Édition du
22 July 2017

Une Arme de Délivrance Massive pour rassembler le Peuple! INTERNET

Je crois que le seul appel qui sera suivi des Algériens sera celui brandira l’étendard de la révolte.
Le peuple algérien sait qu’une association de malfaiteurs, au sens plein et pénal de la définition, a fait main basse sur le pays.
Sous le régime d’un pouvoir personnel sous Boumediene, la corruption et la déprédation n’était pas systémiques, mais accessoires et relativement mineures, juste pour s’acheter la fidélité « révolutionnaire » de la Nomenclatura. En ces temps bénis de la Révolutionite, El Moudjahid et les autres médias « nationaux » étaient seuls pour chanter les louanges du Grand artisan du Sursaut Révolutionnaire. Le Peuple, n’avait que le téléphone arabe pour freiner un tant soit peu les logorrhées à la gloire de la Révolution .

Sous Chadli, à son insu d’une certaine manière, sous la houlette du génie du mal qu’a été le Général Belkheir, la corruption et le pillage s’installèrent progressivement jusqu’à devenir les principales caractéristiques du régime.
On annonça au bon peuple, après l’avoir fauché à la mitrailleuse lourde, qu’il venait de mériter, enfin, une presse « indépendante », la plus libre du monde arabe. En fait un truc plus efficace qu’El Moudjahid, puisqu’il donnait l’illusion d’une vraie liberté d’expression. Le peuple pallia à cette escroquerie intégrale en inventant les plus belles blagues politiques du monde.

Après l’interruption du processus électoral en 1992, et l’intrusion brutale, et exclusive, des généraux au coeur du pouvoir, le régime perdit le moindre résidu réellement étatique de sa nature, pour n’en garder que des oripeaux de pure façade.
Il agissait désormais en association de malfaiteurs, en ce sens que le but ultime de tous ses membres, en était l’enrichissement personnel, ou celui d’un clan, sur les ressources du pays. Quitte à massacrer « 3 millions d’algériens », pour reprendre les propres termes d’un de leurs généraux.
Ce fut, désormais, le pillage, voire le saccage, voire le bradage à des puissances étrangères de pans entiers des ressources nationales, en échange de rémunérations ou de privilèges de toutes sortes.
La meilleure preuve de ce que j’écris, est que c’est pendant cette décennie rouge, durant laquelle ils réussirent à faire croire à l’opinion publique internationale, qu’ils étaient les sauveurs de la république, et les remparts de l’occident contre le péril islamiste, qu’ils purent acquérir, ainsi que leurs clientèles, dont les têtes d’affiche étaient des « éradicateurs », des fortunes colossales.

Ils massacraient d’une main, pendant qu’ils subtilisaient de l’autre. Et ainsi, du jour au lendemain, pour ainsi dire, le régime et ses clients, y compris parmi les « démocrates », y compris parmi les « islamistes », y compris parmi les « communistes », autant de prétendues mouvances, vidées de toute substance doctrinaire ou idéologique, s’enrichirent à des niveaux incroyables, à tel point que nous passerions pour des personnes excessives si nous en disions les montants réels. Mais nous prenons le risque de le dire: Ils se sont enrichis en centaines et en milliards de dollars. Le régime adjoignit à sa presse la plus libre du monde arabe ses relais médiatiques, et même philosophiques d’outremer. Le massacre purent donc s’accomplir à huis clos, sous l’oeil bienveillant, et parfois brillant de cupidité, souvent comblée, des « amis » politiciens français ».

Mais s’il n’est plus possible de continuer à massacrer les populations, puisque de toute façon l’utilité ne s’en fait plus ressentir. C’est juste que le pillage doit passer à la vitesse supersonique, puisqu’ils viennent de mettre sur rail une locomotive quinquennale qui va convoyer des des dizaines de milliards de dollars vers leurs comptes de là-bas. Et à cause de cela, ils sont dans une immense détresse, parce qu’une arme de type nouveau est désormais à la disposition de tous les peuples. INTERNET.
Un moyen pour pallier à n’importe quelle manipulation dans les heures qui suivent sa mise en marche.

Et ces voleurs insatiables, ces manipulateurs par nature, ces nuisibles, ces parasites, qui sont rusés tout en étant stupides, ne savent plus comment faire pour continuer à réaliser leurs petites et grandes affaires, surtout qu’ils viennent de subir le choc de leur vie, après le soulèvement du peuple tunisien contre leur cher ami et compère Benali. Ils sont aux abois parce qu’ils savent que c’est INTERNET qui a aidé à vaincre le régime policier le plus dur du monde.

Ils pourraient pourtant tirer des enseignements de ce qui vient de se passer en Tunisie, et passer la main.
Ils pourraient même faire plus que cela s’ils étaient doués de la plus petite parcelle de bon sens, en aidant ce peuple qu’ils ont saigné, à reconstruire ce qu’ils lui ont détruit, à commencer par sa propre dignité. Mais ce serait trop leur demander.
Peut-on demander à la fouine assoiffée de sang, qui a réussi de pénétrer dans le poulailler, de cesser le carnage inutile des poules, de tous ces volatiles qu’elle tue pour le besoin irrépressible de tuer ? Non, parce que les instincts sanguinaires de la fouine la poussent toujours à tuer toutes les poules du poulailler. Jusqu’à ce que les piaillements des pauvres volatiles attirent le fermier qui d’un coup de bâton bien asséné, met fin à la vie du prédateur.
Malgré cette fin stupide, les autres fouines n’en tirent pas la leçon, et continuent à précipiter leur misérable fin, en massacrant sans retenue les pauvres gallinacés.
C’est la même et sempiternelle intrigue que reproduisent les tyrans et les parrains mafieux. A un point où cela en devient suicidaire.

Ils ne savent pas s’arrêter à temps, jusqu’au jour où ils sont perdus par leurs propres excès. Et c’est ainsi pour tous les systèmes oppresseurs qui n’ont pas su brider leurs penchants naturels à l’abus.
Zine El Abidine Benali connaissait pourtant l’exemple édifiant du Shah d’Iran, de Saddam Hussein, de Mobutu, de Bokassa, et de tant et tant d’autres despotes qui avaient fini lamentablement.
Mais son instinct de fouine était plus fort que son bon sens paysan. S’il avait dit à son peuple un an plus tôt, ce qu’il lui a dit dans son dernier discours, il serait peut-être devenu un héros, malgré les indicibles atrocités qu’il avait commises. Ou de moins, lui et les siens n’auraient pas fini comme ils ont fini, et ils ne craindraient pas, à l’heure qu’il est, de finir devant des tribunaux érigés par ceux qu’ils ont broyés.

Aussi, tous ces appels au peuple algérien qui circulent aujourd’hui, à gauche et à droite, émis par les uns et par les autres, y compris par des relais du régime dont on sait qu’ils le font pour occuper un espace qu’il faut combler à tout prix, tous ces appels ne seront pas entendus par le peuple algérien.

Ils ne seront pas entendus parce que les uns ne disposent d’aucun ancrage populaire, et que les autres sont disqualifiés pour certaines de leurs positions qui ont coûté très cher en vies humaines. Mais aussi parce que leurs connivences avec des milieux douteux, d’argent ou de casquettes dorées, ont éventé leurs vraies natures. De petites natures, vite comblées par un bon paquet de dollars et de privilèges futiles autant qu’ils sont indignes.

Et donc, au milieu de ce caquetage d’appels, de communiqués et de braiements qui se prennent pour des rugissements, les manipulations misérables du DRS continuent d’être autrement plus efficaces, en ce sens qu’elles visent, encore une fois, à semer la zizanie entre les Algériens.Bien sûr!

Il semble, en effet, que le terrorisme pédagogique ait laissé la place à une autre forme nouvelle de manipulation populaire.

Autant le massacre des populations civiles a-t-il été largement éprouvé, à un certain moment, pour dresser le peuple algérien contre les islamistes, autant le nombre extraordinairement important de femmes en nikab, et d’homme en tenues islamistes presque fluorescentes, tant ils veulent attirer l’attention sur eux, se fait-il, en ce moment même, une formidable propagande pour la famille Bouteflika, le DRS, les Généraux et les forces d’argent.

Une dame de ma famille, qui honnit ce régime, et qui est pourtant une musulmane pratiquante, sans pour autant adopter les attributs vestimentaires qui sont devenus obligatoires, « de facto », en attendant qu’ils deviennent « de jure », m’a appelé pour me dire que ces personnes avec ces vêtements particuliers se font de plus en plus apparentes à Alger.

Et elle a ajouté, à mon grand étonnement, que dans ces conditions, elle prefererait rester sous la domination de la famille Bouteflika et des Généraux, que dans un régime « kaboulisé ».

Sur le coup, je lui ai répondu qu’elle avait tort, qu’il fallait laisser les gens s’accoutrer comme bon leur semble, tant qu’ils ne se mêlent pas de votre propre façon de vous vêtir. Nous entrâmes alors dans une discussion algéroise sur le sexe des escargots, où elle m’apprit justement, que depuis quelques jours, de jeunes hommes barbus, et mêmes d’autres qui avaient trois poils au menton, l’agressaient verbalement chaque jour, parce qu’elle ne portait pas le hidjab. Des balles, traçantes de malveillance, sifflaient à ses oreilles tous les jours, au point où elle ne pouvait plus se permettre de circuler à pied dans certaines rues d’Alger, plus « kaboulisées » que d’autres.

Plus tard, après avoir raccroché, une idée s’imposa à mon esprit. Une idée pour laquelle je serais certainement traité de « conspirationniste », encore une fois. Mais force sera de reconnaître qu’elle concorde avec le mode d’emploi des « stratèges » du DRS. C’est tellement évident que ça en crève l’écran de mes spéculations.

Ces nikabs et ces tenues outrancières qui circulent de plus en plus, et ces agressions contre les femmes habillées à l’occidentale, sont une action psychologiqque du DRS, du même cru que le terrorisme pédagogique, avec les massacres en moins. C’est un peu comme les fetwas de mort écrites dans les CTRI, où les lettres de menace aux étudiantes et enseignantes qui ne portaient pas le voile, envoyées des mêmes centres. Ou même, pour reprendre les révélations d’un transfuge du DRS, l’assassinat de jeunes filles qui étaient vêtues à l’occidentale.

Encore une fois, les services psychologiques du DRS ont trouvé la panacée. Ou plutôt, ils ont cru l’avoir trouvée:
Faire en sorte que non seulement la population se coupe davantage des islamistes, et de tous les vrais opposants au régime, ce qui serait de bonne guerre à la limite, mais l’amener, par la peur, en agitant l’épouvantail taliban, à leur préférer ce régime, avec toutes ces turpitudes, et sa violence.

Et curieusement, en ces moments cruciaux, après la Révolution tunisienne, c’est au moment où des menaces de talibanisation vestimentaires se font jour, que des appels en tout genre, y compris venant des incontournables « démocrates » sont ultra-médiatisées.

Et comme de bien entendu, après le refus opposé par le « Gouvernement » à des demandes de « manifestations », nous devons nous attendre, après quelques héroïques escarmouches, à leur autorisation, par le même « Gouvernement ». Après un combat héroïque, et hyper-médiatisé, bien sûr, entre ces mêmes forces qui s’opposent, encore une fois, à la « talibanisation » du pays.

Donc, rien n’est fortuit, rien ne survient naturellement.
Si Bouteflika ne parle pas, ce n’est pas parce que comme le pensent nombreux de nos compatriotes, parce qu’il est coupé de la réalité, mais parce qu’il sait que ceux qui sont devenus ses alliés et ceux de sa famille, un peu comme les « forces de sécurité » tunisiennes l’étaient avec Benali et sa famille, il sait qu’ils veillent au grain, et qu’ils n’ont jamais été aussi laborieux qu’ils le sont en ce moment.

Ce qui semble être un silence incompréhensible de l’Etat et de tous ses relais officiels, n’est, en réalité, que le signe d’un affairement frénétique, de la mise en place d’une grosse manipulation psychologique, pour brouiller l’entendement des observateurs, et fourvoyer, encore une fois, la conscience, ou plutôt la prise de conscience, des Algériens dans une fausse piste, et même dans un réflexe panique de survie, d’une population qui va s’accrocher de toute sa force, à ses seuls sauveurs, contre l’épouvantail taliban. Les sauveurs, on sait qui ils sont, bien sûr…

Mais tant va la cruche à l’eau….
Le DRS, Bouteflika, les « Demi-crates », et toutes leurs smalas, et tous leurs chiyatines, montrent bien qu’ils n’ont rien compris à la nouvelle situation. Normal, avec leur petits yeux de fouine. Ils ne voient pas plus loin que le montant de leurs biens mal acquis, et du prochain poulet à égorger.

Ils se trompent, parce que les Algériens sont passés par une période de feu et de sang, qui les a forcis, comme on trempe l’acier. Ils ne se laisseront plus avoir par qui ce soit!
Ni par des barbus qui promettent le paradis en échange d’un bulletin de vote, ni par des succédanés de démocrates qui ne vous concèdent de démocratie que si vous leur donnez votre bulletin de vote. A eux et à personne d’autre.

Le peuple algérien, à l’nstar de son voisin et frère tunisien, est à la veille de faire sa Révolution, et de reconquérir son indépendance.

C’est pour cela, qu’en silence, doucement, sans tambour ni trompette, il se prépare, il attend son heure, pour se dresser comme un seul homme, et se préparer à fonder un Etat de Droit, où chacun sera libre de ses idées, et de sa façon de se vêtir, sans que quiconque puisse le lui contester.
Et il bâtira une nation de justice et de droit, ou nul ne sera plus jamais opprimé. Et ou nul, quel qu’il soit, et quelles que soient le pouvoir que le peuple lui aura délégué, ne pourra outrepasser ses attributions.

Cette fois-ci, n’en déplaise à Kadhafi, et à nos fouines en tout genre, le peuple algérien dispose d’une arme contre laquelle les despotes ne peuvent rien. Elle s’appelle INTERNET.
Et c’est grâce à elle que nous réagissons en temps réel contre leurs grossières magouilles. La preuve…

D.Benchenouf


Nombre de lectures : 3064
60 Commentaires sur cet article
  • Algerien de passage
    16 janvier 2011 at 22 h 03 min -
  • sami
    16 janvier 2011 at 22 h 10 min -

    Bonne analyse , c’est vrai .merci




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  • Nourredine BELMOUHOUB
    16 janvier 2011 at 22 h 44 min -

    @ D.Benchenouf
    Vous avez clairement tout dit avec une indiscutable lucidité, et je pense sincèrement qu’après le merveilleux et héroïque exemple du Peuple tunisien, il est temps de battre chez nous le fer, pendant qu’il est encore  » chaud « , Merci Monsieur Benchenouf.




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  • abed
    16 janvier 2011 at 23 h 08 min -

    si nous ratons cette occasion, j’ ai bien peur qu’ il n’ y en aura pas d’ autres avant longtemps, le moment est propice, il faut battre le fer tant qu il est chaud.N’oublions pas que la majorité des algeriens,notamment ceux qui sont victimes d’ injustices et qui ne parviennent à manger à leur faim, n’ont pas les moyens de se payer internet, c ‘est surtout ceux la qui doivent lire ce message et se mobiliser, ce sont eux qui peuvent changer les choses.




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  • babelouedcity
    16 janvier 2011 at 23 h 40 min -

    En effet le pouvoir criminel sanguinaire sent qu’il se trame une revolution á la novembre 1954 alors ce monstre qui devore l’algerie vient de faire bouger son opposition de facade le RCD qui soutient les generaux assassins du peuple algerien (souvenez vous le cirque criminel de Nezzar son procés contre le heros Souaidia?) zaama de deposer une demande pour marcher …
    (il demande á ses maitres l’autorisation … hahaha quelle rigolade!) …
    tout ca n’est qu’un cirque monté par le DRS pour dissuader les algeriens authentiques á sortir dans la rue. Faqou!
    Le peuple ne demandera ni autorisation ni attendra la sortie des DEMONcrates (RCD, PT et autres du regime militaire) pour envahir ses rues de toute l’algerie.

    La revolution est en marche et sans ces diables de partis demoncrates du regime militaire assassin.




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  • Sami
    17 janvier 2011 at 0 h 25 min -

    Tres bien dit !!
    J ai toujours pensé que l’information est au centre des enjeux !!
    Il y a 20 ans ou plus, un philosophe dont je ne me rappelle pas le nom malheureusement a dit , que l’arme la plus puissante de USA n est pas ses bombes et son arsenal militaire , mais bcp plus HOLLYWOOD !!!
    Certes aljazeera et l’internet sont au cœur de changement au Tunisie !!!
    Il y a un mois ou plus, j ai ecrit sur le lqa QUE SI L’OPPOSITION REELLE ALGERIENNE POUVAIT LANCER UN TV, CE SERAIT PLUS FORT QU UNE ARMEE !! Et ca a été prouvé.
    Notre force c est l’information , LES SANGUINAIRES ET LEURS COMPLICES L’ONT UTILISE DURANT LES ANNEES 1990 s EFFICACEMENT CONTRE LE PEUPLE , mais c’est le moment pour la peur de changer de camp mais sans armes , C’EST L’INTERNET PAR EXCELLENCE !!!
    Merci LQA pour vos efforts immenses




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  • rachid
    17 janvier 2011 at 0 h 26 min -

    POUR UN BARIL VENDU UN DEMI BARIL EST VOLE’!!! Ni saadi ni tabou ni benhadj .EN short en burqua a pied a cheval en voiture sortons!!!




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  • still
    17 janvier 2011 at 0 h 48 min -

    T’as raison DB. Une nouvelle « race » de barbus commence à infester les mosquées et les rues. Avec leur barbe hirsute, leurs yeux noircis au khôl, leur pantacourts, leur siwak et surtout leur air de « m’as-tu vu-me voila » ils frisent l’insolence .Tout simplement, en voulant jouer a « l’islamiste », ces acteurs débiles forcent sur certains traits qu’ils croient caractéristiques des islamistes au point de devenir ridicules.
    Si vous sentez l’insolence dans le comportement d’un barbu, soyez sur qu’il n’a rien d’un islamiste .Il est plus probable qu’il soit un agent du DRS (sur de lui) plutôt qu’un islamiste débile. Ces gens-la me rappellent « les clochards «et « les mendiants » des années 90 qui fouinaient dans les poubelles ou demandaient l’aumône aux passants…Quand vous croisez leur regard, vous y découvrez cette même insolence qui contraste avec le rôle d’humilié qu’ils jouaient. Ceci dit, je ne doute pas que beaucoup de « démocrates effarouchés » n’attendent que l’apparition de ces mauvais acteurs pour crier  » au viol! » de la démocratie et de la République. La vigilance s’impose.




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  • aquerado
    17 janvier 2011 at 1 h 10 min -

    Salam
    Chers freres Algeriens je me permets de vous apporter ma contribution au debat qui fait rage concernant les evenements historiques Algero-Tunisiens.Avant tout je voudrais saluer et apporter tout mon hommage et ma reconnaissance au peuple Tunisien et le felicite dans l’initiative de la reconquete de sa dignite et qui j’espere,InchaAllah, saura dejouer d’une maniere intelligente et judicieuse les innombrables ecueils qui ne manqueront pas de parcemes son chemin vers la victoire.A l’instar de la Tunisie,l Algerie court inevitablement vers une chute imminente de son regime. pour faire simple lorsque la societe est bloquee et le pouvoir inadapte aux realites criantes de son temps ,autiste en quelque sorte ,l’ eclatement est ineluctable.Continer a « gerer » ainsi est tout simplement suicidaire et un crime contre l’humanite. Nous l’avons vu recemment avec Saddam Hussein.Il est inadmissible de mettre en jeu la vie de millions d’etres humains pour des futilites egocentriques .Pour cela il est temps que toute l’Algerie ,Competants et gens raisonables se prennent en main avant que la voix vers l’Iraquisation ne prenne le pas[Voir se qui se trame en Kabylie et au Sahel].Pour finir rien ne peut arreter un peuple dans sa soif de dignite,l’heure est extrement grave chacun doit sincerement apporter sa pierre a l’edice pour eviter le chaos qui profitera a la finance internationale. Pour cela il est important que tout le peuple soit uni derriere un pouvoir legitime, transparent,et juste.Aucune entite,ou personne ne peut battre un peuple uni pour la justice hormis la volonte de Dieu.A bon entendeur salut.




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  • Karim Merouane
    17 janvier 2011 at 5 h 01 min -

    Wikileaks et la Guerre Mondiale de l’Information

    Andrew Gavin MARSHALL

    LGS : Faut-il se méfier de Wikileaks ? Comment les grands médias manipulent-ils les documents publiés ? Quelle attitude les médias alternatifs doivent-ils adopter face à ces documents ? A qui profitent-ils réellement ? Assistons-nous à une « prise de conscience politique globale » ? Autant de questions essentielles abordées dans ce (très) long article que nous vous invitons à lire.
    Introduction

    La publication récente des 250.000 documents de Wikileaks a soulevé un intérêt sans précédent, provoquant tout un éventail de réactions – des plus positives au plus négatives. Mais une chose et sûre : Wikileaks est en train de changer la donne.

