Édition du
27 July 2017

Tu vas à présent aider un autre

Par Nourdine Amokrane
Il m’en reste quelques brides de la déclaration même si je ne me souviens pas vraiment de sa formulation. Un président ou un américain célèbre avait déclaré aux Américains : « Il ne faut point demander ce que l’Amérique peut faire pour vous, mais ce que vous pouvez faire pour l’Amérique ».
C’est bien vrai que les habitants du tiers-monde ne vivent pas du tout dans le gaspillage incessant des Américains et que nous manquons de beaucoup de moyens. Tout reste et restera durant longtemps à réaliser dans les pays du Sud courant sur un chemin semé d’embuches après le développement ; le développement durable nous disent les personnalités éclairées ; toutes les commodités pour allonger toujours plus l’espérance de vie. Beaucoup reste à réaliser et le phénomène de la famine à s’atteler à éradiquer (un enfant meurt toutes les cinq secondes de famine dans le monde). Une honte alors que la planète est capable de nourrir 12 milliards d’individus quasiment le double du nombre d’habitants qu’elle en compte aujourd’hui soit 6,5 milliards (se référer au combat, aux dénonciations des mécanismes d’assujettissement des peuples du Sud à l’ordre cannibale du monde de Jean Ziegler ; ses nombreux livres dont Les maîtres du monde, L’empire de la honte entre autres aux éditions fayard).

Ainsi donc la création de partis politiques, de forces de propositions naissent ou avaient vu le jour dans un tiers-monde encore « sevré » de paroles ; ignoré consciemment par les maîtres du monde (« Insensible aux souffrances des peuples du Sud, à leurs mémoires blessées, l’Occident reste aveugle et sourd, bétonné dans son ethnocentrisme »), dont la philosophie malsaine demeure l’élimination de l’autre afin de vivre toujours plus dans le gaspillage sans frein. Faudrait-il encore des mouvements de libération, des sacrifices d’hommes courageux pour faire entendre raison à ceux surarmés et destructeurs et qui nous accusent nous, nous qui n’avons pas d’empires, qui n’avions réduit quiconque à l’esclavage et qui n’avions colonisé personne, d’être dans l’axe du mal ?

Nous disons donc que c’est difficile de demander aux habitants du tiers-monde, si démunis et désespérés que nous sommes, ce qu’on demande aux Américains et Européens entres autres, face surtout à la nouvelle crise mondiale dont on n’est guère encore sortis. Mais faut-il pour cela que tout un chacun se croise les mains en comptant constamment sur le noyau dur de militants constituant les partis ? Nous entendons les partis de gauche, car généralement ils restent ceux toujours préoccupés de justice sociale et luttant à armes inégales contre ceux avides bien armés toujours insatiables des richesses de ce monde. Cette tendance de n’attendre l’action que de la direction d’un parti ou de celle d’une coordination comme par exemple celle du 19 mars, doit disparaître ou du moins changer et évoluer. Compter tout le temps sur l’autre pour mettre la main à la pâte est si malsain et oser agir ou essayer d’agir est thérapeutique et libérateur. Il faut que nous essayions de sortir de la mentalité d’assistés et se demander, même dans l’extrême déchéance ce que l’on peut faire pour soi, son frère, son parti, l’association qui porte nos aspirations, défend nos intérêts, et surtout comment préserver les biens communs, surtout son pays.

Henri Michaux écrit : « ― L’Abbé : Tu vas à présent aider un autre. Lui apporter la lumière dont il a besoin pour sa conduite. ― Le Nouvel Arrivé : Comment ferais-je ? Moi qui ne peux m’aider moi-même, moi qui attends la lumière ? ― L’Abbé : En la donnant tu l’auras. En la cherchant pour un autre. Le frère à côté il faut que tu l’aides avec ce que tu n’as pas… Avec ce que tu crois que tu n’as pas mais qui est, qui sera là. Plus profond que ton profond. Plus enseveli, plus limpide, source torrentielle qui circule sans cesse appelant au partage. Va. Ton frère attend la parole de vie » (Henri Michaux. Quand tombent les toits)


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5 Commentaires sur cet article

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  • Arezki Nait Amar
    13 novembre 2010 at 21 h 06 min - Reply

    Cher Nourdine Amokrane ,

    Notre culture berbéro-arabo-musulmane nous a inculqué toutes ces valeurs se rapportant à l’entraide, la solidarité (Tiwizi en Tamazight),l’amour du prochain, etc…mais malheureusement nous les avons échangé contre les tares de l’occident,entre autres,l’individualisme,le matérialisme et la dépravation.
    Rappelez-vous que nos aieux pratiquaient Tiwizi, le travail bénévole en signe de solidarité ,dans tous les domaines : construction d’une maison, creusement d’un puits, récolte de blé ou d’olives,etc.
    En ce qui concerne la citation que vous avez énoncé à peu près dans votre introduction, elle est extraite du discours d’investiture du 20 janvier 1961, du Président US,John Kennedy. Et le texte exact est :  » Ne demande pas ce que ton pays peut faire pour toi, demande ce que tu peux faire pour ton pays ».
    Cordialement.




