Édition du
26 March 2017

« AUJOURD’HUI, PLUS QUE JAMAIS LA MEMOIRE EST REVOLUTIONNAIRE »

AMOKRANE NOURDINE

«   AUJOURD’HUI, PLUS QUE JAMAIS LA MEMOIRE EST REVOLUTIONNAIRE »

(REGIS DEBRE IN AVEUGLANTES LUMIERES, GALLIMARD 2006)

A l’occasion de sa visite en Algérie au salon du livre (quinzième édition du SILA 2010), le sociologue genevois Jean Ziegler engagé dés sa prime jeunesse et toujours engagé pour l’émancipation des pays du SUD à déclaré dans son interview au quotidien algérien EL WATAN : « Mis à part l’Egypte, l’Afrique du Sud, l’Algérie le Nigeria et l’Ethiopie, la majorité des 53 pays en Afrique vivent dans la misère sur le plan économique, surendettés et dirigés par des élites faibles. Dans ces pays, la construction nationale, durant les 50 dernières années, a été déficiente. Selon la FAO, 81 millions d’Africains étaient sous-alimentés en 1975. En 2005, ils étaient 202 millions d’Africains à être dans cette situation…. »

Ceci étant vrai mais l’Algérie qui a payé un prix énorme sous la colonisation française et riche de sa grande révolution se serait porté beaucoup mieux et aurait réussi son décollage économique et émerger à l’instar d’autres pays du tiers-monde si « des intérêts personnels ne s’étaient pas substitués aux plus vitales urgences d’une société déchirée »

Considérant que depuis toujours la pauvreté des pays du Sud fait la richesse des pays du Nord et qu’ils subissaient et continuent à subir la violence et l’exploitation de leurs ressources naturelles, l’Algérie si elle n’était pas victime des prédateurs intérieurs aurait RESISTE beaucoup mieux à la violence des pays du Nord et à la mondialisation néolibérale. La mauvaise gestion de l’islamisme contrairement à nos voisins marocains et tunisiens a été désastreuse. La troisième guerre d’Algérie (1991-2000) n’avait été utile qu’à une minorité de milliardaires et les destructions, les pertes humaines auraient pu être évitées (200 000 morts et la destruction du secteur public).

L’infantilisme et l’assistanat sous le socialisme spécifique de BOUMEDIENNE et « Sous la présidence du président Chadli, le ralentissement puis l’arrêt des investissements publics productifs, les relèvements successifs du plafond des capitalisations privées, l’ouverture ( souvent contre des commissions mafieuses) au capital international, la reconnaissance du trafic de devises, les « restructurations » des entreprises publiques visant à leur rentabilisation souvent aux dépens de la production, comme des unités de la révolution agraire n’ont qu’aggravé la dépendance à l’égard du capitalisme algérien naissant, lui-même lié à son homologue étranger. »  Et Aujourd’hui l’économie de bazar et toujours la dépendance du prix de baril de pétrole ont fini par rendre sceptiques les algériens qui assistent à  l’enrichissement éhonté d’une caste insatiable  alors que le chômage de larges pans de la société persiste. De l’avis de tous l’Algérie ne voit pas le bout du tunnel.

JEAN ZIEGLER Invité par l’Algérie  a ses raisons de se satisfaire ; nous le remercions de redonner l’espoir.

Quoi qu’il en soit les ALGERIENS croiront vraiment lorsque l’amorce réelle du processus de démocratisation verra le jour


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3 Commentaires sur cet article

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  • Samir
    6 novembre 2010 at 18 h 40 min - Reply

    je me demande quelles sont les raisons pour lesquelles Mr Ziegler se satisfait..est ce que parcequ’il etait l’invite d’honneur du gouvernement Algerian????




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  • Arezki Nait Amar
    6 novembre 2010 at 19 h 27 min - Reply

    Mr Jean Ziegler ménage l’Algérie dans son analyse économique car il a lié des liens d’amitiés avec de hauts responsables politiques algériens qui transitaient par la Suisse durant la guerre de libération nationale. Il a renoué et entretenu ses relations avec eux après notre indépendance.Il est l’ami ,entre autres, des présidents de la République successifs : Ahmed Ben Bella, Houari Boumediène, Chadli Bendjedid et Abdelaziz Bouteflika.
    En un mot , il est considéré par le pouvoir comme un ami fidèle de l’Algérie.




