Édition du
23 March 2017

Une société suisse accusée de corruption

La justice américaine l’implique en Algérie et dans d’autres pays

Une société suisse accusée de corruption

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El Watan le 02.12.10

Pour éviter que l’affaire ne fasse trop de dégâts,
la firme suisse Panalpina a plaidé coupable aux Etats-Unis
et accepté de verser une amende de 81,9 millions de
dollars au Trésor américain.

Le temps risque de bientôt se gâter pour certains responsables algériens des secteurs des Douanes, des transports et des hydrocarbures. Panalpina est la société par laquelle le scandale pourrait bien survenir. Cette
firme suisse, spécialisée dans la logistique et les transports internationaux, est soupçonnée de corruption au Nigeria, en Arabie Saoudite, au Kazakhstan et en Algérie.

Il lui est reproché, entre autres, de corrompre des fonctionnaires pour accélérer certaines procédures comme le passage en douane de divers équipements. Aux Etats-Unis, l’enquête menée par le département de la Justice et les autorités boursières (SEC) sur les activités de cette firme, habituée à travailler avec les grandes compagnies pétrolières, a déjà conduit à l’implication de Shell et de Halliburton. Pour éviter que l’affaire ne fasse trop de dégâts, les responsables de Panalpina n’ont pas hésité, pour leur part, à plaider coupables le 11 novembre dernier. Grâce à un accord passé avec les autorités américaines, ils ont réussi à obtenir la cessation des poursuites pour corruption engagées contre eux moyennant le paiement d’une amende de 81,9 millions de dollars et la restitution d’une somme de 11,3 millions de dollars représentant les profits engrangés par l’entreprise. Le règlement du dossier aux Etats-Unis ne veut toutefois pas dire que les soucis de Panalpina, de Halliburton et de Shell sont terminés.
La preuve : le porte-parole  de l’agence nigériane anticorruption, Femi Babafemi, a affirmé mardi que les responsables de ces deux sociétés au Nigeria ont été convoqués dans le cadre de deux affaires distinctes de corruption. Selon la même source, le responsable de Shell sera interrogé sur des accusations de corruption aux Etats-Unis impliquant la société de logistique Panalpina. Mais comme dans le cas de la société suisse aux Etats-Unis, Shell a déjà accepté de verser 48 millions de dollars pour solder les accusations. Le directeur de Halliburton doit, pour sa part, être interrogé sur un pot-de-vin de 182 millions de dollars qui aurait été octroyé lors de la construction d’une usine de gaz naturel liquéfié dans le sud du Nigeria. La société américaine de services pétroliers Kellogg Brown & Root (KBR) et son ancienne maison mère Halliburton ont accepté, en février 2009, de verser 579 millions de dollars au total après avoir plaidé coupable de corruption au Nigeria dans cette affaire.

Pour l’heure, personne ne sait quelles sont les suites que donneront les gouvernements algérien, saoudien et kazakh à cette affaire qui a défrayé la chronique aux Etats-Unis et au Nigeria. Dans le cas de l’Algérie, le responsable pour le monde arabe de Panalpina, Claus S. Schmidt, dont les bureaux se trouvent sur les hauteurs d’Alger, a rejeté hier en bloc les accusations portées contre sa société : «Ce que l’on dit sur nous est faux ! Aucune des accusations portées contre nous ne tient la route. Pour le reste, référez-vous à notre site internet. Vous y trouverez un communiqué de l’entreprise et les réponses que vous cherchez», a répondu avec un flegme imperturbable M. Schmidt. Quoi qu’il en soit, les révélations faites au sujet des agissements de cette société par le département américain à la Justice obligent, à tout le moins, la justice algérienne à vérifier les informations se rapportant aux agissements de Panalpina en Algérie.

Zine Cherfaoui

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UN COMMENTAIRE

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  • kamal
    15 décembre 2010 at 19 h 22 min - Reply

    il n’y a pas que Panalpina, allez voir aussi GEODIS et d’autres ce qu’il font en Algérie st surtout a Hassi Messaoud, des transferts illicites , des fausses déclarations en douanes, des contrats sur des opérations en Algérie et les paiements se font a l’étranger .




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