Édition du
20 July 2017

Révoltes, révolutions colorées ou crises de successions.

Zineb Azouz

Personne n’échappe aux échecs. Aussi, mieux vaut-il perdre quelques combats en luttant pour ses rêves que d’être battu sans seulement savoir pour quoi on lutte. (Paulo Coelho)
Les choses semblent aller vite, même très vite, les peuples arabes n’ont pas fini d’applaudir la dite « révolution des jasmins », que voilà une autre et pas des moindres qui vient souffler son  zéphyr  au dessus de nos têtes baissées et caresser nos espoirs et nos cœurs blessés.

La Tunisie est en effet définitivement débarrassée de son Ben Ali et l’Egypte donne l’impression que Moubarak n’est plus qu’une momie.

Je ne sais pas d’où est sorti la dénomination de « révolution des jasmins », mais avouons que de la révolution orange en Ukraine à celle des  roses en Géorgie, il y a tout lieu de penser que des pépinières entières semblent s’intéresser  aux révoltes des peuples contre leurs « dictateurs » mais jamais contre ceux qui ont porté et soutenu les dictatures.

Sans vouloir gâcher l’immense joie de voir partir un Benali tel un rat en fuite, ou un Moubarak sommé de faire le ménage avant de quitter les lieux, je ne peux m’empêcher d’y sentir là tous les signes d’une crise de succession.

Les deux despotes en effet n’ayant au fond rien prévu de sérieux pour leur post-règne, l’un a éliminé tous ses concurrents et l’autre voulait imposer à tout prix son fils, un manque de stratégie vis-à-vis de leurs employeurs qui ne pouvaient plus laisser le hasard décider pour eux et qui de tous les points de vue ont décidé de changer de vitrine.

Certes, les peuples se sont soulevés courageusement et dignement et c’est l’odeur des corps calcinés et transpercés par les balles qui a fini par avoir raison  des palaces de Carthage au parfum de  jasmin.

Nous avons vu des mères, des grands-pères, des adolescents, des chômeurs, des avocats, des cadres, des pauvres et toutes les classes de la société crier tous chœur le départ de Benali et de Moubarak.

Non ! Ces révoltes ne sentent pas le jasmin, elles sentent l’odeur suffocante des bombes lacrymogènes, du sang versé, des larmes chaudes et du  pain rassis, elles n’ont rien ni de coloré ni de pacifique, pour preuve, la centaine de morts en Egypte ne semble pas peser dans la balance et si en Tunisie, on a autorisé (ou ordonné) le départ de Ben Ali, au Caire, on voit bien que la pépinière, cette fois-ci est submergée de guêpes qui n’ont pas fini de planter leur dard.

Et même en Tunisie,  nous ne saurons jamais si ce fameux Général Rachid Ammar mis aux arrêts,  a au fond DESOBEI à  Ben Ali ou OBEI à l’Africom, en refusant de tirer, pour-cette-fois-ci, sur la foule !

En Egypte, où il est avant tout question de garder les portes de RAFAH bien fermées, les amoureux  de la révolution colorée et  pacifique, et après avoir sacrifié au moins cent morts et quelques générations, tous de toutes façons anti-sionistes, se dévoilent un peu plus, car ce n’est plus la Tunisie où l’on n’a même pas jugé utile d’avertir l’UE du départ de Ben Ali, mais un tout autre contexte.

Moubarak n’est même pas autorisé à fuir, il doit auparavant creuser sa tombe de ses propres mains s’il veut garder une chance de sauver sa peau,  ainsi il désigne, et pour la première depuis qu’il « dirige » le pays, comme par hasard, un vice-président, sachant que selon la constitution, en cas d’impossibilité d’exercer le pouvoir, c’est le vice-président qui prends les rênes.

Le fils-moubarak, sans doute déjà avec les rats en fuite est ainsi définitivement disqualifié.

Au même moment les généraux se désolidarisent de Moubarak, et  appellent même au dialogue,  QUELLE PANTALONADE !

Omar Suleimane, l’actuel vice-président, appelé aussi l’homme des Américains et de la torture[1] est un habitué des salons de Tel Aviv et un allié sur lequel l’axe du bien peut compter en tout lieu, cet homme lié au Mossad inspire la terreur et pas seulement auprès de son peuple, car il a aussi contribué à la liquidation de nombreux patriotes palestiniens opposés à la direction de Ramallah et à l’occupation israélienne.

Ce patron des renseignements généraux (depuis janvier 1993) âgé de 76 ans est donc depuis peu aussi le  premier vice-président égyptien désigné  en 30 ans de règne moubarakien,

Dans son ouvrage The Ghost Plane: The True Story of The CIA Torture Program, l’auteur américain Stephen Grey détaille la coopération « sécuritaire » entre les USA et l’Egypte sur le transfert clandestin des prisonniers et révèle que Suleimane était « le partenaire égyptien principal dans la collaboration avec la CIA (…) et a représenté pendant de nombreuses années le principal canal de communication entre les USA et Moubarak, même dans les questions qui n’ont rien à voir avec les renseignements généraux et la sécurité« .

Malgré tout rien n’est encore joué, que ce soit en Tunisie ou en Egypte, car aussi bien dans un cas comme dans l’autre, les peuples ne sont pas dupes et ne veulent pas d’un changement de façade, même si le slogan phare insiste et se focalise sur le départ des dictateurs, il est évident que derrière cette exigence c’est le changement du système qui est visé, d’abord et avant tout de l’intérieur en refusant les reliques, les ex et tous les cabots déguisés ou pas et sans lesquels les dictateurs n’auraient jamais duré.

Un tel niveau d’exigence, suppose des acteurs et des leaders sans fil à la pâte, des nationalistes issus des réseaux autres que les traditionnels circuits dont on connaît les limites tant idéologiques que pratiques.

Ces révoltes populaires dont les héros sont des dominés et des régentés anonymes qui n’ont jamais exercé ni dans une association zélée ni dans un quelconque  « parti », sont l’avenir de nos peuples ; si elles  ne s’essoufflent pas, ces actions et ces nouvelles structurations changeront inéluctablement les moeurs et les règles dans une société longtemps mise à l’écart et bâillonnée, pas seulement par les régimes policiers de la terreur, mais  aussi par des pratiques insidieuses de contrôle et de censure en amont, subliminales et orientées pour canaliser, pervertir  ou tuer dans l’oeuf tout velléité et toute tentative de se libérer des us et des modes de pensées  de systèmes que se nourrissent aussi de tous les statu quo, des appâts et des mirages si chers aux appareils.

Et chez nous en Algérie ?

Nos rues sont calmes, nos puits crachent à bon rythme, nos banques sont pleines à craquer et nos opposants minimalistes ne savent toujours pas comment se définir par rapport au changement qui viendra sans doute plus vite qu’ils ne l’imaginent, on sent d’ailleurs qu’ils sont plus embarrassés par les cris de révolte des voisins que réellement nourris d´une conviction et d’une exigence de changement.

Le seul hic à mon humble avis est l’incertitude de la succession et non pas de l’avenir, et toute cette agitation, je le crains, s’il elle n’est pas portée par la rue et non pas par les seuls laissés  pour compte qui vivent dans, et de la rue, n’aura pour conséquence qu’une transition douce, trop douce pour être qualifiée de changement, ceci, si bien sûr encore une fois, on ne décide pas de réprimer dans le sang, après tout qu’est ce qu’une centaine de morts dans le pays de Bentalha, Eraïs et Antar ?

Nos discours en sont  encore, et pour le plus grand bonheur du pouvoir, dans les modèles,  les modalisations et les modes de pensées archaïques et invalidants, entre compromis boiteux, alliances précaires et unions sans lendemains, les pigeons voyageurs et les émissaires de tout bord se croisent mais ne se disent rien.

Nous avons été suffisamment saignés et trahis pour croire encore en ces démocrates ridés qui ont toujours su se débarrasser des émeutiers, incapables de les rejoindre ou d’être parmi eux, ils ont de tout temps préféré les agréments et les appareils à l’éveil réel de la population.  C’est malheureusement ainsi que nos militants traitent avec les acteurs de la rue, ils les regardent d’en haut et de surtout de très loin.

Ainsi tout le monde semble avoir oublié nos révoltes dévoyés, notre histoire débauchée, NOTRE Octobre 1988,  NOTRE Janvier 1992 et leurs  centaines de milliers de morts,  tout comme tout le monde semble ne pas se souvenir également à quel point les 62,6% d’Ahmedinejad et leurs 85 % de taux de participation n’ont rien pesé devant les taux hallucinants de Moubarak et les scores scandaleux de Novembre dernier.

Altérer nos mémoires reste  capital dans ces batailles.

« La lutte de l’homme contre le pouvoir, c’est la lutte de la mémoire contre l’oubli. » (Milan Kundera)

Le slogan « Dégage » relayé partout telle un hymne à la libération, n’a toujours pas pris forme chez nous, et  on ne sait pas encore s’il faut mettre « Dégage Bouteflika » ou « Dégage DRS »  ou encore « Dégage Corruption ou Pouvoir », toutes les spéculations sont permises et la seule certitude semble être un gros coup de panique.

Même les palestiniens doublement asservis sont en train de s’organiser en réseaux sociaux pour se débarrasser de leurs négriers renonciateurs et déguisés en négociateurs, et tant pis s’ils ne font pas la une des JT.

« Nous devons nous révolter contre les agents de l’occupation à Ramallah qui ont torturé, assassiné les résistants et trahi le peuple palestinien, en particulier contre Mahmoud Abbas, Mohammed Dahlan, Yasser Abed Rabbo, Saeb Erekat, Nasser Youssef et Ahmed Qoreï, ces responsables amis de l’ennemi sioniste qui collaborent avec lui en signant des accords dans les coulisses », a souligné le communiqué de la campagne publié dimanche soir sur « Facebook ».

Et en Algérie, on en est toujours et encore à parler d’alliances, de levée de l’état de siège, de réconciliation et de je ne sais quels partis d’opposition.