    Il y a ceux qui prennent les contenus des documents publiés par Wikileaks pour argent comptant, principalement à cause de leur présentation erronée donnée par les grands médias commerciaux.

    Il y a ceux qui considèrent que ces documents sont authentiques et qu’il suffit de savoir les interpréter et de les analyser.

    Puis il y a ceux, dont beaucoup font partie des médias alternatifs, qui émettent des doutes.

    Il y a ceux qui considèrent ces fuites tout simplement comme une opération de manipulation qui vise certains pays précis, dans l’intérêt de la politique étrangère des Etats-Unis.

    Et enfin, il y a ceux qui déplorent les fuites et les qualifient de « trahison » ou d’atteinte à la « sécurité ». De toutes ces opinions, c’est sans doute cette dernière qui est la plus ridicule.

    Cet essai examinera la nature des publications Wikileaks et comment il faut les aborder et les comprendre. Si Wikileaks est en train de changer la donne, il faut espérer que les gens feront en sorte que le changement soit positif.

    Propagande médiatique contre l’Iran : prendre les câbles pour argent comptant.

    Ce point de vue est probablement le plus répandu puisqu’il est largement diffusé par les grands médias commerciaux qui présentent ces câbles diplomatiques comme une « confirmation » de la validité de leur traitement des enjeux internationaux, plus particulièrement en ce qui concerne le programme nucléaire iranien. Comme d’habitude, c’est le New York Times qui mène l’assaut contre la vérité et se livre sans relâche à une propagande au service de l’impérialisme US, avec des gros titres tels que « L’Iran préoccupe le monde entier » et qui explique qu’Israël et les dirigeants arabes sont d’accord sur la menace nucléaire que représente l’Iran. L’article est accompagné d’un commentaire qui dit « les câbles révèlent en filigrane l’opinion partagée par de nombreux dirigeants qu’à moins d’une chute du régime à Téhéran, l’Iran possédera tôt ou tard l’arme nucléaire. » (1) Fox News a diffusé un article affirmant que « Les documents montrent un consensus au Moyen-orient sur la menace iranienne », avec le commentaire « la fuite explosive de Wikileaks a montré un consensus profond au Moyen-orient que l’Iran est le principal fauteur de troubles dans la région. » (2)

    Ceci, bien entendu, n’est que de la propagande. Il faut néanmoins analyser cette propagande pour pouvoir déterminer avec précision quelle est la part de propagande contenue dans ces articles. S’il faut garder un esprit critique envers les sources et les campagnes de désinformation (qui sont monnaie courante comme le savent tous ceux qui suivent les médias de près), il faut aussi prendre en compte le point de vue personnel de la source et réussir à distinguer la part de la vérité de l’opinion exprimée. Je crois vraiment que ces documents sont authentiques. Je ne souscris donc pas à l’idée qu’ils font partie d’une opération de guerre psychologique ou d’une campagne de propagande, du moins pour ce qui concerne leur publication proprement dite. Il ne faut pas perdre de vue que les sources de ces documents sont les circuits diplomatiques US et que les déclarations qu’ils contiennent sont donc le reflet des points de vue et des opinions exprimés par le corps diplomatique US. Les documents sont donc une représentation fidèle de leurs déclarations et opinions mais ne constituent pas pour autant une représentation fidèle de la réalité.

    C’est là que les médias entrent en jeu pour organiser la propagande autour de ces fuites. Les deux exemples mentionnés ci-dessus affirment que les fuites montrent qu’il existe un « consensus » sur l’Iran et donc que les craintes exprimées par les Etats-Unis, et par d’Israël bien sûr, ces dernières années se trouvent ainsi « confirmées ». C’est ridicule. Les médias on pris pour argent comptant les dires des diplomates US et des dirigeants du Moyen-orient et que s’ils répètent tous que l’Iran représente une « menace » ou cherche à se doter de « l’arme nucléaire », c’est que ça doit être vrai. Rien n’est moins sûr. Si un général ordonne à des soldats de prendre d’assaut une maison qui est censée abriter un terroriste, cela ne signifie nullement que la maison abrite effectivement un terroriste. De même, ce n’est pas parce que les dirigeants du Moyen-orient présentent l’Iran comme une menace que l’Iran constitue effectivement une menace.

    Encore une fois, examinons les sources. Pour quelle raison les dirigeants arabes seraient-ils une source d’information « fiable » ? Par exemple, une « révélation » qui a fait le tour du monde est l’insistance du Roi Abdullah d’Arabie Saoudite auprès des Etats-Unis pour que ces derniers « tranchent la tête du serpent » iranien, et son appel à l’Amérique pour lancer une frappe militaire contre l’Iran. (3) Les médias l’ont présenté comme une « preuve » du « consensus » sur la « menace » que représente l’Iran pour le Moyen-orient et le monde entier. C’est cette ligne de propagande qui a été servie par le New York Times, Fox News et le gouvernement israélien, parmi tant d’autres. Il faut pourtant remettre en contexte cette information, chose que le New York Times a l’habitude de ne pas faire (volontairement, pourrais-je ajouter). Je ne mets pas en doute l’authenticité de ces déclarations ni le fait que les dirigeants arabes affirment que l’Iran représente une « menace ». D’un autre côté, l’Iran a déclaré que ces fuites sont « malveillantes » et qu’elles servent les intérêts des Etats-Unis. L’Iran a aussi déclaré qu’il était « ami » avec ses voisins. (4) Ca aussi, c’est de la propagande. Encore une fois, il faut remette les choses dans leur contexte.

    L’Iran est une nation chiite, alors que les pays arabes, l’Arabie Saoudite en tête, sont à majorité Sunnite. Ceci représente une division entre les pays de la région, du moins en surface. Mais la vérité est que l’Arabie Saoudite et l’Iran sont loin d’être des « amis », et qu’ils ne sont plus en bons termes depuis le renversement du Chah en 1979. L’Iran est le principal concurrent de l’Arabie Saoudite en termes de pouvoir et d’influence dans la région et représente donc une menace politique pour l’Arabie Saoudite. De plus, les états arabes, dont les déclarations sur l’Iran sont largement diffusées, comme celles de l’Arabie Saoudite, Bahreïn, Oman, les Émirats Arabes Unis et l’Égypte, doivent être interprétées dans le contexte des relations de ces pays avec les Etats-Unis. Les états arabes sont des marionnettes des Etats-Unis dans la région. Leurs armées sont subventionnées par le complexe militaro-industriel des Etats-Unis, leurs régimes (qui sont tous des dictatures ou des dynasties) sont soutenus et alimentés par les Etats-Unis. Il en est de même pour Israël, qui lui au moins affiche une façade démocratique, à la manière des Etats-Unis.

    Les pays arabes et leurs dirigeants savent que l’unique raison pour laquelle ils gardent le pouvoir, c’est parce que les Etats-Unis le veulent bien et les soutiennent. Ils sont ainsi dépendants des Etats-Unis et de son soutien politique, financier et militaire. S’opposer aux ambitions des Etats-Unis dans la région est le chemin le plus court pour finir comme l’Irak et Saddam Hussein. L’histoire moderne du Moyen-orient est remplie d’exemples de dirigeants marionnettes et favoris de l’Empire qui ont été rapidement transformés en ennemis et « menaces pour la paix ». Dans ce cas, il s’ensuit un changement de régime provoqué par les Etats-Unis et une nouvelle marionnette prend la place de l’ancienne. Si les dirigeants arabes disaient que l’Iran n’était pas une menace pour la paix, ils se retrouveraient rapidement dans la ligne de mire de l’impérialisme occidental. De plus, de nombreux dirigeants, tels le Roi Abdullah, sont virulents et haïssent l’Iran tout simplement parce qu’ils sont concurrents dans la région. Une chose est sûre pour tous les états et leurs dirigeants, c’est qu’ils sont fondamentalement égoïstes et obsédés par leurs intérêts propres et le renforcement de leurs pouvoirs.

    L’Arabie Saoudite, en particulier, mène activement une lutte d’influence contre l’Iran. Au Yémen, l’Arabie Saoudite est impliquée dans une autre guerre de conquête impériale des Etats-Unis, en participant à la répression des mouvements de libération scissionnistes au nord et au sud du Yémen.

    Le Yémen, dirigé par Saleh, un dictateur soutenu par les Etats-Unis et au pouvoir depuis 1978, se livre à l’extermination de sa propre population pour se maintenir au pouvoir, avec l’aide des Etats-Unis. Le conflit est pourtant présenté en général dans sa version propagandiste comme un conflit d’influence régionale entre l’Arabie Saoudite et l’Iran. Alors qu’il ne fait aucun doute que l’Arabie Saoudite est impliquée dans le conflit, ceci de son propre aveu, il n’existe par contre aucune preuve d’une implication de l’Iran, qui est pourtant constamment accusé d’ingérence par l’Arabie Saoudite et le Yémen. Il s’agit peut-être d’une tentative d’entraîner l’Iran dans le conflit ou tout simplement d’une nouvelle diabolisation du pays. Au milieu de cette nouvelle guerre yéménite, les Etats-Unis ont signé une vente d’armes avec l’Arabie Saoudite qui a battu tous les records de ventes d’armes des Etats-Unis, d’un montant de 60 milliards de dollars. Le contrat, et ce n’est pas un secret, est destiné à renforcer les capacités militaires de l’Arabie Saoudite afin de pouvoir intervenir plus efficacement au Yémen mais surtout pour défier et contrer l’influence croissante de l’Iran dans la région. Bref, les Etats-Unis sont en train d’armer leurs régimes marionnettes en vue d’une guerre contre l’Iran.

    [ pour des explications plus détaillées sur la guerre au Yémen, “Yemen : The Covert Apparatus of the American Empire.” http://www.globalresearch.ca/index…. ]

    Israël n’a pas dénoncé cette vente d’armes tout simplement parce qu’à terme, cette vente servira ses intérêts dans la région où sa cible principale est l’Iran. De plus, Israël, un autre état marionnette, est soumis aux intérêts des Etats-Unis. Si une guerre régionale contre l’Iran est effectivement en cours de préparation, et il semblerait pour beaucoup que ce soit le cas, il est certainement dans l’intérêt d’Israël d’avoir des alliés contre l’Iran dans la région.

    Wikileaks est-il une opération de propagande ?

    Les dirigeants israéliens ont insisté lourdement pour dire que les documents de Wikileaks ne leur portaient aucun tort. Avant leur publication, le gouvernement US a informé les officiels israéliens sur le type de documents qui allaient être publiés concernant Israël. (5) Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré, « il n’y a aucune divergence entre nos positions publiques, entre nous et Washington, et notre perception de nos positions respectives » (6) Le ministre de la Défense Ehud Barak a affirmé que ces documents « offrent une vision plus précise de la réalité. » (7) Un haut officiel turc a déclaré que de voir quels pays étaient satisfaits de ces fuites en disait suffisamment long et il a suggéré qu’Israël « est à l’origine de ces fuites » pour tenter de faire prévaloir ses intérêts et « faire pression sur la Turquie. » (8)

    De plus, des spéculations circulent sur Internet et dans différents médias au sujet de Wikileaks comme quoi ce dernier serait lui-même une organe de propagande, peut-être même une façade de la CIA et un moyen pour « contrôler l’opposition » (qui, nous le savons, n’est pas immune aux activités de la CIA). Une telle spéculation est fondée sur l’utilisation qui est fait de l’information livrée par les câbles et semble totalement ignorer leur contexte.

    Quel est ce contexte ? Commençons par Israël. Il ne fait aucun doute qu’Israël est bien un état criminel (comme tous les états, au fond), mais sa criminalité dépasse celle de la plupart des autres états dans le monde, à l’exception peut-être des Etats-Unis. Le nettoyage ethnique des Palestiniens est un des crimes les plus terribles et un des crimes contre l’humanité les plus persistants de ces 50 dernières années, et l’histoire jugera Israël comme l’état pervers, guerrier, inhumain et détestable qu’il est. Cela étant dit, Israël est tout sauf subtil. Lorsque le Premier Ministre israélien déclare que les documents de Wikileaks n’embarrassent pas son pays, il a très certainement raison. Et ce n’est pas parce qu’Israël n’a rien à cacher (rappelez-vous que les documents de Wikileaks ne sont pas des documents « top-secret », juste des câbles diplomatiques), mais tout simplement parce que les échanges diplomatiques d’Israël sont largement le reflet de ses déclarations publiques. Israël et ses dirigeants ont l’habitude de faire des déclarations absurdes, de menacer sans cesse l’Iran et ses voisins d’une guerre, ou de semer sa propagande selon laquelle l’Iran fabrique des armes nucléaires (chose qui reste à prouver). C’est pour cela que les fuites ne « touchent » pas Israël, parce que l’image d’Israël est déjà exécrable et parce que les diplomates et politiciens israéliens sont généralement aussi francs dans leurs déclarations publiques qu’ils le sont en privé. L’image d’Israël n’est donc pas modifiée par ces câbles. Bien sûr, les dirigeants israéliens – politiques et militaires – profitent de ces fuites pour déclarer qu’elles « confirment » leur opinions sur l’Iran, ce qui à l’évidence n’est qu’une opération de propagande, avec exactement la même technique que celle employée par les grands médias et qui consiste à prendre les câbles pour argent comptant.

    L’Iran a affirmé que les fuites de Wikileaks n’étaient qu’une opération de propagande occidentale qui visait l’Iran. Cette déclaration elle-même doit être considérée comme de la propagande. Après tout, l’Iran a déclaré aussi qu’il était « ami » avec tous ses voisins, ce qui est faux et a toujours été faux. L’Iran, comme tous les états, a recours à la propagande pour servir ses propres intérêts. L’Iran n’est en aucun cas un pays merveilleux. Mais comparé aux pays chéris par les Etats-Unis dans la région (l’Arabie Saoudite par exemple), l’Iran constitue un bastion de liberté et de démocratie. Ceux qui tentent de contrer la désinformation et la propagande doivent demeurer vigilants devant les campagnes de désinformation menées contre l’Iran, et elles sont nombreuses. On sait que l’Iran fait partie des cibles des ambitions impérialistes des Etats-Unis. Mais il n’y a rien dans les documents de Wikileaks qui paraît faux en ce qui concerne l’Iran, particulièrement ceux rédigés par les diplomates occidentaux et les dirigeants arabes. Ces documents expriment effectivement leurs opinions et leurs opinions reflètent tout simplement les priorités politiques des Etats-Unis et de l’Occident et non l’expression d’une vérité. Il faut donc faire la distinction entre l’authenticité des documents et la véracité de leur contenu.

    Lorsque l’Iran déclare que les documents de Wikileaks ne sont que propagande, c’est faux. Il faut non seulement analyser l’authenticité des documents (et leurs sources) mais aussi, et c’est peut-être le plus important, analyser l’interprétation qui est faite de ces documents. Ce n’est donc pas l’authenticité de ces documents qui ne font qu’exprimer l’opinion de l’Occident et du Moyen-orient sur l’Iran (car ces opinions coïncident avec les réalités géopolitiques de la région) que je mets en doute, mais l’interprétation qui est faite de ces documents. C’est leur interprétation qui constitue à mes yeux la véritable opération de propagande de la part des gouvernements occidentaux et des médias. Cette propagande consiste à décrire ces documents comme des « analyses objectives » d’une réalité concrète, ce qui n’est pas le cas. Les documents sont « objectifs » dans la mesure où ils reproduisent des points de vues exprimés par leurs auteurs, ce qui ne signifie nullement qu’ils sont le reflet de la réalité. Il y a là une différence qu’il faut absolument comprendre, à la fois pour pouvoir dénoncer la propagande et discerner la part de vérité.

    La vérité sur la diplomatie

    Craig Murray est un de ceux qu’il faut écouter sur ce sujet. Craig Muray est un ancien ambassadeur britannique en Ouzbékistan qui s’est fait connaître en révélant que les renseignements de l’Ouzbékistan relatifs à Al-Qaeda n’étaient absolument pas fiables, à cause des méthodes d’interrogation employés (comme faire bouillir les détenus vivants). Ces renseignements étaient ensuite transmises à la CIA et au MI6 et étaient, selon Murray, « tout à fait fausses ». Lorsque Murray en a fait part à ses supérieurs au sein des services britanniques, il a été réprimandé pour avoir parlé de « droits de l’homme ». (9) Le Bureau des Affaires Etrangères Britannique et du Commonwealth (FCO) a dit à Murray qu’il avait une semaine pour démissionner, et l’a menacé de procès et même de prison pour avoir révélé des « secrets d’état ». (10) Il fut ensuite démis de ses fonctions et il est devenu depuis un militant politique. En un mot comme en cent, Murray est exactement le type de diplomate qu’il nous faut : honnête. Mais il est en même temps exactement le type de diplomate que les puissances occidentales ne veulent pas voir : honnête.

    Au cours des dernières publications de Wikileaks, Craig Murray a été sollicité par the Guardian pour écrire un article sur le sujet. Comme Murray l’a remarqué plus tard, l’article, qui avait subi de larges coupures, fut placé au milieu d’un long article qui récapitulait différents commentaires sur Wikileaks. Murray a publié ensuite son article en intégralité sur son site. Dans cet article, Murray commence par analyser les déclarations officielles à travers le monde, et particulièrement aux Etats-Unis, selon lesquelles Wikileaks fait courir un « risque » aux Etats-Unis, qu’il met des vies en danger, que la notion de « secret gouvernemental est indispensable pour notre sécurité ». Murray explique qu’il a été diplomate pendant 20 ans et qu’il connaît bien de genre d’arguments qui dit que les diplomates, à cause de Wikileaks, ne pourraient plus exprimer une opinion franche, « si cette opinion risquait de tomber dans le domaine public. » Murray explique :

    « En d’autres termes, le meilleur conseil (qu’un diplomate) peut donner n’est pas celui qu’il serait prêt à défendre en public. Vraiment ? Pourquoi ? Dans un monde globalisé, l’Ambassade n’est pas l’unique source d’expertise. Les organisations d’expatriés, universitaires et commerciales sont souvent bien mieux informées. Le meilleur conseil politique n’est pas celui que l’on cache à ses pairs.
    Ce que l’élite veut dire évidemment c’est que les Ambassadeurs devraient pouvoir conseiller des choses que l’opinion publique réprouverait, sans courir le risque d’être découvert. Mais dans une démocratie, devraient-ils vraiment être autorisés à le faire ? » (11)

    Murray demande pourquoi un comportement généralement considéré comme répréhensible, comme mentir, « devrait être considéré comme acceptable, ou même louable, en diplomatie. » Murray explique que chez les diplomates britanniques, « cette croyance, que leur profession les dispense des limites habituellement admises par la décence, constitue un culte au machiavélisme, un orgueil envers leur propre immoralité. » Il explique que les diplomates sont issus des couches sociales supérieures et « se considèrent comme des supermen Nietzschéens ultra-intelligents, au-dessus des normes morales habituelles » qui sont connectés à l’élite politique. En réponse aux nombreuses critiques selon lesquelles les fuites mettraient des vies en danger, Murray fait remarquer qu’une telle affirmation devrait être mise en parallèle avec « les risques encourus par les centaines de milliers qui sont déjà morts à cause de la politique étrangère des Etats-Unis et leurs complices ces dix dernières années. » De plus, à ceux qui pensent que Wikileaks est une opération de manipulation ou de propagande ou une façade de la CIA, Murray répond ceci :

    « Bien sûr, les documents reflètent l’opinion des Etats-Unis – ce sont des communications officielles du gouvernement. Ils montrent ce que j’ai personnellement constaté, à savoir que les diplomates dans leur ensemble racontent très rarement des vérités désagréables à entendre, mais relaient ou confirment plutôt ce que leurs maîtres veulent entendre, dans l’espoir d’être bien vus.
    Il y a donc une énorme quantité d’exagérations sur l’arsenal nucléaire supposé de l’Iran. Mais rien sur l’arsenal nucléaire israélien. Ce n’est pas parce que Wikileaks a censuré toute critique à l’égard d’Israël mais parce que tout diplomate US qui ferait un bilan honnête et complet sur les crimes israéliens se retrouverait rapidement sans emploi. (12) »

    Murray conclut son article avec cette déclaration que nous devrions tous garder à l’esprit : « la vérité protège le peuple des élites voraces – partout. » (13)

    Ordre mondial et prise de conscience globale.

    Pour tenter de comprendre Wikileaks et ses effets potentiels (dans le cas où les médias alternatifs et les militants se décideraient à saisir cette opportunité), il nous faut placer Wikileaks dans un contexte géopolitique plus large. Notre monde est fait d’un réseau complexe d’interactions sociales. Aussi puissantes et dominatrices que sont, et ont toujours été, les élites, elles ne sont pas omnipotentes ; elles sont humaines et ne sont pas infaillibles, tout comme leurs méthodes et leurs idées. Il y a d’autres forces en action dans le monde et ce sont toutes ces interactions qui créent et changent le monde et déterminent son avenir. Rien n’est prédéterminé, rien n’est inéluctable. Des plans sont tracés par les élites, bien sûr, pour modeler et contrôler la société. Mais la société – dans un monde globalisé, la « société globalisée » – réagit et interagit avec les élites et ses idées. Tout comme les gens doivent s’adapter et subir les effets des changements imposés par les élites, les élites à leur tour aussi doivent s’adapter et subir les changements. Aujourd’hui nous pouvons conceptualiser cette dichotomie – devenue une réalité géopolitique du monde – comme « la prise de conscience politique globale et le nouvel ordre mondial ».

