Édition du
23 March 2017

Quand la presse « libre » fait dans la censure!

Zehira HOUFANI BERFAS

Le premier devoir des journalistes est d’informer les gens. À cet effet, la déclaration des droits et des devoirs des journalistes, adoptée en 1971 à Munich stipule : « Le droit à l’information, à la libre expression et à la critique est une des libertés fondamentales de tout être humain. »

Une mission dont ne semble pas s’encombrer outre mesure la presse algérienne, puisqu’elle censure délibérément les activités de tout un pan de l’opposition politique qui ne jouit pas de sa sympathie. C’est, entre autres, le cas du mouvement pour le changement démocratique, représenté par le docteur Sidhoum, qui subit un véritable black-out des médias algériens. Militant pour le changement du système politique du pays et l’instauration de l’État de droit, ce mouvement d’essence citoyenne est carrément ostracisé pour ne pas dire plus, de la part de ceux qui sont sensés informer l’opinion. Depuis le début des activités de ce mouvement en 2009, notamment à travers l’Appel du 19 mars qui a mobilisé de nombreux Algériens, pas un journal n’a ouvert ses colonnes pour souligner, ne serait-ce que l’existence d’un mouvement pour le changement démocratique. Et ce, en dépit du soutien que lui apportent plusieurs personnalités politiques et des intellectuels de renom.

Je trouve particulièrement regrettable que le dernier document important de ce mouvement, portant Appel à mobilisation pour un compromis politique historique n’ait pas été le moindrement médiatisé sur la scène nationale. Ce mépris de la presse algérienne est d’autant plus triste, qu’il s’agit d’un document diffusé le 1er novembre 2010, pour faire la jonction avec la déclaration du 1er novembre 1954, qui a scellé l’histoire de la libération de notre pays, dont il s’inspire largement.

À un moment où l’Algérie est embourbée dans une crise dont les conséquences risquent d’être catastrophiques, tout citoyen Algérien est investi du devoir de contribuer à tout projet ou initiative, qu’il juge en mesure d’aider son pays. Aussi, brimer cet engagement citoyen en le marginalisant et en lui refusant la parole, relève d’un déni du droit à l’expression. Et qui d’autres, mieux que les journalistes, savent l’importance de l’expression pour transmettre les idées et permettre aux citoyens de réfléchir ensemble pour résoudre leurs problèmes, et dégager les voies d’un meilleur avenir commun.

S’il est entendu que chaque titre a sa ligne éditoriale et par conséquent s’accorde le droit de refuser certaines plumes, il n’est pas concevable que tous les médias se mettent au diapason pour refuser la parole à des groupes de citoyens qui activent pacifiquement pour mettre fin à la dictature.

Il n’y a rien de plus triste que des journalistes, eux-mêmes brimés par un système politique oppresseur, se mettent à appliquer le même traitement à leurs concitoyens. Des femmes et des femmes interpellés par le malaise qui ronge leur société et qui décidés de prendre leurs responsabilités, en appelant à la mobilisation citoyenne pour mettre fin au désordre de leur pays et contribuer à l’émergence d’une culture démocratique, prélude à l’État de droit. Leur projet de création d’un front national pour le changement démocratique présente une chance qu’on devrait compter au profit de l’Algérie. D’autant que de nombreux observateurs de la scène politique et sociale convergent aujourd’hui pour dire que seul un mouvement d’union nationale est en mesure de changer le système politique du pays. Et c’est justement dans cette perspective qu’intervient le projet de front pour le changement démocratique, qui depuis le début de ses activités ambitionne de sceller cette union entre les Algériens, et ce, par-delà, toutes les contingences dogmatiques qui s’interposent entre eux et cet État de droit qu’ils appellent pourtant, de tous leurs vœux.

C’est fort regrettable qu’un projet qui prône l’union des citoyens pour une Algérie meilleure soit frappé d’interdiction de parole, alors que les détracteurs de ce pays font la pluie et le beau temps en squattant à l’année longue les colonnes de nos journaux.


