Édition du
27 July 2017

Un autre Aïd loin de chez moi !


Djameleddine Benchenouf

Cette journée de l’Aïd aura été pour moi très particulière. Un autre Aïd loin de chez moi, à me morfondre, à me désoler, à regretter le passé, et tous les êtres chers qui m’ont quitté, qui nous ont quitté, depuis que je suis en France. Depuis sept longues années.
Je n’ai jamais reçu autant d’appels de frères, d’amis, de parents, de connaissances, comme en cette journée. Comme si tous ceux que je connaissais s’étaient donné le mot. Pour me faire la surprise de leur agréable intrusion, de l’intérêt qu’il continuaient de me porter, malgré cette longue séparation.
Je n’avais pas le temps d’appeler un être cher, qu’un autre entrait dans ma maison, à travers mon téléphone, en sonnant gaiement, sans discontinuer.
J’ai reçu des appels simultanés d’amis et d’amis, sur le portable, sur le fixe, et sur Skype, d’amis et de parents, aussi chers les uns que les autres.
J’en ai profité pour nous connecter à trois, grâce à cette merveilleuse technologie, et à discuter comme si nous étions ensemble. Un bonheur.
Je voyais, aux regards humides de ma famille, qu’elle se réjouissait de ces retrouvailles célestes, skypesques, entre les racines vives de mon pays et moi. Des lianes de joie s’élançaient dans le ciel, pour me prendre à bras le corps, et me retourner comme une bouteille d’Orangina, pour me secouer, et faire remonter des fruits assoupis, à ma surface endormie. Un tournoiement de soleils et de rires étoilés. Et j’avais envie de leur crier ce contre slogan publicitaire: « Ne me secouez pas, ne me secouez pas, je suis plein de larmes. »
Cette matinée de l’Aïd ! Une flamboyance de souvenirs, de rires, de bonheurs passés, décolorés, pastels et presque éteints, mais toujours vivaces, comme un reflux de vagues frondeuses, presque coléreuses, qui se relèvent aussitôt qu’elles sont tombées, pour se ruer de nouveau vers la rive esperée.
Hsissen m’a rappelé nos folles équipées de Sidi Bel Abbes, ses rires réveillaient les jardins d’antan. Et des éclats de lumière jaillissaient de ses rires complices. De Constantine, Halim m’a parlé de canaris chanteurs de Bab el Kantara, des jasmins de Saint Jean, et des aubes cristallines de Djebel El wahch.
Ma famille voyait bien que je jubilais. Et moi j’étais heureux de voir qu’elle était heureuse de me voir heureux.
Encore un peu et je me serais cru chez moi. Chez moi! Dans mon Algérie ocre et jade. Miracle de la technologie. Sauf que si celle-ci abolit la distance et qu’elle permet de parler aux siens à des milliers de kilomètres, et même de les voir, en temps réel, elle ne peut rien contre les affres de l’exil. Ces griffes sournoises et acérées qui plongent lentement, laborieusement, dans les entrailles de votre mémoire, de vos sentiments enfouis sous la poussière des jours, qui vous fouillent le coeur. Comme des mains d’aveugle. Puis par poignées, comme on arracherait des cheveux, elles vous réveillent des douleurs tapies.
Le sentiment de l’exil. « El ghorba » devient toujours le maître des lieux, lorsqu’elle entre dans un esprit. Possessive, exclusive, elle règne sans partage sur la béance qui s’est ouverte à sa cruauté, à la faveur d’un renouveau, d’un départ, d’un voyage d’espoir, de promesse, comme si les voyages pouvaient être une promesse.
L’exil est un vent qui souffle d’en dessous les braises, qui les ravive et les bouscule, qui les fait rugir, et qui les disperse.
Mais l’exil est une douleur rentrée, pudique et presque honteuse qui se nourrit de ses propres entrailles. Un sanglot esseulé, une brûlure qui ne craint pas de pleurer, parce que les larmes sont l’onguent des brûlures. Et le lit du poème.
Ces réminiscences de mon pays, qui habitent mes tréfonds, se nourrissent d’échos heureux, qui sont autant de maillons d’histoires suspendues, des bribes de bonheur, comme autant de vagues qui bondissent vers des promesses de lumière, qui se figent dans un élan d’écume, pour crier l’indicible bonheur, puis qui s’effondrent, heureuses de retomber, parce que c’est de la chute que vient l’élan nouveau qui les fera jaillir de nouveau. Vers la lumière.
Oh, que mon pays me manque…
J’ai oublié les effluves alanguies de ses aurores timides. J’aimais à respirer son ciel, dans les matins retrouvés, et à me fondre dans leur tiédeur amie. Ces matins amis.


