Édition du
22 July 2017

Police politique et nouveaux janissaires

Adel H.

Il me semble que nous pourrions rester des siècles à débattre ainsi sur la cause première de la faillite de notre pays et de toutes les dérives sanglantes : est-ce la prédisposition du peuple algérien au DRS-sage (dressage) qui lui a fait accepter sans réagir toutes les atrocités que lui ont fait subir les cerveaux de la police politique (SM puis DRS) ou bien est-ce le pouvoir de nuisance très élevé de ces institutions maléfiques qui a progressivement transformé le peuple algérien en légume, en lui injectant chaque jour que Dieu fait un produit actif dont les cerveaux des Tagarins ont le secret?

Pour celles et ceux qui ne l’ont pas encore fait, je conseille de retourner aux livres d’histoire – en particulier le livre de Mouloud Gaïd, L’Algérie sous les Turcs – pour se rendre compte que, malgré la présence des janissaires au sommet de la pyramide, les élites algériennes autochtones n’avaient jamais cessé, durant les trois siècles que dura la «présence » turque dans notre pays, de se soulever et de remettre en question cette tutelle, dont ils ne pouvaient se passer entièrement du fait de la menace espagnole et des rivalités internes qui affaiblissaient la cohésion nationale, mais qu’ils auraient voulue moins pesante. Le dernier soulèvement en date avant l’occupation française fut celui du Cheikh Mahieddine, le père de l’Émir Abdelkader, en 1827.

La résistance à la colonisation française est plus connue et il n’ya pas lieu d’y revenir. Il est vrai qu’entre la défaite d’El-Mokrani et l’apparition des premiers leaders nationalistes dans les années 20-30, il y eut une relative accalmie qui fit croire aux colons que la partie était définitivement gagnée mais, depuis la constitution de l’ENA, la revendication ne cessa jamais et ce jusqu’à la déflagration du 1er novembre 54.

Où est donc la prédisposition du peuple algérien à accepter la colonisation et le despotisme? Malgré la faiblesse des moyens et la pauvreté, les populations ont toujours répondu présent aux patriotes qui les ont sollicitées.

La période qui commence en 1962 est totalement nouvelle dans l’histoire de notre pays. Pour la première fois dans l’histoire multimillénaire de notre région le territoire qui s’appelle aujourd’hui Algérie est unifié et indépendant, nul occupant étranger n’étant là pour imposer sa loi. Après la chute de l’empire almohade, deux royaumes, celui des Hafcides de Tunis et celui des Zyanides de Tlemcen, se disputèrent la suprématie sur ce territoire, sans que l’un arrive à s’imposer définitivement et à construire un pouvoir central fort, reconnu par toutes les populations, d’Annaba à Magnia et d’Alger à Tamanrasset. Cette rivalité facilita la tâche des Espagnols et les villes côtières tombèrent une à une, suite à l’offensive généralisée que ces derniers lancèrent au Maghreb, dans l’élan de la Reconquista. En 1962, après trois siècles de tutelle turque et 132 ans de colonisation française, une nouvelle ère commençait enfin pour le peuple algérien. Le grand drame fut qu’aucune figure sage ne put s’imposer d’emblée à tous les combattants de la guerre de libération, comme le fut Mohammed V au Maroc et Bourguiba en Tunisie. L’absence de cette figure charismatique a lourdement pesé sur l’avenir de notre pays. Messali Hadj, Ferhat Abbas et Cheikh El-Ibrahimi auraient dû logiquement être, de par leur passé de leaders à la tête des trois courants qui composaient le mouvement nationalistes (les communistes ayant eu une attitude ambiguë jusqu’en 1954), les dépositaires de la légitimité et les supports d’une structure politique démocratique. L’histoire en décida autrement et les jeunes loups s’entre-déchirèrent jusqu’à ce que le plus décidé d’entre eux prenne le pouvoir, en s’appuyant sur l’armée des frontières, qui lui était totalement acquise.