Des millions de gens nous observent et se demandent si encore une fois nous n’allons pas rater notre énième rendez-vous avec l’histoire et l’espoir, car « Même sans espoir, la lutte est encore un espoir. »   (Romain Rolland).

Constantine, Zineb Azouz

Le 02 Février 2011.


[1] , l’ex-prisonnier australien Mamdouh Habib, transféré par la CIA du Pakistan en Egypte, a raconté dans ses mémoires les tortures dont il a fait l’objet par les services égyptiens, et révélé que Suleimane a ordonné l’exécution d’un prisonnier turkestanais devant lui pour le faire « parler ».


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37 Commentaires sur cet article
  • rak
    3 février 2011 at 0 h 12 min -

    salam, azul ou bsr les ami(e)s
    Avant toute chose, permettez moi de saluer en vous Mme Azouz et a travers vous toutes les femmes et les hommes qui se battent( Mr djameledine benchenouf en particulier) chacun a sa maniere pour un lendemain meilleur dans notre chere Algerie, ne serait ce que pour nos enfants.
    histoire de vous paraphraser je citerai quelqu’un, dont le nom ne me revient pas, qui a dit  » les seules batailles perdues sont celles que l’on a pas menés » (note du modérateur : Vaclav Havel)
    comme par hasard ou plutot par la faute du virus de la chose politique touchant a notre chere Algerie faisant que je sois a l’affut de la moindre info, j’ai lu coup sur coup votre contribution ainsi que celle de notre ami DB « le complot des forces noires ».
    bien que j’en partage dans le fond et dans la forme les grandes lignes,mon esprit( saint et respectueux avant toute chose) polemiste ou provoc ne peut m’empecher de vous interpeller vous Mme ainsi que Mr Benchenouf.
    – A l’echelle de notre pays , vous parlez des democrates et chacun aura compris qu’il s’agit du FFS et a moindre mesure du RCD, sur lesquels vous « tirez » a des degrés divers
    vous vous etes demandés chers ami(e)s pourquoi les seuls partis qu’on qualifie de democrates soit categorisés « kabyles » ou alors du centre de l’Algerie pour etre large?
    que se serait il passé s’il y’avait encore 2 partis, meme antagonistes, du sud, de l’ouest et de l’est? a mon humble avis notre pays se serait porté mieux meme si je considere que plusieurs partis democrates et nationaux serait l’ideal.
    un evenement dont j’ai parlé sur LQA a eu lieu, et passé presque innapercu, c’est la marche des etudiants de l’université Mouloud Mameri de tizi ouzou et qui a drainé du monde sous le slogan « systeme degage » malgré les manip de la presse et des services.
    je crois savoir Mme azouz que vous etes de la famille universitaire de constantine( qui existe, si je dis pas de betise ,depuis bien avant celle de Tizi).pourquoi la communauté universitaire de constantine ne « bouge » pas en ces temps d’ebullition?
    que se passera t il si toute les universités d’Algerie ou meme la moitié « bouge » ? qu’importe la maniere!
    – A l’echelle internationale ou geopolitique vous « sautez » sur israel pour justifier la cause de tout nos malheurs dans notre monde arabo-musulman (pour utiliser la formule consacrée)
    je ne dis pas là que vous avez tout faux Mme et Mr mais une question me turlipine, y’a une grande part de verité dans ce que vous dites mais je peux m’empecher de me dire: comment se fait il que « koumcha t’gawed fi dj’maa » si ce n’est notre turpitude et notre lacheté a nous la masse ‘dj’maa » face a la minorité « koumcha »
    Encore une fois chers ami(e)s zineb et Djamel ( si vs me permettez cette familiarité bien sur, pr info moi c’est rabah et mon pseudo c R pour rabah et Ak pr les 2 premieres lettres de mon nom, les memes qu’un chahid de notre glorieuse revolution dont mes parents on voulu honoré la memoire et dont je suis fier) mon propos n’est pas de vous « agresser » mais de chercher a faire avancer le debat.
    comme a mon habitude ( grand et incorrigible melomane devant l’eternel )histoire de finir sur une note positive, voici quelque chose que vous apprecierez, j’en suis sur, avant de me repondre si vous le jugez bon bien sur!
    http://www.youtube.com/watch?v=Fm4CfiVFqRA
    cordialement




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  • A.By
    3 février 2011 at 3 h 03 min -

    @ Mme Azouz
    L’expression « Jasmine Révolution » au départ en anglais svp, fut honnie amèrement dans le temps par les Tunisiens d’âge d’or… d’aujourd’hui : c’est une dénomination que la CIA avait déjà usée pour communiquer en « code chiffré » lors du coup d’État médical de 1987 qui plaça Ben Ali au pouvoir.
    L’histoire se répète, se « peaufine » en extra avec le virtuel et la transcendance de la réalité en direct.
    Merci pour votre article, continuons de faire crépiter nos claviers, le lectorat s’élargit dans tous les sens et il n’y aurait rien que la vérité qui demeurera. Ne cessons jamais de la dire, fut- elle crue et dérangeante à entendre par rapport au nouveau corolaire de la transparence d’aujourd’hui, elle doit être pour le meilleur et pour le pire et dans la même pensée de Paulo Coelho que vous citez à bon escient et à une bonne occasion.
    Cordialement.




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  • CITOYEN
    3 février 2011 at 5 h 18 min -

    BOUTEFLIKA, TOUFIK DEGAGEZ
    Voici le slogan!
    Expliqué cela donne: SYSTEME BERRA
    Les algeriens comprendrons, les autres on leurs expliquera.




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  • AS
    3 février 2011 at 11 h 45 min -

    c’est pas mal… il faut garder les pieds sur terre et savoir des a present comment manager ses mouvements…car suleiman… avec wisner, un americano-israelien eux ont clairement annonce que la mort du ghachi ne leur fesait aucun mal.




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  • Abdul
    3 février 2011 at 14 h 30 min -

    Je pensais que la Révolution du jasmin faisait plutôt référence a la révolution des oeuillets au Portugal qui a fait tomber Salazar.Pour le reste attendons demain vendredi pour saluer le triomphe de la révolution Égyptienne .




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  • guerriere de la lumière
    3 février 2011 at 15 h 58 min -

    @Ma soeur Zineb!
    « Un guerrier de la lumière se décourage souvent.
    Il pense que rien ne parviendra à susciter l’émotion qu’il espérait. Il passe des après-midi ou des nuits entières à tenir une position conquise, sans qu’aucun événement nouveau vienne raviver son enthousiasme.
    ses amis commentent : »Peut-être sa lutte est-elle déjà terminée »
    Le guerrier ressent douleur et confusion en écoutant ces paroles parce qu’il sait qu’il n’est pas parvenu là où il voulait.
    Mais il est tétu, et il n’abandonne pas ce qu’il a décidé de faire.
    Alors, au moment où il s’y attend le moins,
    une porte s’ouvre…….. » Paollo Coelho




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  • radjef said
    3 février 2011 at 21 h 14 min -

    Bonsoir tout le monde. Il faut toujours soulever le couvercle pour voir de quoi est faite la marmite. Et comme toi chère camarade Zineb, je scande à haute voix pour que tout le monde sache qu’on ne peut pas s’accommoder d’un changement à la Karzai ou à la Chalabi. Pour qu’une révolution ne soit pas détournée de son cours naturel, pour qu’elle ne soit pas juste un vulgaire alibi pour absorber la colère de la rue, pour qu’elle ne soit pas une autre comédie juste pour sceller avec des faux semblants et des connivences ubuesques le destin de la nation, pour que le soit une autre ruse pour maquiller la résurrection du régime sous une forme plus humaine et démocratique et marchander avec les sacrifices de martyrs (morts inutilement), il faut qu’elle pensée, réfléchie et menée par des patriotes authentiques. Pour l’instant, la personne de Addi Lahouari est tout indiquée pour nous guider…Outre ses compétences morale et intellectuelle, outre son engagement profond et sincère pour les causes justes, il a le charisme et l’aptitude politique. Il peut rassembler toutes les forces vives de la nation autour de lui. Certains vont rire, d’autres vont grincer des dents et feront tout pour tourner en dérision mes propos. A ceux là je dis ceci : le peuple sait reconnaître le vrai son de cloche auquel il doit répondre sans hésiter et sans avoir peur. Addi Lahouari fort du soutien du FFS, de la coordination de l’Appel du 19 mars, des jeunes officiers sincères de l’ ANP, de Med Samraoui, Haroun, Rachad, Anouar Haddam, Said Khelil, D Djerbal…constitue la vraie alternative démocratique que ni les maîtres de Davos, ni les tenants de la grosse industrie militaire et de la haute finance internationale et encore moins nos affidés du grand capital ne sauront instrumentaliser ou faire chanter. Mais pour cela, il faut que nos camarades Ait Ahmed, Hadjres, Hidouci, Harbi, Hamrouche, Mehri soutiennent publiquement cette initiative.




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  • l.leila
    4 février 2011 at 11 h 30 min -

    Bonjour,
    Chère soeur Zineb, vous visez bien juste, et il paraît que MOUBAREK a démissionné et a même quitté, hier,le pays !
    Alors nous comprenons les raisons pour lesquelles, Souleïmane continue d’entretenir ce semblant de négociation. N’est-ce pas un temps propice pour se venger du peuple et massacrer les Révolutionnaires?
    Notre Révolution ne va pas tarder; seulement il faudrait qu’Al-jazeera soit libre pour couvrir l’evénement !
    Mes salutations




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  • Zineb Azouz
    4 février 2011 at 22 h 55 min -

    Bonsoir chers amis,

    ma chère @guerrière de la lumière,
    Vous n’avez pas le droit de nous abandonner ainsi, vos remarques et vos coups de colère me manquent, je vous l’ai déjà dis, puissent beaucoup de portes s’ouvrir à nous.

