Édition du
25 March 2017

Hôpitaux et polycliniques La grève des paramédicaux largement suivie

El Watan, 2 février 2011

Les hôpitaux et les polycliniques à travers le territoire national ont fonctionné au ralenti, hier. La grève des infirmiers a ratissé large, à en croire le responsable du Syndicat national des paramédicaux (SAP).

Son porte-parole, M. Ghachi, avance que 88% des paramédicaux algériens ont répondu favorablement au mot d’ordre de grève. «Tout le monde est mobilisé pour la réussite de notre action de protestation de deux jours. Tous les hôpitaux du pays étaient paralysés hier et ils le seront encore aujourd’hui», nous a-t-il affirmé. Hier, au CHU Lamine Debaghine (ex-Maillot), les blouses blanches ont improvisé une marche «silencieuse» dans l’enceinte de l’hôpital pour marquer leur désapprobation de la démarche du ministre de la Santé, en sus d’un rassemblement tenu sous la chapelle située au cœur de l’hôpital. Les infirmiers revendiquent la promulgation de leur statut particulier et leur intégration dans le tableau «A» catégorie «11», comme ils demandent à être intégrés dans le système LMD (licence-mastère-doctorat) pour bénéficier d’une formation (bac+4) afin d’être «plus performant» et de prodiguer de «meilleurs soins» aux malades. «Nous en avons ras-le bol du mensonge et des promesses sans lendemain.

Le ministre est allé jusqu’à organiser une rencontre avec les paramédicaux non syndiqués dans le but de les dissuader et de valider le projet du statut dont seule la tutelle connaît le contenu. Ceci constitue une insulte grave pour la corporation», peste le personnel médical rencontré dans les différentes structures. Les paramédicaux ne comptent pas baisser les bras ni lâcher prise. «Nous avons décidé d’une grève de deux jours et si le ministre persiste dans son mensonge et le mépris à l’égard de la corporation paramédicale nous allons vers la radicalisation de notre action en observant une   grève illimitée à partir de mardi», ont soutenu les infirmiers rencontrés au CHU Mustapha. Les paramédicaux, qui se sont déjà entendus pour durcir le mouvement à partir du 8 février, interpellent le ministre pour promulguer le statut particulier tel qu’il a été décidé par la commission mixte SAP-ministère. «Tous les ministres qui se sont succédé à la tête de notre département nous ont fait des promesses qu’ils n’ont jamais tenues. Nous sommes le maillon le plus important de toute une chaîne, mais le moins considéré. Sans les paramédicaux, les hôpitaux ne peuvent fonctionner normalement», lance un infirmier qui regrette les tergiversations de la tutelle qui a préféré négocier avec l’UGTA et pas avec le SAP, qui est, selon lui, plus représentatif.

Au Centre Pierre et Marie Curie (CPMC), les paramédicaux se sont dit déterminés à aller jusqu’au bout. «Nous ne voulons plus de promesses, nous exigeons du concret», lance une infirmière, qui fait remarquer qu’à travers tout le pays, un service minimum est assuré. «Nous n’avons rien contre les malades, bien au contraire nous voulons l’amélioration de nos conditions de travail pour mieux les servir», a t-elle souligné. De l’avis de M. Ghachi, la grève a fait carton plein. Elle a été fortement suivie dans de nombreuses structures sanitaires sur l’ensemble du territoire national, puisque les différents services des hôpitaux et des polycliniques étaient hier à l’arrêt. Seules les urgences ont fonctionné normalement. «En ce premier jour, le personnel paramédical a prouvé qu’il était plus que jamais mobilisé pour faire aboutir ses revendications», note Ghachi. Les paramédicaux portent un brassard autour du bras en signe de protestation.

Pour M. Ghachi le personnel paramédical au nombre de 90 000 n’est nullement satisfait de la politique prônée par le ministère de tutelle. Il a expliqué que l’intégration des paramédicaux à la catégorie «11» de la grille des salaires leur permettra de bénéficier de 40% d’indemnités, alors que la catégorie «10», dans laquelle ils sont classés actuellement, «ne leur permet d’avoir que 25% d’indemnités sur le salaire de base. Pour renoncer à notre action de débrayage nous voulons un engagement concret de la part du ministère de la Santé. Mais pour l’heure, la tutelle est indifférente à notre mouvement», déplore le syndicaliste.

Nabila Amir


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2 Commentaires sur cet article
  • Rédaction LQA
    3 février 2011 at 11 h 30 min -

    2e journée de grève des paramédicaux
    Le mouvement largement suivi hier encore
    Par : R. R./Correspondants, Liberté, 3 février 2011

    Au deuxième jour de grève, le mouvement des paramédicaux a connu une plus grande mobilisation à travers le territoire national.

