Édition du
30 March 2017

Recomposition de l’Algérie

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El Watan le 24.01.11 

Le changement ne peut se faire que sous la forme d’une «implosion», qu’on peut appeler «l’alternative provenant de l’intérieur», et bien sûr tout ce qui forme l’essence même du système.

Marx disait dans son Idéologie Allemande : «Il ne suffit pas d’expliquer le monde, il faut savoir aussi le transformer», et en ce qui concerne notre pays, il faut avoir le génie de le recomposer.Les problèmes de l’Algérie sont à la fois généraux et quotidiens, on peut même dire : pratiques.Le risque auquel il ne faut pas céder, c’est d’être happés par les vicissitudes de la réalité quotidienne, alors qu’il est nécessaire de la transcender afin de recouvrir la liberté et la dignité ; on ne peut résumer la «Vie» de l’Algérien comme étant simplement le fait de vouloir satisfaire les besoins biologiques élémentaires, il ne s’agit pas de réduire le citoyen à une simple «carcasse», dépourvu de son essence, qui n’est autre que sa liberté ; sa «Vie» ne peut s’expliquer par de simples comportements physiologiques.

Les problèmes auxquels nous devons réfléchir sont assez sérieux pour que nous fassions l’effort intellectuel du «dépassement» de l’étude du politique à la «praxis» des actes politiques, c’est-à-dire de la réflexion théorique à l’engagement pratique. D’un côté, il y a des gens qui disent : «Regardez, la démocratie l’emporte, les régimes autoritaires tombent partout , et le dernier en date est le régime policier tunisien», cela s’explique par une sorte de «mouvement naturel des choses». Un des hommes qui ont parlé ainsi, Francis Fukuyama, a imaginé une sorte de mouvement naturel des choses qui porte vers la démocratie (Alain Touraine).

Espérons que ce «mouvement naturel des choses» nous évitera la politique «de la terre brûlée», et que la démocratie s’installera chez nous, chose que j’appréhende énormément, car il est reconnu que que notre «Ame» «violée» par la force ne peut recouvrer sa «virginité» que par la «force» ; mais il y a  une cause beaucoup plus «sérieuse», c’est le fait de la «malédiction du pétrole», pour ne pas paraphraser DSK, patron du FMI, car le pouvoir et tous ceux qui font semblant de défendre la démocratie dans les discussions de salon, ainsi que les soi-disant intellectuels n’oseront jamais hypothéquer leurs privilèges par un quelconque acte ; au contraire, à chaque fois que la rue gronde, ils se «terrent» comme les «rats d’égouts dégoûtants», Roza Luxembourg et Gramsci les ont déjà condamnés vis-à-vis de leur «traîtrise historique», que dire de l’élite qui n’est en fin de compte que le «sous-traitant rentier du pouvoir corrupteur», et que le philosophe allemand Hegel désignait déjà sous le vocable déshumanisant de «conscience misérable» ; sans oublier bien sûr les pseudo intellectuels qui s’adonnent à la satisfaction de leur «ego revanchard» à travers les chaînes satellitaires, et en particulier Al-Jazeera.

Que faire ? Telle est la question consubstantielle à notre réalité socio-politique, qui est très différente de la réalité sociopolitique tunisienne. Notre «compréhension sociologique», comme disait Max Weber s’appuiera sur un constat et une proposition. Il s’est avéré et c’est apodictique, que vouloir enclencher un processus de démocratisation à l’extérieur du système par le biais de la révolte ou du dialogue échouera lamentablement, car le système politico-constitutionel porte en lui un devenir qui n’est pas progression mais régression vers une fin ultime. Tout se passe comme s’il n’y avait qu’une façon de penser l’histoire de l’Algérie : en porter le deuil, et peut-être pour en supporter l’«inconsolable douleur» nous détourner des affaires de l’Etat comme si on était des sous-citoyens, notre seul devoir c’est de nous retirer dans nos affaires quotidiennes, et nous abandonner à nos égoïsmes mesquins.

Pour arriver à cet état structural, c’est le recours permanent à «l’asservissement total de la société par le biais de la corruption», ou bien à chaque fois brandir l’ argument de la «légitimité historique», tel est le sentiment irrationnel de toute la composante humaine du système, c’est la logique de décadence qui ne peut supporter l’idée de s’ouvrir sur une autre conscience comme alternative, porteuse d’espoir en l’avenir.

