’ont pas prive de vivres ,MAIS LES AUTORITES DE MON PAYS m’ont prive meme de la SUEUR DE MON TRAVAIL.
     » A VOUS DE JUGER MES CHERS INTERNAUTES « 




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  • mourad
    1 novembre 2010 at 14 h 28 min - Reply

    1.5 million de marthyrs pour un colonialisme d’un autre genre.c’est le tribus que certaines regions de l’algerie ont payés pour l’independance , oh pardon pour changer de boureau. alors chuuuuuuuuuuuuuuuuute.




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  • Zineb Azouz
    1 novembre 2010 at 15 h 01 min - Reply

    Cher Compatriote @manassi,

    Votre cri du cœur et votre exaspération sont celles de milliers, voir de millions d’Algériens qui ont véritablement cru que l’indépendance allait leur apporter délivrance, honneur et surtout dignité.
    Les Algériens qui ont opté pour une lutte armée mesuraient parfaitement la hargne et le barbarie qui allaient leur faire face, ils ne cherchaient rien d’autre qu’un bout de DIGNITE.
    Même l’indépendance, ils ne l’ont jamais imaginé pour eux, mais pour leur progéniture.
    56 ans après, vous êtes la meilleure réponse à la question : »A qui profite la fête ?  »
    Rassurez vous, et c’est en partie l’objet de mon humble papier et de beaucoup de commentaires qu’on trouve sur LQA, ceux qui vous ont privé de tout y compris de la sueur de votre front sont les meilleurs alliés objectifs des harkis.
    Je dirais même plus, les harkis sont des enfants de chœur devant les professionnels entre les mains desquels le pays est tombé.

    Et surtout ne faites pas attention à ceux qui vont jouer aux « vierges effarouchées » face à vos propos, et qui ont été les premiers à se servir pendant que le sang des martyrs n’avait pas encore refroidi et que les familles comme la votre n’avaient pas encore été réunies, ceux là même qui sont rentrés au pays avec grades et armes, ont occupé villas et châteaux alors que nos « Lajiine » (les réfugiés) couraient encore pieds nus sous les tentes de fortunes qu’on leur avait offertes aux cloaques des villes.

    Pourtant, je me permets de vous rappeler, et au risque de me répéter, car c’est trop important :
    rien ne doit nous détourner de la vérité, rien ne doit altérer et dénaturer les luttes sincères, rien ne doit nous faire oublier nos martyrs, nos déportés, nos femmes violées, nos enfants brulés vifs et notre histoire.
    C’est exactement ce que cherchent ces traîtres qui veulent confisquer jusqu’à nos cœurs et nos mémoires, déguisés à l’occasion du premier Novembre, ils ne rêvent que de nous voir cracher sur nos révoltes et nos héros.

    Souvenez vous cher compatriote, n’ont ils pas fait des veuves de Chahid des femmes de ménage, à prendre ou à laisser, pendant que leur maîtresses ont été élevées au rang de ladies ?

    Sincèrement,
    ZA




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  • manassi
    1 novembre 2010 at 15 h 37 min - Reply

    CHERE COMPATRIOTE ZINEB
    J’ai lu votre message et des larmes de pleurs coulent sur ma joue a cause de cette INJUSTICE PRATIQUEE PAR LES HAUTES AUTORITES DE MON PAYS que j’ai servi pendant plus de trente ans avec loyauté et malgre avec toutes ces souffrances que j’ai subi pendant la REVOLUTION ALGERIENNE et encore pendant la DECENNIE NOIRE DU TETERRORISME ,je me retrouve prive de mes droits legitimes.
    Ceux qui ont tire sur mon VEHICULE,aujourd’hui sont mieux que moi puisqu’ils ont fait CAMPAGNE ELECTORALE pour MONSIEUR BOUTEFLIKA.
    SI JE ME TAIS,MEME LES PIERRES VONT PARLER A MA PLACE.




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  • On fait…son bilan,sans faire semblant. « Echos libres et Equilibres de Dzayer-Blog
    1 novembre 2010 at 16 h 43 min - Reply

    […] manassi dit : 1 novembre 2010 à 13 h 20 min […]




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  • Arezki Nait Amar
    1 novembre 2010 at 19 h 33 min - Reply

    La fête profite comme d’habitude à la « famille révolutionnaire », qui fera des cérémonies où nous verrons toujours les mêmes dans un rituel morne et sans épaisseur. Ensuite chacun continuera à vaquer à ses occupations jusqu’au prochain événement.
    Le fleuve authentique de la révolution a bel et bien été détourné de son cours par une bande de petits malins, entre autres des fonctionnaires du FLN, des colonels souverains et au faîte de leur puissance et des nantis de la nouvelle bourgeoisie qui n’avaient pour souci que de bâtir des fortunes colossales à l’ombre des lois socialistes pendant que le chômage,les pénuries,la pauvreté et les oppressions constituaient le lot quotidien du peuple algérien.




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  • Liès
    1 novembre 2010 at 20 h 03 min - Reply

    Salutations à toutes et à tous.

    Je suis dans l’allégresse, pour reprendre un mot cher à notre ami @ DB.

    L’Algérie est aujourd’hui fière d’avoir @Sidhoum et @Zineb Azouz.

    Ce qui est sincère et vrai s’impose même aux pierres et touche les cœurs les plus endurcis.

    Mais surtout ça relève les accablés et donne l’espoir aux opprimés et aux meurtris.

    Le commentaire de l’internaute @ Manassi ma tiré des larmes enfouies au plus profond de mon âme.

    Une compassion envers un marginalisé, un oublié, un opprimé, qui lui apportera la consolation et l’espoir vaut mieux pour celui qui la donne, que tous les pouvoirs du monde, tous les trésors et toutes les célébrités.

    Dieu bénira @ Zineb et @ Salah Eddine, les protègera et bénira l’œuvre de leurs mains, et bénira tous celles et ceux qui s’inscrivent dans cette nouvelle dynamique du changement qui prône la Justice, le Droit, la Liberté et a l’Égalité.

    Fraternellement à toutes et à tous.

    Liès Asfour.




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  • Mustapha
    1 novembre 2010 at 23 h 07 min - Reply

    Hé bien pour vous répondre ces festivités profitent à ceux qui ont la fiche de  » Moudjahid » et que meurrent ces dinosaures qui sucent l’Algérie du matin au soir.




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  • MOHAmed
    1 novembre 2010 at 23 h 26 min - Reply

    Bravo pour cet article et à son auteur et au quotidien pour avoir osé le publier , je suis heureux que les choses bougent dans ce pays qui va vers le suicide , de tout cet argent miraculeux qui provient de la rente pétrolière on en reçoit que des miettes.
    Je vous assure que moi retraité et ayant trimé 35 ans de dur labeur , je m’achète un poulet pour une semaine avec une famille à charge , mon cas n’est pas unique , au fait je ne suis nullement venu évoquer un cas personnel ce n’est qu’un éxemple , mais ce qui me chagrine c’est de voir toutes ces banques qui octroient des sommes colossales à des voyoux pour l’achat de véhicule , ça me révolte nous qui avons sué pour cette Algérie
    Vivement le changement et que chacun reprend sa véritable place dans cette foutue société




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  • MOHAmed
    1 novembre 2010 at 23 h 28 min - Reply

    Nous ne pronons qu’une chasse  » la chasse aux voleurs  »
    et place aux propres




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  • Zineb Azouz
    2 novembre 2010 at 0 h 36 min - Reply

    Monsieur Mustapha,
    Même s’ils venaient à mourir, le système perdurerait car les mécanismes de régénération sont prêts et leurs poulains ou leurs cerbères dressés n’attendent que le bon moment pour les remplacer et faire encore mieux que leurs maîtres.

    Changer de personnes ne changera malheureusement rien.

    Cordialement,
    ZA




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  • Zineb Azouz
    2 novembre 2010 at 0 h 57 min - Reply

    Monsieur MOHAmed,
    Votre cas n’est pas unique malheureusement, et ce que vous décrivez fait partie de leurs plans qui consistent à affamer le peuple pour faire de nous des endettés ou des voyous, juste pour être à leur merci.

    Que vous fréquentiez LQA est un honneur pour nous tous et un signe d’espoir.

    Que vous fassiez partie de ceux qui ont trimé plus de 35 ans pour un pays qui ne semble reconnaissant qu’envers ceux qui l’ont pillé et saigné, nous révolte tous et nous chagrine, mais je suis tentée de vous dire de vous estimer malgré tout heureux de ne pas faire partie de ce lot des citoyens fiers de leur réussite matérielle et de leur aliénation mentale.

