Édition du
27 July 2017

Ce n’est pas l’Islam radical qui préoccupe les Etats-Unis, mais l’indépendance.

6 février 2011

Noam CHOMSKY

La nature des régimes qu’ils soutiennent dans le monde arabe importe moins que leur contrôle. Les sujets sont ignorés jusqu’à ce qu’ils brisent leurs chaînes.

« Le monde arabe est en feu » annonçait al-Jazeera la semaine dernière, alors que partout dans la région, les alliés occidentaux « perdent rapidement leur influence ». L’onde de choc fut déclenché par le soulèvement en Tunisie qui renversa le dictateur soutenu par l’Occident, avec des réverbérations surtout en Egypte, où les manifestants ont submergé la police brutale du dictateur.

Certains observateurs ont comparé l’événement aux renversements des régimes du camp soviétique en 1989, mais les différences sont importantes. La plus importante est qu’il n’y a aucun Mikhail Gorbachev parmi les grandes puissances qui soutiennent les dictateurs arabes. Washington et ses alliés s’en tiennent au principe bien établi que la démocratie est acceptable à condition qu’elle soit conforme aux objectifs stratégiques et économiques : excellente en territoire ennemi (jusqu’à un certain point) mais à éviter dans nos chasses gardées sauf si elle est correctement contrôlée.

La comparaison avec 1989 est cependant valable dans un cas : la Roumanie, où Washington soutenait Nicolae Ceausescu, le plus brutal des dictateurs de l’Europe de l’est, jusqu’à ce que ce dernier devienne incontrôlable. Washington a ensuite salué son renversement tout en oubliant le passé. Le scénario est classique : Ferdinand Marco, Jean-Claude Duvalier, Chun Doo-hwan, Suharto et de nombreux autres gangsters utiles. Cela pourrait être aussi le cas avec Hosni Moubarak, tout en déployant les efforts habituels pour s’assurer que le régime qui succède ne s’éloigne pas trop d’un chemin tracé. Les espoirs semblent s’orienter vers le général Omar Suleiman, un fidèle de Moubarak, qui vient d’être nommé vice-président. Suleiman, qui a longtemps dirigé les services de renseignement, est détesté par le peuple en révolte presque autant que le dictateur lui-même.

Un refrain souvent entendu est que le risque posé par l’islamisme radical oblige à s’opposer (à contre-coeur) à la démocratie et ce pour des raisons pragmatiques. Si la formule mérite considération, elle est néanmoins trompeuse. La vraie menace est l’indépendance. Les Etats-Unis et leurs alliés ont régulièrement soutenu des islamistes radicaux, parfois pour éliminer la menace d’un nationalisme laïque.

Un exemple connu est celui de l’Arabie Saoudite, le centre idéologique de l’Islam radical (et du terrorisme islamiste). Un autre sur la longue liste est Zia ul-Haq, le plus brutal des dictateurs pakistanais et le préféré du Président Reagan, qui a mené un programme d’islamisation radical (financé par les Saoudiens).

« L’argument habituel constamment avancé dans le monde arabe et à l’extérieur est que tout va bien, que tout est sous contrôle, » dit Marwan Muasher, un ancien officiel Jordanien et actuellement directeur du centre d’études Middle East research for the Carnegie Endowment. « En suivant ce raisonnement, les forces retranchées rétorquent que les opposants et ceux à l’étranger qui exigent des réformes exagèrent la situation à l’intérieur. »

On peut ignorer l’opinion publique. Cette doctrine ne date pas d’hier et elle a été généralisée au monde entier, y compris à l’intérieur des Etats-Unis. Lorsque des troubles se produisent, quelques ajustements tactiques peuvent se révéler nécessaires, mais toujours avec l’idée de garder le contrôle.

Le mouvement démocratique en Tunisie était dirigé contre « un état policier, avec peu de liberté d’expression ou d’association, et de graves atteintes aux droits de l’homme », dirigé par un dictateur dont la famille était détestée pour sa vénalité. Ainsi s’exprimait Robert Godec, ambassadeur des Etats-Unis, dans un câble daté de juillet 2009 et diffusé par Wikileaks.

Ainsi, selon certains observateurs, « les documents (de Wikileaks) devraient rassurer l’opinion publique américaine que les dirigeants (US) sont effectivement conscients et qu’ils agissent » – et même que les câbles confirment tellement la politique des Etats-Unis que c’est à se demander si ce n’est pas Obama lui-même qui organise les fuites (selon Jacob Heilbrunn dans The National Interest ).

« L’Amérique devrait donner une médaille à Assange, » peut-on lire dans un titre du Financial Times, dans un article où Gideon Rachman écrit : « la politique étrangère des Etats-Unis apparaît comme éthique, intelligente et pragmatique… la position publique des Etats-Unis sur un sujet donné correspond en général aux positions privées. »

De ce point de vue, Wikileaks coupe l’herbe sous les pieds des « théoriciens du complot » qui émettent des doutes sur la noblesse des motivations proclamées par Washington.

Le câble de Godec confirme cette idée – à condition de ne pas creuser plus loin. Dans ce cas, comme l’analyste de la politique internationale Stephen Zunes l’a indiqué dans Foreign Policy in Focus, on découvre aussi, à-coté du câble de Godec, que Washington a fourni 12 millions de dollars d’aide militaire à la Tunisie. On découvre que la Tunisie était l’un des cinq bénéficiaires : Israël (de manière constante) ; deux dictatures du Moyen-orient, l’Egypte et la Jordanie ; et la Colombie qui détient le record en matière d’atteintes aux droits de l’homme et qui est aussi le premier bénéficiaire de l’aide militaire US sur le continent (américain – NdT).

La première pièce à conviction présentée par Heilbrunn est le soutien arabe à la politique des Etats-Unis contre l’Iran, révélé par les câbles. Rachman lui-aussi se saisit de cet exemple, à l’instar de la plupart des médias, tout en louant ces révélations encourageantes. Toutes ces réactions montrent à quel point la démocratie est méprisée dans les milieux éduqués. [selon Chomksy, ce sont les milieux « éduqués », ceux qui passent par le formattage du système éducatif, qui deviennent les piliers du système – NdT]

Aucune mention n’est faite de ce que pense la population – chose facile à vérifier. Selon un sondage de Brookings Institution rendu public au mois d’août, certains Arabes sont effectivement d’accord avec Washington et les commentateurs occidentaux pour qui l’Iran représente une menace : ils sont 10%. Par contraste, les Arabes qui considèrent que ce sont les Etats-Unis et Israël qui représentent la plus grande menace sont, respectivement, 77% et 88%.

L’opinion publique arabe est si hostile à la politique américaine qu’une majorité (57%) pensent que la sécurité régionale serait renforcée si l’Iran se dotait d’armes nucléaires. Néanmoins, « tout va bien, tout est sous contrôle » (selon l’expression de Muasher pour décrire cette illusion dominante). Puisque les dictateurs nous soutiennent, leurs sujets peuvent être ignorés – sauf lorsqu’ils brisent leurs chaînes. Dans ce cas, il faut procéder à un ajustement de politique.