    Le débrayage des paramédicaux n’a pas connu de grands changements, hier, au niveau national, où la plupart du personnel de la corporation ont répondu à l’appel du syndicat. À Bordj Bou-Arréridj, les hôpitaux et centres de santé de cette circonscription ont suivi à hauteur de 70% le mot d’ordre de débrayage. Les paramédicaux de Sétif ont affiché une plus grande détermination à poursuivre le mouvement.
    Ce sont 95% d’entre eux qui ont débrayé hier. Dans la wilaya de Skikda, on relève une plus large adhésion qu’avant-hier, mardi, au niveau des EPH et des EPSP. Le nombre des grévistes a même connu une légère hausse pour atteindre 70%, selon un membre du bureau de la wilaya. On indique toutefois que le débrayage des paramédicaux des établissements situés dans la partie ouest de la wilaya de Skikda a connu la plus forte adhésion avec un taux estimé à 98%.
    À travers la wilaya d’Oum El-Bouaghi, le taux de suivi est resté le même que celui de lundi, avec 50% d’adhésion, sauf que pour ce qui est des EPSP, seuls 13 paramédicaux au niveau de celui d’Oum El-Bouaghi auront débrayé. Dans la wilaya de Tizi Ouzou, le taux de suivi de la grève est différemment évalué, puisque le Syndicat algérien des paramédicaux (SAP) avance le taux considérable de 90%, alors que l’administration hospitalière réfute ces chiffres et se contente d’un taux approximatif de 25%.
    À noter que celui-ci varie d’un établissement de santé à l’autre. Et si le débrayage est donc de mise dans la plupart des structures de santé de la wilaya, dans les centres urbains comme dans les dispensaires et les centres de santé des zones rurales, le service d’urgence est assuré dans la plupart des cas, surtout en cette période de grand froid et de pluies torrentielles où les accidents de la circulation sont fréquents. À Béjaïa, hormis le CHU du chef-lieu de wilaya et l’EPSP de Kherrata, le reste des établissements hospitaliers n’ont pas du tout suivi le mot d’ordre de grève.
    C’est ce que nous avons constaté durant ces deux journées de grève auxquelles avaient appelé les cadres syndicaux du bureau national du syndicat autonome, le SAP. De sources proches de la direction de la santé, on a appris que le taux de suivi de la grève est de 46% au niveau du chef-lieu de wilaya (les syndicalistes du SAP parlent, eux, de 98%). Et à l’échelle de la wilaya, le taux ne serait que de 6%. Sachant que les paramédicaux travaillant dans les hôpitaux d’Amizour, de Sidi-Aïch, d’Akbou, d’Aokas, ainsi que dans les EPSP de Tazmalt, Seddouk et Adekar n’ont pas suivi la grève.
    Par ailleurs, dans la wilaya de Sidi Bel-Abbès, le personnel paramédical ne décolère pas et demeure mobilisé jusqu’à la satisfaction de leurs revendications, apprend-on auprès de B. Djorf, secrétaire général du bureau de wilaya du Syndicat algérien des paramédicaux, malgré la décision de justice les intimant à surseoir à leur mouvement de grève de deux jours entamée mardi. Selon notre interlocuteur, joint par téléphone : “Aujourd’hui, selon nos estimations, la grève est suivie à 70% à travers les trois EPH et cinq EPSP que compte la wilaya et à 80% au niveau du CHU. Quant au service minimum, il demeure assuré.” Même chose à Chlef, où le mouvement de grève a été largement suivi. Selon des sources du secrétariat de la wilaya du SAP, le débrayage a touché l’ensemble des structures sanitaires où exerce le personnel paramédical. “Un taux de paralysie qui a dépassé les 90% a été enregistré notamment aux EPSP d’Ouled Mohamed et de Chorfa, dans la commune de Chlef, à Chettia, à Ténès et à Sobha, où la mobilisation du corps paramédical était presque générale dès les premières heures de la journée du mercredi”, affirment de nombreux responsables régionaux du SAP qui précisent, dans le même cadre, que dans le cas où leurs revendications, statut particulier de la corporation et formation continue, entre autres, ne seraient pas pris en considération par les autorités compétentes, le mouvement de grève se renouvellera consécutivement deux jours de suite, chaque semaine, à partir de mardi prochain, à travers tout le pays. À Mascara et à Tiaret, le débrayage n’a pas été suivi à travers les établissements hospitaliers où tous les services ont assuré leur activité normalement.




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  • homax
    14 février 2011 at 13 h 03 min -

    Salut , la santé est gravement malade en Algérie . Il faut des mesures pour réanimer cette politique et mettre face a ses scandales . Quelle honte pour un ministre qui ne sait pas quoi faire . Qui sont les maîtres de son bureau ? Un vrai scandale au bureau du Ministre ?




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  • Congrès du Changement Démocratique