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  • Zineb Azouz
    7 novembre 2010 at 0 h 23 min - Reply

    Chers amis,

    je vous soumets un texte de Jean ZIEGLER paru en Octobre 1997 mais toujours d’actualité, pour notre grand malheur :

    LES NABABS DU LAC LEMAN

    Pour Jean ZIEGLER, député suisse spécialiste des banques, les généraux corrompus engraissent leurs comptes numérotés grâce aux vieux réseaux de financement de la guerre d’Algérie.

    Les centaines de victimes de massacres de Raïs et de Ben Talha ne risquent pas de chagriner les militaires : par leur mort, elles contribuent au maintien de la rente pétrolière des généraux algériens, déposée majoritairement dans les banques de Genève. Depuis plus de cinq ans, depuis le coup d’Etat militaire de janvier 1992, le sanglant chaos organisé par les tueurs islamistes (certains de leurs officiers traitant au sein des services secrets algériens) sert admirablement la stratégie des généraux : aussi longtemps que, dans la Mitidjia, la banlieue d’Alger ou en Kabylie, les femmes, les hommes et les enfants sont égorgés par les émirs du GIA, personne ne parlera d’élections libres. Élections que les généraux seraient certains de perdre. Et avec elles les faramineux profits qu’ils tirent mensuellement des revenus du gaz et du pétrole.
    A Genève, des rues entières appartiennent aujourd’hui, par le truchement de sociétés immobilières par actions (qui garantissent l’anonymat des propriétaires réels), à des généraux et des directeurs de sociétés d’Etat de la pétrochimie algériens. D’immenses fortunes prospèrent sur les comptes numérotés algériens. A Berne, un général Algérien – Abdelmalek Guenaizia – occupe l’ambassade. Il veille sur la bonne marche des transferts. Certains diplomates algériens se sont même fait rappeler à l’ordre par le département (Suisse) des Affaires étrangères : ils passent leur temps à fonder des sociétés écrans au Liechtenstein. Ce qui n’est pas exactement une activité classique de diplomate.

    Pourquoi Genève ? D’abord parce que Genève est une des grandes places financières de la planète offrant des services compétents et discrets. Les banquiers privés de la place sont habitués à organiser l’accueil des butins de la corruption. Ensuite, entre Genève et les Algériens, il existe une longue histoire : durant la guerre d’indépendance (1954-1962), Genève avait été l’arrière-base financière du FLN. La Banque Arabe SA (tombée plus tard entre les mains de Guenoud, l’exécuteur testamentaire de Goebbels) avait été fondée par Mohamed Khider, trésorier du FLN.

    La plus grande partie de la diaspora algérienne en France à, durant toute la guerre, versé annuellement des millions de francs dans les caisses du FLN. Depuis Genève, ces millions ont permis d’acheter des armes, de financer l’infrastructure sociale, politique, diplomatique du FLN, plus tard du gouvernement provisoire. Ben Bella, Hocine Aït ahmed, d’autres dirigeants historiques, ont négocié en 1962 dans les environs immédiats de Genève – à Evian, au Signal de Bougie, dans d’autres lieux encore – avec Joxe et De Leusse la liberté de leur patrie.

    Inutile de dire que les dirigeants historiques ont été des hommes profondément honnêtes : Lebjaoui, Aït Ahmed, Ben Bella ont eu des relations suivies avec les banquiers genevois dans l’intérêt exclusif de leur mouvement de libération, plus tard, de leur Etat. Avec le coup d’Etat militaire de 1965 contre le gouvernement Ben Bella, la situation a radicalement changé. Khider a été assassiné à Madrid par les sbires de Boumediene. Lebdjaoui et beaucoup d’autres ont choisit l’exil permanent. Ben Bella a disparu en prison pour quinze ans. Mais les réseaux discrets du financement, les structures d’accueil complexes de capitaux clandestins étaient en place. Ces réseaux, ces structures servent – surtout depuis l’avènement au pouvoir du général Chadli, et plus nettement encore depuis le coup d’Etat de janvier 1992 – les corrompus algériens de tout poils.
    Même les députés conservateurs suisses s’en étonnent : jamais jusqu’à ce jour le gouvernement algérien n’a déposé la moindre requête en entraide judiciaire internationale pour récupérer ne serait-ce qu’une modeste partie de ce butin sanglant volé au peuple algérien.

    Par Jean ZIEGLER




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