Édition du
21 July 2017

Les élites politiques et intellectuelles et la société « civile » en question

Par le Dr Ahmed ROUADJIA

Historien,

La notion d’ « élite » connote au sen premier  du terme ce qu’il y a de « meilleur », de ce qui se distingue par ses qualités intrinsèques , et au sens extensif, elle désigne la classe politique qui commande ou  préside à la gestion d’une nation, d’un Etat ou d’une communauté organisée, mais désigne  aussi l’ élite intellectuelle constituée de chercheurs, de penseurs, de créateurs, de poètes  d’artistes, etc., plus ou moins indépendants du pouvoir, voire même des partis d’opposition. Face à ces deux entités sommairement définies, se trouve la société dite « civile » qui comprend une large palette d’individus appartenant à des strates sociales fortement différenciées : des  classes supérieures et inférieures entre lesquelles s’intercale une foule de nuances : des couches sociales moyennes, pauvres, et très pauvres ; des travailleurs, des cultivateurs,  et des journaliers ; des petits fonctionnaires, des employés de commerce et des services, etc. On peut également inclure dans cette société globale, dite « civile », les chômeurs et tous ces désœuvrés qui tentent de survivre en essayant de rafistoler leurs moyens d’existence en se livrant à des menus activités diverses, qui vont de la revente à la sauvette d’objets hétéroclites au travail au noir , en passant par le chapardage,  les petits larcins, jusqu’à la mendicité et à la revente des drogues et à la prostitution.

Aucune société humaine fondée sur des classes sociales aux intérêts antagoniques ne se trouve à l’abri de ces formes de manifestations inégalitaires. Néanmoins, il est des sociétés qui ont tenté et qui tentent de réduire ou d’atténuer par une politique intelligente et hardie ces écarts criants entre les différentes couches sociales en procédant à la redistribution de la richesse d’après des critères d’équité et de justice sociale. La réussite ou l’échec d’une politique sociale, et partant de la réalisation de la paix sociale au sein d’une société donnée, dépend essentiellement de la vision de son élite politique. Peut-on dire maintenant, au sujet de la société algérienne qui nous préoccupe au premier chef, qu’elle dispose d’une vraie « élite politique » au sens le plus noble de ce mot, une élite qui se distingue par une vision large qui lui permet non seulement de faire preuve d’une bonne gouvernance fondée sur l’efficacité, l’économie de temps, de l’énergie, de l’argent et de son bon usage, mais une vision qui lui permet également de penser la construction de l’Etat sur des bases solides et durables ? Rien n’est moins sûr .

Le portrait  de l’élite politique algérienne

Les traits pertinents qui puissent restituer avec la fidélité requise le portrait de cette élite, sa physionomie réelle, se révèlent être au nombre de trois : autoritarisme, mépris de la « populace », et incapacité de communiquer. Ces trois traits caractéristiques, distinctives, de sa conduite politique, découlent comme une conséquence directe de deux facteurs étroitement imbriqués :a) de la culture patriarcale transposée très tôt par le mouvement national dans le domaine de l’action militante où seul le zaïm ( le leader) a voix au chapitre en ce qui concerne l’orientation à imprimer aux objectifs à atteindre ; b) de l’esprit de corps  (al assabiya )qui n’admet d’autres modes d’élections  que ceux  ressortant de la cooptation ou de la désignation d’office et qui, tous deux, relèvent du mode archaïque qu’atteste historiquement l’allégeance ( al mubaya ‘a), qui est une forme féodale de sélection des « élites » sur la base de l’obéissance et du serment de fidélité. Depuis l’indépendance de l’Algérie, notre « élite politique » qui se targue pourtant de « modernité » et de « modernisme », n’a de cesse d’être conditionnée, dans ses reflexes comme dans ses représentations et ses conduites, par cette culture de la soumission au « protecteur » et qui, paradoxalement, s’accompagne chez chacun de ses membres d’une posture « autoritaire » qui ne laisse pas de place à la réplique ni à aucune voix discordante.

L’autoritarisme de mauvais aloi

Prenons l’exemple des membres de notre « classe politique » que l’on pourrait qualifier d « élite politique » de la nation. J’y inclus pour l’essentiel les « ministres ». Aucun d’entre eux ne doit son poste à l’élection au suffrage populaire. Tous ont été cooptés ou désignés par le « haut », ou comme on dit chez nous par «  les décideurs » ( ashâb al qarar). Mais que sont-ils  au juste ces décideurs ? Personne ne le sait. On devine  seulement qu’ils sont «  là haut », nichés quelque part au sommet de l’Etat, et s’affairent à élaborer des scénarios d’avenir  au dessus de nos têtes. C’est à ces «  décideurs » invisibles, mais omnipotents et omniscients, que nos ministres qui sont censés constituer l’élite politique de la nation, rendent compte, et non à la société à laquelle ils ne  doivent absolument rien. C’est dire, en un mot,  que les membres de cette « élite politique » s’avèrent  à l’observation attentive non seulement hétéronomes, mais se montrent également affligés d’une double face, comme Janus, le Dieu romain : une face docile tendue en direction de ceux qui les ont placés là où ils sont, et une face dure, autoritaire, avec laquelle ils donnent à la société l’impression fausse d’être les véritables détenteurs des rênes de l’Etat, alors qu’ils ne sont que les simples exécutants d’une volonté politique, décidée ailleurs, et  à l’élaboration de laquelle ils n’ont guère pris part. En ce sens, les membres de cette « élite politique » sont complètement hétéronomes, et cette hétéronomie de la volonté en fait des figures pâles, ternes et desséchées, dès lors même qu’ils feignent l’allure d’hommes politiques autonomes et indépendants par rapport à leurs « patrons » invisibles. Le caractère bicéphale de notre régime politique fait que la tête apparente masque la tête réelle. En se revêtant du costume d’apparat et en affectant la posture d’autorité et du prestige, les membres de cette élite trahissent malgré eux un  goût prononcé pour l’autoritarisme de mauvais aloi et une tendance fâcheuse à regarder leur société ou leur « peuple » avec un mépris condescendant qui n’a d’égal que le mépris qu’affichait naguère le petit colon français à l’égard de « l’indigène  musulman ».

Le mépris de « la populace »

De cette « culture politique » faite d’un mélange d’allégeance, de soumission formelle, d’autoritarisme, d’absence de pensée plus haute et plus libre, procède ce mépris hautain qu’affiche ostentatoirement  cette « élite » bigarrée  envers le peuple qu’elle traite en quantité négligeable. Sûre d’elle –même et de la pérennité du pouvoir qu’elle détient à la faveur du jeu de la cooptation, du clientélisme, de la vénalité  et de la corruption, cette « élite politique » ne se sent guère obligée de devoir quoi que ce soit à la société, et ce qui explique son autisme et son refus obstinée à prêter la moindre attention aux protestations et aux rumeurs qui sourdent des entrailles de « la société civile ».  Les membres de cette élite qui se targuent d’être des « patriotes » oublient ou feignent d’oublier qu’ils constituent par leurs actes et mœurs politiques de véritables ferment de dissolution des fondements  de l’Etat et de la nation qu’ils prétendent incarner. Sourde et muette, prétentieuse et arrogante en dépit de son ignorance crasse, l’élite politique officielle, à l’exception de quelques rares individus écartés ou renvoyés à la retraite anticipée pour avoir exprimé une voix discordante, ne se sent pas battre le cœur du peuple et de sa jeunesse qui, las de trop longues injustices et humiliations, n’appellent pas la guerre fratricide, mais sont résolus désormais à ne pas se laisser  courber l’échine sous le joug d’un régime à la fois autoritaire et corrompu. Le défi  que le peuple et sa jeunesse cherchent à relever, à travers leurs protestations et leur colère, ce n’est pas seulement celui du « pain », mais surtout celui du respect et de la dignité humaine bafoués ; ils cherchent aussi à relever le défi  de la diminution et de l’abaissement économique, intellectuel, moral et politique dans lesquels cette élite dévoyée a enfoncer le pays tout entier jusqu’aux genoux .Ils  cherchent et veulent, consciemment ou non, à bannir du paysage social et politique cette forme délétère qui est la « hogra » qu’on a érigée en un système de gouvernement.