    Nous assistons à un nouveau développement dans l’histoire de l’humanité, d’une ampleur sans précédent. Ce développement représente aussi la plus grande menace pour les structures de pouvoir global : le prise de conscience politique globale. Ce terme fut énoncé par Zbigniew Brzezinski. Voici sa définition :

    « Pour la première fois dans l’histoire, pratiquement toute l’humanité est politiquement active, politiquement consciente et politiquement en interaction. Le militantisme global fait émerger l’exigence d’un respect culturel et de justice économique dans un monde marqué par la mémoire de dominations coloniales ou impériales. »
    C’est cette « prise de conscience politique » massive qui constitue le défi le plus dangereux et le plus important pour les pouvoirs organisés de la globalisation et de l’économie politique globale : les états nations, les sociétés multinationales et les banques, les médias et les institutions universitaires. La Classe Capitaliste Transnationale (CCT), ou « Superclasse » selon David Rothkopf, s’est globalisée comme jamais auparavant. Pour la première fois dans l’histoire, nous avons affaire à une élite réellement et profondément globalisée et intégrée. Alors que les élites ont globalisé leur pouvoir, pour construire leur « nouvel ordre mondiale » d’une gouvernance globale pour aboutir à un gouvernement global (d’ici quelques dizaines d’années), elles ont par la même occasion globalisé les populations.

    La « révolution technologique » implique deux développements géopolitiques majeurs. Le premier est qu’au fur et à mesure des avancées technologiques, les systèmes de communications de masse connaissent une accélération rapide, et les populations ont la possibilité d’entrer instantanément en contact les unes avec les autres et accéder à l’information partout dans le monde. Ici réside le potentiel – et en dernier recours la principale source – d’une prise de conscience politique globale. Dans le même temps, la Révolution Technologique a permis aux élites d’orienter et de contrôler les sociétés d’une manière qu’on n’aurait pas pu imaginer il y a encore peu, avec le risque d’aboutir à une dictature scientifique globale au sujet de laquelle beaucoup ont tiré la sonnette d’alarme au début du 20eme siècle. Les possibilités et conditions pour contrôler les masses n’ont jamais été aussi favorables, tandis que la science libère toute la puissance de la génétique, de la biométrie, de la surveillance et de nouvelles formes d’eugénisme, toutes mises en oeuvre par une élite dotée de systèmes de contrôle.

    Brzezinski a beaucoup écrit sur « La prise de conscience politique globale » et a donné des conférences à différents groupes de réflexion à travers le monde pour « informer » les élites du changement en cours. Brzezinski est un des principaux représentants de l’élite globale et un des intellectuels de l’élite les plus influents au monde. Son analyse de la « prise de conscience politique globale » est utile parce qu’il la présente comme la principale menace globale pour intérêts de l’élite. Il faut donc considérer que le concept de « prise de conscience politique globale » est un des plus grands espoirs pour l’humanité et devrait être encouragé et cultivé par opposition à Brzezinski qui voudrait le contrôler et le restreindre. Mais laissons la parole à Brzezinski qui explique en quoi il représente une menace pour les élites :

    « Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, pratiquement toute l’humanité est politiquement active, politiquement consciente et politiquement interactive. Il ne reste que quelques poches dans les coins les plus reculés qui ne sont pas politiquement éveillés et connectés aux troubles politiques qui sont si répandus dans le monde. Le militantisme global fait émerger l’exigence d’un respect culturel et de justice économique dans un monde marqué par le souvenir de dominations coloniales ou impériales… L’aspiration globale à la dignité humaine constitue le défi principal inhérent au phénomène de prise de conscience politique globale.
    L’Amérique doit affronter une nouvelle réalité globale : la population mondiale connaît une prise de conscience politique sans précédent de par son ampleur et son intensité. Il en résulte que les politiques populistes sont en train de transformer les politiques de pouvoir. La nécessité de répondre à ce phénomène massif pose un dilemme historique à l’Amérique : quel devrait être la définition du rôle global de l’Amérique ? Le défi principal de notre époque n’est pas le terrorisme global mais plutôt les troubles croissants provoqués par le phénomène de prise de conscience politique globale. Cette prise de conscience est massive en termes sociaux et radicale en termes politiques.

    … Il n’est pas exagéré de dire que maintenant au 21eme siècle la population d’une bonne partie des pays en voie de développement est politiquement agitée et dans de nombreux cas en ébullition. C’est une population dotée d’une conscience aiguë des injustices sociales, sans précédent, et souvent irritée contre ce qu’elle perçoit comme un manque de dignité politique. L’accès quasi généralisé à la radio, à la télévision et de plus en plus à l’Internet est en train de créer une communauté qui partage les mêmes analyses et ressentiments qui pourraient être galvanisés et canalisés par des passions politiques ou religieuses démagogiques. Ces énergies transcendent les frontières et représentent un défi à la fois pour les états existants et la hiérarchie globale existante, au sommet de laquelle se trouve encore l’Amérique.

    La jeunesse du Tiers Monde est particulièrement agitée et irritée. De plus, la révolution démographique est une bombe politique à retardement. A l’exception de l’Europe, du Japon et de l’Amérique, le groupe démographique des tranches d’age autour de 25 ans est en rapide expansion et est en train de créer une masse énorme de jeunes impatients. Leurs esprits ont été agités par les sons et les images lointains qui amplifient leur désaffection pour tout ce qui les entoure. L’avant-garde d’une révolution potentielle émergera probablement de ces millions d’étudiants concentrés dans les « troisièmes niveaux » intellectuellement douteuses des systèmes éducatifs des pays en voie de développement. Selon la définition des troisièmes niveaux, il y a actuellement entre 80 et 130 millions d’étudiants « d’université ». Typiquement, ils sont originaires des classes moyennes inférieures et sont enflammés par un sentiment de révolte social et ces millions d’étudiants sont des révolutionnaires en puissance, déjà à moitié mobilisés au sein de larges congrégations, connectés par Internet et prépositionnés pour rejouer à une plus grande échelle les événements qui ont eu lieu il y a quelques années à Mexico City ou sur la place Tienanmen. Leur énergie physique et leurs frustrations émotionnelles n’attentent que l’étincelle d’une cause, d’une croyance ou d’une haine pour exploser. »

    Brzezinski affirme donc que pour affronter ce nouveau défi « global » aux pouvoirs en place, particulièrement les états-nations qui sont incapables de gérer les populations de plus en plus agitées et les exigences populistes, il faut « un renforcement de la coopération supranationale, activement promue par les Etats-Unis. » En d’autres termes, Brzezinski préconise un renforcement et une extension de l’internationalisation, ce qui n’est pas une surprise puisqu’il est l’auteur intellectuel de la Commission Trilatérale. Il explique que « la démocratie en tant que telle n’est pas une solution viable, » et pourrait être renversée par « un populisme radical frustré ». Une réalité globale vraiment nouvelle :

    « Une humanité politiquement éveillée aspire à une dignité politique, que la démocratie peut apporter, mais la dignité politique requiert aussi l’autodétermination ethnique, nationale ou religieuse, et les droits humains et sociaux, le tout dans un monde désormais conscient des inégalités économiques, raciales et ethniques. La recherche de dignité, particulièrement par le biais de l’autodétermination nationale ou la transformation sociale, fait partie de la tentation d’affirmation des déshérités de la planète. »
    Ainsi, écrit Brzezinski, « une réponse efficace ne peut venir que d’une Amérique confiante en elle et réellement engagée dans une solidarité globale. » L’idée est que pour répondre aux revendications provoquées par la globalisation et les structures globales de pouvoir, le monde et les Etats-Unis doivent étendre et institutionnaliser le processus de globalisation, non seulement dans le domaine économique mais aussi dans le domaine social et politique. Le raisonnement est pour le moins tordu, puisqu’il s’agirait, pour réparer les problèmes systémiques, de renforcer les défauts systémiques qui les ont crées. On n’éteint pas un incendie en versant du combustible.

    Brzezinski a même écrit que, « disons dés à présent que la supranationalité ne doit pas être confondue avec le gouvernement mondial. Même si l’idée est bonne, l’humanité n’est pas du tout prête pour un gouvernement mondial, et le peuple Américain sans aucun doute l’est encore moins. » L’Amérique doit plutôt jouer un rôle clé dans la construction d’un système de gouvernance globale, dit Brzezinski, « dans le modelage d’un monde qui est défini moins par la fiction de la souveraineté des nations et plus par la réalité d’une interdépendance en expansion et politiquement régulée. » En d’autres termes, pas de « gouvernement global » mais une « gouvernance globale », qui n’est qu’une astuce rhétorique puisque « gouvernance globale » – et quelque soit la forme sous laquelle elle se présente – n’est en réalité qu’une étape indispensable et une transition nécessaire pour aboutir à un gouvernement global.

    [See : Andrew Gavin Marshall, The Global Political Awakening and the New World Order, Global Research, 24 June 2010]

    Conceptualiser Wikileaks

    Je crois que Wikileaks doit être conceptualisé dans cette réalité géopolitique telle que nous la comprenons aujourd’hui. S’il faut rester prudent devant de tels événements, il faut aussi se rappeler que la vie réserve des surprises – pour tous – et que l’avenir est tout sauf décidé d’avance. Tout peut arriver. Il y a bien sûr une certaine logique derrière les doutes et scepticisme exprimés par les médias alternatifs au sujet de Wikileaks. Mais ils risquent aussi de perdre l’incroyable opportunité que représente Wikileaks, non seulement pour toucher un public plus large avec une information importante, mais de faire mieux que simplement d’informer.

    A ceux qui considèrent Wikileaks comme une conspiration ou un complot, une opération psychologique ou je ne sais quoi, ce qui est déjà arrivé dans le passé, je ferais remarquer qu’il n’y a aucune preuve dans ce sens. Tous ces avis ne sont que le fruit de spéculations. De nombreux pays à travers le monde, particulièrement au Moyen orient et en Asie du Sud, montrent du doigt les pays occidentaux en les accusant de se livrer à une campagne de propagande pour semer la discorde entre états et alliés. L’Iran, la Turquie, le Pakistan et l’Afghanistan l’ont affirmé. Il n’est pas étonnant que la plupart de ces états, surtout l’Iran, fassent partie des cibles de l’impérialisme US. Mais si ces documents parlent abondamment et négativement de l’Iran, du Pakistan, de l’Afghanistan, de la Russie, de la Chine, du Venezuela, etc, il ne faut pas oublier que ce sont des câbles « diplomatiques », et ne représentent que les « opinions et avis » des milieux diplomatiques, un groupe social qui a toujours été étroitement lié et soumis aux élites. En bref, il s’agit de communications rédigées par les envoyés spéciaux de l’Empire et qui en tant que tels sont les représentants impérialistes d’intérêts impérialistes.

    Comme toujours, les objectifs impérialistes sont cachés derrière une rhétorique politique. Puisque ces états sont visés par l’élite impériale des Etats-Unis, ses représentants diplomatiques se concentreront sur ces états et adopteront ses idées et opinions. Combien de gens ont été promus pour avoir exprimé des doutes à l’égard de leurs supérieurs ? De même, les diplomates chercheront des informations qui iront dans le sens des objectifs impériaux des Etats-Unis. Si toute leur information n’est constituée que de rumeurs, de conjectures et de radotages, c’est ce que l’on retrouvera dans les câbles diplomatiques. Et c’est bien ce qui se passe. Ces câbles sont remplis de rumeurs et d’affirmations sans fondements. Naturellement, ce sont ces nations là qui seront ciblées – celles considérées comme significatives pour les intérêts impérialistes – et non Israël ou d’autres nations. C’est pour cela que ces câbles me paraissent authentiques. Elles paraissent bien refléter la réalité du « groupe social diplomatique », et représentent ainsi une source d’étude de l’impérialisme. Wikileaks nous a donné l’occasion de lire les « communications » de la diplomatie impériale. Et c’est cela qui représente une opportunité extraordinaire.

    De plus, en ce qui concerne les nations du Moyen Orient ou d’Asie qui accusent Wikileaks d’être un « complot occidental », nous devons être lucides quant à la réalité géopolitique de cette « prise de conscience globale ». Tous les états sont égoïstes. Partout les élites sont conscientes de sa réalité et de son potentiel et essaient de la freiner ou de la contrôler. Des états souvent présentés comme des cibles de l’impérialisme occidental, tels que l’Iran, peuvent être tentés d’utiliser ce potentiel en leur faveur. Ils peuvent essayer d’influencer la « prise de conscience globale » et les « médias alternatifs » en leur faveur. Mais les médias alternatifs n’ont pas à « choisir leur camp » entre différents élites et pouvoirs globaux.

    (…)

    Wikileaks et les Medias

    Au lieu de dédaigner Wikileaks qui « ne nous apprend rien de nouveau », les médias alternatifs devraient en profiter pour extraire des documents tout ce qui peut renforcer leur argumentaire. (…) Les documents de Wikileaks ne sont une « révélation » que pour ceux qui croyaient aux « illusions » de ce monde : que nous vivons dans des « démocraties » qui promeuvent la « liberté » à travers le monde, etc. Les « révélations » remettent en cause non seulement la vision des Américains sur l’Amérique, mais aussi celle de toutes les populations sur tous les pays. Le fait que les gens se mettent à lire et à découvrir des choses est un changement radical. C’est probablement pour cela que les grands médias en parlent autant (fait qui constitue en lui-même un motif de suspicion de la part des médias alternatifs) : pour contrôler l’interprétation du message. C’est le travail des médias alternatifs et des intellectuels et autres penseurs de remettre en cause ces interprétations par des analyses plus objectives. En réalité, les documents de Wikileaks rendent un plus grand service aux médias alternatifs qu’aux grands médias commerciaux.

    Pourquoi les documents de Wikileaks sont-ils une « révélation » pour certains ? Tout simplement parce que les grands médias ont une solide emprise sur la diffusion et l’interprétation de l’information. Ce sont des « révélations » parce que les gens sont endoctrinés par des mythes. Ce ne sont pas des « révélations » pour les médias alternatifs parce que ça fait des années qu’ils en parlent. Et si ce ne sont pas à proprement parler des « révélations », ce sont par contre des « confirmations » qui offrent la possibilité de faire d’autres analyses. Puisque ces documents confirment nos dires et nous informent mieux, nous pouvons nous appuyer sur eux. (…)

    Nous assistons en ce moment à une offensive majeure de propagande de la part des grands médias qui déforment et manipulent ces fuites pour servir leurs propres intérêts. Les médias alternatifs doivent utiliser Wikileaks à leur propre avantage. Ignorer ces documents ne fera que porter tort à notre cause. Les grands médias l’ont compris, alors nous devons le comprendre aussi. Wikileaks nous offre encore une occasion de dénoncer les grands médias comme une forme de propagande organisée. En « surprenant » autant de gens par des « révélations », les grands médias ont en réalité démontré leurs propres incompétences passées. Pour le moment, les grands médias en profitent. Mais nous sommes toujours dans la « révolution technologique » et il existe encore (pour le moment) une liberté sur Internet. A nous de jouer.

    Comme dit la phrase, « le riche vous vendra la corde pour le pendre s’il pense pouvoir en tirer un profit ». Peut-être que les grands médias ont fait pareil. Aucune autre organisation n’aurait été capable de diffuser autant de matériel aussi rapidement et aussi massivement que les grands médias commerciaux. Si les fuites n’avaient été fournies qu’aux médias alternatifs, l’information n’aurait touché que ceux qui étaient déjà au courant. Et il n’y aurait pas eu de « révélations » et l’effet en aurait été amoindri. Grâce à une diffusion par les grands médias (peu importe leurs désinformations et leur propagande) la dynamique et la signification de l’information a changé. (…)

    Wikileaks est un événement de transformation global. Non seulement en termes de « prise de conscience » pour une « nouvelle » information, mais aussi en termes d’effets sur les structures de pouvoir. Des ambassadeurs démissionnent, des diplomates se révèlent être des menteurs, des clivages apparaissent entre alliés impérialistes occidentaux et de nombreuses carrières et réputations chez l’élite sont en péril. Wikileaks crée le potentiel d’une énorme baisse de l’efficacité de l’impérialisme. Ce qui constitue en soi un objectif louable et admirable. Que ce potentiel existe montre déjà à quel point Wikileaks est utile et combien il pourrait l’être encore. Partout dans le monde, les gens commencent à voir leur dirigeants sans le filtre des « relations publiques ». Dans les grands médias, cette vision est filtrée par leur propagande. C’est pour cela qu’il est important que les médias alternatifs replacent ces documents dans un contexte plus large.

    Par la réaction de plusieurs états et organisations qui ont émis des mandats d’arrêt contre Julian Assange, ou appelé à son assassinat (comme un conseiller du Premier ministre canadien l’a suggéré à la télévision), ces derniers ont montré leur haine de la démocratie, de la transparence et de la liberté d’informer. Leurs réactions sont autant d’arguments pour leur ôter toute légitimité à « gouverner ». Si les politiciens sont censés « protéger et servir », pourquoi cherchent-ils à « punir et éliminer » ceux qui exposent la vérité ? Encore une fois, ceci ne surprendra pas ceux qui connaissent la véritable nature de l’état et le phénomène moderne de militarisation des sociétés et le démantèlement des droits et libertés à travers le monde. Mais cette fois, ça se déroule là sous nos yeux et les gens sont attentifs. Ceci est nouveau.

    (…)

    Un autre point à examiner est le rôle des universités, qui n’est pas « l’éducation » mais « l’endoctrinement » et la production de serviteurs du pouvoir. Par exemple, Columbia University est un des établissements les plus « respectés » et « vénérés » dans le monde, et a produit d’importants membres de l’élite politique (y compris des diplomates). En réaction aux fuites de Wikileaks, l’Université a averti les étudiants qu’ils « mettaient leur carrière en péril s’ils téléchargeaient ces documents », après que le gouvernement ait « interdit aux employés, estimés à plus de 2,5 millions, qui utilisent des ordinateurs au travail, de consulter les documents diffusés par Wikileaks. » L’Université « a envoyé un courrier électronique aux étudiants du département des affaires internationales, un terrain de recrutement pour le ministère des affaires étrangères. » (14) (…) Cette réaction montre le rôle des universités dans notre société, et particulièrement le rôle des universités chargés de former les « managers » du futur.

    Wikileans est une opportunité

    Si Wikileaks est une opération psychologique, alors c’est soit l’opération la plus stupide ou la plus intelligente jamais lancée. Mais une chose est certaine : les systèmes et structures de pouvoir sont en train d’être exposés à un public plus large que jamais. La question pour les médias alternatifs est de savoir qu’en faire.

    Julian Assange a été récemment interviewé par Time Magazine. Il a expliqué au journaliste mal informé de Time Magazine que toutes les organisations qui opèrent dans le secret doivent être dénoncées.

    « Si leur comportement est révélé au public, ils n’ont que deux options : soit se réformer de telle sorte à pouvoir être fiers de leurs actes, et fiers de les montrer au public. Soit resserrer les boulons en interne, en quelque sorte se ’balkaniser’, ce qui aurait pour effet, bien sûr, de les rendre moins efficaces. A mes yeux, c’est une excellente conclusion, parce que les organisations peuvent être soit efficaces, ouvertes et honnêtes, soit elles peuvent être fermées, conspirationnistes et inefficaces. » (15)
    Assange a ensuite expliqué son point de vue sur l’influence et les réactions de Wikileaks, en déclarant que les Chinois :

    « semblent être terrifiés par la liberté d’expression, et si certains pensent que c’est le signe qu’il se passe des choses terribles dans ce pays, moi je pense qu’il y a là un signe d’optimisme, parce que ça signifie que la parole peut encore provoquer des réformes et que la structure du pouvoir chinois est encore par essence politique, par opposition à un pouvoir juridique. Ainsi, le journalisme et l’écrit peuvent encore changer les choses, et c’est pour cela que les autorités chinoises en ont peur. D’un autre côté, aux Etats-Unis, et dans d’autres pays occidentaux aussi, les éléments fondamentaux de la société ont été si fermement encadrés par le biais d’obligations contractuelles que tout changement politique ne semble pas produire de changement économique. En d’autres termes, cela signifie que tout changement politique ne produit aucun changement du tout. (16)
    Dans cette interview, Assange a abordé la question de l’Internet et des médias communautaires :

    « En ce qui concerne la montée des médias communautaires, c’est intéressant. Lorsque nous avons commencé (en 2006), nous pensions que le travail d’analyse serait accompli par les blogueurs et ceux qui écrivaient les articles pour Wikipédia, etc. Et nous pensions que ce serait normal, puisque nous avions beaucoup de contenu, de qualité… Mais le gros du travail – un gros travail d’analyse – c’est nous qui le faisons, avec des journalistes professionnels et des militants des droits de l’homme collaborent avec nous. Le travail n’est pas effectué par la communauté. Mais une fois le gros du travail accompli, une fois qu’une document sort et devient une information, alors nous assistons à une implication de la part de la communauté qui creuse les données et offre d’autres points de vue. Les réseaux sociaux ont donc tendance à jouer un rôle d’amplificateur de notre travail. Et ils nous offrent aussi des sources. (17)
    (…)

    Nous sommes à la veille d’une transformation sociale globale. La question est : qu’allons nous faire ? Allons-nous tenter d’informer et de participer à cette transformation ou allons-nous l’observer, passifs, se faire manipuler et la critiquer tout en assistant à sa chute ? Comme l’a fait remarquer Martin Luther King dans son discours de 1967, Beyond Vietnam (au-delà du Vietnam), il semblerait que l’Amérique se trouve « du mauvais côté d’une révolution mondiale ». Nous avons désormais la possibilité de remédier à cette triste réalité et pas simplement à l’échelle nationale, mais globale.

