Édition du
20 July 2017

On ne manque de rien à l’université Dalila Bentbladou* …


Dans une grande université (grandeur mesurée en hectares), troisième sur l’échelle de Bladi (classement établi en nombres de lits pédagogiques ), quelques jeunes enseignant-chercheurs se sont entassés dans un froid professionnel autour d’une petite flamme d’honneur revendiquant une dignité. Ecœurés par le mépris et le manque de respect de leur propre administration locale, ces formateurs à état d’esprit aguerri pensent ensemble à une destination d’avenir plus rassurante dans Bladi, à la recherche de résultats probants pour publications originales dans des revues scientifiques de renommées internationales…

Au lendemain de la fête de la révolution nationale -officiellement joyeuse-, les sourires  de ces enseignants universitaires (libres et indépendants dans Bladi) sont encore crispés. Scellée par la force majeure de mère nature, cette catégorie de fonctionnaires subit encore la loi de l’administrativement plus fort : Des coups bas dans les différents conseils scientifiques à la mauvaise gestion solennelle de l’université, l’incompétence, la bureaucratie et la complicité de tout un système ladministratif ourd, entretenu par  des  responsables opportunistes se font ressentir partout comme obstacles réels à toute forme de liberté, d’espoir, d’émancipation et de créativité intellectuelles dans leur environnement universitaire commun.

Dans mon université, rien ne va plus : Du sommet de sa pyramide rectorale, le couple royal ( sidi le marabout et sa souveraine Lalla Dalila ) se jouit d’user des textes réglementaires pour faire des enseignants universitaires  rétiscents à leur politique commune une classe inférieure de serviteurs soigneusement domptés. Un plaisir fou toléré des cieux (du coté de Ben Aknoun) et partagé soigneusement avec des vizirs incompétents loyaux (à chaque faculté) dont la mission est de faire de la mentalité de la subordination intellectuelle à la base de la pyramide universitaire, une fertilité saisissante battant tous les records de la mortalité juvénile.

Face à une telle hostilité dans nos lieux de travail, au seuil même des portes de  nos modestes bureaux, comment pouvoir se motiver mentalement pour pédagogiquement et scientifiquement produire beaucoup plus et mieux ? Comment penser se permettre de se réjouir au lendemain de l’annonce de la promulgation du régime indemnitaire et croire pouvoir survivre dans la mondialisation des connaissances et du savoir scientifiques universels avec des CV probablement de moins en moins attractifs…?

Perdre son temps (chez soi) dans son propre pays parce qu’on ne peut plus travailler dans des conditions normales est un mal qui ronge encore nos esprits de gueules noires. Les nobles à la blouse bleue nous ont habitués depuis leurs perchoirs bien garnis et leurs bureaux confortables, aux beaux discours des chiffres et à la langue de bois. Devant un tel délire quantitatif et une telle insouciance qualitative, l’autre cagnotte des sous proposés dans le cadre des PNR ne suffit pas. La mentalité doit d’abord changer,  s’améliorer et évoluer uniquement dans le sens de la compétence scientifique au sommet de chaque institution universitaire locale.

Le temps presse parce que d’autres cieux plus cléments, attractifs, plus professionnels peuvent encore nous séduire, charmer et tendre la main. La tentation est là, le diable (le mépris de l’administration locale) aussi…

A bon(s) entendeur(s),  salam !!!


Fouad. M.A
université dalila bentbladou
algérie
(*) mon université a perdu son nom attribué de révolutionnaire au détriment d’une opprtuniste…

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