Édition du
26 March 2017

Zine el Abidine ben Ali : «Je vous ai compris»

Le président tunisien a de nouveau tenté jeudi d’apaiser les émeutiers. Quitte, pour cela, à faire une annonce inattendue. Zine el Abidine ben Ali, qui dirige le pays depuis 1987, a ainsi laissé entendre qu’il ne briguerait pas de nouveau mandat en 2014. Il a également demandé aux forces de l’ordre de ne plus faire usage d’armes à feu contre les manifestants.

«J’ai dit en 1987 qu’il n’y aurait pas de présidences à vie. Je le répète à présent: pas de présidences à vie. Je refuse de toucher à la Constitution, je ne changerai pas l’âge inscrit dans la Constitution (75 ans ndlr)», a déclaré Ben Ali dans un discours télévisé, le troisième depuis les premiers troubles le 17 décembre. Le chef d’Etat affiche 74 ans et l’on s’attendait à ce qu’il modifie la Constitution sur ce point. Autre nouveauté, le président tunisien s’est exprimé en arabe dialectal -langue parlée au quotidien – et non en arabe littéraire, la langue des élites.

Outre l’arrêt de l’usage d’armes à feu contre les manifestants, Ben Ali a également promis une plus grande liberté d’information : «J’ai décidé d’une totale liberté de la presse et de l’arrêt des fermetures de sites internet», a-t-il annoncé, affirmant aux Tunisiens : «Je vous compris». Le président a poursuivi son discours sur un ton inhabituel, affirmant avoir été «trompé» sur l’analyse de la crise sociale qui agite son pays. «La situation aujourd’hui nécessite un profond changement et de travailler main dans la main (le pouvoir et les opposants) pour le bien du pays, a-t-il déclaré. Je réaffirme ici que j’ai l’intention d’approfondir la pratique démocratique et de revitaliser le pluralisme».

Le chef de l’Etat a enfin ordonné une baisse des prix du pain, du lait et du sucre, la cherté des matières premières étant l’un des motifs de mécontentement des contestataires.


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12 Commentaires sur cet article
  • Rédaction LQA
    14 janvier 2011 at 1 h 47 min -

    Tunisie : limogeage de deux faucons de Ben Ali
    Abdelwaheb Abdallah et Abdelaziz Ben Dhia avec Rafik Hajkacem sont 3 membres du bureau politique du RCD évincés depuis le début de la contestation en Tunisie.

    Abdelwaheb Abdallah et Abdelaziz Ben Dhia avec Rafik Hajkacem sont 3 membres du bureau politique du RCD évincés depuis le début de la contestation en Tunisie

    Abdelwaheb Abdallah, l’inamovible conseiller de Ben Ali en charge de la presse (et ancien ministre des Affaires étrangères), vient d’être limogé, ainsi que le ministre d’Etat et conseiller spécial du Président Abdelaziz Ben Dhia.

    C’étaient les deux durs parmi les durs, les faucons des faucons. Il s’agit là d’un signe irrémédiable d’affaiblissement du régime après des semaines d’émeutes. L’information, encore non-officielle, a été confirmée par Alarabiya. Cela fait suite au limogeage, mercredi, du ministre de l’Intérieur.

    Le Mazarin de Ben Ali

    Abdelwaheb Abdallah, 68 ans est l’ennemi juré des libéraux et de tous les partisans de l’ouverture du régime. Il passe pour l’architecte et le maître d’œuvre de la politique de verrouillage de l’information.

    Décrit comme l’âme damnée ou le mauvais génie du Président, ce monastirien habile et intelligent, est un ancien professeur à l’Institut de presse et des sciences de l’information (Ipsi), ancien directeur de la TAP, l’agence de presse officielle. Il a intègré le gouvernement, en septembre 1987, comme… ministre de l’Information.

    « AA » a connu pourtant une semi-disgrâce en novembre 2003, quand les attributions de porte-parole lui sont brutalement retirées pour être confiées à Abdelaziz Ben Dhia. Mais il conserve son bureau au palais de Carthage et continue d’exercer son influence en coulisses.

    Véritable Mazarin, Abdelwaheb Abdallah, dont la femme, Alia, préside le conseil d’administration de l’Union internationale de banques (UIB), passe aussi pour être un proche de Leïla Trabelsi – Ben Ali.

    L’exécuteur des basses œuvres juridiques

    Ben Dhia, juriste sans états d’âme formé à Toulouse, avait confectionné la révision constitutionnelle sur mesure de 2002, qui avait permis à Ben Ali de briguer un quatrième mandat en 2004. C’est l’exécuteur des basses œuvres juridiques du régime.