    Sincèrement,
    ZA




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  • radjef said
    2 novembre 2010 at 11 h 18 min - Reply

    Bonjour tout le monde. @Arezki Nait Amar, bonjour.Notre amie Zineb pose une tres bonne question. Pourquoi le premier n’a profité qu’a une bande de criminels? Pour repondre a cette quetion, il faut que nous soyons courageux et sinceres dans notre engagement politique de tous les jours. On ne peut pas construire notre avenir, notre democratie, etablir notre liberté et restaurer l’Etat de droit avec ses ordres citoyen, intellectuel et politique, si on refuse de regarder en face notre passé. Il ne s’agit ici pour moi de remuer le couteau dans la plaie, mais il faut sortir de cette spirale du mensonge, des sacralismes degradants, de ces faux semblants, de cette complaisance et de ces laches convenances qui ont de nous des sujets et non des citoyens.
    Quels etaient les rapports a l’interieur du pouvoir français a la veille du 1er novembre 1954? Quelles etaient les priorités de la France apres les Accords de Yelta? Pourquoi de Gaulle a été rappelé en urgence et pourquoi dés son retour aux hautes destinées de la France, il a été la cible de plusieurs attentats?…C’est a la lumiere de toutes de ces questions qui embarassent aussi bien Paris et Alger, qu’on pourrait repondre en partie a la question de notre amie Azouz.
    De Gaulle a accepté de recevoir le colonel Si Salah dans son bureau. Pourquoi? Pourquoi la France s’est elle empressée de liquider des colonels(ALN) qui s’etaient rebellé publiquement contre leur hierarchie? Pourquoi l’Eta Mjor voulait il empecher les Accords d’Evian?
    Sans le retablissement de la verité, aucun changement n’est possible. Sans le retablissement de la verité, les militaires ne lacheront pas le pouvoir, il n’y aura pas d’institutions bien etablies au service du citoyen et de la republique. Cessons de glorifier et de sacraliser le mensonge et la resignation. Le 1er novembre 1954 n’est pas une oeuvre divine, c’est même une petite conspiration que les accidents de l’histoire…




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  • MOHAmed
    2 novembre 2010 at 12 h 22 min - Reply

    Bonjour Zineb
    J’en suis conscient de ce que vous avanciez sur votre post à savoir que ce maudit systeme perdurera car la majorité de ce peuple trouve son compte , c’est devenu une société pourrie , ce peuple peinard a trouvé son compte , il faut dire que l’état à trouver la solution miracle à savoir l’octroi du pret , il n’y a qu’à voir nos sâles arteres grouillant de véhicules tous neufs conduits par des adolescents.
    Je ne ferai jamais partie de ceux qui ont sucé ce pays , tout n’est qu’arnaque , des entrepreneurs véreux , nous demandons par l’entremise de cet article courageux à secouer ceux qui ont un brin de fierté de de donner de leur voix pour que cesse le carnage.
    Tout n’est que piston et magouilles , à y penser nous ne méritons pas ce magnifique pays




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  • Ammisaid
    2 novembre 2010 at 13 h 42 min - Reply

    Novembre des vrais martyres !

    Novembre, le mois de la naissance de la liberté
    Le mois du rêve qu’enfin rien nous ne sera imposé
    Novembre ! Novembre ! Novembre !
    Le mois du réveil du courage et de la dignité

    Novembre, le mois des mains qui avaient osé arracher
    Les racines de ceux qui avaient planté 
    Dans notre terre l’arbre que nous n’avions pas choisi
    L’arbre sous lequel nous vivions humiliés et soumis

    Novembre, le mois du courage qui avait germé
    Dans le cœur d’un peuple uni et qui s’était levé
    Pour reprendre par la force ce qui lui a été refusé
    La liberté de vivre la dignité, la solidarité et la fraternité

    Novembre, un mois sacré, un mois ne pas oublier
    Pour ne pas continuer à vivre dans la hogra et l’insécurité
    A cause d’une poignée d’hommes qui refusent de lâcher
    Cette indépendance qu’ils avaient volé et confisqué

    Novembre, ce mois qui fait, maintenant, parti de notre passé
    Doit d’être ressuscité pour honorer ceux qui s’étaient sacrifiés
    Pour que le peuple Algérien ne soit plus obligé de quémander
    Les richesses que sa terre désirent lui donner pour éradiquer la pauvreté

    Novembre n’avait pas échoué
    Il avait atteint le but qu’il s’était fixé
    Il avait, après une lutte acharnée, obtenu
    Que le colonisateur retourne d’où il était venu

    Novembre est un flambeau qui est toujours allumé
    Même si sa belle flamme n’a pas encore trouvé
    Un souffle fort et déterminé pour l’attiser
    Et éclairer notre beau pays dans sa totalité

    Novembre, ne doit pas plus rester voilé
    Par la haine, la ruse, la traitrise et la lâcheté
    De ceux qui n’avaient, nullement, participé
    Au combat quand la mort était partout une réalité

    Novembre est un appel du cœur qui était destiné
    À ceux et à celles qui n’acceptent plus d’être dominés
    Par des hommes qui ne respectent pas notre Algérianité
    Dans toutes ses dimensions et dans toute sa diversité

    Novembre doit, il est temps, d’être débarrassé
    De la saleté de ceux qu’ils avaient détourné
    Pour manger, boire et vivre dans la sécurité
    Pendant que le peuple ne sait plus où se diriger

    Cessez vos divisions et votre fitna pour des futilités
    Cessez vos querelles qui vous maintiennent dans l’obscurité
    Cessez de cultiver ses différences qu’ils vous ont crée
    Cessez de suivre les extrémistes qui cherchent à vous berner

    Unissez-vous, les caporaux seront incapables de vous casser
    Si votre unité sera reposée sur la solidarité et la fraternité
    Si votre lutte ne cherchera que l’intérêt de la majorité
    Et si vous refusez d’user de la violence pour triompher

    Fraternellement  




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  • Zineb Azoz
    3 novembre 2010 at 1 h 51 min - Reply

    Cher Rajef Saïd,
    Encore une fois tu nous laisses sur notre faim, mais tu donnes suffisamment de pistes pour espérer au moins débattre de ce texte :

    L’AFFAIRE SI SALAH : CE QUE JE N’AI PAS DIT
    Par Le général JOUHAUD Chez Fayard P.149 à 152
    L’affaire Si Salah fournirait, s’il en était besoin, la démonstration de la volonté du président de la République de traiter avec le seul G.P.R.A. pour négocier avec lui l’indépendance de l’Algérie, à l’exclusion de toute autre solution.