D’autres documents semblent confirmer l’enthousiasme qui s’exprime autour de la noblesse supposée de Washington. En juillet 2009, Hugo Llorens, l’ambassadeur US au Honduras, a informé Washington d’une enquête de l’ambassade sur « les enjeux juridiques et constitutionnels autour du renversement le 28 juin du Président Manuel « Mel » Zelaya. »

L’ambassade a conclu qu’ « il ne fait aucun doute que l’armée, la Cour Suprême et le Congrès ont conspiré le 28 juin dans ce qui constitue un coup d’état illégal et anticonstitutionnel contre la branche exécutive du pouvoir ». Très admirable, sauf que le Président Obama a rompu avec pratiquement toute l’Amérique latine et l’Europe en soutenant le régime issu du coup d’état et en ignorant les atrocités qui ont suivi.

La révélation la plus remarquable de Wikileaks est peut-être celle qui concerne le Pakistan et qui a été examinée par l’analyste Fred Branfman dans Truthdig.

Les câbles révèlent que l’ambassade US était parfaitement consciente que la guerre US en Afghanistan et au Pakistan non seulement renforçait l’antiaméricanisme ambiant mais aussi « le risque d’une déstabilisation de l’état pakistanais » et celui du cauchemar absolu : que les armes nucléaires tombent entre les mains de terroristes islamistes.

Encore une fois, ces révélations « devraient rassurer l’opinion publique américaine que les dirigeants (US) sont effectivement conscients et qu’ils agissent » (selon Heilbrunn). Pendant ce temps, Washington avance à pas décidés vers un désastre.

Noam Chomsky

SOURCE : http://www.guardian.co.uk/commentis


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20 Commentaires sur cet article
  • Ait Mohand Ouwidir
    7 février 2011 at 22 h 48 min -

    Ce n’est pas l’Islam radical qui préoccupe les Etats Unis, mais l’indépendance…..

    For sure dear Noam ! But just a question of common sens, Sir, WHY…..?

    C’est l’évidence même que l’Islamisme radical N’A JAMAIS préoccupé ni encore moins fait « peur » aux Etats Unis pour la simple raison que cet Islamisme radical a été créé et développé par les Etats Unis eux-mêmes et l’Empire du mal qui contrôle ces mêmes Etats Unis, si vous voyez ce que je veux dire par là….. et que vous connaissez trés bien d’ailleurs puisque que vous en faites partie vous-même. So what ?

    Vous savez parfaitement que la confrérie des « frères musulmans » est une création des Etats Unis eux-mêmes ! Et le premier bureau ouvert DANS LE MONDE fût à New York en 1921 !!! A la 132 ème. rue (!?). Je ne m’en rappelle pas bien. Pourriez-vous nous le préciser, svp ?
    Que le premier secrétaire général et théoricien de cette organisation terroriste répond au nom de Mohamed E TLEMÇANI, un égyptien aux origines algériennes dont les aïeux avaient combattu, dés la première heure, le colonialisme français aux côtés de notre grand Emir Adelkader… et que ce n’est pas Hassan El Benna le père fondateur de cette organisation terroriste créée par les services de l’époque l’OSS 117…..

    Bon, par la suite et plus près de nous, les states ont créés les Talibans en Afghanistan comme le DRS a créé ses propres partis : RCD, PT, RND, ISLAH, FIS, AIS, GIA et à présent l’AQMI….. qui est entrain de servir votre Empire par DRS interposé….

    As simple as that, dear Sire…..

    But don’t joke on us, please !

    With all my respect to you.

    Tanmirth.




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  • Jeff
    8 février 2011 at 0 h 03 min -

    Dans son intervention, Chomky cible le fond de la question d’indépendance des pays Arabes et Musulmans. Le passage de la colonisation à la libération ne s’est pas effectué dans un cheminement naturel des aspirations des peuples mais modeler selon le bon vouloir des puissances économiques. Chacune d’elle s’est octroyée un espace déclaré comme chasse gardée. D’Afrique en Asie en passant par l’Amérique du sud, le monde est sectionné en espace d’influence où s’entremêle intérêts économiques, stratégiques, et parfois culturels des grandes puissances. On assiste impuissant devant le G7 passé au G20 ou au Forum de DAVOS et autres institutions des puissances où se discutent les intérêts retranchés et projets d’exploitation et d’expansion. Ce monde unipolaire qui ne trouve en face de lui aucun contre poids aucun concurrent effectif. Tout est soumis à son dictat, institutions régionales, État ou pays en voie de développement ou émergents. Il reste néanmoins une référence qui n’a jamais pris dans ces calculs : le (s) peuple. C’est cette unité négligeable dans leur calcul qui fait face à leur maléfique dessin. En Tunisie comme Égypte les chaînes commencent à se briser, ouvrant ainsi le chemin de l’indépendance réelle et effective.

    Oui l’indépendance, la vraie la réelle. C’est la raison profonde de leur peur. Hier, le nationalisme, aujourd’hui c’est l’islamisme qui nous le présente comme éventail, comme ailleurs avec d’autres arguments fallacieux, forces régressives, ou marxistes. Les puissance ou forces obscures travaillent ardemment au maintien d’un système qui touche à sa fin car, étant artificiel, il ne peut se régénérer ou créer une alternative clonée. Longtemps maintenu à l’écart de leur propre destin, les peuples ne peuvent endurer une situation chaotique assistant en spectateur à la spoliation des ressources, aux disparités dans la distribution des riches, à l’arbitraire quotidien, ….etc

    Dans une de ces conférences CHOMSKY évoque le déséquilibre provoqué par les puissances. 70% des ressources planétaires sont situées dans les pays du sud donc dominés. 20% de la population mondiales exploite pleinement ses ressources à son avantage. La vrai indépendance remet en cause cet équilibre d’où la peur bleu des forces obscures.

    La contribution de CHOMSKY est importante sans pour autant négligé l’apport de nos intellectuels qui ont évoqué l’incomplétude de notre indépendance. Je peux citer « l’indépendance confisquée » de Ferhat ABBAS, ou celui de Ghazi HIDOUCI « la libération inachevée ». Il en est de même pour les auteurs du moyen orient ou d’Amérique latine. Nos auteurs ont entamé une réflexion, introvertie, en mettant l’accent sur les facteurs inhérents à nos systèmes, à nos sociétés, jusqu’à nos us et coutumes politiques. La pathologie, o combien contagieuse du Zaimisme chez les dirigeants Arabes, de la militarisation des institutions dans nos sociétés, du despotisme … sont autant de refrains à l’indépendance réelle et au progrès économique et social.
    Cependant, le paradigme de Chomsky nous oriente vers une vision extravertie, plus globale et plus exhaustive : les visées des puissances qui préfèrent avoir comme interlocuteurs des pouvoirs dépourvus de toute légitimité. Ces régimes ou systèmes politiques ne peuvent s’assurer une existence dans le temps sans l’assentiment des puissances, fussent-elle régionales ou mondiales, qui assument la garantie de leur maintien aux commandent qu’ils dirigent illégitimement.
    Il s’agit d’un des jeux le plus pervers de la politique dite post coloniale, qu’on peut aisément, pour notre part, qualifiée de néocoloniale, voire même re coloniale. Car, effectivement, il y eu décolonisation des territoires mais recolonisation des esprits des dirigeants formatés dans le moule de leurs maîtres. En leur léguant les clés du pouvoir et les destinés de leur peuple, les puissant ont pris soins de leur laisser les modes de fonctionnement, les pratiques de gouvernance, enfin la culture politique du colon ou je puisse dire du puissant.

    L’indépendance est une réaction instinctif des peuples acculés à la libération de leur destin.




