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25 March 2017

Wikileaks : la Dynastie Ben Ali ou la "quasi-mafia" qui dirige la Tunisie

El Watan.com le 08.12.10 | 10h48

Dans un câble daté de juin 2008, sous le titre « Ce qui est à vous est à moi », l’ambassade américaine à Tunis décrit la corruption organisée par l’entourage familial du chef de l’Etat tunisien.

La Tunisie, une « mafiocratie » dirigée par un seul clan ! C’est ce qui ressort clairement et nettement des derniers mémos américains transmis par l’ambassade américaine à Tunis au Département d’Etat à Washington.

Dans un câble daté de juin 2008, sous le titre « Ce qui est à vous est à moi », l’ambassade américaine décrit crûment  la corruption organisée par l’entourage familial du chef de l’Etat, Zine el-Abidine Ben Ali. Une famille que les américains n’hésitent pas à qualifier de « qausi-mafia ».

« Les Trabelsi sont partis très loin », rapporte le télégramme américain qui fait état des « magouilles » du clan du président Ben Ali et sa femme Leila.  Parmi les mutiples exemples de corruption et de détournements cités par ce mémo, on peut retenir cette « opération » mafieuse qui a permis à l’épouse du président de construire un établissement scolaire privé sur un terrain, viabilisé, accordé gratuitement par l’Etat !

Quant au gendre du Président, Sakhr Materi, il récupère « un immense manoir tape-à-l’œil », relate le mémo, construit sur un terrain exproprié par l’Etat, officiellement pour les besoins de l’Agence de l’eau ! Et le frère de madame Leila, Belhassen Trabelsi exploite, lui aussi, avec des deniers de l’Etat,  un « vaste » empire comprenant « une compagnie aérienne, plusieurs hôtels, deux stations de radio privées, etc. »

« Ben Ali a sept frères et sœurs, dont son défunt frère Moncef était un trafiquant de drogue connu, condamné par contumace à 10 ans de prison devant les tribunaux français. Ben Ali a trois enfants avec sa première femme Naima Kefi: Ghaouna, Dorsaf et Cyrine. Elles sont mariées respectivement à Slim Zarrouk, Slim Chiboub, et Marouane Mabrouk qui sont tous de  puissants hommes d’affaires », rapporte encore le câble diplomatique de l’ambassade US à Tunis qui décrit minutieusement les tentacules inimaginables de cette mafia.

Et pendant que le « clan » s’en met plein les poches, les pauvres tunisiens restent « frustrés par le manque de liberté politique et en colère contre la corruption de la famille de la première dame ». En plus,  « le taux de chômage élevé et les disparités régionales » alimentent, selon les américains,  « l’extrémisme » qui « reste une menace ».

« Confronté à ces problèmes, le gouvernement n’accepte ni critique ni conseil, qu’il vienne de l’intérieur ou de l’extérieur. A l’inverse, il ne cherche qu’à imposer un contrôle plus strict, souvent en s’appuyant sur la police », relève en dernier lieu le télégramme de l’ambassade US à Tunis qui s’étonne  de la passivité, pour ne pas dire le soutien accordé par « des pays comme l’Italie et la France » à ce régime « corrompu ».

Abderrahmane Semmar

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5 Commentaires sur cet article

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  • Arezki Nait Amar
    8 décembre 2010 at 22 h 29 min - Reply

    Ces informations sont confirmées par des citoyens tunisiens qui ont balancé depuis des années sur Youtube des vidéos pour dénoncer la corruption de la famille et de la belle-famille du président Zinedine Benali.Des amis tunisiens résidant dans ma banlieu parisienne me les ont fait visionner sur Youtube à plusieurs reprises.
    Il suffit de taper « Zinedine Benali » dans le moteur de recherche de Youtube pour retrouver ces vidéos.