    Malgré tous les moyens et méthodes déployés par les pouvoirs de ce monde, pour chaque action il y a une réaction. Tandis que les choses empirent peu à peu, comme tout observateur indépendant l’a remarqué, la vie trouve comment créer des moyens et des méthodes pour contrer ces agressions. La globalisation a facilité l’émergence d’une élite globale et de plusieurs institutions et idéologies de pouvoir global mais elle a aussi facilité la globalisation de l’opposition. Tandis que les élites oeuvrent globalement et activement à l’intégration et à l’expansion des structures de pouvoir, elles ont aussi par inadvertance intégré et renforcé l’opposition globale à ces mêmes structures de pouvoir. C’est un grand paradoxe de notre temps, un paradoxe qu’il faut avoir compris parce qu’il ne s’agit pas simplement de l’observer mais d’en tirer une source d’espoir.

    Il ne faut pas sous-estimer l’importance de l’espoir. Il est difficile de trouver de « l’espoir » devant tant d’horreurs dans le monde et devant le constat de notre sentiment d’impuissance. Mais le militantisme et le changement ont besoin d’espoir. De ce point de vue, la campagne électorale d’Obama a été très claire et marquée par les mots « espoir » et « changement », choses que tout le monde voulait et avait besoin. Cela dit, l’ « espoir »et le « changement » d’Obama n’étaient que des opérations de com’ et au final un magnifique exercice de propagande et un terrible coup porté contre le véritable « espoir » et le véritable « changement ». Ce n’est pas pour rien que la campagne d’Obama a remporté les premiers prix attribués par l’industrie de la communication. (18)

    L’espoir est une nécessité mais ne doit pas devenir un faux espoir, comme avec Obama ; un espoir enraciné non dans une « foi aveugle » mais dans une « analyse objective ». Tandis que les choses s’empiraient sur la plupart des fronts de la planète, les médias alternatifs se sont focalisés presque exclusivement sur ces sujets et ils ont ignoré les développements géopolitiques positifs de par le monde, notamment la « prise de conscience politique globale » et le rôle de l’Internet dans le remodelage de la société globale. Si les enjeux sont connus, ils ne sont pas forcément bien compris ou expliqués dans leur contexte plus général ; qu’il s’agit d’un développement positif, qu’il y a de l’espoir. Wikileaks peut renforcer cette idée si nous savons en profiter. Une critique qui n’offre pas d’espoir tombe à plat. Personne ne veut entendre que c’est « sans espoir ». S’il est nécessaire d’examiner tout ce qui ne va pas dans le monde, il est indispensable d’examiner aussi tout ce qui peut donner de l’espoir. C’est comme ça que l’on peut diffuser un message et gagner des partisans. L’Internet est le médium par lequel le message peut être diffusé. Après tout, comme l’a dit un des plus grand théoriciens des médias, Marshall McLuhan, « le médium est le message ».

    Andrew Gavin Marshall est chercher au Centre for Research on Globalization (CRG).

    Source : http://www.globalresearch.ca/index….

    Traduction « ouf !, j’en peux plus » par VD pour le Grand Soir avec très probablement les fautes et coquilles habituelles

    ANNEXE : Sur les révélations et les confirmations : un appel à l’action aux médias alternatifs
    Quelles sont les « révélations » qui pourraient servir pour « conforter » les médias alternatifs ? Par exemple, le rôle de la monarchie en tant qu’acteur économique et politique puissant dans les affaires du monde. Je ne fais pas allusion uniquement aux monarchies qui gouvernent officiellement, comme en Arabie Saoudite, mais plus précisément aux monarchies occidentales et plus précisément encore à la monarchie britannique. Pour ceux qui ont étudié les institutions telles le Groupe de Bildeberg et la Commission Trilatérale, le rôle de la monarchie européenne n’est pas une surprise. Pour la majorité des gens, qui n’ont jamais entendu parler du Groupe de Bilderberg ou de la Commission Trilatérale, ces monarchies sont largement perçues comme des personnages symboliques par opposition aux politiciens. Cette perception est bien sûr naïve, puisque tous les monarques ont toujours joué un rôle politique. (…) Il fut un temps où toute tentative de discussion sur le rôle des monarques dans le monde moderne n’attirait que scepticisme : « mais la Reine n’a pas de pouvoir réel, elle n’est qu’un symbole, » etc. Wikileaks a révélé que c’est faux, et c’est un sujet sur lequel nous devrions nous étendre.

    Par exemple, dans les câbles de Wikileaks, le Prince Andrew, deuxième fils de la Reine Elizabeth, a fait l’objet de nombreuses « révélations ». L’ambassadeur US au Kirghizistan a rédigé un câble sur une réunion à laquelle elle a participé en compagnie de plusieurs hommes d’affaires britanniques et canadiens et le prince Andrew, qui est le représentant spécial aux commerce britannique en Asie centrale et au Moyen-orient. Lors de la réunion, le Prince Andrew s’est lancé dans une tirade contre « ces journalistes… qui mettent leur nez partout, » et s’en est pris « aux enquêteurs anti-corruption britanniques qui ont eu la « stupidité » de pratiquement faire capoter l’accord entre al-Yamama et l’Arabie Saoudite, » particulièrement « en faisant référence à une enquête, qui a été close, sur des présumés retro-commissions perçues par un membre de la famille royale en échange d’un contrat lucratif sur plusieurs années signé avec BAE Systems pour fournir du matériel aux forces de sécurité saoudiennes. » Lorsqu’il s’en est pris aux médias – plus précisément le journal The Guardian – pour avoir gêné la conclusion d’affaires à l’étranger, l’Ambassadeur a noté que les hommes d’affaires présents « ont bruyamment manifesté leur approbation » et « ont pratiquement applaudi. » (19). Encore une fois, voilà une démonstration du mépris des élites pour la véritable démocratie et la liberté.

    Au cours de la même réunion, le Prince Andrew a fait une autre déclaration surprenante et qui, à ce jour, n’a pas été diffusée dans les grands médias. Il a déclaré à l’Ambassadeur des Etats-Unis que « Le Royaume Uni, l’Europe Occidentale (et par extension, vous les Américains aussi) étaient de retour dans le Grand Jeu, » et que « cette fois-ci, nous allons gagner ! ». Plus loin, le Prince Andrew – « Duc de York » – « a ensuite déclaré qu’il était très préoccupé par le retour de la Russie dans la région, » et a fait référence à l’expansion politique et économique des Chinois dans la région comme « probablement inévitable et une menace. » A la sortie de la réunion, un homme d’affaires britannique a dit à l’Ambassadeur US, « Quel merveilleux représentant pour le peuple britannique ! Nous ne pourrions pas être plus fiers de notre famille royale ! » (20) Voilà donc le topo : un riche prince se ballade un peu partout avec de riches hommes d’affaires pour promouvoir leurs intérêts économiques à l’étranger et qui en parle en faisant référence à l’ancienne concurrence pour le contrôle de l’Asie Centrale entre la Grande Bretagne et la Russie appelée « le Grand Jeu ». Et nous osons appeler nos pays des « démocraties » et des exportateurs de « liberté » ?

    En fait, il s’agit d’un comportement typique de la part de la famille royale, comme l’explique l’ancien député Sud-africain qui mène campagne contre la corruption, Andrew Feinstien : « la famille royale a activement soutenu les ventes d’armes de la Grande Bretagne, même lorsqu’il y a eu actes de corruption et des délits, » et « la famille royale a tenté de convaincre l’Afrique du Sud à acheter des avions de combat Hawk à la BAE, malgré le fait que l’armée de l’air ne voulaient pas de ces avions qui coûtaient deux fois et demi le prix de leur avion préféré. En tant que député du parti ANC à l’époque, on m’a dit que 116 millions de dollars de pots de vins avaient été versés à des décideurs et à l’ANC. L’attitude de la famille royale fait partie des raisons pour lesquelles la BAE ne sera jamais traînée en justice en Grande Bretagne pour ses pratiques de corruption. » (21)

    La famille royale britannique est aussi très proche de la monarchie Saoudienne, ce qui est logique, puisque c’est l’Empire britannique (et sa « Couronne ») qui a crée les monarchies arabes et qui leur a donné le pouvoir. Le prince Andrew participait à des parties de chasse avec le Roi de Jordanie et le chef d’Etat Major des Forces Armées des Emirats Arabes Unis. (22) De plus, les câbles révèlent que le Prince Charles est considéré comme une figure diplomatique stratégique en ce qui concerne l’Arabie Saoudite. Les médias britanniques ont titré que la « révélation » était que le prince Charles était moins respecté que la reine Elizabeth, mais la véritable révélation était que le Prince Charles et sa femme « ont aidé à surmonter les « tensions extrêmes » à la suite de l’emprisonnent et la torture par l’Arabie Saoudite de cinq britanniques entre décembre 2001 et août 2003 et les enquêtes officielles pour fraude à l’encontre de British Aerospace en Arabie Saoudite en 2004 ». Comme l’a expliqué un câble diplomatique US, les royaux britanniques « ont aidé à renouer les contacts entre la Grande Bretagne et l’Arabie Saoudite » puisque « la Maison des Saoudes et la Maison de Windsor s’entendent sur la base de leur royauté commune. » En d’autres termes, toutes les deux représentent des pouvoirs dynastiques, non élus, qui n’ont pas de comptes à rendre, et qui doivent donc naturellement coopérer dans « leurs » propres intérêts. Très « démocratique » de leur part. Plus tard, la famille royale saoudienne a organisé une somptueuse fête pour le Prince Charles en Arabie Saoudite avec l’aide d’un homme d’affaires britannique qui n’a pas été nommé. (23)

    Il semblerait que la famille royale britannique devra manœuvrer à nouveau pour « détendre » les relations avec l’Arabie Saoudite depuis que les « révélations » sur ce pays et son monarque dressent le portrait d’un allié de l’occident peu coopératif. En bref, l’Arabie Saoudite et son monarque viennent de subir une des plus grandes catastrophes en termes de relations publiques de l’histoire moderne. Mais le monarque britannique pourrait bien être trop occupé à balayer devant sa propre porte, ou à attendre que les choses se calment, avant de pouvoir réparer les dégâts. De quels dégâts parlons-nous ? Très simple : il s’avère que la famille royale saoudienne, grande amie de la monarchie britannique, est par la même occasion le principal financier des terroristes Sunnites (y compris ce qu’on appelle communément Al Qaeda) à travers le monde.

    Ceci n’est pas une surprise pour ceux qui ont déjà étudié Al Qaeda et la « guerre contre le terrorisme », mais c’est une « révélation » pour la majorité des gens. Alors que les gouvernements occidentaux et les machines de propagande médiatiques ont depuis des années montré du doigt les états « cibles » tels l’Afghanistan, l’Irak, l’Iran et plus récemment le Pakistan et le Yémen, les câbles de Wikileaks « confirment » cette réalité – passée et présente – que ce sont en fait les alliés occidentaux de la région, notamment l’Arabie Saoudite, mais aussi les autres états arabes du golfe (et leurs monarchies) qui sont les principaux financiers et soutiens du terrorisme, et plus particulièrement Al Qaeda. Une note signée par Hillary Clinton a confirmé que l’Arabie Saoudite était perçue comme « la principale source de financement des groupes islamistes tels que les Talibans et Lashkar-e-Taiba,” ainsi qu’Al Qaeda. De plus, trois autres états arabes, le Qatar, le Koweït et les Émirats Arabes Unis figurent parmi les principaux financiers du terrorisme. Selon les termes du Guardian, « les câbles mettent en lumière un aspect souvent ignoré dans les conflits pakistanais et afghans : que la violence est en partie financée par des donateurs riches et conservateurs situés autour de la mer d’Oman. » Alors que le Pakistan est généralement accusé d’aider les Talibans en Afghanistan, c’est en réalité l’Arabie Saoudite et les entreprises basées aux Émirats Arabes Unis qui sont les principaux financiers. Le Koweït, un autre allié des Etats-Unis, est « une source de financement et un point clé de passage » pour Al Qaeda. (24)

    Tandis que le New York Times était tout occupé à déclarer que Wikileaks avait démontré un « consensus » sur l’Iran, avec le Roi Saoudien qui encourageait l’Amérique à attaquer pour « couper la tête du serpent », le journal n’a fait que mentionner au passage comment « les donateurs saoudiens demeurent les principaux financiers de groupes militants sunnites tels Al Qaeda » (25) Pour beaucoup, ce sont là effectivement des « révélations », mais il nous faut remettre ces éléments dans leur contexte. Il ne s’agit pas de dire simplement que l’Arabie Saoudite et les états arabes sont seuls responsables du soutien au terrorisme car ils ne font que jouer le rôle qu’ils ont toujours joué – et les diplomates sont tenus à l’écart de ce sujet comme ils l’ont toujours été.

    Ces faits doivent être replacés dans un contexte historique. En ce qui concerne Al-Qaeda, qui est né lors de la guerre soviétique en Afghanistan avec le soutien des Etats-Unis et d’autres alliés occidentaux, le centre de cette opération se situait dans le « Club Safari », constitué d’un réseau secret de services de renseignement occidentaux (comme la France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis) et de services régionaux (comme l’Arabie Saoudite et le Pakistan) pour financer, entraîner et armer les Moudjahidin et ensuite les Talibans et Al-Qaeda. Le « Club Safari » fut crée en 1976 (avec l’aide du directeur de la CIA à l’époque, George H.W. Bush, un autre ami proche de la famille royale saoudienne) et son objectif était d’échapper au contrôle politique croissant exercé sur les opérations de renseignement aux Etats-Unis par le Congrès US (résultat des enquêtes de la Commission Church sur les opérations de la CIA). Le Club Safari fut donc crée pour permettre des opérations clandestines sans contrôle de la part des politiques. Les diplomates étaient tenus dans l’ignorance de ces opérations et même de l’existence même du réseau. Ce réseau, sous une forme ou une autre, existe encore aujourd’hui, comme je l’ai récemment écrit dans une série d’articles.

    (voir : The Imperial Anatomy of Al-Qaeda. The CIA’s Drug-Running Terrorists and the “Arc of Crisis” ; Empire, Energy and Al-Qaeda : The Anglo-American Terror Network ; 9/11 and America’s Secret Terror Campaign)

    Il y a donc une raison pour laquelle les diplomates se plaignent en privé du financement et du soutien saoudien et arabe à Al Qaeda et que rien ne change : c’est parce que par d’autres voies, le pouvoir impérial US soutient et favorise ce état de fait. La diplomatie est plus ouverte lorsqu’il s’agit d’aborder les ambitions impériales. C’est pour cela que les câbles montrent une attention particulière portée à l’Iran et au Pakistan. Mais les opérations de renseignement sont des moyens plus discrets pour créer et maintenir certains types de relations. Encore une fois, cette information ne doit pas être prise « pour argent comptant », mais placée plutôt dans un contexte géopolitique plus large. Ainsi, cette information n’est pas une « désinformation » ni une « propagande » mais plutôt une « confirmation » et une information supplémentaire.

    Alors que les gouvernements occidentaux et les médias accusent publiquement l’Iran d’ingérence dans les affaires irakiennes, et de soutenir le terrorisme et de déstabiliser le pays, la réalité est que si l’Iran exerce probablement une ingérence en Irak (après tout, ils sont voisins), c’est l’Arabie Saoudite qui est la plus




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  • Karim Merouane
    17 janvier 2011 at 5 h 04 min -

    Suite :

    Alors que les gouvernements occidentaux et les médias accusent publiquement l’Iran d’ingérence dans les affaires irakiennes, et de soutenir le terrorisme et de déstabiliser le pays, la réalité est que si l’Iran exerce probablement une ingérence en Irak (après tout, ils sont voisins), c’est l’Arabie Saoudite qui est la plus grande source de déstabilisation, ceci de la bouche même des dirigeants irakiens. Selon the Guardian, les officiels du gouvernement irakien « considèrent l’Arabie Saoudite, et non l’Iran, comme la plus grande menace à l’intégrité et à la cohésion de leur état démocratique naissant. » Dans un câble rédigé par l’ambassadeur US en Irak, il est expliqué que « l’Irak considère que les relations avec l’Arabie Saoudite sont les plus problématiques eu égard à l’argent de Riyad et son attitude profondément anti-chiite et ses soupçons qu’un Irak dirigé par des Chiites renforcerait inévitablement l’influence régionale de l’Iran. » Plus loin, « les contacts Irakiens affirment que les objectifs de l’Arabie Saoudite (ainsi que ceux de la plupart des autres états arabes sunnites, à différents degrés) est de renforcer l’influence sunnite, affaiblir la domination chiite et promouvoir la formation d’un gouvernement irakien affaibli et divisé. » En bref, cela signifie que l’Arabie Saoudite est en train de faire en Irak ce dont l’Iran est accusé par l’Occident. Alors que l’Iran est intéressé par un gouvernement chiite stable en Irak, l’Arabie Saoudite est plus intéressée par un gouvernement affaibli et divisé, et alimente ainsi le conflit sectaire. Un fait intéressant à noter et qui a été révélé par d’autres câbles est l’éveil d’une conscience dans la jeunesse irakienne qui rejette toute forme d’ingérence étrangère. Les câbles diplomatiques parlent d’une « ’révolution mentale’ en cours dans la jeunesse irakienne contre tout projet politique étranger visant à déstabiliser le pays. » (26)

    Il n’est donc pas surprenant qu’un haut membre de la famille royale saoudienne (en fait l’ancien chef des services de renseignement saoudiens et donc la personne en charge des relations de l’Arabie Saoudite avec les terroristes), le Prince Turki al-Faisal, ait déclaré que la source des fuites diplomatiques devrait être « vigoureusement punie ». Turki, qui a aussi été ambassadeur de l’Arabie Saoudite en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, a dit « la tourmente Wikileaks a souligné que la cyber-sécurité devenait de plus en plus une préoccupation internationale. » (27)

    Dans quels autres domaines peut-on utiliser Wikileaks pour mieux informer et « confirmer » les critiques émises par les médias alternatifs ? Je propose le voisin de l’Arabie Saoudite au sud, le Yémen. Combien d’Américains, ou même de non-américains, savent que les Etats-Unis mènent une guerre au Yémen, juste en face d’un autre pays où les Etats-Unis mènent encore une autre guerre, la Somalie (depuis 2006/2007) ? (…) L’Arabie Saoudite est entrée dans le conflit en août 2009 en bombardant des sites rebelles dans le nord le long de la frontière saoudienne parce que les élites saoudiennes craignent un débordement des révoltes.

    Les Etats-Unis sont entrés dans le conflit en augmentant le financement et l’aide militaire au Yémen (en réalité, en subventionnant son armée, comme ils le font pour l’Arabie Saoudite, l’Egypte, la Jordanie, Israël et tous les états arabes, ainsi que pour des dizaines d’états à travers le monde), et fournissent aussi une formation et assistance aux forces spéciales, sans parler des frappes par missiles sur le Yémen contre les « camps d’entraînement d’Al Qaeda » où les services de renseignement US prétendent avoir tué 60 « militants ». En réalité, 52 innocents ont été tués, dont plus de la moitié étaient des femmes et des enfants. A l’époque, le Yémen et les Etats-Unis ont tous deux affirmé qu’il s’agissait d’un camp d’entraînement d’Al-Qaeda et que les missiles de croisière avaient été tirés par le gouvernement yéménite, bien qu’une telle arme ne fasse pas partie de son arsenal (contrairement aux navires de la marine US qui patrouillent au large). La frappe fut exécutée par les Etats-Unis « sous les ordres directs du président ».