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18 Commentaires sur cet article

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  • Sami
    5 novembre 2010 at 3 h 24 min - Reply

    Soyez surs mes chers compatriotes que les journaux et la presse en Algérie n’échappent et n’ont jamais échappé a la même règle d’être une presse du systeme réel, a titre d’exemple Mr Abdelhamid Mehri il y’a deux or trois jours a ete interview par chorouck et en reponse a leur question concernant le coup d’Etat contre lui ce on appellait le coup scientifique, il leur a donne une video, mais a ma surprise cette video a été coupée et heureusement j ai pu remarquer ca, ca a été très visible. Donc si quelqu’un de LQA, s’il vous plait, peut le contacter pour qu’il diffuse la vrai version de sa video sur le LQA ou bien sur le youtube. Merci bcp.
    ET n’attendez rien de la presse en algerie il ne sont que des agents de DRS ou au moins des associés. Il faut que l’opposition essaie de rassembler ses ressources et commence 1erement de lancer sa TV, c est une priorité parce que sans faire passer le message aux algeriens on reste comme ca, les choses ne vont pas évoluer, et 2emement essaie d établir des journaux indépendants, mais ceci est pour le moment impossible parce que la police politique ne va pas laisser ca, pour eux c est la plus dangereuse chose qui peut vraiment mettre en danger leur pouvoir et leur règne de vampires.
    Cordialement




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  • Saïghi Djaballah
    5 novembre 2010 at 5 h 04 min - Reply

    Ça prouve, encore une fois, que la, supposée, élite algérienne est très loin des aspirations réelles du peuple et que chacun tire vers son petit coin pour, soit disant, construire sa propre république platonique, qu’on est encore loin de voir les choses en face et de mettre l’intérêt commun au dessus de nos petits intérêts personnels. S’abstenir à de telles occasions, pour une raison ou une autre, ne peut être expliqué que par la complicité et l’immaturité de nos intellectuels. N’oublions pas que notre division sur nous même ça conforte beaucoup le pouvoir en place sinon le renforcer.
    En fin, je joins ma voix à celle de notre compatriote, Zehira, d’appeller les mass média à marquer leur présence à cet évènement qui peut, bien, marquer notre avenir.




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  • El Houari
    5 novembre 2010 at 9 h 02 min - Reply

    Je suis entièrement d’accord avec votre vous concernant la censure de la presse qui se prétend libre et dont le premier devoir est d’informer et non de dissimuler ou de manipuler l’information.

    Reste à savoir le pourquoi de ce manquement au devoir d’informer.

    Dans le cas de la presse Algérienne, il me semble que nous pouvant citer trois cas de réponse possible :

    1er la peur du pouvoir en place ce qui discrédite la presse qui se classe dans cette catégorie qui pratique une censure seulement quant elle touche le pouvoir.

    2eme la soumission au pouvoir dans cette catégorie le pouvoir transmet ses propres critiques qui sont présentées comme des positions opposées a ses actions. Généralement elles sont reprises les deux autres catégories et vite noyer dans le quotidien des informations pour désinformer.

    3eme la propriété du pouvoir ces deux dernières catégories servent à véhiculer le message du pouvoir et pratique automatiquement la censure de tout ce qui n’est pas dans la ligne fixée par ce dernier.

    Mais le plus grave reste l’utilisation d’experts et de personnalité connues pour vehiculer le message du pouvoir avec la contribution de la presse qui en fait une large diffusion sans aucun commentaire ni analyse. Pire encore ces messages peuvent influencer le cours de certains cas d’affaires en justices, dans le sens désiré par le pouvoir bien entendu.

    L’APPEL POUR UN COMPROMIS POLITIQUE HISTORIQUE POUR LA CRÉATION D’UN FRONT DU CHANGEMENT NATIONAL semble laisser craindre pour le pouvoir une similitude avec l’appel de 1954 même si ce dernier se veut pacifique. Mais efficace peut créer une certaine peur au sein du pouvoir de voir les choses évoluer différemment.




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  • Sigma
    5 novembre 2010 at 13 h 08 min - Reply

    C’est vrai que les journaux n’en parlent pas, je trouve qu’ils devraient!!!

    Ceci dit, LQA devrait aussi, en tant que journal online, regarder un peu sa bosse…
    Comment se fait-il que LQA n’écrit pas un mot sur des évenements politiques quand il s’agit pour eux d’adversaires politiques???
    Exemples: Les derniers échanges entre Ouyehia et le RCD à l’APN alors que tous les médias nationaux en ont parlé. c’est vrai que Ouyehia représente le régime et le RCD (à tort ou à raison?) est considéré par LQA comme un adversaire…
    LQA fait également la sourde oreille concernant M. GHARBI condamné à mort pour avoir tué un repenti… pourtant tous les médias en parlent…

    C’est que LQA a sa ligne éditoriale qui est plutot orientée mouvement islamiste…
    Il est donc « de bonne guerre » que les journaux qui ne sont pas du même bord que vous ne parlent pas de vos activités!!!