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  • Ait Mohand Ouwidir
    8 février 2011 at 14 h 03 min -

    En fait, Noam et tous les autres « penseurs » de l’Empire sont parfaitement conscients d’une chose à présent :

    C’EST QUE LA REVOLUTION QUI SE DEROULE PARTOUT DANS LA RUE ARABE A ECLATE SANS LE FEU VERT DE CET EMPIRE ET DE LEURS PIONS DANS NOS PAYS RESPECTIFS !

    Ils ont été pris de court par ces évènements soudains et porteurs d’espoirs nouveaux pour les peuples en place.

    Mais cette révolution fait que désormais la seule puissance qui combat et fait face à cet Empire ce sont les peuples arabes et musulmans qui sont en train de faire la nouvelle révolution mondiale des temps modernes :

    C’EST LA NOUVELLE REVOLUTION CONTEMPORAINE DES PEUPLES DE LA PLANETE (les damnés de la terre- FANON) CONTRE LES PUISANCES DE L’EMPIRE DU MAL…..

    Ce qui est une donne fondamentalement nouvelle de notre époque.

    Les peuples arabes et musulmans viennent de donner le départ à la nouvelle révolution des temps modernes : LA REVOLUTION DES PEUPLES !!!

    Ceux qui ont dit que les peuples arabes « n’étaient pas mûrs » pour la LIBERTE et la DEMOCRATIE en ont pour leurs frais ! Mais il est vrai que ceux qui veulent noyer leurs chiens, les accusent de rage…..

    Maintenant, l’Empire du mal, passé cet effet de surprise, est en train de reprendre les choses en main aprés s’être laissé déborder quelque peu sur sa droite comme sur sa gauche, en NORMALISANT et en CANALISANT cette révolution d’un nouveau type qui met directement en danger certain les INTERETS stratégiques, politiques, culturels et économiques en aidant les régimes en place….. voilà pourquoi, ils ne font rien pour que le pharaon tombe ! L’Empire le maintient encore pour six mois le temps qu’il faut pour permettre l’émergence d’un nouveau
    gouvernement encore plus docile que le précédent qui pérénisera ses intérêts dans la région d’abord et ensuite dans les pays de géosphère politique arabo-musulmane.

    Et tous les écrits qui seront faits dans les prochains jours, par ces têtes bien pensentes (NOAM, STORA, ADLER, BHL et autres…..), n’entrent en fait que dans cette logique de reprise en main de ces révolutions par l’Empire….. sans plus. Et celle-ci passera obligatoirement par la NORMALISATION.

    Tanmirth.




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  • Liès
    8 février 2011 at 19 h 49 min -

    Salutations à toutes et à tous.

    Quand des peuples ont soif de DÉMOCRATIE (qui est émotionnellement parlant, un mot très proche de LIBERTÉ et de JUSTICE), ils vont faire tout pour en prendre soin, la protéger et la développer.

    Car quand on a soif seulement d’eau, on la cherche de toutes ses forces et de toute son âme, et une fois cette source de vie trouvée, on s’y désaltère d’abord en laissant échapper peut-être quelques gouttes et puis on lui construit un mur protecteur et un bassin pour que rien ne se perde, et on placerait même un gardien pour qu’un quelconque être malveillant ne viennent la détruire mais seulement étancher sa soif.

    Il en est de même pour la démocratie dans nos contrées ou elle n’existe pas encore, parce que ceux qui sont en train de nous vendre leur eau frelatée avec toutes les maladies qui vont avec, ne veulent pas qu’elle existe, sachant qu’on sera capable de la vivre et la développer probablement mieux qu’eux.

    C’est tout simple, et l’occident qui domine sur le monde sait cela; il connait nos besoins mieux que nous-mêmes parfois, et il s’y oppose.

    Je vous donne une petite preuve, lâchée dernièrement lors d’un journal télévisé consacrée aux événements d’Égypte, qui citait le résultat d’une enquête menée par un important centre d’études et de recherches stratégiques basé en Amérique du nord.

    Ce centre a révélé que le désir démocratique chez les peuples arabes est de 6 (six) fois supérieur à celui des peuples de l’occident et de 3 (trois) fois supérieur à celui des peuples d’Asie.

    Donc la demande est l à, le besoin est là, la soif est là, mais le puissant occident ne veut pas aider, ou à tout le moins ne veut pas retirer son soutien aux régimes dictatoriaux qu’il nous a imposé.

    Et pourtant, contrairement à tout ce qu’il avance, l’occident gagnerait à ce que nos contrées se démocratisent.
    Je crois que sa position relève de l’égoïsme et de la cupidité, plus qu’autre chose.

    Sans autres commentaires.

    Fraternellement à toutes et à tous.

    Liès Asfour.




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  • Hamma
    8 février 2011 at 21 h 47 min -

    @Aït Mohand Ouwidir, selon mes connaissances, l’association des Frères Musulmans (Muslim Brotherhood) a été bien fondée par Hassen El Benna en 1928 en Egypte. Quant à son implantation et ses activités aux USA, ce n’est qu’a partir de 1960 et non en 1921 comme mentionné. En 1921, c’est la Communauté Musulmane Ahmadiyya (Ahmadiyya Muslim Community) dont son fondateur est Mirza Ghulam Ahmed qui était implantée aux USA suivie par la communauté Nation de l’Islam (Nation of Islam) en 1930. Donc, à la lecture de ces informations, l’association des Frères Musulmans ne s’est établie aux USA qu’à partir des années 60. Il est vrai que dès 1950, les Frères Musulmans ont été utilisés par les USA contre Nasser et la crainte de voir l’Egypte basculer vers le communisme.

    Fraternellement




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  • mamlam
    9 février 2011 at 18 h 30 min -