C’est cette rupture entre la génération des trois leaders charismatiques et celle des chefs de l’insurrection qui mena le pays au désastre après 62. Le règne de la force, avec ses corollaires, l’exclusion et l’élimination de toute forme d’opposition légale, commença et la SM n’avait d’autre raison d’exister que la surveillance et la répression des opposants au pouvoir en place. Messali Hadj, Ferhat Abbas et Cheikh el-Ibrahimi rangés dans le camp des traitres et de la réaction, les colonels de l’ALN et les chefs historiques du FLN dispersés aux quatre vents par le souffle violent de la discorde et de la lutte pour le koursi, que restait-il au peuple algérien? Il était orphelin. Il fut livré pieds et poings liés à Boumédiène et ses alliés du Conseil de la Révolution, Kasdi Merbah et ses sbires de la SM montant la garde jour et nuit.

Qui pouvait constituer ne serait-ce qu’une association de quartier sans l’accord du pouvoir? Dans quel journal pouvait-on publier ne serait-ce qu’une opinion qui divergeait avec ce que décidait Boumédiène? Comment le peuple algérien aurait-il pu se défendre contre l’emprise des colonels, ces nouveaux janissaires, alors qu’il était orphelin, livré à lui-même? Boumédiène concentra entre ses mains tous les pouvoirs civils et militaires et ce jusqu’à sa mort. Bien sûr, il y eut beaucoup de cadres civils – Ahmed Taleb, Belaïd Abdesselam, Ghozali, etc. – qui acceptèrent de collaborer avec lui, en toute bonne foi peut-être. Mais là n’est pas le plus important. Le plus important est que ceux qui n’étaient pas d’accord avec sa démarche ne purent jamais s’exprimer et agir dans la légalité à l’intérieur du pays afin de proposer au peuple algérien d’autres alternatives. Et la SM veillait à ce qu’aucune voix discordante ne s’élevât pour perturber la belle symphonie – dont on découvrira plus tard qu’elle était mensongère et empoisonnée – que jouaient tous les organes de propagande du régime. La SM protégeait-elle le pays ou bien le pouvoir en place? Aït-Ahmed, Boudiaf, Krim Belkacem, Mohammed Khider, Benkedda, Ferhat Abbas, pour ne citer que quelques uns, étaient-ils des ennemis de l’Algérie? Pourquoi le peuple algérien devait-il avoir peur d’eux? Parce que Ben Bella puis Boumédiène en avaient décidé ainsi.
L’engrenage qui entraina notre peuple et le mena pas à pas vers l’abattoir, comme le mouton de l’Aïd, fut conçu et mis en place par une équipe restreinte qui s’étaitt appuyée sur une armée acquise à sa cause, tout comme les janissaires des siècles passés. Une fois le vide fait et le peuple dressé par treize années de pensée unique – dont El-Moudjahid et la RTA étaient les dépositaires et le gardiens – et une fois le dictateur qui tenait tous les molosses en laisse mort et enterré, le bal des vampires pouvait commencer. La meute se constitua rapidement à l’ombre de l’incompétence et affuta ses griffes et ses crocs. L’Algérie était prête à être dépecée et déchirée à belles dents. La lutte au sommet pour le partage du gâteau s’engagea et personne ne fit attention à cet éternel oublié, ce larbin méprisable, ce ghachi qui se faisait cracher dessus sans réagir, depuis si longtemps.

