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26 March 2017

Les émeutes se poursuivent à Alger !

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El Watan le 28.12.10 | 15h21

De nouvelles émeutes ont éclaté mardi à Baraki et dans d’autres quartiers sinistres d’Alger pour cause de manque de logements décents.

Décidément, les émeutes sont en train de transformer Alger en un brasier ardent. Mardi matin, des centaines de jeunes de Baraki ont encore une fois manifesté leur colère en bloquant la route qui mène vers Sidi Moussa. La veille, durant la nuit du lundi, les habitants de « Laquiba » ont pris d’assaut la rue pour demander leur droit au relogement.

Les jeunes de Baraki sont sortis mardi, une nouvelle fois, dans la rue pour réclamer leur droit à un logement décent.  Et tôt le matin, ils ont procédé à la fermeture de la route qui mène vers Sidi Moussa pour dire tout haut que les promesses des autorités publiques ne suffisent plus à les calmer.

Ces jeunes dont les familles occupent des taudis à Baraki ont pris leur mal en patience depuis des années. Et cette fois-ci, la misère et la galère ont fini par avoir raison de leur sang-froid. Le flou et les anomalies qui ont entouré les récentes opérations de relogement à Alger ont été également cette goutte d’eau qui a déversé définitivement le vase de la révolte.

Une révolte qui commence à toucher d’autres quartiers pauvres où la promiscuité et l’exiguïté des logements précaires tourmentent des familles entières. Pour preuve, tout au long de la nuit du lundi, des troubles ont éclaté à « Laquiba », la commune de Belouizdad, et à Rouiba au niveau des chalets de Drâa El-Guendoul.

Des centaines de familles occupent ces chalets depuis 2003 et évoluent dans des conditions de vie déplorables. Lundi soir, ils sont descendus, eux-aussi, dans la rue pour dire qu’ils ont ras-le-bol de cette « vie de misère ». A « Laquiba », un autre quartier sinistre de la capitale, la situation est aussi très tendue.

Les promesses du relogement datent de plusieurs années et jusqu’à aujourd’hui, l’humidité et le froid continuent à ronger les murs délabrés des vieilles maisons lesquelles menacent de tomber en ruine à chaque intempérie.

Pour faire face à ce vent de révolte et à cette énième crise sociale, les autorités publiques ont promis de distribuer encore plus de logements en 2011. Mais jusque là, les forces de l’ordre ont été les premiers à se mobiliser pour contenir la colère populaire. Les affrontements sont d’une rare violence et à chaque fois des blessés sont à déplorer.

Abderrahmane Semmar

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4 Commentaires sur cet article

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  • Sami
    28 décembre 2010 at 21 h 46 min - Reply

    Les peuple ne mourra jamais !!! le peuple a été appauvri de son élite et coupé d’elle , si non ce regime maffieux aurait été changé il y a longtemps !!!
    La presse algérienne a aussi joue un rôle très sale dans le sabotage des efforts populaires pour le changement !!




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  • meghress19
    29 décembre 2010 at 9 h 00 min - Reply

    @ Sami
    Ces evenements a Alger seraient peut-etre des soulevements populaires pour un changement. La presse nous presente ca comme des emeutes pour le logement pour les isoler.




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  • Meghress19
    29 décembre 2010 at 9 h 03 min - Reply

    Peut-etre ca serait une bonne idee de filmer et interviewer des gens pour dire aux autres regions que c’est un soulevement contre la HOGRA.




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  • Rédaction LQA
    29 décembre 2010 at 12 h 15 min - Reply

    Cité Diar Echems à El-Madania
    Des familles crient à l’arnaque
    Par : Chérif Memmoud, Liberté, 29 décembre 2010

    Tout semble pourtant rentrer dans l’ordre après le relogement des familles de la cité Diar Echems qui a connu des émeutes il y a quelques mois. Mais le feu de la colère est loin d’être éteint. Des familles, au nombre de vingt-cinq crient de nouveau à la hogra, car, contrairement aux familles relogées, elles ne savent plus à quel saint se vouer. Au milieu d’un brouhaha causé par les travaux des équipes de la wilaya “ateliers d’Alger”, chargés de sceller les portes et fenêtres des appartements délogés, des cris de détresse de dizaines de familles sont ainsi lancés. Livrées à elles mêmes, ces familles n’ont pas voulu quitter la cité de Diar Echems plus exactement celles qui habitent le bâtiment J, que nous avons rencontrées hier. “Nous avons été trahies par les autorités qui nous ont promis un toit décent. Où sont passées leurs promesses de relogement, nous sommes toujours là dans l’attente et on ne se laissera pas faire jusqu’à avoir gain de cause et jouir enfin de notre droit au logement”, c’est ce que nous a dit, Omar un fonctionnaire aujourd’hui laissé pour compte malgré l’acte de propriété dont il dispose. De son côté, Ahmed, un infirme (il est aveugle), n’en revient toujours pas : “On est venu me voir pour me signifier de me rendre à Sebala pour rejoindre ma nouvelle maison, j’ai donc pris toutes mes affaires, mais une fois sur place on m’annonce que je ne figure pas sur la liste des bénéficiaires. Je n’ai rien compris, j’ai donc décidé de revenir, avec mes trois enfants, ici à Diar Echems dans mon ancienne maison aujourd’hui dénuée de tout, ni porte ni fenêtres. Pourquoi se moquer de moi et me donner de faux espoirs pour ensuite retomber dans la réalité, cette triste réalité. Je ne bougerai pas d’ici tant que je n’aurai pas bénéficié comme les autres d’un appartement décent”, nous dira-t-il avec chagrin. Un fonctionnaire de l’hôpital Mustapha-Pacha, accompagné de sa femme et ses trois enfants n’a pas pu retenir ses larmes, se disant tout bonnement arnaqué par les services concernés par le relogement. “Des célibataires ont bénéficié de cette opération de relogement, mais ceux réellement touchés n’ont pas pu avoir ce luxe. Pourquoi cette hogra? Nous sommes des Algériens et l’état doit tenir ses promesses”, dénonce-t-il. Autant de laissés pour compte qui crient leur déception et leur colère pointant du doigt le délégué de leur cité et les autorités locales, à savoir la daïra de Sidi-M’hamed en la personne du wali délégué. L’un des habitants de la cité, la trentaine passée, n’est pas allé avec le dos de la cuillère pour fustiger ceux qu’il a qualifié de “Beznassia”. Allusion faite au délégué de leur cité qui, selon lui, a bénéficié lui et sa famille de dix logements au cours de cette opération de relogement. “Où est passé le délégué, on l’appelle mais il ne daigne même pas répondre au téléphone. Il a bénéficié de dix logements pour lui et sa famille, il n’a que faire des oubliés. Quant au wali délégué, nous avons parlé avec lui et il nous dit d’un air arrogant, allez voir avec Mohamed. On ne sait plus quoi faire si ce n’est de revenir dans nos caves afin d’éviter le froid et le pire pour nos enfants. Même les recours n’avancent pas du tout ; sur les 25 familles pas encore relogées, seuls quatre recours sont à l’étude, que vont-ils faire de nous, allons nous nous retrouver à la rue sans abri ?” s’est-il interrogé. En somme, le feuilleton Diar Echems est loin de connaître son épilogue et la cité risque de retomber dans la violence une nouvelle fois. à suivre.




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  • Congrès du Changement Démocratique