Édition du
25 March 2017

CARENCES ET FLECHISSEMENTS. Lakhdar Bentobal.

Texte intégral de « carences et fléchissements »de Lakhdar Bentobal.

C’est l’un des chapitres de ses mémoires.

CARENCES ET FLÉCHISSEMENTS

II est peut-être nécessaire de faire un petit retour  en arrière car il me semble qu’en 1958 il y a eu un événement déterminant pour la poursuite de la Révolution. C’était l’époque  où  la  IVème  République  française  s’effondrait  et  laissait  la  place  au nouveau régime de De Gaulle.

Comme  nous  l’avons  déjà  dit,  c’est  à  partir  de  ce  moment  qu’avait  commencé  la vraie guerre.  Tous les  moyens avaient  été  mis entre  les  mains de l’armée  française pour  en  finir  avec  la  résistance  algérienne.  Les  choses  avaient  commencé  à  mal tourner  pour  l’intérieur.  Or, il est un fait établi,  c’est que quand  cela tourne mal  à l’intérieur, les  problèmes  et les  dissensions  apparaissent au  grand jour  au sein  de la direction politique.  Quand  l’état de santé du peuple et de l’ALN décline, faute  de trouver les solutions adéquates au problème, la crise éclate au sommet.

Nous  étions  à  cette  époque  éloignés  du  champ  de  bataille,  les  moyens  de  faire  la guerre  nous manquaient (armes,  finances, cadres),  ces moyens étaient nécessaires pour  que  la révolution  puisse franchir un nouveau stade, pour qu’elle  puisse  faire face aux nouvelles méthodes de guerre et aux nouvelles  armes de l’armée française.

Plus  encore,  tandis  que  la  stratégie  et  les  techniques  de  guerre  de  l’adversaire avaient changé, nous étions, quant à nous, dans l’incapacité de trouver une parade.

A l’intérieur, on pouvait certes continuer à mener des  actions, mais cela n’était pas tout, encore fallait-il concevoir une nouvelle ligne, une nouvelle stratégie. Et c’est là que le conflit allait éclater.

Chacun reprochait à l’autre de ne pas en faire assez. Voilà pourquoi j’en viens à dire que  les  signes

avant-coureurs  de  la  crise  qui  avait  éclaté  au  sein  de  la  direction politique avaient commencé à apparaître à l’intérieur du pays.La situation y avait changé en notre défaveur. Les grandes opérations menées par Bigeard à Geryville  (El  Bayadh)  et  à  Saïda  dans  le  sud  oranais  étaient  relayées  par  le Plan Challe et étendues à l’ensemble du territoire. Jusque  là, les expéditions militaires  françaises  étaient menées à  partir des PC  que les soldats rejoignaient aussitôt le ratissage terminé. Avec Bigeard et le Plan Challe,c’étaient  toutes  les  unités  avec  leurs  officiers  qui  sortaient  sur  le  terrain.  Elles éclataient  ensuite,en  appliquant  nos  propres  méthodes,  en  petits  groupes  très mobiles.  Ils  ne  faisaient  plus  appel  à l’armada  des  blindés  et  aux  équipements lourds  qui ne  nous  faisaient  aucun  mal puisqu’ils ne pouvaient pas passer par  les chemins  escarpés.  Quand  la  nuit venait,  ils  campaient  maintenant sur place  sans quitter le terrain des opérations.

De  notre  côté,  les  choses  avaient  aussi  changé.  Les  années  1956,  1957  et  1958 avaient drainé  dans nos  rangs un flot de gens de toutes sortes qui, pensant  que la révolution allait triompher ou estimant qu’il n’était plus  possible de rester  neutres, étaient venus  la  rallier. Nous avions  donc  vu  arriver  des  gens qui n’étaient pas du tout les militants nationalistes que nous avions connus auparavant. Jusqu’alors les combattants étaient motivés et habités par  une foi à toute épreuve ; ceux qui  nous arrivaient  semblaient  maintenant  être  ballottés  par  l’événement.

Quand  la révolution  avait le  vent  en  poupe,  ils  étaient  avec  nous  à  100  %  et,  dès  que  la situation  devenait plus  difficile, leur  moral  se  mettait  à  chuter  d’une  façon vertigineuse.

Pour  la  première fois depuis  le début de la lutte  armée, il nous était  donné de voir des  djounoud

faits  prisonniers  qui acceptaient  de  se  joindre  à l’ennemi.  On  voyait bien,  auparavant,  des  éléments de  l’ALN  qui,  sous  le  fait  de  la  torture,  donnaient quelques renseignements, mais ils n’avaient jamais jusque-là franchi le Rubicon. Ils n’avaient encore jamais formé des unités de djounoud repentis, qui tournaient leurs armes contre nous.