Repus à force de corruption morale et matérielle,  cette élite a commis bien des péchés contre la nation, et notamment ce péché contre l’esprit et l’intelligence, les seuls qui ne doivent pas être pardonnés. En sacrifiant ce qu’elle sait être la vérité à des intérêts féroces ou à des préjugés criminels, elle a fini par se rendre détestable et  exécrable aux yeux d’une société qui se sait être l’objet  d’un souverain mépris de la part d’une « élite » parachutée ou imposée à la tête de l’Etat.

Le zéro de la communication politique

Comme chacun le sait, y compris l’illettré algérien, qui a l’oreille et le sens de l’écoute et de la sagesse, notre élite politique se révèle cruellement démunie en termes de savoir pédagogique et d’ art de communication ; elle ne sait pas s’adresser au public et ses paroles se font le plus souvent bafouillage, locution difficile ou hésitante,  usage d’un bilinguisme discordant accompagné d’une diglossie troublante… Manquant  d’élégance et de cohérence, quant à la forme et le contenu de son discours, elle devient de moins en moins convaincante, persuasive et crédible aux yeux d’un public désenchanté et désabusé par tant de scandales financiers et économiques dont bon nombre de ses membres sont trempés jusqu’au cou sans que le justice s’en mêle pour autant. Parce qu’elle est cooptée et corrompue jusqu’ à la moelle que cette élite se dispense de l’art de communiquer, lequel requiert  un savoir-faire et un savoir être qui n’est pas à sa portée, et elle ne cherche d’ailleurs nullement à l’acquérir tant qu’elle est exonérée de persuader, de convaincre et de rallier à son « programme politique » qu’elle a imposé  par anticipation à un public tenu dans l’ignorance de son élaboration  et seulement invité à le plébisciter. De là s’explique le fait que l’écrasante majorité de cette élite politique se trouve frappée d’aphasie,  et incapable de communiquer avec la société au moyen d’un discours audible.  Le seul message qu’elle sait transmettre relève de phrases toutes faites, stéréotypées, répétitives, et monotones, et toujours  faites sur le mode normatif ou impératif : « nous avons décidé de… » ; « nous avons adopté des textes de lois… » ; « nous avons, conformément aux instructions de Sa Majesté le Président de la République… » d’accélérer les Travaux  d’infrastructure ou  d’adopter pour le système LMD présenté comme étant  la meilleure panacée pour sortir l’enseignement supérieur de sa léthargie…

L’élite intellectuelle en générale

Celle-ci peut-être définie comme le « gratin » de la société. Dans la mesure où elle est composée des gens de culture ( penseurs, poètes, critiques littéraires, philosophes, sociologues, romanciers, journalistes talentueux, artistes…), elle a pour mission essentielle de produire le savoir et le sens, de refléter par ses œuvres et ses créations diverses les préoccupations de son époque et de traduire les besoins, les attentes, les rêves et les mythes de la société dans laquelle elle se trouve immergée à un moment donné de l’histoire. Par sa fonction comme par son statut, elle se distingue de l’élite politique par un certain nombre de caractéristiques fondamentales : production du savoir et de la connaissance, esprit critique, autonomie de la pensée comme de l’action par rapport non seulement à l’élite politique dominante, mais aussi par rapport aux partis politiques d’opposition, aux clans, aux coteries idéologiques et aux intérêts privés. Quoique certains de ses membres puissent avoir des affinités idéologiques, voire même une appartenance de fait à tel ou à tel parti, il reste que l’intellectuel, le vrai, ne déroge jamais  à sa fonction  critique et impartiale . La filiation à une école de pensée, à un dogme religieux ou philosophique, n’interdit pas au penseur  et au créateur dignes d’être qualifiés d’ « intellectuels » de procéder à l’examen impartial des faits sociaux ou politiques. En un mot, le rôle premier de l’élite intellectuelle d’une nation, c’est d’être vigilante vis-à-vis du pouvoir établi et de ne pas ménager ses efforts critiques à son égard lorsque celui-ci se met en travers et contre la volonté et les aspirations les plus profondes de la société civile. Passer sans complaisance au crible critique tous les travers de la société politique, mais aussi civile, c’est faire œuvre d’esprit d’examen critique et du sens de la responsabilité civique et civile, qui sont des traits constitutifs des vertus éthiques et de l’engagement citoyen dans la vie sociale de la Cité.

La figure de l’élite intellectuelle algérienne en particulier

Qu’en est-il maintenant  de « l’élite intellectuelle algérienne ? ». Existe-elle effectivement et si oui, sous quelle physionomie se manifeste-t-elle ? Que représente-t-elle sous le rapport quantitatif ? A ces questions, on peut répondre : premièrement, elle n’existe que par défaut, par procuration ; secundo, elle représente, si on la rapporte au nombre de diplômés de l’enseignement supérieur, une masse importante d’individus. On pourrait l’ estimer   à 4 8000  personnes composées  d’enseignants  répartis entre les 60 universités, instituts et centres universitaires que compte le pays.  Ce chiffre comprend quelques centaines de « docteurs », toutes disciplines confondues. Mais les diplômes, fussent-ils de haute facture, ne font pas forcément de leur titulaires des « intellectuels », car  n’est pas intellectuel qui veut. Les titres d’enseignants, de « docteurs », etc., renvoient à une spécialité, à un savoir-faire particulier, et ne confèrent pas de ce fait le statut d’ «  intellectuel » aux détenteurs de ces diplômes.

Le qualificatif d’intellectuel s’applique traditionnellement à des personnes qui, en sus de leurs titres et au- delà de l’exercice de leur métier particulier (  écrivain, sociologue , historien, physicien , mathématicien, etc.), s’adonnent à des activités réflexives tout en s’impliquant dans les préoccupations de leurs temps et de leurs sociétés. C’est ce qu’on appelle « l’engagement intellectuel » qui suppose participation active aux diverses manifestations de la vie sociale,  protestations et pétitions contre la promulgation des lois sociales et économiques jugées intolérables ou scélérates ; prise de position sur tel ou tel sujet politique ou social considéré comme « chaud » ; défense des droits des ouvriers ou des minorités ethniques et nationales  discriminées par le pouvoir central. L’ « intellectuel », le vrai, c’est surtout celui qui pense, qui réfléchit et produit « le sens » des choses et de la vie ; qui donne à voir et à lire le processus complexe d’après lequel évolue la société et les causes qui engendrent en son sein des crises, des flambées de violences, ou qui la font  avancer sur la voie du « progrès ». Il observe et scrute attentivement ses moindres « pulsations » aux fins d’essayer de déterminer l’origine des battements anormaux de son organisme et de suggérer les remèdes possibles…

Le profil de l’intellectuel engagé ici et ailleurs

Par définition, l’intellectuel actif, engagé, n’est pas un personnage « neutre », qui se contenterait d’observer passivement le déroulement du « spectacle du monde » sans réagir. Au contraire, c’est un personnage qui s’ y implique à fond, et qui se considère comme partie prenante des tragédies humaines qui se jouent sur la scène du monde et de la société où il vit immergé comme « un poisson dans l’eau ».

Bon nombre d’exemples illustrent la figure de l’intellectuel. Ainsi Jean-Paul Sartre était-il un écrivain « professionnel » comme l’était sa compagne Simone de Beauvoir. Tous deux avaient  en leur temps pris des engagements et des prises de positions qui sortaient du cadre strict de leurs préoccupations « professionnelles ». Ils avaient dénoncé les méfaits du colonialisme en Algérie, et soutenu la cause du FLN. Durant la « Révolution de Mai 68 » en France, ils s’étaient solidarisés avec les ouvriers de Renault et de Peugeot en grève en prenant part aux importantes manifestations ouvrières et estudiantines. Les signataires du Manifeste des «  121 » contre la guerre d’Algérie,  « les porteurs de valise » au profit du FLN, dont le fameux  Francis Jeanson qui fut à la tête d’un des réseaux de soutien au Front, étaient tous des figures intellectuelles connues en France et à l’étranger. Jeanson était un philosophe de formation, et Pierre Vidal-Naquet, historien de formation, qualité qui ne les a pas empêché de s’engager à fond en faveur de la cause algérienne en dénonçant avec vigueur les pratiques du colonialisme français pendant la guerre.[1] Les Temps modernes, revue fondée par Jean Paul Sartre, et Esprit, fondée en 1932 par Emmanuel Mounier, sont des revues d’intellectuels de haute volée, et dont les membres s’étaient engagés presque tous aux  côtés de la révolution algérienne.