    @Chère I.Leïla,

    Merci, je ne sais pas si je vise juste, j’avais peur que tu me trouves un peu pessimistes.
    Je vais essayer de te donner mon point de vue sur ce qui se passe en Egypte dans un autre poste ou papier.
    Mais je vous dis tout de suite Moubarak n’a pas démissionné et ce n’est pas dans ses intentions.
    Cordialement,
    ZA




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  • Zineb Azouz
    4 février 2011 at 23 h 32 min -

    Cher compatriote @rak,

    Désolée pour ce retard, je vous remercie pour ce long commentaire et vais essayer de répondre à vos questions diverses qui ne sont pas toutes de même nature.

    Concernant les partis d’opposition dont dont je parle, il ne s’agit nullement ni du RCD ni du FFS, ou du moins pas comme vous le voyez.
    Je parle et dénonce surtout la pratique d e la politique cjez nous et le piège dans lequel on veut encore enfermer l’expression de la société.
    Les appareils sont tombés dans leur propre piège abandonnant l’action sur terrain à la réaction au pouvoir et à ses provocations, à commencer par ses élections, devenant ainsi malgré eux des relais et des « gadgets » enfermés dans les Problématiques aventurières du pouvoir.

    Il faut se défaire de ces attitudes et de ces habitudes, il faut se construire en dehors de ces circuits et de ces pratiques.

    Quant au RCD, je persiste et signe et malgré tout ce que je peux reprocher au FFS, les placer tous les deux dans la même opposition est inadmissible comme mélange de genres et confusions, et seuls ceux qui ne veulent pas comprendre ce que signifie « porter la répression » s’obstinent à voir dans le RCD une vague notion de l’opposition, j e ne voudrais pas m’étaler car, comme je vous l’ai dis l’avenir est ailleurs.

    Vous me demandez aussi pourquoi à l’université de Constantine, les choses ne bougent pas alors qu’à Tizi Ouzou tout porte à croire que c’est le contraire qui va avoir lieu.
    Je me suis souvent demandée pourquoi le professeur Addi peut parler à l’université de Tizi Oouzou et pas à l’université de Constantine, pourquoi un département de langue berbères à tizi Ouzou et pas à constantine, la capitale NUMIDE.

    Pourquoi autorise t’il le frère de Ali Yahia Abdenour à parler à Tizi et pas à Constantine.
    Rassurez vous, je peux vous le prouver dès demain, je dépose une autorisation pour accueillir le professeur ADDI et vous verrez la réponse du pouvoir, car les recteurs dans ce cas et dans d’autres ne sont que la « voix de leurs maîtres »

    Posez vous la question, en quoi le recteur de Tizi serait il différent du mien ?

    Mon cher compatriote, le pouvoir tient à cultiver le « mythe Kabyle  » , il tient à faire croire en un bastion différent, il tient parfois à cultiver l’illusion d’une Kabylie Démocrate et rebelle avec un taux record de héros et d’opposants, mais comme nous le rappelle si souvent notre ami Rajef, tout ceci est de la poudre aux yeux.

    Pour tuer l’identité et la langue tamazight, rien de mieux que de m’enclaver et d’en faire une affaire Kabylo-Kabyle, pour tuer les luttes, rien de mieux que de les régionaliser.

    Sachez, que le gène du militantisme n’existe pas, les indic, il y en a partout, les élus RND, FLN, et autres bestialités de l’histoire, il y en a partout, des centres de tortures il y en a partout, des tortionnaires et des opérateurs économiques- prédateurs on en trouve partout, qu’ils soient kabyles ou de Ouargla, c’est leur identité de relais et de soutien du pouvoir qui prime.

    En Ouyahia ou Sidi Said je ne ne vois pas le Kabyle, de même en Nos chers Sidhoum ou Rajef.
    Quel drame et quelle honte si je devais le faire e surtout m’arrêter là.

    Cordialement,
    ZA

    Cordialement,
    ZA




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  • Nouirredine BELMOUHOUB
    5 février 2011 at 0 h 06 min -

    @ Zineb AZOUZ
    Il est de notoriété qu’aux échecs, les fous sont les plus proches des rois. c’est le cas des pays à régimes dictatoriaux.
    Mes salutations




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  • Abdel Madjid AIT SAADI
    5 février 2011 at 1 h 06 min -

    A travers votre article, je voudrais saluer ceux qui sur la place at-Tahrir, sont en train d’écrire l’une des pages les plus glorieuses de la nation arabe, que mes frères ne me suspectent point de nier notre appartenance à l’amazighité, de grâce, pas de faux procès !
    Aujourd’hui il faut que chacun se détermine, pour ou contre la démocratie et la libération de la parole, de notre intellect, et surtout que chacun prenne ses responsabilité, car l’histoire nous jugera, comme elle a jugé, trop sévèrement ou injustement, les partis politiques qui ont pourtant préparé la Révolution du 1ier novembre 1954, mais ont été absents lors de sa phase préparatoire la plus décisive et son déclenchement, car la nature a effectivement horreur du vide !

    Les jeunes de la place At-Tahrir, malgré les escouades des chameliers et autres cavaliers du régime n’ont pas pu déloger les « révolutionnaires » décidés tout comme un certain tribun de la Révolution française de 1789, dont la célèbre harangue demeure dans ses pages les plus glorieuses de « Au cours d’une séance des Etats généraux ouverte le 4 mai 1789, le marquis de Dreux-Brézé, grand maître des cérémonies du roi, veut faire sortir le tiers-état de la salle. Le comte de Mirabeau, député du tiers état d’Aix-en-Provence, lui rétorque : « Allez dire au roi que nous sommes ici par la volonté du peuple et que nous n’en sortirons que par la force des baïonnettes ». « …

    C’est le seul message qui puisse être compris, le message délivré par les hommes qui font l’histoire au lieu de la subir, comme sont en passe de la subir les DICTATEURS appointés par le « roi », les USA et la Communauté européenne, car en effet, la géopolitique et particulièrement la question palestinienne est déterminante pour les USA, qui veulent IMPOSER leurs « hommes liges », quand ceux qui les ont servis pourtant loyalement, se sont enlisés au point de mettre en danger la face commercial et le maquillage « droits de l’hommistes » dont se parent abusivement les impérialismes, « L’Angleterre n’a pas d’amis ou d’ennemis permanents, elle n’a que des intérêts permanents » : la célèbre formule de lord Palmerston pourrait servir de viatique à tous les diplomates. L’homme d’État britannique dirigea de facto la politique étrangère de son pays durant une vingtaine d’années au milieu du XIXe siècle. Avec une seule préoccupation : accroître l’influence d’Albion sur la planète.

    Or, à quoi assistons-nous ?
    1.- Exfiltration de Ben Ali, par des hélicoptères US de l’Africom, et ordres donnés à l’armée tunisienne de se tenir en position de neutralité pour « servir plus tard », et préserver un peu de crédit, dans des opérations autrement plus stratégiques pour Oncle Obama !
    Certaines dépêches affirment même que le QG opérationnel, n’était pas Carthage, mais l’ambassade US et un centre aménagé de longue date !

    2. Pour l’Égypte, et quelques soient l’intérêt US, pour redorer à moindre coût son blason, en sacrifiant tout de suite le « soldat Moubarak », qui a fait son temps, la question épineuse de la relève, qui inquiète les donneurs d’ordres israéliens, et leurs puissants lobbys qui font et défont la politique US, a amené aussi bien la CIA, les think tank, comme rand Corporation et d’autres centres, comme AIPAC, ainsi que la Maison Blanche et le Pentagone, à envisager toutes sortes de schémas catastrophes.
    Ceci dit, il est tout de même inquiétant que Baradei, annonce comme si c’était une victoire que « l’ambassadrice US, l’a appelé pour avoir son sentiment sur les évènements en cours » !
    En d’autres circonstances, nous aurions crié à l’ingérence étrangère directe des USA, et à un transfert de souveraineté vers les USA, ou plutôt son ambassade au Caire, et la discussion avec eux d’affaires de sécurité et de souveraineté exclusive de l’Etat égyptien, de HAUTE TRAHISON !

    Mais tout doux, je n’accuse pas l’honorable Mohamed Mustafa ElBaradei, d’une quelconque trahison , mais je pointe du doigt le fait hautement « anormal » de son adaptation à la « Realpolitic » ou la politique du fait accompli, mise en place durant les années de soumission depuis l’illusion de « victoire éphémère d’Octobre 1973 ! », victoire qui s’est retournée contre les arabes, en ouvrant la porte au voyage de Sadate chez le terroriste Beghin, puis sa mort, et l’avènement du règne délictuel de Moubarak, qui a consolidé les liens de l’Egypte avec Israël, le « seul ennemi des arabes », si les arabes lisaient leur histoire au lieu de se créer des « ennemis virtuels » parmi leurs voisins musulmans !

    Mais ainsi en va de la politique de soumission ou de l’INFITAH, mise en vigueur en 1973, grâce au doigté et à la FOURBERIE du sioniste Kissinger, et dont nous continuons de subir les effets néfastes, avec la mise en place, en REALITE, de la RECONQUÊTE de l’Égypte par l’impérialisme, US, l’un en chassant l’autre, le britannique !

