Édition du
27 July 2017

Tunisie : mort de Mohamed Bouazizi qui s’était immolé à Sidi Bouzid

In Tunisia Watch

Mohamed Bouazizi, le jeune vendeur de fruits et légumes qui avait tenté de s’immoler le 17 décembre à Sidi Bouzid, ville du centre ouest de la Tunisie, est mort de ses blessures mardi 4 janvier à 19 heures, selon sa famille.

Agé de 26 ans, ce diplômé chômeur s’était aspergé d’essence devant la préfecture après s’être fait confisquer sa marchandise par la police municipale parce qu’il n’avait pas les autorisations nécessaires.

Son geste de désespoir est à l’origine d’une vague de manifestations sans précédent dans tout le pays. Des défilés et des rassemblements ont eu lieu dans de nombreuses villes, y compris la capitale, Tunis. Lundi, des nouveaux heurts ont opposé des lycéens et la police à Thala, une ville située à l’est de la Tunisie.

QUATRE MORTS

Le 28 décembre, le président tunisien Zine El-Abidine Ben Ali s’était rendu au chevet de Mohamed Bouazizi, transféré au centre de traumatologie et de grands brûlés de Ben Arous, près de Tunis, avant de recevoir la famille.

Ce nouveau décès porte à quatre le nombre de personnes qui ont trouvé la mort au cours de ces troubles. Le 22 décembre, toujours à Sidi Bouzid, un autre jeune chômeur Houcine Néji, 24 ans, s’était donné la mort en escaladant un pylône électrique, tandis que le même jour, un jeune diplômé, Mohammed Ammari, 18 ans, était tué par balles lors de graves affrontements avec la police dans la ville de Menzel Bouzaïane.

Enfin, Chawki Hidri, 43 ans, ingénieur en informatique, qui participait à la même manifestation et qui avait été blessé par balles, est mort le 31 décembre des suites de ses blessures.

Mercredi 5 janvier, Mohamed Bouazizi devrait être enterré à Sidi Bouzid. Demain jeudi, plusieurs manifestations de soutien au mouvement tunisien étaient prévues en Europe, au Canada, et en Algérie, avant l’annonce de son décès. A Paris, à l’appel de plusieurs organisations et partis de gauche, un rassemblement est organisé place de la Fontaine des Innocents.

Isabelle Mandraud – Le Monde – 05 01 2011


Nombre de lectures : 966
5 Commentaires sur cet article
  • Sami
    5 janvier 2011 at 22 h 03 min -

    Je suis vraiment attriste pour lui ! Esperant que Allah le tout puissant lui pardonner et lui accepter comme un martyre dans son vaste paradis !!
    Je lance un appelle au peuple tunisien de ne pas traihir ces jeunes, ces heros , et continuez .. Continuez jusqu a que ce regime soit tomber et juge!! It suffit qu’ un pays du meghreb soit liberer et les autre vont suivre inchallah
    Continuez de se liberer , et ca va nous aider, les algeriens aussi de continuez notre battaille de se liberer de ces regimes de bande de mafia!
    Vivre libre mieux ou mourir mais pas vivre sous ses regimes qui ont nous ont inhumains !!
    Allah Yarham chouhada




    0
  • Abdul
    5 janvier 2011 at 23 h 04 min -

    Puisse Allah lui accorder son pardon et sa miséricorde car c’est un martyr de la dignité.
    Le vent de la libération s’est levé et l’effet domino sera imparable.




    0
  • D B
    5 janvier 2011 at 23 h 20 min -

    Nous avons, au Maghreb, une coutume qui peut sembler barbare. Lorsque l’un des nôtres meurt pour une cause juste, nos femmes, arbitres de notre honneur, lancent des you you à casser tous les murs du silence.
    Mohamed Bouazizi vient de signer l’acte de naissance du Grand Maghreb. Cela pourrait sembler risible à d’aucuns, qui pèsent le moindre geste au trébuchet de leur vision du monde. Pour nous, un homme a mis le feu à son propre corps, pour dire que cela vaut mieux que de vivre sous le règne d’un BENALI. Et cela vaut pour nous tous, maghrebins, qui plions sous le poids des monstres qui nous gouvernent.
    Je voudrais que ce nom devienne emblématique de notre colère.




    0
  • Nourredine BELMOUHOUB
    6 janvier 2011 at 0 h 07 min -

    Un crime abject qui alourdira un peu plus la conscience du dictateur ben ali et celui son alentour putride un crime qui vient s’ajouter à de nombreux autres.




    0
  • Zineb Azouz
    6 janvier 2011 at 2 h 07 min -

    Monsieur Nourredine BELMOUHOUB,

    De quoi parlez vous ? De conscience ?
    Vous faites sans doute allusion à un autre trophée à accrocher à leurs innombrables tableaux de chasse.

    Ils n’ont même plus besoin de tuer les gens dans les cages et les geôles !

    Les nôtres poussent les jeunes à se noyer en méditerranée, à se transformer en ceinture explosive et/ou encore mourir d’over dose, et à côté en tunisie, on les pousse à se bruler vifs.
    C’est à qui mieux mieux, les compétitions sont ouvertes.

    Où est LE MONDE LIBRE ?
    Où est El Karadhoui ?
    Où sont les philosophes qui dénoncent la lapidation ?
    Où sont les féministes qui défendent la vie ?
    Où sont les communistes qui défendaient la lutte des classes ?
    Où sont les artistes qui chantent l’amour et la révolution ?
    Où sont les croyants qui chantent l’éternité ?
    Où sont nos consciences ?
    Où sont tous ces chiens que je n’entends plus aboyer ?

    En effet cher Djamaledine, plutôt brûler vif que de brûler chaque jour sous les supplices des Benali et de leurs cerbères !

    Pourquoi la photo de ce homme calciné et mangé en direct par les flammes n’a fait la une d’aucun magazine ?

    Que sommes nous devenus, les spectateurs de notre propre agonie.

    ZA




    0
  • Congrès du Changement Démocratique