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15 Commentaires sur cet article

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  • khaled
    17 novembre 2010 at 15 h 00 min - Reply

    Je ne peux et je ne veux rien ajouter a votre texte cher DB, sinon des larmes et une rancune contre nous-mêmes que rien ne peut effacer.




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  • Nourredine BELMOUHOUB
    17 novembre 2010 at 17 h 13 min - Reply

    Si Djameleddine Benchenouf, aux noms des 24 000 déportés des camps de la honte,en celui de nos familles, nos proches et nos amis, à Titre de Porte parole du Comité de Défense des Internés des Guatanamo’s Algériens et en mon Nom personnel je Vous dit humblement Aid Moubarek.
    Si Djameleddine, je pense que le gout amer d’une pérégrination forcée et moins torturante que la conscience lourde de ceux qui vous ont poussé à l’exil forcé. ca fait toute la différence.
    Fraternellement et de tout coeur
    Nourredine BELMOUHOUB
    Têtu et rebelle, et le Combat continu.




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  • D B
    17 novembre 2010 at 17 h 53 min - Reply

    @Nourredine BELMOUHOUB
    Merci mon cher frère pour ce message d’amour. Je ne mérite pas autant de considération, mais je suis très ému et très heureux. A mon tour de vous souhaiter, ainsi qu’à toutes les victimes de ce régime immonde, un Aïd mabrouk. Puissent tous ceux qui ont souffert l’indicible oppression, trouver la paix, et oublier les terribles moments qu’ils ont vécu.
    @Khaled
    Merci mon cher frère, ainsi qu’à tous ceux qui m’ont exprimé leur sympathie. En vérité c’est à tous les menfiyines du monde qu’ils témoignent leur solidarité.
    Puissions nous tous trouver la quiétude des jours. Et retrouver notre cher pays.




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  • Adel
    17 novembre 2010 at 18 h 23 min - Reply

    @DB

    J’ai mis un peu de temps pour comprendre pourquoi je ne me sentirais jamais chez moi ailleurs qu’en Algérie. C’est une question de parole. A Alger, où j’ai vécu durant plus de quarante ans, ainsi que dans le village où je suis né et celui où j’ai passé mon enfance avec mes grands-parents, chaque lieu me parle. Il me dit : « Te souviens-tu de tel jour quand tu as fait telle chose et que telle personne t’a dit telle autre chose…» Ainsi, entre moi et les rues, les façades des immeubles, les collines, les rivières, la mer, les montagnes, le désert et tous les autres lieux de mon pays où mon corps et mon âme ont élu domicile, à un certain moment de ma vie, se déroule en permanence un dialogue entre amoureux ou entre amis, fait de mots chuchotés à l’oreille et de regards complices.

    Les lieux des autres pays sont hélas muets. Il me faudrait encore quarante autres années pour me lier d’amitié avec eux. De plus, depuis que j’ai quitté mon pays, je suis devenu misanthrope, ce qui n’arrange rien.

    Non, il n’y a rien de plus douloureux que l’exil pour ceux dont les racines sont restées au pays.




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  • TheMoubaligh
    17 novembre 2010 at 21 h 53 min - Reply

    Arrêtons de nous morfondre, il faut continuer le combat et ne pas lâcher prise jusqu’au changement de ce système. Saha 3dkoum mes frères.




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  • Arezki Nait Amar
    17 novembre 2010 at 23 h 38 min - Reply

    Saha Aidak, Khouya Djamel ,

    Partir, c’est mourir un peu, comme disent certains ! C’est un exil subi mais pas voulu. On n’a pas changé de tournant dans notre vie mais c’est le tournant qui nous a pris. Ce que je n’ai pas regretté dans cet exil forcé, c’est que je sers mieux mon pays en résidant à l’étranger sans être pour autant un ambassadeur de sa majesté Bouteflika.
    Aidak Mabrouk Wa Koul AM Wa Atna Wa Ailtek Bikhair.

    Fraternellement.