    En résumé, avant que ne parte MOUBARAK, il a le devoir de nettoyer les écuries d’Augias, mais il semble s’y prendre de telle façon que ses chefs risquent de le sermonner, voir demain de lui faire subir le même supplice que Sadam, à moins que, le scénario étant déjà écrit, notre coquin de Moubarak, ex harki virtuel du régime US de la reddition à Israël et à ses intérêts, ne soit actuellement, pris entre le marteau US, et l’enclume de ses admirateurs de la « classe de profiteurs du régime », qui n’ont plus rien à perdre, et ne veulent point subir le sort des « soutiens du Shah d’Iran », ce chiite fréquentable, enterré en Égypte…

    2.-




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  • rak
    5 février 2011 at 2 h 59 min -

    salam, azul bsr ou bjr les ami(e)s

    @ Mme Azouz et travers elle a tout les lecteurs et lectrices de LQA
    franchement j’ai eté de facon involontairement volantaire et comme disait l’autre  » a l’insu de mon plein gré » un tant soit peu provocateur envers vous, mais je savais a qui je m’adressais, et je dois reconnaitre que je me suis pas trompé a la lecture de votre reponse.
    je n’ai qu’une chose a dire , chapeau Madame!! meme si vous etes la derniere des « mohicanes » dans le constantinois ( ce dont j’en doute tres fortement) a porter en vous « le gene du militantisme ».
    il se trouve que j’ai fait des etudes en Algerie et ailleurs, et que j’ai eu a cotoyer des constantinois devenus amis ayant sejourné chez moi avec femme et enfants dans les montagnes de kabylie, ils sont comme vous et moi et n’aspirent qu’a une Algerie de « il iza ouel karama » dans le respect et la richesse de nos differences.certains d’entre eux etaient meme militaires officiers, aujaurd’hui surement officiers superieurs donc surement a des postes de « commendement »
    je dois vous avouer madame que dans mes moments de desarroi, je me pose la question  » ou est mon ami farid de batna, aissa de ghardaia, rabah de teleghma, hocine de annaba, hicham de wahran, hamid de oued zenati, kamel de sougeur etc.. etc.. »
    c’est des cadres militaires et civils avec lesquels j’ai partagé « mes vingt ans » et tous ensemble nous revions d’une Algerie meilleure dans le respect de chacun et pour laquelle se sont sacrifiés nos ainés.
    c’est pour cette raison chere soeur que je n’ai pas envie de « cracher » sur l’avenir et de garder espoir, main dans la main in challah on y arrivera magré les epreuves et les magouilles des uns et des autres.
    encore une fois merci pour votre reponse recue 5/5

    cordialement




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  • Laïd DOUANE
    5 février 2011 at 7 h 56 min -

    @radjef said,
    S’il y a quelqu’un de trop bon dans ce forum c’est bien toi puis vient Zineb Azouz que je salue au passage pour son combat la dignité. Etre trop bon, c’est connu chez nous, c’est prêt à être mangé ! Ta bonté a donné que tu crois que : « Pour l’instant, la personne de Addi Lahouari est tout indiquée pour nous guider… » ! Et c’est faux ; M Addi mon cher, est bon pour la recherche, l’analyse et tout ce qui est en dehors du guidage et la navigation ; la gestion et le commandement ça le dépasse de loin. je vous le « promets ». Aussi je me permets de dire que tu te trompes quant au soutien du FFS, des jeunes officiers de l’ ANP cités, de Rachad, d’Anouar Haddam. Dans son dernier papier, le Addi a montré ses limites et démontré qu’il est incapable de rassembler, surtout après ses interventions qui m’ont bien éclairé !




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  • l.leila
    5 février 2011 at 10 h 43 min -

    Bonjour,
    Chère Zineb, j’avoue que je suis des personnes qui préfèrent entendre les vérités, aussi amères soient-elles !
    Quant à la présumée démission de la PIEUVRE, il s’avère effectivectivement qu’il ne s’agissait que de l’une des stratégies du ministère de la terreur et de la traîtrise.
    Merci pour la réponse à notre frère Rabah, lequel je remercie aussi pour la vidéo que j’ai bien appréciée.
    Mes salutations




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  • radjef said
    5 février 2011 at 12 h 06 min -

    Bonjour tout le monde. Laid Douane, bonjour. Vous avez entièrement raison: l’histoire est un éternel recommencement. Nous allons attendre sagement comme au premier novembre 1954 qu’un groupe d’illustres inconnus, analphabètes pour la plupart, mette le pays devant le fait accompli grâce au precieux concours des moukhabaretes égyptiennes qui voulaient en découdre à tout prix avec Messali… Il faut faire comme Ferhat Abbas, Youcef BenKhedda et les 600 autres universitaires qui croyaient que sans eux rien ne se fera dans ce pays. Nous allons faire comme au congrès de Tripoli lorsque la maladie du zaimisme a dévasté telle une épidémie tous les politiques pour permettre au colonel Boukharouba de régner en maître absolu sur le pays. Car celles et ceux qui disent que Boukharouba a confisqué le pouvoir en 1962, sont des ignorants pathologiques ou bien des mercenaires qui ne cherchent qu’à tromper le peuple pour conquérir le pouvoir.
    Addi Lahouari est un scientifique, pas un politique. Dans ce cas il faut me donner la définition d’un homme politique.
    Addi Lahouari n’est pas l’homme indiqué. Le FFS, ne fait pas l’affaire. Med Samraoui est loin du pays. Rachad est trop exigeant.Anouar Haddam est trés mouillé, Ait Ahmed, Hidouci qui nous rappelle à juste à titre que pour faire de la politique nous n’avons pas besoin de tutelle,Hadjres, Harbi, Goumeziane, Mehri, Hamrouche sont trop vieux, la Coordination du 19 mars n’est pas représentative…Dans ce cas, pour ne pas énumérer toutes ces convoitises qui ne disent pas leurs noms, dites nous comment faire pour réaliser ce changement ? Ce ne sont les peuples qui ont amorcé la dynamique de changement en Tunisie et en Egypte. Ce sont les élites de ces pays avec le concours très discret des USA qui ont permis à ces peuples d’occuper la rue de négocier sans arrondir les ongles leur liberté et leur souveraineté. Mais finalement avons nous retenu de notre passé? Quels enseignements avons nous donc tiré de toutes ces tragédies qui ont fait de nous des adorateurs de la servitude?

    ==========================
    Mon cher Saïd, personnellement, je préfère de loin des analphabètes DIGNES et HOMMES DE PAROLE, comme ceux de novembre 54 que des alphabétes LÂCHES et CALCULATEURS de l’Algérie « indépendante » qui se sont mis au service des IMPOSTEURS venus des frontières. Ce sont ces « analphabètes » qui ont été les catalyseurs de notre révolution, malgré toutes ses erreurs.
    Encore une fois, la révolution que tout le monde attend en Algérie, sera faite par nos enfants des quartiers populaires. Pas par des apprentis-tuteurs qui « mangent avec le loup et pleurent avec le berger ».
    J’ai horreur du nifaq boulitique qui a fait tant de mal à ce peuple.
    Salah-Eddine SIDHOUM




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  • Adel
    5 février 2011 at 13 h 20 min -

    Deux forces s’affrontent aujourd’hui dans le Monde Arabe : d’un côté ceux qui sont les bénéficiaires de l’ordre en place et de l’autre ceux qui en sont les victimes. Ce qui intéresse les USA et l’Europe, c’est avant tout la stabilité des régimes qui collaborent avec eux et assurent la sauvegarde de leurs intérêts vitaux. La démocratie et les droits de l’Homme viennent en seconde position, une fois que ces intérêts vitaux sont garantis, pas avant. Les USA et l’Europe peuvent-ils renoncer à défendre leurs intérêts vitaux? Leur demander cela, c’est leur demander l’impossible.

    D’autre part, les peuples qui supportent depuis des décennies les effets négatifs de la non-gouvernance, de la corruption et de l’étouffement des libertés par les régimes dictatoriaux qui sévissent dans le Monde Arabe ne peuvent et ne veulent plus supporter ces effets négatifs. Les USA et l’Europe peuvent-ils les forcer à accepter ces régimes dictatoriaux incompétents et corrompus contre leur volonté? Les dirigeants des pays occidentaux ne pourraient pas s’engager dans cette voie sans remettre en question les fondements même de leurs sociétés et risquer une confrontation avec les peuples de la région porteuse de gros dangers.

    Un nouvel équilibre doit donc être renégocié. Comme dans toute négociation, chacun essaie de tirer le maximum. Il y a cependant un moment où le deal doit être passé.

    Les systèmes autocratiques mis en place dans le Monde Arabe ne fonctionnent plus aujourd’hui car ils génèrent de plus en plus d’exclus et de mécontents. Ils doivent disparaître. Les régimes qui leur succéderaient auraient-ils des chances de réussir s’ils menaçaient de manière frontale les intérêts vitaux des USA et de l’Europe? Certainement pas, car il trouveraient sur leur route toutes sortes d’obstacles. Dans le monde de 2011, il n’y a plus le bloc soviétique qui peut servir d’allié contre l’impérialisme occidental. L’émergence d’un monde plus juste ne pourra se faire que par étapes. L’échec des révolutions communistes l’a clairement montré. L’échec du FIS en Algérie aussi. Les grands leaders politiques sont ceux qui arrivent à comprendre dans quel sens avance l’Histoire et quels sont les objectifs que la situation révolutionnaire dans laquelle ils se trouvent permet d’atteindre. Ceux qui veulent plus se trouvent tôt ou tard devant un mur. C’est la dure réalité du monde…




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  • radjef said
    5 février 2011 at 13 h 28 min -

    Bonjour tout le monde.@ Sidhoum, bonjour. La revolution pour qu’elle s’accomplisse a besoin de savoir, de verité, de solidarité et d’engagement profond et sincere et non de sentimentalisme et de discours populiste. Selon vous, Mr Sidhoum, pourquoi sommes nous dans cette situation ou plus aucun algerien ne se reconnait et ne reconnait plus l’autre? Nous sommes dans une situation ou chacun dit qu’il est le representant légitime du peuple, alors que ce peuple qui deteste à mort ce pouvoir qui est le produit du 1er novembre 1954, ne reconnait personne parmi les gens qui se disent adversaires du pouvoir…Aujourd’hui au Djurdjura, trois citoyens sur cinq se disent préts à mourir pour renverser ce régime, mais ne savent pas comment faire pour aller au bout de leur logique « révolutionnaire » et craignent d’être des martyrs inutiles qui vont servir à leur insu un régime autrement plus totalitaire que celui d’aujourd’hui. Selon vous, Dda Salah, pourquoi cette situation? Autre chose, quand on refuse de corriger les erreurs, on est condamnés à les refaire.