    Plusieurs jours plus tard, il y a eu une étrange « tentative d’attentat terroriste » par un jeune Nigérian qui fut arrêté alors qu’il tentait de faire exploser une bombe cachée dans ses sous-vêtements (et qui avait été aidé à monter dans l’avion par un mystérieux indien en costume qui a prétendu être un diplomate, selon les témoins). Le jeune homme a été aussitôt associé à « Al-Qaeda de la Péninsule Arabique » (une organisation qui avait vu le jour peu avant après qu’un ancien détenu de Guantanamo ait été envoyé en Arabie Saoudite d’où il s’est « évadé » vers le Yémen pour créer cette nouvelle branche d’Al-Qaeda). Les Etats-Unis tenaient leur justification pour renforcer brutalement leur aide militaire au Yémen, aide qui a doublé en passant de 67 millions de dollars à 150 millions, accompagnée d’une augmentation des formations aux forces spéciales et des activités de la CIA ainsi que des discussions pour lancer des drones et des missiles pour tuer des innocents.

    Au mois de septembre dernier, le gouvernement du Yémen a lancé un « siège » contre une ville du sud alors que le haut officiel de l’antiterrorisme de l’administration Obama, John Brennan, se trouvait au Yémen pour des « entretiens » avec le Président Saleh. La ville fut déclarée « sanctuaire d’Al-Qaeda » mais elle occupe aussi une position stratégique – juste au sud d’un nouveau gazoduc. La ville se trouve être aussi le foyer de nombreux dirigeants du mouvement sécessionniste. Le gouvernement du Yémen a « interdit l’accès » au siège, qui a duré plusieurs jours, à tout journaliste ou observateur indépendant. Cependant, selon les témoins qui ont réussi s’échapper de la ville et du « siège », les militants islamistes de la ville collaboraient avec le gouvernement contre le mouvement rebelle. Selon un journaliste de NPR, « cette affaire n’a pas grand chose à voir avec Al-Qaeda mais plutôt avec le mouvement sécessionniste. » [voir : Andrew Gavin Marshall, “Yemen : The Covert Apparatus of the American Empire,” Global Research, 5 October 2010]

    Les « révélations » de Wikileaks nous informent un peu plus et confirment l’essentiel de cette analyse. En ce qui concerne la frappe par missile, qui a tué des femmes et des enfants innocents, et qui fut exécutée sous les ordres directs d’Obama, les câbles révèlent que le Président yéménite Saleh avait « secrètement offert aux forces US un accès illimité à son territoire pour mener des frappes unilatérales contre des cibles terroristes d’Al-Qaeda. » Comme Saleh l’a dit à John Brennan au mois de Septembre de 2009, « je vous ai donné carte blanche en matière de terrorisme. Alors je ne suis pas responsable. » En ce qui concerne la frappe du 21 décembre qui a tué des civils innocents, un câble explique « le Yémen a insisté qu’il fallait maintenir le statu de la version officielle qui nie toute implication des Etats-Unis. Saleh voulait que les opérations se poursuivent « non-stop jusqu’à l’éradication de la maladie » » et quelques jours plus tard, lors d’une réunion avec le chef Commandement Central US, le général David Patraeus, « Saleh a avoué avoir menti à sa population sur les frappes. » Il a dit au général, « Nous continuerons d’affirmer que les bombes étaient les nôtres, pas les vôtres. » (28)

    En ce qui concerne le Pakistan, il faut rester très prudent devant les « opinions » exprimées par les câbles, puisque ce pays est désormais la cible d’une escalade en vertu de la « guerre contre le terrorisme ». Voici quelques éléments qu’il faut garder à l’esprit : historiquement, les services secrets pakistanais, l’ISI, ont financé, armé et entraîné les Talibans, mais toujours avec l’aide et le soutien des Etats-Unis. Il faut donc examiner la situation présente dans son contexte historique. Wikileaks a révélé (comme mentionné précédemment) que les états arabes du golfe finançaient les Talibans. Donc, dire que les Talibans sont financés uniquement par le Pakistan est faux. Est-il possible que le Pakistan collabore encore avec les Taliban ? Bien sûr que oui. Le Pakistan l’a fait à travers ses services secrets et toujours avec le soutien des Etats-Unis (principalement à travers la CIA). L’ISI reçoit encore la majorité de son financement externe de la CIA (29). Le financement de l’ISI par la CIA, qui date de la fin des années 70, a été nettement augmenté après les attentats du 11/9, attentats que l’ISI a financé. (30) Ainsi, la CIA a récompensé les financiers des attentats du 11/9 par une augmentation de leur financement.

    Rejeter des informations qui ne cadrent pas avec vos idées préconçues vous empêche d’évoluer et d’affiner votre analyse. Ceci ne devrait jamais être le cas, quel que soit le sujet abordé. C’est pourtant une réaction courante, aussi bien chez les officiels que chez les critiques. Dans le cas du Pakistan, il faut comprendre que ce pays a toujours été un allié fidèle des Etats-Unis dans la région, en soutenant tous les gouvernements mis en place, tous les coups d’état. Mais les ambitions géopolitiques des Etats-Unis ont changé depuis. Le Pakistan se rapproche de la Chine qui a construit un grand port maritime au Pakistan offrant ainsi un accès de la Chine à l’Océan Indien. Ceci est perçu comme une menace par l’Inde et plus généralement par les Etats-Unis qui cherchent à limiter l’influence croissante de la Chine (tout en déployant des efforts pour tenter d’intégrer la Chine, notamment sur le plan économique). L’Inde et le Pakistan sont des ennemis héréditaires et se sont livrés plusieurs guerres. L’Inde et les Etats-Unis sont liés par une alliance stratégique, et les Etats-Unis ont aidé l’Inde pour son programme nucléaire, au grand dam du Pakistan, qui s’est rapproché de la Chine. Le Pakistan occupe une position hautement stratégique, avec des frontières avec l’Afghanistan, la Chine, l’Inde et l’Iran.

    La politique US a changé vis-à-vis du Pakistan et elle vise désormais à y maintenir un gouvernement civil faible et soumis aux intérêts des Etats-Unis tout en étendant ses guerres à l’intérieur du pays. La situation créée est une véritable poudrière avec un risque de déstabilisation et de fragmentation qui pourrait dégénérer en guerre civile. Les Etats-Unis semblent entreprendre au Pakistan une politique similaire à celle employée contre la Yougoslavie dans les années 90. Avec toutefois une différence majeure : le Pakistan a une population de 170 millions d’habitants et possède l’arme nucléaire. En déstabilisant le Pakistan, les Etats-Unis augmentent le risque d’un conflit nucléaire entre le Pakistan et l’Inde et une déstabilisation des pays voisins. La mise à l’écart de l’armée Pakistanaise du pouvoir officiel (pour pouvoir dire qu’il ne s’agit pas d’une dictature militaire) a été voulue et concoctée par les Etats-Unis pour obtenir un gouvernement civil totalement dépendant et pour isoler une armée pakistanaise de plus en irritée et contrariée.

    Comme l’ont révélé les câbles de Wikileaks, le Général Kayani, chef de l’armée pakistanaise, a menacé de renverser le gouvernement pakistanais par un coup d’état en mars 2009, et il en a discuté avec l’ambassadeur des Etats-Unis au Pakistan, Anne Patterson. Les câbles révèlent que le chef de l’armée pakistanaise n’appréciait guère le gouvernement civil mais appréciait encore moins l’opposition qui organisait des manifestations de rue. (13) Ceci révèle la nature profonde des relations entre les Etats-Unis et l’armée pakistanaise. Les Etats-Unis n’ont pas donné le feu vert parce qu’ils préfèrent un gouvernement civil faible et qu’une dictature militaire n’est pas dans leurs intérêts, ni dans ceux de l’Inde. Il n’y a donc pas eu de coup d’état. Wikileaks peut donc servir à mieux analyser la situation au Pakistan. Depuis de nombreuses années, à travers le monde, beaucoup de gens parlent d’une volonté de déstabiliser le Pakistan, mais les documents de Wikileaks permettent une autre analyse de la situation. (…)

    Les exemples fournis par les câbles de Wikileaks sont innombrables et ils nous apportent de nouvelles informations que les médias alternatifs peuvent diffuser et analyser. Je n’ai fait qu’en aborder quelques uns. Ne vous y trompez pas, Wikileaks représente une occasion pour faire avancer la vérité, et non une diversion. Traitez le donc en conséquence.

    Notes
    [1] David E. Sanger, James Glanz and Jo Becker, Around the World, Distress Over Iran, The New York Times, 28 November 2010 : http://www.nytimes.com/2010/11/29/w

    [2] Fox, Leaked Documents Show Middle East Consensus on Threat Posed by Iran, Fox News, 29 November 2010 : http://www.foxnews.com/politics/201

    [3] Ross Colvin, « Cut off head of snake » Saudis told U.S. on Iran, Reuters, 29 November 2010 : http://www.reuters.com/article/idUS

    [4] FT reporters, Iran accuses US over WikiLeaks, The Financial Times, 29 November 2010 : http://www.ft.com/cms/s/0/940105fc-

    [5] Barak Ravid, Netanyahu : Israel will not stand at center of new WikiLeaks report, Ha’aretz, 28 November 2010 : http://www.haaretz.com/news/diploma

    [6] Jerrold Kessel and Pierre Klochendler, Unexpectedly, Israel Welcomes WikiLeaks Revelations, IPS News, 1 December 2010 : http://ipsnews.net/news.asp?idnews=53731

    [7] JPOST.COM STAFF, Barak : ’Wikileaks incident has not damaged Israel’, Jerusalem Post, 30 November 2010 : http://www.jpost.com/DiplomacyAndPo

    [8] Haaretz Service, Senior Turkey official says Israel behind WikiLeaks release, Ha’aretz, 2 December 2010 : http://www.haaretz.com/news/diploma

    [9] Craig Murray, Extraordinary Rendition, CraigMurray.org, 11 July 2005 : http://www.craigmurray.org.uk/archi

    [10] Nick Paton Walsh, The envoy who said too much, The Guardian, 15 July 2004 : http://www.guardian.co.uk/politics/

    [11] Craig Murray, Raise A Glass to Wikileaks, CraigMurray.org, 29 November 2010 : http://www.craigmurray.org.uk/archi

    [12] Ibid.

    [13] Ibid.

    [14] Ewen MacAskill, Columbia students told job prospects harmed if they access WikiLeaks cables, The Guardian, 5 December 2010 : http://www.guardian.co.uk/media/201

    [15] RICHARD STENGEL, Transcript : TIME Interview with WikiLeaks’ Julian Assange, Time Magazine, 30 November 2010 : http://news.yahoo.com/s/time/201012

    [16] Ibid.

    [17] Ibid.

    [18] Matthew Creamer, Obama Wins ! … Ad Age’s Marketer of the Year, AdAge, 17 October 2008 : http://adage.com/moy2008/article?ar… ; Mark Sweney, Barack Obama campaign claims two top prizes at Cannes Lion ad awards, The Guardian, 29 June 2009 : http://www.guardian.co.uk/media/200

    [19] David Leigh, Heather Brooke and Rob Evans, WikiLeaks cables : ’Rude’ Prince Andrew shocks US ambassador, The Guardian, 29 November 2010 : http://www.guardian.co.uk/uk/2010/n

    [20] US embassy cables : Prince Andrew rails against France, the SFO and the Guardian, The Guardian, 29 November 2010 : http://www.guardian.co.uk/world/us-

    [21] Rob Evans and David Leigh, WikiLeaks cables : Prince Andrew demanded special BAE briefing, The Guardian, 30 November 2010 : http://www.guardian.co.uk/uk/2010/n

    [22] US embassy cables : Prince Andrew hunts with Arab leaders, The Guardian, 29 November 2010 : http://www.guardian.co.uk/world/us-

    [23] Robert Booth, Wikileaks cable : Prince Charles ’not respected like Queen’, The Guardian, 29 November 2010 : http://www.guardian.co.uk/uk/2010/n

    [24] Declan Walsh, WikiLeaks cables portray Saudi Arabia as a cash machine for terrorists, The Guardian, 5 December 2010 : http://www.guardian.co.uk/world/201

    [25] SCOTT SHANE and ANDREW W. LEHREN, Leaked Cables Offer Raw Look at U.S. Diplomacy, The New York Times, 28 November 2010 : http://www.nytimes.com/2010/11/29/w

    [26] Simon Tisdall, WikiLeaks cables : Saudi Arabia rated a bigger threat to Iraqi stability than Iran, The Guardian, 5 December 2010 : http://www.guardian.co.uk/world/201

    [27] William Maclean, Saudi royal : Punish WikiLeaks source « vigorously », Reuters, 5 December 2010 : http://www.reuters.com/article/idUS

    [28] Robert Booth and Ian Black, WikiLeaks cables : Yemen offered US ’open door’ to attack al-Qaida on its soil, The Guardian, 3 December 2010 : http://www.guardian.co.uk/world/201

    [29] Greg Miller, CIA pays for support in Pakistan, Los Angeles Times, 15 November 2009 : http://articles.latimes.com/2009/no

    [30] Andrew Gavin Marshall, 9/11 and America’s Secret Terror Campaign, Global Research, 10 September 2010 : http://www.globalresearch.ca/index….

    [31] David Batty and Declan Walsh, Pakistan army reacts to WikiLeaks cables with democracy pledge, The Guardian, 4 December 2010 : http://www.guardian.co.uk/world/201

    URL de cet article 12480
    http://www.legrandsoir.info/Wikileaks-et-la-Guerre-Mondiale-de-l-Information.html




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  • Mourad Belaidi
    17 janvier 2011 at 5 h 22 min -

    Pourquoi l’Algérie est loin d’être la Tunisie et encore plus le Maroc.

    Avec la chute de Ben Ali et je dis bien de Ben Ali mais pas du régime qui s’est construit autour de lui et par lequel il a pu tenir 23 ans et aussi sans aller dans les détailles, on peut faire une corrélation avec Boumediene. Ce dernier avait réunit toute la pègre d’après la révolution autour de son régime qui ont eu raison de lui quand il a voulu voler de ses propre ailes. Bien sûr, il faut le souligner, avec l’aide du «cabinet noir» français et comme premier agent Laarbi Belkheir Cela dit, essayons tout d’abord de voir et de prévoir l’avenir des événements en Tunisie. Mise à part cette tentative du premier ministre d’usurper la constitution en se proclamant président par intérim, on voit et on assiste à une déstabilisation et une orientation vers la violence et le chaos en Tunisie. Le régime et sa clientèle sont là et ne peuvent lâcher prise comme bonjour et au revoir. Ils ont les moyens, les réflexes et surtout connaissent les rouages. Ils sont comme «des bêtes traqués » pour reprendre Mancef Marzouk opposant tunisien, qui a appelé et distillé le discours de la non vengeance en prêchant la paix et le pardon entre tout les tunisiens. Il n’est pas dupe et sait de quoi il est question. On voit après le départ de ben Ali plus de violence et d’armes, sur les pages web et des médias, en provenance de la Tunisie que pendent le mois de protestation. Le régime est là, fort par ses relais, leurs richesses, privilèges mal acquis pour la plupart d’entre eux mais aussi par la connaissance du terrain.
    Les faits sont les faits et c’est réel et si il ya un forcing, le régime et sa clientèle vont mettre le feu en Tunisie. Les plus fins politiquement vont conseiller de trouver une issue en composant avec le régime s’ils veulent éviter le chaos en Tunisie. Pour ces tunisiens mécaniquement actifs et mouillés dans le système du régime, mise à part la famille du président et les membres de sa belle famille qui seront à l’abri du besoin pour plusieurs générations, c’est une question de vie ou de mort. Tous les médias rapportent les divisions des sévices entre les éléments de l’armée, les gardes de la sécurité présidentielles et aussi les services de police alliés et accusés d’être à la sole du régime. Toutes les télévisions du monde mettent l`accent sur les pillages. Tout est cacophonie. Je vais arrêter là pour ce qui est de la Tunisie. Mais revenant à nos moutons. ALGÉRIE !!! On parle d’effet dominos et les médias surtout parlent d’Algérie, d’Égypte. Je ne peux me prononcer sur l’Égypte car je n’ai pas de connaissance tangible sur les mécanismes régissant ce système. Je peux juste dire que Moubarak , contrairement à ce que pensent les l influencés par les medias et les dires correctement intellectuels , n’est pas mettre de ses faits et de ses décisions sans composer avec ses zbirs de son système. C’est un conseil d’administration démocratiquement mafieux.
    Comme relevé plus haut Boumediene parti et Chadli en place en 1979, a été dans la logique de la l’illégitimité révolutionnaire et placé subtilement par l’héritière armée coloniale donc un élément de la mutante ALN . Le peuple, nos aieux intellectuellement analphabètes l’ont accepté. ! En 1988 , cet insurrection populaire faite , pas par nos parent de 7 ans, baracate , en premier lieu , par le vent mondial de la chute des dictateurs venue des pays de l’est avec la l’éclatement de l’URSS . Elle a été relayée par la nouvelle génération post indépendance qui a eu accès à l’enseignement dans le berceau des écoles et des programmes laissés par le colonisateur. Ces derniers ont formés, entre autres, des Tahar Djaout Donc , par concession forcée , il a y a eu création de partis politiques, presse indépendantes, et aussi aide et financement des partis islamiste comme l’a fait les USA en Afganistana pour contrer les soviétiques ou du moins je dirais dans cette logique. À forte raison créer, comme chef, de beaux parleurs populistes qui ont le niveau de simple instituteur à vocation de gérer l’État Algérien. Victoire des islamistes, rupture de processus électorale, coup d’état contre le président Chadli, une des plus vicieuses des guerres civiles ( Plus de 200.00 morts) . Le rappeler encore mort s, disparitions, exactions de civils et de règlements de comptes mais le régime ou ce qui en reste est encore là en Algérie. Les gens parlent du DRS et de Toufik. Je suis tout à fait d’accord avec eux. Ils sont aussi à l’origine de l’arrêt du processus électoral de 1991. Qui est ce Toufik ? Personne ne peut en donner des informations sur sa famille ou son parcours. Juste qu’l est le cœur et faiseur de tout en Algérie. La plus grande contradiction que je peux personnellement exhiber en face de tous ceux qui avancent des thèses sur le DRS en disant que ce service est le pouvoir contrôleur est : Qu’ils expliquent comment Bouteflika a fait voté un referendum pour laver tous les militaires de tous les dépassements et des massacres commis? Comment vous dites en ses jours alors que le président est en conflit avec eux. On peut alors suggérer une thèse et reprendre une partie d’un écrit que j’ai déjà fait à l’époque en 2004 :
    «Imaginez un pays, notre pays, dans les moments où des attentas à répétitions se commettaient au sein de vos portes au cœur d’Alger. Presque tous les cites économiques ont été ciblés et détruits. Des populations innocentes massacrées par clans interposés et toutes les conséquences que ça a engendrées. Algérie a frôlé ‘’l’auto – potence. ‘’ Le président Zéroual a été élus pour la circonstance quand Boutaflika a ‘’refusé’’ l’appel des intellectuelles de l’armée. Cette dernière et ses cadres qui ont émergé ont sauvé l’Algérie des fautes des aventuristes qui ne voient pas plus loin que le bout de leurs nez.
    Ils ont consentis, pour une raison ou une autre, à la nomination de Bouteflaika. Aujourd’hui il veut voler avec ses propres ailes. Il a trahit le contrat ou le compromis qui était de sauver l’Algérie. Il a prix goût au pouvoir et se croit, par mégalomanie, plus intelligent et plus patriote que ceux qu’ils l’ont recruté.»
    Alors à ce moment, on pourrait expliquer tout ce revirement de situation et ses thèses appelée par tous : La lute des clans. Donc on se retrouve avec un président dans la continuation du système Chadli plus islamisé et plus conservateur contre les putschistes dits laïcs progressistes. Mais tous bien installés et aussi puissants et riches. Les uns qui s’appuient sur les lobbies français et les autres sur les américains et entre les deux des milliers de clientèles et de familles arrivistes avec des richesses mal acquises et aussi plus de 150 milliards de dollars de réserves. C’est trop complexe comme situation non ?

    Comment voulez vous avoir une révolution populaire comme en Tunisie ? De qui par qui et pour qui ? Notre révolution est en cour je crois et elle est tranquille. Nous avons des signes très révélateurs. Les dernières manifestations contres la hausse des prix nous a révélé effectivement qu’il ya une lutte entre une Algérie qui avance et la mafia clientèle autour des barons du FLN et du cercle auto-constitué autour de clan présidentiel. Ce dernier ne pouvait s’en passer d’eux pour des raisons, entre autre, de se maintenir sur le COURSI et je dirais même qu’ils l’ont poussé à y rester de par sa sénilité et la facilité de sa manipulation à leur profits. Ils sont prêts à tout pour maintenir leurs privilèges quitte à mettre à sang et à feu le pays. Ils sont plus que capables. J’ ai lu la semaine dernière un entretien sur les barrons de l’informel sur le quotidien El Watan . Ile est très révélateur et vaut plus que des milliers d’ analyses politiques sur l’ampleur de la mafia autour tu système présidentiel en Algérie. Je conseille fortement aux citoyens de le lire.
    Pour finir, Je vais étonner plus d’un en vous disant que le RCD, avec son appel à la marche cette semaine , veut juste noyer le poisson et casser l’effet dominos comme il est dit , car il est dans la logique de la révolution tranquille et non fataliste. D’un autre coté, les revendications pour la dissolution de toutes les instances élues est un pas en avant pour la tranquille mutation démocratique, .même si le mot tranquille n’est pas approprié si on prend en compte plus de 200.000 morts en dix ans.
    On n’est des systèmes Tunisiens et encore plus du Marocain
    M.B




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  • MOHAMEDI
    17 janvier 2011 at 8 h 57 min -

    dans tous les cas de figure, en ce qui concerne l’Algérie, il y a une prise de conscience.Je discute sans cesse avec les citoyens de tout bord …Personne n’a osé approuver le pouvoir.