    Cet épisode fut malheureusement peu ébruité à l’époque, mais on connaît aujourd’hui l’essentiel des tractations qui ont eu lieu entre les autorités françaises et les chefs de la wilaya 4.
    Résumons-les :
    Le 17 mars I960, le colonel Si Salah, par l’intermédiaire du cadi de Médéa, s’informe auprès du gouvernement français des conditions d’un éventuel « cessez-le-feu ».
    C’est une réponse positive à la « paix des braves » offerte par De Gaulle.
    Comment Si Salah, ce guerrier coura¬geux, qui l’année précédente avait participé à la répression sanglante de sa zone, que menaçait la démoralisation de certains chefs, en était-il arrivé, à son tour, à vouloir déposer les armes ?
    Comme ses adjoints et ses hommes, les « djounouds », il se rend compte de la vanité des buts que poursuivent, à l’extérieur, les chefs rebelles. L’amertume dans les djebels est grande. Les coups portés par l’armée française ont réduit le potentiel militaire des « hors-la-loi ». Les cadres qui combattent se sentent abandonnés par les politiques de Tunis, qui paraissent dominés par leurs ambitions. Le soutien logistique ne franchit plus les frontières. La population musulmane ne ravitaille plus les maquis, renseigne même les forces françaises.
    Que faire, sinon reconnaître l’inanité de la lutte ? Il faut donc traiter, mais dans l’honneur. Il ne s’agit pas de tourner les fusils contre les frères d’armes, comme l’a fait Bellounis, mais au contraire il faut rallier le maximum de wilayas à seule fin d’arrêter un combat sans issue et de participer à la construction généreuse d’une Algérie nouvelle, fraternelle, telle que semble l’envisager De Gaulle.
    C’est donc à ce dernier que s’adresse Si Salah pour engager des négociations.
    Le général De Gaulle ne peut balayer d’un revers de main les propositions de la wilaya 4. Il peut toutefois les faire avorter. L’action qu’il mènera se traduira par un échec, dû à une maladresse insigne ou à une volonté délibérée de ne pas aboutir.
    Qu’on en juge.
    Les rebelles veulent donc traiter directement avec De Gaulle, qui désigne, pour engager les contacts, le colonel Mathon, du cabinet de Debré, et son homme de confiance, Bernard Tricot. Je ne saurais douter de la probité intellectuelle de ce dernier. Mais, pour profiter de la rupture entre les organisations intérieure et extérieure rebelles, la désignation de ce grand commis de l’État était-elle vraiment opportune ?
    C’est un technocrate qui, dans la solitude de son bureau élyséen, ne croit qu’à l’émancipation de l’Algérie. Les seuls interlocuteurs valables, à ses yeux, sont les dirigeants de Tunis. Aussi lorsque, dira-t-il, intervient « cette affaire extraordinaire : toute une wilaya, semble-t-il, veut négocier pour un cessez-le-feu partiel », il est sceptique, car ce n’était pas du tout dans ses projets. Pour lui, l’essentiel est la négociation avec le F.L.N.
    Il faut tout de même discuter avec Si Salah, car, « dans la mesure où il y aurait eu avec la wilaya 4 des négociations qui auraient avancé, qui auraient donné au G.P.R.A. le sentiment qu’il fallait mettre fin au conflit parce que ses troupes ne suivaient pas, ce devait être un adjuvant pour ces négociations avec le F.L.N. ». (Laurent THEISS, Philippe RATTE, op. cit)
    Ainsi, pour Bernard Tricot, la négociation politique et la reddition militaire sont liées : une reddition militaire obtenue sans consultation du G.P.R.A. ne risquerait-elle pas de faire échouer l’accord à conclure avec le F.L.N. ?
    Or. pour l’Elysée, cet accord est indispensable à la paix en Algérie.
    A Tunis, le G.P.R.A. ne peut s’éloigner de deux impératifs : préserver l’autorité de l’exécutif et ne rien concéder à la paix sans que l’avenir politique ne soit au préalable assuré. La menace que pourra faire planer le gouvernement français, avec la « paix des braves », incitera Tunis à reprendre ses chefs en main pour déjouer la reddition. On n’ignore pas à Paris le sang qui coule lors de chaque purge. C’est une grave menace pour les chefs de la wilaya 4, dont l’Elysée ne tiendra pas compte.
    Le 10 juin 1960, le président de la République reçoit, à l’Elysée, trois chefs rebelles. Qui sont-ils ? Si Salah, le chef de la wilaya 4, le commandant Mohammed, un « dur » qui s’est distingué par sa cruauté dans les purges antérieures, et le responsable politique Lakhdar. Entre temps, ces trois hommes ont pris des contacts avec d’autres chefs de wilayas. Ils tiennent pour certain que les armes seront déposées dans une région allant de l’Ouarsenis à la Grande Kabylie et de la côte à l’Atlas saharien. La contagion gagnant, sans doute peut-on espérer assurer la paix dans toute l’Oranie, l’Algérois et la Grande Kabylie.
    L’opération est inespérée. Que se dirent De Gaulle et ses visiteurs ? On l’ignore, mais on sait que le chef de l’État reçut ses interlocuteurs avec hauteur ; il refusera même de leur serrer la main à la fin de l’entretien. Ce n’est pas dans les traditions françaises. Lorsque Abdel-Kader fit sa soumission, les honneurs militaires lui furent rendus par le colonel de Montauban. Il était d’usage dans l’armée d’Afrique de saluer le courage des vaincus. L’attitude de De Gaulle froissa Si Salah. En outre, ce dernier, qui ne veut pas passer pour un traître, demande à s’entretenir avec un chef historique, Ben Bella, pour le mettre au courant de la situation critique des wilayas et de l’impossibilité de continuer la lutte à l’intérieur de l’Algérie. Obtenir l’aval de Ben Bella est pour lui indispensable sur le plan moral ; cet accord enlèvera tout scrupule aux chefs des wilayas qui seraient encore hésitants. L’autorisation de se rendre au château d’Aulnoye lui est pourtant refusée.
    Le 14 juin, De Gaulle, dans une allocution télévisée, se tourne vers les dirigeants de l’insurrection. Il leur déclare les attendre « pour trouver avec eux une fin honorable aux combats qui traînent encore, régler la destination des armes, assurer le sort des combattants. Après quoi, tout sera fait pour que le peuple algérien ait la parole dans l’apaisement. La décision ne sera que la sienne »…
    Ce discours sonne comme un glas au cœur des chefs de la wilaya 4. Que vont répondre, aujourd’hui, à leurs sollicitations les autres rebelles puisque c’est avec Tunis que De Gaulle a décidé de traiter ? Se sentiront-ils le droit de compromettre les négociations politico-militaires entre les gouvernements français et algérien ? S’ils persistent dans leurs intentions, n’auront-ils pas trahi la cause qu’ils défendent ? L’erreur tactique de De Gaulle, si toutefois elle n’a pas été volontaire, lui fera perdre la partie tant auprès du G.P.R.A. que des chefs luttant à l’intérieur de l’Algérie.
    Pour le président de la République, ce ralliement de wilayas entrait dans le cadre de ces « péripéties » qui n’étaient pas de nature à résoudre le problème, du moins tel qu’il le concevait. Si Salah et le capitaine Lakhdar paieront de leur vie leur initiative. Le commandant Mohammed, ayant compris que l’opération projetée ne pouvait plus qu’échouer, n’hésita pas à châtier ses anciens compagnons.
    Jamais la France n’était passée aussi près de la victoire.
    Supposons un instant que l’initiative prise par Si Salah ait été couronnée de succès. Le cessez-le-feu serait intervenu dans la plus grande partie, sinon dans la totalité de l’Algérie.
    De Gaulle aurait-il encore pu parler d’indépendance, traiter avec le G.P.R.A. ?
    Comment concilier cette politique avec l’humiliation que subirait l’armée, mise en demeure de brader un territoire français, alors que l’ennemi venait de capituler ?
    C’est pourquoi De Gaulle ne pouvait, en raison des buts politiques poursuivis, accepter les propositions de soumission de Si Salah.
    Des succès non décisifs de nos troupes lui suffisaient pour modérer tout complexe de supériorité de nos soldats et pour le faire apparaître, aux yeux de l’histoire, comme le souverain magnanime, accordant généreusement l’indépendance à des sujets révoltés.
    « L’ex-général De Gaulle de Londres » restait peut-être également persuadé de la légitimité des gouvernements en exil qui, seuls, représentaient valablement leurs compatriotes. C’était avec les responsables de l’extérieur qu’il fallait traiter.
    C’est pourquoi Si Salah, en s’adressant à De Gaulle, avait signé son arrêt de mort. Général JOUHAUD




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  • Arezki Nait Amar
    3 novembre 2010 at 11 h 56 min - Reply

    Chère soeur Zineb Azzouz,cher frère Said Radjef

    Comme je me pose les mêmes questions que vous,j’ai entamé alors des recherches sur l’histoire de notre pays principalement sur la période obscure 1954-1962. L’historien contemporain français,Gilbert Meynier,est un spécialiste de cette période et il a écrit un livre très riche et détaillé dont le titre est  » Histoire intérieure du FLN 1954-1962″.Je vous livre un extrait,pages 425 à 430,où il nous renseigne sur l’affaire Si Salah .Pour extraire le bon grain de l’ivraie,je prends toujours la précaution de varier les sources dans mes recherches.

    L’AFFAIRE SI SALAH (1960)

    Par Gilbert Meynier : Histoire intérieure du FLN 1954-1962 pp. 425 à 430

    De plusieurs sources, il est avéré que le discours gaullien du 16 septembre 1959 avait fait de l’impression chez les junud et

    dans la population algérienne. Les Français répandirent une multitude de tracts disant que la lutte était désormais inutile.

    La lassitude et la cruauté de la guerre aidant, la proposition d’autodétermination fit le lit d’un accueil favorable aux

    tentatives de paix séparée, telle celle qu’entreprit le conseil de la wilâya 4.

    Depuis la mort de Si M’hamed, en mai 1959, la wilâya était sous la direction du commandant Si/Salah (Mohammed Zamoum, 32

    ans). Fils d’un instituteur kabyle, Salah venait du M.T.L.D. C’était un ancien de l’O.S., le type de militant combattant tel

    que la 4 et la 2 en avaient eu à leur tête. Ce fut son frère puiné Ali qui tourna, dans leur village natal d’lghil lmoula, la

    proclamation du 1er novembre sur une ronéo. Salah avait été célébré par la direction du F.L.N. comme le prototype du

    maquisard, valeureux et pur. Sensible, scrupuleux, pondéré, de santé fragile, grand et mince, Salah avait cependant fait

    partie du C.I.S.C.E. ; suivant à la lettre les consignes de Si M’hamed, il avait réclamé des purges en W6 pour punir

    l’assassinat du colonel Tayeb Djoghlali et cosigné un gros rapport sur les purges en W4 avec le commandant Si Mohammed

    (Djilali Bounaama).