Au crépuscule de sa vie, le grand sociologue français Pierre Bourdieu, promu professeur émérite au Collège de France, se trouve encore engagé dans des combats contre la mondialisation aux côtés des militants altermondialistes, après s’être longtemps rangé  auparavant du côté des ouvriers et des grévistes de France et d’Europe. De tous ces exemples qui n’épuisent pas la longue liste d’intellectuels engagés à la fois dans la production intellectuelle et dans les luttes sociales, syndicales et politiques, il ressort nettement la différence presque fondamentale qu’il y a entre le diplômé, si haut que puisse être son statut ( docteur, professeur…) et l’intellectuel qui pense, produit du sens et qui allie réflexion à action concrète. Par ailleurs, ce qui distingue l’intellectuel fécond, productif et agissant du diplômé passif et routinier, c’est que le premier possède, en sus de sa spécialité, une culture générale  lui permettant de s’ouvrir sur d’autres disciplines qui achèvent d’ élargir son savoir et ses perspectives intellectuelles, alors que le second se trouve au contraire privé de ces possibilités d’ouverture  et  d’enrichissement de « soi » tant il se maintient cantonné dans sa spécialité et s’y complait. Le premier produit de la connaissance et du « sens » quand le second se complait dans la répétition du même.

Le diplômé passif et parasite

Qu’en est-il maintenant de l’intellectuel algérien ? A vrai dire, ce personnage n’existe que sous la forme d’un diplômé au sens défini ci-dessus. Il est envisagé et se conçoit lui-même sous le rapport d’une fonction « mécanique » destinée à remplir certaines tâches qui lui sont préalablement assignées. Nos enseignants universitaires, pour leur grande majorité, nous fournissent eux-mêmes l’exemple vivant d’une pratique « intellectuelle » réduite à psalmodier des cours décousus, vides de contenus, où la répétition et la récitation fastidieuses des mêmes thèmes prennent le pas sur l’analyse, l’esprit critique et le savoir dépouillé  de sa gangue et ses de scories. Dans ces conditions, il ne faut pas s’étonner s’ils ne produisent rien qui vaille la peine, et si leur engagement intellectuel ou social est nul. En effet,  sur les quarante huit mille enseignants que comptent  environ nos établissements scientifiques, on pourrait les compter sur le bout du doigt ces vrais intellectuels. Ils existent, mais sont minoritaires, atomisés et fragmentés. Ils produisent de la qualité, publient, luttent à leur manière pour la transformation de la société et de l’ordre politique, mais en ordre dispersé et ne se connaissent que par l’entremise des quotidiens dans lesquels ils écrivant en se lisant mutuellement. Inutile de citer ici leurs noms tant ils sont connus des lecteurs cultivés. Paradoxalement, c’est du côté du journalisme de la presse privée que l’on trouve le plus de gens ayant le profil et la plume de vrais intellectuels, et non du côté de l’université devenue le lieu de la reproduction indéfinie de l’indigence et de la médiocrité ravageuse. Elle ne produit pas de vrais intellectuels, mais des diplômés à la qualité passable qui ne pensent que « réussite » par le biais de la mendicité honteuse et éhontée des « notes élevées ». Sans contrepartie ni effort.

Le triomphe de la pensée scolastique à l’université

S’il faut trouver  de vrais  intellectuels, il faut les chercher ailleurs, non du côté de nos universités qui s’étiolent dans la routine et dans la répétition fastidieuse des mêmes rengaines. Qu’attendre de bon et de positif  de l’université quand celle-ci offre des postes d’enseignants à d’anciens imams de mosquées, barbus et imberbes, et à des gens venus directement de la zaouia d’El Hamel et d’ailleurs pour y dispenser soit disant le savoir et la science dont ils se gargarisent à tout bout de champ ? Je ne dis rien non plus de ces ex- enseignants de collèges et de lycées qui emplissent de leur présence le paysage de nos campus, et qui transportent et transposent leurs méthodes scolastiques, leurs cultures et leurs représentations étriquées de la science dans l’université. En arrivant à l’université, ces personnes assoiffées de prestige, de pouvoir et d’argent, jettent aussitôt leur dévolu sur les postes administratifs qui leur garantissent une certaine « immunité » et leur permettent en même temps de dérober au regard extérieur leur cursus chaotique. Ils sont enseignants, et responsables administratifs. Sous cette double casquette, ils assument plusieurs fonctions simultanées ou presque : administrative, pédagogique, scientifique. Ainsi  certains chefs de départements titulaires de magisters sont-ils dans le comité scientifique du département, et s’autorisent même au nom de leur  simple fonction à évaluer scientifiquement  des Professeurs et des Maîtres de Conférences en leur attribuant des notes de carrières passablement mauvaises aux fins de les empêcher de grimper dans les échelons… C’est dire qu’une partie de l’administratif, en particulier dans l’université, devient le refuge  et le point de ralliement de tous les éléments venus soit des collèges et des lycées, soit de certaines mosquées ou zaouia. Ces gens prisent plus que la science les postes administratifs et vouent un culte  quasi sacré au commandement, au prestige et à l’argent dont les heures supplémentaires, réelles ou fictives, gonflent leur bourse.

Ce profil de « diplômés » intéressés, qui courent derrière la « réussite » et le mirage de l’argent n’est pas rare. Il constitue la majorité. Il est passif,  parasite  et soumis. Il ne produit pas seulement, mais il fait feu de tout bois pour empêcher les autres de produire le savoir et les connaissances. Il joue dans le paysage intellectuel ou ce qu’il en reste le rôle d’une force de blocage et d’inertie. Sa fonction et ses représentations de la société et du monde extérieur opèrent dans le sens de la conservation et de la régression. Frileux, peureux et lâche, il évite la confrontation intellectuelle avec ses pairs, l’engagement social ou associatif, esquive les questions sérieuses, d’ordre scientifique ou philosophique, et n‘a de centres d’intérêts que pour les bruits et les rumeurs des couloirs d’à côté…

Pourtant, ces gens aux figures pâles et à la pensée pauvre se disent « intellectuels » et se targuent d’être « la crème » du pays, son élite par excellence. Certes, ce profil d’individus ne représentent pas tous  les enseignants et les diplômés du pays dont beaucoup, à défaut d’être intellectuels au sens sartrien, ils n’en sont pas moins compétents dans leur disciplines respectives. Il y a, dans nos universités,  de bons mathématiciens, d’excellents physiciens, de biologistes, de sociologues, d’historiens, etc., mais qu’on ne peut assimiler à des « intellectuels » au sens défini précédemment, tant qu’ils restent anonymes et complètement en retrait de la vie sociale et politique de leur société et de leurs époque. Pourtant, l’Algérie recèle d’énormes potentialités en matière de « cerveaux », et  comme l’écrit à juste titre Jeanson, elle « ne manque pas d’intellectuels ; organiquement, comme aurait dit Gramsci, elle n’est pas tout à fait prête à leur concéder, en son sein, une véritable efficacité. Il y faudra tout un travail : le quidam-citoyen, le responsable politique et l’intellectuel en seront ensemble comptables. Et ils n’auront pas beaucoup de temps devant eux pour commencer à prouver que le seul pari acceptable n’était pas, malgré les apparences, un pari condamné. »[2]

Une fois dessinée à grands traits la figure de l’élite intellectuelle, celle qui refuse la soumission et la compromission, par opposition à « l’élite organique » inféodée au pouvoir, il reste maintenant  à examiner   la société civile et ses diverses composantes afin de déterminer la place qu’y occupent  les acteurs sociaux et la manière dont ils  se définissent  en se distribuant entre eux des « rôles » bien déterminés dans l’arène sociale.