Le triomphe sur l’«irraison» ne peut être une providence mais une fatalité  ; il faut se faire à cette raison ; de là, je dirais que le changement ne peut se faire que sous la forme d’une «implosion», qu’on peut appeler «l’alternative provenant de l’intérieur», et bien sûr tout ce qui forme l’essence même du système (apparatchik, partis politiques, associations politiques et syndicales, membres du gouvernement et des deux chambres, commis de l’Etat) ne peuvent souscrire à cette démarche, car leur existence matérielle sera menacée (bien acquis frauduleusement), ce qui fait que la seule alternative possible est la suivante : l’émergence d’un groupe au sein de l’armée populaire nationale qu’on appellera des «officiers libres» qui ne font pas partie des groupes des décideurs civils ou militaires, ceux-là ont montré leurs limites intellectuelles et morales, et qui ne peuvent transcender leurs bassesses matérielles, ils sont en dehors de l’histoire ; je parle des jeunes militaires intellectuels qui ne sont pas responsables de la misère et de la désolation de leur peuple, et qui auront pour finalité l’écriture de l’histoire avec un grand H, avec un désintéressement  total pour la «matérialité mondaine» et se consacrer corps et âme à la recherche de la vertu idéale ; il en existe, ils doivent exister, ce n’est que par la grandeur de ces hommes qu’on pourra transcender notre misère sociale, morale et politique. Qui parmi les «groupes d’officiers intellectuels» auront le courage et le désir de s’élever aux grandeurs des philosophes afin de rendre au peuple sa dignité et sa liberté et se réapproprier «la révolution confisquée», en provoquant la rupture  totale du système politique algérien et la refonte radicale des institutions exécutives, législatives et judiciaires.

Eux seulement peuvent nous sortir du marasmes actuel et à venir, car si jamais il y aura une révolte, elle ne sera — encore une fois — qu’une révolte manipulée, et ce sera le peuple qui en subira les conséquences désastreuses, car la composante du système corrompu et corrupteur ne sera jamais inquiétée, leurs épouses, enfants et biens matériels sont déjà bien installés dans des «exils dorés», et ce n’est pas Ben Ali et Leila Trabelsi qui pourront dire le contraire !

Matari Abdelouhab

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15 Commentaires sur cet article
  • AS
    25 janvier 2011 at 19 h 12 min -

    les israeliens du Caire ont tente de sortir 59 palettes d’or ces derniers jours d’Egypte… a faire passer… en restant clame les amis !

    Au maghreb, investissez immediatement tout votre argent qui ne vaudra plus rien d’ici a quelques mois en or ou argent… un bon conseil… car ici c’est sauve qui peut pour tout le monde

    faites passer cette info partout… les racailles sionistes qui dirigent l’Egypte ont essaye de s’enfuir avec tout l’or du pays… ils ont ete interceptes …et des emeutes eclatent partout maintenant … la aussi vigilence mais il semble bien que la reovlte parte mal pour israel… c’est le pluss important qu’israel soi sorti du jeu politque local comme au maghreb… suivra laa france avant la fin de cette annee insha Allah…

    hen we reported three days ago that 59 outbound shipments of gold were intercepted at the Egypt airport, we predicted that the country’s oligarchs were proactively preparing precisely for what they knew is coming imminently. It has arrived. From Al-Jazeera: « Hundreds of protesters have begun to take to the streets in Cairo, the Egyptian capital, chanting slogans against the police, the interior minister and the government, in scenes that the capital has not seen since the 1970s, Al Jazeera’s correspondent reported. Downtown Cairo has come to a standstill, and protesters are now marching towards the headquarters of the ruling National Democracy Party. « It is unprecedented for security forces to let people march like this without trying to stop them, » Al Jazeera’s Rawya Rageh reported from the site of the protest. »

    And the government is panicking:

    The Egyptian government had earlier warned activists hoping to emulate Tunisian pro-democracy protesters that they face arrest if they go ahead with Tuesday’s mass demonstrations, which some have labelled as the « Day of wrath ».

    The protesters are gathering outside Cairo’s largest courthouse, and are marching across downtown Cairo.

    The rallies have been promoted online by groups saying they speak for young Egyptians frustrated by the kind of poverty and oppression which triggered the overthrow of Tunisia’s president.

    Black-clad riot police, backed by armoured vehicles and fire engines, have been deployed in a massive security operation in Cairo, with the biggest concentrations at likely flashpoints, including: the Cairo University campus, the central Tahrir Square and the courthouse where protesters are said to be gathering.

    Coinciding with a national holiday in honour of the police, a key force in keeping president Hosni Mubarak in power for 30 years, the outcome in Egypt on Tuesday is seen as a test of whether vibrant Web activism can translate into street action.