    Ce dernier (34 ans), originaire de Bordj Bounaama/Molière, dans l’Ouarsenis, ancien ossiste, organisateur né, était plus

    carré, plus robuste, plus dynamique, plus brutal, et il avait facilité la promotion de Hassan/ Youssef Khatib pour orchestrer

    l’épuration à la tête de la C.I.S.C.E. Parmi les principaux protagonistes, il y avait aussi le capitaine Lakhdar Bouchemaa

    (29 ans), ancien employé des P.T.T., originaire de Cherchell où il était allié aux familles notables de la ville. Davantage

    en rondeurs que ses collègues, calme, réservé, il était l’intellectuel du comité de wilâya. Adoré de ses subordonnés, menant

    une vie exemplaire, il avait été l’enfant chéri du colonel Si M’hamed. C’était un vrai politique, musulman animé d’une

    conception ouverte de l’islam, et anticommuniste parce qu’il imaginait que le G.P.R.A. était noyauté par les communistes. Il

    fut l’aile marchante de ce que l’on appela (( l’affaire Si Salah « . Autre intellectuel, ancien zaytûnien -le seul du comité

    de wilâya à avoir eu une sérieuse culture arabe, le capitaine Halim (Hamdi Benyahia, 28 ans), (originaire du Sud-Algérois

    (Sidi Aïssa), était un chef de valeur, qui était devenu capitaine sans gravir la hiérarchie tant ses capacités l’avaient

    imposé sans difficulté. Enfin le capitaine Si Abdellatif (Othmane Mohammed Telba), d’une famille ulalâ-, très dynamique, chef

    hors pair très aimé de ses hommes, venait du fameux commando Ali Khodja.

    En janvier 1960, un conseil de wilâya historique se tint dans le Mongorno, présidé par Salah. Il prit plusieurs décisions –

    dont l’autorisation de fumer et la résolution de ne plus pratiquer de rétorsions contre la W6 – et il nomma à leurs postes

    respectifs les officiers qu’on vient de présenter. Le constat fut unanime:  » Le peuple a trop souffert […] le peuple est en

    voie de nous abandonner.  » Ce fut à qui fulminerait le mieux contre le G.P.R.A. et les planqués de l’Extérieur qui avaient

    abandonné les combattants à leur triste sort. Fut commenté amèrement le mutisme opposé par le G.P.R.A. aux appels au secours

    et, avec colère, un message qu’il aurait envoyé:  » Vous avez commencé la guerre à l’arme blanche, finissez-la avec l’arme

    blanche.  » Lakhdar fit approuver un projet de congrès intérieur. L’idée qu’il pourrait désigner des parlementaires chargés de

    rencontrer les autorités françaises fut lancée. Des contacts avec les autres wilâya(s) furent prévus. Dès lors, toute la

    littérature de la wilâya allait accentuer l’orientation du conseil du Mongorno vers la rupture avec l’extérieur. En mars

    1960, un rapport du commandant Lakhdar sur la W4 stigmatisait  » l’organisme suprême de la Révolution [qui] était devenu un

    ramassis d’aventuriers, d’ambitieux ignares qui profitaient de notre combat, qui n’hésitaient pas devant l’assassinat,

    l’enlèvement, la corruption, le chantage, pour assouvir leur désir de domination, pour se fabriquer une personnalité « . Les

    vieux griefs contre  » Boumediene le voleur d’armes  » resurgirent à propos d’un contingent de 17 000 armes promises à la 4 et

    qui auraient été accaparées par la 5 et l’armée des frontières du Maroc. Ses  » complices du G.P.R.A. « , Krim et Oussedik,

    n’étaient pas mieux arrangés; avec Boussouf, ils étaient traités de  » monstres criminels  » qui ne promettaient aux Algériens,

    pour le jour de l’indépendance, qu’  » une liberté illusoire, une indépendance aliénée « .  » La force considérable, les

    méthodes inhumaines de l’armée française ont fait moins de mal à l’A.L.N. que les traîtres de l’Extérieur en une année de

    gestion désastreuse. A ce titre, ces individus méritent la mort et l’indignité nationale […]. Pour le moment, le Peuple

    algérien martyre [sic] lutte seul contre la plus grande puissance coloniale et chrétienne de ce monde […] non seulement

    pour sa liberté, mais aussi pour l’honneur des peuples arabes, africains, pour le renouveau de l’Islam, donnant une leçon aux

    moudjahiddines de salon, aux clampions des banquets et des réceptions. Nous ne voulons plus que notre million de martyrs

    serve de slogan publicitaire […] face à la trahison interne, externe, les chefs actuels ont toujours été à la pointe des

    combats […], en connaissance de cause et en qualité de responsables des combattants, il ne nous est plus permis de laisser

    mourir un seul Algérien de plus. Dans l’intérêt supérieur du peuple et de l’Armée de Libération, il est urgent de cesser le

    combat militaire pour entrer dans la bataille politique.  »

    Ces sentences du commandant Lakhdar Bouchemaa peuvent-elles être considérées comme représentatives de l’ambiance des maquis

    en 1960 ? Dans le contexte de 1959-60, les espoirs placés en de Gaulle, vu comme un homme d’honneur, de pouvoir faire cesser

    le calvaire des maquisards par l’application de la paix des braves expliquent les démarches de Si Salah. Et aussi la

    perspective d’une Algérie algérienne coopérant avec la France, qui aurait, en 1954, constitué une base de négociations avec

    les nationalistes algériens si elle avait été proposée. L’ entreprise de Salah et de ses collègues était donc aussi

    politique, sans doute proche d’une voie progressive à la Bourguiba que les blocages français et l’option consécutive du tout

    militaire prise par le F.L.N. avaient interdite. Mais, en 1960, elle ne pouvait pas ne pas être vue par le G.P.R.A. comme une

    tentative fractionnelle.

    Les officiers de la 4 abandonnèrent le  » plan 1  » (constitution d’un front intérieur des combattants pour renverser le

    G.P.RA.) parce qu’ils avaient peur de n’être pas suivis dans la 1 et dans la 6 où existaient nombre d’  » hommes de paille du

    G.P.R.A.  » et de s’y faire égorger s’ils s’y aventuraient avec leurs propositions de coup d’Etat. Ils se rabattirent sur le  »

    plan 2  » qui envisageait clairement une paix séparée par-dessus la tête du G.P.R.A. Salah était partisan d’un front intérieur

    pour amener par contrainte l’Extérieur à traiter avec la France. Lakhdar, Halirn et Abdellatif voulaient un front intérieur,

    mais sans se soucier de l’Extérieur, et un avenir sous le signe de  » l’Algérie algérienne coopérant avec la France « , un des

    trois termes de l’alternative gaullienne du 16 septembre 1959. Salah, lui, dut traîner les pieds et, d’après le témoignage du

    capitaine Lyès, ses trois collègues auraient résolu son arrestation s’il ne voulait pas les suivre. Quant à Si Mohammed,

    d’après la même source, il  » se sentit seul […]. Il fut contraint de les suivre vers de Gaulle « .

    Des contacts informels et secrets furent pris par Salah à la mi-février dans l’Ouarsenis chez le bachagha Boualam avec le

    colonel Fournier-Foch. Il n’en sortit rien, mais ils furent le prélude à d’autres abouchements, par l’intermédiaire du cadi

    de Medea, Marighi, avec la préfecture du Titteri où furent dépêchés des envoyés de Paris – Bernard Tricot et le colonel

    Mathon. Les milieux militaires français d’Algérie croyaient tenir avec Salah et « ceux qui se battent  » le fil qui allait

    dépelotonner le F.L.N. Aussi insistèrent-ils pour que les conversations débouchent sur des entrevues de haut niveau. Fin mai,

    un accord de principe sur les conditions de la paix des braves appliquée à la W4 fut élaboré: dépôt des armes, élargissement

    de nombreux prisonniers, cessez-le-feu, amnistie.

    Pendant qu’avaient lieu ces conciliabules, la wilâya 4 se remettait difficilement du choc de l’offensive Challe. L’effet sur

    le moral des troupes et de leurs chefs avait été funeste. Le désarroi s’était installé, quand ce n’avait pas été le

    désespoir. Tout comme naguère chez Amirouche, le ressentiment s’était aiguisé contre la direction de l’Extérieur accusée de

    laisser l’Intérieur à l’abandon. Le 15 avril, Salah s’adressait au G.P.R.A. :  » Puisqu’il semble définitivement établi que

    nous n’entretiendrons entre nous qu’un langage de sourds, nous nous permettrons de vous envoyer ce dernier message […].

    Vous avez interrompu radicalement tout acheminement de compagnies et de matériel de guerre depuis 1958 […]. Vous avez de

    tous temps méconnu la situation du peuple et de l’A.L.N. Vous êtes enlisés dans la bureaucratie. Nous ne pouvons plus en

    aucune manière assister les bras croisés à l’anéantissement progressif de notre chère A.L.N.  » Fin mai, la W4 avait fortement

    ralenti les opérations militaires. Des ouvertures en direction de la wilâya 3 furent tentées. Mohand Ou I Hadj se serait

    déclaré d’accord en tout avec l’entreprise de Salah et de ses amis. Mais, par prudence, il ne s’y aventura pas trop

    ouvertement: il voulait observer l’évolution avant de s’engager.