    =========================================

    LQA est l’organe d’information de l’Appel du 19 mars 2009. Il a sa ligne éditoriale claire reflétant ses axes politiques. Il œuvre au rassemblement des algériennes et des algériens autour de valeurs et de principes communs, en vue du changement pacifique de ce régime illégitime. Il est très attaché aux valeurs civilisationnelles de son Peuple (n’en déplaise à l’ultraminorité qui veut le déraciner), à la véritable démocratie, celle qui permet à son peuple de choisir librement et souverainement ses dignes représentants, et non à la démocratie sélective de ceux qui craignent la sanction de ce même peuple. Il est très attaché au respect de la dignité humaine et des Droits de l’Homme dans leur intégralité et sans exclusive ni exclusion, pas à l’indignité sélective de ceux qui voulaient éradiquer une partie de leur peuple.
    LQA s’intéresse aux vrais problèmes qui se posent à notre peuple et non au carnaval fi dechra de ceux qui font semblant de gouverner et de ceux qui font semblant de s’opposer (moyennant des salaires de 300 000 DA /mois), comme cela s’est passé dernièrement à la Chambre Nationale d’Enregistrement que certains appellent pompeusement APN. Cela n’est pas de la politique mais du carnaval boulitique pour « occuper » le « ghachi » qui n’est pas si idiot que le pensent les services de l’action psychologique qui organisent ces pièces théâtrales de bas étage.
    La ligne éditoriale de LQA ne divise pas et n’exclue pas. Le nationaliste, l’islamiste, le social-démocrate et le communiste ont tous leur place sur la scène politique. Et seul le Peuple est juge de la place qu’occupera chaque courant, à travers le suffrage universel libre et non à travers des « quotas » attribués dans les officines de Ben Aknoun. Il faudrait que cette minorité atteinte de schizophrénie politique et qui se prend pour la majorité, comprenne définitivement cela.
    Quant à la « presse » à ne pas confondre avec les dizaines de journalistes dignes que nous connaissons, nous savons ce qu’elle vaut et de qui, elle reçoit les consignes. Nous nous faisons aucune illusion sur elle, et plus particulièrement celle qui a joué le rôle de la « Radio des mille collines » durant les années de sang et de larmes avec ses faux communiqués et ses campagnes de délation et d’éradication. Connaissant de très nombreux journalistes, leur sens de l’éthique journalistique et leur compétence, je reste optimiste et persuadé que demain, une fois notre Algérie libérée de l’imposture au pouvoir, la véritable presse naîtra et donnera un sens à la véritable « aventure intellectuelle » qui n’a rien à voir avec l’aventure de la poignée d’«intellectueurs » devenus milliardiaires sur le dos de jeunes journalistes sous-payés et non déclarés à la sécurité sociale!
    Salah-Eddine




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  • zehira Houfani Berfas
    5 novembre 2010 at 15 h 23 min - Reply

    @sigma
    Arrêtez de justifier l’injustifiable en vous appuyant sur le fallacieux prétexte que LQA est orienté mouvement islamiste! Ce mouvement est le condensé de notre Algérianité, comme nous l’avons vécue et comme nous la voulons, sans haine ni pour M. Saadi, ni pour M. Belhadj. Ils sont Algériens et ont droit de cité dans l’opinion. Comme vous et moi. Ne faisons pas dans la division, la haine, la méfiance, c’est tout cela qui nous a conduit là où nous sommes. Ne trouvez-vous qu’il y’a déjà assez de casseurs de l’Algérie? À LQA, nous le savons et jamais, nous ne renforcerons leur rang.
    Quand à la presse, notamment les grands journaux algériens à l’échelle nationale, le fait de mettre la chape sur le mouvement du changement est un acte de censure, et rien d’autre.
    Cordialement




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  • Nourredine BELMOUHOUB
    5 novembre 2010 at 19 h 52 min - Reply

    Peut-on et doit-on continuer à qualifier une certaine presse de ce qu’elle n’est pas, des lors qu’elle est assujettie à une double censure :
    – Celle de la censure (Comprenne qui voudra)
    – et celle des patrons, qui privilégient la pub à l’Ethique et la déontologie

