Édition du
30 March 2017

L’Egypte à la croisée des chemins

In AgoraVox

A 15 jours d’intervalle, l’Egypte reproduit le scénario de la crise Tunisienne.

Hier, Arnaud Montebourg a tweeté : « Un pouvoir qui supprime Internet et utilise la violence contre son peuple se condamne lui-même. Soutenons les Egyptiens »

Oui, soutenons les peuples en révolte. Il ne sont que l’expression de la vraie démocratie, celle d’un peuple qui veut prendre son destin en main.

Cette révolution, car c’en est bien une, est en cours et son issue est encore incertaine à l’heure où j’écris ces lignes. Mais le mouvement est organisé, réfléchi.

Là encore, comme en Tunisie, les nouvelles technologies d’Internet participent à la révolte, pour la coordonner, la canaliser.
les militants peuvent aussi s’adapter face à la cyber-répression. Ils font circuler des tracts par courriels, (comme ceux ci-dessus, à télécharger « The Atlantic« ) appelant à éviter Twitter et Facebook en raison de la surveillance qui s’y exerce.

L’Egypte vient donc de prendre une mesure radicale : “débrancher le pays”, une première par son ampleur. La démission tout à l’heure du gouvernement ne semble pas calmer l’ardeur des opposants. La répression sanglante (des dizaines de morts, des centaines de blessés) ne pourra venir à bout de cette révolte sans avoir l’appui des démocraties occidentales.

Le moment est venu de voir si celles-ci sacrifieront leurs valeurs proclamées sur l’autel de la realpolitik (la position de notre ministre des affaires étrangères est à surveiller de près).

Hosni Moubarak « doit partir », estime l’opposant et prix Nobel de la paix Mohamed el Baradeï, qui s’est exprimé sur France 24 tout à l’heure. « Je descendrai dans la rue aujourd’hui (samedi) avec mes collègues pour contribuer à apporter un changement (…) et pour dire au président Moubarak qu’il doit partir » a-t-il ajouté.

Mohamed el-Baradei dit espérer que de nouvelles manifestations « encore plus larges » aient lieu ce samedi. « La police n’est plus dans la rue, c’est l’armée qui a pris la relève, ajoute-t-il. Traditionnellement, l’armée n’a pas l’habitude d’affronter les Égyptiens. J’espère qu’Hosni Moubarak comprendra le message avant que les choses ne deviennent très graves ».

***


Nombre de lectures : 1729
3 Commentaires sur cet article
  • W A H I D
    30 janvier 2011 at 22 h 10 min -

    Selon les nouvelles de RADIO CANADA a 12 Heure de l’EST , l’opposant et prix Nobel de la paix Mohamed el Baradeï, est chargé de présider la TRANSITION pour éjecter MOUBAREK, Madame Hillary CLINTON est très satisfaite de l’issue de la crise qui a secouée la Rue Egyptienne .
    http://www.state.gov/secretary/rm/2011/01/155589.htm

    W A H I D




    0
  • Mourad
    31 janvier 2011 at 5 h 09 min -

    Lundi 31 Janvier 2011 sera la journee decisive, car si El-Jazira vient d’etre interdite en Egypte, vus que l’internet et tous les autres moyens de communications sont bloques ainsi que le telephone traditionnel, Le tortionnaire Omar Soulayman se prepare a utiliser les « gros » moyens.
    Il aura grand tort de tirer sur son peuple!




    0
  • M.J.
    31 janvier 2011 at 15 h 05 min -

    Les américains parlent d’une « transition en bon ordre » ce qui me rappelle l’expression une retraite en bon ordre.
    Juste après, Moubarak réactive le poste de vice président dont il n’a jamais voulu en trente ans de règne et y place le chef du renseignement, affidé de l’entité d’Israël et chef d’orchestre principal de la catastrophe palestinienne, pour ensuite remplacer ce dernier à la tête du renseignement par…le gouverneur du Sinai nord, qui rendait tellement de services au voisin du nord qu’il en est récompensé.

    Avec ça qu’on ne vienne pas nous dire que Moubarak n’est pas qu’un pion parmi d’autres entre les mains de la CIA et du mossad et qu’on vient de lui signifier, après les consultations qu’a eues Obama dans la région, qu’il doit prévoir la continuité de sa mission et partir tant qu’on peut sauver les meubles. Ecoutera t il ses maitres ou tentera t il une dernière manoeuvre personnelle ?




    0
  • Congrès du Changement Démocratique