La société civile en général et la société algérienne en particulier

Au regard de « l’élite politique » algérienne, la société civile n’existe pas. Elle est envisagée tout bonnement sous le rapport d’ une masse « inorganique », amorphe, désordonnée  et confuse dont il convient de contrôler et de canaliser sans cesse les instincts agressifs et les réactions imprévisibles. Ignorante et incapable de s’autogérer et de s’autodiscipline  par elle-même sans provoquer de remous et de désordres inextricables, il lui faut donc un tuteur pour guider ses pas et l’orienter vers le chemin qui la conduirait vers le salut. Or ce guide, cet éclaireur n’est rien d’autre que cette élite politique autoproclamée comme telle, et qui se pose et s’impose en paternaliste à une société qu’elle considère, en toute bonne foi, comme « mineure », et donc incapable de prendre son destin en main. Versatile et imprévisible, elle recèle un énorme potentiel d’agressivité et de violence qu’on ne peut contenir ou endiguer qu’en la soumettant en permanence à une surveillance vigilante, et à un contrôle policier dépourvu de tout état d’âme, et toujours prompte à ramener à résipiscence quiconque oserait élever la voix sur la place publique  ou émettre la moindre protestation pacifique…

Le peuple mythique, glorifié autrefois, s’est décliné désormais en une « société civile » sans que cette nouvelle dénomination ne change en rien le fond des choses. Comme le peuple de jadis, célébré comme « le seul héros », mais pourtant dominé, minorisé et méprisé depuis toujours, la « société civile » qui lui a succédé se trouve ravalée au rang d’un « troupeau de mouton » dont les bergers, toujours les mêmes, n’ont, depuis, changé ni costume ni représentation du monde. Leur vision reste profondément marquée par le mépris de « la populace », mépris qu’ils tiennent aux illusions et aux sentiments fallacieux qui les habitent de constituer vraiment  « l’avant- garde », voire l’ « élite »  même au sens intellectuel du mot, alors qu’en vérité ils ne sont rien moins que des gens pétris d’une culture paysanne ou semi urbaine qu’ils ont héritée du  « populisme révolutionnaire… » pour reprendre l’expression de Mohamed Harbi. Autodidactes en politique, les membres les plus récents de cette  élite  cooptée  se révèlent à l’observateur averti moins lotis que leurs pairs tunisiens ou marocains en culture générale et donnent l’impression d’avoir été nourris au seul lait de l’idéologie bureaucratique qui sacrifie à la logique du raisonnement le discours logomachique, pompeux et autoritaire dont  Blekhadem, entre autres, nous fournit un échantillon  typique. Avec de tels profils d’hommes dont la vision du monde et le discours se réduisent à des propos sentencieux, tout en  affectant certaine « importance » et hauteur aussi bien dans le geste que dans le verbe aux résonnances creuses,  « la société civile », agissante et autonome, ne peut pas émerger. Elle est étouffée sous le poids écrasant de l’indigence intellectuelle de cette élite filtrée et triée sur le volet d’après des critères de soumission déterminée par des « rapports d’habilitation » absolument absurdes ; indigence que double et conforte par ailleurs le quadrillage policier d’une société dite pourtant « libre », mais qui n’en reste pas moins brimée et interdite, comme l’opposition, d’accès aux médias publics, comme notre télévision nationale ( ENTV) qui ne fait que répercuter les discours des officiels aux propos  monotones, fastidieux et monocordes à souhait.

Société civile et résistance à l’oppression et à l’injustice

Comment définir encore la société en général ?  D’abord comme un ensemble d’individus, eux-mêmes constitués en classes sociales, qui se subdivisent à leur tour en couches, en groupes sociaux plus ou moins élargis, de clans, de groupes « minoritaires » pour ne pas dire « ethniques », de réseaux fondés sur des intérêts patrimoniaux et matrimoniaux, ou sur la base d’affinités idéologiques, régionales, etc. Ensuite, elle se définit comme un complexe inextricable d’entités humaines dont les intérêts et les aspirations se chevauchent, s’entrecroisent et, parfois, se heurtent violemment. La cohabitation ou la coexistence entre ses membres n’exclut pas de divergences et de heurts ni, inversement, de coopération et d’entraide mutuelles.

Diverse  et fortement stratifiée, la société est sujette souvent à des sautes d’humeurs, à des explosions soudaines, spontanées ou aveugles, mais  presque toujours provoquées par des facteurs qui trouvent leur origine dans la nature même de l’ordre établi. S’il est injuste, l’on peut s’attendre à des réactions déraisonnées et irrationnelles  de la part de la foule ; cet ordre contesté peut  sur l’instant la réprimer ou noyer dans la sang, mais  il n’arrivera jamais sur le plus ou moins long terme à réfréner la  colère de celle-ci ni sa volonté de résister contre ce qu’elle considère comme atteinte à ses droits, à sa dignité et à son « honneur ». Face aux  sentiments d’injustice et de souffrances subies, et des humiliations bues jusqu’à ne plus soif, la foule n’a d’autres choix pour recouvrer ses droits bafoués et sa dignité rabaissée qu’en rompant en visière avec ses peurs intériorisées en s’opposant frontalement à ses oppresseurs. La résignation, le fatalisme et toutes les inhibitions qui ont pu peupler son imaginaire au fil des ans finissent subitement par s’évanouir pour céder, enfin, la place au courage et au sentiment de sacrifice et d’abnégation au sens religieux du terme. L’exemple de nombreux pays dont les sociétés civiles ( Ex-URSS, Pologne, Tchécoslovaquie, Roumanie…)  étaient soumises aux lois d’airain de l’autoritarisme et du totalitarisme, montre que les régimes politiques  qui gèrent leur « société civile » au moyen de la coercition, et de son adjuvant essentiel, la peur, sont voués aux gémonies de l’histoire, et finissent, sans exception, par s’effondrer, tels des châteaux de cartes. Les exemples les plus récents  (l’Irak, et  la Tunisie …) témoignent de la fragilité de ces « tigres en papier » pour reprendre cette métaphore appliquée naguère par Mao Tsé Tong aux impérialistes américains et nippons. Qui aurait pu croire, il y a seulement quelques semaines, que le régime en apparence « inébranlable » de Zine El Abidine Ben Ali puisse voler  ainsi en éclats  en l’espace seulement de quelques jours  d’émeutes et de protestations ?

J’arrive maintenant à la notion de résistance civile. Celle-ci peut être définie comme le processus d’émancipation de certains acteurs sociaux ou politiques qui prennent le risque d’une parole indépendante au sein même de la dictature. La résistance civile est alors ce processus même de la conquête de la parole, synonyme de conquête de liberté. La révolution  des Œillets au Portugal, celle d’Espagne qui a met fin à la dictature militaire , celle plus récente , du « jasmin » en Tunisie, sont des exemples qui illustrent parfaitement les divers contextes politiques dans lesquels naît et se développe la résistance  au  nez et à la barbe des régimes autoritaires ou dictatoriaux.

Qu’est -ce que c’est que l’espace public ?

Le lieu où cette conquête de la parole peut avoir lieu est l’espace public. Cette parole brimée peut s’affranchir de deux manières : a) par l’institution des cercles de discussions et divers lieux d’échanges, créés à l’instigation d’intellectuels, écrivains, artistes, avocats, défenseurs des droits de l’homme, etc. On a vu se constituer dans l’ex-URSS, et ses satellites ( Pologne, Tchécoslovaquie, Roumanie,  Allemagne de l’Est…) des lieux de débats publics ( comités, clubs de réflexions…) fonctionnant sur le mode  de protestation, et  d’expression critique envers l’ordre politique établi. Cet ensemble d’activités recouvre précisément la notion d’espace public par opposition à l’espace institutionnel et privé. Cette définition de l’espace public recoupe à peu près la définition qu’en donne Jürgen Habermas [3] ; b) La seconde modalité qui mène à la conquête de la parole et, donc à l’ouverture de l’espace public  cadenassé réside dans l’émergence spontanée de protestations sociales ou politiques, ou encore, dans les formes revendicatives et de protestations les plus variées ( contre la cherté de la vie, les brimades, les privations, les frustrations…). Ce type d’action  ressort alors de mouvements collectifs dont le caractère spontané renvoie à une volonté de résistance contre les conduites et les pratiques de l’ordre établi, pratiques  ressenties comme une forme d’injustice intolérable contre laquelle la parole s’élève et se fait bruyante dans l’espace public : dans la rue ou par le biais des médias.

Dans le prochain article, je développerai ces notions d’espace public et de résistance civile en connexion directe avec le rôle de l’élite intellectuelle et des médias dans l’éveil de la conscience citoyenne  d’une nation, et la manière dont elle s’affranchit des contraintes de la censure et de la peur instituées en un système de gouvernement.


[1] . Cf. Pierre Vidal-Naquet, Face à la raison d’Etat. Un historien dans la guerre d’Algérie, Paris, La Découverte /essais, Paris, 1989.