L’exclusion, le mépris et l’arbitraire ont été érigés en système de gouvernement par le pouvoir algérien depuis son avènement, tout comme celui des janissaires turcs. La SM et le DRS ont toujours été au service exclusif de ce pouvoir et ont servi à le protéger contre les opposants issus du peuple algérien. Ils ont pu jouer à titre secondaire un rôle dans la protection du pays contre les «prédateurs étrangers» – ce dont je doute fort – mais il ne fait aucun doute que la raison principale de leur existence était – est – de surveiller et de pourchasser les opposants, que ce soient les historiques du FLN, la «réaction», les communistes, les berbéristes ou les islamistes. Leur champ d’action est national et international. Ce n’est un secret pour personne que la police politique (SM puis DRS) a ses agents dans toutes les ambassades d’Algérie à l’étranger chargés de surveiller tous ceux parmi les algériens exilés qui auraient la prétention de remettre en question la suprématie des janissaires d’Alger. Il y a certes des agents du DRS (et de la SM par le passé) dans les institutions de l’État, les médias et les entreprises économiques dont le rôle est d’assurer la sécurité préventive, mais tout le monde sait qu’en plus de leur rôle strictement sécuritaire, ils servent de relais à la machine de surveillance et de propagande du pouvoir. Ils veillent à détecter le moindre mouvement de contestation et s’emploient à le neutraliser par tous les moyens. Ils diffusent des rumeurs et de fausses informations afin de semer la confusion et dévier les regards. Ils fabriquent des dossiers contre ceux qui risquent de constituer une menace pour leur pouvoir et liquident sans état d’âme ceux qui sont jugé irrécupérables.

Venons-en maintenant au plus lourd passif de l’Algérie indépendante, celui de la décennie noire. Après octobre 88, et dans la foulée de la chute du mur de Berlin, notre pays aurait pu entamer une nouvelle ère, celle de la démocratie véritable, du pluralisme politique, de la liberté d’opinion, de l’État de droit. L’échec du processus démocratique entamé avec la Constitution de Février 89 n’a pas encore livré tous ses secrets, car beaucoup de protagonistes n’ont pas encore témoigné en toute honnêteté devant le peuple algérien et l’histoire. Quel rôle a joué le DRS dans la tragédie vécue par notre pays? Cette question prête encore à controverse, malgré les nombreux témoignages d’anciens officiers du DRS, et elle ne sera définitivement tranchée qu’après que des enquêtes impartiales aient été menées au sujet des assassinats, massacres et disparitions. Une chose est sûre : le DRS n’a pas joué le rôle de pompier, mais celui de pyromane. Tous ceux qui avaient appelé au dialogue et à la mesure ont été systématiquement taxés de traîtres et de fossoyeurs de la démocratie. Pourtant le DRS est bien placé pour connaître la réalité du terrain. Les chefs du DRS et de l’ANP savent très bien que les partisans du FIS sont nombreux dans la société algérienne et que la seule solution pour notre pays est le dialogue et l’appel à la sagesse. Ne pas être d’accord avec un autre algérien sur la meilleure manière de gérer le pays ne nous donne pas le droit de l’exclure et de l’empêcher de s’exprimer. Le DRS a toujours rejeté toute tentative de dialogue avec les islamistes, assimilant ces derniers au mal suprême.

Pourquoi vivons-nous encore sous l’état d’urgence? Pourquoi, alors que les anciens dirigeants du FIS sont soit morts, soit exilés, soit sous étroite surveillance, et que le fondateur du GSPC, Hassan Hattab, a été arrêté, y a-t-il encore des terroristes dans les maquis de Kabylie? La vérité finira bien par éclater au grand jour et les Algériennes et les Algériens sauront enfin à quoi s’en tenir au sujet de ceux qui les ont dirigés depuis 1962, en s’appuyant sur l’Armée et la police politique. Ils sauront enfin qui étaient les vrais patriotes et qui étaient les traitres. Alors, nous pourrons peut-être oublier définitivement le règne des janissaires.


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14 Commentaires sur cet article

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  • radjef said
    15 décembre 2010 at 20 h 04 min - Reply

    Bonsoir tout le monde. Adel, bonsoir, j’ai beaucoup aimé votre contribution. Mais faute d’électricité et de connexion, (il neige en ce moment sur le Djurdjura et les infrastructures de ma ville datent des premiers temps de la colonisation) je ne peux m’étaler longuement. Mais nous sommes bien sous le règne des janissaires. Toutefois je vous promets un long commentaire à ce sujet.




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  • khaled
    15 décembre 2010 at 21 h 01 min - Reply

    M. Adel,
    Le contenu de votre contribution mérite réflexion…Mais de grâce laissez les janissaires en dehors de ce débat.