Les  populations  elles-mêmes  s’étaient  mises  à  former  des  groupes  d’auto-défense pour  interdire par les armes  l’accès de leurs  douars  aux éléments  de  l’ALN.  On ne peut  même  pas  dire  qu’ils  étaient  l’objet de  pressions  directes  puisque,  pour  des groupes de cinquante à soixante hommes armés, un seul Français suffisait pour en prendre  la  tête.  En  d’autres  temps,  les  djounoud  de  l’ALN  l’auraient  ramené  vif ; même en plein ratissage, aucun homme ne désertait son poste. Il  y  a  donc  là  un  phénomène  à  analyser  Je  ne  sais  comment  interpréter  ce fléchissement  aujourd’hui  encore. Peut-être  la  révolution  n’avait-elle  pas  suivi  le cours qu’elle devait suivre.  Elle était restée, me semble-t-il, à son état primaire, à sa phase  initiale,  avec  les  mêmes  méthodes  de guérilla  et  les  mêmes  armes  qu’à  son déclenchement.  Comme  elle  n’avait  pas  pu  franchir  un  nouveau  seuil,  elle  était appelée  non  pas peut-être  à  mourir,  mais  à  perdre  l’initiative.  Elle  avait  fini  par mener une  sorte  de  combat pour la  survie.  Des  groupes  de  l’ALN  lançaient  encore des  actions  volontaristes,  mais  ce  volontarisme -là  était  beaucoup  plus psychologique  qu’autre  chose.  Il  avait  pour  but  de  montrer  au  peuple  que l’ALN était  toujours  présente  et  il  avait  aussi  pour  but  de  se  prouver  à  lui-même  que l’armée de  libération  avait  encore  du  tonus  et  qu’elle  pouvait  ainsi  tenir  jusqu’au bout, en attendant des jours meilleurs.

C’est donc de là qu’il faut partir si l’on veut comprendre les crises qui ont éclaté au sein du groupe dirigeant.

Les faits sont là qui, aujourd’hui encore, nous donnent la mesure  du  changement  qui  s’était  opéré à l’intérieur.  Vers  les  années  1959-1960, on  comptait  160  000  Algériens  armés,  combattant  du  côté de l’armée  française, situation  que  nous  n’avions  jamais  connue  auparavant.  Cela  se  passait  partout, dans  les villes, dans les  campagnes  et,  ce  qui  était nouveau,  cela se passait  aussi dans  les  montagnes.

Dans  ces  régions,  l’ALN,  avec  ses  djounoud  et  ses moussebiline,  ne comptait  pas  plus  de  30  000 hommes qui devaient faire  face aux 500 000 soldats français et aux 160 000 auxiliaires algériens. A la ligne Morice, on avait ajouté la ligne Challe qui rendait le passage des frontières presque impossible. Selon le propre aveu des Français, on avait posé presque une mine par mètre carré, dans  une  bande  de  terre  s’étendant  sur  350  km  du  nord au  sud  et  3  km  à l’intérieur des terres.

Une  fois  le  problème  du  passage  des  frontières  réglé,  on  s’était  occupé  des populations.  Près  de  deux millions  de personnes  furent  déplacées  et  regroupées dans  des  camps  et  c’est  de  là  qu’est  née  l’idée  des  mille  villages  du  Plan  de Constantine.

Plutôt  que  de  briser  l’organisation  du  FLN  par  la  répression  et  les  tortures,  les stratèges  français  avaient  préféré  déplacer le  peuple  lui-même  Ce  faisant, l’organisation  s’était trouvée dispersée. Dans les centres de  regroupement, on avait rassemblé des  fragments  de  douars  venant  de  régions  différentes.  Les  structures clandestines,  que  le  FLN  avait  mises  en  place  dans  des  conditions  différentes, n’avaient désormais plus d’effet. L’appareil avait éclaté de lui-même, sans avoir eu à subir les coups de l’armée française.  D’un  autre  côté,  le  rôle  du  peuple  avait également  changé  du  tout  au  tout.

Auparavant,  c’était  l’organisation  politique  mise  en  place  qui  s’occupait  du recrutement, du ravitaillement, ou qui servait de guide à l’ALN quand le besoin s’en faisait  sentir.  Mais,  après  les  regroupements,  alors  que  les  besoins  de  l’ALN grandissaient  dans  le  domaine  du  recrutement,  du  renseignement  et  du ravitaillement,  la  position de la population  s’était  modifiée.  Elle avait  perdu de son dynamisme et elle  ne soutenait  plus la résistance comme  auparavant. De réservoir d’hommes  pour  la  révolution,  elle  était  devenue  un  simple  magasin  d’intendance.

Sans âme politique, elle ne jouait plus le rôle que l’on attendait d’elle et l’ALN s’était trouvée ainsi complètement coupée de ses bases. Les  unités  de  l’armée  de  libération  avaient  alors  éclaté  en  petits  groupes  dont  les actions se réduisaient à assurer leur propre survie. D’opérations militaires, on était passé à des actions de fidaï, à des attentats individuels dans les villes pour éliminer des traîtres ou pour atteindre quelque objectif militaire.