    Monsieur « ne touchez pas au sionisme »
    Noam Chomsky est de loin le maitre de la critique des politiques impérialistes US dans le monde et ce depuis plus de trente ans. C’est là sans doute le seul point qui fasse l’unanimité tant de ses partisans loyaux (qui sont légion) que de ses détracteurs tout aussi passionnés, bien que beaucoup moins nombreux, je me situe cependant dans cette dernière catégorie. Sa prépondérance en la matière est si extraordinaire, si totalement dénuée de précédent qu’on aurait bien du mal à trouver un concurrent qui lui arrive à la cheville. C’est là une consécration considérable, surtout pour quelqu’un qui a parfois été qualifié d’« icône, à son corps défendant »…
    Seulement le monsieur « ne touchez pas au sionisme …» est loin d’être le défenseur de la cause palestinienne et cela pour les raisons suivantes :
    Dans la politique que mène les États-Unis au proche orient, Chomsky soutient : qu’Israël servirait d’atout stratégique aux États-Unis et que le lobby israélien (au premier rang duquel, l’Aipac) se réduirait à un groupe de pression semblable à tous les autres groupes de pression, mis à part le fait qu’il chercherait à modifier la politique américaine au Moyen-Orient. Réduisant de ce fait le rôle d’Israël dans les crimes commis contre les palestiniens et même soutenir qu’Israël n’est qu’une victime de la politique impérialiste des USA et cela s’explique par le fait qu’il avoue lui-même avoir été, depuis sa plus tendre enfance, sioniste (dans l’une des toutes premières acceptions de ce qualificatif, c’est-à-dire qu’il était favorable à la création d’un foyer juif en Palestine – d’un État binational, et non pas d’un État exclusivement juif) et que, comme il l’écrivit voici une trentaine d’années : « Sans doute mon histoire personnelle déforme-t-elle la représentation que je me fais de ce problème … » Il est par conséquent absolument essentiel de prendre la mesure du degré atteint par cette distorsion si l’on veut comprendre les positions absolument stupéfiantes que Chomsky a adoptées en réaction au conflit israélo-palestinien… alors cet homme qui possède plus de trente ouvrage, qu’a-t-il écrit sur les crimes qu’a commis Israël en Palestine ? beaucoup de déclarations de Chomsky ont démontré sa détermination à prémunir Israël et les Israéliens contre les sanctions ou les inconvénients majeurs qu’ils auraient dû encourir en raison de leurs transgressions absolument phénoménales de ce que devrait être un comportement humain décent, que Chomsky a lui-même documentées passionnément depuis des années. C’est là une des contradictions manifestes dans son action : il voudrait nous faire croire que l’occupation et les agissements extrêmement brutaux d’Israël contre les Palestiniens, ses invasions, ses quarante années de guerre non-déclarée contre le Liban et le fait qu’il ait armé des régimes assassins en Amérique centrale et en Afrique durant la Guerre froide, auraient été le fait d’un État client au service exclusif des intérêts nationaux américains. Du point de vue de Chomsky, voilà qui absoudrait Israël de toute responsabilité. Cette pétition de principe est hélas une partie constitutive de la doctrine chomskienne officielle.
    Dans une interview qu’il a accordée en mai 2006 à Christopher J. Lee de la revue Safundi : The Journal of South African and American Comparative Studies [Revue des études comparatistes d’Afrique du Sud et d’Amérique], disponible en ligne sur le site ouèbe Znet. Et en abordant la question de l’apartheid et la question fut posée à Chomsky de savoir s’il considérait que ce terme s’appliquait (ou non) aux Palestiniens soumis à la domination israélienne. Il répondit :

    « Je n’utilise pas moi-même ce terme, pour être franc. De même que je n’utilise pas [fréquemment] le terme « empire », parce que ce sont là, tout simplement, des termes provocateurs… Je pense qu’il faut s’en tenir à la description de la situation, sans la comparer à d’autres. »
    Sachant que Chomsky n’est pas avare de termes incendiaires, et que comparer une situation historique avec une autre situation historique fait partie depuis fort longtemps de son mode d’approche… Sa réponse, en l’occurrence, était troublante. Beaucoup d’universitaires et de journalistes israéliens, comme Ilan Pappe, Tanya Reinhart et Amira Hass ont décrit la situation des Palestiniens en la qualifiant de régime d’apartheid. Monseigneur Desmond Tutu a fait de même et, en 2005, le quotidien israélien Ha’aretz indiquait que le professeur de droit sud-africain John Dugard, rapporteur spécial des Nations unies sur la situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés et ancien membre de la Commission Vérité et Réconciliation de son pays avait écrit dans un rapport adressé à l’Assemblée générale de l’Onu « qu’il régnait dans les territoires (palestiniens occupés par Israël) » un « régime d’apartheid bien pire que celui qui existait jadis en Afrique du Sud. »
    Chomsky a expliqué son désaccord : « L’apartheid était un système particulier, et une situation particulièrement infâme… Ce terme n’est évoqué qu’afin d’agiter un chiffon rouge, alors qu’on peut très bien se contenter de décrire, tout simplement, la situation (telle qu’elle est)… »
    Une deuxième question fut posée, plus tard, au cours de la même interview, quand on demanda à Chomsky si des sanctions pourraient être imposées à Israël, comme ce fut le cas pour l’Afrique du Sud ? Il répondit :
    « Les sanctions, cela cause du tort à la population. On ne peut imposer de sanctions tant que la population ne les exige pas elle-même. C’est une question morale. Aussi, le plus important, dans le cas d’Israël, c’est ceci : la population (israélienne) réclame-t-elle des sanctions ? Eh bien, à l’évidence, la réponse est : “non !” »
    À l’évidence : “non”… Mais est-il acceptable de prendre une décision de cette nature sur la base de ce que veut (ou ne veut pas) une majorité d’Israéliens ? Israël, que je sache, n’est pas une dictature dont la population serait tétanisée par la peur et ne saurait par conséquent être tenue responsable des agissements de son gouvernement. Israël a une presse très largement indépendante et très vivante, et une « armée populaire » dans laquelle tous les juifs israéliens (mis à part les ultra-orthodoxes) sont tenus de servir et qui fait l’objet, de la part de l’opinion publique israélienne, d’une révérence quasi religieuse. Au fil des années, à la manière démocratique qui leur est propre, la majorité des Israéliens a constamment soutenu et participé aux actions de son gouvernement contre les Palestiniens et les Libanais ; des agissements qui non seulement étaient et sont racistes, mais qui violaient – et continuer à violer – les Conventions de Genève.
    Cette réponse perturba aussi l’analyste politique palestinien Omar Barghouthi, lequel, tout en reconnaissant (avec tact) en Chomsky un « éminent soutien de la cause palestinienne », n’y alla pas par quatre chemins, pour faire un sort aux arguties chomskyennes :