    Les contacts avec les Français débouchèrent sur le transfert de Salah, Lakhdar et Mohammed en France, et sur une entrevue

    avec de Gaulle le 10 juin à l’Elysée. De Gaulle parla de l’autodétermination et de l’arrêt des combats, pour lui préalable à

    son exercice. Chez les Algériens Lakhdar eut le râle principal. Il se serait déclaré prêt à créer  » un parti nationaliste

    modéré « . Il assura que les Algériens souhaitaient une large coopération avec la France, mais il représenta qu’il serait très

    difficile de faire rendre leurs armes aux junud. Mohammed parla de leurs souffrances; il s’inquiéta du sort des invalides et

    des victimes des opérations militaires; il demanda la suppression des autodéfenses et des unités de harkî(s).

    Le président français fut d’accord pour laisser les gens de la 4 aller dans la 3 et contacter la I et la 2 pour les rallier

    au processus de cessez-le-feu. Mais il s’opposa à un voyage à Tunis pour rencontrer le G.P.R.A., ainsi qu’à une entrevue avec

    les chefs historiques ministres. Il fut cependant d’accord avec la transmission d’une lettre qui ferait pression sur le

    G.P.R.A. en vue d’un cessez-le-feu. Mais rien de concret ne sortit de l’entrevue de l’Elysée, sinon que le processus engagé

    allait se poursuivre par des contacts avec la W3. De Gaulle annonça aux trois Algériens que d’ici peu il ferait appel au G .P

    .R.A. pour lui proposer un appel au cessez-le-feu. Manifestement, de Gaulle ne mettait pas tous ses œufs dans le même panier.

    Le 14 juin, ce fut le discours de la  » marine à voile  » et, le 25, les premières prises de contact de Melun entre la France

    et le G.P.R.A. Selon certains auteurs français, le G.P.R.A. fut au courant des tractations : des membres de l’entourage de De

    Gaulle – notamment Edmond Michelet – étaient en effet en relations avec Krim. Cela pourrait expliquer pourquoi, dès le 15

    avril, le gouvernement algérien donna pour mission au commandant Bencherif d’aller rejoindre la wilâya 4 pour y enquêter et

    prendre les mesures d’ordre qui s’imposeraient Après une première tentative infructueuse de passage du barrage

    algéro-tunisien, une seconde, plus méridionale, réussit, même si nombre d’accompagnateurs du commandant trouvèrent la mort

    dans le franchissement. Après plusieurs mois d’une difficile traversés de zones secouées par l’offensive Challe, Bencherif

    arriva en août au P.C. de la W4.

    Le G.P.R.A. fut-il informé de la rencontre de l’Elysée? S’il le fut, il n’en accepta pas moins, peu après, l’entrevue de

    Melun. Décidée à sévir pour faire rentrer les rebelles dans le rang, la direction avait cependant compris que, ayant vu les

    émissaires de la W4, de Gaulle ouvrait les pourparlers avec le G.P.R.A., et avec personne d’autre.

    En Algérie, au retour des émissaires de la 4, Salah se rendit en Kabylie pour entraîner la 3 dans le processus de paix des

    braves. Plus que jamais, Mohand Ou l Hadj, en butte à des oppositions chez tels de ses subordonnés, resta prudent et éluda

    ses propositions. Dans la 4 elle-même, des oppositions violentes s’élevèrent de la part des responsables de

    Lakhdaria/Palestro et de Sour El Ghozlane/Aumale. Un mouvement de purge fut déclenché qui décima à nouveau les cadres de la

    wilâya. Aux confins algéro-oranais, la sinistre C.I.S.C.E. redoubla d’activité. En vérité, si l’on suit la chronologie, les

    purges semblent bien avoir commencé dès la fin mai, notamment sous la supervision du commandant Hassan/Youssef Khatib,

    surtout dans l’Ouarsenis – mintaqa(s) 431 et 432. Les services français dressèrent la liste de 35 exécutions

    vraisemblablement faites début juin. Ce qui peut signifier deux choses: soit que se poursuivait un processus de purges déjà

    engagé auparavant, soit que Mohammed ait joué double jeu et qu’il ait prescrit, à l’insu de Si Salah, d’enclencher les purges

    pendant qu’il était à Paris avec Lakhdar et Salah. Mohammed retint la version de l’indignation et de la palinodie patriotique

    qui le lavait d’avoir été entraîné dans l’aventure élyséenne. Il ressentit avoir été doublé par le comité de wilâya qui avait

    agi sans lui demander son avis. Il prit mal, notamment, une lettre au Monde dans laquelle Lakhdar et Salah annonçaient que la

    wilâya 4 n’entreprendrait plus d’actions terroristes. Il plaida avoir toujours milité pour rester en accord avec le G.P.R.A.

    Mohammed devint donc l’homme privilégié de la direction dans la 4.

    Le 14 juillet 1960, Mohammed procéda à la dissolution du comité de wilâya et nomma un  » Comité militaire de coopération et

    d’exécution  » dirigé par lui, et qui ne contenait, de l’ancien conseil de wilaya, que le capitaine Abdellatif. Le C.M.C.E.

    engagea les junud et les cadres à la vigilance pour  » enrayer la trahison « . Le commandement de la W4 revint au commandant

    Mohammed. Le 22, Mohammed fit exécuter Lakhdar qui revenait d’une visite chez le cadi Marighi.

    A son retour de Kabylie, Si Salah fut mis en état d’arrestation et maintenu sous surveillance au sein de sa wilâya. Bref, le

    commandant Mohammed remit rapidement de l’ordre dans la 4, au prix de purges supplémentaires que coiffa notamment son adjoint

    Hassan. Mohand Ou l Hadj se disculpa en expliquant qu’il avait toujours cherché à circonvenir les  » visées criminelles

    importées  » dans la 3 par la 4, mais qu’il avait réussi à  » détourner de la trahison les gens de la wilaya 3 qui étaient

    tentés par l’aventure de Salah « 1&1.Arrivé à point nommé en W4, Bencherif, envoyé par le G.P.R.A., renforça Mohammed dans sa

    détermination. Le 11 août, il fit exécuter Abdellatif. Fin septembre ou début octobre, Halim fut jugé par un tribunal dont le

    président était le capitaine Lyès, le procureur Bencherif et l’avocat… le commandant Mohammed. Il fut condamné à mort et

    exécuté. Après la capture de Bencherif par l’armée française, Mohammed fut maître du terrain. Avec son activité débordante,

    il réorganisa et mit au pas la 4 en relations suivies avec un E.M.G. qui aimait le dispensateurs d’ordre.

    Ordre fut donné d’acheminer Si Salah par petites étapes en direction de Tunis. Il fut finalement tué dans une embuscade

    française le 20 juillet 1961, près de M’Cheddallah, sur le flanc sud du Djurdjura. Mohammed ne lui survécut que de peu: sans

    doute dénoncé, et cerné dans une maison de Blida par un commando du 11e choc, il fut abattu le 8 août par l’armée française.

    On sait que l’armée française avait des ordres pour abattre tout spécialement le commandant Mohammed. Et il n’est pas

    impossible que, miné par le remords d’avoir tué Lakhdar Bouchemaa, il se soit proprement suicidé en venant en ville se jeter

    dans la gueule du loup.

    Bencherif avait été capturé en octobre par les Français. La moindre ironie de l’épilogue Salah ne fut pas l’envoi par le

    futur chef de la gendarmerie de l’Algérie indépendante d’un long télégramme à Ferhat Abbas qui lui fut manifestement soutiré

    par les Français, et où il reprenait les traces de Salah :  » Vous demande une dernière fois de reprendre immédiatement les

    négociations avec le gouvernement français afin de trouver une solution rapide au drame algérien […]. Comme wilaya pilote,

    la wilaya 4 se chargera de constituer un organisme suprême à l’intérieur du territoire national qui se chargera de discuter

    avec le général de Gaulle sur l’avenir de l’Algérie.  » Antérieurement condamné à mort par la France pour sa désertion,

    Bencherif nefut pas exécuté. Il fut transféré en France où il resta en détention jusqu’à 1962.

    Pour en revenir à l’affaire Si Salah, il semble bien que de Gaulle n’ait pas vraiment voulu un cessez-le-feu séparé avec les

    wilâya(s) comme le voulaient les partisans de l’Algérie française, et qu’il n’ait conçu l’entrevue du 10 juin que comme un

    moyen de pression sur le G.P.R.A. dans la négociation. .Au demeurant, un de Gaulle, ancien chef d’un gouvernement en exil

    ayant dû se colleter avec sa résistance intérieure, était-il prêt à faire fond sur la résistance intérieure algérienne contre

    le gouvernement algérien en exil? Chez de Gaulle, il y avait des choses avec lesquelles on ne plaisante pas. Le pouvoir

    légitime était de celles-là. Et pour lui, à l’été 1960, le G.P.R.A. était déjà en passe d’être perçu comme légitime. De leur

    côté, Salah et ses partisans voulaient bien un cessez-le-feu mais ils eurent plus ou moins scrupule à le décréter sans l’aval

    de la direction – histo- riques/ministres emprisonnés et G.P.R.A.