    Et Ben Dhia, ces derniers temps, planchait sur la révision constitutionnelle qui devait faire sauter la limite d’âge de 75 ans (Ben Ali est né en 1936) pour se porter candidat, et l’autoriser à solliciter un nouveau mandat en 2014.

    Il est âgé de70 ans. Natif de Moknine, ce professeur de droit privé, ancien doyen de la faculté de Tunis, est issu d’une famille nationaliste de la moyenne bourgeoisie sahélienne. Il avait été propulsé, en 1996, à la tête du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), le parti au pouvoir, après cinq années passées au ministère de la Défense – un poste nettement moins exposé que l’Intérieur, la Tunisie ne possédant qu’une armée de dimension restreinte.

    Par Blandine Grosjean – Rue89 – 13/01/2011




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  • imad .B
    14 janvier 2011 at 2 h 23 min -

    13 JANVIER 2011 …FÊTE DE L’INDÉPENDANCE DU PEUPLE TUNISIEN, FÊTE DE LA DÉMOCRATISATION DE LA TUNISIE, FÊTE DE LA VICTOIRE DU BIEN SUR LE MAL.
    FÉLICITATION À LA NAISSANCE DE LA DEUXIÈME RÉPUBLIQUE TUNISIENNE.
    ****surtout, ne pas trop fêter, mais plutôt, travailler fort pour aller de l’avant et surtout consolider et protéger les acquis…ne surtout pas tomber dans le piège à l’algérienne, qui après une brève ouverture démocratique, 1988 – 1991, les mêmes dictateurs ont repris le contrôle de tout, après avoir fait passer tous ce qui est peuple algérien POUR des terroristes.
    **************
    FÉLICITATION FRÈRES TUNISIENS…BONNE EXEMPLE A SUIVRE POUR NOUS LES ALGÉRIENS, POUR LES ÉGYPTIENS AUSSI. inchallah le nord Afrique démocratisé à tout jamais, après le sud Afrique…à chaque chose il y a une fin et un début.




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  • Algerien de passage
    14 janvier 2011 at 2 h 39 min -

    Il va leur faire un remake de notre 88 avec Chadli et sa petite larme au coin. Il va demander a sa femme de plus s’occuper de politique et de se contenter de faire du shopping a Paris, Londres et New York et quand la tempête sera passée on aura une autre approche. D’ici la on va leur fabriquer un grand méchant loup disant « Le Petit FIS » ….
    Faut aussi reconnaitre que leur armée a appris la leçon de 88, en se retirant pour éviter la grande fracture avec le peuple.

    affaire a suivre ….




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  • tacili
    14 janvier 2011 at 3 h 04 min -

    Bonsoir,

    j’espère que nos frères et soeurs tunisiens ne vont pas tomber dans ce piège. Benali n’a plus le droit de rester un jour de plus dans son poste. Un air de déjà vu : C’est le copy /paste du discours de Chadli après le 5 Octobre.

    Benali ne peut être juge et partie. Les tunisiens doivent continuer leur mouvement. Ils y sont presque.

    Ne laissez pas les larmes de crocodiles vous voler votre victoire… notre victoire a tous.

    Dangers…

    Merci




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  • imad.B
    14 janvier 2011 at 3 h 09 min -

    ALGÉRIE ….SUITE …***RIEN N’EST ENCORE ACQUIS *******
    La chasse aux émeutiers est ouverte.

    Partout, dans tous les villages et toutes les villes d’Algérie, la police lance la chasse aux jeunes qui ont participé aux émeutes.

    Par dizaines et centaines, ils sont arrêtés chez eux, au petit matin et conduits dans les commissariats de police. Ils y sont interrogés, malmenés, intimidés ainsi que leur famille et placés en détention.

    Alors que le pays vit une très grave crise politique, la seule réponse des dirigeants est répressive. Arrêter et emprisonner les jeunes. Pendant des années, ces jeunes algériens se jetaient à la mer, pour espérer une vie plus digne, sous le regard indifférent des dirigeants. Pendant des années, chaque matin, on apprenait qu’ils avaient tenté de prendre le large et qu’ils s’étaient fait coincer, soit par les gardes côtes européens, soit par les algériens. A aucun moment ça n’a gêné le pouvoir algérien. Que nos enfants se suicident ne les concerne pas, mais qu’ils les défient, les rejettent, et surtout, les affrontent, leur devient subitement insupportables. Le ministre de l’intérieure vient de les traiter de tous les noms : de voleurs, de fainéants, vivant de rapines etc… Parce qu’ils ont osé l’affronté et non pas se jeter à la mer. Lui et ses maîtres, sont beaucoup plus tranquilles lorsque nos jeunes se suicident en silence ou sont secourus par les gardes côtes espagnols et italiens. Mais dans leur pays ils doivent subir et la fermer. Aucun espoir, aucune perspective, aucune vie digne en vue et se la fermer. Et lorsqu’ils bougent, ils sont traité de tous les noms.