    « De tous les arguments anti-boycott, celui-ci reflète soit une naïveté stupéfiante, soit une malhonnêteté intellectuelle délibérée. Allons-nous juger si nous devons appliquer (ou non) des sanctions à une puissance coloniale en fonction de l’opinion de la majorité du peuple oppresseur ? S’il vous plaît, que quelqu’un me dise si on en a encore quoi que ce soit à cirer, du peuple opprimé ?
    Mais puisque l’absurde ne tu pas, à chomsky d’ajouté :
    « De plus, ces sanctions sont inutiles. Nous devrions appeler à des sanctions contre les États-Unis, alors là : d’accord ! Si les États-Unis arrêtaient leur soutien massif à cette politique, elle deviendrait rapidement une chose du passé. Dans ce cas, vous n’auriez nul besoin d’imposer de quelconques sanctions à Israël. Ce serait comme imposer des sanctions à la Pologne soumise aux Russes, en raison de ce que font les Polonais. Ce serait totalement absurde. Dans le cas présent, les Russes, c’est nous [= les États-uniens, ndt] »
    Primo : que veut dire Chomsky lorsqu’il affirme que « ces sanctions sont inutiles » ? Il savait certainement, au moment où il répondait à ce journaliste, qu’Israël, en construisant une muraille de huit mètres de hauteur qualifiée à juste titre de « Mur de l’Apartheid », accélérait la confiscation de nouvelles terres palestiniennes et poursuivait son nettoyage ethnique entrepris bien avant 1947. Et que la seule chose qui pouvait arrêter cela, c’était la pression de l’opinion publique.
    Secundo : s’il y avait un soutien considérable à des sanctions contre les États-Unis et si ces sanctions étaient possibles, les appliquer ne violerait-il pas les standards définis par Chomsky pour une telle opération ? Ne venait-il pas de dire qu’il fallait que la majorité de la population y soit favorable ? Apparemment, il n’a pas les mêmes critères que pour les Israéliens, quand c’est des Américains qu’il s’agit. Quant aux souhaits des Palestiniens, n’en parlons pas !…
    Pourquoi Chomsky s’oppose au boycott des investissements en Israël ?
    Au cours de sa dernière conférence au département d’anthropologie de Harvard, Chomsky a déclaré : « Je suis opposé, comme je l’ai toujours été, depuis des années… de fait, je suis même probablement le plus en vue des opposants, depuis des années, aux campagnes de désinvestissement en Israël, ainsi qu’aux campagnes de boycott universitaire à l’encontre de ce pays… »
    Il a invoqué l’argument selon lequel un appel au désinvestissement reviendrait à « faire un cadeau particulièrement bienvenu pour les partisans les plus extrémistes de la violence américano-israélienne… Ce boycott éclipse les points fondamentaux à l’ordre du jour et cela leur permet de dévier la discussion vers des questions hors sujet, comme l’antisémitisme, les libertés universitaires, etc…
    Pour mémoire ce boycott a été initié aux USA pour demander au MIT [Massachusetts Institute of Technology] de boycotter les investissements en Israël (avant de se rétracté, Chomsky été signataire. Cette pétition concerne les investissements américains dans des entreprises israéliennes et dans les Bons de l’État israélien, que financent les syndicats de travailleurs américains et que beaucoup d’États et d’universités des États-Unis ont acquis, à hauteur de plusieurs centaines de millions de dollars. Ces achats obligent à l’évidence ces institutions à exercer un lobbying sur le Congrès afin de s’assurer que l’économie israélienne sera bien, quoi qu’il arrive, maintenue la tête hors de l’eau. Mais ça, Chomsky n’en parle pas… Il n’en est nullement question, par ailleurs, dans ses ouvrages…
    La rationalisation des méfaits criminels d’Israël, à laquelle procède Chomsky dans son Triangle fatal [The Fatal Triangle] aurait dû tirer la sonnette d’alarme, dès la parution de cet ouvrage, en 1983. Celui-ci, écrit un an après l’invasion du Liban par Israël, et qui allait devenir la Bible des militants de la cause moyen-orientale, ne commence pourtant pas par des remontrances envers Israël aussi dures que celles de la plupart de ses détracteurs :
    « Dans la guerre sémantique qui a été déclenchée à la suite de l’invasion du Liban par Israël, en juin 1982, les contempteurs des actions israéliennes ont fréquemment été accusés d’hypocrisie. Si les raisons invoquées étaient spécieuses, l’accusation elle-même n’était pas totalement infondée. Il est manifestement hypocrite de condamner la construction de colonies par Israël dans les territoires palestiniens occupés, dès lors que c’est nous [les États-uniens] qui, en payant, permettons qu’elles soient crées et / ou agrandies. Hypocrite, encore, de condamner Israël parce qu’il attaque des objectifs civils avec des bombes à fragmentation et des bombes au phosphore, « afin d’obtenir le rendement maximum de tués / frappe ». Alors même que c’est nous qui fournissons ces bombes aux Israéliens gratuitement, ou à prix d’ami, tout en sachant très bien quelle utilisation en sera faite… Ou encore de critiquer les bombardements israéliens « aveugles » de zones densément peuplées ou encore d’autres « hauts faits » militaires, alors que non seulement nous fournissons ces moyens militaires en abondance, mais que nous sommes très demandeurs de l’aide qu’Israël nous apporte, en retour, en testant les armes dernier cri dans les conditions du champ de bataille… D’une manière générale, c’est pure hypocrisie que de critiquer l’usage qu’Israël fait de sa puissance, tout en accueillant à bras ouverts les contributions de ce pays à la réalisation par les États-Unis de leur objectif d’élimination de menaces potentielles, d’origine très largement indigène, pour l’hégémonie américaine au Moyen-Orient. »
    Si nous adoptions la « logique » de Chomsky, il serait injuste d’accuser des officiers et des responsables politiques indonésiens, salvadoriens, guatémaltèques, haïtiens ou philippins des atrocités perpétrées contre leurs propres concitoyens, dès lors qu’ils étaient financés et politiquement soutenus par les États-Unis !
    Nul doute que Pinochet fera appel à maître Chomsky, comme avocat, pour sa défense, s’il doit être jugé un jour…
    Chomsky a invoqué une nouvelle fois la responsabilité américaine dans les péchés d’Israël dans son introduction à son ouvrage intitulé The New Intifada, en relevant qu’en sa qualité de haute partie contractante des Conventions de Genève, « il appartient à Washington d’empêcher la colonisation et les expropriations, les punitions collectives et toutes les autres formes de violence [d’Israël]… Il en résulte que les États-Unis commettent une violation explicite et extrême de leurs obligations en leur qualité de signataires de ces conventions ».

    On aurait tendance à être d’accord avec lui. Mais le refus d’agir des États-Unis représente-t-il en quoi que ce soit une « violation » plus « extrême » que les crimes réels et terriblement concrets perpétrés aujourd’hui par un autre signataire desdites Conventions, à savoir : Israël? Chomsky aimerait bien nous le donner à accroire.
    Après l’assassinat du Sheikh Yassine, voici ce qu’a déclaré chomsky :
    « Sheikh Yassine a été tué par un hélicoptère américain, piloté par un pilote israélien. Or, Israël ne produit pas d’hélicoptères. Ce sont les États-Unis qui les leur envoient, tout en sachant très bien que ces hélicoptères seront utilisés à des fins telle celle-là. Les États-Unis fournissent des armes à Israël, bien qu’ils soient parfaitement au courant du fait que ces armes seront utilisées à de telles fins par Israël, et non pour assurer sa défense, au titre de laquelle elles ont pourtant été exportées. » Jusqu’à un certain point, Chomsky a raison. Ce qui manque à son analyse, c’est le fait qu’il ne fait pas la moindre allusion aux demandes émanant du Congrès – demandes orchestrées par l’Aipac, le lobby pro-israélien officiellement enregistré aux États-Unis – afin de s’assurer que ceux-ci fournissent bien à Israël ces hélicoptères, dont Israël pourra faire l’usage que ses généraux jugeront approprié. (De fait, il n’y a pas la moindre allusion à l’Aipac dans les nombreux ouvrages consacrés par Chomsky au conflit israélo-palestinien, ce qui tient de l’exploit !) L’impression qu’on retira de cette analyse, ce fut la conclusion que l’assassinat de Cheikh Yassine avait reçu le feu vert de Washington…
    Tandis que le recours répété aux hélicoptères contre la résistance et la population civile palestiniennes était un des aspects parmi les plus criminels de la réponse apportée par Israël à l’Intifada, l’absolution des Israéliens pour leur utilisation devenait une sorte d’obsession chez Chomsky, comme le montrent son introduction à The New Intifada et (sans doute a fortiori) son ouvrage Middle East Illusions.
    « Le 1er octobre [au début de l’Intifada d’al-Aqçâ], les hélicoptères militaires israéliens ou, plus précisément, les hélicoptères militaires américains pilotés par des Israéliens, firent monter l’escalade en flèche, avec la mort de deux Palestiniens à Gaza… La livraison ininterrompue d’hélicoptères d’assaut par les États-Unis à Israël, tout en sachant que ces armes étaient utilisées contre les civils palestiniens, ainsi que le silence des médias consensuels, ne sont qu’une illustration de notre piètre attachement au principe selon lequel nous ne croirions pas en la violence. Encore une fois, cela impartit deux tâches aux citoyens honnêtes : la première (la plus importante) – faire quelque chose à ce sujet ; la seconde – essayer de percer à jour pour quelle(s) raison(s) une telle politique est-elle menée? »
    Que faire ? Voilà ce que Chomsky, encore une fois, ne dit pas. Mais il tente de nous dire le « pourquoi »… : Chomsky ne cesse de ressasser, presque littéralement dans tous ces ouvrages, l’hypothèse selon laquelle les USA veulent mettre la main sur les hydrocarbures du golf
    Il dit : « En l’occurrence, les raisons fondamentales ne sont pas réellement controversées… On sait depuis longtemps que la région du Golfe renferme les principaux gisements énergétiques du monde… »
    Mais Chomsky n’explique pas ce que cela a à voir avec les Palestiniens, qui n’ont pas une goutte de pétrole, ou avec la manière dont un Etat croupion palestinien mettrait en danger les intérêts des États-Unis dans cette région du monde.
    Il est raisonnable de conclure, à ce stade, que la manière qu’a Chomsky de tourner autour de la question de l’aide états-unienne, son opposition aux désinvestissements et aux sanctions, et au fait qu’Israël soit tenu pour redevable, peuvent être attribuée plus à sa perspective sioniste, quelle que soit la manière dont il la définisse, qu’à son approche générale des événements historiques. Toutefois, cela ne s’arrête pas là : l’examen d’un échantillon de ses prodigieuses productions sur le conflit israélo-palestinien révèlera des omissions historiques critiques et des points aveugles, des événements malencontreusement mal interprétés et une tendance à répéter ses erreurs, au point qu’elles sont devenues des « faits non-controversés » pour des générations successives de militants, qui les répètent, tels des dauphins dressés. En somme, ce que Chomsky leur a légué, c’est un scénario profondément gauchi, qu’il a réussi à leur fourguer et à leur refourguer en le leur faisant prendre pour la réalité.




