Édition du
21 July 2017

Général Rachid Ammar : Officier d'Honneur

« L’armée ne tire pas » : l’homme fort de la Tunisie est général

Par Samy Ghorbal, Rue89, 16 janvier 2011

(De Tunis) Sur le papier, Fouad Mebazaa est officiellement président par intérim. Mais l’ancien président de la Chambre des députés, 78 ans, est un homme à la santé chancelante, qui n’a ni autorité, ni envergure, ni ambition. Il ne voulait pas du pouvoir et n’a pas été préparé à l’exercer.

Le vrai homme fort n’est donc ni le Président, ni le chef du gouvernement, Mohamed Ghannouchi, un technocrate spécialiste des questions économiques et financières, mais Rachid Ammar, le chef d’état-major de l’armée de terre.
Limogé par Ben Ali pour avoir refusé de tirer sur le peuple

Agé de 63 ou 64 ans, ce Sahélien natif de Sayada, une petite bourgade du littoral, était totalement inconnu du grand public il y a encore quelques semaines. Mais il a eu le courage de s’opposer à Ben Ali, quand le dictateur tunisien a appelé la grande muette à la rescousse pour mater l’insurrection populaire dans les villes de Kasserine, Thala et Sidi Bouzid.

« D’accord pour déployer les soldats, afin de calmer la situation, mais l’armée ne tire pas sur le peuple », a-t-il fait savoir. Limogé séance tenante par Ben Ali et assigné à résidence, il a été rétabli dans ses fonctions par Mohamed Ghannouchi le 14 janvier, lors du dénouement de la crise.

La retenue de l’armée a évité un effroyable carnage. Fidèle à une tradition de non-ingérence dans les affaires politiques héritée de la présidence Bourguiba, elle a
tenu à ne pas apparaître sur le devant de la scène. Mais c’est bien elle qui a rendu possible le départ de Ben Ali.

« Elle a joué un rôle déterminant et s’est clairement placée du côté de la transition », commente Néjib Chebbi, fondateur du Parti démocratique progressiste, un des principaux chefs de file de l’opposition, qui est pressenti pour participer au gouvernement d’union nationale.

Ben Ali a marginalisé l’armée au profit d’une police pléthorique

Fondée en 1957, l’armée tunisienne, qui n’aurait donc pas tiré un seul coup de feu contre les manifestants, a été délibérément marginalisée par le président Ben Ali au profit de l’autre composante de l’appareil sécuritaire, la police, dont les effectifs (120 000 hommes) ont quadruplé au cours des vingt dernières années.

Avec seulement 35 000 hommes – dont 27 000 pour l’armée de terre – l’armée tunisienne est sous-dimensionnée et sous-équipée. Elle ne possède que douze hélicoptères. Quatre sont affectés à la surveillance du couvre-feu dans la capitale, et tournoient toutes les nuits au-dessus de Tunis et sa banlieue, pour sécuriser l’agglomération et prévenir les exactions des miliciens inféodés à l’ancien régime.

Zine el-Abidine Ben Ali, qui était lui-même militaire, se méfiait de ses frères d’armes. En avril 2002, un mystérieux accident d’hélicoptère avait décapité l’état-major des forces terrestres au grand complet. Et tué les treize plus hauts gradés, dont le chef d’état-major, le général de brigade Abdelaziz Rachid Skik, personnalité très respectée de la troupe.


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25 Commentaires sur cet article
  • tacili
    16 janvier 2011 at 15 h 42 min -

    Avion : il refuse des proches de Ben Ali

    AFP : 16/01/2011 | Mise à jour : 10:25

    Salve d’applaudissements au beau milieu d’un vol Tunis Air hier : les passagers viennent d’apprendre le nom de leur commandant de bord devenu un héros pour avoir refusé la veille d’embarquer à Tunis des membres de la belle-famille honnie de l’ex-président Ben Ali.

    Les circonstances exactes du fait d’armes de Mohamed Ben Kilani, 37 ans, cheveux courts et fines lunettes, restent obscures mais les louanges des Tunisiens sur les réseaux sociaux lui ont apporté son quart d’heure de gloire.

    « J’avais embarqué les passagers, j’étais prêt à décoller pour Lyon (centre-est de la France) vendredi à 14h30 mais je n’en ai pas reçu l’autorisation. On m’a prévenu qu’il y aurait cinq passagers supplémentaires, que c’était un ordre. J’ai tout de suite compris qu’il s’agissait de la famille présidentielle, la famille Trabelsi (nom de la belle-famille du président Ben Ali). Quelqu’un de la compagnie me l’a confirmé », a expliqué à des journalistes le pilote, sorti du cockpit pour rencontrer ses admirateurs.