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  • Laïd DOUANE
    5 février 2011 at 15 h 16 min -

    radjef said,
    Tu as posé une question à Salah Eddine, et c’est moi qui vais me charger d’y répondre, non pas à sa place, mais à la place d’un certain Laïd DOUANE qui avait 30 ans quand il a été à l’APW puis porté candidat aux élections législatives de 1991.
    Tu dis : « Aujourd’hui au Djurdjura, trois citoyens sur cinq se disent prêts à mourir pour renverser ce régime, mais ne savent pas comment faire pour aller au bout de leur logique « révolutionnaire » et craignent d’être des martyrs inutiles qui vont servir à leur insu un régime autrement plus totalitaire que celui d’aujourd’hui. Selon vous, Dda Salah, pourquoi cette situation? »
    Je ne dirais pas que la question est mal posée, je m’excuse ; pour autant je te réponds à ma manière, mais reste zen !
    Le 09 février une heure après l’annonce de l’état de siège, que Dieu maudisse à jamais ses fabricants, on vient chez moi, on casse ma porte, on me retire du lit avant même d’avoir le temps de mettre un pantalon, j’en avais un quand même, quelques gros mots, quelques coups de pieds, un gendarme providentiel est intervenu pour m’éviter le pire.
    Ma femme enceinte de 4 mois ou plus, je ne m’en souviens plus, avec nos 2 petites filles aujourd’hui traumatisées, ensembles se mettaient à pleurer en criant. Pour être franc, j’étais prêt à céder et faire tout ce qu’ils voudraient politiquement bien sûr, mais malheureusement ils ne savaient pas ce qu’ils voulaient ! Devant ma lenteur un gendarme qui semblait être le chef, s’est énervé et se mettait à râler :
    – « Fais vite fils de… ! Emmenez le, on va le… et on reviendra.. » !
    C’était clair dans ma tête ; suis-je algérien pour comprendre autre chose ; ils allaient revenir pour… ma propre femme !
    Ma première pensée est allé vers les maquis !
    J’ai exécuté certes mais de ma vie je n’avais jamais eux des remords aussi brûlants de n’avoir pas rejoint le maquis avant qu’ils n’arrivent. Ce qui a rendu mes remords plus féroces c’était de m’avoir opposé auparavant à toute violence.
    Me voilà jeté de toutes parts. « Alors crève, me suis-je dit ! »
    Imagine la suite : des paquets d’injures, des menaces, des coups de pieds ou de cross ; de brigade à caserne, de camion à l’avion, du nord au sud.. hop ! je me suis retrouvé séquestré en plein désert, heureusement pas seul ! Nous étions 2025 Algériens. Si tu veux rire, moi je pleure, j’ai passé 11 mois à penser à ma pauvre femme et à ce que ces monstres pourraient faire d’elle eux qui sont des experts dans… Et si tu veux rire, moi ça me révolte, j’ai toujours pensé que ma femme était forte et qu’elle ne leur permettrait jamais ! Encore si tu veux rire, moi non plus, je n’ai jamais eu le courage de poser la question à ma femme pour savoir si ces monstres, ce n’est pour rien que les Kabyles les refusent, sont revenus chez moi ; j’ai su quand même et par bribes d’informations, que rien ne s’était passé derrière moi mais ma pauvre femme a subi un avortement qui à chaque fois que je me le rappelle j’ai les larmes aux yeux ; mais non ! J’ai tout simplement honte de le dire : JE PLEURE !
    Et pour causes, il y en a beaucoup, mais la meilleure est, si tu veux encore rire, comme tous les kabyles j’adore avoir des garçons même si parfois, nous les envoyons en pâture ! Donc tu auras compris qu’on attendait un garçon qui, s’il a eu la malchance de naître vivant, il aurait aujourd’hui 22 ans et je lui aurait peut-être permis d’aller manifester pour qu’on réduise le prix du sucre et de l’huile. Enfin même si je suis convaincu que rien ne s’était passé derrière mois, j’ai toujours dans la tête que des Algériens pousseraient d’autres à la révolte pour revenir sur les lieux et.. j’ai vécu avec pendant presque une année
    L’essentiel, ce n’est pas tout ; après 11 mois de séquestration, j’ai réussi à décrocher un traumatisme incurable mélangé à la haine !! Avec un diplôme pareil, il est clair qu’on ne manquerait pas d’occupation : assignation à résidence, privations sur privations de tout, on m’exclut d’un appartement qu’ils donneront à une fripe de personne qui aurait donné une vingtaine de terroristes algériens qui seront brûlés vifs.
    Je m’arrête ici.. d’autant plus que je vienne d’être expulsé de l’appartement où j’habitais !
    Voilà ce qui peut expliquer your question : Pourquoi cette situation ?
    Sans rancune !
    Laïd DOUANE




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  • Adel
    5 février 2011 at 15 h 24 min -

    Que voulait le FIS en 91? L’État islamique. A-t-il réussi dans son entreprise? La réalité est là. Nous avons tout perdu, y compris la maigre ouverture démocratique concédée par Chadli. Le FIS en tant que parti politique a été laminé et la société algérienne a subi dans sa chair les plus atroces supplices.

    Le FIS avait mis l’objectif de l’État islamique avant celui de démocratie/État de droit. Résultat : il a vu se retourner contre lui une grande partie des élites «modernistes» qui se sont jetées dans le giron des généraux pour ne pas le laisser prendre le pouvoir. Pire, le FIS, grand vainqueur des élections législatives, n’a pas réussi à faire basculer la majorité de la population dans son camp, après le putsch des généraux de janvier 92. La réponse du noyau dur du pouvoir fut d’une brutalité sans précédent.

    Quelles conclusions tirer de cet échec? En 91, le peuple algérien dans son ensemble était prêt à faire la révolution pour la démocratie et l’État de droit mais n’était pas prêt pour l’État islamique. Les dirigeants du FIS, principale force de l’opposition de l’époque, n’ayant pas compris cela ont fait avorter cette révolution et permis à un régime tyrannique de devenir encore plus fort et de dominer la société pour au moins deux autres décennies.

    Ce n’était pas seulement la société algérienne qui n’était pas prête. Les puissances occidentales voyaient en l’émergence en Algérie de l’État islamique tel que proposé par le FIS une menace directe pour leurs intérêts vitaux. Le pari des dirigeants du FIS était vraiment hasardeux.

    Il est bien vrai que la politique est l’art du possible. Saurons-nous tirer les leçons de cet échec?




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  • radjef said
    5 février 2011 at 15 h 51 min -

    Bonsoir tout le monde. Les intellectuels devant, le peuple suivra. Le contraire est plus qu’une aberration.
    Sommes nous dans un capharnaüm ou il n’y a ni lumière, ni clarté et encore moins une quelconque cohérence sociale, politique et citoyenne ? Sommes nous, nous autres algériens, si différents les uns des autres qu’aucun consensus n’est possible pour nous rassembler du moins dans l’opposition ? Sommes nous condamnés a nous mobiliser qu’au chant des sirènes de l’Occident, a ne réagir que lorsque la junte et ses affidés nous jouent le spectacle, par journaux interposés, du changement et la comédie si bien orchestrée de la contestation populaire pour mieux préserver les intérêts de la haute finance et de la grosse industrie militaire dont dépend le régime en place ?
    Un ami, pour le citer Dr Sidhoum, semble ne pas apprécier mes critiques sur l’absence de stratégie concertée au sein de l’opposition, et tout particulièrement sur ma façon de regarder le 1er novembre 1954. Si nous voulons réellement renverser le régime et restaurer l’ Etat de droit, nous sommes condamnés à nous unir, à nous entendre, à nous concerter et à être les premiers dans la foule à marcher contre la junte. Hocine Ait Ahmed, S Hadjres, Harbi, Sidhoum, Addi Lahouari, M Dhina, Hidouci, Samraoui, S Khellil, Z Azouz, Houfani, A Haddam, Hamrouche, Mehri…doivent constituer le premier carré de la marche contre la junte. Il ne s’agit pas pour moi ici de récuser les thèses de Sidhoum ou de démolir son argumentaire et sa façon de concevoir les choses. Cependant, je tiens à lui rappeler que les intellectuels et les élites d’une manière générale sont le phare de la société. C’est à l’intellectuel qu’incombe la tâche de traduire dans les faits les revendications légitimes du peuple. C’est à l’intellectuel que revient le devoir de guider la société vers des horizons radieux et d’exaucer les attentes et les espérances du peuple. Nous devons cesser avec cette perversion qui consiste à faire vivre et prospérer l’intellectuel sur le dos des sacrifices consentis par le peuple.
    Un exemple du passé.
    Sans chercher a polémiquer ou a m’engager de façon inutile sur le terrain de la confrontation, que mon ami Sidhoum se rappelle les propos qui ont été tenus par Krim, Boussof, Ben Tobal, Si Nacer et Mahmoud Cherif à Abbane Ramdane au CNRA du Caire qui a précédé son exécution au Maroc : « On t’a ramené, tu n’as qu’a te la boucler ». Pendant que Abbane se faisait humilié dans un violent réquisitoire lu à tour de rôle par les trois « B », aucun politique n’a osé élever les yeux pour défendre celui qui les a imposés aux plus hautes instances de la « révolution ». Ni Debaghine, ni Ferhat Abbas, ni Ben Khedda, ni Ahmed Francis ni quiconque parmi les politiques présents à ce CNRA n’a montré sa désapprobation à l’endroit des militaires, alors qu’ils savaient tous que les jours de Abbane étaient désormais comptés. Retardataires qu’ils étaient, ils ont préféré fermer les yeux et se soumettre au diktat de petits brigands ignorants, incultes et assoiffés de pouvoir.




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  • Adel
    5 février 2011 at 15 h 59 min -

    Aujourd’hui, le peuple algérien, ayant raté la marche (d’escalier!) en 91, se retrouve une nouvelle fois devant la même demande de l’Histoire : le passage à la démocratie et l’État de droit. Sachant qu’il était déjà en 91 prêt à faire la révolution pour accomplir ce passage tant désiré, qu’est-ce qui l’empêche aujourd’hui de terminer ce qui a été interrompu en 92?