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  • AMOKRANE NOURDINE
    14 novembre 2010 at 9 h 23 min - Reply

    OMMENTAIRE D’UN AMI JOURNALISTE SYRIEN
    tres interessant. on est pris des le debut avec des verites qui doivent etre bouleversantes, voir choquantes. un desiquilibre inadmisssible entre Nord et Sud, entre les plus forts et les pavres, et pour information, je rajouterai que seul 5…% des americains detiennt 80% du PIB annuel de cet empire monstrueux.
    conclure avec Michaux, ce fut un coup reussi, une gifle meritee, pour une civilisation qui s est completement dechargee de tout son patrimoine chretien base sur la charite et la solidarite humaine




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  • Amrouche
    14 novembre 2010 at 14 h 15 min - Reply

    @Arwzki Nait Amar
    Vous faîtes l’éloge de nos valeurs ancestrales c’est très bien. Oui, les berbères ont des valeurs de solidarité , de vivre ensemble, d’ouverture d’esprit et de démocratie. Oui, nos valeurs ont enrichie le monde occidental et partcipé a enraciner des valeurs universelles (démocratie, droit de l’homme, lutte anticoloniale et pour la liberté, etc…).
    Mais arrêtez de tirer toujours sur l’occident et de ne voir que de la dépravation de l’autre côté de la mer. Vous parlez comme si dans les pays occidentaux il n’y a pas de valeurs parce que vous ne voyez que vos valeurs à vous.
    Comment osez vous parler de dépravation en occident alors que c’est dans les pays du sud que la prostitiution fait rage y compris en algérie ? Tout simplement, parce que les premières causes de dépravation c’est la pauvreté et l’injustice et ce n’est pas en occident qu’il y a le plus d’injustice.
    Un peu de retenue dans tes déclarations car tu risques de choquer et de blesser des personnes occidentales qui sont nos amis et nos frères. et je ne pense pas que c’est une bonne qualité de musulman que de blesser des gens en disant des paroles sans rapport avec la réalité.
    je vous souhaite d’ouvrir votre vision et de regarder les deux revers de la médaille de tout le monde: les berbères, les arabess, les musulman et les occidentaux.
    Amicalement.

    du monnous avons des valeurs




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  • Arezki Nait Amar
    14 novembre 2010 at 21 h 15 min - Reply

    Cher Amrouche ,

    Vous faites une interprétation erronée de mes propos en m’accusant carrément de verser dans l’anti-occidentalisme béat alors que je ne fais que critiquer la société algérienne en disant tout simplement que les citoyens Algériens ont tendance à copier les défauts des sociétés occidentales et pas leurs qualités.Ca fait 48 ans que notre pays commerce dans tous les domaines avec l’Occident, où en est aujourd’hui le transfert technologique ? Où en est la production nationale des biens et des services ? Notre pays est un grand pays producteur de gaz et de pétrole mais où en est la production du lait et des patates ?Les prédateurs qui nous gouvernent font tout pour qu’on soit toujours dépendant des importations pour qu’ils puissent garnir leurs comptes en devises à l’étranger avec le bakhchich qu’ils exigent à la signature du contrat des fournisseurs occidentaux ou autres des biens et des services.L’Algérie s’est transformée ainsi donc en un immense marché de consommation des produits manufacturés fabriqués dans les cinq continents.
    Nos dirigeants qui sont habitués à porter n’importe quel qualificatif sauf celui de gens responsables rejettent de facto tout brevet d’invention algérien car il n’est pas générateur de bakhchich en monnaie forte.
    Ce n’est pas la pauvreté et la misère qui génère dans un pays berbéro-arabo-musulman la prostitution , mais la perte des valeurs et de la foi et la preuve est qu’ en 132 ans de colonisation française il n’y a pas eu autant de prostituées qu’en 48 ans d’indépendance. Nos aieux qui ont connu une grande misère mais qui s’attachaient coûte que coûte à leur honneur et leur dignité ont préféré manger des plantes naturelles et des fruits sauvages que de se prostituer.




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  • AMOKRANE NOURDINE
    25 novembre 2010 at 17 h 55 min - Reply

    COMMENTAIRE DE KARL GRÜNBERG PRESIDENT DE ACORsos racisme suisse
    Un petit message pour Nourdine.

    Le « printemps des peuples » rêvait en 1848 d’un monde, d’une Europe, qui se libère des empires et associe dans l’autodétermination nationale les rêves démocratiques et sociaux forgés dans le cours de la grande révolution française.

    Ce sont les Etats-nations, les Etats bourgeois, qui vont prudemment émerger au fil des décennies et des guerres meurtrières.

    Sous la cendre froide, comme la fameuse taupe du vieux Karl, l’œuf du phénix, l’oiseau de feu. 1917 à nouveau vit les peuples s’ébranler et l’espoir renaître. Les guerres de libération nationale du tiers monde ont vu surgir un nouveau printemps, éteint à son tour.

    De nouvelles répartitions des riches produites nourrissent de nouvelles classes dominantes.

    A nouveau surgira, l’oiseau de feu.

    Karl




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  • Congrès du Changement Démocratique