Édition du
30 March 2017

J’aurais tant voulu que……..

Adel H.

J’aurais tant voulu que le 1er novembre n’ait pas encore eu lieu et que le peuple algérien le garde encore en réserve, comme un combat décisif à mener contre l’oppression et l’injustice. J’aurais voulu que ce premier novembre de tous les espoirs ait été celui de 2010, une déflagration inattendue, un orage qu’on n’attendait plus et qui serait venu balayer nos villes et nos villages, noyant sous des trombes d’une pluie bienfaitrice toute la fange dont la puanteur suffocante nous est devenue insupportable.

J’aurais voulu que les sept années et demie de guerre et le jour de fête de l’indépendance disparaissent du calendrier et que les 48 ans qui viennent de s’écouler n’aient été qu’une colonisation sans colons européens. Que le peuple algérien n’ait pas été victime de la plus cruelle des désillusions et de la plus ignoble des trahisons que l’histoire ait jamais portées.

J’aurais voulu que Ben M’hidi, Ben Boulaïd, Didouche et Abane soient des héros à venir et non des martyrs sacrifiés pour rien. Que Messali Hadj, Ferhat Abbas et Ben Badis soient des leaders que le peuple algérien attend encore.

J’aurais voulu que nos montagnes n’aient jamais connu les rafales des mitrailleuses qui tuent des Algériens, par deux fois, à trente-cinq ans d’intervalle. Que notre haine ne se soit pas déversée sur nos propres frères, par deux fois, à trente-cinq ans d’intervalle. Que le cri d’Allahou Akbar ne soit pas sorti de poitrines d’adolescents prêts à affronter la mort, par deux fois, à trente-cinq ans d’intervalle. Que la torture et les exécutions sommaires n’aient pas été le lot de la jeunesse algérienne, par deux fois, à trente-cinq ans d’intervalle.

J’aurais voulu que les déserteurs de l’armée française n’aient jamais déserté et que le MALG n’ait jamais enfanté la SM. Que la course au pouvoir de l’été 62 n’ait eu lieu que dans un film de science-fiction. Que les tyrans assoiffés de sang et les dictateurs avides de pouvoir n’aient jamais foulé le sol d’Algérie. Que les armes de nos soldats n’aient jamais tiré sur des jeunes désarmés qui ne demandaient qu’un peu de dignité et de justice.

J’aurais voulu que le peuple algérien qui a tant souffert conserve encore intact au fond de son cœur ce formidable rêve d’une liberté à conquérir qu’il portait dans son cœur sans trop y croire le 31 octobre 1954.


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4 Commentaires sur cet article

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  • nina
    1 novembre 2010 at 0 h 30 min - Reply

    un premier novembre pas comme les autres ou la soif d’une algerie libre au sens propre du mot; d’ou la necessite d’un changement radical pour valoriser le combat de nos ancetres et plus particulierement les martyres de ce beau pays. allah yarham echouhada




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  • AchArdil
    1 novembre 2010 at 20 h 30 min - Reply

    Nous sommes le 1-11-11,quels chiffres magiques.
    Et en jour faste ton voeu s’est exaucé Adel.
    Nos députés bien rasés ,en costume-cravate ont tous le pantalon remonté et ont adopté la charte nationale de l’Algérie démocratique et sociale.
    Le sous-négus ,empereur à vie de son état est enterré depuis 6 mois.
    Les émeutes n’ont pas eu lieu et les forces de la coalition pour la démocratie sont sorties vainqueur du référendum qui à vu une forte participation du peuple.
    Le changement est là entrain de se concrétiser sans effusion d’aucune goutte de sang.
    On célèbre le début de la deuxième révolution en cette journée ensoleillée et des fanfares exaltées fêtent le retour triomphal des Ben M’hidi, Ben Boulaïd, Didouche et Abane. Ils sont là nos héros,ils sont de retour.
    L’Algérie est indépendante.Vive les Premier Novembre.




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  • D B
    1 novembre 2010 at 21 h 35 min - Reply

    Le 1-11-11. Que n’y avons nous pensé ? C’est vrai! C’est un chiffre magique. Serait-ce que nous allons tourner, dans une année, moins 1, la page de ce livre sublime dont chaque page est un pétale de stupeur ?
    Là bas, tout là bas, un enfant émerge de la colline. Il court comme courent les enfants lorsqu’ils sont habités d’insouciance. Il agitait les bras comme s’il nageait.
    Derrière sa tête, le soleil couchant répand une couronne d’or flamboyant. Il court vers nous, avec de grands gestes fous. Et nous, allongés sur des nattes fraîches, sur le pas de ma porte, sous les murs en pierre grossière de ma maison, nous partagions ce bonheur d’enfant qui éclaboussait le ciel de ses grands gestes fous. L’Mostfa courrait vers nous et répondait aux sarcasmes des hirondelles, par des cris d’enfant heureux. Et elles, comme pour relever le défi, rasaient le sol avant de se déployer vers le ciel, en de fulgurantes remontées, en criant de plus belle. En riant de plus belle.
    Et nous, allongés sur des nattes qui exhalaient l’halfa fraîchement coupée, nous nous nourrissions de souvenirs évanescents qui chevauchaient nos mémoires alanguies. Et de la source vive, toute proche, dont le murmure s’amplifiait avec la nuit ample qui venait doucement, comme une maîtresse délicate, bruissaient des chants de promesse.
    Mostfa s’affala au milieu de nous. Sa course heureuse l’avait essoufflé. Ses yeux bleus se teintaient de mauve, et se mêlaient aux flammes moribondes du couchant. L’Ahmar Khadou s’estompait dans la nuit. Et d’un horizon lointain qui fondait dans les noirs, de lointains avenirs en gestation, d’inquiétantes prémices, de pouls angoissés, montait un sanglot rythmé de soupirs: « Esm’hila ha llemima…Esm’hila fi djihadi… »




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  • Arezki Nait Amar
    1 novembre 2010 at 22 h 22 min - Reply

    Que peut-on faire ? Nous n’avons eu que de mauvais visionnaires !
    L’histoire de l’Algérie contemporaine se résume ainsi !
    Tout erreur de dirigeant,qu’il soit politique,économique, financier,culturel,social, sécuritaire ou militaire , se répercutera automatiquement et d’une manière négative sur le peuple !
    Le pouvoir n’a jamais enseigné dans ses écoles, l’esprit critique , les notions des droits de l’homme, ni les droits des femmes et encore moins le droit d’expression !
    La sagesse nous recommande à tous à ce que la dictature disparaisse d’elle même parce qu’elle a honte d’avoir sévi si longtemps , mais si ce n’est pas le cas , nous la combattrons nous – même journellement et advienne que pourra !
    Nous nous battrons tous les jours que Dieu fait pour avoir notre liberté!




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