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  • shalgVotre nom…
    17 novembre 2010 at 23 h 56 min - Reply

    un texte qui m’a passablement mis en colère, personne ne devrait vivre loin des siens, on est avec vous très cher frère Djamaleddine votre combat ne sera ppas vain !!!

    un fidèle lecteur et ce depuis Tahiabladi

    Sofiane




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  • A.By
    18 novembre 2010 at 4 h 39 min - Reply

    Aid Moubarek à tous

    @ D.B

    Après tant d’années d’exil, je suis revenu au pays pour une visite familiale. J’ai rencontré une grande tante (88 ans) ex-immigrée que je n’avais pas vue depuis trois décennies. Avant mon retour, elle me donna en cadeau une confiture maison de coings (s’ferdjel) faite de ses propres mains en me disant ceci : « Prends cette douceur avec toi, je sais ce que c’est la « ghorba », c’est fade et amère, c’est une sorte de pré-mort avant le départ final pour tes tiens. Déraciné de ton terroir, difficile de te sentir mieux ailleurs et personne ne pourrait comprendre que celui ou celle qui vit en exil…»

    Elle avait raison. Le plus comble est une fois qu’on est déraciné depuis un certain temps, il serait même difficile de « repousser » de nouveau dans son ex-berceau, et cela fait peur et décourage à jamais. En réalité, il ne reste que les souvenirs qui nous animent de cet amour propre et chaleureux qu’on cultive vis-à-vis du bled, de la famille et des amis, mais en bout de ligne, tout est parti, rien n’est éternel.

    Heureusement que la technologie avait changé le rapport de l’exil avec le net, skype etc.…Il y avait un temps récent, je postais une lettre en priant Dieu que les gars du tri-postal à Alger la laissait intacte et immaculée jusqu’à destination. Un coup de téléphone coûtait une fortune à l’époque et on languissait cruellement la voix de nos proches, aujourd’hui, on peut voir en direct, les larmes dans leurs yeux, celles de la joie et de la tristesse.

    Allah iwekkel alihoum




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  • azzedine
    18 novembre 2010 at 21 h 50 min - Reply

    Du fin fond des Aures ,d’une ville qui s’appelle khenchela ou il n’est pa aisé de parler tant les clivages de toutes sortes deviennent contraignants.Une ville qui était si belle avant qu’ellle ne soit promue au rang de wilaya .
    une ville ou tout le monde se connaissait ou chaque jeudi les femmes sen allaient librement suivre la séance hebdomadaire au cinéma El djamel.Puis l’exode rurale fera fureur.Un à un les enfants de cette ville la fuient.les arrivistes occupent tout ,commencent par l’elatex et la SNLB ,investissent les associations ,prennent les lots de terrain et les logements aprés avoir pris des habitations précaires au pourtour de la ville.puis ils auront leur porte parole dans les médias locaux (presse écrite privée)surtout arabophones qui parlent des chats ;des rats,des chiens et pas de l’essentiel.
    les citadins se font tout petits, ils ne savent pas faire des courbettes.Maintenant la fibre tribale qui est le moyen pour regler ses petits problémes personnels devient plus éradicatrice.ils logent les murs n’étant que l’ombre de leur propre ombre.Djamel saha aidek au passage, les moments de discussion qu’on a eu ensemble quand tu passais pour aller à tebessa me reviennent à l’esprit.La presse a cet avantage ,elle m’a permis de connaitre de grands hommes par leur positions de principe , nombreux , très nombreux , anonymes souvent.Elle m’a permis aussi de savoir quand on est harcelé , le petit correspondant de province devient très fragile abandonné par tous ,même par le journal qui l’emploie , ciblé d’abord par ses propres confrères locaux qui sont en fait des relais des sphéres influentes locales souvent d’obédience mafieuse.Ainsi va la vie ceux qui sont partis éprouvent la nostalgie ,ceux qui ne l’ont pas fait regrettent de ne pas l’avoir fait ,tant la vie devient difficile ,intenable.Si jamais on appelle cela vivre.




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  • D B
    18 novembre 2010 at 22 h 05 min - Reply