[2] . Francis Jeanson,  ALGERIES. De retour en retour, Paris, Seuil, 1991, p.172.

[3] . Jürgen Habermas, l’Espace public, Paris, Fayot, 1976, p.


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11 Commentaires sur cet article
  • Nourredine BELMOUHOUB
    27 janvier 2011 at 12 h 03 min -

     » Qu’attendre de bon et de positif de l’université quand celle-ci offre des postes d’enseignants à d’anciens imams de mosquées, barbus et imberbes, et à des gens venus directement de la zaouia d’El Hamel et d’ailleurs pour y dispenser soit disant le savoir et la science dont ils se gargarisent à tout bout de champ ? ( Dr Ahmed ROUADJIA)

    Et qu’attendre de bon et de positif de l’Université quand celle-ci offre des postes d’enseignants à des intellectuels qui font l’apologie de la D.R.S ?
    Je préfère les jeunes « Casseurs » qui ont osé ce que l’élite intellectuelle n’a pas eu le courage de faire, n’étais-ce d’épisodiques petites manifestations à huis clos pour « quémander » une augmentation, pour bon mépris de la « populace » que nous sommes.
    Vive le bas peuple.




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  • mihoubi
    27 janvier 2011 at 18 h 47 min -

    Au Docteur Ahmed Rouadjia

    Docteur, vous parlez d’intélectuels parce qu’ils sont instruits, moi je les qualifie d’arrivistes. Etre ambitieux et arriviste n’est pas un mal en soit.
    Pour donner une idée sur nos arrivistes à nous, je vous raconte ce qui suit : Un jour, il y a une dizaine d’années, dans un bus qui montait péniblement le boulevard Bougara pour El-biar – Alger, j’ai écouté involontairement deux jeunes hommes qui ne se sont pas vus depuis des années. L’un explique à l’autre qu’il est à la fac de droit de Ben Aknoun.
    L’autre, non surpris, lui demande pourquoi il a choisi ce créneau et l’autre de lui répondre sans gène et le plus normalment du monde
    alors qu’un paquet de personnes entendaient, qu’une fois juge, il fera une ou deux affaires pour sortir de la boue….. Je vous laisse deviner Docteur.Voilà ou nous en sommes, Docteur et des types comme lui, ce n’est pas ce qui manque dans notre pauvre Algérie. Le culte de la course à l’argent mal acquis, surtout
    de la part d’un magistrtat, une profession noble. Salutations.




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  • Fodil
    27 janvier 2011 at 19 h 49 min -

    Carton Rouge Dr ROUADJIA, notre Révolution est en cours, on n’a pas le temps de nous attarder sur vos allégations, mais contentez vous de ceci en attendant, sinon je vous invite à lire les 162 internautes du LQA (…)

    Selon vous Monsieur le Professeur je vous cite:
    « La notion d’ « élite » connote au sen premier du terme ce qu’il y a de » meilleur », de ce qui se distingue par ses qualités intrinsèques, et au sens extensif, elle désigne la classe politique qui commande ou préside à la gestion d’une nation, d’un Etat ou d’une communauté organisée, mais désigne aussi l’ élite intellectuelle constituée de chercheurs, de penseurs, de créateurs, de poètes d’artistes, etc., plus ou moins indépendants du pouvoir, voire même des partis d’opposition… »
    Plus ou moins indépendant.., c’est grave Docteur..
    Et vous enchainez
     » On peut également inclure dans cette société globale, dite « civile », les chômeurs et tous ces désœuvrés qui tentent de survivre en essayant de rafistoler leurs moyens d’existence en se livrant à des menus activités diverses, qui vont de la revente à la sauvette d’objets hétéroclites au travail au noir , en passant par le chapardage, les petits larcins, jusqu’à la mendicité et à la revente des drogues et à la prostitution… »
    Merci Monsieur l’intellectuel, et vous nous invitez à nous contenter de notre situation, je vous cite :
    « Aucune société humaine fondée sur des classes sociales aux intérêts antagoniques ne se trouve à l’abri de ces formes de manifestations inégalitaires. »
    (Donc, vous n’êtes pas les seuls.., cessez de pleurnicher et acceptez votre destin…, l’égalité n’existe pas.., et voici la preuve..). Désolant !
    Voici une réponse de @Ammisaid, (que je salue vivement) je le cite :
    « Il ne sert plus à rien de critiquer le régime et d’analyser quoique ce soit. Ils doivent tous partir. Il n’y aura aucune solution avec eux ! »
    Elle est toujours d’actualité ! Clair net et précis..Mais Dr, lisez-vous les intervenants du LQA ? Bien sur que non.

    Vous nous invitez à partager votre diagnostique sur « votre élite ».., qui a , seulement 3 défauts, je vous cite,
    « Le portrait de l’élite politique algérienne. Les traits pertinents qui puissent restituer avec la fidélité requise le portrait de cette élite, sa physionomie réelle, se révèlent être au nombre de trois : autoritarisme, mépris de la « populace », et incapacité de communiquer. »

    Bravo l’élite, Monsieur l’écrivain Dr Ahmed ROUADJIA, vous connaissez certainement l’historien français Raymond Aron, voila ce qu’il dit dans son livre Mémoires 50 ans de réflexion politique (juliard, 1983), page 358, :  » La présevation de l’empire ne signifie en aucun cas le maintien pur et simple du régime colonial en vigueur aujourd’hui. »
    Ce n’est pas un chapitre, mais, Une phrase, et Un verbe.., et ça pèse lourd.., jugez vous-même Professeur, et situez votre respo nsabilité !

    Monsieur le professeur, voila ce que vous dites commentant les blabla de Ould Kablia, (le pdt de l’association des anciens du MALG) dans un autre article publié sur ce site même:
    « .. Les hommes de ce régime dont beaucoup ont pourtant été des nationalistes chevronnés, anti-colonialistes, comme Ould Kablia lui-même. »
    Au fait, c’est votre ami ? Si vous le connaissez, qui est-il vraiment ?
    « .. Fort d’une idéologie rigide et figée, héritée du nationalisme d’antan, populiste et révolutionnaire, nos dirigeants prisent plus l’autoritarisme que la raison politique que fonde l’esprit d’écoute et de délibération… »
    wahid dit :
    29 novembre 2010 à 2 h 45 min

    @ Ahmed ROUADJIA

    Vous avez posé vos questions, et vous avez eu vos réponses.
    A nous de vous posez des questions, Monsieur ayez le courage de répondre à cette première question.
    Ecoutez @WAHID:
    « Mr Ahmed Ouyahia, SG du RND, actuel premier ministre, un agent du DRS, Mr Yazid Zrhouni, vice premier ministre ex colonel de la SM, Dahou Oueld Kablia ministre de l’intérieure un agent de la SM, et feu Tounsiun ex DGSN, un ex colonel de la SM, sont aux services de qui, de la république ou bien du DRS et pour quoi ?
    En votre qualité d’intellectuel je crois que c’est aussi votre devoir d’informer les algériens.
    Moi je sais que nous sommes gouverné par un président incapable de présider, et que nous sommes administré par des agents d’une institution militaire comme des sujets, et que cette situation est synonyme, Hogra, non droits, érigée par le DRS.
    Je me suis souvent poser la question pourquoi tant de sacrifices, de luttes, de combats pour enfin subir en résigné ces supplétifs, je crois l’Algérie mérite mieux qu’un Ahmed Ouyahia, un Belkhadem, un Boudjera.
    Le DRS, n’à pas trouver mieux pour servir l’Algérie a part de nous gaver de cette marchandise de mauvais goût, au point de ne pas se sentir mal dans la peau d’Algérien.
    J’aurais aimé que ceux qui représentent l’Algérie des martyres soient des hommes brillants, intègres, en somme des vrais hommes d’état, « Hada ma Helbet el Baghra »
    Je vous remercie, tout en espérant une réponse sincère et courageuse pour informer les lecteurs de LQA. »