    Organisers have called for a « day of revolution against torture, poverty, corruption and unemployment ».

    « Activists said they wanted to use this particular day to highlight the irony of celebrating Egypt’s police at a time when police brutality is making headlines, » reported Rawya Rageh, Al Jazeera’s correspondent in Cairo.

    « In fact, the call originated from a Facebook page initially set up to honour a 28-year-old man from Alexandria who activists say was tortured to death by police.

    « Witnesses are telling us that there are hundreds on the streets. This is an indication that the protests seem so far to be larger than the usual protests that have taken place here in Egypt over the past few years. »

    Turns out that not banning the internet (on time) was not such a good idea.

    « Our protest on the 25th is the beginning of the end, » wrote organisers of a Facebook group with 87,000 followers.

    « It is the end of silence, acquiescence and submission to what is happening in our country. It will be the start of a new page in Egypt’s history, one of activism and demanding our rights. »

    Rights watchdog Amnesty International has urged Egypt’s authorities « to allow peaceful protests ».

    Protests in Egypt, the biggest Arab state and a keystone Western ally in the Middle East, tend to be poorly attended and are often quashed swiftly by the police, who prevent marching.

    The banned Muslim Brotherhood, seen as having Egypt’s biggest grassroots opposition network, has not called on members to take part but said some would join in a personal capacity.

    Organisers have called for protesters to not display political or religious affiliations at demonstrations. The Facebook page says: « Today is for all Egyptians. »

    Commenting on the wave of public unrest in Tunisia, Adli, the interior minister, said talk that the « Tunisian model » could work in other Arab countries was « propaganda » and had been dismissed by politicians as « intellectual immaturity ».

    « Young people are very excited, and this time there will be much more than any other time, » Ahmed Maher, one of the founders of the opposition youth movement said.

    « This is going to be a real test of whether online activism in Egypt can translate into real action, » Al Jazeera’s Rageh reported.

    « Anger has been on the rise in Egypt for the past couple of years, but we have seen similar calls fizzle out. The main difference now is that these calls are coming after what happened in Tunisia, which seems to have not only inspired activists, but actually ordinary Egyptians, a dozen of whom we have seen set themselves on fire in copycat self-immolations similar to the one that had sparked the uprising in Tunisia. »

    Elsewhere, it is not at all surprising that the UNWFR just released a program promoting food subisidies to eliminate the risk of rioting:

    Risks of global instability are rising as governments cut subsidies that help the poor cope with surging food and fuel costs to ease budget crunches, the head of the United Nations’ World Food Program said.

    “We’re in an era where the world and nations ignore the food issue at their peril,” Josette Sheeran said in an interview yesterday at the agency’s Rome headquarters.

    The global recession has eroded government aid that helped people in poorer countries afford bread, cooking oils and other staples. The trend raises the odds of unrest even though prices have improved in many nations from 2007-2009, Sheeran said. During that period, more than 60 food riots occurred worldwide, according to the U.S. State Department.

    And so the central planning that brought to us the inflation-driven rioting, which Zero Hedge first predicted in 2011, is about to lead to even more central planning, as governments everywhere jump to provide food subsidies and price caps, as was just announced in Russia overnight.

    Below are two videos of events transpiring right now in Egypt which is what will soon move out of Africa and into Asia (remember: rice bubble) unless central planning2 promptly becomes the next major paradigm.




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  • fateh
    25 janvier 2011 at 20 h 52 min -

    les reférences de M. Matari vont de K.Marx , Gramsci, Weber, Roza Luxembourg, Hegel au sioniste DSK nous donnent une vision claire de la « marchandise » proposée. De même la vision dichotomique de M.matari me parait trop simpliste pour pouvoir mesurer la complexité de la problématique algérienne et qui ne peut se resumer à certains qualifier par « leurs limites intellectuelles et morales » Et d’autres dont <> Dans toute cette « analyse, le peuple est passif. L doit attendre qu’on lui rende  » sa dignité et sa liberté… ». Un peuple réduit à l’etat d’eternel mineur qui ne peut se prendre en charge, qui n’est pas digne de liberté alors qu’il a déjà écrit l’Histoire pour ne pas attendre à ce que ceux <> . A l’aube de l’indépendance, je me rappele ces slogans écrit sur tous les murs: « Un seul héros, le Peuple » et qui a généré la devise de l’Algérie: <>…
    L’élitisme dont se targue les communistes algériens les a isolé du peuple Algérien. Leurs idées ne peuvent servir une société ancrée dans les valeurs.
    Pour reprendre K marx et Angels, ces deux racistes écrivaient en 1958 à propos de l’Algérie : <> identifiez les « sauvages ennemis » comme étant les indigènes algériens!
    Jusqu’à preuve du contraire, nos « intellectuels n’ont jamais pris pour reférence un certain Bachir Al Ibrahimi que Roger Garaudy, agrégé de philosophie et ancien membre du bureau politique du parti communiste français, avait qualifier du plus grand philosophe de tous les temps du point de vue »praxis »
    Au fait, aucune publication de Bachir Ibrahimi ne se trouve dans toutes les bibliothèques et librairies à travers le territoire nationale: Pourquoi?