    LE JOURNALISME : UN DEVOIR, UNE MISSION ET UN ART.
    SINON, UNE INFO-IMPOSTURE

    La qualité de la presse dépend beaucoup plus du bon journalisme,
    celui qui excelle sur des terrains hostiles au DROIT.
    Par : Nourredine BELMOUHOUB (*)
    Le journalisme entre subjectivité et objectivité.
    Peut-on aujourd’hui s’aventurer à soutenir que le journalisme chez nous n’est gardien d’aucune orthodoxie, au service d’aucun parti. Peut-on affirmer que les équipes de journalistes exerçant dans différents titres de la presse dite libre et indépendante, dont les divergences politiques se laissent plus ou moins deviner, se veulent avant tout des spécialistes, c’est-à-dire des professionnels ayant en commun un même souci, ou plutôt un même sens de l’objectivité, une même probité intellectuelle, un même langage, le même souci de satisfaire déontologiquement le lecteur
    L’information, est-elle livrée au lecteur avec un niveau de d’analyse qualitativement supérieur, impersonnel et objectif. Les commentaires qui sont « servis » entendent-ils prolonger l’information, l’éclairer sans la déformer. Nos journalistes, -à quelques rares exceptions- font-ils en sorte qu’ils aient la positivité des faits et leur évidence irrécusable. Enfin leurs commentaires, s’ils ne sont politiquement pas orientés, sont-ils intelligents ? Le lecteur averti découvre sans peine qu’une bonne partie de la presse qui se dit libre et indépendante, joue sur plusieurs registres, avec le même clavier.
    Ne dit-on pas que les journalistes sont les historiens de l’instant, mais souvent on se rend compte sans que cela ne nécessite une analyse poussée, que des faits sont reportés par différents titres d’une manière différente, ce qui permet au lecteur averti d’arriver à la conclusion que certains journalistes donnent l’impression de ne pas appartenir à la même histoire.
    Le journalisme : objectivité et symétrie.
    Il n’est certes pas admissible que les soucis et l’inquiétude de la jeunesse sur leur avenir et sur la qualité de l’attention qu’on leur « offre » se traduisent par des manifestations de rue aux conséquences imprévisibles, mais le gouvernement à tort de ne pas les prendre au sérieux et de répondre par des mesures répressives « musclées ». Nous avons là, sous la forme d’une figure simple et innocente la symétrie, la rhétorique du commentaire objectif : Les manifestants non pas raison, le gouvernement non plus, et son style journalistique nuancé : ne rien exagérer. Symétrie des conduites, partage des responsabilités, renvoi dos à dos des parties. Ici le journaliste se met en position d’arbitre.
    En position seulement, car l’arbitrage semble impossible. Juger en politique n’est-ce pas en effet prendre parti ? Et toute prise de position n’est-elle pas par définition partiale, subjective, inconciliable par conséquent avec l’objectivité recherchée ? Ce n’est pas le statut de l’arbitre -ici le journaliste- qui garantit l’équité du jugement, mais la nature de celui-ci, toujours égale à elle même (l’équilibre prononcé par le renvoi dos à dos des parties) qui donne au journaliste-arbitre son statut. Curieusement il ne peut conserver sa position qu’en renonçant à sa profession.
    L’objectivité se caractérise par sa nature formelle qui s’exprime et s’épuise dans ses figures de rhétorique. Il en va de même pour toutes les valeurs dans le monde de l’objectivité.

    Le journalisme : objectivité et psychologie.
    Le positivisme : Souvent, la forme interrogative crédite le journaliste d’une prudence et d’une probité intellectuelle qui ne dépendent de la question posée que dans la mesure où elle reste en suspens. Incapable honnêtement de trancher, le journal –quand ce n’est pas le journaliste- nous renvoi à la positivité des faits, lesquels sont évoqués en revanche avec une précision et une compétence de spécialiste. Le positivisme s’en tient aux faits et s’interdit de conclure. D’ailleurs, une provocation n’a jamais la positivité d’un fait, c’est un procès d’intention qui échappe à l’analyse objective. Toute hypothèse sur l’origine des incidents paraitra vaine au regard de la réalité.
    La neutralisation du sens : Tout se passe donc comme si le succès de la provocation ôtait tout sens à l’interrogation sur celle-ci. Il est vrai que cette désinvolture s’explique si nous restons dans une perspective purement psychologique : lorsque deux personnes en viennent aux mains, il est vain de s’interroger sur l’origine de la querelle. Peu importe qui a commencé ! Seul importe cet affrontement absurde qu’il faut d’urgence arrêter. Dans une perspective psychologique, la violence est toujours dépourvue de sens.
    Le commentaire oiseux s’efface donc devant l’information pure. Mais on sait maintenant que l’information n’est pure que lorsque les faits s’organisent selon une structure symétrique qui en neutralise le sens, permettant ainsi à l’observateur « objectif » de se maintenir en équilibre au dessus de l’événement.