    Il n’était pas rare pendant la présidence de Zine El Abidine Ben Ali que ses proches et ceux de son épouse embarquent ainsi au dernier moment, selon les hôtesses de l’air. « Il y a eu comme un flash dans ma tête, j’ai revu les images des événements ces derniers jours en Tunisie et j’ai décidé de ne pas participer à cette expédition de criminels. Si je ramène cette famille, je serai un traître pour toute ma vie », poursuit-il, entre deux poignées de mains, tandis que des passagers font la queue pour le prendre en photo avec leurs téléphones portables.

    Le pilote explique alors avoir fait part aux autorités de son refus de décoller avec ces passagers supplémentaires, sans s’étendre sur les motifs qu’il a invoqués. Moins d’une heure plus tard, l’armée prenait possession de l’aéroport de Tunis et l’espace aérien tunisien était fermé pour la journée.

    Sauf pour Zine El Abidine Ben Ali qui fuyait le pays pour se réfugier en Arabie Saoudite, après 23 ans de règne sans partage, victime d’un mois de révolte populaire sans précédent contre son régime, qui a embrasé le pays et fait des dizaines de victimes, tombées sous les balles des forces de l’ordre.

    « J’ai fait mon devoir en tant que Tunisien. Je regrettais de ne pas avoir pris part aux manifestations alors j’ai voulu participer au mouvement (de révolte) à ma manière. Je représente l’opinion publique tunisienne, j’avais aussi l’approbation discrète du copilote et du reste de l’équipage, ils ne voulaient pas participer non plus, je le voyais sur leurs visages », assure Mohamed Ben Kilani.

    « Je n’ai pas personnellement souffert des agissements de cette famille, mais je connais beaucoup de gens qui sont dans ce cas. Cela faisait des années que nous étions sous la pression de ce régime », dénonce le commandant de bord, comparant les Ben Ali-Trabelsi aux époux Ceaucescu, en Roumanie. « Il faut que tout le monde bouge, il faut bouger pour la liberté », répète entre deux embrassades le pilote qui appelle les Tunisiens, comme lui, à apporter, chacun, leur contribution à la liberté, alors que la situation reste tendue dans un pays en proie aux pillages et aux violences.

    Qui étaient les cinq membres de la famille Trabelsi qui voulaient fuir le pays ? Que sont-ils devenus ? Mystère. Un passager croit savoir qu’ils ont été « placés en état d’arrestation ».

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  • tacili
    16 janvier 2011 at 15 h 49 min -

    Indulgente avec Ben Ali, l’armée est sans merci contre les Trabelsi

    Par Samy Ghorbal | Journaliste | 16/01/2011 | 11H09

    Sans doute ont-ils jugé qu’il serait moins encombrant à l’étranger qu’en Tunisie. Une chose est sûre en tous cas : les militaires tunisiens n’ont pas cherché à s’opposer à la fuite du président Zine el-Abidine Ben Ali. Son avion, identifié sous le nom d’« Oscar Oscar », a quitté le tarmac de l’aéroport de Tunis Carthage à 17h30.

    Trente minutes après que l’armée a décrété la fermeture de l’espace aérien national. Lui et ses proches sont tous sains et saufs et sont parvenus à fuir le pays. Sa femme, Leïla, née Trabelsi, qui était installée depuis plusieurs jours à Dubaï, aux Emirats Arabes Unis, devrait bientôt le rejoindre dans son exil saoudien, à Jeddah.

    Sa fille Cyrine (propriétaire du fournisseur d’accès internet Planet Tunisie et de la station radio Shems FM) a pu gagner Paris, à bord du Falcon de son mari, l’homme d’affaires Marwane Mabrouk, qui se trouvait déjà sur place. Le couple et leurs enfants ont posé leurs bagages dans un palace de la capitale française.

    Accueillie sous les huées à Montréal

    Nesrine, une autre de ses filles, a été « exfiltrée » à Montréal (où le couple possède une somptueuse résidence) par son mari, Mohamed Sakhr El Materi, le richissime « gendre préféré » de l’ex-président. Elle a été accueillie sous les huées par une foule nombreuse de Tunisiens prévenus de son arrivée et venus l’attendre à l’aéroport Pierre-Elliot Trudeau, dans la nuit du 11 au 12 janvier.

    Ultime bravade, El Materi, également député, est ensuite retourné à Tunis participer à la « session extraordinaire » de la Chambre convoquée dans la soirée du 13 janvier, soit une vingtaine d’heures avant la chute du régime. Il a malgré tout réussi à quitter Tunis pour Montréal, le 14 janvier un peu avant 14 heures, à bord de son jet privé – un Falcon blanc, piloté par un pilote américain.