    Ce régime, aveugle et sourd aux cris de ses propres enfants, qui verrouille toutes possibilités d’expression est voué à disparaitre. Ce régime, constitué de prédateurs, qui pillent les richesses de l’Algérie et maltraite son peuple est voué à disparaitre ! Il sera emporté, par une belle nuit claire, comme l’ont été ses semblables, en moins de 24h. Ou est Pinochet, ou est Ceaucescou, ou est Salazar, ou est Ferdinand Marcos, ou est Kourmanbek Bakiev, le dictateur du Khirgizistan, chassé en quelques heures ?Le peuple qui les a rejeté, qui les défit, les chassera aussi surement que le cours de l’histoire.

    Cette jeunesse que vous méprisez tant, en vous terrant dans des villas hyper sécurisées, aura raison de vous.

    Ces jeunes que vous pourchassez aujourd’hui de votre police, jusque dans leur misérable taudis, vous renverserons et vous chasserons comme des malpropres. Et eux, les gueux, les voyous, les « moins que rien », les sans grade, vous jetterons définitivement dans les poubelles de l’histoire.

    Yahia Bounouar




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  • mohamed
    14 janvier 2011 at 9 h 47 min -

    « je vous ai compris ! » à la De Gaulle, voilà Ben Ali revenu sur terre. Il a été trompé dit-il mais par qui donc, ses ministres ? Leila ? Non voilà le dirigeant arabe qui n’a même pas le courage de reconnaître ses erreurs car le dirigeant arabe est vite énivré par le pouvoir et se croit divin.




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  • Ammisaid
    14 janvier 2011 at 9 h 49 min -

    C’est au seuil de la mort que les tyrans comprennent qu’ils ne sont que des hommes. Sur le trône un tyran oublie qu’il est obligé de manger, de dormir, de faire caca et pipi, de tenter de se reproduire et de respirer. Mais, il oublie surtout qu’il va mourir et qu’il va se retrouver sous la terre seul avec ses actes, ses intentions et ses paroles en totalité. Qui va vous croire ?
    Oh !Personnificateurs du mensonge, de la terreur, de l’avidité et de l’orgueil !
    Qui va vous croire ?
    Oh ! Destructeurs de nos valeurs et notre vraie histoire !
    Qui va vous croire ?
    Oh ! Charognards qui boivent le sang et qui mangent la chair de leurs soeurs et de leurs frères !
    Qui va vous croire ?
    Oh ! Vieillards pervers qui castrent leur jeunesse pour paraitre viriles, grands et forts !
    Qui va vous croire ?
    Oh! Valets des puissances étrangères et rois sans pitié des peuples qui ont cru à vos promesses qui sortaient de vos coeurs à la lâcheté pure et aux désirs mortiferes !
    Qui va vous croire, encore ?
    Oh ! Vous qui n’avez pas su faire en cinquante ce que vous dites pouvoir faire en deux jours !
    Qui va vous croire, encore ?
    Oh ! Misérables dictateurs, producteurs de nos malheurs et dilipadeurs de nos richesses et de notre avenir, assassins de nos frères et vendeurs de notre dignité et de notre honneur et destructeurs de notre génie créateur et importateur de tout ce que nous rend oisifs et consommateurs !
    Votre heure s’approche, partez avant qu’il ne soit trop tard.
    Les coeurs de vos « sujets » se réveillent, partez avant que le tsunami prédit ne viennent vous sortir de votre sommeil et de votre vil confort.
    Partez, le peuple du Maghreb ne désire plus vous suivre dans vos folies destructrices et dans vos erreurs qui lui ont couté très, très, très chers.
    Partez, le peuple du Maghreb aspire à vivre digne, libre et fraternel sur sa terre.
    Partez, le peuple du Maghreb est déterminé à vous chasser de vos belles tours et à vous faire partir de là où vous n’ aurez plus la possibilité de revenir !
    Fraternellement




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  • msmar-djeha ca va khouya
    14 janvier 2011 at 11 h 05 min -

    mes chers frères tunisiens méfiez-vous du mot « je vous ai compris »,(c’est le mot de la France general de gaulle). Ils laissent toujours leurs enfants a l’intérieur des services de sécurité.




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  • persifleur
    14 janvier 2011 at 12 h 25 min -

    Le Boucher est aussi Boulanger !

    Apparemment à partir de demain on va raser gratis en Tunisie. Si Gbagbo est surnommé chez lui « le boulanger » parce qu’il roule tout le monde dans la farine, Ben Ali peur être qualifié de chef boulanger et Gbagbo relégué à simple mitron.