    Car si ce n’étaient eux, on serait tous des non-circoncisé et Allah Akbar ne serait été l’arme des moudjahidins.




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  • Dr. Jamal al-Ahmar
    15 décembre 2010 at 21 h 08 min - Reply

    Les Tagarins furent des combattants certes, mais ils ne furent jamais des turques. Ils sont des Andalous réfugiés en Algérie. Ils ont servi les ottomans et défendu l’Algérie contre l’ennemi commun; les espagnols. Ils n’ont rien à voir avec la tyrannie.




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  • Adel
    15 décembre 2010 at 23 h 03 min - Reply

    @Dr. Jamal al-Ahmar

    Bonjour,

    Les Tagarins dont je parle est le quartier d’Alger où se trouve le Ministère de la Défense Nationale. Désolé pour ce quiproquo involontaire.

    Cordialement




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  • radjef said
    16 décembre 2010 at 18 h 58 min - Reply

    Bonsoir tout le monde. Montaigne disait que « les âmes boiteuses sont inaptes à l’exercice de l’esprit ». Une grande dame parisienne disait aussi en guise de réponse à une âme scélérate et sans noblesse qui la courtisait « la valeur d’un homme est définie non pas par ce qu’il fait, mais par ce qu’il refuse de faire. » L’Algérie tout comme les pays du monde a ses propriétaires. La France est la propriété de 127 familles. Le Royaume Uni, les USA, l’Italie, l’Espagne et toutes les puissances de ce globe sont aussi la propriété de quelques familles. Que l’on vote à gauche ou à droite, que l’on choisisse un esclave pour les besoins d’une certaine cause, les décisions finales sont prises ailleurs par ces familles. En Algérie, on a horreur de remuer le passé. Parler du passé c’est un crime contre l’humanité…L’Algérie est devenue la propriété des janissaires, des zouaves, des tirailleurs, des esclaves et des daf qui font la pluie et le beau temps… On se connaît. On sait que l’Algérie n’est pas née en 1962.Elle à ses propriétaires, sa noblesse et ses janissaires, ses esclaves, ses zouaves, ses tirailleurs daf…




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  • Adel
    16 décembre 2010 at 19 h 22 min - Reply

    @khaled

    Bonjour,

    Je ne suis pas d’accord avec votre affirmation, cher compatriote, pour au moins deux raisons :

    1- La France a occupé l’Algérie pendant 132 ans et de la manière la plus féroce qui soit. Pourtant, en 1962, l’immense majorité (pour ne pas dire la totalité) des enfants mâles algériens étaient circoncis.

    2- Le Maroc avait subi l’invasion espagnole tout autant que l’Algérie, mais il n’avait pas fait appel aux Turcs. Il s’en est bien sorti quand même.

    On ne refait pas l’histoire, mais on peut en tirer des leçons pour le présent et l’avenir. Les groupes sociaux et les peuples, tout comme les individus, peuvent faire des choix qui auront des conséquences désastreuses dans l’avenir. En fait, ce sont les élites qui font les choix et, dans notre cas, certains choix faits par nos dirigeants après l’indépendance (92 par exemple) ont également eu des conséquences terribles.

    Lorsque les notables des villes de Bedjaïa et d’El-Djazaîr firent appel à Aroudj et Kheir-Eddine, deux chefs courageux et intrépides qui agissaient à ce moment-là pour leur propre compte et non pour celui du Sultan ottoman, pour éloigner la menace espagnole, s’imaginaient-ils qu’ils allaient subir la tutelle des janissaires pendant trois siècles? Pas sûr.

    Aroudj, après être entré à El-Djazaïr avec ses troupes fit assassiner Salem Toumi, le Cheikh-el-Baladia de la ville, celui-là même qui l’avait appelé au secours. Plus tard, appelé par la population de Tlemcen pour la débarrasser du sultan Zyanide Moulay Abou-Hammou, allié des Espagnols, et le remplacer par Moulay Ben Zyan, et après avoir vaincu Abou Hammou, la première chose qu’il fit fut de pendre Moulay Ben Zyan, après l’avoir libéré de prison, ainsi que sept de ses fils et soixante-dix membres de sa famille.