    Le journalisme : objectivité et morale :
    Pour conserver cet équilibre, le journaliste est conduit à déformer les faits qui pourraient le rompre. L’information « pure » est une information rectifiée. Le commentaire « objectif a pour fonction de mettre en garde le lecteur contre l’évidence du fait, son sens trop transparent, et de suspendre son jugement. Souvent chez nous, le journaliste après avoir couvert un événement, une manifestation, pour éviter, et de peur de se retrouver devant un tribunal, finit par noyer les faits par exemple comme suit :
    L’initiative de la violence n’est pas imputable aux forces de l’ordre, puisque elles sont par définition, garante de l’ordre, il faut donc qu’elle vienne des manifestants, mais une telle réponse est souvent masquée par une nouvelle opposition, aussi factice que la première. Les brutalités sont rejetées sur des « éléments » incontrôlés que l’on retrouve dans les services de l’ordre et parmi les manifestants. En somme le journaliste rapporte que les seules brutalités que l’on peut regretter, sont celles dont personne ne peut répondre. Les services de l’ordre en tant que telle –ceux qui donnent les ordres, comme ceux qui les exécutent- ne sont pas en cause, tout comme les manifestants. Les brutalités sont donc avec subtilité, dénuées, dépourvues de signification. L’objectivité de ce genre de journalisme consiste à traduire le témoignage à valeur politique en protestation morale. Cette traduction exige une déformation malhonnêteté du témoignage cité. En effet celui-ci ne fait aucune allusion aux « agents désobéissants », inventés pour les besoins de la symétrie apparemment avec une feinte prudence. Les agents de l’ordre ne passent pas outre les consignes, ils les exécutent.

    Le journalisme : objectivité et histoire.
    Quand les analyses ne se valent pas, par conséquent, car elles ne vont pas toutes dans le sens de l’histoire. L’objectivité chez bon nombre de journalistes est d’une autre nature, elle implique une rupture théorique autant que pratique de la politique –règne des passions mesquines et des motivations superficielles- et l’impartialité de l’histoire, et la possibilité d’un choix entre ces deux ordres complémentaires et inconciliables. Possibilité permanente, car elle ne dépend pas du temps mais d’une attitude : si la partialité politique est une passion, l’impartialité historique est une ascèse. On ne peut vivre et voir, être juge et partie. L’apolitisme est un des éléments constitutifs d’un savoir purement contemplatif. D’où l’insoluble problème du journalisme objectif, historien du présent, pris entre l’action qui peu mais ne sait pas, et la pensée qui sait mais qui ne peut pas.
    En marge de l’événement, face aux hommes de parti que l’intérêt et les passions aveuglent, la ou le journaliste doit avoir la dignité du penseur et le regard « moralement » lucide, sinon il ne sera qu’un porte-plume et un salisseur de papier.

    (*) Défenseur « Libre » des Droits de l’Homme.




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  • madjid hamouda
    5 novembre 2010 at 20 h 48 min - Reply

    Bonsoir,
    Puisque la presse nationale vous boycotte complétement, pourquoi ne créez vous pas votre propre journal. Dites vous bien une chose c’est qu’internet n’est pas accessible à la grande masse.




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  • Ahmed HANIFI
    6 novembre 2010 at 13 h 04 min - Reply

    En 2002, lors du « procès Nezzar » j’avais fait une étude (publiée in Algeria Watch) qui montrait déjà, combien nous ne pouvions parler de presse indépendante en Algérie. Il n’y a qu’à s’interroger sur les propriétaires et les pontes des journaux les plus en vue, d’interroger leur passé avant avril 1989, leur rôle à l’époque du parti unique, pour que tout s’éclaircisse (ou presque). En 1988 ils ont manipulé les données pour faire émerger un groupuscule (c’était facile pour eux, vue les positions qu’ils occupaient au sein des administrations. On a été jusqu’à écrire qu’ils se sont battu pour la liberté de la presse en 1987 et avant. Ce qui, factuellement et historiquement monstrueusement faux (ils voulaient des logements et des paies conséquentes). Plus tard, à partir de 1992 ils ont allumé des feux un peu partout, appelant pour certains d’entre eux à la Bantoutanisation de l’algérie (rappelez-vous l’égoût qu’était L’Hebdo Libéré et son patron qui était aussi à El Djeich, ANP). Aujourd’hui ils continuent de se contenter du même régime qu’ils ont dit pendant des mois (des années) combattre. Il est vrai que leur appointements se sont quintuplé que dis-je multiplié par 50 voire plus pour certains. Ils sont aujourd’hui encore le 4° pouvoir du Pouvoir.