    Vous récidivez,
    Dans l’autre article, « votre contribution » paru sur le site LQA, intitulé
    « LES CONFIDENCES D’UN « INTELLECTUEL » EPRIS DU SAVOIR ET DE VERITE », et qui avait fait réagir près de tenez-vous bien, 162 internautes..joli score, et nombreux comme moi n’ont pas réagi, considérant qu’il s’agissait d’un piège.., et aucun ne vous a donné raison… Tant d’énergie et de temps gaspillé.., vous êtes content de vous professeur ? On peut constater, et je vous invite à le vérifier, que la très grande majorité des internautes du LQA a bien compris le traquenard concernant votre analyse, pour ne pas dire votre désorientation (..) et voici pour terminer ce que vous dit notre ami internaute @rak :
    « Mr rouadjia sincerement vous me bluffez d’une contribution a une autre, autant je n’etais pas en phase avec vous concernant votre « persistance et signature » sur le DRS, autant là « vous m’en bouchez un coin » par votre analyse des derniers evenements ayant secoué notre chere Algerie et nos voisins de Tunisie.
    aussi je me poses la question de me dire » n’etes vous pas finalement dans votre role d’intellectuel dont le role est de provoquer le debat meme de facon polemiste afin de faire avancer le schmilblik ? quittes a vous attirer les foudres de la majorité de vos compatriotes comme en témoigne la multitude de réactions négatives a votre égard suite a votre article sur le DRS. »

    Je laisse mes amis du LQA décripter vos messages, et vous entendre nous parler de vos amis, Belkheir, Ghozali, et vos recommandations à Mitterand via l’ambassadeur de France de l’époque…
    Je vous cite :
    « D’abord, je n’ai jamais été le conseiller de Ghozali. Certes, j’ai été invité par lui en juin 1992 à discuter la situation algérienne. Alors que je résidais à Paris, je recevais un jour un coup de fil de Leila Asslaoui, alors Ministère de la Jeunesse et des Sports, me disant que M. Ghozali souhaiterait me rencontrer et que si j’étais d’accord, elle m’enverrait immédiatement un billet d’avion. Je lui ai répondu que j’ai besoin de réflexion avant de me décider, car j’avais en ce moment un programme chargé ( colloques et invitations à me rendre à des séminaires internationaux). Mais comme j’ai été fort préoccupé par la situation du pays que j’avais à cœur, je me suis résolu quelques jours plus tard à accepter l’invitation. Arrivé à Alger début juin 1992, les discussions se poursuivent avec lui pratiquement tous les jours et portaient essentiellement sur le chapitre « sécuritaire » et sur les moyens de conjurer la menace terroriste. Sa manière de traiter la question « islamiste », celle du FIS dissous, et sa vision globale de gérer la crise que le régime avait suscitée, était en totale opposition avec la mienne. Moi je plaidais en faveur d’une solution politique intelligente, apaisée, et négociée avec le FIS, même dissous, afin de ramener progressivement les choses à la normale et éviter des dérapages que l’Etat ne pourrait plus contrôler. Lui,il oscillait entre plusieurs options contradictoires mais sous lesquelles se trahissait une force qui transcendait sa propre volonté. Derrière lui, il y avait des Décideurs invisibles, qui semblaient lui édicter une ligne de conduite qu’il ne pouvait transgresser sans déchoir…

    La passion brûlante de la recherche et de la quête de la vérité

    Pendant toute la durée de mon séjour, il s’était instauré entre nous une sorte d’échanges « de sourds », et tous les deux, nous nagions dans « un flou artistique » total tant il régnait sur le Palais du Gouvernement une atmosphère lourde d’incertitudes et d’angoisses. Tout en étant en désaccord total avec sa démarche politique face à la crise, je m’efforçais de faire prolonger mon séjour à l’Hôtel Saint Georges ( Hôtel El Djazaïr) car je voulais pour des raisons strictement scientifiques accueillir le maximum d’informations qui pourraient me servir d’un canevas pour produire un second ouvrage sur le mouvement islamiste après celui que j’ai publié sur la genèse de ce mouvement sous le célèbre titre : les Frères et la mosquée. Une enquête sur le mouvement islamiste en Algérie, Paris, Karthala, 1990. Ouvrage qui a eu une belle fortune, et qui fut bien apprécié aussi bien par les spécialistes et les universitaires occidentaux que par certains généraux algériens qui savent bien lire…Le feu général Larbi Belkheir que j’ai croisé au Palais du Gouvernement à plusieurs reprises, m’avait gratifié de quelques compléments et « bravo », tandis que les feux Belkaïd et Djilali Liabès avaient tous deux salué ce livre comme étant un travail pionnier sur la genèse de l’islamisme algérien…Quant Abbassi Madani, le leader du FIS, avait tout bonnement recommandé à Ghazi Hidouci, l’ex-ministre des Finances du Gouvernement Hamrouche de lire attentivement ce livre » objectif qui vous aident à mieux saisir la composante islamiste, son émergence et sa montée en flèche »( Propos que m’a rapportés Hidouci lui-même en 1995). Cet ouvrage fait paradoxalement l’unanimité des extrêmes. Les universitaires américains (J. Entelis, Dale F. Eickelman, …), et les militaires américains du Pentagone qui conseillent à leurs officiers supérieurs en Afghanistan de lire ce livre comme guide…En Europe, les chercheurs et les étudiants le lisent et le citent en référence dans leurs bibliographies de thèses. Les chercheurs et les savants le citent, souvent avec faveur ( J. Berque et Eric Rouleau l’ont abondamment cité dans le Monde Diplomatique) et d’autres dans leur ouvrages et compte rendus ( Les professeurs Pierre Bourdieu, Rémy Leveau, Olivier Roy, Gilles Kepel, André Nouschi, G. Meynier, Benjamin Stora…) De jeunes chercheurs s’en sont servi pour faire leurs thèses et ouvrages ( Séverine Labat, Miriam Vergès, etc.)

    Entrevu avec Jean Audibert, ambassadeur de France à Alger…

    Quelques jours plutôt, je reçois un coup de fil d’un collègue, Gilbert Grandguillaume, alors attaché culturel à l’ambassade de France, et avec lequel j’ai collaboré de manière épisodique à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales sur l’anthropologie du monde arabe et islamique. C’est un chercheur sérieux, intègre et honnête. Il aimait l’Algérie comme beaucoup de ses compatriotes. Il me dit que Jean Audibert, alors ambassadeur de France à Alger, souhaiterait me rencontrer. J’ai accepté le principe, et me voilà accueilli par lui à la chancellerie. Audibert était un homme chaleureux, cultivé, élégant et subtile:un fin politique. Il savait marié à merveille la modestie avec l’intelligence et le maintient distingué, trait qui sied aux grands hommes.

    On parle de la crise algérienne. Il sollicite mon avis d’ « expert ». Il était autant inquiet, sinon plus que Ghozali lui-même quant à l’issue de la crise. Au lieu de le rasséréner, je lui ai dressé sans faire exprès une perspective sombre de la situation telle que je la voyais. Je lui ai dit en ces termes : » La situation porte tous les signes d’une crise grave. Les parties en présence, les protagonistes de la scène algérienne, se raidissent et se préparent à un affrontement, à une guerre sans merci. Si l’on continue sur ce mode de gestion « musclée » de la crise, on pourrait cheminer à coup sûr vers le pire…Et le pire est à venir…Le gouvernement ne peut revenir sur ses décisions essentielles, et les islamistes radicaux, et même modérés, n’accepteront pas d’abdiquer. Ils se considèrent comme lésés dans leur droit, violés et violentés par l’Etat. On est, dans l’impasse. Les haines et les rancoeurs mutuelles sont telles, les passions sont si fortes que la tendance à la confrontation me paraît irréversible. Et qu’en pensez-vous, Monsieur l’ambassadeur? »

    -Je pense que vos analyses ne sont pas loin de la réalité. Mais que faire donc, à votre avis?

    -C’est de dire à Monsieur Français Mitterrand de ne pas trop interférer dans les affaires algériennes, car en tant qu’ex-Ministre de l’Intérieur de « l’Algérie française » chargé de la répression du soulèvement populaire, il est mal indiqué pour dire aujourd’hui aux Algériens ce qu’il faut faire et ce qu’il ne faut pas faire…

    -Mais, mon cher, me dit-il, tout cela est vrai, mais il y a urgence…Que pourrions nous faire?