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  • Kikou
    9 décembre 2010 at 3 h 27 min - Reply

    Un CHAMEAU ne regarde que la bosse de son voisin.
    Avez-vous dèjà oublié la dècadence de l’Algérie des annèes 80 ou Le roitelet Chadli et lala HLIMA alors dirigents de l’Algérie de l’espoir. FEU Houari B. avait laissé plus de 18.5 Milliards de dollars dans les coffres de l’état sans oublier que l’Algérie était le SEUL PAYS AU MONDE(je dis bien au monde) SANS DETTE EXTÉRIEUR et que dix ans après elle se retrouve avec une dette de plus de 25 Milliards de dollars en plus des 18.5 M$ évaporé dans la nature. Les montants d’argent détourné au vu et au su de toute l’Algérie; Le Chateau de LOUIS de FUNEs en Belgique acquis et restauré par sa majesté CHADLI BEN…pour plusieurs millions de Franc, les belles plages d’Alger à partir des DUNES de Chéraga jusqu’à SIDI FERRUCH,même le sable fin du litoral n’a pas été épargné par son fils et son gendre qui l’on vendu pour s’enrichir,la villa qu’occupaient les pompiers à Moretti avait été réquisitionnée pour le compte de son gendre,son fils qu’il a envoyer au vénézuela comme ambassadeur et qui est devenu par la suite actionnaire dans des gisements de pétroles et j’en passe; je pourrais écrire un journal tout entier sur la décadende de l’Algérie sous la gouverne de cet illétré qui a mené l’Algérie à sa perte et par la même occasion dégradé le pays à son plus bas niveau de vie (Corruption,vol,viol, prostitution, drogue et j’en passe). Alors mrs les journalistes à un EURO,laissez les tunisiens gouter aux malheurs de la dictature de cet empereur de carthage comme le qualifié Feu H.B à l’époque de Bourguiba. Occupons nous à nettoyer la m….. qui nous entoure avant de s’occuper des voisins.On aime bien chialer quand ça se passe chez le voisin mais on oubli vite quand c’est nous même qui ont insité et enfanté des monstres de la trempe de Ben ALI et consores.
    À bon entendeur mrs.




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  • Rédaction LQA
    9 décembre 2010 at 10 h 34 min - Reply

    La Tunisie passée à la loupe US
    «Ce qui est à toi est à moi»

    El Watan.com le 09.12.10

    Le clan Ben Ali, qui contrôle avec poigne la Tunisie, est décrit par les diplomates américains basés à Tunis comme une «quasi-maffia», dans un pays où la corruption et les abus en tout genre tendent à se banaliser.

    «Que ce soit du cash, des services, des terres, des propriétés ou, oui, même votre yacht, la famille du président Ben Ali a la réputation de les convoiter et d’obtenir ce qu’elle veut», affirme-t-on dans le câble de l’ambassade daté du 23 juin 2008. Mais au-delà des «magouilles» de la première famille, le pays fait face à une corruption «bas de gamme» aussi bien au sein de la police, des douanes et de divers ministères.
    Ces pratiques sont telles que les investisseurs, «craignant les bras longs de la famille», renoncent à leurs activités. «Nos contacts ont été clairs à ce sujet : les choses vont de mal en pis ! D’ailleurs, l’un d’eux s’est amusé que l’inflation en Tunisie concerne aussi les pots-de-vin qui ont connu une augmentation !» rapporte le diplomate.

    Puis ce sont les connexions et les liens «de la famille» qui sont passés en revue. L’on apprend ainsi que la belle-famille de Ben Ali, les proches de son épouse Leïla, les Trabelsi, provoquent, de par leurs frasques et leurs passe-droits, l’ire des Tunisiens.
    Ces «nouveaux riches, qui manquent d’éducation, de basse condition sociale, affichent ostentatoirement leur richesse», sont voués aux gémonies par les citoyens. Et ce sont ainsi plus d’une dizaine d’exemples de ces abus qui sont cités par l’ambassade américaine. Leïla, connue pour «son influence et son avidité», aurait ainsi obtenu des terrains gratuitement pour les revendre par la suite.
    Son frère n’est pas en reste, puisqu’il est accusé de tremper dans une vaste trame de fraude et de corruption bancaire. De même, l’un des gendres du dirigeant aurait récupéré «un immense manoir criard» construit sur un terrain exproprié par l’Etat, officiellement pour les besoins de l’Agence de l’eau.

    Tout cela, rapporte le câble, sous les menaces et les pressions. Et la liste est encore longue. Seulement, objecte l’un des «contacts» de l’ambassade, «ce n’est pas Ben Ali le problème, mais plutôt la famille, inconscient qu’il est de tout ce qui se trame autour de lui». Avis qui n’est pas du tout partagé par le rédacteur du mémo, qui estime que cela «reste difficile à croire». D’autant plus que la corruption semble s’être «démocratisée», puisque, aujourd’hui, «les excès de vitesse peuvent être ignorés, l’établissement des passeports peut être accéléré et les coutumes peuvent être contournées. Il suffit seulement d’y mettre le juste prix», énumère-t-on dans le document. De même pour le népotisme et le copinage.