    Le G.P.R.A avait senti passer le vent du boulet: il craignit un temps que la menace d’une paix séparée avec les combattants

    ne se concrétisât. En fait, la rapidité de la reprise en main de la 4 le fortifia face à la France. Malgré l’échec de Melun,

    à l’été 1960, le F.L.N. savait qu’il était désormais de fait l’interlocuteur unique de De Gaulle. Les menaces de discuter

    avec  » d’autres tendances  » -les messalistes ou le F.A.A.D. fantoche – ne furent jamais brandies avec conviction. A la

    direction du F.L.N., les déclarations maximalistes de l’époque, le discours de la guerre à outrance, les voyages en Chine, la

    publicité donnée au projet jamais réalisé de brigades internationales… étaient de bonne guerre pour amener l’interlocuteur

    à composer. Ils ne remettaient en rien en cause l’option politique amorcée. Mais l’affaire Salah avait démontré l’épuisement

    et l’impression d’abandon de l’Intérieur face à une direction extérieure accusée de tous les maux. La direction extérieure ne

    fut pourtant pas la seule à maltraiter les junud et les cadres. Les campagnes sanglantes d’épurations dénommées  » purges « ,

    aussi, pesèrent leur poids dans le martyrologe des maquis.

    Gilbert Meynier

    Histoire intérieure du FLN

    LE MONDE – Lundi 2 décembre 2002

    Préfaçant l’Histoire intérieure du FLN de Gilbert Meynier, Mohammed Harbi écrit que ce livre, « anatomie du FLN, acteur mais

    aussi produit travaillé dans ses profondeurs par un idéal communautaire », fera date. Il dit là l’essentiel.

    Issu d’un parti politique, le « Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques » de Messali Hadj, le FLN (Front de

    libération nationale) pratiqua le « meurtre du père », au sens symbolique du terme, même s’il ne peut l’accomplir sur la

    personne de Messali comme l’ordre en avait été donné.

    L’énorme livre de Meynier se lit avec passion, d’abord par ceux qui ont vécu ces années 1954-1962 et réfléchi à leur propos,

    et qui se soucient de l’Algérie actuelle, mais aussi – il faut l’espérer – par tous ceux qui aiment le travail animé par la

    passion de la vérité et de l’explication.

    Meynier est un homme qui avait 20 ans lors de l’indépendance. Il trouvait le combat des Algériens justifié, mais il a voulu

    s’informer sur place. Il a appris la langue, classique et populaire, a enseigné à Constantine et visité de nombreux pays

    arabes, enfin a consacré sa thèse à l’Algérie pendant la Grande Guerre (L’Algérie révélée, Droz, 1981). Pour écrire sa somme,

    il a disposé non des archives directes du FLN, qui lui ont été refusées, mais des richesses accumulées par Harbi, et des

    énormes dossiers du service historique de l’armée de terre, à Vincennes. Le FLN était très écrivassier, en arabe et en

    français, et l’armée française a beaucoup saisi, beaucoup recueilli, y compris sur ses propres crimes.

    A lire Meynier, le FLN a été à la fois un instrument de libération, face à une société coloniale extrêmement tyrannique, et

    une structure d’oppression, un contre-Etat, au sens où le Parti communiste était, selon la formule d’Annie Kriegel, une

    contre-société. Le FLN n’était pas l’Algérie tout entière ; ses fondateurs étaient des petits notables ruraux qui

    considéraient qu’ils avaient vocation à représenter seuls l’Algérie nationaliste et communautaire.

    Une société militaire

    Autre trait marquant, l’Algérie n’a jamais été française. Sauf sans doute en Oranie, l’Algérie ne fut pas une société où

    l’élément européen aurait fusionné avec l’élément « arabe » ou « berbère ». La « nation en formation »,dont parlait Thorez en 1939,

    était une pure illusion. La nation se forgeait contre la société qui l’opprimait. Certes, au sein même du FLN, a existé le

    rêve d’une Algérie plurielle. C’est pour cela que s’est battu un homme comme Harbi, pour cette idée que sont morts des hommes

    comme Maurice Audin, Fernand Iveton ou Pierre Popie. Mais, dans ses profondeurs, le FLN se voulait arabo-musulman. Une façon

    codée de dire que tel ou tel s’était rallié était d’affirmer qu’il « faisait maintenant ses prières ».

    Ce contre-Etat était aussi une société militaire. Il en a existé d’autres dans le tiers-monde, à commencer par l’Egypte de

    Nasser. L’Algérie a été longtemps administrée par l’armée française, qui a utilisé nombre de sous-officiers, devenus plus

    tard des dirigeants de l’armée et du pays.

    S’il y avait des bourgeois algériens, il n’y avait pas de bourgeoisie, puisque les Européens en tenaient lieu. Les cadres du

    FLN ont été l’embryon d’une caste bureaucratique. L’année cruciale dans ce domaine est sans aucun doute 1957, et pas

    seulement à cause de la répression d’Alger qui vit l’armée française prendre le contrôle de la ville et peu à peu de tout le

    pays. Août 1957, c’est le mois du Congrès de la Soummam. Ramdane Abbane y fait affirmer, déclenchant la fureur de Ben Bella,

    la primauté du politique sur le militaire, et plaide lui aussi, à sa façon jacobine, pour une Algérie plurielle. Mais il ne

    remporte qu’une victoire à la Pyrrhus ; exilé à son tour, il est irrémédiablement battu par le trio des colonels de

    l’extérieur, Belkacem Krim, Lakhdar Ben Tobbal et Abdelhafid Boussouf, lequel l’étranglera en décembre à Tétouan, en digne

    pendant du commandant Aussaresses.

    Si le printemps 1957 a vu le sommet de la puissance militaire de l’ALN (Armée de libération nationale), la situation commence

    à se retourner à la fin de l’année et plus encore en 1958-1959, avec les offensives Challe qui brisent l’armée de

    l’intérieur. Ce ne fut pas sans d’insignes brutalités ; il est cependant juste de dire que l’ALN pratiqua aussi le crime de

    guerre, le massacre et l’épuration sauvage. Le massacre de Mechta Casbah (Melouza) est resté célèbre, mais que dire des

    purges d’Amirouche en 1958, suscitées par les services secrets français ? Que dire aussi de la « nuit rouge » du 13 avril 1956,

    à Ifraten, qui fit des centaines de victimes ?

    Gilbert Meynier n’a adopté la chronologie que pour la première partie (1830-1954), et pour la septième et dernière, qui

    raconte l’implosion du FLN en 1962, après la victoire politique et sous les coups de boutoir de l’armée de l’extérieur. « Sept

    ans, c’est assez ! », criait le peuple d’Alger, en vain. Pour le reste, l’essai adopte une composition annulaire, prenant en

    charge l’ensemble de la période.

    Ce livre, admirable, servira longtemps de référence.

    Pierre Vidal-Naquet

    Histoire intérieure du FLN, de Gilbert Meynier. Fayard, 812 p.

    Gilbert Meynier est un historien français né en 1942 à Lyon. Il est actuellement professeur émérite à l’Université Nancy II depuis 2002. C’est un spécialiste de l’histoire de l’Algérie sous la domination française.

    Ouvrages

    L’Algérie révélée, la première guerre mondiale et le premier quart du XXe siècle, Genève, Droz, 1981.
    En collaboration avec Claude Liauzu, Sgroï-Dufresne Maria et Signoles Pierre, Enjeux urbains au Maghreb, Paris, L’Harmattan, 1985.
    En collaboration avec Koulakssis Ahmed, L’Émir Khaled, premier za’îm ?, Paris, L’Harmattan, 1987.
    En collaboration avec Charles-Robert Ageron, Thobie Jacques et Coquery-Vidrovitch Catherine, Histoire de la France coloniale, vol. 2, Paris, Armand Colin, 1990 (réédition Press Pocket 1996).
    En collaboration avec Planche Jean-Louis (dir.), Intelligentsias francisées ( ?) au Maghreb colonial, Cahiers du GREMAMO, Université Denis Diderot-Paris 7, Paris, 1990.
    En collaboration avec Maurizio Russo (dir.), L’Europe et la Méditerranée, Paris, L’Harmattan/Confluences Méditerranée, 1999.
    L’Algérie contemporaine. Bilans et solutions pour sortir de la crise, G. Meynier (dir.), Paris, L’Harmattan/Le Forum IRTS de Lorraine, 2000.
    Histoire intérieure du FLN, Paris, Fayard, 2002.
    En collaboration avec Mohammed Harbi, Le FLN, documents et histoire 1954-1962, Paris, Fayard, 2004.
    Algérie dans l’histoire pour ceux de là-bas et d’ici, du Néolithique à nos jours, vol. 1 : Du Néolithique à l’avènement de l’Islam, Paris, Éditions Bouchène (à paraître).
    L’Algérie des origines :De la préhistoire à l’avènement de l’Islam, Paris, La découverte, 2007
    L’Algérie, coeur du Maghreb classique. De l’ouverture islamo-arabe au repli (698-1518), Paris, La Découverte, 2010.