    Trop de violence subie. Toute une génération meurtrie et habitée par la haine de l’autre. Trop de parasites dans l’air, résultat de la sale guerre et de 20 ans de manipulation de l’opinion par le DRS. Trop de faux de toutes sortes circulent et brouillent les messages – y compris sur notre cher LQA. Nous voyons bien à quel point il est difficile de rebatir la confiance et de travailler main dans la main en lisant les interventions des deux camps sur les différents topics. Entre Lahouari Addi – pourtant très loin des positions du RCD ou du MDS -, d’un côté, et Anouar Haddam, Brahim Younessi ou Ziani Chérif, de l’autre, il y a beaucoup de choses à tirer au clair avant d’aller de l’avant dans un front commun contre le pouvoir en place.

    Quant à vouloir réunir tout le monde dans une même marche, c’est du domaine de l’impossible. La seule chance qui nous reste est que la jeunesse prenne les devants et nous entraîne tous. Dans le feu de l’action, sur les barricades, la fraternisation tant attendue aura peut-être lieu et les dissensions du passé seront peut-être oubliées.




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  • Liès
    5 février 2011 at 16 h 52 min -

    Je salue la réponse courageuse et pleine de bon sens du frère @ Laid Douane à qui j’adresse la parole pour la première fois; mieux tard que jamais dit-on!

    Et je salue avec beaucoup de respect la mise au point, d’une grande clairvoyance politique, faite par mon frère le docteur @ Sidhoum.

    Qu’importe si nous ne sommes pas tout à fait du même bord politique, ce qui nous lie c’est notre amour pour la patrie, dont nous ne trouverons aucunement ailleurs, la tendresse et la sensation de se sentir vraiment chez soi.

    Je crois que le brouillard est en train de se dissiper avec la montée en force du soleil de la Vérité.

    Fraternellement à toutes et à tous.

    Liès Asfour.




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  • W A H I D
    5 février 2011 at 19 h 42 min -

    @radjef said

    Et pourtant il était un sociologue.
    Fernando Henrique Cardoso
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Fernando_Henrique_Cardoso
    LISEZ SON PROFIL PROFESIONEL

    La coordination fait un travail remarquable, y compris les journalistes et intellectuels qui s’expriment via son site, la coordination du 19 Mars à travers l’appel du 1 Novembre 1954, a tente d’unifier les forces du changement, son implication dans la lutte des droits et libertés, est aussi exemplaire que sa participation active dans la société civile.

    L’émergence d’une nouvelle génération d’élite politique agressive, d’un esprit vive et critique, efficace, déterminé capable d’innovation et de renouveau pour élaborer un projet pour la société en phase avec le progrès dans le monde développé, peut être une alternative au statuquo de ces seniors 65+, pris par des problème d’Alzheimer, d’accoutumance urinaire et qui continuent a diriger le pays vers l’abime, corruption, chômage, pauvreté, ignorance, aliénation.

    Je pense un noyau dynamique, agressif autour de Monsier Addi Lahouari, peut être un début d’une langue marche.

    « Ne doutez jamais qu’un groupe de personnes puisse changer le monde. En réalité, c’est toujours ce qui s’est passé »
    **Margaret Mead

    Amicalement

    W A H I D




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  • Laïd DOUANE
    5 février 2011 at 20 h 54 min -

    @Liès Asfour,
    Je te rends le salut comme il se doit et bienvenu dans mon intimité comme on dit; Merci d’avoir apprécié!
    En fait, ce n’est pas du courage que j’ai ; j’ai simplement compris que je n’ai plus 30 ans et qu’ils n’oseront pas me faire le même coup que celui d’antan ; je l’aurais cherché moi-même ; Ce qu’ils doivent faire, ils l’ont fait, les corniauds fabricants de la bêtise ! Et puis, on l’a vu à la télé : Quand on voit des « chameaux humains » prêts à monter des chameaux tout court en plein Caire pour défendre un chameau comme Moubarek, ce n’est pas à ce dernier qu’il faut en vouloir ; il va falloir penser à changer de peuple au lieu du gouvernement..




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  • radjef said
    5 février 2011 at 20 h 58 min -

    Bonsoir tout le monde. Sincèrement je suis déçu et triste. C’est à croire que ce n’est pas du français que j’écris, mais c’est du chinois. A aucun moment, je n’ai mis en cause LQA. Je reproduis les sons et les attentes de la rue, mais également les réticences de certains camarades…
    Quelle est la situation aujourd’hui dans notre pays ?
    1-Nous avons une opposition émiettée, archaïque qui reproduit les querelles du passé et les traditions du mouvement nationaliste. Une opposition qui refuse de dépasser son zaimisme.
    2-Nous avons un Occident gendarme de l’univers qui estime que les régimes arabes constituent une menace certaine pour ses intérêts dans le monde arabe.
    3-L’Algérie a aujourd’hui moins de trente ans. Une Algérie qui émerveillée par les découvertes de notre époque et les perspectives qui en découlent, veut l’ouverture et le changement, ici et maintenant.
    4-Nous avons également un régime qui est encore effrayant par sa férocité, ses manipulations et les complicités qu’il compte à tous les niveaux de la société.
    5-Comment faire pour assurer un changement sans tomber dans le chaos, sans que la décision algérienne ne perde rien de sa souveraineté, tout en tenant compte des paramètres cités plus haut ?
    6-J’ai une grande gueule, mais je suis réaliste. Je refuse d’être un Don Quichotte !




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  • W A H I D
    5 février 2011 at 23 h 02 min -

    Dernier commentaire de W A H I D

    Correction du précédent TXT.
    une alternative au statuquo de ces seniors 65+, pris par des problèmes d’Alzheimer, (d’accoutumance) d’incontinence urinaire et qui continuent a diriger le pays vers l’abime, corruption, chômage, pauvreté, ignorance, aliénation.

    W A H I D




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  • Zineb Azouz
    5 février 2011 at 23 h 19 min -

    Bonsoir mes chers amis,

    Le débat est houleux et multidimensionnel.

    Avant tout je tiens à m’excuser pour mon dernier post truffé de coquilles, il y avait des coupures répétées.

    Par rapport au commentaire de notre ami Rajef à propos des « analphabètes » dans notre système de gestion et notre histoire, je pense et il faut se rappeler que de nos jours les analphabètes despotes et aveugles peuvent être y compris titulaires de Doctorats.

    Pour l’Egypte, je vais poster mon humble avis à l’instant.

    Cordialement
    ZA




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  • khatkhouta
    5 février 2011 at 23 h 22 min -

    Nous ne faisons pas confiance ni à Bouteflika, ni à Zerhouni, ni au premier ministre ni aux parties, RND FLN HAMS, ni aux lèches bottes du pouvoir, ni aux militaires déchues de l’arme française, nous ne faisons confiance à qui que se soit en se pouvoir ; il ne faut pas oublié que se même pouvoir a tirés dans le tas sur des jeunes innocents en octobre 1988, il a tues des jeunes Algériens en octobre 88 pour la simple raison c’est d’avoir demander un peu de dignité et une démocratie pour tous le monde, il ne faut pas oublié la tortures commises durant les évènements d’octobre 88, et se qu’a endurés des pauvres jeunes, il ne faut pas oublié les évènements de juin 1991, et l’internement d’un nombres très important d’Algériens, il ne faut pas oublié le coup d’état commis un certain Février 1992, il ne faut pas oublié les camps de concentrations non connues auparavant par les ALGERIENS (REGGAN-TSABIT-OUEDNAMOUS-LAHMOR-AIN MIGUEL et d’autres prisons) il ne faut pas oublié l’assassinat de plusieurs milliers d’Algériens de 1988 à ce jour et le pouvoir la imputée au terrorisme, il y a plusieurs choses commis par se pouvoir pourrie qu’il ne faut pas en oublié, il ne faut pas oublié l’enrichissements au dos des Algériens des serviteurs du pouvoir, cessation de biens, prêts non remboursés et d’autres privilèges, il ne faut pas oublié que se pouvoir a rendus nos jeunes vieux, et les rendent feignent avec leur système d’aide a l’emploie, et lés poussé a s’endettes par leur système des intérêts bancaires pour la création de sois disant petite entreprise, il ne faut jamais faire confiance à cette pourriture de pouvoir ni aujourd’hui ni demain la seule solution il faut qu’il partent, et laissé l’Algérie aux vrais ALGERIENS et non aux corrompus, hypocrites voleurs, et lèches bottes.
    Il faut que l’ALGERIE sera libre a partir du 09 ou 12 Février 2011, et que les Algériens vont dépassés les évènements de la TUNISIE et de l’EGYPTE en déracinant le pouvoir et ses acolytes. VIVE L’ALGERIE LIBRE INDEPENDANT ET DEMOCRATE.




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  • Zineb Azouz
    5 février 2011 at 23 h 40 min -

    Moubarak serait il en train de défier USA ou d’imposer la continuité du système ?

    En choisissant pour vice président un clone encore plus mouillé que lui, Moubarak rappelle au monde et aux américains que lorsque Sadat a été condamné à mort, ce scénario de vice présidence dont il a été le héro et le bénéficiaire est une carte qu’il connaît.

    Moubarak sait que s’il tombe, Souleimane, l’actuel vice président tombera, ce qui aura pour effet une vacuité que les américains n’ont même pas toléré en Tunisie où les enjeux sont beaucoup moins stratégiques.

    En même temps on sait que Souleimane est l’homme qui a déjà prouvé qu’il pouvait se salir les mains pour les Américains, il n’a pas d’autre choix que d’obéir et même s’il décide ouvertement de se désolidariser de Moubarak, ce dernier pourrait déballer des choses que nul ne veut ni voir ni entendre.

    A supposer même que les gendarmes du monde décident de mettre un terme à la vie du Raïs par un scénario, cousu de fil blanc, vert ou rouge, peu importe, cela embarquerait inévitablement le pays et l’armée dans un Chaos et un scénario trop dangereux et trop risqué, alors que cherche Moubarak par son entêtement apparent ?

    La pression de la rue est importante, trop importante pour qu’en cas de chute du Raïs, Souleimane, et à travers lui le système, ait des chances de rester.