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  • lemdigoutia
    17 janvier 2011 at 9 h 21 min -

    Ce dont on a peur DB c’est le retour des bombes et des kamikazes, l’instrumentalisation des islamistes pour dire à l’occident:Voyez si vous nous aideriez pas les talibans prendront le pouvoir! Soltani el mounafik commence son agitation. Rédha le diable l’éradicateur,Ghozali le chouchou des bidasses, Louiza machi hanoune lemtournia et la liste est longue.Ils nous prennent vraiment pour des C.. ou des naifs!
    yaw fakou.J’en suis sûre que le palais d’el-mouradia ne désemplis pas en ce moment de conseillers locaux et internationaux pour donner des recettes chaytania pour sauver la ripou-blique.
    Seul le peuple décidera Ou il veut la LIBERTE ou l’ESCLAVAGE , les tunisiens on dit leur mot, et nous ?




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  • Sami
    17 janvier 2011 at 9 h 29 min -

    Les vrais défis n’ont pas commencé encore en Tunisie, apparemment !! Mais quand j ai confiance dans la classe politique et encore plus dans le peuple Tunisien pour des raisons differents mais principalement pour troix chose, mais il y’a des choses qui ne sont pas moins importantes:
    1- L’information disponible sur les chaines satéllitaires et l’internet!
    2- Le passé et l’historique noir des régimes avant , surtout ce Benali !!
    3- L’experience douloureuse et sanguinaire de l’algerie!!
    Donc, c est pour toutes ces raisons, je suis un peu optimiste. Mais par contre, l’accouchement est très difficile et est loin d’être achevé, et les enjeux viennent de commencer. C est pour cela je leur lance un appel pour être vigilant en ce qui concerne les interventions des regimes totalitaires du Maghreb qui ont bcp d’intérêt que l’expérience tunisienne échoue, surtout le régime algérien et le régime libyen !! Les occidentaux aussi ont plus d’intérêt que cette expérience démocratique soit interrompue , et on a deja commencé a voir des signes d’un avortement forcé chez les tunisiens!!
    Donc Nous tous , les peuples, les gens , algereins marroccain, on doit aider le peuple tunisien a s’en sortir vaincqueur, parceque ca va nous donner l’espoire, donc cette revolt tunisienne est la notre tous, et on doit contribuer qu’elle soit une ressite et qu’elle va fonder un regime democrate, ou tous les tendances et mouvances politiques et citoyennes soit representees !!
    Personnellement je suis inquiet , mais Nchallah ce sera une reussite




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  • Si Salah
    17 janvier 2011 at 10 h 07 min -

    Avec Said qui va se plaindre de corruption et de dictature à….Toufik (merci Wikileaks), la manif du RCD va certainment destabiliser le pouvoir policier, ca oui!

    Si Salah




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  • D B
    17 janvier 2011 at 11 h 42 min -

    Personnellement, je crois que ce chaque algérien qui aspire au changement devrait faire, c’est commencer à s’organiser au niveau de son quartier, de son lieu de travail, et même en exil. Il faut que nous nous organisions, que nous nous imprégnions de l’idée que la Révolution est imminente, et que nous devons être prêts à la mener de façon massive et responsable. Chacun de nous doit se dévouer pour passer la consigne à tout son entourage, et si possible, en la relayant par tous moyens disponibles, notamment ceux que Internet nous permet.
    Pour qu’il n’y ait pas de confusion, ce que ne manqueront pas de provoquer le régime et ses relais, il faut juste demander à tous les Algériens de se tenir prêts ! La Révolution est imminente !




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  • iris samy
    17 janvier 2011 at 13 h 17 min -

    Dispositif antiémeute dans les rues d’Alger: La capitale sous haute surveillance Lorsque la rue gronde, les pouvoirs tremblent. La révolution tunisienne, qui a fini par faire fuir le premier bourreau de Carthage, fait craindre aux voisins un effet de contagion. Les rues d’Alger sont quadrillées depuis vendredi dernier par un important dispositif sécuritaire. La crainte de voir la rue algérienne, qui semble envier la révolte tunisienne, se «rebeller», a fait sortir un nombre important de camions de casques bleus.

    Les dizaines de ces derniers sont postés en différents lieux sensibles de la capitale. Sur la place du 1er Mai, plus précisément devant le siège de la centrale syndicale, un nombre important de camions des brigades antiémeute attendent un éventuel mouvement de rue. Aux Trois-Horloges, à Bab El Oued, et non loin du commissariat du 5e arrondissement, le même dispositif a été mis en place avec, en tête de peloton, le fameux blindé antiémeute appelé «moustache». Devant le siège de la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN), la même exhibition de force est constatée. Le palais d’El Mouradia, siège de la présidence de la République, demeure sous l’œil vigilant d’un ensemble de véhicules policiers dirigés par des officiers.

    Pourtant, aucun appel à une marche ou un à rassemblement n’a été fait. Une réaction, à n’en point douter, liée à la situation en Tunisie. La crainte de voir la rue algéroise bouger est patente et cette exhibition des unités antiémeute le prouve. Outre le déploiement de ces forces, il était difficile pour les Algérois, hier, de communiquer par SMS. Le réseau téléphonique a été perturbé avec l’impossibilité d’envoi de texto et ce, via les différents opérateurs téléphoniques, en particulier Mobilis. Le réseau social facebook subit aussi des perturbations. A noter, par ailleurs, que sur le plan des activités sportives, la trêve footballistique a été inhabituellement avancée, ce qui dénote de la crainte que tout rassemblement populaire ne se transforme en manifestation et qu’il y ait effet d’entraînement pour devenir un espace de revendication et donc de révolte. Les activités culturelles ont, elles aussi, été suspendues jusqu’à nouvel ordre. C’est dire ô combien le séisme tunisien fait craindre, de ce côté de la frontière, des répliques pouvant avoir des conséquences importantes. La volonté populaire est un fleuve au cours indétournable.




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  • Adel
    17 janvier 2011 at 13 h 24 min -

    A la lumière de l’expérience de nos frères Tunisiens, il apparaît que la période de l’après-révolution est aussi importante que la révolution elle-même. Il faut imaginer tous les scénarios possibles et s’y préparer.

    Les étapes et mécanismes qui mèneront à l’État de droit doivent être clairement identifiés et décortiqués. L’Assemblée Constituante est un passage obligatoire, étant donné que la présente Constitution a été confectionnée sur-mesure par le pouvoir despotique. Cette Assemblée sera-t-elle élue? Comment? Y-aura-il un gouvernement de transition? Qui le désignera? Comment se débarrasser des restes de la dictature? A la différence de la Tunisie, le pouvoir algérien n’a pas une seule tête. Après la mort de Boumédiène, il n’y a plus un seul dictateur qui détient tous les pouvoirs. Les vrais décideurs – les généraux – sont dans l’ombre.

    Toutes ces questions doivent être discutées afin d’aboutir à une vision claire de l’après-révolution.




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  • guerriere de la lumière
    17 janvier 2011 at 13 h 49 min -

    jUSTE POUR PARTAGER AVEC VOUS CETTE LETTRE QU’UN TUNISIEN A ECRIT POUR SON FRERE MARTYRE « BOUAZIZI »
    QUE J’AI TROUVE DANS LE SITE « nawaat.org » de Tunisie.

    LETTRE A BOUAZIZI
    « Je fais partie de ces lâches qui ne sont pas descendus dans la rue, qui n’ont pas réellement réagi face à la crise vécue au sud, sans doute parce que je fais partie de cette catégorie de gens qui ne se sentent concernés que quand ça les touche de plein fouet. Je n’ai pas non plus répondu présent à la grande manifestation sans doute parce que j’ai longtemps été convaincu que devant l’impunité dont jouissait notre ex président dictateur, le nombre de mort ne l’arrêtera pas et il continuera jusqu’à ce que la crise s’arrête. Mais c’était sans compter sur un élément auquel j’ai toujours du mal à croire et sans lequel sans doute le pays ne se serait jamais libéré, à savoir la conscience présente de nos militaires que je salut réellement.

    La liberté de la Tunisie on la doit à mes yeux à Bouazizi, que beaucoup ont traité de suicidaire, un grand sage même du Caire a fait une prière pour que son suicide lui soit pardonné parce qu’il a libéré tout un peuple oppressé, mais a mes yeux Bouaziz ne s’est pas suicidé, dire qu’il l’a fait, c’est ne rien comprendre au courage de ce personnage, de ce mythe qui mériterait à lui seul une statue, qui mériterait que son nom soit donné à plusieurs rue afin que toutes les générations prochaines puissent à tout jamais se rappeler a qui ils doivent leur liberté.

    Bouzizi s’est immolé devant la foule, en public, il aurait réellement voulu se suicider, il se serait jeté devant un train ou accroché à un poteau électrique, deux façons de mourir quasi instantanément, mais il a décidé de se brûler ! choisir la méthode la plus cruelle qui soit pas a 100% sur de lui donner la mort, prouve a quel point le jeune homme souffrait, car il était bien conscient qu’il pouvait échapper à la mort et vivre avec des brûlures toute la vie. Des brulures qui peuvent briser ses rêves et ses ambitions à tout jamais. J’ai du mal à imaginer la souffrance et le désespoir que peuvent conduire une personne à s’immoler, se retrouver devant un mur infranchissable parce qu’on vendra jamais notre âme au diable, le mur de la corruption, le mur que seul ce qui ont vendu leur âme au diable et qui n’ont aucun mal à tourner leur veste le lendemain ont l’habitude d’escalader tous les jours.

    Bouaziz en choisissant de le faire en public ce n’était pas un hasard. C’était par désespoir qui voulait interpeller le peuple, le désespoir guidé quand même par une lueur d’espoir. il l’a fait en public parce qu’il voulait qu’on le voit qu’on le sauve, il voulait changer les choses, il voulait pas mourir, il a fini par succomber à ses blessures, nuances. Ce brave, ce soldat de la liberté, ce soldat de la vertu, ce soldat continuait d’y croire malgré que tout autour de lui n’était que corruption et injustice.

    Bouaziz je m’adresse a toi en espérant que quelque part tu me vois, de la haut, dis-moi, je suis sûr qu’au fond de toi tu t’attendais pas à ce que ton cri de désespoir soit derrière tout cela, t’y as pas cru car hélas ce régime dictateur a réussis à faire élever en chacun de nous cette forme de désespoir du lendemain. On se réveille sans trop savoir pourquoi en sachant que la corruption est partout, que la liberté n’existe pas, et qu’il n’y a pas réellement de véritable raison de vivre dans un monde où on n’est pas libre. Mais on continue de faire semblant que la vie continue. On y croit plus. Mais ton geste a tout changé à tout basculé.

    Je parle souvent du japon en disant le pays du soleil levant ironisant ma phrase qui se termine par « et la Tunisie est celui du soleil couchant », je suis content d’avoir eu tort, tu as fait en sorte que le soleil se lève enfin en Tunisie. Le soleil de l’espoir, de la liberté, du courage, le soleil qui a mis fin à la peur face à la dictature. Je suis content que ton courage ainsi que celui de tous ce qui ont suivi, ont détruit notre désespoir pour le remplacer non pas juste par une lueur d’espoir, mais par l’espoir de toute un peuple qui a pris le contrôle total de l’univers de nos pensées. Tu es derrière tout cela mon vieux, et oui, et de la haut j’espère que t’es fier, fier de ce qui ont hurlé ton nom, fier de ce qui se sont battus pour que plus jamais la Tunisie ne puisse laisser de côté qui que ce soit.

    La route pour la liberté est encore longue mais le peuple que tu n’a pas abandonné, au contraire, ce peuple qui se lève tous les jours en se rappelant ce que t’as fait, se battra et à déjà fait savoir que rien ni personne ne l’empêchera d’atteindre cette liberté cette dignité à laquelle t’espérais. Bouaziz sache que même si de ton vivant tu n’as pas connu cette dignité que tu méritais tant, sans toi, aucune personne a l’heure actuel ne songerait à la connaitre pour de bon.

    Pour terminer, je suis heureux car je sais qu’a l’avenir plus jamais je ne permettrai à quiconque de m’empêcher de me battre, quel que soit ce qui nous attend. J’ai laissé un dictateur brisé en moi toute forme d’espoir concernant ce pays, mais toi Bouazizi tu m’as redonné cet espoir, je t’en remercie, et sache qu’on se battra pas pour une pseudo démocratie à la française, une démocratie à deux vitesse ou la justice existe en deux versions, une pour les riches, et une pour les pauvres. Sache que ton combat nous mènera vers le sens noble de la démocratie, cet démocratie ou la justice sera la même pour tous peu importe son statut social.

    Tout ça on te le doit Bouaziz, et a tous nos martyres. Sans oublier le courage de tous ce qui ont manifesté malgré la répression, que le bon dieu veille sur ton âme ainsi que celle de tous nos martyres, on vous oubliera jamais.

    Azyz »




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  • Mokrane
    17 janvier 2011 at 14 h 14 min -

    A qui le tour ?
    par Kamel Daoud – Le Quotidien d’oran

    Les Tunisiens viennent de placer la barre très haut : aujourd’hui, pour renverser un régime, il ne suffit plus de faire des analyses, des émeutes ou dénoncer une interdiction de marche ou un verrouillage policier. Il faut sortir, payer de sa personne, contester, soutenir le rythme, mourir puis se relever et ramasser son propre corps sur son propre dos et continuer, et ne pas se laisser berner par un discours ou des réformes ou des promesses électorales. Et, surtout, ne pas se laisser traiter comme un caniche et se faire calmer par un morceau de sucre ou un bidon d’huile. Non. Les Tunisiens montrent un chemin unique : on ne dénonce pas un système en acceptant ses règles : si une marche est interdite, il faut la faire et pas dénoncer le pouvoir qui l’interdit. C’est ainsi. Le monde «arabe» a toujours eu deux ego collectifs : l’ego culturel égyptien et l’ego «révolutionnaire» algérien. Ce dernier vient d’être démodé en live : les Tunisiens viennent de prouver que nous n’avons pas le monopole de l’histoire en marche. Que nous n’en étions même pas acteur. Maintenant, pour garder le galon d’un peuple qui se bat, il ne suffit plus de casser une vitrine ou de publier un communiqué : c’est soit «sortir» ou accepter. Agir ou se soumettre. Encercler ou se faire encercler. C’est-à-dire accepter d’être gouverné par une quinzaine de vieillards affreux, amateurs des razzias au nom de l’indépendance, une TV autobiographique, des «Services» privatisés, et regarder l’argent de son pays aller aux égouts ou aux enfants de la nomenklatura ; ou se révolter, marcher et demander que le pays soit restitué aux siens et en un seul morceau et à l’instant même où la demande est formulée. C’est-à-dire soit accepter que nos propres enfants vivent la même misère que nous, fuient dans des barques ou se font exploser par les fatwas, ou espérer que nos enfants vivent mieux, bien, heureux et dans un pays juste.

    C’est donc l’une des grandes conclusions de la révolution tunisienne : il ne faut pas dénoncer un système injuste, il faut l’enjamber. Les autres conclusions sont du domaine de l’évidence : les dictatures sont mortelles, la mort peut donner la vie, on n’a que le respect que l’on se donne à soi-même, le soutien de l’étranger pour une dictature n’est pas une garantie pour le régime, tous les régimes arabes se ressemblent et peuvent être chassés, un simple chômeur peut faire chuter un Pinochet, il ne faut pas attendre qu’un régime se réforme mais le chasser. Il ne faut pas attendre les autorisations et les agréments mais s’en passer. Il ne faut pas douter de soi ou avoir peur. Il ne pas faut oublier que les enfants ont droit à une meilleure vie que celle d’un intestin qui songe. Il ne faut pas et jamais plus. La grande leçon des Tunisiens, peuple sevré et écrasé pendant si longtemps qu’il a disparu à ses propre yeux, est que «cela est possible» et que cela se fabrique avec les mains et la poitrine et qu’on peut le faire et avoir un pays. C’est cela qu’il faut retenir. On ne conteste pas un système en respectant ses lois. Le reste ? On en reparlera demain : comment les régimes espèrent que la Tunisie sombre dans le chaos pour créer le «contre-exemple», comment les médias arabes ont traité la révolution du jasmin dans le malaise, comment les dictateurs ont mal dormi hier, comment ils peuvent sortir avec honneur en restituant les pays volés ou finir pendus s’ils persistent, comment cela ne sert à rien de traiter les peuples avec des sucres et des menaces, etc.




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  • Si Tchad
    17 janvier 2011 at 15 h 50 min -

    On peut resumer la scene qui s’offre à nous de cette facon: dans quelques jours ou quelques semaines, le peuple algérien a un rendez-vous historique avec le dentiste pour extraire d’un coup toutes les dents pourries…

    Tremblez despotes, le dentiste arrive…

    Peuple jubile, le dentiste arrive…

    Si Tchad




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  • aboudouma
    17 janvier 2011 at 16 h 10 min -

    Pourquoi l’Algérie est loin d’être la Tunisie et encore plus le Maroc.

    cher mr Belaidi
    Votre intervention aurait pu gagner en interet si vous aviez exposé la situation qui prevaut dans chacun des 3 pays et ce à la lumiere de leur histoire ….recente.
    Malhuereusement , vous vous etes contenté de passer en revue les peripeties algeriennes qui , malgré la justesse de la chronologie, comportent des zones d’ombres que je veux biens vous signaler:
    1/
    vous dites:
    « Avec la chute de Ben Ali et je dis bien de Ben Ali mais pas du régime qui s’est construit autour de lui et par lequel il a pu tenir 23 ans et aussi sans aller dans les détailles, on peut faire une corrélation avec Boumediene. Ce dernier avait réunit toute la pègre d’après la révolution autour de son régime qui ont eu raison de lui quand il a voulu voler de ses propre ailes. »
    -la comparaison de Boumediene à Ben Ali n’est pas juste: le premier s »inscrivait dans la lutte entre les clans ( commandement est et commandemment ouest notamment)pour le pouvoir en algerie, concernant Ben Ali, je ne crois pas que, lorsqu’il faisait son jogging a coté du Rabat-Hilton, du temps ou il etait simple attaché militaire, ce dernier savait deja qu’il allait devenir president de la tunisie.
    Mr Bouteflika guerillero parmi les guerrilleros etait deja devoré par l’appropriation du pouvoir ( deja une lutte fratricide sevissait entre les maquisards du FLN) , mr Ben ali lui a ete porté au pouvoir par le cyclone de circonstances specifiques qui avaient marqué le fin de regne du president Bourguiba.
    Il n’en demeure pas moins d’inscrire à l’ de Boumediene une probité exemplaire: apres sa mort il ne lui a pas ete connu de comptes bancaires, ni de biens personnels importants.




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  • Adel
    17 janvier 2011 at 17 h 07 min -

    @Mourad Belaidi

    Bonjour,

    Lorsque vous dites : « Le président Zéroual a été élu pour la circonstance quand Boutaflika a ‘’refusé’’ l’appel des intellectuels de l’armée. » et plus loin « Donc on se retrouve avec un président dans la continuation du système Chadli plus islamisé et plus conservateur contre les putschistes dits laïcs progressistes », je suppose que les «intellectuels de l’armée» et les «laïcs progressistes» dont vous parlez sont le tristement célèbre nezzar et ses acolytes, belkheir, lamari s., lamari m., toufiq, touati, etc. Cela demande quelques éclaircissement, vous ne trouvez-pas?

    Cordialement




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  • Si Salah
    17 janvier 2011 at 17 h 40 min -

    Le porfeuille est ouvert:

    « L’Algérie multiplie les commandes de blé pour prévenir des émeutes »…

    1 million de tonnes depuis 2 semaines: c-a-d ….
    30 kg par algérien.

    « L’Algérie va importer 1,15 million de tonnes de ciment »

    « IMPORTATION DE LAIT EN POUDRE
    Une facture de 800 millions de dollars »

    Ca ne vous rappelle personne? Je vous ai comrpris!
    iwa fhemtkoum…vous voulez du lait, en voila, de la farine? en voici, du ciment? hak….
    une condition: ne me renversez pas svp….

    Si Salah




    0
  • aboudouma
    17 janvier 2011 at 18 h 06 min -

    Pourquoi l’Algérie est loin d’être la Tunisie et encore plus le Maroc.

