Édition du
25 March 2017

Algérie: Sans dissolution de la police politique, il n'y aura pas de changement!

In Radio kalima Algérie Samedi 29 janvier 2011

Par Yahia Bounouar.

Alors qu’une coordination nationale s’est mise en place pour appeler à une marche nationale le 12 février avec comme principale revendication la levée de l’Etat d’urgence, de légitimes interrogations, sur l’efficacité d’une telle démarche, se font jour. Non pas qu’il faille s’en désolidariser mais ils estiment que la seule levée de l’Etat d’urgence ne règlera pas grand chose tant que le système n’est pas changer en profondeur. S’il faut soutenir cette initiative, même limitée, (obtenir la levée de l’Etat d’urgence pourra, peut-être, servir à redynamiser la vie politique), il faut cependant rester lucide. Cette mesure, illégale et inconstitutionnelle, ne remet pas en cause le système, ni la mainmise, tout aussi inconstitutionnelle, de la police politique (DRS) sur la vie publique.

Contrairement à la Tunisie ou le pouvoir était détenu en totalité par Ben Ali, en Algérie, le pouvoir est partagé (cogéré) par la vitrine politique civile, le chef de l’état et son clan, et par l’armée représentait par le DRS.

Le DRS est chargé de quadriller et de museler la société, pour assurer la stabilité et la tranquillité du régime. Pour mener à bien cette « mission » de surveillance de la société, « mission » par définition anticonstitutionnelle, puisqu’elle viole les droits des citoyens en les empêchant de d’exercer leurs droits constitutionnels de participer à la vie politique, médiatique et associative de leur pays, le DRS est au dessus des lois.

Il faut le dire clairement ; Chaque nation, chaque état se doit d’avoir des services de renseignements en charge de missions précises (espionnage, contre -espionnage, sécurité militaire etc..), la n’est pas la question. Mais ces institutions n’ont aucun droit de se mêler de la vie politique du pays. De quel droit, un agent ou un officier de cette police politique déciderait qui y participe et qui en est exclu. Cette institution, militaire et non civile de surcroit, n’a été élue par personne et ne rend de compte à personne; Elle se comporte comme si le pays lui appartenait et qu’elle seule détenait la vérité et le patriotisme et qu’il lui revenait, en exclusivité, de déterminer les intérêts du pays. Avec le temps et l’impunité, cette institution tentaculaire, infiltrée dans tous les rouages de la vie politique, médiatique, syndicale et même associative a exproprié le peuple de son pouvoir souverain, à savoir le choix de ses dirigeants. Il n’est un secret pour personne, que l’actuel chef de l’Etat, a été choisi et imposé par l’armée et son bras politique le DRS, comme ses prédécesseurs, du reste.

Certains « observateurs et propagandistes », qui veulent vendre l’image d’un DRS propre, nous serinent les oreilles à intervalle régulier, sur la « guerre des clans » entre Bouteflika et le DRS. Dans ce cas, pourquoi donc le DRS, continue t-il à intervenir dans la vie politique, pour empêcher la société de se structurer et de s’opposer à Bouteflika? Les récentes pressions exercées par la police politique sur le SNAPAP, mais pas seulement -elle exerce un contrôle quasi-total sur la majorité des médias et des organisations satellites du pouvoir et de l’opposition légale- en sont un récent exemple.

Dans cette Algérie de 2011, écrasée par un président « à vie » et étouffée par la police politique, il est encore possible de se réapproprier sa citoyenneté et le parfum du jasmin tunisien revivifie l’espoir.

Pour que le changement de régime soit réel et efficace, sans possibilité de déviation ou de retour en arrière, nous ne devrons pas nous suffire de changer la façade politique civile, nous devrons surtout changer de système. Il nous faudra déraciner la police politique de manière à ce qu’elle ne s’ingère plus jamais dans la vie politique du pays. La dissolution du DRS, en tant que police politique, doit faire impérativement partie du changement qui se pointe à l’horizon et sa transformation en services de renseignements « classique » placée sous le contrôle direct de l’exécutif et le contrôle à postériori du parlement, issu du suffrages universel.

C’est à ce prix, que les citoyens recouvreront l’intégralité des pouvoirs que leur confère la constitution et c’est à ce prix qu’une démocratisation réelle des institutions et surtout de la société prendra corps.

Yahia Bounouar


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13 Commentaires sur cet article
  • belka
    29 janvier 2011 at 12 h 27 min -

    et son bras arméé le pire qui puisse avoir dans ce pays la gendarmerie.




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  • brahim
    29 janvier 2011 at 12 h 54 min -

    Un changement radical c’est le depart de ce regime c’est a dire BOUTEFLIKA DEGAGE !
    La dissolution de l’APN
    la dissolution du senat
    Radiation ,et mise en retraite de l’ANP ,gendarmerie et police tous ceux qui ont atteint 60 ans et plus .
    Jugement de tous les criminels impliques dans la crise depuis le coup d’etat de 1991.
    restitution integrale de l’argent vole par bouteflika (1965-1978)
    Saisi de tous les biens des bouteflika aquis depuis 1999.




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  • Larbi Anti-DRS
    29 janvier 2011 at 13 h 25 min -

    Une dissolution du DRS n’est pas une fin en soit. Il faut jugé les criminels qui ont participer a des crimes contres l’humanité. Ils ont assassines des centaines de milliers d’Algériens et ont vides les coffres du trésors publique pour des fins personnels et prives.




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  • Wlidhouma
    29 janvier 2011 at 13 h 35 min -

    Faisons adopter le mot d’ordre

    DRS, DEGAGE !