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  • Ait Mohand Ouwidir
    10 février 2011 at 0 h 41 min -

    @mamlam. Félicitations pour votre écrit qui est un véritable travail de fond. Sincèrement, j’ignorais beaucoup de points que vous avez développés et argumentés de façon magistrale. Merci et chapeau bas.

    @Hamma. Sans remettre en question votre écrit, je ne peux m’empêcher néanmoins d’apporter quelques éléments de précisions en ma connaissance.

    Mes assertions sont surtout basées sur un écrit que j’ai lu sur une revue française de l’époque en….. 1948, déjà, sur cette question là ! Où il était question de cette mouvance islamiste créé par l’OSS 117 d’Alan DULLES et Foster DULLES et que les E.U. avaient permis l’ouverture à New York d’un bureau des frères musulmans en 1921 et non en 1960. Et son premier représentant fût ce Mohamed E TLEMÇANI. D’ailleurs, la même information est reprise quelques années plus tard en 1957-58….. par la revue franèaise Paris Match avec la photo justement de ce Mohamed E TLEMÇANI qui portait une chéchia (terbouche), un regard franc et terrible et des moustaches (chanabates) à la turc que vous pouvez consulter d’ailleurs et avec la reprise de la généalogie de ce TLEMÇANI.
    En fait, ce mouvement de création des frères musulmans est une idée à l’origine du MI5 sur la base des rapports établis par Lawrence d’Arabie à la suite de la chute de l’Empire Ottoman afin de mieux surveiller et contenir la Ouma Islamia. Au même titre que la création de la fameuse Ligue Arabe dont nous faisons malheureusement partis qui est une création purement britanique.

    Quant à Al Banna qui était au départ, un agent Britanique dans les pays du Moyen et Proche Orient mais également dans les pays du Golf était le meilleur agent opérationnel des Anglais dans ces pays. Il fût même utilisé pour contrer la Révolution Nassériste et fit contre Djamel Abd ENNASSER plusieurs attentats ou tentatives d’assassinats sur ordre des anglais qui voyaient d’un mauvais oeil le développement nationaliste et l’influence de la Révolution des Officiers Libres de Nasser surtout aprés la nationalisation du Canal de Suez…..
    Enfin, last but not least, pour donner tout le « charisme » nécessaire à cet individu (Hassan Al Banna) auprés des musulmans croyants, les brillants services britaniques du MI5 lui collèrent l’étiquette superflue de « créateur » et « fondateur » du mouvement des Brotherhood….. sans plus, cher frère. La rumeur fera la suite….
    C’est exactement la même tactique qui a été employée en Algérie par le DRS qui avait fabriqué de toutes pièces le « charisme » du « créateur » du FIS à savoir leur agent et ex-officier de la SM, recruté par feu Kasdi MERBAH, le dénommé Abassi MADANI…..
    Le DRS nous a bien fabrique, cher frère, les « démocrates » Saïd SAADI, Loiza HANOUNE, la rouquine etc… etc… etc…
    Comme dit l’autre, je bois du thé… et je vis le cauchemard les yeux grands ouverts…

    ======================
    Qu’Abassi ait été mené en bateau par la police politique, via un certain capitaine Nassim B., c’est une réalité incontournable. Mais delà à dire qu’il était un agent de cette même police politique, c’est un peu gros !
    Salah-Eddine




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  • Ait Mohand Ouwidir
    10 février 2011 at 11 h 39 min -

    Azul fellak, Mass Salh-Eddine !

    Cher Frère,

    Je n’avance rien de ce qui ne peut-être prouvé et…..VERIFIE !

    Nous ne sommes plus à un âge où nous racontons des sornettes et calejades à l’emporte-pièce aux gens qui nous font confiance, croyez-moi.

    Néanmoins, libre à vous, cher frère, de croire ou de ne pas y croire à ce que j’avance. Mais les gens qui le connaissent trés trés bien savent parfaitement ce que je viens d’affirmer.

    A qoulou qouli hada w’Allahou chahid aâla ma aqoul ! Ini balaght ya akhi…..

    Et vous serez encore d’avantage terrifié par d’autres révélations sur d’autres personnes que vous et tout le monde connaissons et estimons…..

    Mais pour le moment, contentons-nous de celà et n’ouvrons surtout pas cette boîte à Pandorre, cher Frère, cela vaut mieux.

    Dans le mouvement du FIS, il n’y avait que deux chefs qui n’ont pas voulu faire le jeu de nos services et qui les ont assassinés, ce sont les Chouhadas Si BOUSLIMANI et HACHANI…..

    Fraternellement.

    Tanmirth.

    ==================
    Je ne défends personne, cher frère. Mais, il viendra un moment où il faudra ouvrir la boite de Pandore. On a trop trompé le peuple au nom de tant de choses…
    Fraternellement.
    Salah-Eddine




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  • Ait Mohand Ouwidir
    10 février 2011 at 15 h 00 min -

    Au frère Salah Ed Dine.

    Hacha wa lilah !

    Je sais parfaitement que vous ne défendez personne ! C’est sûr et certain et c’est même acquis pour moi tellement que c’est évident.

    Ici, et sur votre forum, cet espace de liberté d’expression, je ne fais que reproduire ce que PERSONNELLEMENT je sais et que je me fais un devoir de reproduire FIDELEMENT (et ne voyez là aucune opération de GRENOUILLAGE de ma part, svp !) afin de transmettre la chaîne du « code » génétique de connaissances de notre histoire socio-culturelle commune passé afin de mieux analyser les évènements d’un futur trés proche qui va peser sur nous de toute sa pesanteur monstrueuse.

    Trés Cher Frère respectable Salah Ed Dine, il nous faut savoir désormais anticiper sur les évènements du futur pour ne pas devoir à les SUBIR dans un avenir proche….. comme nous avons subis, si malheureusement, tous les évènements d’un passé proche et lointain à nos détriments…..