Concentré  aux frontières,  le gros  de  l’armée de  libération sombrait  dans  une  sorte d’oisiveté.  La mission initiale de  l’ALN à  l’extérieur  était  de  ravitailler l’intérieur. Ne le  faisant  plus  par  impossibilité  matérielle,  elle  laissait  libre  cours  à  des  conflits internes. Ces crises, d’abord de caractère limité, avaient fini par atteindre la tête du mouvement.Les  années  1958-1959  avaient  été  en  définitive  les  plus  dures  de  toutes  et  la révolution a été,  à  ce moment-là, réellement  en danger  de  mort. De  là sont  venues les différentes crises connues sous  le nom  de  l’affaire  L’amouri, de l’affaire Zoubir, celle de la base de l’Est et, pour finir, l’affaire des chefs de wilaya de l’intérieur.

Certains  chefs  de  l’intérieur  avaient  leur  moral  atteint  par  la  détérioration  de  la situation.  De  bonne  foi,  et  croyant  bien  faire  pour  sauver  ce  qui  pouvait  l’être encore, ils allaient friser la trahison en tentant impossible. Ce fut le cas de certains chefs  de  la  wilaya  IV.  Azzedine,  pendant  un  moment,  avait  lui  aussi  fléchi.  Mais, pour  les  uns  comme  pour  les  autres,  quelles  que  furent  les  motivations,  l’acte était  le  même et le phénomène, loin d’être limité à des personnes, touchait à  toute la révolution.  Dans  ces  conditions,  il  était  normal  que la  lame  de  fond  atteigne  la direction et que les divergences éclatent au grand jour.

Les  problèmes  de  fond  devenaient  des problèmes  de  personnes ;  la  zizanie  battait son plein et les solutions n’étaient en fait que des palliatifs. C’était le temps où nous avions  décidé  de  lancer  une  grande  campagne  diplomatique  avec  des  délégations expédiées aux quatre coins du monde. Nous voulions par là laisser entendre que la cause algérienne gagnait an audience internationale et que la solution du problème était proche. Nous cherchions à rassurer  l’intérieur,  à lui  remonter le  moral ;  nous voulions  le  persuader  que  de  nouvelles  armes  allaient  maintenant  nous  être fournies en très grandes quantités.

C’était  aussi  le  temps  où  nous  avions  décidé  de  porter  la  guerre  en  territoire français, toujours pour les mêmes raisons.  Nous  voulions  obtenir  un  effet psychologique  sur  nos  troupes  sans  résoudre  pour autant  le  problème  qui  continuait  à  se  poser  avec  insistance.  Le  moral  de  la résistance  s’est  bien relevé après cette décision,  mais  l’effet n’a  été  que temporaire.

L’argent et les armes ne passaient toujours pas, les frontières étaient toujours aussi étanches et les effectifs de nos troupes s’étaient mis  à fondre de jour en jour.  Ceux qui  quittaient  les  rangs  étaient  plus  nombreux  que  ceux  qui  les  rejoignaient.  On assistait  à  des  faits  absolument  nouveaux,  des  ralliements  de  groupes  entiers  de l’ALN  à  l’armée française.  Ceci  ne  s’était  jamais  vu.  Que vingt  ou  trente  djounoud s’entendent  pour  déserter  n’était  même  pas  pensable  quelques temps  auparavant.

Or,  des  défections  comme  celle  de  Ali  Hambli  étaient  devenues  de  plus  en  plus nombreuses.  Si,  auparavant,  c’étaient  les  harkas  qui  désertaient  les  rangs  de l’armée française pour se joindre à nous, à présent, c’était l’inverse. Le  moral  de  l’armée  française,  on  s’en  doute,  s’était  relevé,  et  beaucoup  dans  ses rangs  envisageaient  sérieusement  la  solution  définitive  du  conflit  par  les  moyens militaires. Nous assistions ainsi à un effet de balancier qui voulait que quand notre moral  baissait,  celui  des  Français  reprenait  le  dessus  et,  quand  les  Français donnaient  l’impression  de  l’emporter,  les  ralliements  à  leur  cause  devenaient  plus nombreux.

Certains pensant que l’avenir était maintenant du côté français s’étaient mis  à jouer la carte  de  l’occupant. Mais il faut préciser que ce phénomène a  été  la caractéristique  des  nouveaux  venus.  A  ma  connaissance,  il  n’y  a  pas  eu  un  seul djoundi de la première heure, pas un seul de ceux qui faisaient partie de l’OS ou du PPA, de ceux qui avaient foi depuis toujours en la cause nationale, qui ait rallié les Français.Ceux  qui  l’ont  fait  étaient,  ou  bien  des  anciens  collaborateurs  de  la  France  qui étaient venus au FLN dans  l’euphorie des  années 1956-1957, ou bien c’étaient des gens  sans  formation  politique  Ils  étaient  venus  à  nous  emportés  par  le  flot  des adhésions.  Mais,  quand  le  courant  s’était  renversé,  le  reflux  les  avait  ramenés  là d’où  ils  venaient.  Ils  avaient  pris  les  armes  et  nous  avaient  combattus  de  toute bonne foi. Ils le faisaient sans peur et surtout sans honte ; ce n’était même plus un déshonneur  pour  eux  que  de  combattre  leurs  propres  frères  Cela  aussi  était nouveau.

Ainsi, tout ce que nous avions entrepris sur le plan diplomatique  ou sur  le plan  de la  lutte  armée  en  territoire  français  ne  fut  ni  plus  ni  moins  qu’une  suite  de diversions.  Et,  derrière  toutes  ces  diversions,  pointait  une  déviation  de  la  ligne qu’avait observée jusque-là la révolution.