    ======================
    Pouvez-vous nous adresser une copie de votre article pour pouvoir le publier et rafraichir la mémoire de nos compatriotes.
    Merci.
    La Rédaction LQA




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  • Grim
    6 novembre 2010 at 21 h 14 min - Reply

    La presse – qu’elle soit écrite, parlée ou audiovisuelle – ne censure pas que l’opposition politique.
    «Le Quotidien d’Algérie» m’a permis de m’exprimer sur des questions forestières lorsque d’autres médias n’autorisaient pas l’évocation de propositions ou d’anomalies dès lors qu’on fait état de faits précis.
    Que quelqu’un fasse l’expérience d’aborder en termes argumentés des questions telles que celle du Barrage vert, de la lutte contre les incendies de forêts, de la formation, de l’aménagement généralisé des formations forestières naturelles, de l’importance de la génétique forestière, de l’industrie du bois… dans ce qu’on appelle abusivement la presse libre…

    Seul l’étalement de généralités est permis.

    Je demande depuis longtemps que l’évaluation du patrimoine forestier algérien soit établie pour les années 1960, 1970, 1980, 1990, 2000, 2010; les documents et les techniques existent pourtant.

    La Banque Mondiale a financé un projet d’actualisation du cadastre forestier en 1994; aucun journaliste ne s’avisera de révéler la raison pour laquelle l’opération traîne et à plus forte raison de dire où est passé le budget accordé.

    Le scandale de l’attribution de doctorats es sciences à des dignitaires forestiers incompétents est toujours tû.

    Le même média bien en vue qui vous refuse de vous exprimer sur ce qu’on vient d’énoncer vous permet par contre d’injurier sans risque le D.R.S. ou Abdelaziz Bouteflika.

    Les réalités algériennes sont plus perverties qu’il n’y paraît.




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  • Arezki Nait Amar
    6 novembre 2010 at 23 h 32 min - Reply

    Les titres pionniers de la presse « libre » viennent de fêter leur vingtième anniversaire. C’est facile pour nous de critiquer cette jeune presse « libre » sur les plans de l’éthique et de la déontologie mais connait-on au moins les difficultés qui l’empêchent de réaliser son épanouissement et son indépendance vis à vis du pouvoir ?
    Cette jeune presse est exposée quotidiennement aux pressions du pouvoir politique qui décide unilatéralement de l’octroi ou non de la manne publicitaire des entreprises publiques et qui fixe les limitations du tirage des journaux qui est assuré par les entreprises de l’Etat. En outre, les moyens de diffusion de ces journaux sont essentiellement détenus par l’Etat.
    Quand les moyens d’impression et de diffusion des medias relèvent du monopole d’un Etat totalitaire comme c’est le cas dans notre pays,on ne peut se permettre de parler de presse libre. C’est le pouvoir , selon son bon vouloir, qui ouvre ou qui ferme les vannes de la liberté d’expression.
    C’est pour toutes ces raisons-là que la presse « libre » s’autocensure pour éviter les repressailles du pouvoir.




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  • Arezki Nait Amar
    7 novembre 2010 at 0 h 42 min - Reply

    En raison de la férocité du pouvoir-DRS qui sévit dans notre pays , l’opposition algérienne qui a élu domicile à l’étranger comme Rachad , l’Appel du 19 mars 2009, etc… n’a aucune chance pour que ses activités soient relayées par les journaux nationaux dits libres.
    Notre seul salut est le e-mail comme font les chinois libres pour lutter contre leur dictature .




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  • wahid
    7 novembre 2010 at 3 h 19 min - Reply

    @
    Je reprends des questions que j’ai soulevées ultérieurement sur le site LQA, pour attirer votre attention.

    Quelle sera l’impact des nouvelles technologies de l’information, à courte terme sur l’efficacité de la stratégie du pouvoir à contrôle les medias et à long terme sur le mode de gouvernance en Algérie ?

    Du moment que cette liberté est censurée, quel usage peut-on faire, Judicieusement de ces nouvelles technologies pour déverrouiller le champ médiatique en Algérie, et promouvoir les libertés sous toutes ces formes ?
    Quel sera le rôle de ces nouveaux outils de communication et les technologies de l’information sur le rapport gouverneur versus gouverné et sur le timing du processus de démocratisation du système politique en Algérie.

    Désormais l’Internet modifie nos manières de nous informer et tend à supplanter les médias traditionnels en matière de la formation des opinions ?

    « Le psychologue social américain Leon Festinger sur la dissonance cognitive, la sociologie des médias a souvent fait l’hypothèse d’une exposition sélective à l’information. Lorsqu’ils utilisent les médias, beaucoup d’individus chercheraient surtout à renforcer leurs opinions politiques et éviteraient les informations qui pourraient contredire leurs convictions et les mettre dans un état de malaise psychologique. »

    Que peut on faire dans ce cas ?
    POUR CHANGER LA POLITIQUE DES CLANS PAR UNE POLITIQUE DES CITOYENS.