    On pourrait croire que Moubarak veut forcer la main des occidentaux et les embarquer dans une répression aveugle et un bain de sang, ce scénario ne dérange personne au fond, mais représente un danger par rapport aux citoyens du monde libre qui pourraient en effet envahir les rues des capitales européennes.

    Dans un geste ultime de criminels aux abois, et après avoir agité les escadrons noirs et les voitures sans plaques d’immatriculation qui écrasent les manifestants, comment faire pour garder le système et se débarrasser de Moubarak qui ne peut et ne veut « dégager » sans avoir garanti sa peau, celle de ses amis et bien sûr assuré la continuité du régime et la sûreté d’Israël ?

    Souleimane, doit apparaître comme l’intermédiaire incontournable entre l’opposition et l’armée, en attendant des jours meilleurs, mais il ne peut toujours pas demander le départ de son ami et actuellement c’est la rue qui parle at pas l’opposition.
    Comptent il sur l’épuisement des manifestants ou sur la nuisance de ses snipers si bien équipés par l’ami Israélien ?

    A mon humble avis les forces du « bien » sont piégées par leurs propres discours et ils ne peuvent plus faire marche arrière, ils doivent négocier ! Le tout est de savoir avec qui ?

    C’est pourquoi même les discours les plus « lisses » comme ceux d’El Baradii ou El Karadaoui, semblent se radicaliser et se rallier à l’appel et à l’exigence de la rue, à savoir le départ de « Moubarak ».

    Personnellement, je n’ai plus de nouvelles de l’imam Youcef El-Karadaoui depuis qu’il a indiqué à la presse que « le Président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika, traite des questions arabo-musulmanes avec conscience et rationalisme », et ce à la suite de la promulgation de loi d’amnésie nationale.

    Quant à Monsieur EL Baradii qui certes était contre l’invasion de l’Irak, je vous dirais juste qu’en ce moment, j’ai décidé de partir en croisade contre les revendications et les indignations minimalistes.

    A bon entendeur salut !

    Cordialement,

    ZA




    0
  • W A H I D
    6 février 2011 at 0 h 24 min -

    @ LQA

    Un pays de 35 millions en majorité des jeunes de moins de 40 ans, dirigé par un générale major Mediene 72 ans, le Président de 74 ans, Guenaizia 72 ans, Dahou Oueld kablia 77 ans, Zerhouni 74 ans.

    500 milliards de dollars en 10 ans pour aboutir à des émeutes
    300 milliards de dollars pour le prochain quinquennat pour je ne sais quoi?

    Ils espèrent être au pouvoir encore longtemps, pour voire cette candidate peut etre président aux l’USA.
    http://www.220.ro/vedete/Sarah-Palin/3MVWs3tof6/
    Ou peut être Sarah Paline
    http://dumpalink.com/videos/The-Youngest-Politician-2364.html

    Amicalement

    W A H I D




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  • amel1
    6 février 2011 at 11 h 02 min -

    salam,
    @soeur Zineb Azouz que je réspecte,
    je suis l’ex mdigoutia qui reprend peut-être espoir mais…
    je suis révoltée contre toutes ses classes soi-disant élites du monde arabo-musulmans sorties des plus grandes universités du monde mais qui n’ont pas encore appris comment déjouer les plans de cette coalition impérialo-sioniste! jusqu’à quand nos destins seront-ils entre leurs mains?
    de quel droit ont-ils le droit de vie ou de mort sur nos avenirs et l’avenir de nos futurs génerations? Pourquoi l’occident a-t-il le droit de choisir, de vivre,de décider comme il veut et pas nous? chaque peuple a le droit de s’auto-déterminer pourquoi pas nous? Maintenant si c’est nos gouvernements qui participent à notre asserv issement en complicité avec cet ogre à cause de nos richesse alors il ne nous reste qu’une solution sera t elle la bonne?!
    Si la Tunisie a réussi seulement a changé un seul homme du régime, mais pas le régime puisque les tunisiens menacent déjà d’investir la rue si on n’accepterai pas un conseil de la révolution qui jouera le rôle de gardien, d’observateur , que dire alors des egyptiens qui malgré leurs sacrifices, déterminations, n’arrivent pas encore à faire basculer la balance, ceci étant la faute à qui? Moubarak est aidé par le satan ccidental et le peuple par qui?Il faut comprendre alors qu’il faut avoir une force en plus de la mobilisation citoyenne!Les prochains jours nous dirons si oui nous sommes arrivés à maturité et nous dirons aussi si nos élites sont à la hauteur de l’éspérance de leurs peuples.




    0
  • Zineb Azouz
    6 février 2011 at 13 h 13 min -

    La nouvelle vient de tomber :

    LES « IKHWANE » ACCEPTENT DE NÉGOCIER POUR CONFIRMER ENTRE AUTRE « El jiddiya » de OMAR SOULEIMANE, LEQUEL RAPPELLE QUE LE DÉPART DU RAIS N’EST PAS A L’ORDRE DU JOUR.

    LE VENT EST EN TRAIN DE TOURNER ET LES MANIFESTANTS SONT LIVRÉS AUX CHAMEAUX, CHEVAUX,
    AUX PISTOLETS TÉLESCOPIQUES SOPHISTIQUES MADE IN ISRAËL, AUX PISTOLETS POUR BALLES EXPLOSIVES A GUIDAGE LASER ET AUTRES BOUTEILLES DE GAZ ÉTOUFFANT INTERDIT D’USAGE.

    =============================
    Il n’y a rien d’étonnant de leur part. Ils n’en sont pas à leur première trahison. Il y a quelques mois alors que Moubarak coffrait ses militants par centaines, cette mouvance s’était désolidarisée du reste de l’opposition qui prônait le boycott des élections législatives truquées. Leur participation s’est terminée par un fiasco : 0 siège !!
    La révolution égyptienne est celle de la jeunesse du 6 avril et de l’association du changement. Tout le reste n’est qu’hypocrite récupération y compris le « conseil des Sages ». Cette mouvance n’a rien à voir avec celle de Tunisie ou turque.
    Salah-Eddine




    0
  • Lahouari Addi
    6 février 2011 at 13 h 46 min -

    Bonjour chers amis internautes,

    Merci à Radjef Said qui a envoyé des messages où il exprime sa confiance à mon égard. Le débat gagnerait cependant à ne pas tourner autour des noms. Il y a un paradoxe qui m’a toujours intrigué en Algérie: comment se fait-il que ce pays regorge d’hommes et de femmes admirables, regorge de véritables hommes d’Etat, regorge de gens sincères et compétents, comment se fait-il que ce pays va si mal? Par conséquent ce n’est pas une question de personnes. J’ai lu l’interview de Djamel Zenati paru dans El Watan et j’ai été frappé par la lucidité, la culture et le patriotisme de Zenati. L’Algérie possède des milliers de cadres capables de servir dans les institutions et de faire fonctionner l’Etat selon les normes exigées par notre temps. Ce qu’il faut c’est une organisation, des partis, et aussi de la tolérance. Il ne faut pas croire qu’on est seul attaché à ce pays. Les militants du FFS le sont, les islamistes le sont, les militants du RCD le sont etc. J’exclus les adhérents des partis de l’administration qui eux adhèreraient à n’importe quel parti qui est au pouvoir. Nous devons cultiver la tolérance. Je ne suis pas islamiste, mais j’ai dénoncé de toutes mes forces tout au long des années 1990 les tortures qu’ont subies les islamistes. Nous avons besoin de nous respecter et de respecteur l’humanité qu’il y a en chaque individu. Quant aux divergences politiques, elles existent dans toutes les sociétés. Elles se résolvent par le débat libre et l’alternance électorale.

    Cordialement

    Lahouari Addi




    0
  • W A H I D
    6 février 2011 at 14 h 00 min -

    @Zineb Azouz

    Moubarak serait il en train de défier USA ou d’imposer la continuité du système ?

    C’est le même scénario, général Suharto en 1998, a choisi son successeur en la personne de son « fils spirituel », M. Bacharuddin Jusuf Habibie.

    W A H I D




    0
  • Zineb Azouz
    6 février 2011 at 14 h 10 min -

    Merci cher Saleheddin pour ces rappels et ces claifications.

    CHÈRE SŒUR amel1,
    Je vous respecte et vous admire et sachez que votre dégout (et même « dégoutage ») est malheureusement ce que nous partageons le plus en ce moment.

    Bien sûr que la lâcheté des élites est encore au rendez-vous, ils ont trop peur de goûter à la misère et de perdre les miettes et les os que les pouvoirs leurs jettent entre deux massacres.

    A kef, en Tunisie, un policier vient de gifler et de bastonner UNE MANIFESTANTE, les citoyens réclamaient le départ d’un homme de « terreur », résultat : 4 morts tués par balles !!!!!!

    Vous voyez que rien n’est malheureusement encore joué, et que « ETTAHRIR » est une lutte permanente car nous nous battons au fond contre des pouvoirs extérieurs qui nous gèrent seulement par des tirailleurs.

    Fraternellement,
    ZA




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  • karim Merouane
    7 février 2011 at 9 h 10 min -

    L’émergence d’un Nouvel Ordre Mondial

    Si les révolutions de 2011 réussissent, elles créeront un système régional et mondial totalement différent.

    Je me souviens bien de ces images, même si j’étais trop jeune pour en comprendre le sens politique. Elles étaient poignantes, ces photos du New York Times à Téhéran en pleine ferveur révolutionnaire à la fin de 1978 et début 1979. Il y avait plus que de l’exubérance dans ces pages, il y avait aussi la colère ; une colère alimentée par une ferveur religieuse qui semblait surgir d’une autre planète aux yeux de ce préadolescent américain « normal » à qui son père montrait le journal.

    De nombreux commentateurs ont comparé l’Égypte à l’Iran d’il y a 32 ans, généralement pour nous mettre en garde contre une sorte de dictature islamiste qui foulerait aux pieds le traité de paix avec Israël, qui suivrait une politique antiaméricaine et qui priverait les femmes et les minorités de leurs droits (comme s’ils en avaient beaucoup sous la dictature de Moubarak).