Quoiqu’on  ait  pu dire, la révolution  ne se faisait pas  aux frontières.  Le peuple et la révolution  étaient  à  l’intérieur.  L’armée  française  était  à  l’intérieur  et  c’est  à l’intérieur  qu’il  fallait  faire  en  sorte  que  la  lutte  passe  à  un  stade  qualitativement supérieur.

Cependant,  il  est  très  difficile  aujourd’hui  encore  de  répondre  par  un  postulat,  de dire  que  si  la  direction  était  restée  à  l’intérieur,  ces  déviations  n’auraient  pas  eu lieu.  Une  direction  à  l’intérieur  vit  dans  les  conditions  mêmes  de  la  lutte.  Elle partage le  même martyre que le  peuple. Elle  connaît les besoins réels  de l’armée et ses  insuffisances.  Sur  le  plan  théorique,  une  direction  à  l’intérieur  est irremplaçable. Cela est aussi vrai pour le chef qui est là, présent, qui vit les mêmes dangers, les mêmes besoins et les mêmes privations que ses hommes. Même sur le plan psychologique, quand le chef est là, le moral des troupes est au plus haut.

Maintenant,  un  fait  est  certain.  Toute  direction  qui, pour une  raison  ou  pour  une autre, sort du pays, cette direction-là est amenée à quitter du même coup le terrain de la  lutte. Même  si les conditions et les facteurs en  cause démontraient  qu’il était impossible  pour  elle  de  se  maintenir  à  l’intérieur,  il  était  naturel  qu’elle  s’exposât aux  critiques.  On  pouvait  dire  alors  que  les  responsables  font  des  déclarations fracassantes, lancent des appels à la lutte, à l’endurance ou au sacrifice alors qu’ils sont eux-mêmes loin des réalités. Cela est vrai.

Mais  il  est  tout  aussi  vrai  que  le  CCE  ne  pouvait  plus  se  maintenir  à  Alger.  Il pouvait  cependant  se  replier  dans  les  maquis  et  vivre  la  même  vie  que  tous  les moudjahidine. Il pouvait remplacer chaque membre qui venait à disparaître par un nouveau,  de  façon  ininterrompue,  comme  c’était  le  cas  pour  les  chefs  de  wilaya.

Mais,  il  reste  que  le  problème  des  armes  et du ravitaillement  des  troupes  n’aurait pas été résolu. L’apport de l’extérieur restait toujours nécessaire.

On  peut  toutefois  se  demander  si  la  direction  installée  à  l’extérieur  a  solutionné tous  ces  problèmes  qui  paraissaient  insolubles  auparavant.  La  réponse  est  non.

Avec le  recul du temps,  je  peux dire  à  présent qu’une  direction  à  l’intérieur  aurait suppléé  à  certaines  défaillances.  Elle  aurait  pu  surmonter  les  purges  ou  éviter l’affaiblissement du moral des troupes. En fait, les purges ont été la conséquence de la démoralisation des hommes car, dans ce domaine comme dans d’autres, le corps devient vulnérable quand l’esprit est malade

Dans  beaucoup  de  régions  du  pays,  malmenées,  talonnées  par  l’armée  française, confrontées  au  problème des  moyens et du recrutement dont  la  source  s’épuisait, des  unités  de  l’ALN  finirent  par  se  replier  sur  elles-mêmes.  Les  coups  qu’elles recevaient et les  pertes de plus en  plus  fréquentes  qu’elles subissaient avaient  fait que  les hommes s’étaient mis à  s’interroger sur eux-mêmes, sur  ceux qui  auraient pu  s’infiltrer  dans  leurs  rangs  pour  renseigner  l’ennemi.  Le  doute  et  la  suspicion avaient commencé à s’emparer des esprits.

A  mon  avis,  si  la  direction  était  restée  à  l’intérieur,  tout  cela  ne  se  serait  pas produit.

L’AFFAIRE LAMOURI

Dans le COM de l’Est, on ne peut pas dire qu’il y ait eu des clivages entre anciens et nouveaux  et  que  les  premiers  n’aient  pas  accepté  la  promotion  des  seconds  aux postes  de  commandement  Nous  y  trouvons  par  exemple  Benaouda  qui  était membre du comité des 22, un homme du premier novembre, de ceux qui en ont été les  organisateurs.  Benaouda  était  en  désaccord  avec  Mohammedi,  qui  n’était  pas des premiers venus à la Révolution. Mais il l’était aussi avec  Lamouri qui,  lui, était un ancien du MTLD.

Ouachria  était  venu  en  1956  avec Bensalem  à  la  tête  d’une compagnie  entière  de l’armée  française  C’étaient  d’anciens  engagés  de  l’armée  française  qui  avaient déserté du côté de Souk Ahras.