    Ce sont les nouvelles technologies de l’information qui nous ont permis de s’exprimer librement, de débattre confortablement, de chez soi sans nécessairement occuper le même espace physique, qui ont démocratisé la communication, et élargie le champ de la libre expression.

    C’est ces nouveaux outils, désormais, qui vont révolutionner le mode de gouvernance et la politique en générale ce sont les nouvelles armes du guerrier de ce siècle, les journaux On-line, les Blog’s, les forums. Le message du simple Hello, aux discours politiques des qu’il sont mis en ligne, sont vite transmis, décrypté, reçu, perçu et le message passe bien.

    L’outil Internet comme vous pouvez vous-même en juger, favorise et de façon spectaculaire des activités en réseau, (la formation de réseaux virtuelles de militants pour une cause juste), les multimédias sur le net, par exemple le clip on-line, Blogs, etc, sont mise en ligne avec rapidité et efficacité remarquable pour mener des compagnes d’information, de propagande politique ou des guerres médiatiques.

    Dans ce même ordre d’idée, la démocratisation de l’usage de l’Internet sera fatale pour ceux qui se bornent à contrôle les masses.

    Oui sans aucun doute….

    Je ne doute pas une seconde de l’efficacité de ces nouveaux outils de télécommunication, des technologies de l’information et de leur impact sur le rapport gouverneur gouverné.

    Ce régime dictatorial qui est le sujet de débat sur ce site. FATALITE, tomberai de lui même, c’est une question de temps, et les nouvelles technologies de l’information vont contribuer à accélérer sa chute.

    En Algérie, il y a quatre millions d’internautes ce qui n’est pas négligeable.

    Je réalise désormais, que le changement tant souhaite par les uns et les autres passerait nécessairement par ces espaces virtuelles, c’est fascinant cette l’autoroute de l’information, n’est ce pas ?

    Il suffit d’une utilisation judicieuse de ces techniques et technologies pour voir des miracles se réaliser.

    Il faut être créatif et innovateur car la politique avant tout est un ART.

    Cordialement

    Wahid




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  • radjef said
    8 novembre 2010 at 21 h 15 min - Reply

    Bonsoir tout le monde. Mme Houfani, bonsoir. Il ne s’agit pas de censure, mais il s’agit bel et bien de manipulation, de mercenariat et de complaisance intellectuelle. Un exemple Mme: Chaque soir, des jeunes filles disparaissent au seuil de leurs cités universitaires. Les cas les plus flagrants sont enregistrés à Tizi, ou les filles sont arrachés de force par les pornocrates de l’ANP…Des centaines de familles au Djurdjura ne savent plus a quel saint se vouer; leur drame est immense et leur humiliation n’a pas d’egale. Tout le monde sait ce qui se passe avec ces jeunes filles qu’on fait prostituer dans les nights clubs: les partis politiques, les citoyens anonymes et la presse. Mais la presse algerienne qui n’est qu’un reflet de pouvoir de tirailleurs, de zouaves, d’esclaves et de delinquants sexuels s’emeut du sort qui est reservé a une mùilitante des droits de l’homme de la pseudo RASD, mais ignore le drame et le supplice des familles algeriennes. Le Roi du Maroc est un conquerant; il cherche a sortir les marocains de leur misere. C’est un homme patriote qui pense à son peuple et à son pays…Un autre exemple Mme: à partir de 18heures tous les officiers de l’armée et de la police garent leurs voitures devant devant les cités de jeunes filles. Tout le monde sait cela. Sauf Al Qaeda Maghreb a qui la presse algérienne attribue une capacité de nuisance hors du commun…Mme la presse algerienne c’est de la foutaise; elle est a l’image du colonel Fouazi et ses compagnons d’affamés.