    Audibert qui était PS, mais qui faisait partie de la minorité opposée à la politique de Mitterrand, aimait vraiment l’Algérie et voulait l’aider en ce moment de crise, mais il ne savait comment. Il était aussi « largué » que Ghozali et son successeur Belaid Abdesselam….La complexité de la situation se prêtait à aucune analyse rationnelle, et le petit diplomate de taille qu’il était, mais grand de tête, faisait peine à le voir s’agiter d’un mouvement nerveux accompagné de gestes de mains saccadés…
    Et à la question « Que pourrions-nous faire? » je lui ai répondu tout simplement : « il faut attendre et voir ». Sur ce, on s’est quittés avant de nous revoir après l’assassinat de Boudiaf, au Club des Pins avec les membres du gouvernement, dont Liabes et Benbitour, entre autres….

    Ghozali, Vergès et moi à Saint Georges

    Le 30 juin 1992 donc, j’arrive au rendez-vous que j’ai fixé à M. Ghozali à Saint Georges. On prend une table pour le petit déjeuner en attendant que Vergès se pointe à l’horizon. Ponctuel et réglé comme une horloge quand ça lui prend, Vergès arrive cinq minutes avant l’heure fixée. Il est accompagné de sa fille Myriam, fille de Djamila Bouhired. On déjeune, on échange des propos de convenance, puis on passe à l’essentiel : Ghozali tente de convaincre Vergès de l’inanité de sa démarche consistant à défendre le FIS. Retors, et narquois, il écoute et sourit avec ses yeux bridés d’homme énigmatique. Tout son regard, ses gestes, ses tics, disent le mystère de l’Orient asiatique. Ses propos sont toujours percutants, acérés et précises comme les flèches d’Achille. Esprit vif, il n’est jamais à bout d’arguments. Il a la répartie facile. Ghozali est presque désarçonné par les réponses malicieuses de son interlocuteur. Myriam et moi, nous écoutions sans proférer un seul traître mot…C’était, pour ma part, un choix délibéré que de me taire…pour mieux apprendre les formes phénoménales de la pensée et les labyrinthes que celle-ci emprunte…

    Mais tout à coup, la conversation est brutalement interrompue lorsque deux agents de l’Hôtel vinrent annoncer à M. Ghozali l’assassinat du président Boudiaf ! Ce dernier se leva brusquement et s’en alla d’un pas rapide, sans dire adieu….Vergès et sa fille s’en allèrent eux aussi, et je suis resté cloué à ma chaise, comme prostré par la nouvelle. Je tournai en rond comme un homme assommé par quelque coup de massue…Lorsque je suis revenu à moi-même, après un long moment, je me suis dit en aparté : ce que j’avais pressenti, et ce que j’avais dit à Audibert quelques jours plutôt, vient de trouver sa confirmation…C’était une prédiction lugubre, mais qui ne dépendait pas de ma volonté… »
    http://www.lequotidienalgerie.org/2010/11/25/les-confidences-dun-intellectuel-epris-du-savoir-et-de-verite/

    Une question Monsieur le professeur, et presque membre du gouvernement Ghozali, ami de Mr Audibert, de Belkheir et l’habitué des club des pins. Pourquoi vous n’avez pas demandé une enquête sur l’assassinat du Président le plus aimé des Algériens ? Préferiez-vous des « Bravo » de Belkheir et les salons feutrés des grands hotels que d’informer les Algériens sur vos coulisses et calculs, alors que le destin de tout un peuple se jouait ?
    Fodil




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  • Adel
    27 janvier 2011 at 20 h 50 min -

    Il y a à Alger une expression qui résume bien les aspirations de nos diplômés : « khredj mel gherqa ». Tous ne rêvent que de « sortir de la boue » pour rejoindre ceux qui se sont fait une situation avec « villa, Honda, blonda » comme on disait au début des années 80. Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir (tout autant que Marx et Engels, d’ailleurs) étaient des enfants de la bourgeoisie en rupture de ban avec leur classe sociale d’origine. Cette bourgeoisie authentique, qui a fourni à l’Europe du 19ème siècle la plupart de ses grands penseurs, n’a jamais pu se constituer dans notre pays. Il n’y a chez nous que des petits-bourgeois qui rêvent de réussir en escaladant l’échelle dans les rouages de l’État. Lorsqu’ils deviennent employés de mairie ou flics, ils sont sans pitié avec la « populace » dans la boue de laquelle ils ont la perpétuelle hantise de retomber. Politiciens, ils déclarent s’être trompés de peuple lorsque cette populace ne daigne pas leur donner ses voix.

    Pour notre malheur, notre paysannerie, inépuisable réservoir de sagesse populaire, a été décimée par une industrialisation au rouleau compresseur. Nous n’avons pas de classe ouvrière digne de ce nom. Notre société est devenue, en 50 ans de règne de la médiocrité et de l’improvisation, un magma informe à la surface duquel flottent quelques écorchés vifs qui cherchent désespérément une terre d’accueil. Une fois tous les vingt ou trente ans, par hasard, un météore traverse notre ciel toujours désespérément serein. La voix d’un Kateb Yacine ou d’un Ali Benhadj, rochers indestructibles, vient narguer les potentats du moment, sans modifier durablement le paysage politique et culturel. Même la foi pure et sincère de notre cheikh national a été pervertie et défigurée par le mimétisme aveugle et la religiosité de surface de cette petite-bourgeoisie avide de se faire une place au soleil – ici-bas ou dans l’au-delà, qu’importe. belkhadem, ouyahia ou missoum sbih, drs, hizb frança ou barbéfélène, ils ont tous l’appétit vorace. «3oum ou 3ess hwâydjek», telle est leur devise.

    Le changement ne peut venir aujourd’hui que de la jeunesse brimée et marginalisée qui ne trouve sa place nulle part. Elle cassera tout sur son passage et une fois le calme revenu, nous nous mettrons au travail, afin de reconstruire notre pays, sur de bonnes bases, cette fois, ou alors nous sombrerons définitivement dans le chaos.

    J’espère sincèrement me tromper dans mon analyse, mais je crois bien que je ne suis pas très loin de la vérité, hélas.




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  • tacili
    27 janvier 2011 at 20 h 57 min -

    Bonsoir,

    Laissons les historiens réfléchir nous avons d’autres choses a faire. Démanteler un pouvoir criminel par exemple.




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  • azzedine
    27 janvier 2011 at 20 h 58 min -

    l’élite ,si elle existe chez nous rase les murs.Ceux qui ont vite compris et à temps sont ailleurs.sans verser dans un pessimisme de mauvais aloi ,je dirais qu’une grande partie des intellectuels à ne pas confondre avec une élite au sens propre du terme est en fait un conglomérat de lâches.les femmes étant plus courageuses que ceux qui se prétendent des hommes.Ceci dit d’après ce que j’ai vu et vécu.Finalement lorsqu’on est des lâches doublés d’hypocrites ,il ne nous reste que les discussions stériles celles des hammams .




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  • amel
    27 janvier 2011 at 21 h 21 min -

    Excusez moi monsieur Rouadjia , mais le verbe connoter , opposé à dénoter ne peut donner que le sens second et non premier comme vous l’affirmez ; une petite mise au point sémantique:dénoté=sens premier
    connoté=sens second




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  • ROUADJIA
    28 janvier 2011 at 0 h 24 min -

    Contre la culture de la haine et de l’intolérance
    Je pense que certains internautes de LQA ne font pas honneur à ce site qui tente de faire passer des messages de sagesse et de mesure, mais aussi de conviction, de fermeté et de principes. Certains de mes critiques ne sont pas seulement intolérants; ils sont aussi, selon moi, réducteurs et ont une compréhension « idéologique », subjective et superficielle, de mes analyses. Ainsi en est-il de M.Nourredine BELMOUHOUB, entre autres, qui colle des étiquettes et accuse. Bon, pour lui rafraîchir encore la mémoire et lui accréditer les sentiments qu’ils forment sur moi, je lui dirai que je suis pro DRS, et comme le DRS, je n’ ai en vue autre chose qu’asservir le peuple aux fins de réaliser mes desseins secrets! Puisque on n’est plus dans le domaine de la réflexion et de la nuance, mais de la provocation et de l’accusation sans nuances, je dirai vive le DRS!! Je dis à ce Monsieur, comme à ses semblables qui ont la haine du DRS, globalement, qu’ils devraient tout bonnement tirer les enseignements de tolérance et du pardon de nos frères Tunisiens qui viennent de démontrer à qui mieux mieux leur sens de nuance et de mesure!
    Je pense que certains internautes de ce site, site que j’apprécie fort bien, sont excessifs, extrémistes, violents même, et cette violence verbale ne milite pas en faveur de la raison et de la pondération…