Au  début,  aucun  de  ces  responsables  n’avait  accepté  la  direction  de  Mohammedi Saïd,  le  wilayisme  était  très  vivace  et  il  n’était  pas  facile  de  le  dépasser.  Avant  la constitution du COM, chaque wilaya  avait un représentant  aux frontières  qui était chargé  d’assurer  le  ravitaillement  des  unités  venant  de  l’intérieur.  Comme  les

effectifs stationnés aux frontières avaient augmenté du fait des recrutements opérés sur place, parmi les réfugiés algériens ou du fait de l’accroissement du nombre des unités  venant  s’approvisionner  en  armes,  il  était  devenu  nécessaire  de  mettre  sur pied  un  commandement  unique.  Le  COM  devait  remplir  cette  fonction  mais  il se trouve  qu’au  sein  des  organes  dirigeants,  chacun  des  responsables  conservait  ses forces.  Personne  ne  voulait  que  l’on  s’ingère  dans  ses  affaires.  Les  hommes  de Lamouri  ne  relevaient  que  de  lui,  ceux  de  Benaouda  ne  reconnaissaient  aucune autre autorité que la sienne. Il en était de même pour ceux de Amara Bouglez.

Ainsi,  il  n’y  a  jamais  eu,  dans  les  faits,  de  commandement  unifié  et  le  wilayisme prenait toujours le pas sur une véritable armée ou sur une quelconque organisation centralisée.  Il  n’est  pas  étonnant  que  dans  ces  conditions,  des  dissensions  soient apparues qui ont vite éclaté en conflit. L’état-major du COM fut remis en cause par une  véritable  rébellion  et  il  a  fallu  se  résoudre  à  dissoudre  cet  organe  que  nous  avions mis sur pied quelques temps auparavant. Tous ses membres furent éloignés.

Certains  d’entre  eux  furent  affectés  dans  la représentation du FLN  au Caire,  sans fonction  définie.  La  plupart  restèrent  disciplinés  et  respectèrent  la  décision.

D’autres,  comme  Lamouri  et  Mostefa  Lakehal,  qui  s’était  trouvé  éloigné  au  Caire pour des motifs différents, ont commencé à prendre des contacts avec les étudiants algériens. Ils  s’étaient mis  à  faire  du travail  de sape  et à  mener  une campagne  de dénigrement contre le GPRA.

Le  Deuxième  bureau  égyptien  s’était  servi  d’eux  ainsi  que  Abdelkrim  El  Rifi.  Ce dernier était un militaire qui était resté avec sa mentalité de militaire. Pour lui, tout homme  politique  est  par  définition  un  homme  qui  manquait  de  scrupules  et  qui était  dénué  de  toute  sincérité.  Il  incitait  à  se  rebeller  contre  le  gouvernement  des politiciens.  Il  visait  Ferhat  Abbas  et  les  responsables  de  la  délégation  du  FLN  au Caire.  Il  visait  aussi  Lamine  Debaghine,  qu’il  connaissait  très  bien.  Mais  ce  n’est pas  l’action  de  Abdelkrim  qui  avait  été  déterminante  dans  la  matérialisation  du complot ;  c’est celle du  Deuxième bureau égyptien  qui était entré en  contact  direct avec Lamouri et Mostefa Lakehal, II avait organisé des rencontres entre eux et Fethi Dib, chargé des affaires algériennes au sein des services de renseignements.

A  l’époque, les  Egyptiens  n’étaient  pas  au  fait  des  particularismes  algériens et  des dissensions nourries par le  wilayisme. Ils avaient déduit des critiques  que faisaient leurs  interlocuteurs  en  parlant  du  kabylisme  de  Krim  et  de  Mohammedi  que  le GPRA était hostile à l’arabisme et au nationalisme nassérien.

Ils  avaient  senti  par  ailleurs,  en  prenant  connaissance  de  la  Plate-forme  de  la Soummam,  que  la  révolution  algérienne  avait  une  coloration  marxiste.  Ils  étaient persuadés  qu’il y  avait derrière  tout cela une main  communiste  et ils ne  voulaient pas  se  résoudre  à  admettre  la  chose.  Il  ne  s’agit  pas  là  de  spéculations  sans fondements,  ce  sont  des  propos  qui  avaient  été  tenus  à  la  délégation  du  Caire,  à Lamine  Debaghine  et  à  Mehri  et  que  nous  avons  nous-mêmes  entendus.  Les Egyptiens,  quand  ils  avaient  pris  connaissance  du  texte  de  la Soummam,  avaient dit qu’il s’agissait là d’une déviation de la révolution et que c’était plus du marxisme que  du  nationalisme.  Ils  voyaient  très  mal  la  révolution  algérienne,  avec  tout l’impact  qu’elle  pouvait  avoir  sur  le  monde  arabe,  leur  échapper.  Ils  voulaient  en outre  l’utiliser  contre  Bourguiba  et,  de  façon  officielle,  il  nous  fut  demandé  de prendre position contre lui, du fait de son hostilité à la cause arabe.

On ne peut pas dire que notre position, qui consistait à refuser de nous laisser aller à  ces  manœuvres,  soit  le  fait  d’un  nationalisme  étroit.  En  fait,  depuis  des décennies,  les  nationalistes  algériens  avaient  cru  en  l’unité  d’un  Maghreb  arabe dont  la  spécificité et les  particularités ne se retrouvaient pas  dans le  Machrek.