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  • aboudouma
    25 janvier 2011 at 21 h 24 min -

    bien dit ! mais mal formulé :
    « Les problèmes de l’Algérie sont à la fois généraux et quotidiens »
    il fallait dire : les problemes de l’algerie sont à la fois les GENERAUX et le quotidien …….




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  • Sami
    25 janvier 2011 at 21 h 49 min -

    Tres bonne analyse !!
    Et l’example tunisien a prouve quelque chose pareil !!
    La problematique algerienne est tres complexe donc a besoin d’une solution complexe et prendre en charge et agir a tous les niveaux




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  • Adel
    25 janvier 2011 at 22 h 48 min -

    « groupes d’officiers intellectuels »? Je ne sais pas à qui l’auteur de cet article pense, mais moi je n’en connais pas beaucoup des officiers intellectuels. Je n’en connais même aucun. Je crois même que les deux termes sont antinomiques.

    Un officier ça reçoit et ça donne des ordres. Il ne peut devenir un intellectuel qu’à partir du moment où il décide de rompre avec l’armée et devenir un homme libre.




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  • fateh
    25 janvier 2011 at 23 h 29 min -

    mon commentaire posté à 20h52 est amputé de plusieurs citations que j’ai mise entre parhenthèses à l’exemple de:
    Pour reprendre K marx et Angels, ces deux racistes écrivaient en 1858 à propos de l’Algérie : identifiez les « sauvages ennemis » comme étant les indigènes algériens!

    … et qui a généré la devise de l’Algérie: La révolution par le Peuple et pour le Peuple
    où il manque seulement (face aux militaires amis comme face aux sauvages ennemis) la sécurité pour la vie et la propriété.




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  • abd allah el muslim
    25 janvier 2011 at 23 h 40 min -

    il me semble monsieur matari, que l’actuelle junte au pouvoir est militaire
    si je ne me trompe pas la répression du 5 octobre 1988 a été menée par l’armée
    remplacer des militaires par des militaires est pour moi une aberration.




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  • Sid Ahmed
    26 janvier 2011 at 0 h 07 min -

    Voilà encore quelqu’un qui égrène des noms à tous vents sans en connaître le moindrement du monde l’oeuvre ou être, au minimum, familier avec leurs thèses; qui attribue les citations ou les déclarations à tort et à travers; qui cite des auteurs complètement hors contexte (Luxembourg, Gramsci, Hegel); qui énonce des thèses (Fukuyama) non pas dans le texte, mais par l’intermédiaire d’autres auteurs (Touraine)…

    Et avec cela, on a l’ambition d’analyser, d’expliquer et de prescrire !

    Alors, très brièvement quelques remarques. Primo: Fukuyama n’a jamais dit ou écrit qu’il y a une « sorte de mouvement naturel des choses qui porte vers la démocratie » et sa thèse est beaucoup plus complexe que ce piètre raccourci. Secundo: La paternité de la phrase « malédiction des ressources », traduction de l’anglais « resource curse », ne revient certainement pas à Dominique Strauss Kahn, patron du FMI, et recouvre une par ailleurs une dynamique et un processus socio-économiques et politiques autrement plus complexe que le simple fait de disposer de ressources d’hydrocarbures comme le laisse entendre ce monsieur; enfin, les déclarations et écrits de Luxembourg et de Gramsci s’inscrivent dans un contexte politique et historique précis et font référence à des situations particulières qui se sont guère assimilables à ce qui se passe en Algérie aujourd’hui.

    Alors, avant de citer un quelconque auteur ou de faire référence à une thèse donnée, il serait honnête sinon d’en avoir fait la lecture, du moins d’en saisir la signification. Sans cela, tout analyse prend vite l’aspect, comme dans le cas d’espèce, d’une bouillabaisse un peu trop liquide.

    Sid Ahmed.