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  • nomade
    29 janvier 2011 at 20 h 54 min -

    la dissolution du drs est un prérequis a tout changement dans le pays.
    boutef , son clan et tous les larbins qui se sont enrichis dans le cafouillage de la guerre civile ne sont que khoudra fouk achaa .
    Leur jugement pour crimes de sang et crimes économiques est une question qui ne se pose même pas une fois ce pays libéré.




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  • Redman
    29 janvier 2011 at 21 h 08 min -

    Salam

    Le FLN droit être dissout, et restera le patrimoine du peuple
    il faut bannir certaines personnalités du pouvoir
    revoir les lois des institutions et annuler les avantages des fonctionnaires.

    enfin, le pilier principal est la justice

    salam




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  • medjeri
    29 janvier 2011 at 22 h 21 min -

    il faut non seulement dissoudre cette malefique drs responsable de tous les maux de l’algerie mais juger ses patrons(mediene djebbar mehenna tartag kherfi et tous les agents des ministeres des wilayas devenus milliardairespar la rapine et la magouille) ils sont connus dans toutes les wilayas et dairas je viens de rentrer de suisse je suis rassure par ce que j’ai entendu et lu dans les journaux helvetiques les comptes de tous les voleurs seront bloques et remis aux pays respectifs




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  • abdel
    30 janvier 2011 at 3 h 53 min -

    Salam, Azul, bonjour,
    Wallah, c’est à cela que je pensais sans cesse. Je me disais, il n’y aura jamais de changement chez nous, en Algérie, à cause de la SM. En Algérie, contrairement aux autres pays, le régime ne s’est pas construit autour d’une personne ou d’une famille et sa cour, mais par une institution dévoyée avec toute la puissance humaine et materielle de l’état. Une machine bien huilée à broyer de l’opposant et faire taire les avis contraires aux parrains de cette mafia constituée de militaires habillés en civil.




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  • L’ALGERIENAGITE
    30 janvier 2011 at 6 h 39 min -

    L’ALGERIE UN PEUPLE ETONNANT.
    Les Algériens vont surprendre la planète……..Ils ont décidé qu’ils n’ont rien à prouver.
    70 morts en Tunisie ! 38 en Egypte !? Peuchère c’est du pipi de chat.
    Eux ils ont sacrifié un million et demi de chouhadas il y à peine 50 ans, tout récemment encore plus de 200 000 au profit de la communauté des croyants. Qui dit mieux ?
    Bouteflika peut tirer la couverture et dormir tranquille.
    Louisa…est formelle. L’Algérie ce n’est pas la Tunisie.
    Dormez braves gens votre DRS veille. Tout baigne dans l’huile et le sucre de CEVITAL.




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  • msili
    30 janvier 2011 at 12 h 10 min -

    Bonjour voila une autre nouvelle le fils de moubarak viens de prendre la fuite avec 100 valises pour londre,les notres vont certainement prendre la route dans quelques jours ,enfin j espere bien que le peuple algerien va pas se laisser faire cette fois ci le temps est venu pour tous le monde arabe de prendre son distin en main car les francais ont sacrifier ben ali et les americains sont pres de sacrifier moubarak a leurs tour ,car les monarchies de golf font pression sur les usa d aider moubarak si non cette vague de tunisie va les atteindre et ca sera un coup de fouit pour izrael notament, comme ces monarchies de golf a laide deux qu izrael a pu atteindre le seuil des exigences d aujourd hui pour maintenir le monde arabe les miseres pareils dont on vit aujourd hui




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  • barhim
    30 janvier 2011 at 13 h 29 min -

    @WLIDHOUMA
    Le mot d’ordre serait putot bouteflika DEGAGE parce qu’avec un president elu democratiquement ,qui n’a pas vole et qui n’a pas les mains tachees de sang d’algeriens libres tout serait en son pouvoir a savoir dissoudre la DRS ,radier tous les plus de 60 ans ,traduire devant des tribunaux LIBRES ET INDEPENDANTS tous les criminels militaires ,gendarmes ,policiers et surtout CIVILS comme reda malek qui a appele a la violence et au crime ,ali haroune,procureur sayeh etc…
    accepteriez vous maintenant la dissolution de la DRS, changement de gouvernement MAIS BOUTEFLIKA ET SON FRERE RESTERONT AU POUVOIR le clan de tlemcen restera aux commandes et aux postes cles les generaux voleurs crrompus de bouteflika occuperont toujours leur postes les ambassadeurs khobzistes de bouteflika resteront a leur poste etc….
    NON NON NON BOUTEFLIKA DEGAGE ! NOUS VOULONS UN CHANGEMENT RADICAL




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  • Zineb Azouz
    30 janvier 2011 at 17 h 38 min -

    Une lucidité politique qui ne peut que nous ravir et nous éclairer, merci Monsieur Yahia Bounouar.

    ZA




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  • Ameziane
    31 janvier 2011 at 18 h 47 min -

    Merci pour cette idée et proposition géniale. Dissoudre la police politique, est une nécessité pour fonder un Etat de droit social et démocratique. Mais aussi, il ne faut pas oublier de dissoudre tous les partis, toutes les assaiations, journaux qu »lle a crées . Sinon, c’est comme c’est de rien n’était. Que faire de cmicro-partis RCD, MAK, FFD, PSD et autres instigués par Belkheir, Ayyat, Medienne & Cie, les journaux-tracts de propagande : Liberté, La Dépeche de Klie, etc,etc

    Il faut le sens d’abnégation …et finir le travail .




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  • Congrès du Changement Démocratique