    L’homme le plus détesté du pays

    Belhassen Trabelsi, « parrain » du clan éponyme et frère aîné de l’ex-première dame, a eu moins de chance. L’homme le plus détesté du pays avait pourtant minutieusement organisé sa fuite, et souhaitait se rendre à Lyon, en compagnie de six membres de sa famille.

    Mais le commandant de bord, Mohamed Ben Kilani, a refusé d’obtempérer à son ordre de décollage, et est descendu de l’appareil, qui s’est du coup retrouvé cloué au sol. Cueilli à l’aéroport par les militaires, « BT » a été placé aux arrêts dans la caserne d’El Aouina, où il se trouve toujours.

    Toutes ses résidences de Tunis ont été saccagées, pillées et incendiées. Son neveu, le sulfureux Imed, qui a fait l’objet d’un mandat d’arrêt international délivré par la justice française, pour vol de bateaux de luxe dans le port de Saint-Tropez, en 2006, n’est plus de ce monde.

    Il a succombé le 15 janvier à l’hôpital militaire de Tunis, où il avait été admis la veille pour des blessures à l’arme blanche. Les circonstances exactes de son agression ne sont pas totalement établies, mais celui qu’une rumeur insistante présentait comme le fils naturel de Leïla Ben Ali aurait pu être victime de la colère d’un pêcheur de la Goulette, ville dont il avait été « élu » maire l’an passé.

    Une prise de choix pour les mililtaires

    L’incertitude demeure au sujet de Slim Chiboub, autre gendre de Ben Ali, affairiste notoire et ancien président emblématique du club de football de l’Espérance sportive de Tunis. La chaîne qatarie Al Jazeera a d’abord annoncé son interception dans la ville frontalière de Ben Guerdane, située à quelques kilomètres de la Libye, mais l’intéressé aurait démenti de vive voix auprès de la chaîne maghrébine Nessma TV et aurait affirmé séjourner « pour affaires » à Tripoli.

    En revanche, l’ancien patron des renseignements et de la garde présidentielle, le général Ali Seriati a bien été capturé par l’armée non loin de Ben Guerdane. C’est une prise de choix pour les militaires : ce « faucon » serait le chef des milices contre-insurrectionnelles qui terrorisent la population de la capitale tunisienne…




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  • Boudiaf
    16 janvier 2011 at 16 h 10 min -

    Malheureusement, en Algérie les officiers d’honneur ne peuvent en aucune façon accéder au grade de général. Celui-ci est réservé exclusivement aux anciens collaborateurs de l’armée française.
    Ceci explique l’empressement de la ministre zélée des affaires étrangères de la France, d’offrir une assistance sécuritaire pour mater le peuple algérien.




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  • Karim Merouane
    16 janvier 2011 at 17 h 23 min -

    Tunisie : « tout changer, pour que tout reste pareil ».

    Le 14 janvier dans la soirée, on apprenait le départ du président Ben Ali : après plusieurs semaines d’émeutes, qui avaient pris des allures de révolution, le peuple tunisien renversait le dictateur, contraint de quitter le pays. Zine el Abidine Ben Ali s’est ainsi réfugié en Arabie Saoudite, qui sera donc sa terre d’exil, puisque la France a, semble-t-il, décliné sa demande, lâchant de la sorte son ancien allié sans la moindre vergogne… Dans le respect du processus institutionnel tunisien, le premier ministre, Mohamed Ghannouchi, qui exerçait cette fonction aux côtés du président Ben Ali depuis 1999, a assuré l’intérim de la présidence, le temps de proclamer le nouveau président, Fouad Mebazaâ, un des bras droit de Ben Ali, membre de tous ses gouvernements successifs et, selon certains observateurs, son dauphin désigné.

    En effet, après avoir « constaté la vacance de la présidence », le Conseil institutionnel, en vertu de l’article 57 de la Constitution, a établi qu’il revenait au président du Parlement d’assurer la présidence jusqu’aux prochaines élections, qui doivent avoir été organisées endéans un délai de soixante jours au plus. C’est ce qu’à annoncé le président du Conseil, Fethi Abdennadher, lui aussi fidèle de Ben Ali parmi les fidèles…

    Dès l’annonce de la fuite du président Ben Ali, en dépit de l’euphorie qui s’emparait des masses populaires tunisiennes dont la joie éclatait dans les rue de Tunis et dans tout le pays, une analyse de la situation ne laissait cependant que peu de doutes sur la suite des événements.