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  • KIFKIF
    26 janvier 2011 at 0 h 11 min -

    @AS
    peux-tu nous parler un peu des problemes de l,algerie et comment leur trouver des solutions sans faire diversion a chaque fois et nous parler de ton sujet fetiche de sionistes.
    une fois regle le probleme de ceux qui nous pourrissent la vie, nous nous occuperons de ceux qui purrissent la vie des autres.
    je pense que les problemes des algeriens sont secondaires pour toi. je suis sur, qu,une fois accule, le pouvoir algerien aussi nous sortira cette carte de sionistes.




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  • msili
    26 janvier 2011 at 0 h 26 min -

    nos politiques les gouvernements arabes ils savent tres bien que cette fois ci que les quatres puissances qui sont entrain de se souder ce n est pas de la blague cest vachement grand le morceau qu ils veulent ,quand a nous nous avons le temps pour la philosophie ,la france de sarko ou l a llemagne d angela ou la finance mondial de DSK ou l amerique des lobbys ces gens la travaillent mes chers compatriots,nous nous avons la plie jusqua l os et on ne sait comment se faire soigner …




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  • M.J.
    26 janvier 2011 at 0 h 43 min -

    Voila un argumentaire qui se veut rationnel qui nous dit en substance que seul le système peut nous sauver du système ou peut être qu’une partie du système peut sauver le reste. Or il est patent qu’un système, ce sont des équilibres instables et des feed backs permanents et si le système n’arrive à générer en bout de’ course que des scories, c’est qu’au début de la chaine il y a des scories. Comme disait Babbage « grabage in grabage out ». Ce système ne s’alimente et ne peut s’alimenter qu’avec des scories car il est basé sur une appréciation erronée de la vie. L’algérien moyen ne compte pas et seuls comptent ceux qui détiennent le pouvoir. Cette tare génétique ne permet pas à ce système de s’auto-sauver mais par contre à s’autodétruire, si. Le problème c’est que s’il s’autodétruit, c’est l’ensemble de ce qui s’y trouve qui explmose et ira à dans tous les sens. Ce qu’il faut donc c’est de soustraire à ce sytème le maximum d’éléments, lui enlever la mainmise sur la société, faire prendre conscience à la société du fait que ce système greffé sur elle comme un parasite lui nuit et qu’il faut qu’elle s’en débarrasse coute que coute, caar un système n’est pas les gens qui y occupent des fonctions mais une démarche d’échanges et de gestion des ,richesses et des informations. Actuellement l’information que produit le système est biaisée à tous les niveaux et les richesses qui sont produites sont mal gérées, mal controlées, mal distribuées, mal empochées, mal réinvesties…
    Nul besoin de recourir à Marx ou a Max Weber ou à qui que ce soit d’autre pour comprendre cela, ça coule de source, c’est une évidence extrême.




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  • Adel
    26 janvier 2011 at 8 h 11 min -

    @M.J.

    Bonjour,

    Très juste.

    J’ajouterai que ceux qui sont à la tête du pays s’entêtent à essayer de nous faire avaler le plat qu’ils préparent en utilisant toujours la même recette tout en sachant très bien qu’il est insipide et indigeste – il est même devenu toxique avec le temps – car il manque à leur recette quelques ingrédients essentiels comme l’indépendance de la Justice, l’alternance au pouvoir, la liberté d’opinion, etc. Bien sûr, cet horrible brouillamini que nous devons avaler sans broncher, ils n’en mangent jamais eux-mêmes. Ils ont leur propre cuisine d’où sortent les mets les plus exquis.

    Maintenant que le peuple a la nausée rien que de penser à eux et leur infâme cuisine, que peuvent-ils bien nous sortir? M. Matari, après avoir lu Marx, Engels, Weber, Fukuyama, Gramsci, Rosa Luxembourg – fichtre! – et beaucoup réfléchi à la question, nous ressort la bonne vieille recette des «officiers intellectuels». Pourquoi pas une réincarnation de Houari Boumédiène – Azharien et disciple de Fanon à ses heures?

    Mon Dieu, quelle malédiction s’est donc abattue sur notre pays pour que ce soit toujours la caserne qui lui donne ses leaders?

    Amitiés




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  • fateh
    26 janvier 2011 at 11 h 14 min -

    On peut aussi choisir d’autres citations que celles provenant de sionistes ou de K marx et ses compères de la dialectique marxiste comme dogme et unique verité même s’il s’agit d’un ex dialectitien materialiste en l’occurence Raoger Garaudy, ancien membres du bureau politique du parti communiste français

    Un immense portrait de l’Emir Abd el Kader dans la maison de Cheikh Mohamed Bachir Ibrahimi, c’est l’image dominante que je conserve de la première rencontre avec le cheikh, en 1944, lorsque, après mon essai sur LA CONTRIBUTION DE LA CIVILISATION ARABO-ISLAMIQUE A A CULTURE UNIVERSELLE, il me reçut chez lui

    J’étais accompagne d’Amar Ouzegane, futur ministre de l’agriculture de l’Algérie libérée, et avec qui j’avais vécu près de trois années de prison et de camp de concentration.