    DB: Mon cher Saïd
    Ce que je viens de lire, dans ton intervention, m’a bouleversé. Ce que tu viens de décrire est terrible, monstrueux, impardonnable, ne peut pas passer comme ça, du dénoncé à l’oublié. Tu dis: « Chaque soir, des jeunes filles disparaissent au seuil de leurs cités universitaires. Les cas les plus flagrants sont enregistrés à Tizi, ou les filles sont arrachés de force par les pornocrates de l’ANP…Des centaines de familles au Djurdjura ne savent plus a quel saint se vouer; leur drame est immense et leur humiliation n’a pas d’egale… »
    Si ce que tu dénonces est avéré, alors nous sommes entrés dans la pire situation que nous aurions pu prévoir. Mais nous ne sommes pas désarmés, contre ce genre de crimes. Nous avons la possibilité de remuer l’opinion internationale. Si, comme tu le dis, des centaines de familles sont dans la détresse, que leurs filles ont été enlevées, livrées à la prostitution, par des membres des « services de sécurité » nous serions des monstres et des lâches si nous continuions à nous livrer à des vaines polémiques, au moment où ces compatriotes vivent une telle tragédie.
    Je savais déjà, depuis longtemps, que des proxénètes professionnels, issus des milieux sécuritaires, avaient pris possession des cités universitaires destinées aux étudiantes. Je savais qu’ils ciblaient des étudiantes socialement défavorisées, pour les exploiter, les prostituer, ou s’en servir comme dealers, mais à ce point que tu décris, et qui peut donc être prouvé, cela devient une situation qu’aucune institution internationale ne peut ignorer, ni aucun homme d’honneur accepter. Je suis prêt, en ce qui me concerne, à faire l’impossible pour répondre à l’appel de ces familles, et combattre à leurs côtés. Et je suppose que ce sera le cas de tous ceux qui auront lu ton intervention




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  • zehira Houfani Berfas
    8 novembre 2010 at 22 h 09 min - Reply

    @cher frère Radjef,
    Permettez-moi d’exprimer, à travers vous, toute ma compassion et ma solidarité à toutes ces familles éprouvées par la déchéance épidémique que tous ces dépravés, dont vous parlez, ont répandu dans la société algérienne. Toute cette complicité et indifférence collective des pseudo-intellectuels, politiciens, etc devant un tel degré de malfaisance, est plus que révoltante et je comprends votre colère, et aussi votre dégoût de voir autant de pourriture souiller impunément notre Kabylie. Je viens de lire l’intervention de DB et je le rejoins pour vous demander d’écrire sur ce sujet et nous nous chargerons de le diffuser largement et de le transmettre aux organisations internationales concernées. De plus, il nous permettra d’interpeller les partis politiques et les députés, en particulier de la région pour les mettre devant leur responsabilité dans le drame de ces familles. Je pense notamment au FFS et RCD, PT etc.

    P.S. C’est pour changer tout cela que nous sommes à LQA. Concernant la presse et la censure, nous en reparlerons ultérieurement, même si vous et moi savons fort bien de quoi, il retourne.




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  • Arezki Nait Amar
    8 novembre 2010 at 22 h 58 min - Reply

    Ce que décrit Said Radjef en kabylie est abominable et dépasse tout entendement ! Nous sommes solidaires des familles des victimes auxquelles nous disons que nous ferons tout pour identifier ces criminels et de les dénoncer aux institutions internationales compétentes !
    Oulach Smah Oulah ( pas de pardon) !




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  • zehira Houfani Berfas
    9 novembre 2010 at 14 h 40 min - Reply

    @M. Hanifi,
    Ravie de vous retrouver parmi nous à LQA. Un espace où le coeur de l’Algérie bat au rythme de nos espérances : fortes et grandes. Désolée, je n’ai pas vu vos précédents commentaires sur le 1er novembre. Ce serait effectivement bien de publier votre article concernant la presse algérienne sur notre site.
    P.S. J’espère que vous gardez toujours le fort « littéraire ».




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  • Ahmed HANIFI
    12 novembre 2010 at 16 h 52 min - Reply

    Merci Zehira,
    Je me permets de te tutoyer pour te remercier pour le mot. J’adhère à nombre de points soulevés dans le manifeste.
    Comme tu le dis je garde (ou essaie) un espace conséquent pour l’écriture. Mon dernier roman est paru récemment (L’amer jasmin de Fès).
    Je voudrais te remercier pour tout le travail que tu effectue qu’il soit littéraire ou politique, sur la toile ou en Amérique.
    L’écrit est souvent ce qu’il nous reste lorsque l’espoir en l’homme semble parfois plier.




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  • zehira Houfani Berfas
    12 novembre 2010 at 17 h 45 min - Reply

    @ Ahmed Hanifi,
    A-t-on besoin de me remercier quand je ne fais qu’exprimer ma passion pour l’Algérie? Je peux te dire qu’en ce qui me concerne, c’est un moyen de lutter contre la démence, de voir le tragique sort de notre pays, de savoir le potentiel considérable, mais inerte, de nos élites, et de chercher désespérément à les faire rencontrer.
    Félicitation pour ton nouveau roman et j’espère te croiser dans les rangs grandissants de notre mouvement pour le changement démocratique.
    Meilleures salutations.




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  • Congrès du Changement Démocratique