    En effet, force était de constater que tous ceux qui venaient de prendre le relai de Ben Ali étaient ses anciens ministres et hauts fonctionnaires, tous ceux qui avaient profité du régime, s’étaient enrichis et possédaient le pays…

    Autrement dit, trois hypothèses, a priori, se dégageaient de cette analyse à chaud : 1. Le gouvernement par intérim, qui, à peine en fonction, avait proclamé l’état d’urgence et la loi martiale, réprimait toute opposition dans le sang durant la nuit ; et Ben Ali, une fois la crise jugulée, revenait (Mohamed Ghannouchi n’avait-il pas précisé, d’ailleurs, qu’il assurait l’intérim car le président Ben Ali était « temporairement » incapable d’exercer ses fonctions ?) ou pas, mais, avec ou sans lui, tout continuait comme avant.

    2. Les insurgés pensaient avoir gagné, la colère retombait (cas d’école d’une révolution mal organisée qui, refroidie dans son élan, avorte et ne peut que rarement être relancée) et, en douceur et sur le long terme, les anciens dirigeants, qui avaient jusqu’alors agi dans l’ombre de Ben Ali, récupéraient le gâteau et confisquaient à nouveau le pouvoir au peuple. Au mieux, on arrêtait quelques familiers et proches de Ben Ali, juste pour faire bonne figure (et tout le monde en Europe et ailleurs n’y verrait que du feu ; d’autant plus que la Tunisie quittera rapidement l’actualité et retournera à son triste sort, tandis que les charters de touristes recommenceront à affluer vers Djerba).

    3. Les insurgés réalisaient qu’ils étaient en train de se faire manipuler par ce tour de passe-passe et poursuivaient le mouvement jusqu’au renversement complet de la dictature et l’arrestation ou la fuite de tous ceux qui l’avaient soutenue. Probablement, alors, la démocratie et les changements socio-économiques avaient leur chance d’aboutir. Certes, face à la ténacité et au courage avec lequel le peuple tunisien avait jusqu’alors conduit sa révolution, il n’était pas impossible qu’il surprît encore.

    Qui, en effet, aurait parié sur l’avenir de cette révolution ? Or, elle avait la peau dure. Et, tandis que les gouvernements européens pouvaient aller cacher leur honte pour leur attentisme et leur mutisme scandaleux (espéraient-ils l’essoufflement du mouvement et la fin des troubles, pour à nouveau dormir tranquillement ?), les Tunisiens, quoi qu’il en fût de la suite des événements, avaient déjà offert au monde une extraordinaire leçon de démocratie.

    C’est dès lors le lendemain qu’il fallait attendre, pour savoir ce qu’il en serait de la Tunisie et de sa révolution…

    Toutefois, le réveil est difficile : les rues de Tunis et des grandes villes sont désormais désertes ; l’armée patrouille ; Ben Ali parti, tout le monde est gentiment rentré chez soi ; la révolution a vécu.

    Les chefs de l’armée, en concertation avec les leaders du gouvernement, ont négocié le départ du président Ben Ali, qui a ainsi servi de fusible (avait-il encore vraiment le choix ?), et sa « fuite », d’exutoire à la révolte. Mais ce sont bien tous les anciens de « la bande à Ben Ali » qui demeurent aux commandes et continuent de contrôler tous les rouages du pays et le processus qui mènera aux élections d’un « nouveau » parlement et à la désignation du « nouveau » président.

    Le tour de passe-passe magistralement exécuté par les dirigeants tunisiens (et peut-être, déjà, avec la complicité de certains États européens), est parvenu a calmer la rue, dont les meneurs, mal organisés et désormais dépouillés des forces vives de la révolte, n’ont plus les moyens de faire aboutir le processus révolutionnaire et d’instaurer leur propre gouvernement provisoire pour organiser des élections libres et effectivement transformer le régime.

    La victoire de cette révolution au Maghreb aurait également pu être un motif d’espoir pour le peuple d’Algérie, toujours en lutte contre la junte corrompue qui le dirige. Hélas, l’échec tunisien n’augure rien de positif pour les Algériens.

    Bref, les anciens ministres de Ben Ali ont eu très chaud, depuis quelques semaines. Aussi ont-ils eux-mêmes choisi de tout réorganiser, de tout changer, pour que tout reste pareil.

    La « priorité absolue » du gouvernement d’intérim est désormais le rétablissement de l’ordre public. C’est pourquoi, depuis hier soir, le couvre-feu a été proclamé en Tunisie, sous le prétexte que des « pillards » profitent de la situation de chaos, « pillards » surgis de nulle part, « pillards » que l’on n’avait pas encore vu agir, alors que des émeutes violentes ébranlent pourtant le pays depuis des semaines, « pillards » parmi lesquels d’aucuns croient bien avoir reconnu des agents des forces spéciales de « l’ancien » régime.