Les  Egyptiens  ne  voulaient  pas  entendre  parler  de  cette  entité.  Ils  étaient  contre  la conférence  de  Tanger.  Nous  sachant  difficilement  maniables,  connaissant  les positions  de Bourguiba et de Mohammed V,  ils craignaient que ce grand ensemble, une  fois  constitué, ne  leur échappe.  D’un autre côté,  une  telle entité  pouvait,  pour diverses  raisons, être plus viable que les ensembles  constitués au Moyen-Orient et  cela, ils ne voulaient pas l’admettre non plus.

Pour  eux,  l’unité  maghrébine  était  une  question  de  conjoncture,  de  tactique politique.  A  leur  sens,  le  Maghreb  n’avait  pas  de  profondeur  politique,  pas  de racines  et  ils  n’ont  jamais,  jusqu’à  ce  jour,  compris  les  liens  qui  nous  unissaient depuis les temps les plus reculés.

Le  constat qu’ils avaient  fait  était simple.  D’un côté, le  docteur  Lamine, proche de leurs idées, était maintenant éloigné du gouvernement. Ferhat Abbas, qui présidait le  GPRA,  était  un  francophone  et  ceux  qui  n’étaient  pas  considérés  comme  tels, c’est-à-dire Krim, Boussouf et moi-même, étions trop indépendants et trop attachés à  notre  pays  pour  être  manœuvrables.

L’Algérie  nouvelle,  dans  ces  conditions, risquait  de  ne  pas  être  assez  soumise  à  leurs  vues.  De là,  l’aide  qu’ils  ont  décidé d’apporter  au  groupe  dissident.  Plus  grave  encore,  Lamouri  et  Mostefa  Lakehal avaient  été  reçus  par  Abd  el  Nasser  lui-même.  Une  fois  la  cause  entendue,  ces  derniers  prirent  contact  avec  certains  de  leurs  éléments  stationnés  aux  frontières dans l’intention de les soulever contre le GPRA.

Selon  les  déclarations  des  insurgés  eux-mêmes,  enregistrées  au  cours  de  leur procès, Abdel Nasser leur aurait conseillé de procéder au renversement du GPRA et d’arrêter  les  principaux  dirigeants  de  la  révolution,  entre  autres  Mahmoud  Chérif, Krim,  Boussouf  et  Ben  Tobbal.  Après  quoi,  ils  devaient  constituer  un  nouveau gouvernement  dirigé  par  Lamine  Debaghine.  Nasser  les  avait  rassurés  quant  à  la position  des  wilayas  de  l’intérieur  qui  étaient  contre  le  gouvernement  Abbas  et  il leur  avait  garanti  que  l’Egypte  les  reconnaîtrait  immédiatement  après  la proclamation de la nouvelle direction.  Il s’était engagé  à user de son influence pour que  tous  les  autres  pays  arabes  fassent  de  même  et  il  leur  avait  promis  des livraisons  d’armes  supplémentaires.  Celles-là  mêmes  qui  avaient  été  bloquées pendant des mois et que les Egyptiens se refusaient à fournir au GPRA.

Nous  avions  alors  des  éléments  infiltrés  dans  les  rangs  des  insurgés  qui  nous informaient de leurs faits et gestes. Nous ne savions pas qu’ils avaient été reçus par Abdel  Nasser.  Par  contre,  nous connaissions  le  jour  de  leur départ  du  Caire ainsi que  celui  de  leur  arrivée  en  Tunisie.  C’était  leur  chauffeur  qui  nous  tenait  au courant.

Nous les avons laissés faire pendant un moment sans intervenir. Ils se réunissaient au  Kef  en  compagnie  d’un  nombre  important  de  personnes,  une  cinquantaine environ. Nous  hésitions  toujours  à intervenir  parce  que  nous  ne  voulions  pas  que cela  dégénère  en  une  bataille rangée  en  plein  territoire  tunisien. Nous  avons  donc chargé les autorités tunisiennes de procéder aux arrestations.

Lors de leur interrogatoire, ils ont reconnu la complicité égyptienne dans l’affaire et ils  ont  avoué avoir été reçus  par le  président  Nasser lui-même. Après quoi,  ils  ont  été internés dans  l’attente de leur  traduction devant  un tribunal. Le gouvernement s’était réuni et  avait  désigné  une délégation  de  trois membres pour  se rendre dans la  capitale  égyptienne.  Et,  pour  que  cette  démarche  revête  toute  sa  signification, c’est le président du GPRA lui-même qui fut désigné pour en prendre la tête.