    SUITE
    Par contre Mr Ben Ali a démontré ses insuffisances des le début de son mandat: l’intrusion de sa seconde épouse et de la famille de cette dernière avaient, précocement, entamé le prestige et le capital de confiance que les tunisiens lui avaient accordés.
    Coincé entre sa parfaite méconnaissance de la gestion d’un état et l’ascendance de son épouse sur lui, il n’avait pas beaucoup d’alternatives pour masquer ses erreurs d’appréciation politique et l’appétit vorace de son épouse et de son clan: l’outil sécuritaire et judiciaire fut souvent sollicité….les élites frustrées se démarquèrent du régime…les opposants en exil ou en prisent virent leur nombre grossir ainsi que celui des….courtisans tunisiens et étrangers….la situation qui s’en est suivie ressemble étrangement au climat politique du début des années 70 au Maroc sous le règne de hassan 2 ( dont l’épouse -mère des princes n’avait aucun rôle et était parfaitement méconnue par les marocains),

    Mr Boumediene aurait pu être un grand homme d’état s’il n’agissait pas dans le cadre idéologique très étroit de la révolution, du socialisme, du parti unique et de l’omnipotence de l’armée qui, même populaire, s’est avérée bel et bien une classe sociale à part entière dont les intérêts coïncidait rarement avec ceux du peuple qui en avait fait un acteur politique majeur.

    …… »Avec la chute de Ben Ali et je dis bien de Ben Ali mais pas du régime qui s’est construit autour de lui et par lequel il a pu tenir 23 ans et aussi sans aller dans les détailles, on peut faire une corrélation avec Boumediene. Ce dernier avait réunit toute la pègre d’après la révolution autour de son régime qui ont eu raison de lui quand il a voulu voler de ses propre ailes. Bien sûr, il faut le souligner, avec l’aide du «cabinet noir» français et comme premier agent Laarbi Belkheir.
    Réponse:
    Là encore, je vois une grande différence entre les deux présidents:
    -Mr Boumediene ne pouvait gouverner (je peux même dire « régner’) sans l’appareil militaire et l’appareil partisan (FLN):les deux ont constitué les bases politiques de la confiscation du pouvoir: le premier assurait la pérennité du régime et le second était censé réussir la socialisation de la population.
    Balloté entre les deux pôles , Boumediene a démontré au début, une habilité pour naviguer , mais quand le courant devint plus fort parce que les intérêts des deux blocs avaient commencé à diverger , à s’opposer jusqu’a devenir antagoniques, Boumediene sauta sur l’occasion pour encore affermir son emprise sur le pays et gouverner …seul….il fit un choix tactique audacieux qui s’avéra être payant : il sévit parmi les civils du parti FLN (beaucoup d’assassinats , de disparussions et de fuites à l’étrangers) sont à inscrire au registre de cette purge.
    -Le président Ben Ali, obscure attaché militaire a rabat, non rompu aux luttes intestines politiques, avait opté pour une solution de facilité: il parasita le parti émergeant a l’époque: le vieux Néo doustour de Bourguiba…il s y incrusta et procéda à l’éviction des anciens apparatchiks et les remplaçât par des novices qui n’excellait que dans la servilité et les slogans creux pour louer le nouveau maitre de la Tunisie.
    Ben Ali gouvernait par le biais d’un appareil idéologique obsolète (comme le FLN) mais n’avait pas l’armée en main: beaucoup d’officiers supérieurs n’avaient pas apprécié son intrusion à la tète de l’état et la façon dont il a détrôné le vieux leader Bourguiba devenu sénile.

    Cela dit, essayons tout d’abord de voir et de prévoir l’avenir des événements en Tunisie. Mise à part cette tentative du premier ministre d’usurper la constitution en se proclamant président par intérim, on voit et on assiste à une déstabilisation et une orientation vers la violence et le chaos en Tunisie.
    Réponse:
    je crois qu’il y a lieu d’inscrire le chaos et le désordre à l’ivresse du peuple du fait d’une très grande soif de liberté et d’expression : BEN ALI a rendu les tunisiens fous de liberté : exactement comme certaines bêtes laissées par des maitres vicieux a l’abandon sans nourriture ni boisson dans des lieux étroits et fermés……Les tunisiens trop enfermés se sont donné la liberté de clamer leur ivresse…leur folie en s’offrant toutes les libertés….même les plus destructrices et les plus illégales

    Le régime et sa clientèle sont là et ne peuvent lâcher prise comme bonjour et au revoir. Ils ont les moyens, les réflexes et surtout connaissent les rouages.
    Réponse:
    tout dépend de l’unité de l’opposition et de la faculté d’adaptation de ceux qui soutenaient ben Ali: si l’opposition tombe dans le piège , déjà tendu, d’une gestion trop longue des affaires courantes du pays sans exiger la création d’une CONSTITUANTE pour élaborer une nouvelle constitution qui scellera la rupture avec les pratiques passées….je crois qu’elle sera récupérée et les tunisiens peuvent faire leur deuil de leur intifada.
    De son coté, le clan du premier ministre ghanouchi doit, pour survivre, faire le dos rond, accepter tout …spécialement la condamnation de certains de ses ténors…Il est aussi condamné à rompre avec le passé et mener une compétition avec les nouveaux venus de l’opposition pour séduire les tunisiens qui sont déjà dans la rue à la recherche…..d’un zaim.d’un raiss….d’un pere en quelques sortes ( c’est la fatalité pour tout le monde arabo musulman chez qui le complexe d’oedipe est tres prononcé.

    Mais revenant à nos moutons. ALGÉRIE !!! On parle d’effet dominos et les médias surtout parlent d’Algérie, d’Égypte. Je ne peux me prononcer sur l’Égypte car je n’ai pas de connaissance tangible sur les mécanismes régissant ce système. Je peux juste dire que Moubarak, contrairement à ce que pensent les influencés par les medias et les dires correctement intellectuels, n’est pas mettre de ses faits et de ses décisions sans composer avec ses Sbires de son système. C’est un conseil d’administration démocratiquement mafieux.
    Comme relevé plus haut Boumediene parti et Chadli en place en 1979, a été dans la logique de la l’illégitimité révolutionnaire et placé subtilement par l’héritière armée coloniale donc un élément de la mutante ALN . Le peuple, nos aieux intellectuellement analphabètes l’ont accepté. ! En 1988 , cet insurrection populaire faite , pas par nos parent de 7 ans, baracate , en premier lieu , par le vent mondial de la chute des dictateurs venue des pays de l’est avec la l’éclatement de l’URSS . Elle a été relayée par la nouvelle génération post indépendance qui a eu accès à l’enseignement dans le berceau des écoles et des programmes laissés par le colonisateur. Ces derniers ont formés, entre autres, des Tahar Djaout Donc , par concession forcée , il a y a eu création de partis politiques, presse indépendantes, et aussi aide et financement des partis islamiste comme l’a fait les USA en Afganistana pour contrer les soviétiques ou du moins je dirais dans cette logique. À forte raison créer, comme chef, de beaux parleurs populistes qui ont le niveau de simple instituteur à vocation de gérer l’État Algérien. Victoire des islamistes, rupture de processus électorale, coup d’état contre le président Chadli, une des plus vicieuses des guerres civiles ( Plus de 200.00 morts). Le rappeler encore mort s, disparitions, exactions de civils et de règlements de comptes mais le régime ou ce qui en reste est encore là en Algérie. Les gens parlent du DRS et de Toufik. Je suis tout à fait d’accord avec eux. Ils sont aussi à l’origine de l’arrêt du processus électoral de 1991. Qui est ce Toufik ? Personne ne peut en donner des informations sur sa famille ou son parcours. Juste qu’l est le cœur et faiseur de tout en Algérie. La plus grande contradiction que je peux personnellement exhiber en face de tous ceux qui avancent des thèses sur le DRS en disant que ce service est le pouvoir contrôleur est : Qu’ils expliquent comment Bouteflika a fait voté un referendum pour laver tous les militaires de tous les dépassements et des massacres commis? Comment vous dites en ses jours alors que le président est en conflit avec eux. On peut alors suggérer une thèse et reprendre une partie d’un écrit que j’ai déjà fait à l’époque en 2004 :
    «Imaginez un pays, notre pays, dans les moments où des attentas à répétitions se commettaient au sein de vos portes au cœur d’Alger. Presque tous les cites économiques ont été ciblés et détruits. Des populations innocentes massacrées par clans interposés et toutes les conséquences que ça a engendrées. Algérie a frôlé ‘’l’auto – potence. ‘’ Le président Zéroual a été élus pour la circonstance quand Boutaflika a ‘’refusé’’ l’appel des intellectuelles de l’armée. Cette dernière et ses cadres qui ont émergé ont sauvé l’Algérie des fautes des aventuristes qui ne voient pas plus loin que le bout de leurs nez.
    Ils ont consentis, pour une raison ou une autre, à la nomination de Bouteflaika. Aujourd’hui il veut voler avec ses propres ailes. Il a trahit le contrat ou le compromis qui était de sauver l’Algérie. Il a prix goût au pouvoir et se croit, par mégalomanie, plus intelligent et plus patriote que ceux qu’ils l’ont recruté.»
    Alors à ce moment, on pourrait expliquer tout ce revirement de situation et ses thèses appelée par tous : La lute des clans. Donc on se retrouve avec un président dans la continuation du système Chadli plus islamisé et plus conservateur contre les putschistes dits laïcs progressistes. Mais tous bien installés et aussi puissants et riches. Les uns qui s’appuient sur les lobbies français et les autres sur les américains et entre les deux des milliers de clientèles et de familles arrivistes avec des richesses mal acquises et aussi plus de 150 milliards de dollars de réserves. C’est trop complexe comme situation non ?

    Reponse:
    Vous avez raison, la situation est complexe mais pas totalement: des repères existes pour pouvoir comprendre la situation qui prévaut et, peut être et sans être sur, prédire le futur.
    Le hasard fait bien les choses:
    – l’Algérie et l’Egypte (d’âpres 1952) sont le fruit d’une « révolution » et d’une lutte armée dite de libération: l’une contre une force coloniale (la France) et la seconde contre une monarchie qualifiée de compradore et de féodale
    -l’avènement des deux républiques fut saluée comme l’éclosion d’une ère nouvelle et prometteuse pour les exploités, les colonisés etc. etc.
    -toute les deux occupèrent l’imaginaire de très nombreux pays du tiers monde
    -devenues indépendantes, toutes les deux se lancèrent dans une compétition sans merci pour accueillir, armer, financer et lancer en guerre plusieurs fronts de libération en Afrique et dans le mond
    -toutes les deux, encouragées par la manne pétrolière pour la première et l’aura culturel et historique pour la seconde, se lancèrent dans une politique de déstabilisation de leurs voisins, immédiats ou lointains pour assurer un leadership dans leur région réciproque. Ce dessein les réunissait des fois et les rendaient adversaires dans d’autres
    -toutes les deux s’inscriront dans un registre de modernité révolutionnaire, dans l’industrialisation à outrance et dans la lutte de la sécularité (Salafiya)
    -toutes les deux firent de leur ARMEE un ACTEUR PRINCIPAL de la vie politique à côté d’un appareil idéologique omnipotent au service du régime : le PARTI UNIQUE -FLN pour l’Algérie et le Parti Socialiste pour l’Egypte).
    -toutes les deux se donnèrent des ZAIMS des RAISS des FRERES PRESIDENTS etc. étaient adorées et adulées par des foules assoiffées de liberté qui sont très vite tombées dans le piège de l’aventure socialiste révolutionnaire avec les résultats catastrophiques qu’on connait
    Ce ci pour le passé…pour l’histoire
    Concernant le présent, je crois que les deux pays offrent plusieurs similitudes :
    -l’armée mène la danse dans les deux pays : avec moins de style et d’une manière rustre et mal fagotée pour l’Algérie, et plus sibylline et plus sournoise pour l’Egypte
    -le Parti du président reste omnipotent, sénile et servile qui n’est la que pour applaudir et entériner les politiques menées par le président et son entourage en ce qui concerne l’Egypte et par une bizarre cogestion entre le président et les généraux …..Ces derniers, même incompétents, bien sur et depuis la disparition de Boumediene, sont les plus influents et les plus puissants

    Cette brève description du présent peut, peut être nous donner une idée sur l’avenir :
    -pour l’Egypte, le règlement de la situation politique pourrissante ne peut être règle par la force : j’entends par un putsch de l’armée qui succomberait au charme des manifestations populaires.
    Les raisons:
    -l’Egypte a accumulé un héritage politique qui, moralement, l’empêcherait d’agir ou de réagir comme la première république bananière de l’Amérique latine, ou de ces républiques tamtam d’Afrique.
    Si putsch devait y avoir lieu, il sera feutré; certes commandités par les militaires mais surement mis en scène par les civils qu’il soit du parti du président ou ceux de l’opposition….le président peut être remercié mais avec tact et « hiniya » comme disent les égyptiens
    -pays du million et demi de chahids, l’Algérie est aussi le pays de très nombreux putschs, contre putsch et de révolutions de palais…..certaines de leurs victimes sont encore en vie pour témoigner
    L’armée algérienne qui reste très présente, voire déterminante n’a plus les moyens de ses envies, de ses penchants ou de ses traditions: elle ne peut recourir aux chars et aux fantassins pour imposer son point de vue et ses candidats.
    Néanmoins, elle dispose d’armes encore plus redoutables que la violence grandeur nature et hollywoodienne: la manipulation, les règlements de comptes dans l’ombre et la zizanie.

    Comment voulez vous avoir une révolution populaire comme en Tunisie ? De qui par qui et pour qui ? Notre révolution est en cour je crois et elle est tranquille. Nous avons des signes très révélateurs. Les dernières manifestations contres la hausse des prix nous a révélé effectivement qu’il ya une lutte entre une Algérie qui avance et la mafia clientèle autour des barons du FLN et du cercle auto-constitué autour de clan présidentiel. Ce dernier ne pouvait s’en passer d’eux pour des raisons, entre autre, de se maintenir sur le COURSI et je dirais même qu’ils l’ont poussé à y rester de par sa sénilité et la facilité de sa manipulation à leurs profits. Ils sont prêts à tout pour maintenir leurs privilèges quitte à mettre à sang et à feu le pays. Ils sont plus que capables. J’ ai lu la semaine dernière un entretien sur les barrons de l’informel sur le quotidien El Watan . Ile est très révélateur et vaut plus que des milliers d’ analyses politiques sur l’ampleur de la mafia autour tu système présidentiel en Algérie. Je conseille fortement aux citoyens de le lire.
    Pour finir, Je vais étonner plus d’un en vous disant que le RCD, avec son appel à la marche cette semaine , veut juste noyer le poisson et casser l’effet dominos comme il est dit , car il est dans la logique de la révolution tranquille et non fataliste. D’un autre coté, les revendications pour la dissolution de toutes les instances élues est un pas en avant pour la tranquille mutation démocratique, .même si le mot tranquille n’est pas approprié si on prend en compte plus de 200.000 morts en dix ans.
    On n’est des systèmes Tunisiens et encore plus du Marocain
    Réponse:
    Je suis entièrement d’accord avec toi mais avec cette observation navrante :
    l’existence d’une complicité instinctive, qui est le fruit de plusieurs années d’association entre le principal parti algérien (FLN), les autres partis qui jouent le jeu pseudo démocratique et une grande partie de la population qui profite des miettes que le régime daignent lui jeter et des privilèges liés a son statut : association des fils de moudjahidines par ex …..
    Tant que ce pacte d’association est maintenu.toute tentative de changement est vouée à l’échec parce que les militaires disposent encore de relais puissants parmi la population…..exactement comme les militants armés de l’opposition!




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  • Rachid Belaid
    17 janvier 2011 at 18 h 52 min -

    Pourquoi doit on toujours sur-estimer l’armee Algerienne en lui attribuant une pseudo-virginite acquise et une aura de sauveur eventuel de l’Algerie? A t-on peur de sa capacite de nuire au peuple Algerien? Nous avons tendance a oser confronter tous les agents du mal Algerien mais jamais l’armee. En regardant de plus pres, l’armee est l’outil principal du mal Algerien. C’est cette meme armee, sure de sa force, qui a deloge ben bella au lendemain meme de la fin de la guerre, il faut le faire!! C’est cette meme armee qui a mis fin au processus electoral en Algerie en 92. La meme armee qui a tue des centaines d’Algeriens en 88 et 2001. Ce sont les dirigeans de cette meme armee qui detiennent le monopole de tout ce qui s’achete et se vend en Algerie. Vous me direz qu’il existe au sein meme de cette armee une branche ou une generation de jeunes officiers non-corrompus qui devraient assurer une transition et meme amorcer le redressement. Croyons nous vraiment cela? ou habitent ces officers, ou font ils leurs courses, ou prennent ils leurs cafes? Ce mythe d’une armee salvatrice doit cesser. Elle n’existe point en Algerie. Meme la revolution Tunisienne semble s’engouffrer dans une impasse dangeureuse. Tous les partis bannis par le regime ben-ali sont restes bannis aujourd’hui et ne sont pas invites a la concertation generale pour la formation d’un gouvernement provisoire de transition. Qui a decide ainsi?




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  • Hamma
    17 janvier 2011 at 21 h 18 min -

    Internet? Une ADM pour rassembler le peuple, c’est très bien! Internet pour informer les peuples, c’est encore mieux.

    Le tsunami Tunisien n’aurait pas eu un si grand impact auprès de l’opinion nationale et internationale sans la diffusion en boucle des événements de Tunisie. La rue Tunisienne s’est filmée, photographiée,commentée et a tout transférer la sur la toile. Même les médias locaux et internationaux ont été pris de court. Voilà une autre grande leçon de nos frères et soeurs Tunisiens.




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  • Si Salah
    17 janvier 2011 at 23 h 20 min -

    Un petit bémol dans la révolution de nos freres tunisiens. Je pense à posteriori qu’ils ont commis une erreur: la focalisation à outrance sur Ben Ali. Ca donne maintenant une chance -j’espere ephemere- de survie au pouvoir crapuleux qu’il a mis en place. Le meme gouvernement qui a tiré sur le peuple va preparer maintenant des « elections libres et transparentes »….

    Si Salah




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  • hakim
    18 janvier 2011 at 2 h 08 min -

    Le peuple algerien ne peut plus se faire duper par Boutef-Ouyahia-Belkhadem-Generaux, qui ont corrompu et détruit des millions de vies.
    Le peuple ne veut plus de vous. Il n’y a aucune personne qui écrit dans les forumes et qui soutient la mafia corrompu qui étouffe le peuple et l’assassine.
    Regardez qui est notre president qui a ete ramene par l’armee :
    http://cartonrougepolitique.unblog.fr/2009/04/20/arret-de-la-cour-des-comptes-a-lencontre-de-m-abdelaziz-bouteflika/

    Est-ce que l’Algérie mérite un tel president?
    Ouyahia dit au peuple crève et meurt , est ce qu’on mérite un tel premier ministre?
    Larbi Belkheir, Lamari, Nezar, etc sont tous des officiers de la France, est-ce qu’on mérite une telle bande de minables généraux tous affairistes bagara importateurs lobyistes.

    Le passage de l’envoyé de Obama en Algérie est un évènement extrêmement important.
    Cette visite est simple et de message clair: Les USA n’accepteront jamais un pouvoir musulman en Algérie, ils veulent un pouvoir corrompu facile a manipuler qui va étouffer non pas les terroristes mais les musulmans.
    Les assassins-corrompus ne partirons jamais tous seuls, il faut les chasser par l’organisation secrète et très solidaire.




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  • said
    18 janvier 2011 at 11 h 03 min -

    le regime criminel d’alger est entrain d’anticiper en creant des foyers de contestation en kabylie pour mieu l’isoler du reste de l’algerie.c’est sa facon a lui de contenir et de prevenir un eventuel soulevement national.il manipule les sensibilites de la region dans le but de la matter.il reactive ses relais traditionnels pour detourner l’opignon nationale et internationale.




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  • Mokrane
    18 janvier 2011 at 12 h 04 min -

    La tunisie est libre !? et nous ?
    Paroles, paroles…paroles ! j’aime bien cette chanson d’ailleurs.




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  • slimane
    18 janvier 2011 at 14 h 11 min -

    => Si Salah, je suis parfaitement d’accord avec toi

    Lisez ce qui suit (tiré du blog de Pierre PICCININ, Professeur d’histoire et de sciences politiques)

    La « révolution» est terminée ou, plus exactement, les émeutes, sans leader clairement désigné, sans direction centralisée et bien organisée, se sont apaisées à l’annonce du départ du président Ben Ali; et la révolte populaire n’a pas réussi à se muer en révolution : le dictateur est tombé et les foules ont déserté le pavé, emportant la promesse d’élections libres.