    La France a pris « acte de la transition constitutionnelle ». L’Union européenne s’est dite satisfaite par ce dénouement, qui devrait aboutir à « une solution démocratique durable ». Les États-Unis ont exprimé leur respect pour « le courage et la dignité du peuple tunisien ». Le secrétaire général de l’ONU, enfin, s’est réjoui de ce « règlement démocratique et pacifique de la crise ».

    Tout le monde est maintenant rassuré : tout va pouvoir continuer comme avant, en Tunisie.

    Pierre PICCININ
    LGS.16 Jan.2011




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  • Abdelkrim
    16 janvier 2011 at 18 h 16 min -

    Hommage aux tunisiens et à leur armée républicaine.

    Je l’ai déjà fait maintes fois sur différents sites et forums, mais la victoire est tellement magistrale et historique que je voudrai, encore une fois, rendre un vibrant hommage au peuple tunisien.

    Je tiens, une fois encore et une fois de plus, à féliciter mes frères et mes soeurs en Tunisie pour cette grandiose réalisation, digne des descendants et héritiers du grand peuple Carthaginois. Elle rendra certainement l’espoir à tous les peuples opprimés par leurs «gouvernants», à commencer par nous, vos frères et vos voisins algériens.

    Vos chouhada sont aussi les nôtres maintenant et votre combat intelligent, solidaire, déterminé ainsi que votre volonté sans failles de vous libérer de l’oppression seront pour nous l’exemple à suivre désormais.

    Alf mabrouk et merci de nous avoir ainsi montré et éclairé le chemin.

    Je veux par ailleurs rendre un hommage appuyé à l’armée tunisienne et à son haut commandement, notamment pour le rôle qui a été le sien dans la libération de son peuple du joug de la dictature de Ben Ali.

    Le haut degrés de conscience dont le haut commandement de l’armée tunisienne a fait preuve quant à ses responsabilités devant l’Histoire et son respect des missions républicaines qui lui sont dévolues en matière de défense de la patrie, du peuple et de son État ont permis d’éviter à la Tunisie de sombrer dans les dérives d’une dictature aux abois qui, sans cela, aurait sans le moindre doute été autrement plus sanguinaire et plus meurtrière pour se maintenir en place.

    Il y a lieu, à cet égard, de souligner que le soutien tacite de cette armée à son peuple, exprimé notamment par sa retenue exemplaire et par son refus clair de procéder à l’exécution de certains ordres, a été déterminant dans la précipitation de la chute du régime Ben Ali.

    Les images de discussions fraternelles entre militaires et civiles tunisiens, diffusées par certains canaux, prouvent le positionnement discret et intelligent de l’armée tunisienne aux côtés des revendications légitimes des manifestants et des intérêts supérieurs de la Tunisie.

    L’action de cette armée en faveur de la protection de la République et des populations civiles contre les exactions de certaines milices de la dictature, qui ont tenté de semer la mort et le chaos à travers l’ensemble du territoire tunisien, me laisse personnellement admiratif devant tant de bravoure et de conscience politique.

    C’est pour cette raison que je pense qu’il faut aussi rendre hommage à cette armée, hautement consciente de ses responsabilités devant l’Histoire et devant son peuple.

    Et tout comme son peuple, cette honorable armée devrait, elle aussi, constituer un exemple à suivre.

    VIVE LA TUNISIE LIBRE ET DÉMOCRATIQUE !




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  • AS
    16 janvier 2011 at 18 h 19 min -

    oulala attention a la manip que le tempss va reveler… mefiez vouss des journaleux francais fussent ils originaires du maghreb… ben ali est parti alors qu’il devait etre juge…. l’ivresse de la victoire ne doit pas empecher de garder contact avec laa dure realite… mais il est adoube par washington paris et tel aviv …




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  • Rbaoui
    16 janvier 2011 at 18 h 54 min -

    @Karim Merouane

    Rassurez-vous tout ne sera pas comme avant en Tunisie !
    Pierre Piccinin peut ecrire ce qu’il veut, la révolution n’a pas servi a rien et je vous conseille de consulter les medias tunisiens qui sont sur le terrain.
    http://nawaat.org/




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  • Adel
    16 janvier 2011 at 19 h 39 min -

    @Karim Merouane

    Bonjour,

    L’auteur de l’article a réussi le tour de force de ne parler ni des leaders de l’opposition tunisienne, ni des autres forces qui ont pris part aux manifestations : syndicalistes, militants des droits de l’homme, journalistes, avocats, etc.