A  plusieurs  reprises, la demande  d’audience  faite  au  président égyptien  resta sans réponse. Pour être reçus,  nous  fîmes  agir des  personnalités  importantes  du régime nassérien telles que le maréchal Amer, mais, à chaque fois, on nous envoyait  Fethi

Dib ou un ministre pour savoir le but exact de notre visite. Nos démarches s’étaient avérées vaines et toutes les relations furent rompues pendant neuf mois.Nous  adoptâmes une nouvelle tactique  : faire jouer l’opinion publique arabe contre le gouvernement égyptien. Ahmed  Francis et  moi-même  sommes allés voir l’ancien président de la Syrie (El Kouatly). C’était l’époque de la République arabe unie et El Kouatly  restait  un  personnage  important  de  l’Union.  Nous  lui  avons  donc  fait  la relation  du  complot  et  des  interventions  de  Nasser.  Il  n’en  revenait  pas.  Il  lui paraissait  incroyable  qu’un  Arabe  –  et  à  fortiori  un  chef  de  gouvernement  arabe  – puisse  comploter  contre  la  révolution  algérienne.  Celle-ci  était  alors  considérée comme une lutte sacrée dans tout le monde arabe. Convaincu par les arguments et les  preuves  que  nous  lui  avions  présentés,  il  a  éclaté  en  sanglots,  répétant  à plusieurs reprises : « C’est une trahison… C’est une trahison. »

Il prit, le lendemain, un avion spécial pour se rendre auprès de Nasser. Il venait lui rappeler  que  quand  la  Syrie  avait  accepté  l’union  avec  l’Egypte,  elle  n’avait  posé  qu’une  seule  condition,  à  savoir  le  soutien  continu  à  la  révolution  algérienne.  Ce n’est  qu’après  cette  entrevue  que  Nasser  accepta  de  nous  rencontrer.  Une délégation  fut  à  nouveau  constituée.  Elle  était  composée  de  Ferhat  Abbas,  de Boussouf et de moi-même. J’y étais allé un peu contre mon gré, avec la condition de dire  clairement  à  Nasser  ce  que  je  pensais  de  ses  ingérences  et  de  lui  faire comprendre  que  nous  étions  prêts  à  déplacer  le  siège  de  notre  gouvernement  vers une autre capitale que le Caire.

Nous lui fîmes part de tous les éléments de l’affaire, sans oublier les entrevues qu’il avait  accordées  aux  insurgés,  et  nous  lui  fîmes  clairement  comprendre  qu’il s’agissait  là  d’une  initiative  qui  dépassait  les  limites  que  tout  gouvernement étranger était tenu d’observer quant au respect de la souveraineté algérienne. Nous lui avons ensuite suggéré de choisir entre trois solutions pour dissiper  le doute qui planait sur nos relations :

1  – mettre sur pied une délégation égyptienne qui se rendrait sur place consulter le procès  verbal  de  l’instruction  et  interroger,  si  elle  le  voulait,  les  internés  (nous l’avons  fait,  bien  que  nous  considérions  cela  comme  un  problème  interne  aux Algériens) ;

2  –  constituer  une  commission  mixte  qui  consulterait  le  procès-verbal  et  qui entendrait Lamouri et ses complices ;

3  – recevoir,  à titre  d’information, l’enregistrement de l’interrogatoire et la copie du procès-verbal.

Pour  toute  réponse,  Nasser  nous  dit  que,  dans  cette  affaire,  il  y  avait  de l’exagération. C’était tout. Il n’avait pas dit un mot de plus.

C’est  après  cette  affaire  que  le  gouvernement  provisoire  changea  de  siège  et s’installa à Tunis.

Dans  la  déclaration  que  nous  fit  Lamouri,  ses  propos  se  limitaient  à  des accusations  de  régionalisme  portées  contre  Krim.  Or,  c’était  là  un  domaine  très sensible  et  nous  ne  voulions  pas  voir  se  développer  dans  nos  rangs  un  tel  esprit.

C’était le temps où commençaient à se répandre, venant surtout de la  base de l’Est et des membres de la wilaya I, des propos désignant les gens par leurs origines. Ondisait : « Un tel n’est pas Arabe, il est Kabyle », que « Krim choisit ses éléments », « qu’il mène une politique personnelle », etc.

Je  ne  pense  pas  que  cela  était  fondé.  Pour  ce  qui  est  de  Mohammedi  Saïd  par exemple,  Krim  n’avait  pas  été  seul  à  le  désigner  comme  chef  de  l’état-major  du COM.  Nous  avions  tous participé à sa nomination.  Je ne  pense pas  non  plus  que Mohammedi  ait  pratiqué  une  politique  favorable  aux  Kabyles  puisque,  de  fait,  il n’avait  jamais  réellement  dirigé  l’appareil.  Il  ne  l’avait  pas  gardé  entre  ses  mains suffisamment longtemps pour pouvoir réaliser quoi que ce soit.

En  ce  temps-là,  les  hommes  de  Lamouri  étaient  survoltés  contre  le  choix  du commandant  Idir  par  Krim.  Cet  homme-là,  que  Bénaouda  connaissait  bien,  avait servi  comme  chef  de  bataillon  de  l’armée  française  lors  de  la  bataille  de  Catinat dans le nord-constantinois et il avait participé à plusieurs ratissages. Il dirigeait les opérations  à la  tête  de  ses  hommes  dont 90  % étaient  d’origine  algérienne. On  ne pouvait donc pas dire qu’il le faisait sous la contrainte du nombre.