    Abd el Kader était à la fois le symbole et l’exemple de la vie, religieuse et militante, de Cheikh Ibrahimi. Il nous montra, ce jour-là, la continuité de la lutte menée, depuis 1830, par le peuple algérien, contre la menace de dépersonnalisation, de perte de son identité, que faisait peser sur lui, depuis plus d’un siècle, l’invasion colonialiste française, et aussi la perversion de l’Islam par le maraboutisme, qui collaborait d’ailleurs avec l’occupant.

    Contre la dégradation du soufisme par le maraboutisme, professant à la fois une évasion de la vie quotidienne par une obsession morbide de la vie future, et par un faux mysticisme, « qui place la perfection dans le non-désir de la vie terrestre » comme écrivait le Cheikh Ben Badis, l’Emir Abdelkader disciple d’Ibn Arabi (le « Cheikh el Akbar »), sut lier ; selon la plus haute tradition islamique, la foi et la politique. Le moment mystique était, pour lui, celui du « recentrement » sur Dieu. Son action, comme chef de guerre et homme d’Etat, était l’expression de sa foi et de sa spiritualité pour modeler le monde selon la « guidance » de Dieu.

    Ce sont là les deux pôles de la vie, indivisiblement religieuse et politique.

    Cheikh Ibrahimi fut, avec Cheikh Ben Badis, le continuateur, pour la rénovation de l’Algérie, de l’œuvre réformatrice entreprise en Egypte par El Afghani, Mohamed Abdou, Rachid Reda, qui mourut en 1935. Cette œuvre était à la fois novatrice du point de vue religieux, politique et culturel.

    Faisant l’éloge de l’interprétation du Coran par Mohamed Abdou, grand Cheikh d’El Azhar, Cheikh Ibrahimi ajoutait : « Rachid Reda a ouvert aux savants la voie de l’exégète coranique… Après lui, la maîtrise de l’exégèse coranique pour le monde musulman tout entier, passa à Abd al Hamid Ben Badis le promoteur de la renaissance intellectuelle réformiste en Algérie, et même en Afrique du Nord. »

    Cheikh Ibrahimi fut, avec Cheikh Ben Badis, l’âme d’une véritable « révolution culturelle » en Algérie, qui rendit possible la libération du peuple algérien, en 1962, de cent trente ans d’aliénation, et la reconquête de son identité arabo-islamique pour laquelle son peuple n’a jamais cessé de lutter de la résistance d’Abd el Kader, aux insurrections de Cheikh Bouamama et d’El Mokrani, jusqu’au soulèvement de 1954 et à la victoire libératrice de 1962.

    La tâche des réformateurs était immense.

    Cheikh Ibrahimi rappelle qu’en 1913, à Médine, au cours de ses veillées avec Cheikh Ben Badis, qui ne se terminaient avec la prière du matin, a commencé à germer l’idée de l « Association des Oulémas », qui ne devait voir le jour qu’en 1931.

    Ils refusaient à la fois les idées de Zya Gokalp, en Turquie, mises en pratique, quelques années plus tard, par Mustapha Kemal, qui, confondant « modernisation » avec « occidentalisation », faisaient perdre à l’Islam son âme par une imitation mécanique de l’Occident, et le conservatisme aveugle de ceux, qui entrant dans l’avenir à reculons, ne lisaient le Coran qu’avec les yeux des morts. Le programme officiel de la Zitouna, jusqu’en 1912, ne comportait exclusivement que les commentaires du Coran d’Al Baydawi (mort en 1316) et des Galalayn (dont l’un mourut en 1459, et l’autre, son disciple, 1505).

    Quel que soit le respect que l’on puisse porter à ces grands exégètes du passé, il est grave de croire que la pensée créatrice de l’Islam se soit arrêtée avec eux, et que cette tradition médiévale puisse apporter réponse aux problèmes de notre temps. D’autant plus que le « Statut organique » de la Zitouna sacralisait ce dogmatisme. Il y était expressément stipulé : « Nul ne pourra se livrer à l’examen des principes que les savants se sont transmis d’âge en âge, et qui sont acquis la science. »

    Cheikh Ben Badis et Cheikh Ibrahimi ont eu à combattre ce double fléau : l’imitation servile de l’Occident, et l’imitation servile du passé.