    Voudrait-il refroidir toute ardeur révolutionnaire qu’il ne s’y prendrait pas autrement. En effet la conclusion de son article est la suivante :« Ne vous fatiguez pas. Il est impossible de changer de système, puisque les mêmes reviennent toujours.»

    Mais qui aurait pu prédire, il y a seulement trois mois, ce qui vient de se passer en Tunisie? Sans optimisme, sans espoir et sans enthousiasme – je dirais même sans une certaine naïveté -, aucune révolution ne pourrait se déclencher et aucun changement ne serait possible. Rappelons-nous toujours ceux qui ont osé défier la France en 54 avec quelques fusils.

    Cordialement




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  • dogmactic
    16 janvier 2011 at 21 h 41 min -

    Laissez moi rêver, je veux rêver…Je rêve en me demandant à quand le lynchage de Toufik et de ses géneraux, de ses barbouzes et de tous ses tueurs et criminels qu’il a parsemé un peu partout…A quand la Liberation ?!!!




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  • Algerien de passage
    16 janvier 2011 at 23 h 03 min -

    Des sources policières ont annoncé l’arrestation de plusieurs groupes de tireurs d’élite de nationalité étrangère à des endroits différents de la capitale tunisienne.
    Ces tireurs d’élite, dont certains ont été arrêtés à bord de taxis, sont de nationalités allemande (4), suédoise (2) et française (1).
    Des éléments ont été arrêtés à proximité du siège du Parti démocratique progressiste (Pdp), d’autres près du siège de la Banque centrale de Tunisie, au centre-ville de Tunis.
    On parle aussi de l’arrestation d’autre éléments sur le toit de mosquée de Bab Al-Jazira, à la lisère de Tunis, et à la cité Ettahrir, maîtrisés par des citoyens appartenant aux comités de quartiers.
    Ces tireurs, qui s’apprêtaient à se positionner dans des endroits stratégiques et à procéder à des assassinats de citoyens, semblent faire partie du même plan de déstabilisation mis en place par l’ancien président, avant sa fuite, et l’ancien responsable de la sécurité présidentielle, le général Ali Seriati, arrêté et déféré aujourd’hui devant le tribunal.




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  • Abdelkader DEHBI
    16 janvier 2011 at 23 h 32 min -
  • brahim
    16 janvier 2011 at 23 h 47 min -

    Margilnaliser l’armee (ANP) au profit de la police algerienne EST LE PLAN des freres bouteflka et zerhouni.
    zerhouni voulait porter l effectif des flics a
    200 000 hommes avec des salaires tres eleves ce sont les vrais mercenaires de ce regime sanguinaire et corrompus.




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  • Algerien de passage
    17 janvier 2011 at 0 h 17 min -

    @Abdelkader DEHBI
    Je viens de lire l’article et je le trouve très bizarre !!! Ce site sous entend que Ben Ali a été vire parce qu’il n’aime pas Israël:

    President Ben Ali, who was toppled by the CIA and Mossad? Some weeks ago, BEN ALI REITERATED HIS SOLIDARITY WITH THE PALESTINIANS. In 2000, Ben Ali decided to break all diplomatic ties with Israel. Wikileaks, the voice of the CIA and Mossad, tells us that the Ben Ali family is a « Quasi Mafia »s

    Et que ce General est un agent du l’otan et du Mossad: General Rachid Ammar, special relation to Israel and the Africom.

    Petite question: qui est derrière cette énigmatique « islamic-intelligence » ? Qui est ce Abu-Suleyman ? Un site noir ça sent le cote obscure et démoniaque.




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  • Tahar
    17 janvier 2011 at 0 h 18 min -

    S’il avait obtempéré aux ordres de tirer sur les manifestants civils, désarmés et ne faisant que revendiquer leurs droits fondamentaux de manière pacifique, le général Rachid Ammar se serait alors rendu coupable de crime contre l’humanité. Il aurait pu dès lors faire l’objet d’accusations officielles au plan international (TPI). Le sachant et étant conscient de ce fait, il a alors refusé d’exécuter cet ordre. Ben Ali demeure d’ailleurs susceptible d’être accusé devant le TPI pour les mêmes raisons. Il suffirait à cet effet d’y introduir une plainte en ce sens.
    Regardez par ailleurs l’évolution des positions officielles des puissances occidentales vis-à-vis des manifestations en Tunisie. Elles ont d’abord été attentistes, perplexes puis prudentes avant de devenir ouvertement dénnonciatrices (communiqué de l’UE par exemple)lorsque la violence répressive du régime Ben Ali devenait intolérable aux yeux de l’opinion publique occidentale.
    Les droits de l’Homme en ce domaine ont beaucoup évolué durant les dernières années. Il n’est plus possible aujourd’hui que des crimes de ce genre restent impunis comme par le passé(ex-Yougouslavie, Libéria…). Aujourd’hui, l’ensemble de la chaîne de commandement, du donneur d’ordre à l’exécutant, est considéré par la justice internationale comme responsable du crime, à titre direct et personnel.
    Pourquoi pensez-vous que Ould Kablia, ministre de l’intérieur, s’est-il alors empressé, dès le début des dernières manifestations, de déclarer, sur différents médias et à maintes reprises, que «des consignes strictes ont été transmises aux forces de l’ordre pour ne pas recourir à l’utilisation de balles réelles» ? Pourquoi pensez-vous qu’il se soit aussi empressé de dire que des enquêtes ont été diligenté pour déterminer les circonstances de la mort de certains jeunes manifestants tués par balles ?
    En résumé, la justice internationale demeure en droit d’accuser, de juger et de condamner ce genre de crimes pour lesquelles il n’existe plus aucune préscription.