    Cordialement.




    0
  • algerie
    3 novembre 2010 at 12 h 49 min - Reply

    vous semblez dire que de Gaulle que nous a offert l’indépendance, sachez que c’est du temps où gouvernait de Gaulle qu’une répression sanglante frappait le peuple algérien
    c’est par les coups des « fellaghas » que de Gaulle a compris qu’il n’y avait aucune issue à leur occupation.




    0
  • El Menfi
    3 novembre 2010 at 21 h 25 min - Reply

    Je n’ai malheureusement pas souvent l’occasion de lire LQA, mais c’est toujours un plaisir et un moment d’espoir

    Comme d’habitude Madame Zineb Azouz vos écrits sont percutants.

    en lisant en plus ce texte que vous nous proposez, je suis très troublé par ces « manoeuvrings » de De Gaulle.

    Merci encore.




    0
  • Zineb Azouz
    3 novembre 2010 at 22 h 02 min - Reply

    Cher Si Arezki Nait Amar,

    Merci pour ce texte, mais force est de constater que nous ne savons que peu de choses de notre histoire.

    Je n’ai malheureusement trouvé aucune réponse convaincante quant à l’attitude de De Gaulle qui a tout fait pour se « débarrasser » du problème de l’Algérie, cette Algérie qui menaçait entre autres ses « deux églises », mais sans jamais tendre la main à ceux qui voulaient la paix et la justice, au contraire l’affaire Si Salah est la meilleure preuve que De Gaulle avait décidé depuis longtemps de légitimer comme seuls interlocuteurs les commanditaires et auteurs des purges, les planqués de l’extérieur, en prenant soin de toujours écarter les intellectuels comme Ferhat Abbas, n’est ce pas trop de hasard cher frère ? Beaucoup trop pour que je ne crois pas ou que je ne crois plus que ce peuple ait été un jour libre de sa destinée, il n’a eu sans doute que la liberté de mourir ou de vivre sous des bottes aux multiples couleurs.

    Nous en sommes toujours à ce que B.Stora « l’expert » de notre histoire nationale, daigne nous éclairer par des shows et des émissions télévisées sur les versions
    FRANCO-FRANÇAISES de la guerre d’Algérie, sur le rôle de la gauche, de Mittérand ou du Dr Guillotin dans l’histoire de ce pays aux histoires tristes et obscures.

    Consciemment ou inconsciemment, la France, continue de nourrir les versions de l’histoire qu’elle a négocié sur notre dos avec ceux qu’elle a choisi pour nous.
    Elle n’a jamais cessé de tendre la main à ses copains.

    Monsieur @Menfi,

    Merci pour vos encouragements, mais vous remarquerez que je suis au moins aussi troublée que vous.

    Nous n’avons pas d’autre choix que de rester vigilants et de garder le cap pour le changement.

    Cordialement,
    ZA




    0
  • Arezki Nait Amar
    3 novembre 2010 at 23 h 04 min - Reply

    Chère soeur Zineb Azouz ,

    Nous sommes sur la même longueur d’onde quant à la connaissance de notre histoire contemporaine .  » Nous ne savons que peu de choses sur notre histoire  » comme vous le dites si bien par la faute ,à mon avis, des acteurs nationaux qui ont participé à la révolution et qui n’ont pas jugés nécessaires de nous transmettre leurs vécus et leurs témoignages par des écrits. Nous sommes donc une génération sacrifiée car nous avons vécu dans l’ignorance quasi-totale de notre véritable histoire.
    On a tendance à se méfier des sources étrangères et particulièrement françaises mais quel est l’apport des sources algériennes pour combler le vide ? Quasi-nul, à mon avis !

    Cordialement.




    0
  • Arezki Nait Amar
    4 novembre 2010 at 19 h 06 min - Reply

    Je vous fais lire une étude intéressante intitulée  » Objet de l’histoire et méthodologie de son écriture » dont l’auteur est Maamar Boudersa, universitaire,économiste et membre signataire de l’Appel du 19 mars 2009.

    Objet de l’histoire et méthodologie de son écriture

    Maamar Boudersa pour “Algérie Politique” 30 mai 2010

    L’histoire de l’Algérie est de nouveau sur la scène publique à travers deux évènements culturels qui sont: 1) la publication du livre de Saïd Sadi relative à la mort du colonel Amirouche, chef de la wilaya 3 historique qui a donné lieu à des controverses et des débats qui se sont éloignés de la vérité au lieu de s’en rapprocher et 2) la projection du film de Bouchareb “les hors la loi” au festival de Cannes, qui a connu le même sort.

    Je reviendrai, dans une autre étude, sur l’assassinat du colonel Amirouche à partir des sources à ma disposition. Je consacre cette étude à l’objet de l’Histoire et à la méthodologie de son écriture, car notre histoire nationale, depuis les temps lointains n’est connue à ce jour, à commencer par l’histoire de la Numidie jusqu’à la guerre de libération nationale en passant par la naissance du mouvement national moderne depuis la fondation de l’ENA (Etoile Nord Africaine), le reniement de Messali Hadj de ses principes après la fin de la 2ème guerre mondiale et ses conséquences historiques qui ont abouti à la scission historique du MTLD en 1953 avec la naissance du MNA, des centralistes et du CRUA, devenu FLN, la dénonciation de l’OS par Benbella aux autorités coloniales en 1950 et enfin la prise du pouvoir en 1962 par la troisième force, préparée par le Général de Gaule, chargée de réprimer le peuple algérien et de maintenir notre pays sous la domination française, comme voulue par De Gaule lui-même.

    Dans son ouvrage «De l’esprit des lois», Montesquieu a écrit ceci relatif à la falsification de l’histoire dans deux types de régime politique, celui de la dictature et celui de la République. «Dans les monarchies extrêmement absolues, les historiens trahissent la vérité, parce qu’ils n’ont pas la liberté de la dire: dans les Etats extrêmement libres, ils trahissent la vérité à cause de leur liberté même, qui produisant toujours des divisions, chacun devient esclave des préjugés de sa faction, qu’il serait d’un despote.»

    Autrement dit, la vérité historique est toujours trahie par les historiens vivant sous le règne des dictatures absolues parce qu’ils ont peur de dire la vérité et d’accéder à elle, comme elle est toujours trahie par les historiens vivant sous le règne de la liberté, propre à toute république démocratique, car leurs histoires sont partisanes et non objectives.

    Les ouvrages d’histoire sur l’Algérie sont essentiellement produits, soit en Algérie, où l’histoire officielle a falsifié l’histoire réelle, ou en France, où certains ouvrages sont beaucoup plus partisans qu’objectifs. Je reviendrai sur certains dans les études de cas que j’ai indiqué plus haut.

    Que faire pour écrire la vérité historique ou accéder à la vérité historique. Pour cela, il répondre à deux questions essentielles: 1) quel est le but ou l’objet de l’histoire et 2) quelle est la méthodologie de son écriture pour arriver à sa vérité qui ne travestit pas la réalité des faits étudiés?

    C’est Ibn- Khaldoun qui, dans “El-Mouquaddima” a définit l’objet de l’histoire et la méthode de son écriture. Consultons-le de nouveau.

    But ou Objet de l’Histoire selon Ibn Khaldoun.

    Dans l’avertissement à son œuvre historique, en plus de son œuvre ” l’Histoire des Berbères”, Ibn Khaldoun écrit ceci:« L’Histoire est une discipline des plus répandues entre les nations. Le vulgaire voudrait la connaître. Les rois, les dirigeants la recherchent à l’envie. Les ignorants peuvent aussi la comprendre que les gens instruits. En effet, l’histoire n’est, en apparence, que le récit des évènements politiques, des dynasties et des circonstances du lointain passé, présenté avec élégance et relevé par des citations. Elle permet de distraire de vastes publics et de nous faire une idée des affaires humaines. Elle fait voir les effets du changement…».

    Voici le but ou l’objectif de l’Histoire selon Ibn Khaldoun. Mais c’est son aspect apparent, car il continue pour définir son aspect caché, son essence, une fois que son apparence a été précisée. Concernant son essence, qu’Ibn Khaldoun appelle son aspect intérieur, voici ce qu’il écrit dans le même avertissement:« Cependant, vue de l’intérieur, l’histoire a un autre sens. Elle consiste à méditer, à s’efforcer d’accéder à la vérité, à expliquer avec finesse les causes et les origines des faits, à connaître à fond le pourquoi et le comment des évènements. L’histoire prend racine dans la philosophie, dont elle doit comptée comme une branche… »

    Poursuivant sa description et sa définition de l’objet de l’Histoire, Ibn Khaldoun écrit dans l’introduction de son œuvre ceci:« L’Histoire est une noble science. Elle présente beaucoup d’aspects utiles. Elle propose d’atteindre un noble but. Elle nous fait connaître les conditions propres aux nations anciennes, telles qu’elles se traduisent par leur caractère national. Elle nous transmet la biographie des prophètes, la chronique des rois, leurs dynasties et leur politique.»