    «Que faire ?»

    Tout cet environnement n’est pas fait pour encourager de plus profondes relations entre le pays et les Etats-Unis. Ainsi, dans un autre câble daté de juillet 2009, l’ambassadeur s’interroge : «Que pouvons-nous faire?» «La Tunisie a de gros problèmes. Le président Ben Ali est vieillissant, son régime est sclérosé et il n’y a pas de successeur évident. De nombreux Tunisiens sont frustrés par le manque de liberté politique. Ils sont en colère contre la famille dirigeante, contre la corruption, le chômage élevé et les inégalités régionales.
    L’extrémisme fait peser une menace permanente. Pour aggraver les problèmes, les pouvoirs publics tunisiens ne souffrent pas les conseils ou les critiques, qu’ils soient nationaux ou internationaux.

    Au lieu de cela, le gouvernement cherche à imposer un contrôle grandissant, le plus souvent en faisant appel aux forces de l’ordre», énumère-t-on dans le document. Résultat : «La Tunisie est en difficulté et nos relations le sont aussi de ce fait.» Pour les diplomates, travailler en Tunisie devient de plus en plus ardu. Les contrôles «mis en place par le ministre des Affaires étrangères» les obligent à demander une permission écrite avant tout contact avec un quelconque officiel.
    Ghania Lassal




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  • Jeff
    9 décembre 2010 at 21 h 24 min - Reply

    Demandez aux tunisiens qui se font racketter par leurs consulats et ambassades avant chaque entrée en Tunisie en payant une taxe sur le n° du compte bancaire 2626. Demandez à qui appartient ce compte en France. La belle famille du dictateur, Les Trabelsi, ils sont au nombre de onze personne dominant des pans entiers de l’économie tunisienne grace à leur sœur Leila, l’épouse du dictateur, ancienne coiffeuse. Cette dernière a réussi à dépouiller Souha ARAFAT en construisant un lycée international, et en enlevant la nationalité tunisienne. Enfin, cette famille n’est mafieuse qui a des codes mais une bande de criminels.




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  • aboudouma
    11 décembre 2010 at 4 h 15 min - Reply

    je crois que pour les freres algeriens, le probleme immediat et le plus urgent n’est pas de s’abattre sur le regime tunisien et le dissequer in vivo jusqu’a la pleine satieté pour assouvir la rancoeur et l’amertume suscitées par le temoignage et le constat du president ben ali à propos de l’attitude du regime algerien vis avis du maroc.

    Le probleme est d’etre convaincus que ce temoigange est fondé et que le constat fait correspond bien a la realité :
    1/ce que le president tunisien a decelé et revelé n’est plus un secret pour toute la communauté internationale
    2/son temoignage corrobore celui deja faits par le france, l’espagne ( a des degrés divers) , l’egypte, le kuwait, l’arabie seoudite, le senegal, le gabon, la mauritanie, maintenant les USA…….etc ..bref tous les pays qui ont eu , pour des raisons diverses, à se pencher sur le contentieux algero-marocain.

    Le plus urgent est de realiser que le regime algerien est en train de suivre le meme itineraire que feu saddam hussein a imposé à l’irak…..celui la meme qui a permi la destruction de ce pays, de son occupation et du desastre ou il se trouve maintenant.

    L’arrogance sert peut etre les regimes pour un court moment mais son issue dessert les peuples pour tres longtemps.

    Au lieu de s’abattre sur la tunisie (et les autres pays pourfendeurs du regime algerien) , les freres algeriens doivent s’arreter un moment pour remarquer la vertigineuse cadence par laquelle la tension dans notre region se developpe et pour constater que les evenements vont tous dans le sens opposé à la politique du regime algerien.

    leur colere devra etre destinée non pas au president ben ali ou a la france…..elle devra etre dirigée vers ceux qui signent , depuis 1962, l’appauvrissement , le pillage, la destruction et le sous developpement de l’algerie.




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  • Congrès du Changement Démocratique