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  • HAMZA
    17 janvier 2011 at 13 h 58 min -

    @Tahar
    Nous vous lisons :
    « En résumé, la justice internationale demeure en droit d’accuser, de juger et de condamner ce genre de crimes pour lesquelles il n’existe plus aucune prescription ».

    Je vous réponds ceci : la justice internationale onusienne gagnerait en crédibilité auprès de l’opinion publique internationale si, elle n’était pas à géométrie variable et réellement indépendante des grandes puissances et, en particulier, des USA et de ses alliés (lire « la communauté internationale »).

    Il est utile de rappeler que, les crimes de guerre des occidentaux et d’Israël continuent d’être perpétrés en toute impunité. Et ce, plus particulièrement au nom du 11 Septembre 2011, de « la lutte contre le terrorisme », de « la prolifération des armes de destructions massives » et de « l’extrémisme religieux».

    Israël est la figure emblématique d’un Etat au dessus des lois internationales et d’Etat terroriste responsable et coupable de crimes contre l’humanité contre le peuple palestinien qu’elle martyrise depuis plus de soixante années (1948). Et ce, sous les yeux du monde entier spectateur révolté mais impuissant, bien conscient qu’il n’y a plus réellement de droit international respecté. Mais un droit à deux vitesses.

    *«Si vous essayez de vous représenter ce que l’enfer peut être sur terre, et que vous pensez à ce que les habitants de Gaza ont enduré pendant cette période , vous serez loin d’exagérer». George Bathurst-Norman, magistrat britannique.

    Gaza : Opération « plomb durci » . *« Vous vous sentez comme un enfant jouant avec une loupe à brûler des fourmis ». Un soldat sioniste . Les USA et sa coalition de pays supplétifs (GB +France….etc.), dans le cadre d’un OTAN conquérant, guerrier et usurpateur, bras armé de cet impérialisme occidentale, sous les fallacieux prétextes du « choc des civilisations » envahissent et agressent sauvagement des pays souverains (Irak-Afghanistan-Pakistan-Somalie).

    * « Nous avons tiré sur un nombre considérable de personnes et en avons tué beaucoup, et pour autant que je sache, aucune de ces victimes ne représentait une menace établie pour nos forces » . Stanley McChrystal, ex Commandant des forces armées U.S en Afghanistan (Propos publiés dans l´hebdomadaire « Ecopa», Brésil, n° du 12 avril 2010).

    * Il l’a dit . « Nous sommes exceptionnellement bons. Nous sommes le peuple élu » . GW BUSH

    * « S’ils allument leurs radars, nous ferons exploser leurs nom de Dieu de SAMs (missiles sol-air) ! Leur pays est à nous, leur espace aérien est à nous. Nous décidons de comment ils doivent vivre et s’exprimer. Et c’est ça qui est grand avec l’Amérique en ce moment. C’est une bonne chose, surtout quand on pense qu’il y a là-bas un paquet de pétrole dont on a besoin! » Le général William Loonev, 30/08/1999A propos de l’Irak, dans une interview au Washington Post, le 30 août 1999.

    Le droit du plus fort …..etc.

    Le sujet du droit onusien est un sujet fondamental et il mérite absolument à lui seul un plus grand développement. Mais un commentaire n’y suffit bien entendu pas. Pendant ce temps là, les cris des victimes innocentes continuent de résonner lugubrement sur nos écrans de T.V éclaboussés de sang de peuples que les forces du « bien » génocident en toute impunité.