    Il termine sa définition de l’objet de l’Histoire dans la troisième partie consacrée à la préface de son œuvre. Voici ce qu’il écrit:« l’Histoire a pour objet l’étude de la société humaine, c’est-à-dire la civilisation universelle. Elle traite de ce qui concerne la nature de cette civilisation, à savoir: la vie sauvage et la vie sociale, les particularismes dus à l’esprit de clan et les modalités par lesquelles un groupe humain en domine un autre. Ce dernier point conduit à examiner la naissance du pouvoir, les dynasties ou Etats et des classes ou catégories sociales. Ensuite, l’Histoire s’intéresse aux professions lucratives et aux manières de gagner sa vie, qui font partie des activités et des efforts de l’homme, ainsi qu’aux sciences et aux arts. Enfin, elle a pour objet tout ce qui caractérise la civilisation.». Voici donc défini l’objet de l’Histoire.

    Méthodologie de l’écriture de l’Histoire.

    Une fois qu’il a défini l’objet de l’Histoire, Ibn Khaldoun définit la méthodologie de son écriture. Et la définition de la méthodologie de l’écriture de l’Histoire a aussi un but, celui d’accéder à la vérité d’un côté et d’éviter les erreurs de l’autre.

    Pour cela, Ibn Khaldoun écrit: « Pour écrire des ouvrages d’histoires, il faut disposer de nombreuses sources et de connaissances variées. Il faut aussi un esprit réfléchi, et de la profondeur: pour conduire le chercheur à la vérité et le garder de l’erreur. S’il se fie aux récits traditionnels, s’il n’a pas la claire notion des principes fournis par la coutume, les fondements de la politique, la nature même de la civilisation et les conditions qui régissent la société humaine, si, d’autre part, il n’évalue pas sa documentation ancienne ou de longue date, en la comparant à des données plus récentes ou contemporaines: il ne pourra éviter le faux pas et les écarts hors la grande route de la vérité. Historiens, commentateurs du Coran et grands « traditionnistes» ont commis bien des erreurs. Ils acceptent d’emblée leurs histoires pour argent comptant, sans les contrôler auprès des principes, ni les comparer aux récits du même genre. Pas plus qu’ils ne les éprouvent à la pierre de touche de la philosophie, qu’ils ne s’aident de la nature des choses, ou qu’ils ne recourent à la réflexion et à la critique. Ainsi s’égarent-ils loin de la vérité, pour se trouver perdus dans le désert de la légèreté et de l’erreur.» Plus loin, il ajoute ceci:« Il faut distinguer le connu du supposé, et le certain du possible».

    Il ajoute encore que l’Histoire pleine d’erreurs est «devenue une branche confuse, où abondent les quiproquos, ce qui désoriente les chercheurs. Pour orienter le chercheur, Ibn Khaldoun propose ceci: « Il lui faut comparer le passé et le présent, le proche et le distant, les causes de ressemblance et des différences…Son objectif doit connaître à fond les causes de chaque évènement et leur origine. A cette fin, il lui faut vérifier ses informations avec ses principes. En cas d’accord, l’authenticité est certaine; sinon, les faits sont apocryphes…Ainsi le public mal informé croit-il qu’il s’agit d’une science facile. C’est ainsi que le bob grain est mélangé avec l’ivraie, et le mensonge avec lé vérité.»

    Poursuivant la description de la méthodologie, Ibn Khaldoun cite le changement des conditions historiques. Il écrit: « Les historiens ont encore à se garder d’un autre risque: celui de négliger le changement, dans les conditions propres aux nations et aux races, dû aux transformations des temps et à la fuite des jours. Ces changements sont comme une maladie latente, qu’on décèle que longtemps après sa naissance, et dont très peu de gens ont conscience»

    Abordant le mensonge dans les ouvrages d’Histoire, Ibn Khaldoun énumère sept causes, source des mensonges et des erreurs. Il écrit: « Le mensonge s’introduit naturellement dans l’information historique. Plusieurs raisons concourent à cette fin ». Il cite les raisons que voici:

    L’esprit partisan en faveur certaines opinions ou certaines tendances. Un esprit qui reçoit un renseignement avec impartialité lui accorde le degré voulu d’examen critique pour trancher de son authenticité ou de son caractère apocryphe. Tandis qu’un esprit prévenu acceptera, sans hésiter, la version favorable à ses propres tendances. Ce genre de préjugé voile l’esprit critique et l’esprit d’examen. Et c’est ainsi que l’on admet et retransmet le mensonge.
    La confiance aveugle que l’on fait aux sources d’information est une deuxième cause d’erreur. Or, pour savoir si l’on doit faire crédit à quelqu’un sur ce point, il faut lui appliquer la méthode d’enquête de moralité.
    La troisième raison est l’ignorance de la signification d’un évènement. Bien des gens ne connaissent pas le sens réel de faits qu’ils ont observés ou dont ils ont entendu parler. Ils transmettent ensuite un renseignement, auquel ils attribuent une valeur imaginaire. Résultat: erreur
    La quatrième raison est que chacun est persuadé de détenir la vérité. C’est une illusion fréquente, qui tient, le plus souvent, au crédit accordé aux informateurs.
    La cinquième raison est la méconnaissance de l’application des circonstances à la réalité, qui dépend, en fait, des remaniements ambigus et des altérations. C’est ce côté artificiel des choses qui empêche les observateurs de raconter les évènements tels qu’ils les ont compris.
    La sixième raison est la flatterie des dirigeants. Comme on n’approche pas les grands de ce monde sans avoir la flatterie et la louange à la bouche, on embellit leur histoire et on répand leur renom. Ces récits, devenus publics, n’ont rien de véridique.
    La septième raison, sans doute la plus importante est l’ignorance des caractères naturels de la civilisation. Tout phénomène ou évènement possède forcément, soit essentiellement, soit matériellement, un caractère naturel, propre aussi bien à son essence qu’aux circonstances qui l’accompagnent. L’étudiant qui connaîtrait la nature des évènements, les circonstances et les nécessités de l’existence, serait bien armé pour exercer son examen critique au tri du mensonge et de la vérité. Il disposerait, à cet effet, du moyen le plus efficace.
    Voici les sept raisons qui conduisent à l’erreur et au mensonge dans l’écriture de l’Histoire et comment les éviter. Ils constituent avec ce qui les précède la méthodologie scientifique élaborée par Ibn Khaldoun pour arriver à la vérité historique et éviter les mensonges.

    Pour les études historiques futures, j’ai appliqué cette méthodologie. Elle m’a permis de découvrir les mensonges grossiers dans l’Histoire officiel, dans le livre de Harbi: le FLN: mythe et réalité, dans les témoignages de Benbella, les mémoires de Messali Hadj, l’assassinat du colonel Amirouche, en exploitant aussi bien les sources algériennes que les sources françaises, en intégrant les évènements dans leurs contextes historiques, tout en tenant compte des changements qui ont engendré des dynamiques nouvelles qui ont abouti à d’autres évènements. Autrement dit, il fallait déconnecter l’effet de la cause d’abord pour les délimiter, afin d’étudier tel ou tel évènement comme effet ou comme cause avec ses effets et ses conséquences pour reconstituer l’interaction, ou la corrélation, c’est-à-dire la dépendance d’un évènement supposé secondaire ou mineur d’un évènement majeur, devenu mineur chez certains pour rendre majeur un évènement mineur.

    Autrement dit, il fallait reconstituer en totalité l’histoire nationale depuis 1912 à ce jour à la lumière de la méthodologie d’Ibn Khaldoun. Elle a donné des résultats nouveaux et surprenants jamais connus auparavant. Je livrerai quelques uns aux lecteurs qui sont libres d’apprécier, de critiquer, d’enrichir, d’apporter ce qu’ils ont à leur disposition.




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  • radjef said
    5 novembre 2010 at 11 h 53 min - Reply

    Bonjour tout le monde. @Arezki Nait Amar, bonjour. L’affaire Si Salah, n’est qu’un aspect dans l’histoire du 1er novembre. Je disais hier a mon amie Z Azouz comment De Gaulle des son investiture a chargé Jean Amrouche de contacter les dirigeants algeriens et de lezur signifier les modalités de negociations…pour l’independance du pays. Une fois de plus je pose les questions suivantes: quelles etaient les priorités de la France au lendemain des Accords de Yelta? L’Algerie a t-elle negocié de façon juste son independance?




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  • Congrès du Changement Démocratique