    Ces lignes ont été rédigées le 2 février, précisément la date anniversaire du retour d’exil de Khomeini à Téhéran. Il est clair que si la religion est un des fondements de l’identité égyptienne et que la brutalité et la corruption sous le régime du Chah font pâle figure en comparaison de Moubarak, les situations sont toutefois radicalement différentes sur le terrain.

    Une révolte moderne et folle

    Ce qui suit résume plutôt bien les défis auxquels l’Égypte est confrontée aujourd’hui :

    « Ce n’est pas une révolution, pas dans le sens littéral du terme, où un soulèvement se produit pour redresser les torts. C’est une insurrection d’hommes aux mains nues qui veulent soulever un effroyable poids, le poids de tout un ordre mondial qui pèse sur chacun d’entre nous – mais plus précisément sur eux, ces… ouvriers et paysans aux frontières des empires. Il s’agit peut-être de la première grande insurrection contre les systèmes globaux, la forme de révolte la plus moderne et la plus folle.
    On peut comprendre les difficultés auxquelles sont confrontés les politiciens. Ils esquissent des solutions, qui sont plus faciles à trouver que ce que les gens disent… Toutes sont basées sur l’élimination du [président]. Que veulent les gens ? Ne veulent-ils vraiment rien de plus ? Tout le monde est bien conscient qu’ils veulent quelque chose de totalement différent. Et c’est pour cela que les politiciens hésitent à la leur offrir, d’où l’impasse actuelle. En effet, quelle place peut-on accorder, dans le cadre des calculs politiciens, à un tel mouvement, un mouvement traversé par le souffle d’une religion qui parle moins de l’au-delà que de transformation ici-bas ? » [Traduction de la version anglaise – les puristes pardonneront au traducteur de n’avoir pas cherché la version originale]

    Ceci n’a pas été écrit par un commentaire éclairé du présent, mais par le célèbre philosophe français Michel Foucault, à son retour d’Iran où il a pu constater de visu l’intensité de la révolution qui, à la fin de 1978, et avant le retour de Khomeini, semblait réellement annoncer l’avènement d’une nouvelle ère.

    Après le détournement de la révolution par Khomeini, Foucault a essuyé de nombreuses critiques pour n’avoir pas prévu la suite des événements. Mais la réalité est que dans un moment de confusion où les chaînes des opprimés sont littéralement brisées, rien n’est prévisible. Foucault avait compris qu’il fallait précisément une certaine forme de « folie » pour oser tout risquer pour la liberté, non seulement contre le gouvernement mais contre le système global qui l’avait materné tout ce temps.

    Il était clair par contre que les pouvoirs qui avaient le plus fermement soutenu le Chah, y compris les États-Unis, ont traîné les pieds pour soutenir les masses qui étaient en train de le renverser. Bien que cela ne soit pas la raison principale du détournement de la révolution réalisé par Khomeini, cela a certainement joué un rôle important dans la montée d’une force sociale militante et anti-américaine, aux conséquences désastreuses.

    La rhétorique d’Obama a certes évolué plus rapidement en faveur du peuple égyptien que celle du président Carter envers les Iraniens il y a trente ans, mais son refus de demander la démission immédiate de Moubarak laisserait supposer que les États-Unis seraient satisfaits si Moubarak survivait aux protestations et mettait en œuvre une transition « démocratique » qui laisserait intacts les intérêts américains.

    Le souffle d’une religion

    Foucault avait raison aussi lorsqu’il a attribué un rôle aussi important à la religion dans l’éclosion de la révolution – et il a lui-même vécu ce qu’il a appelé une « spiritualité politique ». Évidemment, la religion peut être définie de différentes manières. Le théologien protestant Paul Tillich l’a merveilleusement décrite comme ce qui englobe « la préoccupation ultime » d’une personne ou d’un peuple. De ce point de vue, il est clair que tous les Égyptiens sont aujourd’hui religieux.

    Beaucoup de gens, y compris les dirigeants égyptiens, ont brandi la menace d’une mainmise des Frères Musulmans pour justifier la dictature en citant l’Iran comme un exemple historique. Mais la comparaison souffre à cause de nombreuses différences historiques. Les Frères Musulmans n’ont pas de dirigeant ayant la stature de Khomeini et ça fait des dizaines d’années qu’ils ont renié la violence. Il n’y a pas non plus un culte du martyr prêt à surgir de hordes de jeunes, comme ce fut le cas au cours de la Révolution Islamique. Plutôt que de tenter de prendre le contrôle du mouvement, qui à l’évidence ne l’aurait pas accepté, et même si les dirigeants voulaient profiter du moment, les Frères Musulmans sont probablement plus préoccupés à suivre le mouvement et à tenter d’y jouer un rôle que d’en prendre la direction.

    Mais il est clair aussi que la religion constitue une part importante de la dynamique qui se développe. En fait, la photo la plus représentative de la révolution est peut-être celle des gens sur la place de la Libération en train de prier, encerclant littéralement un groupe de tanks qui avaient été envoyés sur place pour asseoir l’autorité du gouvernement.

    Il s’agit là d’une image de l’Islam radicalement différente de celle que la plupart des gens ont l’habitude de voir, aussi bien dans le monde musulman que dans le monde occidental : un Islam qui s’oppose pacifiquement à la violence d’état ; un djihad pacifique (bien que ce soit déjà arrivé à d’innombrables reprises à travers le monde musulman, mais à une moindre envergure et sans la présence des médias internationaux pour en parler).

    Une telle image, et sa signification, est une extension naturelle du symbolisme contenu dans l’auto-immolation de Mohamed Bouazizi, un acte de djihad qui a profondément remis en cause la violence extravertie des djihadistes et militants qui depuis des décennies, surtout depuis le 11/9, ont imposé une perception publique de l’Islam comme une forme de spiritualité politique.

    Il est inutile de dire que des images plus récentes – celles d’une guerre civile au beau milieu de la place de la Libération – se substitueront aux précédentes. De plus, si la violence se poursuit et que certains manifestants égyptiens perdent leur discipline et se lancent dans une violence préméditée contre le régime et ses nombreux services, il ne faut pas de doute qu’ils offriront ainsi la « preuve » que les manifestants sont à la fois violents et organisés par les Frères Musulmans et autres « islamistes ».

    Une menace plus grande que celle d’Al Qaeda

    Tandis que le mouvement de protestation pacifique contre des régimes sur la défensive se développe, il faut souligner que jusqu’à présent Oussama Ben Laden et son adjoint, Ayman Al-Zawahiri, n’ont pas eu grand chose à voir dans cette affaire. Ce que ces derniers n’ont pas réussi à déclencher avec leur idéologie d’un retour aux sources, pur et mythique – et avec des kamikazes, des engins explosifs, et des avions transformés en missiles – un groupe de jeunes militants, disciplinés, réfléchis mais aux contours indéfinis, et avec des camarades plus expérimentés, « laïcs » et « religieux » ensemble (dans le mesure où ces termes ont encore un sens), a réussi avec un discours universel sur la liberté, la démocratie et les valeurs humaines – et une stratégie de dosage du chaos visant à renverser un des plus anciens dictateurs au monde.

    Comme l’a résumé un chant en Égypte, sur l’air de « L’Islam est la solution » des islamistes, chanté par les manifestants, « la Tunisie est la solution ».

    Pour ceux qui ne comprennent pas pourquoi le Président Obama et ses alliés européens ont eu tant de mal à se ranger aux côtés des forces de la démocratie, la raison est que la coalition des forces politiques et sociales derrière les révolutions en Tunisie et en Égypte – et peut-être ailleurs demain – constitue une menace bien plus grande au « système global » qu’Al Qaeda a juré de détruire, que les djihadistes qui parcourent les terres d’Afghanistan, du Pakistan ou du Yémen.

    Fous de rage

    Tout gouvernement « du peuple », islamique ou laïc, se détournera des politiques néolibérales qui ont enrichi les élites régionales tout en enfonçant la moitié ou plus de la population sous le seuil de pauvreté de 2 dollars par jour. Ils refuseront de suivre les États-Unis ou l’Europe dans la guerre contre le terrorisme si cela signifie la présence massive de troupes étrangères sur leur sol. Ils ne seront plus passifs devant, ni ne soutiendront, l’occupation et le siège imposé par Israël dans les territoires palestiniennes occupées. Ils réduiront probablement les énormes sommes investies dans leurs armements qui servent avant tout à enrichir les fabricants d’armes occidentaux et à générer des gouvernements autoritaires, plutôt que d’apporter la stabilité et la paix dans leurs pays – et la région dans son ensemble.

    Ils chercheront, comme la Chine, l’Inde et d’autres puissances émergentes, à déplacer le centre de gravité de l’économie globale vers leur région, où la main d’œuvre bon marché et éduquée concurrencera la main d’œuvre plus chère et aussi plus réglementée de l’Europe et des États-Unis.

    En bref, si les révolutions de 2011 réussissent, elles créeront un système régional et global totalement différent de celui qui a dominé la politique économique globale depuis des décennies, particulièrement depuis la chute du communisme.

    Ce système pourrait apporter la paix et une relative égalité qui a globalement fait défaut jusqu’à présent – mais il ne le fera de manière significative qu’en érodant un peu plus la position des États-Unis et d’autres économies plus « développées » ou plus « avancées ». Si Obama, Sarkozy, Merkel et leurs collègues n’arrivent pas à se faire à l’idée d’un tel scénario, en soutenant les droits humains et politiques des peuples du Moyen orient et de l’Afrique du nord, ils finiront par se retrouver face à un adversaire bien plus rusé et redoutable qu’Al Qaeda : 300 millions d’Arabes en mouvement, fous de rage et qui disent « ça suffit ».

    Mark LeVine

    Mark Levine est professeur d’histoire à l’UC Irvine et chercheur principal invité au Centre pour les études moyen-orientales à l’Université de Lund en Suède. Ses livres les plus récents sont Heavy Metal Islam (Random House) et la paix impossible: Israël / Palestine depuis 1989 (Zed Books).

    http://english.aljazeera.net/indept




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  • Congrès du Changement Démocratique