    Après la mort d’Aroudj (1518), Kheir-Eddine, qui fut un grand chef militaire, décida de prêter allégeance au Sultan Sélim 1er et l’Algérie devint une province de l’empire ottoman. De Kheir-Eddine, nommé beylerbey en 1518, à Hussein Dey, qui remit les clefs d’Alger au général français de Bourmont le 5 juillet 1830, il y eut environ 65 chefs d’État en Algérie. Pas un seul ne fut un autochtone. Il y eut un seul bey kouloughli, le bey Ahmed de Constantine, dont la mère était une Bengana. C’est celui qui résista le plus longtemps aux Français.

    Pendant les trois siècles que dura la tutelle turque dans notre pays, les janissaires et les raïs, pour la plupart enfants chrétiens enlevés très jeunes à leurs familles, donc sans aucune attache, et formés dans un esprit de totale obéissance au Sultan, venus faire fortune en Algérie, ou renégats attirés par le seul appât du gain, firent et défirent les gouvernements, souvent parce qu’ils n’avaient pas touché leur paie à temps. Les autochtones étaient maintenus en état d’infériorité et traités avec mépris.

    « Idhâ echcha3bou yawman arâda lhayât falâ boudda an yastadjîba lqadar ». Ces paroles magnifiques du poète tunisien Aboulkâcim Echabbi me font penser à ce qui serait arrivé si, au lieu de céder à la panique et de faire appel à Aroudj et Kheir-Eddine, les notables de l’époque s’étaient retournés vers leur peuple et avaient puisé au plus profond d’eux-mêmes la volonté de vaincre et de repousser l’envahisseur. Si un homme de la dimension du grand Massinissa avait surgi et engagé la bataille, le destin de notre pays aurait certainement été différent. Au lieu de demeurer avilies pendant trois siècles, les élites algériennes auraient contribué à assoir un État national fort et stable, car reposant sur les enfants du pays, non sur des étrangers.

    Une fois les Turcs partis, les Algériens n’ayant plus rien à perdre, affrontèrent l’occupant français. Le peuple algérien sut trouver en lui-même la force de résister et finit, après beaucoup de sacrifices, par libérer le pays.

    Pourquoi certains peuples réussissent-ils et d’autres échouent? Pourquoi un petit pays comme l’Espagne avait-il au 16ème siècle suffisamment de puissance pour envahir un grand territoire comme le Maghreb?

    Quelle leçon devons-nous tirer pour le présent et l’avenir? Celle-ci : mâ yenfa3 ghîr essah. On a beau fuir la bataille, par crainte de la mort, celle-ci finit toujours par nous rattraper et nous sommes alors bien obligés de faire face ou mourir. Le peuple algérien ne sut pas se défendre au 16ème siècle, mais il fut bien obligé de le faire au 19ème. Les Turcs n’avaient fait que retarder l’échéance de trois siècles. Trois siècles de perdus pour les élites algériennes.

    Aujourd’hui, ceux qui dirigent l’Algérie ressemblent étrangement aux janissaires d’autrefois et nous nous trouvons dans la même situation, préférant leur tutelle avilissante à la bataille libératrice.