    Anticiper sur les choses et les évènements. Voilà ce qui nous manque le plus. Ne dit-on pas, Cher Frère, que GOUVERNER C’EST PREVOIR !!!

    Alors, désormais, Cher Frère sachons anticiper pour metre au pas cet avenir qui n’est pas une fatalité de l’Histoire comme certains « bien pensants » veulent nous le faire croire en les laissant triturer depuis la nuit des temps nos consciences et nos esprits à notre total désavantage.

    Sir Winston CHURCHILL disait :

    IL N’Y A PAS DE HASARD EN POLITIQUE CAR TOUT S’EXPLIQUE…..

    Aussi, sommes-nous tenus d’un devoir de vérité à faire par et pour tout un chacun de nous !!! Comme surtout également, nous sommes absolument tenus d’un devoir de mémoire hautement éminent et RESPONSABLE, chacun à sa manière et selon ses moyens propres.

    Tanmirth Agma Amokrane.




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  • Mohamed YAHIAOUI
    10 février 2011 at 15 h 57 min -

    Assalamo Aleikoum
    Il y a beaucoup d’accusations sur tel ou tel parti , précisons qu’il y a eu un coup d’Etat militaire le 12 janvier 1992 , apres la victoire du FIS aux élections legislatives.
    Résultat de ce coup d’Etat ,200 à 250.000 morts ,plus de 15.000 disparus, des dizaines de milliers de citoyens Algériens torturés , certains sont resté handicapas à vie .
    Donc nous devons tous chercher la vérité ,en nous engageant dès maintenant dans la preparation d’une enquête interne , avec tous les temoignages de tous les Algériens à travers tout le pays , dénoncé l’amnistie de BOUTEFLIKA ,ensuite preparer une demande aupres du Tribunal Penal International , afin de juger au grand jousr tous les criminels de cette tragedie, et faire apparaître toutes les véritées
    Etes vous d’accord ?




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  • Abdel Madjid AIT SAADI
    10 février 2011 at 15 h 58 min -

    Assalam;

    Le lien qui a été donné ne fonctionnant pas, voici le lien mis à jour, mais, cependant c’est le texte en anglais, sans la traduction :

    http://www.guardian.co.uk/commentisf…ce?INTCMP=SRCH

    Bonne lecture, surtout que vous aurez l’occasion de lire nombre des articles de Noam Chomsky, qui a eu ses lettres de noblesse, avec l’opposition et la dénonciation de la guerre du Vietnam.

    Quant à accuser Noam Chomsky, de défendre le sionisme, c’est vraiment prendre les gens pour des nigauds.
    Si Noam Chomsky, n’a jamais renié son judaisme, il n’est pas pour autant, ni un sioniste, ni un défenseur du sionisme, ni un ennemi des palestiniens, et j’en parle pour l’avoir personnellement connu, et travaillé sur un projet avec lui, entre 1963-9167, sur la traduction des langues par machines.

    Pendant ce temps, j’étais à UCLA et il était au MIT, nous avions eu plusieurs fois l’occasion de nous entretenir du problème palestinien, et je me rappelle que c’est lui, qui m’avait donné les premiers éléments de défense de la cause palestinienne, que j’étais chargé de défendre, en ma qualité de membre du secrétariat général, pour la Californie, de l’OAS (Organisation of Arab Students), et de Chairman of cultural activities de INTAC (International activities), de UCLA.

    Je n’ai pas le temps de vous trouver d’autres arguments à travers ses publications, mais Cheikh GOOGLE, en fournit pour quiconque veut se donner la peine, d’ôter ses ornières et se départir de l’amalgame nauséabond, que constitue l’assimilation juif=sioniste !




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  • Ait Mohand Ouwidir
    10 février 2011 at 22 h 12 min -

    « …Quant à accuser Noam Chomsky, de défendre le sionisme, c’est vraiment prendre les gens pour des NIGAUDS… »

    Non, cher monsieur, c’est certainement VOUS qui avez raison et nous les NIGAUDS…!!!

    J’ai fait également UCLA et bien d’autres universités américaines et étrangères mais point de traces de Noam Chomsky sur mon itinéraire…..

    It’s funny, isn’t it ?




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  • Abdel Madjid AIT SAADI
    10 février 2011 at 23 h 58 min -

    Cher monsieur Ait Mohand Ouwidir;

    « Pendant ce temps, j’étais à UCLA et il était au MIT, nous avions eu plusieurs fois l’occasion de nous entretenir du problème palestinien,… »

    Que vous n’ayez pas trouvé trace de Noam Chmosky sur votre itinéraire, cela coule de source, et surtout sans dire, puisque même une phrase aussi simple, que celle ci-dessus où je me cite, vous êtes incapable de la lire correctement:
     » J’étais à UCLA.
    Il était au MIT  »

    C’est tout de même, clair, sauf si vous avez tellement été troublé par le discours de Moubarek, que vous avez cru qu’il avait annoncé sa démission.

    Cette mise au point suffit pour que vous demandiez des excuses, et que vous reveniez parmi nous, sur terre, et que vous vous donniez la peine de mieux respecter vos contradicteurs, ou bien ceux qui ont votre âge, comme expérience.

    Le débat, n’a rien à voir avec vos lubies pourtant, mais il porte si vous ne le savez encore pas, sur la meilleure façon de nous débarrasser de ce système qui a atrophié, y compris les capacités de compréhension de « nos télecTUEURS ».

    Allahouma Zidna ‘Ilmen wa nouren, wa a’udhu bika min elfiten wa enniqem.




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  • Ait Mohand Ouwidir
    11 février 2011 at 15 h 28 min -

    Cher monsieur Abdel Madjid AIT SAADI,

    Je vous l’ai déjà bien dit « …vous avez raison et que nous sommes les NIGAUDS… » à tel point que vous pouviez parler à NOAM qui était à MIT en même temps que vous étiez à UCLA… mystère et boule de gomme… ou plutôt si, par télépathie !

    Alahou ahfadhna minal dhalimine ! Amine ya rabi al aâlamine…..

    =========================
    On arrête là, cette polémique qui nous éloigne des vrais problèmes à la fois du pays et régionaux.
    Cordialement.
    La Rédaction LQA




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  • mamlam
    12 février 2011 at 15 h 17 min -