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  • Mahieddine Lachref
    28 janvier 2011 at 17 h 07 min -

    Bonjour tout le monde,
    Monsieur Rouadjia, il est vrai que, fondamentalement, il existe un tas de choses, liées notamment à la nature du régime algérien et à ses pratiques, que je ne partage pas avec vous. Mais, pour apporter de l’eau à votre moulin, ne pas être d’accord avec quelqu’un sur un sujet, aussi important et sensible soit-il, ne nous donne aucunement le droit d’user de l’insulte à son égard et de l’accuser en lui faisant des procés d’intention. De plus, aimerais-je dire encore, s’il est vrai que le DRS est responsable de tous les problèmes et les blocages que vit l’Algérie, comme le chante tout le monde, il est surtout vrai que les instruments, conscients et inconscients, de ce même DRS, sont souvent des militants se réclamant de l’opposition. Noredine Benlmouhoub, comme d’ailleurs Benbitour, Said saadi, Louisda Hanoune, Benmouhamed, Karim Tabbou, Ait Ahmed, Sadek Hadjres, Mehri…(la liste est longue) le sait très bien. Pourquoi donc tirer su le Docteur Rouadjia à chaque fois qu’il ouvre la bouche pour tenter des analyses qui, au moins ont le mérite d’être faites, et au mieux, nous mettent devant la si vilaine image de nous même que nous refusons de voir? Pourquoi? Rassurez-vous, je n’ai nul intention de défendre M. Rouadjia. Il est mieux placé que moi et ses écrits, si toutefois ont besoin d’être défendus, se défendent assez souvent d’eux-même. Pour conclure, je vous pose une question, chers amis de LQA: Ahmed Rouadjia n’a jamais été responsable dans ce pays. Il est un intellectuel je dirai relativement autonome qui tente de donner son point de vue et d’éclairer à sa manière l’opinion publique algérienne. Il peut avoir tort et il peut avoir raison. Ait Ahmed dont ont dit tout le temps qu’il est le seul vrai opposant algérien, a comploté en 1954 avec le régime égyptien, en companie de Khider, Ben bella et Bouidiaf, contre Messali, ce qui a entrainé la chute de toute option politique dans le processus révolutionnaire algérien au profit de l’option militariste. Autrement dit, il est l’un des fondateurs du régime militaire dont on se plaint aujourd’hui. Ceci avant 1962. Après l’indépendance, et jusqu’au jour d’aujourd’hui, des centaines d’Algériens étant tombés morts pour avoir épousé les idéaux du FFS, il n’a pas pu créé un parti politique au sens propre du mot, le FFS n’étant qu’un vulgaire syndicat servant d’alibibi démocratique pour le pouvoir … je ne veux entrer dans les détails. D’entre ces deux hommes, Rouadjia et Ait Ahmed, qui est ce qui a le plus tort?
    Fraternellement
    Mahieddine Lachref




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  • Liès
    28 janvier 2011 at 22 h 07 min -

    Docteur @ Rouadjia, bonjour.

    Pour moi, vous dites des vérités crues et en cela vous dérangez trop de monde et trop d’intérêts, et c’est pourquoi vous êtes discrédités littéralement et on guette vos sorties pour vous tirer dessus sans même chercher à analyser vos dires ni même à essayer de les comprendre.

    Et je ne réinvente pas la roue en disant que les moyens utilisés sont malhonnêtes.

    Mais ce que vous devez savoir aussi cher monsieur et que vous ne l’ignorez certainement pas, c’est que vos redoutables et acharnés ennemis ne sont pas ceux qui vous apostrophent sur LQA, ces derniers ne sont que manipulés (j’en compte aisément trois ou quatre dans ce site), mais ce sont d’autres personnes suffisamment camouflées qui tirent les ficelles de derrière le rideau, de la honte.

    Pour moi vous êtes un intellectuel, et je vous respecte pour cela. Je ne vous soutiens ni pour vos idées, ni pour vos positions, qui sont au demeurant courageuses et dignes d’être connues.

    On va même jusqu’à déterrer des vieux écrits, pour vous discréditer, mais surtout pour vous intimer l’ordre de vous taire.

    Mais je crois que vous avez connaissance de cela, et c’est pourquoi vous avancez irrésistiblement comme un fleuve tranquille que rien ne peut distraire ou détourner de son cours.

    Dites-vous seulement que vous êtes lu par des milliers grâce aux ntic, qui peuvent avoir une toute autre appréciation de vos écrits.

    Vous avez parlé de l’intellectuel, du vrai, que vous avez différencié du diplômé hautain et opportuniste et improductif, avec des arguments imparables et en citant des exemples concrets.

    Chacun d’entre nous connait dans son entourage une poignée de ces faux intellectuels, qui veulent s’attribuer indûment mais obstinément les attributs de l’intellectuel, sans pourtant avoir la courage d’aller au charbon pour leurs idées et sans posséder l’aptitude intellectuelle d’examiner froidement et avec justesse, les pulsions, les soubresauts et les convulsions de la société, et d’en dégager avec précision et clarté la causalité, proposer les remèdes et anticiper sur la dangerosité des conséquences en cas d’inertie ou de fuite en avant des pouvoirs publics.

    Beaucoup de gens adorent le statu quo, tout simplement parce qu’ils jouissent d’une situation sociale très confortable et tellement imméritée.

    Leur hypocrisie les amène à jouer les faux opposants en public et ils bénéficient il faut le dire d’une aura et d’une crédibilité ; à faire pousser les cheveux sur le crane d’un chauve, mais dans le secret ils commanditent les interdictions de s’exprimer et la mort intellectuelle de tout individu porteur des idées du changement.

    Le monde dans lequel nous vivons, surtout nous les algériens, est bizarre, complexe et tellement tragi-comique.

    Il faut vraiment avoir des nerfs d’acier et une foi inébranlable en la bonne providence, pour résister aux coups perfides et ô combien mesquins, de ces amis de leur ventre et ennemis jurés des peuples.

    Nous avons besoin de vous monsieur @ Rouadjia, nous avons besoin de tous nos intellectuels sincères, de @ Addi Lahouari, à Mohamed Harbi, en passant par Abed Charef et Assia Djebar et bien d’autres encore dont je m’excuses ne pas avoir pu citer le nom.

    Un vrai intellectuel, vous le savez n’est ni régionaliste, ni claniste, ni militant d’une quelconque idéologie. Il est d’abord et avant tout algérien et doit penser au bien de la nation algérienne.

    Et à ce titre vous allez être complémentaires et mettre vos expertises diverses et votre réflexion approfondie au service de la Patrie.

    Nous avons besoin de vous pour éclairer et instruire le peuple, pour surveiller et conseiller le pouvoir et en prévenir et dénoncer les éventuelles dérives.

    Et nous souhaitons que vous vous unissiez au sein d’un forum, pour reconstituer et consolider cette Elite dont notre pays a besoin.

    Fraternellement à toutes et à tous.

    Liès Asfour.




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  • Rouadjia
    26 mai 2011 at 1 h 04 min -

    Bonsoir compatriote, Lies Asfour
    Je vous remercie de votre commentaire à mon propos et à propos de ceux qui s’évertuent vainement à me discréditer ou me coller des étiquettes à tort et à travers. Sans parler de ceux qui exhument, comme vous le dites si bien, de vieux écrits dont j’assume d’ailleurs et toujours la responsabilité, dans le but de me disqualifier. En dépit de tout, je reste serein, imperturbable, voire placide même devant de tels dénigrements, oeuvres de tels individus auxquels manquent l’esprit critique, le sens de la nuance, et surtout cette honnêteté qui est l’une des vertus de l’homme impartial et indépendant des Pouvoirs et des coteries et des chapelles d’intérêts. J’ose espérer que tels individus, ternes et desséchés, seront balayer par l’Histoire, et dénoncés à l’opinion publique et au tribunal de la Raison par des Hommes qui pensent, comme vous, et qui ont le sens du juste et de l’équitable, comme vous le faites ici en répondant à ma place à mes détracteurs en panne d’imagination, et squrtout victimes de la culture de la haine et du ressentiment. Merci compatriote, et je m’excuse de vous répondre avec bien de retard.




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  • Congrès du Changement Démocratique