    @Azzedine
    Oui Azzedine, je me rappelle bien de toi, de ta gentillesse. Tu étais à El Watan, si je ne m’abuse.
    Oh, oui, Khenchela a bien changé. Tu sais, je me rappelle du temps ou c’était une petite ville coquette, pleine de musiciens, d’artistes peintres, d’esthètes en tout genre. Je me rappelle d’un temps, où les khnachlas, sans rien renier de leurs arts folkloriques, de leur tarhibates, légendaires, de leurs fantasias, de leur amour pour le cheval barbe, adoraient un artiste qui venait de très loin: Farid El Atrache. Comment imaginer, que dans les années 70, une ville au piémont des Aurès, farouchement chaouia, puisque Khenchela est le prénom d’une fille de la Kahina, pouvait aimer de façon aussi massive, et aussi fusionnelle, un artiste oriental ?
    En ces temps bénis, les gens étaient attachés à leur identité profonde, tout en restant ouverts à l’art, d’où qu’il vienne. A Khenchela, les gens ne parlaient jamais de leur tribu, de leur ethnie, ou que sais-je. Ils étaient Khnachlas, tout simplement. D’ailleurs, je m’en rappelle, quand j’étais enfant, des personnalités aimés de la ville, étaient de Oued Souf, de Khanguet Sidi Nadji, du Mzab, de Kabylie. Personne n’aurait osé leur dire qu’ils étaient des étrangers. Parce que ce n’étaient pas des étrangers, mais des Khnachelas, à part entière.
    Ali El Khenchli, dans son café, avait mis, d’un côté et de l’autre de son portrait, Oum Katoum et Fardi El Atrache. Et lorsqu’un jour quelqu’un lui reprocha de se mettre ainsi au milieu de vedettes mondiales, il lui répondit ceci: « Nous, on est des artistes, et on est entre-nous. Et toi de quoi tu te mêles? »
    Je me rappelle avoir rencontré un ami de mon cousin Hamma Salh, lui même artiste. Son ami, si mes souvenirs sont bons s’appelait Nasri. Un virtuose de la guitare seche. Artiste à faire pleurer. A faire palir un instrumentaliste flamenco. Il avait d’ailleurs remporté plusieurs prix, et les Khnachlas l’adoraient.
    Point de repli identitaire, en ces temps où Khenchela était une ville où il faisait bon vivre. Cette ville bienheureuse où même les Romains avaient construit les plus beaux thermes d’Afrique du nord.
    Amitiés, Azzedine. Les roses d’antan renaîtront d’entre les chardons.




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  • azzedine
    18 novembre 2010 at 22 h 53 min - Reply

    Effectivement Djamel , hamma salah ,ou cheikh nasri sont ces citadins qui se font discrets à l’image de tous les citadins .La ville a bien changé comme peut être toutes les villes d’Algerie. » les roses d’antan renaîtront d’entre les chardons » .Cette phrase m’a touché car elle véhicule l’espoir.Bon courage l’Ami.




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  • sarah..
    19 novembre 2010 at 2 h 57 min - Reply

    très joli texte.. les émotions dégagées ont une forte résonance.. ils me font écho.. votre exil n’a pas créé de rupture.. vous ressentez l’Algérie.. Elle vit à travers vous..




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  • Ammisaid
    19 novembre 2010 at 10 h 06 min - Reply

    L’immigré  d’hier. L’immigré d’aujourd’hui !

    Ils sont pareils cher frère djamal, ils sont pareils! Dans le royaume de la sécheresse des cœurs le temps est figé. Il ne veut pas avancer. Il est coincé dans les griffes de la misère. Il est surveillé par les yeux de la mort. Il est traqué par le ventre qui désirent manger l’univers. Il est torturé par les mains de la violence sourde et têtue. Il ne veut pas participer à l’oeuvre de ceux qui sont morts le jour de leur naissance et qui empêchent les vivants de garder l’espoir. Ils sont pareils, le choix est une dorée, très rare. dans le royaume gouverné par des frères qui haïssent leurs frères. Alors, que faire ? Hormis partir ailleurs, en attendant, un peu de clarté et de lumière dans ce pays qui habite nos cœurs. Alors, que faire ? Résister sur place comme on peut et éviter aux vampires de reboire le sang des innocents et aux charognards de déchiqueter la chair de ceux qui veulent rien d »autre que de vivre tranquille!

    La jeunesse d’hier était obligé de partir
    Après trois jours de bonheur et de sourire
    La jeunesse d’aujourd’hui est obligé de partir
    De ce pays où ils n’ont plus rien à faire

    Voilà, l’histoire d’un frère ou d’un père
    Qui avait quitté sa terre pour ne pas mourir
    De l’oisiveté et du manque impossible à satisfaire
    Elle ne veut plus rester dans sa mémoire
    Elle veut sortir, elle veut tout dire:

    Voilà son histoire: 

    Il m’a raconté une histoire triste et banale
    Celle d’un immigré simple qui avait fuit la misère
    La misère qui était rentrée par la frontière
    Pour tuer les humbles et remplir les cimetières

    Je l’ai rencontré à Nanterre dans un petit bar
    Où il avait l’habitude de venir siroter une bière
    Il vivait, seul, dans une chambre étroite et sans décor
    Il semblait ne plus avoir l’espoir de retourner un jour