    Cordialement




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  • D B
    16 décembre 2010 at 20 h 15 min - Reply

    Il existe pourtant une documentation massive sur ce que fut l’occupation de notre pays par les Turcs. Le régime algérien a toujours tenté de nier cette vérité historique pour des raisons liées à l’historicité de notre pays, pour affirmer que l’Etat Algérien, dans sa configuration actuelle, existait avant l’arrivée des Français. En fait, il n’avait pas besoin de cela, l’histoire de l’Afrique du Nord, puis du Maghreb, n’avait pas besoin d’être apprêtée au goût du jour. Elle est ce qu’elle a été.
    Pour ceux qui l’ignoraient, que ce soit dans la Régence d’Alger, ou dans les autres beylicks, l’autochtone, Maure ou Berbere, ne jouissait d’aucune considération. Peu de Kouroughlis, malgré leur parentIlé avec les Turcs, purent s’élever à des positions sociales enviables. A Alger, la seule charge dans le Diwan à laquelle pouvait prétendre un autochtone était celle de « Kaid Zoubia »(Responsable de la Voirie). Il était tout à fait inimaginable qu’un autochtone puisse être Dey, Chef de l’Odjak ou quelque autre dignitaire. Tous ces titres étaient réservés exclusivement aux Turcs, où dans de rares exceptions à des chrétiens convertis à l’Islam qui étaient bien mieux considérés que les Maures et les Berbères. A l’intérieur des terres, les seuls notables autochtones qui ne souffraient pas de la férule janissaire étaient les familles « makhzen » qui étaient chargées de collecter l’impôt pour les Turcs.
    D’une manière générale, la période durant laquelle les Turcs dominèrent le pays fut calamiteuse, et la société connut une régression abyssale. Les Turcs avaient été appelés à l’aide par les Andalous et les notables algériens, pour les protéger contre les incursions des Espagnols. Ils le regrettèrent amèrement, et découvrirent que leurs frères dans l’Islam n’étaient pas moins cruels que les chrétiens de la Reconquista.




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  • Arezki Nait Amar
    16 décembre 2010 at 20 h 38 min - Reply

    L’occupation turque de notre pays a fait place à l’occupation française.Le lâche Dey Hussein d’Alger a livré nos aieux mains et pieds liés à la colonisation française.J’ai de l’admiration pour les dirigeants turcs actuels mais j’ai toujours maudis leurs prédécesseurs qui ont gouverné le monde arabo-musulman car ils se sont conduits comme des despotes.




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  • Adel
    16 décembre 2010 at 23 h 05 min - Reply

    @Arezki Nait Amar

    Bonjour,

    J’ai beaucoup de collègues de travail Turcs et je les trouve formidables : travailleurs, disciplinés, respectueux et amicaux. J’ai également séjourné à Istanbul pendant 3 semaines au début des années 90 et j’ai constaté à quel point ce peuple est digne de respect.

    Les frères Barberousse étaient certainement de vaillants chefs militaires et ils ne furent pas totalement responsables de la tyrannie qui se mit en place après eux. La logique du régime militaire entièrement contrôlé par les janissaires qui prit racine à Alger ne put être cassée que par une armée plus forte, celle du général de Bourmont. Classique : un chef militaire fort et ambitieux laisse derrière lui une dictature qui se perpétue ensuite pour le grand profit des médiocres.




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  • mohand Oulhadj
    17 décembre 2010 at 14 h 35 min - Reply

    Bonsoir Tout le monde,
    Merci ADEL pour votre chef d’oeuvre, voilà un article digne d’être écrit et qui retrace exactement ce que nous vivons actuellement.
    C’est dommage que le site ne comporte pas l’option de pouvoir imprimer ces articles dignes d’une plume bien précieuse.
    C’est une suggestion à S.E.S de bien vouloir apporter un plus ce site: celui de pouvoir imprimer ce qu’on souhaite.
    Merci pour la prochaine amélioration
    Cordialement

    =====================
    La suggestion est transmise à notre webmaster Samir.
    La Rédaction LQA




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  • A.By
    19 décembre 2010 at 23 h 23 min - Reply

    @ Adel

    Vous dites dans votre post que « les frères Barberousse étaient certainement de vaillants chefs militaires et ils ne furent pas totalement responsables de la tyrannie qui se mit en place après eux ».

    Pas totalement d’accord avec ce constat, du moins, certes, Kheireddine avait hissé Alger au rang de puissance régionale à l’époque, mais pas en ce qui concerne son frère Aroudj qui avait assassiné dans sa salle de bain, Salim Toumi, le cheikh du tadjmâat d’Alger, qui fut , il faut le rappeler, un des petits-fils de Sidi Abderrahmane El-Thaâlibi décédé en 1478.