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  • blue waves
    17 janvier 2011 at 14 h 27 min -

    @ Abdel Kader Dhahbi

    cher frere ne te laisses pas manipule par ce site obscure.. remarquse ses attaques et insinuations contre sheikh al-Qardawi, -en usant des arguments « Islamiques ».
    Ben Ali navait pas la capacite daller a lencontre des politiques israeliennes et americaines.. et les israeliens nalaient pas utiliser « l’option nucleaire » pour le moindre conflit avec ses serviteurs parmis les dictateurs arabes..
    cher frere, il ne faut pas propager ces manipulations parceques nos dictateurs vont tirer les fausse lecons: au lieu de corriger leures politiques vis a vis leurs peuples ils vont croire que pour survivre il faut etre encore plus pro americain et pro israelien.




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  • younes
    17 janvier 2011 at 14 h 57 min -

    azul.de la dictature de ben ali a la dictature sans ben ali.finalement comme on dit »la montagne a accouchee d’un souris ».le peuple tunisien a finit par se noyer dans un verre d’eau.pauvre tunisie.on a cru un moment que c’etait possible et vrais mais finalement avec les ghannouchi au gouvernement,mbezaa a la presidence,l’etat d’urgence et le couvre feu,deriere tout ca un general (rachid ammar)comme heros de la revolution du jasmin,ce n’est que du guachi.encore un autre echec.




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  • yazid
    17 janvier 2011 at 15 h 23 min -

    @ Dehbi
    tout militaire qui refuse de tirer sur ses compatriotes pour sauver un tyran ou un regime honni suffit à faire de lui un heros avec un grand H.




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  • blue waves
    17 janvier 2011 at 15 h 28 min -
  • Lefrançois
    17 janvier 2011 at 18 h 11 min -

    Un général qui refuse de faire tirer sur la foule et que vous accusez d’être opportuniste, ça fait un procès d’intention contre un fait, de plus que voudriez-vous en accusant les représentants de vouloir se maintenir que l’Etat arrête de fonctionner alors qu’il faut organiser une campagne démocratique et des élections ça fait deux procès d’intention. La haine et la passion dirigent le monde, à nous de n’être pas les ben ali des autres.




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  • Abdelkader DEHBI
    18 janvier 2011 at 8 h 08 min -

    @ — Algérien de passage ; blue waves ; yazid ; Lefrançais :

    Je précise que j’ai mis un point d’interrogation en écrivant :

    «  » »Terrible monde de paradoxes dans lequel nous sommes entrés : plus est volumineuse la masse d’informations qui nous assaillent de toutes parts, plus se multiplient les interrogations sur leur véracité. A méditer. » » »

    Il n’y a aucune affirmation. Je m’y suis peu-être mal pris. En fait j’ai demandé simplement qu’on fasse bien attention aux flux des informations. Pour tout dire, je ne me suis pas encore fait une opinion sur le personnage.




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  • yazid
    18 janvier 2011 at 18 h 18 min -

    @ Dehbi
    tout militaire qui refuse de tirer sur ses compatriotes pour sauver un tyran ou un regime honni suffit à faire de lui un heros avec un grand H.
    Point besoin d’autres motifs ou autres faits d’armes. Voilà donc un general qui a gagné la plus belle des batailles .
    merci mon Général.




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  • algéria
    18 janvier 2011 at 18 h 53 min -

    nous devons nous bouger pour remertre les chose en place




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  • Abdelkader DEHBI
    18 janvier 2011 at 22 h 18 min -

    @ — yazid :

    «  »Point besoin d’autres motifs ou autres faits d’armes » »

    C’est vrai ce que vous dites. Et je vous avoue d’ailleurs, que je n’ai jamais prêté un seul instant à nos pauvres « commandements militaires », le dessein de réaliser un quelconque « fait d’armes ». Et c’est déjà énorme qu’une armée refuse de tirer sur son peuple…Mais j’aimerais bien qu’on me dise tout de même pourquoi ce « héros » a laissé échapper le criminel voleur de Ben Ali ? Ordre de l’Africom ?




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  • aquerado
    19 janvier 2011 at 19 h 14 min -

    Salam,
    Je me permet de saluer D.Benchenouf pour ce tres bon article d’une acuite cinglante et signaler par la meme la enieme felonie du president Bouteflika, du moins ce qui en reste, courant comme une vierge effarouchee au sommet de Charm el cheikh. Pense t-il trouver la solution du probleme Algerien parmi des gens qui lui veulent son chaos? Pense t-il trouver une panacee pour guerrir les maux de celui ci? Comment un peuple aussi brave et aussi fier peut il rester derriere un zombie et une clique de maudits incapables qui leur volent sa jeunesse et son ame et qui forme la majorite de sa population? Le reveil est lent mais certain,salam et a mediter:http://www.youtube.com/user/Kardenote#p/u/7/-8VOOYSVY7s




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  • Congrès du Changement Démocratique