    Cheikh Ibrahimi écrivait que le pire défaut de ceux qui adoptent la culture occidentale « c’est une ignorance totale
    des vérités de l’Islam, et que le pire défaut de ceux qui se réclament de la culture islamique est une ignorance totale des problèmes et des exigences de notre siècle. »

    Dans la perspective islamique, où la foi est inséparable des lois de la communauté, c’est-à-dire de la politique, le problème majeur était de découvrir comment l’Islam pouvait se « moderniser » sans cesser d’être lui-même, c’est-à-dire sans imiter l’Occident.

    La solution préconisée par Cheikh Ben Badis et Cheikh Ibrahimi, dans la voie ouverte en Egypte par Mohamed Abdou et Rachid Reda, mais dans les conditions spécifiques de l’Algérie, directement affrontée au colonialisme, au colonialisme militaire et politique, mais aussi au colonialisme spirituel, c’était de retrouver le dynamisme créateur de l’Islam matinal, celui de la Révélation coranique et de l’exemple du Prophète.

    Il fallait, pour atteindre cet objectif, « décaper » d’une gangue millénaire de ritualisme, de légalisme étroit, de littéralisme, la lecture du Coran et de la Sunna.

    Cette entreprise ne mettait en cause ni l’origine divine du Coran, ni la grandeur de la tradition : elle en retrouvait au contraire la source vivante.

    Cette « Ijtihad » est, comme l’écrivait Mohamed Iqbâ. « le principe de mouvement » en lequel s’exprime la puissance créatrice de l’Islam, et, comme disait Rachid Reda, d’une audacieuse ouverture de cet « Ijtihad », dépend tout l’avenir de l’expansion de l’Islam.

    Il est vrai, que, très tôt, dès les premières crises de l’Empire abbasside, se manifeste un repli frileux qui s’exprime déjà avec Hanbal, et qui marque la fin de la première et fulgurante expansion de l’Islam. Ce fut pire encore, trois siècles plus tard avec les séismes de l’invasion mongole et des croisades. L’on se mit à théoriser, avec El Mawerdi, à partir d’une scolastique livresque, sur le pouvoir de l’empire abbasside en décadence

    L’immense mérite d’El Afghani, de Mohamed Abdou, de rachid Reda, de Cheikh Ben Badis, de Cheikh Ibrahimi, fut de remonter, au-delà des spéculations théologiques, des gloses des arguties juridiques accumulées au long des siècles, jusqu’à la source vivante : la Révélation coranique, et l’exemple du Prophète, et de procéder comme l’avaient fait les grands jurisconsultes, qui avaient travaillé à atteindre, dans des conditions historiques nouvelles, les objectifs éternels que nous assigne la parole divine.

    La Loi ne peut se pétrifier alors que la vie, qu’elle a pour mission de façonner selon le dessein de Dieu, qui a fait de l’homme son Calife, est en perpétuelle métamorphose.

    En face de ce renouveau des Rachid Reda, des Ben Badis, des Bachir Ibrahimi, le grand Mohamed Iqbal écrivait : « Je trouve que la prétention de la présente génération de réformistes musulmans à réinterpréter les principes juridiques fondamentaux à la lumière de leur propre expérience et des éditions différentes de la vie moderne, est parfaitement justifiée. Le Coran enseigne que la vie est un processus de création incessante, ce qui exige que chaque génération, guidée mais non empêchée par l’oeuvre de ses prédécesseurs, ait le doit de résoudre ses propres problèmes. »

    Parce qu’ils ne se sont pas contentés de répéter, dans leur formulation littérale, des décisions prises dans des situations historiques concrètes, mais en ont retrouvé l’esprit et la guidance divine pour atteindre le même but dans des circonstances historiques nouvelles, inédites, Cheikh Ben Badis à Constantine, Cheikh El Oqbi à Alger, Cheikh Ibrahimi à Oran et à Tlemcen, ont éduqué toute une génération qui allait trouver dans cet Islam vivant la force principale de mobilisation libératrice du peuple algérien.

    C’est seulement à la lumière de l’Islam que le problème pouvait être posé dans toute son ampleur : la révolution algérienne ne pouvait pas avoir simplement pour but de remplacer l’équipe colonialiste au pouvoir par des Algériens qui exerceraient ce pouvoir selon les mêmes lois. Il s’agissait de créer une communauté nouvelle, fondée sur des valeurs radicalement différentes de celles qui étaient imposées, depuis cent trente ans par l’occupant : des valeurs spécifiquement islamiques.