    Un crime qui rappelle, celui de Ali Tounsi récemment dans son bureau ou de Medeghri dans sa chambre à coucher et plus spectaculairement celui de Boudiaf en direct de la télé.
    Après tant de siècles, les reflexes politiques n’ont point changés dans cet endroit maudit.

    Une fois que Salim fut assassiné, le peuple algérien poltron à l’époque, comme aujourd’hui, était sorti scander un genre de slogan qui rappelle celui de notre époque actuelle : « Djeich, châab, mâak ya Aroudj ».

    La suite….sans commentaires.

    Merci pour votre article.




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  • A.By
    20 décembre 2010 at 1 h 21 min - Reply

    @ Adel

    Toujours pour continuer décrire l’état d’esprit de la population algérienne sous le joug des janissaires et de la vassalité à Bab Lekbira (la Grande-Porte- Empire Ottoman) pendant trois longs siècles, j’avais noté une anecdote authentique du Maréchal De Bourmont, parue dans le livre de Pierre Serval, « La Ténébreuse Histoire de la Prise D’Alger ».

    Ce dernier (Serval) avait eu l’autorisation de la descendance de la famille De Bourmont à fouiller pendant plus de deux ans, le dojo du château dans le Morbihan, plein de notes et d’archives du Maréchal, lesquels depuis n’ont jamais été touchés. D’ailleurs, c’est ce qui avait permis à l’auteur d’être motivé et d’écrire le livre en question.

    L’anecdote stipulait que pendant le débarquement à Sidi-Fredj, le Maréchal, avec son expérience, s’attendait déjà à une résistance de la part de la population locale, ce qui fut arrivé était une légère escarmouche de quelques cavaliers qui avaient abdiqués au bout de quelques heures, laissant quelques morts sur la plage et des prisonniers du côté algérien.

    Le lendemain matin, le chef de tribu du village de Sidi-Yahia – un village disparu depuis le temps, localisé entre l’actuel Staouelli et le bord de l’eau – descendit avec un drapeau blanc, demandant une audience au Maréchal, l’implorant pour qu’il lui rende son fils fait prisonnier.

    Le Maréchal fut encore plus étonné- lui qui était curieux déjà par cette république de corsaires qui avait dominé la méditerranée pendant trois siècles – d’entendre que le chef de tribu était même partant de s’allier à lui pour déloger le tyran Dey et ses Janissaires de la Casbah s’il lui rendait son fils vivant. Chose faite.

    Mon appréciation est que le ver avait atteint le fruit algérien, pas seulement depuis la promotion Lacoste, mais bien avant dans le temps. Si thérapie existe, elle sera très longue.

    Cordialement.




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  • khaled
    22 décembre 2010 at 19 h 57 min - Reply

    Je ne suis pas noble, mais mon histoire a des centenaires,
    La Régence a régné avec force en incendiant des galères.

    Dois-je croire ceux qui ont apporté le mot faim dans le nord
    Je ne peux être un vendu de cette terre, contre tout or

    S’asseoir dans mes vérités et lire les autres dans leur orgueil
    Mon Casbah, mon désert et mes mechtas du Nord,

    Je veux être kabyle, je veux être chaoui,
    Mais Dieu dans sa miséricorde, m’a fait un Naoui,

    Ceux qui l’espace d’un verre, d’une priere,
    Ce sentent une vertu quand l’âme demande une prière




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  • Adel
    23 décembre 2010 at 14 h 24 min - Reply

    @mohand Oulhadj

    Bonjour,

    Je suis très touché par vos propos et vous remercie pour vos encouragements. Ma seule ambition est de contribuer autant que possible et dans la limite de mes capacités à l’émergence d’une Algérie plus juste, plus fraternelle et débarrassée à tout jamais de toute forme de tyrannie.

    Bien à vous




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  • Congrès du Changement Démocratique