    Seuls quelques intellectuels commencent à se rendre compte de la manipulation qui a eu lieu le vendredi 14 janvier au soir, mais leur nombre est peu élevé et l’armée contrôle désormais la rue. Quelques dizaines d’entre eux ont bien tenté de manifester leur mécontentement, mais leur groupe a rapidement été dispersé, à coups de grenades lacrymogènes et de matraques…

    Le « nouveau » gouvernement tunisien reste en effet très majoritairement composé d’anciens partisans du président Ben Ali, sous couvert de « l’ouverture » à l’opposition : les postes-clefs du gouvernement sont toujours aux mains des chefs du « Rassemblement constitutionnel démocratique » (le RCD), parti de l’ancien dictateur, lesquels se sont entendus avec l’armée et conservent le ministère de la défense, bien entendu, et celui de l’intérieur, dont dépendent les forces de police et qui sera en charge de l’organisation des futures élections, mais aussi ceux des affaires étrangères et des finances. Le premier ministre de Ben Ali, Mohammed Ghannouchi, garde lui aussi son poste…

    Quant à l’ouverture, elle s’est faite uniquement au profit de l’opposition « officielle », celle qui était « autorisée » sous la dictature ; les trois ministères concédés à cette « opposition » sont l’enseignement, le développement régional et la santé…

    La véritable opposition a été exclue des débats, comme l’a dénoncé Moncef Marzouki, figure principale de la résistance au président Ben Ali, qui a qualifié ce « nouveau » gouvernement de « mascarade ».

    Pour le leader communiste Hamma Hammami, ce « nouveau » gouvernement consiste tout simplement en un gouvernement « bénaliste » à peine élargi à une opposition aux ordres. Et il faut s’attendre, a-t-il ajouté, à ce que le pouvoir, maintenant qu’il a repris son souffle, en revienne à la répression pour asseoir son autorité.

    Un détail important : la constitution tunisienne stipule que, pour se présenter aux élections présidentielles, un candidat doit avoir dirigé un parti politique dans les deux années qui précèdent l’élection. Autrement dit, aucun membre de l’opposition véritable ne peut, en l’état actuel de cette constitution, espérer briguer ce poste.

    Et quand bien même la constitution serait-elle modifiée, en exil ou en prison depuis de nombreuses années, les opposants au régime de ben Ali ne sont pas connus des Tunisiens et auront bien du mal à se faire accepter comme leaders par le peuple.

    source : http://pierre.piccinin-publications.over-blog.com/




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  • nassim
    18 janvier 2011 at 15 h 03 min -

    j’étais un ancien militant dans le parti du RCD..une fois j’ai rendu visite à un oncle a draria pour affaire personnelle concernant ma famille ..je n’avais pas programmé cette visite .par hasard quand dans la maison de mon oncle j’ai trouvé mr said saadi, un general major en fonction et un grand importateur ..j’ai pas agit sur le coup mais je me suis dit bon il faut que je demande une audience a mr saadi dans son bureau afin de m’expliquer l’occasion de cette rencontre…vous savez il n’a pas voulu me rencontrer ..alors je pose la question : un homme de parti comme ce saadi qui joue le double jeu je ne pense pas un jour quand il sera dans le pouvoir de pratiquer la démocratie c’est de la poudre au yeux….l’Algérie est un pays flou




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  • iris samy
    18 janvier 2011 at 15 h 06 min -

    Mardi 18 janvier 2011 Tunisie-France:un avion contenant du matériel de maintien de l’ordre bloqué vendredi à Roissy Selon nos informations, un avion cargo chargé de matériel de maintien de l’ordre à destination de la Tunisie a été bloqué vendredi 14 janvier par les douanes françaises, avant son décollage de Roissy (Paris).
    Il s’agissait d’une commande du gouvernement de Ben Ali auprès d’un groupe français, spécialisé dans l’exportation d’uniformes et d’équipement de police. En l’occurrence, des tenues, des protections et des grenades lacrymogènes, soufflantes ou éclairantes, mais pas de matériels militaires.
    L’avion devait partir en fin de matinée et les douaniers se sont soudain montrés très pointilleux, ce qui a conduit le patron du groupe à se rendre sur place. Il a alors reçu un appel d’une haute autorité de l’Elysée, lui signifiant que cette livraison était hors de question. Dans les heures qui ont suvi, le président Ben Ali a quitté la Tunisie.




    0
  • D B
    18 janvier 2011 at 19 h 10 min -

    Et si nous nous mettions d’accord sur un seul leitmotiv: PREPARONS NOUS A LA REVOLUTION!

    Commencçons juste par ancrer ce leitmotiv dans l’imaginaire des gens, pour que chaque algérien comprenne enfin qu’un vrai changement est en marche, un changement profond, radical, total, une révolution.

    Que chacun d’entre-nous relaie ce leitmotiv: PREPARONS NOUS A LA REVOLUTION !




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  • jamouli ouzidane
    18 janvier 2011 at 19 h 16 min -

    Merci Mr. Benchenouf
    vos écrits me rappellent un célèbre ouvrage : Le prince de Machiavel
    on disait qu’il écrivait pour montrer au Prince comme garder le pouvoir. En réalité, le Pouvoir est anal-pha-bête et n’a pas besoin de lire les recette. Machiavel traité de machiavélisme écrivait en réalité pour le peuple …

    de même le célèbre Manu a été traitée de manichéen en réalité cela est faux comme nous l’explique Amin Malouf dans les jardins de Lumières !!!…

    l’internet (site, blog, facebook …) a pris le relais du livre et notre jeunesse est partout …effectivement un formidable gisement de mobilisation pour la vérité …

    Jamouli ouzidane
    algerienetwrok
    bien a vous




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  • Maâlem
    18 janvier 2011 at 20 h 35 min -

    Il faut passer à la vitesse supérieure. Internet, ce n’est pas suffisant. Nous devons casser le monopole des criminels de l’UGTA et du FLN sur la rue. Les Algériens doivent réagir. N’ayons pas peur!




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  • Algerien de passage
    18 janvier 2011 at 20 h 47 min -

    Le département de Daho Ould Kablia a instruit les autorités locales (walis, chefs de daïras et élus communaux) de nettoyer les rues et les quartiers des vieux pneumatiques usagés que les émeutiers utilisent lors des manifestations populaires, a‑t‑on appris mardi de source proche du dossier. Le ministère de l’Intérieur a également demandé aux vulcanisateurs de se débarrasser de leurs stocks de pneus usagés pour éviter qu’ils soient utilisés dans d’éventuelles émeutes pour barrer les routes. Les communes d’Alger ont déjà entamé l’application de l’instruction du ministère de l’Intérieur.




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  • rak
    18 janvier 2011 at 21 h 04 min -

    bjr ou bsr les amis

    permettez moi de porter a votre connaissance cette initative de cinq organisations algeriennes parue sur un blog algerien :ffs1963.unblog.fr

    Dans un communiqué rendu public aujourd’hui, cinq organisations, LADDH, SNAPAP, CLA, SATEF et la Coordination des sections du CNES, invitent “ceux et celles qui savent que le changement en Algérie ne peut absolument pas venir de l’intérieur du régime” à participer à la rencontre nationale qui se tiendra le vendredi 21 janvier 2011 à partir de 9h30. La réunion qui aura lieu à la MAISON DES SYNDICATS sis N°5, Rue des frères ACHOURI, Dar El beida (El – Karya), vise, selon les organisateurs, à débattre de la situation actuelle et des moyens à mettre en œuvre et des actions à prendre en charge pour empêcher la marginalisation des jeunes et par la même empêcher que le pays ne s’enfonce encore plus dans le chaos.

    P/S: Contacter le 0550451797 pour des renseignements supplémentaires. sur l’adresse

    pour ma part je pense que c’est une bonne initiative et que toute action qui va dans le sens de la liberation de notre chere Algerie est a saluer, en esperant qu’il y’en aura plein d’autre pour qu’enfin nous aussi on puisse faire notre revolution

    cordialement




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  • Jean-Yves TROTARD
    18 janvier 2011 at 21 h 12 min -

    En atendant sur internet je me permets de faire part de quelques unes de mes obsessions: La torture comme mode de gouvernement moderne.
    En Mai 1985 fut publié , aux Editions Lebovici cet ouvrage:OFFENSE A PRESIDENT ,de MEZIOUD OULDAMER.(Editions LEBOVICI).
    Des ce moment savais donc tout ce qu’il se passait au Magreb (Puissance de la bonne littérature)
    ET je fus bien seul…
    ç a vaud peut-etre encore le coup d’etre lu en ce moment…
    Mes parents etaient des francais plutot modestes ,instituteurs en Algerie jusqu’en 1965.Je suis donc né à TOOGGOURT en Algérie, par hazards.
    Et voila pourquoi je m’interesse encore à cette affaire…




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  • Flici
    18 janvier 2011 at 21 h 29 min -

    Ce que fait Ould Kablia ou Tayeb Zitouni n’a aucune importance. Ils doivent comprendre que le peuple algérien est décidé. Cette fois ou jamais!




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  • TROTARD
    18 janvier 2011 at 21 h 49 min -

    Il serait peut-etre bon de publier une carte des centres de toture en Algérie et …(Dans le monde…)
    Ce n’est pas que nous craignions tant que ça la torture: C’est qu’elle fausse le débat.




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  • stoneage
    18 janvier 2011 at 23 h 14 min -

    On a besoin de croire en une bienveillance politique, est-il possible de la concrétiser un jour? je pense que tant qu’il y a une manne financière à tirer (pétrole dans notre cas) il y aura toujours une mafia pour vouloir se l’approprier, et celle-ci dispose objectivement de tout les moyens répressifs pour se protéger. On pourrait dire que les pays les plus heureux sont ceux qui n’ont rien sans rien.
    Ghandi pour chasser les britanniques de l’inde à eu l’idée de génie de les atteindre dans ce qui les intéressait dans son pays, l’industrie textile. Pour le faire il n’a pas fait des attentats ou des choses dans le genre, il a simplement proposé à tout un chacun de ne plus s’habiller qu’avec ce qu’il faisait lui-même de ses propres mains.
    Je pense que la malice de ce grand homme vient de sa volonté de paix. Si nous voulons celle-ci en nous même, la révolution que chacun appel coulera de source, elle sera sans heurts et sans violence.




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  • ABOU-BRI
    18 janvier 2011 at 23 h 52 min -

    Le ministre de l’interieur ould kablia a ordonne aux mairies de nettoyer les rues rout en ramassant surtout les pneus (nouvelle arme de destruction massive des peuples). Le ministre du commerce a ordonne a ses services d’innonder le marche en produits de premieres necessites (importations massives) et bOUTEFLIKA a ordonne une baisse des prix (massives). C’est la course a qui prend la meilleure decision en faveur du peuple et en meme temps une fuite…en avant. La peur a change de camp (de cons) et ils font dans leurs frocs.




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  • W A H I D
    19 janvier 2011 at 5 h 18 min -

    @Djameleddine,

    Bonjour,

    El watan vient juste de constater ce que LQA a toujours compris, les médias lourds sont en déphasage!!!!!!

    Lisez l’Article

    http://www.elwatan.com/actualite/la-toile-pour-contourner-les-interdits-19-01-2011-107842_109.php.

    Mon premier commentaire datant de l’été 2010, sur LQA été un message que je vous ai adressé sous forme de question, relative a l’impact du Net sur la liberté d’expression, la dictature, les nouvelles formes de lutes a travers le Net et l’usages des IT dans le processus de chute des dictatures.

    W A H I D




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  • khatkhouta
    19 janvier 2011 at 14 h 16 min -

    quant j’ai dis que c’est difficile de faire disparaitre les systèmes sur place du monde arabe et en premier lieu le système TUNISIEN, pour la simple raison est que le peuple ne lâche pas jusqu’à la concrétisation des revendications, il faut se révoltés jusqu’au bout, les chefs d’États arabe se réunissent à charme e cheikh non pas pour le bien de leur état, mais pour se maintenir dans leur pouvoir et comment faire pour ne pas récidivé l’affaire de benali, et ce avec la complicité des pays européen et le premier concerné israeil puisque la réunion est dans leur territoire.
    Pour moi est pour mettre fin aux agissement des chefs et rois arabe, il faut qu’une révolution se déclenche dans tous les pays arabe et en même temps du golf au maghreb




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  • kamel
    19 janvier 2011 at 15 h 15 min -

    depuis la nuit des temps le parti est la folie de beaucoup pour le profit de
    de quelques-uns…celui qui me dira le contraire n’a jamais fait parti d(un parti politique….tout le monde chante l ‘intèrêts general et les droits de l’homme etc..après ça sera la tyranie sans nègoce…ancien militant




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  • sofiane
    19 janvier 2011 at 16 h 06 min -

    de quelle liberté vous parlez? …sincèrement nous sommes des rêveurs sans cervelle qui dirige le monde? qui dirige les lobbys financiers?QUI DIRIGE CE SAADI AND CO…ET TOUS LES AUTRES..moi j’avais adhéré à son parti j’ai appris que ce dernier est un tyran de premier ordre
    un lèche botte de la DRS premier choix…qui va se battre pour un homme pareil?..les innocents..la politique ceux qui tirent les ficèles mangent dans tous les plats……………laisser le temps au temps




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  • rèda
    19 janvier 2011 at 16 h 48 min -

    en 2011 sincèrement croyez vous que vous allez vivre dans une société d’anges c’est une utopie ça n’a jamais existé et ça n’existera jamais sur cette terre réveillez vous un peu ..ni ces partis politiques qui cherchent leur status ni autre qui vont garantir ça même les pays les plus développés ont leur faillites..changer c’est très bien mais profiter sur le dos des peuples naïfs des coup bas des autres jamais..le peuple qui se bat pour son quotidien n’est pas dupe ya saadi et ce n’est pas vous qui allez changer ce pays tout ceux qui ont gouté l’argent du trésor ont n’a pas confiance en eux..azul




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  • Algerien de passage
    19 janvier 2011 at 19 h 08 min -

    A la lecture de certaines interventions …je me demande sur quelle planète vivent les intervenants!

    Hier j’ai vu un débat sur france24 concernant Internet et son influence sur le déroulement de la « révolution » tunisienne, et les 2 intervenants (qui ne sont pourtant pas algériens) étaient plus au courant de la réalité des NTIC en Algérie que beaucoup ici! En effet, quand le sujet a concerné notre pays la constatation était sans appel: « l’internet algérien est comique « :

    http://www.france24.com/fr/20110117-role-internet-reseaux-sociaux-web-facebook-tunisie-algerie-egypte-incontournable-censure-autorites

    Quand on parle d’arme qu’on prétend vouloir utiliser, il faut au minimum l’avoir en main et qu’elle soit de préférence en état de marche.

    Il y’a quelque jours l’armée algérienne a fait une test grandeur nature du brouillage des téléphones portable lors de l’opération de ratissage a Sidi Ali Bounab. Pour internet c’est encore plus simple!




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  • aquerado
    19 janvier 2011 at 19 h 19 min -

    Salam,
    Je me permet de saluer D.Benchenouf pour ce tres bon article d’une acuite cinglante et signaler par la meme la enieme felonie du president Bouteflika, du moins ce qui en reste, courant comme une vierge effarouchee au sommet de Charm el cheikh. Pense t-il trouver la solution du probleme Algerien parmi des gens qui lui veulent son chaos? Pense t-il trouver une panacee pour guerrir les maux de celui ci? Comment un peuple aussi brave et aussi fier peut il rester derriere un zombie et une clique de maudits incapables qui leur volent sa jeunesse et son ame et qui forme la majorite de sa population? Le reveil est lent mais certain,salam et a mediter:http://www.youtube.com/user/Kardenote#p/u/7/-8VOOYSVY7s




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  • Ferhani
    19 janvier 2011 at 20 h 22 min -

    @Algérien de passage
    Vous ne comprenez pas une chose: Internet est une arme à double tranchant. Plus tu brouilles et fermes Internet, plus les gens seont offusqués et nourriront de la haine à l’égard de leurs bourreaux du pouvoir algérien. Internet est un acquis dont les gens ne peuvent se faire voler…Autrement, manque de libertés + fermeture d’Internet = Explosion! Ben Ali et son bataillon de Ammar n’ont rien pu contre une poignée d’opposants tunisiens. Les jours du régime algérien aussi sont comptés. J’en suis convaincu. D’ici quelque temps, les frères Bouteflika et les généraux corrompus ne seront qu’un mauvais souvenir. L’Algérie n’est pas la Corée du Nord!




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  • Almohade
    19 janvier 2011 at 20 h 46 min -

    Nous ne voulons ni Said Saadi comme les autres !
    NI RCD NI FLN NI FAUX DEMOCRATES !
    Nous voulons ,exigeons le départ du régime Algérien, ni plus ni moins ainsi que tous les politicards qui les entourent !
    Toutes les forces vives de l’Algérie doivent s’unir.
    Tous les Algériens sans discrimination, toutes les sensibilités politiques doivent avoir la parole toutes les sensibilités, ceci est très important.
    Nous devons former un ensemble uni et fort pour l’indivisibilité de NOTRE PAYS L’ALGERIE.
    Arrêtons les divisions !
    Vive l’Algérie UNIE avec toutes ses composantes .




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  • Said Salombi
    19 janvier 2011 at 20 h 48 min -

    Avis aux generaux, Bouteflika et ses freres et tous suceurs de sang du peuple: merci pour tout l’argent que vous avez mis de coté dans les banques pour nous autres zawaliyya durant toutes ces années. Merci, merci, merci…

    La ministre des AE en Suisse vient d’annoncer le « gel » de tous les « avoirs » de Ben Ali en Suisse (pour le moment a peu prés 500 millions d’Euros)…

    Et vous criminels qui avez pensé avoir mis votre butin à l’abris…Que non! Il vous reste les matelas et les coussins, mais ce n’est pas plus sur que les coffres des banques Suisses…

    Soubhan Allah! Il y a 5 jours il avait 500 millions en Suisse, et puis plus rien…meme Sarkozy a mis en route le dispositif « Tracfin » pour traquer et geler le butin de Ben Ali…ah ya Ezzine!

    Said




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  • algerien de passage
    19 janvier 2011 at 21 h 41 min -

    @ferhani
    Quand ils avaient coupé internet a 80 000 abonnés et plus de 1 500 cyber-cafés de l’EEPAD j’ai pas souvenir d’une explosion !!!!




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  • algerien de passage
    19 janvier 2011 at 22 h 00 min -

    @Said Salombi
    Le message de la France et de la Suisse est claire on vous garde l’argent si vous êtes aux ordres ….toute lâcheté sera sanctionnée, or la fuite de Ben Ali n’a pas été appréciée, Il a mis ses copains dans une gêne terrible.
    C’est aussi un message pour les autres dictateurs; ils vous faudra doubler d’effort dans la répression ….




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  • hakim
    19 janvier 2011 at 22 h 47 min -

    @DB
    1) Préparons nous a l’union de toutes les forces sous un seul titre : dissolution des assemblées non élues et levée de l’état d’urgence + Berra les corrompus.
    2) Qui sommes nous : FFS, partis islamistes, PRA, MAJD, RCD, organisations integres etc. Benbitour, et autres. etc. etc.
    + les universitaires SVP soyez au rendez-vous historique.
    3) Dans tous les comptes facebook, mettons le drapeau algérien a coté de celui de la Tunisie.
    4) Soyons prêts a tout moment pour manifester en un seul bloc un jour non encore décidé.
    5) construisons un rassemblement d’abord sur internet de tous les nord-africains.

    Si non il faudra chanter paroles, paroles que des paroles comme dit @Mokrane




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  • LEMDIGOUTI
    19 janvier 2011 at 23 h 44 min -

    Je viens à l’instant de sursauter sur ma chaise en lisant dans un journal francophone algérien qu’ENFIN, le président « Bouteflika ose parler » de la Tunisie. Sincèrement je croyais que c’était vrai. Et qu’est-ce que je lis après dans le texte : « « Il m’est particulièrement agréable, au moment où je survole l’espace aérien de votre pays frère, en direction de l’Egypte pour prendre part au deuxième sommet économique arabe, de vous adresser mes sincères salutations fraternelles, en vous souhaitant plein succès afin que vous puissiez faire parvenir la Tunisie à bon port. Partant des liens fraternels et de bon voisinage qui unissent nos deux peuples, je suis pleinement confiant que vous trouverez en le génie tunisien authentique une source d’inspiration pour œuvrer au bien-être de votre cher peuple.».
    Je me suis levé de ma chaise et je me suis taper le cul sans arrêt parterre. Les femmes se griffent les joues communément, moi je ne sais pas le faire. Tous le monde sait que quand on survol un territoire, le message protocolaire est pratiquement identique. Et le journaliste ose écrire en titre de son article : « Bouteflika enfin s’exprime ». Je suis encore en train de me taper les fesses parterre, ya el khaoua ! Mais , il nous prend pour qui ce journaliste.




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  • Ferhani
    20 janvier 2011 at 17 h 12 min -

    @algerien de passage
    Les choses ont changé. Maintenant, le net est devenu un acquis important. Je pense que tu ne te rends pas compte à quelle vitesse tout est en train de changer. Les dinosaures algériens aussi d’ailleurs! Ils pensent nous avoir avec du blé et de l’huile.




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  • Congrès du Changement Démocratique