Ses hommes  de  troupe  allaient  camper  jour  et  nuit  dans  la  région  des  Béni  Sbih, des  Ouled  Embarek  et  des  Béni  Tlilane.  Ils  appliquaient  la  nouvelle  tactique qu’avait  conçue  l’armée  française  pour  couper  la  population  des  unités combattantes de l’ALN. En tant que commandant, il n’avait pas ordonné de pillages, ni procédé à des exécutions ni même fait torturer. Il se contentait de faire de l’action psychologique. Il rassemblait les gens et leur disait « Voyez-vous, nous savons que vous détenez des armes. Ces  armes-là, les djounoud n’en ont pas besoin. Elles risquent de les gêner beaucoup plus qu’autre chose. Elles sont  encombrantes  et  ils  ne  sauront  pas  où  les  cacher.  Pour  les armes  militaires,  gardez-les si vous en avez, vous pouvez même les leur donner, mais pour les autres, remettez-les nous.  »

Je  ne  sais  si  c’est  par  manque  de  formation  politique  ou  du  fait  de  la  méthode pernicieuse  utilisée  par  le  commandant  Idir  ;  je  ne  sais  si  c’est  par  peur  des représailles,  mais  beaucoup  de  personnes  avaient  fini  par  remettre  leurs  armes.

Cette  méthode  avait  failli  ruiner  l’organisation.  Les  gens  étaient  surpris  par  ce nouveau  langage  et,  du  fait  aussi  que  dans  les  rangs  du  bataillon  la  plupart  des militaires  étaient  des  Algériens,  la  population  avait  fini  par  croire  qu’ils  n’étaient peut-être pas contre la révolution.

Pour  conforter  la  population  dans  cette  idée,  il  arrivait  aux  soldats  d’origine algérienne  de remettre  discrètement des  cartouches  aux femmes et de  leur dire  de  les donner aux  moudjahidines  si  elles le  voulaient. Cela  faisait bien  sûr  partie du même plan d’action psychologique.

Benaouda  savait  tout  cela  puisqu’il  était  de  la  région.  On  peut  imaginer  son étonnement quand il vit Idir bombardé chef  de cabinet de  Krim. Hiérarchiquement, c’était  Idir  qui  devait  transmettre  les  directives  à  Mohammedi  et  aux  autres membres  du  COM.  De  leur  côté,  ceux-ci  n’avaient  jamais  admis  l’autorité  du nouveau venu.

Notes

[*]  Militant du PPA, membre de l’OS et du Comité des 22, Ancien chef de la wilaya II (Nord-

Constantinois)  ;  membre  du  CNR  A  ;  ministre  du  GPRA  et  membre  du  Comité

Interministériel  de  la  Guerre  (CIG).  Il  a  fait  partie  de  l a  délégation  algérienne  aux

négociations d’Evian.


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5 Commentaires sur cet article

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  • Sami
    1 novembre 2010 at 3 h 57 min - Reply

    Allah yarham Lakhdar Ben toubal! Il n a pas pu ecrire et publier son biographie et sa vie tant qund l »un des plus haut responsable de la revolution, Avec quel sentiment il a quite nous et l »algerie en voyant la situation, c est vraiment effriant ! Ben Toubel et vous caunaissez qui etait ben toubal!!! C est malheureux ce qui s’est passe, parceque on a perdu un homme qui peuvait nous dire bcp de choses concernant la revolution !! Mais hisb franca , il n a rien laisse de bon en algerie




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  • farid
    3 novembre 2010 at 16 h 00 min - Reply

    du fait de cet article, la moitié des algériens étaient soit neutres et en même temps avec les français, ma mère m’a dit un jour que son père mort pauvre avait abrité les plus grandes révolutionnaires du nord costantinois , et il a du fuire avec ses enfants tous filles à alger chez son voisin mon grand père , si on compte 12 millions à cette époque, la moitié travaillé avec le FLN directement ou indirectement , l’autre moitie travaillé avec la France.




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  • ElGhifari
    10 novembre 2010 at 18 h 52 min - Reply

    Ce que raconte Bentobal est important, parce que c’est la première fois qu’on lit la vérité du déroulement de la lutte de libération. Des bribes d’information ont apparu dès l’indépendance, que la révolution avait failli être vaincue. Cela explique aujourd’hui pourquoi les traîtres ont pris le dessus et dirigent l’Algérie vers la faillite.




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  • Med Tahar
    11 novembre 2010 at 12 h 38 min - Reply

    Ce que nous venons d’apprendre des quelques pages des mémoires de Bentobal sont édifiantes, nous souhaitons vivement l’apparition de ces mémoires pour l’histoire de la révolution qui reste à écrire. Peut être qu’un chapitre a été réservé à l’assassinat de Abane Ramdane. Qui sont les acteurs, par qui l’ordre a été donné, comment et pourquoi ??




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  • Driss Nacer
    29 novembre 2010 at 0 h 00 min - Reply

    c’est héro qui connait beaucoup de chose sur la guerre de libération;il venait chaque année dans un petit appt HLM à filfila 25 km de Skikda.il venait seul dans sa vieille voiture,il passe inaperçu;il saluait tout le monde,c’est là qu’il écrit ses mémoires discretement.C’est un G homme allah yarhmou




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