    Dans ce pays où règnent le deuil et les douleurs
    Car ceux qui s’étaient installés de force au pouvoir
    Avaient tout détruit de ses repères et de ses valeurs
    Et, avaient, surtout, semer partout le désespoir

    Il m’a raconté une histoire triste et banale
    Celle d’un adolescent qu’on avait obligé de partir
    Dans le pays auquel son peuple avait fait la guerre
    Pour vivre, enfin, digne et libre sur toute sa terre

    Il m’a dit: qu’il vivait heureux avec sa belle
    Qu’il avait épousé deux ans avant qu’il devienne majeur
    Il m’a dit: qu’il croyait posséder des grandes ailes
    Pour fuir avec elle, loin, des balles qui semaient le malheur

    Il m’a dit: que dans le village l’amour vivait encore
    Car, les villageois étaient solidaires et fraternels
    Il m’a dit: que la majorité croyait, profondément, en l’éternel
    Car, tous le priaient pour qu’ils soient libérés du colonisateur

    Il m’a dit: tout manquait mais le cœur était plein de ferveur
    Même si la mort sortait des balles avec une grande fureur
    Il m’a dit: rien ne pouvait arrêter ce désir fort et exceptionnel
    Qui réclamait chaque jour une indépendance vraie et réelle

    Il m’a dit: que les morts étaient enterrés avec les youyou et le sourire
    Car, tout le monde était convaincu qu’il n’y avait plus rien à faire
    Que de lutter pour vaincre le colonisateur ou mourir en martyre
    Car la vie était devenue un enfer dans le feu refusait de se taire

    Il m’a dit: que tous savaient que les moudjahidines faisaient des erreurs
    Mais ils savaient, aussi, combien l’ennemi était rusé, haineux et pervers
    Il m’a dit: que le peuple, dans sa grande majorité, avait une force extraordinaire
    Et, qu’il était resté honnête, même, dans les mains dures des ces tortionnaires

    Il m’a dit: que l’indépendance était fêtée dans la joie et le bonheur
    Et que le peuple avait, vraiment, cru à la fin des malheurs et des douleurs
    Il m’a dit : que rapidement tout était devenu lourd, incertain et obscur
    Et, il n’y avait ni à qui faire confiance, ni qui appelait au secours

    Il m’a dit: qu’il avait pris sa valise un jour sombre, triste et en pleure
    Et, qu’il avait l’impression de partir dans un lieu pour s’offrir à la torture
    Il m’a dit: que depuis ce jour, sa vie était devenu pire que l’enfer
    Et, qu’il sait que son retour ne pourra plus se faire qu’une fois mort.
    Fraternellement




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  • radjef said
    19 novembre 2010 at 11 h 25 min - Reply

    Bonjour tout le monde. A toutes celles et a tous ceux qui se trouvent loin du pays, je dis saha aidkoum. Et je dis aux amis du forum saha aidkoum…Qui est responsable de nos malheurs? Le pouvoir ou bien notre vanité? Que deviendrait le pouvoir, sans notre vanité, sans nos mensonges, notre complaisance, nos pretentions et nos laches convenances? Que deviendrait cette junte peuplée d’ames scelerates et de caporaux mercenaires, si nous etions sinceres dans nos engagements de tous les jours pour la paix, la liberté, la verité, la solidarité, la science, le savoir et l’aptitude? Je refuse d’être un pleurnichard. Je refuse la pitié de ce pouvoir…




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  • Zineb Azouz
    19 novembre 2010 at 13 h 35 min - Reply

    Cher Djamal Eddine,

    J’avoue que pour lire ton texte, il faut une certaine dose de courage.
    Tu as l’art et la manière, comme d’habitude de rester chaste en parlant de ces douleurs, ces déchirements ces exils et ces injustices, et c’est toi qui nous ménages malgré tout pour nous renvoyer à cet espoir que la rose renaisse d’entre les chardons.

    Monsieur Nourredine BELMOUHOUB,

    Merci de nous réveiller et de nous rappeler, en ces jours de l’Aïd toutes nos victimes, de Guantanamo, Antar, Reguane et de tant d’autres lieux sinistres.
    Le cœur n’y est pas pour fêter quoi que ce soit, il faut se souvenir que les fêtes religieuses sont avant tout des commémorations, et à ce titre permets moi de te présenter à toi et à toutes les victimes que tu représentes, mes vœux les plus sincères pour l’Aîd.
    Mes pensées les plus affligées à Mohamed Baba Nejar, aux déportés de Folembray et à toute les victimes de nos injustices aux mille visages.

    Cordialement,
    ZA




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