    Cette tâche exigeait la transformation des hommes autant que la transformation des structures. A de faux révolutionnaires prétendant tout changer, sauf eux-mêmes, le Coran rappelle « Dieu ne change rien en un peuple avant que celui-ci ne change ce qui est en lui. » (XIII, II).

    Parce qu’ils étaient pénétrés de cette vérité coranique, les hommes qui créèrent, en 1931, avec Cheikh Ben Badis et Cheikh Ibrahimi, l’Association des Oulémas, mirent au premier plan de leur programme un gigantesque effort d’éducation, à la fois contre l’école dépersonnalisation de l’occupant colonialiste qui tentait de déraciner l’enfant Algérien de la culture arabo-islamique, contre l’obscurantisme maraboutique, si contraire, par ses superstitions et ses « intercessions », à l’esprit de l’Islam (et choyé, pour cette raison, par le pouvoir colonialiste), et contre un enseignement périmé de l’Islam qui le momifiait et le stérilisait par la simple répétition du passé.

    Le problème était d’échapper au double piège d’une intégration aveugle au modèle occidental de croissance et de culture, ou d’un refus global de tout ce qui n’était pas la tradition médiévale.

    Le mérite des réformateurs fut de montrer qu’au lieu d’opposer stérilement science et religion, il était possible de réaliser une intégration critique et sélective des sciences et des techniques de l’Occident, en les subordonnant, comme des moyens, au but de l’Islam.

    La « shari’a », ce mode de vie dominé par le souci d’accomplir le dessein de Dieu, n’implique nullement la sclérose d’une répétition figée des règles qui ont magnifiquement régi la vie de la communauté islamique il y a un millénaire, mais au contraire l’effort créateur pour modeler les sociétés d’aujourd’hui, dans des conditions historiques radicalement nouvelles, qui exigent des initiatives et des méthodes nouvelles, selon le message éternel de l’Islam. En aidant ainsi à « se souvenir de Dieu », et de la signification profonde de la vie et de l’histoire, l’Islam peut apporter à un monde qui meurt, non par manque de moyens mais par absence de but, le sens d’une communauté se consacrant à la réalisation du dessein de Dieu.

    L’occupant ne se trompait pas sur l’importance de ce travail en profondeur : dès le mois de mars 1940, Cheikh Irahimi était exilé en résidence surveillée. C’est dans cette situation qu’il fut élu, à la mort de Cheikh Ben Badis, Président de l’Association des Oulémas. Libéré au début de 1943, il crée, en une seule année, soixante-treize médersas dans les villes et les villages, et quatre cents au cours des années suivantes. Arrêté après les massacres perpétrés en 1945 par l’occupant, Cheikh Ibrahimi se remit, dès sa libération, à sa tâche éducative.

    Roger Garaudy

    Extrait du livre « Biographie du XXème siècle », Editions Tougui, Pa1985.




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  • samir
    26 janvier 2011 at 14 h 21 min -

    pourquoi ne pas prendre le meilleur des lois de chaque pays du monde et profiter des experiences des autres nations , les lois sociales , economiques et bien sur des libertes d expression et d entreprendre nous avons assez de recul pour voir ce qui a marcher ou qui n a pas marcher dans d autres pays ensuite une adaptation a notre pays avec une bonne gestion qui commence par un personnel hautement qualifie a commence par le maitre d ecole et a tout les niveaux assortis de bon partenariat avec d autres pays ensuite il ne s agit que de management a tout les niveaux ou l excellence et la competence seules primes l evaluation se fera chaque annee et sera sanctionnee ;tout autre bavardage sera banni; seul le potentiel qui apportera du bien etre a tout citoyen algerien sera considerer; l etat devrait completement disparaitre devant l initiative citoyenne quel soit economique ou autre l etat jouera le role d arbitre et de regulateur d abord reecrivant notre constitution en s inspirant du meilleur exemple la nation americaine ensuite mettons nous au travail nous avons perdu trop de temps et les defis du futurs seront immenses a bon lecteur salut




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  • azzedine
    27 janvier 2011 at 22 h 52 min -

    le fond du complexe problème Algérien est ceci à mon avis: On attribue à travers les divers commentaires ici et là ,cette situation à  »eux » et à  »ils » parfois à  » lui » je dirais plutôt qu’il faux te plaindre toi , elle , nous ,vous.
     »lui » est boutef et cie,  » ils » et » eux » sont les casquettes.




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  • Congrès du Changement Démocratique