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  • Ait Mohand Ouwidir
    14 janvier 2011 at 12 h 54 min -

    Non, Monsieur le Président ! Vous n’avez absolument RIEN compris… en continuant à vous maintenir au pouvoir contre la volonté du Peuple Tunisien Frère dont les cris de colère et de révolte sourdent jusqu’aux portes de votre palais chancelant.

    La VOX POPULI VOX DEI du Peuple Tunisien Frère vous demande d’abdiquer et de partir au plus vite et pour toujours. Et sachez que meme DU PLUS HAUT DE VOTRE TRONE VOUS N’ETES JAMAIS ASSIS QUE SUR VOTRE DERRIERE !!! (Voltaire).

    Tout à une fin en ce bas monde… y compris pour tous les dictateurs de votre acabit.

    La vox populi est en train de vous démontrer que dans votre palais meme LE SOMMEIL PROMIS N’EST PLUS SUR POUR VOUS, DESORMAIS !

    Au plaisir de ne jamais plus vous revoir dictateur…

    Tanmirth.




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  • Alilou
    14 janvier 2011 at 16 h 12 min -

    C’est normal qu’on part a la chasse aux manifestants pas aux émeutiers, mais ce sera toujours comme ca tant que les flics chez nous sont des traitres a la nation et au peuple, j’espère que des photos seront conservées comme documents a charge le jour J

    Il n’y a plus d’hommes chez les flics ????????????????

    POUR QUI SONNE LE GLAS….




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  • khoukoum samy
    14 janvier 2011 at 16 h 48 min -

    « Tounes Hourra wa ben Ali A’la Barra », scande le peuple Tunisien !
    C’est un Président à la mine livide que nous avons vu hier à la Télévision. Au-delà de la forme, c’est sur le fond que Ben Ali avoue presque inconsciemment sa culpabilité, qu’il avait du mal à cacher et à édulcorer tout au long de son discours. Malgré cela, la rue Tunisienne n’abdique pas. Ne veut rien savoir, ni entendre, ni comprendre, ni analyser et rien de rien, à part : « Tunisie libre, Ben Ali dehors » !
    Comme si le peuple voulait lui dire et pour la dernière fois : trop tard ! 23 ans de dictature sans merci. Sans avoir jamais écouté la Tunisie profonde loin des mosaïques touristiques réservées à l’élite et à une minorité qui ne finit pas de s’engraisser sur le dos de millions livrés à leur propre sort . Ça faisait longtemps que Ben Ali devait prêter attention à son peuple en mal de liberté (de la presse, d’opinion…etc.).
    Aujourd’hui, à travers tous les recoins du pays – de la Tunisie Verte – des gens ne cessent de scander non sans émotion : « Vive la Tunisie libre ! ». A l’image de ce jeune homme de 36 ans complètement en larmes et visiblement très ému qui déclare (à une journaliste de Bfm tv) : « j’ai des larmes aux yeux, car c’est la première fois que je me sens vraiment libre chez moi dans mon pays » !
    Des images et des témoignages qui nous laissent de marbre de fascination et d’émotions devant ces joies qui retentissent à travers tout le pays. Le peuple Tunisien qui vient de rentrer dans l’histoire par la Grande porte.
    C’est beau, magique, fantastique plus de mots pour décrire cette joie immense arraché dans la douleur.
    Aujourd’hui, ou peut-être demain, Ben Ali, devra endosser la responsabilité de tous les assassinats commis contre des civils innocents. Dont le seul tord est d’avoir crié sa colère après 23 ans de compression totalitaire et policière.
    Avouer en direct à la télévision qu’il a été induit en erreur par certains de ces faucons ne l’exonère pas en tant que Président. Il est (ou bientôt aura été !) le Premier Magistrat du pays et donc premier responsable de chaque vie de ces citoyens !
    Tenez bon frères tunisiens !
    Vous donnez un exemple au monde entier que nos peuples du Maghreb et du monde arabe n’ont qu’une seule faim : la liberté et le droit d’exprimer sa pensée, sa colère, et son ressentiment comme bon il lui semble en 2011 !
    Ne lâchez rien face à ce dictateur d’un autre âge !
    Le peuple Tunisien est plus civilisé que cette horde sauvage et sanguinaire autour de Ben Ali.
    Vive La Tunisie Libre gloire à son peuple !
    Et que ce vent de liberté arrachée par le sang puisse souffler sur tous les pays du Maghreb et chez nous en Algérie !

    Cordialement.

    Khoukoum Samy
    14 janvier 2011




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  • Congrès du Changement Démocratique