    @ abdelmadjld ait saadi.
    monsieur,permettez moi de vous dire à quel point j’été ravis de lire votre post et de savoir qu’il émanait d’une personne qui a cottoyé chomsky… sahez par ailleurs que je n’ai fait que l’université de abderrahmane mira de Bejaia, mais comme vous le dites, heureusement y a cheikh google.
    En fait, dans mon interventionn, au cas ou je me suis mal exprimé, je m’interrogés à propos de la nature et de l’intensité de l’influence de Tel Aviv sur Washington, et globalement à un questionnement de l’impérialisme états-unien : utilise-t-il Israël comme mercenaire ou obéit-il à Israël ? tout en sachan que chomsky est le maitre incontester sur le sujet de l’impérialisme, mais en revanche, je n’ai fait aucune allusion à la religion de chomsky.
    Toutes fois, de grands intellectuels comme John Mearsheimer et Stephen Walt d’Harvard s’attachent à étudier le lobby sioniste aux États-Unis ; un sujet jusque-là tabou dans la sphère universitaire. De même, on découvre les limites des explications, jusqu’à présent considérées comme certaines et suffisantes, de l’impérialisme états-unien. Ainsi, Jeff Blankfort ( juif de surcroît)a mis en évidence un angle mort de la pensée de Noam Chomsky : pendant trente ans, le maître a systématiquement exonéré les Israéliéns de leurs responsabilités en rejettant toute faute sur l’impérialisme US.
    Voici un autre sujet qui a attiré mon intention sur l’oeuvre de chomsky : l’Aipac…
    « Fondée en 1959, d’année en année, cette organisation prend de l’ampleur et gagne en puissance. Basée à Washington, avec des bureaux dans l’ensemble des États-Unis, avec ses 85 000 membres gonflés à bloc, un personnel de 165 personnes et un budget annuel de 33,4 millions de dollars , l’Aipac est le pinacle d’un ensemble massif d’organisations sionistes et de Comités d’action politique [les PACs – Political Action Committees] partout dans le pays, allant du national au local, voués à la pérennisation du statut privilégié dont Israël jouit dans la capitale fédérale ».
    Malgrés sa puissance, cette organisaion ne s’est pas faite que des amis à la maison blanche, les présidents, ford, carter et bush le père avaient publiquement défié les aspirations territoriales d’Israël et ils s’étaient mis ce lobby à dos à de nombreuses occasions. Comme l’attestent beaucoup d’archives de l’époque. Ceci n’apparaît pratiquement pas dans les écrits de Chomsky.
    Le chercheur israélien, militant des droits de l’homme, le professeur Israël Shahak, avait fait observer que l’analyse de Chomsky souffre de :
    « sa tendance indéniable à diaboliser la présidence états-unienne, et l’exécutif états-unien de manière générale, tout en ignorant le pouvoir législatif ; mais aussi de sa tendance – très fâcheuse, à mon humble avis – à présumer que non seulement les principes, mais littéralement tout ce qui concernait l’impérialisme états-uniens, avait été exposé voici bien longtemps, en 1944, ou à peu près, et que, depuis lors, la politique, pour ainsi dire, cela se résumait à exécuter les instructions reçues d’un ordinateur…
    C’est là ignorer non seulement le facteur humain, aux États-Unis mêmes, mais aussi la nature complètement différente des ennemis et des victimes des États-Unis au cours des dernières décennies. Il ne saurait exister aucun doute, à mon avis, sur le fait que les politiques actuelles menées par les États-Unis sont complexes, même quand elles sont mauvaises et influencées, comme dans le cas de tous les autres pays, par de nombreux facteurs, dont font partie et l’Aipac et la connerie humaine (à laquelle Chomsky ne fait jamais la moindre allusion…) »
    Enfin, citons ce paragraphe, particulièrement pénétrant :
    « Mais de telles théories simplistes, fondées sur sa mémoire et sur sa capacité à sélectionner des exemples épars (remontant parfois très loin dans le passé, comme son exemple fétiche à propos d’Eisenhower, tout en ignorant tout de ce qui a bien pu se passer depuis 1967) sont susceptibles de séduire des jeunes en quête de certitudes, et aussi tous ceux qui ne veulent pas s’engager dans un véritable travail de recherche et qui trouvent un palliatif dans un étalage d’émotions indécent et futile »
    A l’issue d’un discour que chomsky a prononcé à Berkeley au moment de la montée en charge de la première guerre du Golfe. Une personne, dans l’assistance, voulait savoir ce que Chomsky pensait du rôle joué par l’Aipac dans cette guerre et ce qu’il pensait du lobby, de manière générale. Comme prévu, Chomsky s’était montré plein d’indulgence.
    « Personnellement, je ne pense pas que l’Aipac ait joué un bien grand rôle dans tout ceci. De fait, j’ai l’impression – encore une fois, je m’exprime ici à titre personnel – qu’on exagère énormément le rôle du lobby israélien, de manière générale. C’est une question d’appréciation. Il ne s’agit pas simplement d’une question de faits, d’une question objective. A mon avis, si le lobby israélien a l’influence qui est la sienne, c’est dans une large mesure parce qu’il se trouve qu’il coïncide avec certains secteurs puissants du pouvoir américain, sur le plan intérieur. »
    L’aspect le plus troublant, dans la réponse de Chomsky était toutefois sa minimisation du rôle du lobby pro-israélien. Étant donné que la plupart des observateurs politiques considèrent que les élus politiques, représentent à un degré ou à un autre les principaux financeurs de leurs campagnes électorales (semblables en cela aux avocats d’affaires représentant des grandes entreprises) – qui plus est, l’Aipac est un champion incontesté dans ce domaine – la réponse de Chomsky était, dans le meilleur des cas, malhonnête.
    Voici ce que pense le professeur Israël Shahak sur la réponse de chomsky, l’orsque monsieur Jeff Blankfort lui a fait part : « Comme vous, actuellement, j’ai eu, moi aussi, les mêmes divergences de vue, par le passé – en plus grave, toutefois – avec Chomsky, qui est un ami personnel depuis pas mal de temps, au sujet de l’Aipac et de l’influence du lobby juif de manière générale. De surcroît, un certain nombre de nos amis communs ont essayé, eux aussi, de le faire changer d’avis, en vain, sur cette question. Je crains qu’en dépit de toutes ses merveilleuses qualités et du travail considérable qui est le sien, Chomsky ne soit en réalité tout à fait dogmatique sur pas mal de points. Je ne doute pas un seul instant que son erreur rédhibitoire au sujet du « peu de poids » de l’Aipac – erreur qu’il réitère très souvent – a pour effet d’aider considérablement les sionistes… »
    La position de chomsky a été du pain béni pour l’Aipac, et elle a énormément bénéficié à la position d’Israël aux États-Unis. De fait, comme je l’ai indiqué plus haut, Chomsky n’a jamais daigné désigner par son nom l’organisation en question dans un quelconque des ouvrages (pourtant nombreux) qu’il a consacrés au Moyen-Orient. Pourtan d’eminent chercheur en mis en évidence le rôle obscure et trés influent de cette organisation.je cite quelque uns, en ce qui suit :
    1- Le regretté professeur Edward Saïd – admirateur de Chomsky – n’a d’ailleurs pas mâché ses mots, à ce sujet. Dans sa contribution à l’ouvrage collectif The New Intifada, à juste titre intitulée « America’s Last Taboo » [Le dernier tabou de l’Amérique], il écrivait :
    « Qu’est-ce qui explique la situation présente ? La réponse se trouve dans l’influence des organisations sionistes sur la politique états-unienne, dont le rôle, tout au long du « processus » dit « de paix » n’a jamais été suffisamment étudié. C’est là une négligence absolument stupéfiante, quand on sait que la politique de l’OLP a consisté essentiellement à remettre notre sort, en tant que peuple [Edward Saïd était Palestinien, ndt] entre les mains des États-Unis, sans avoir la conscience minimale de la manière dont la politique états-unienne est dominée par une infime minorité de gens dont les opinions sur le Moyen-Orient sont, à bien des égards, encore plus extrémistes que celles du Likoud lui-même ! »
    Et, au sujet de l’Aipac, Saïd, toujours :
    « L’Aipac [American Israel Public Affairs Committee] est, depuis des années, le lobby le plus puissant, dans l’absolu, aux États-Unis. Pouvant compter sur une population juive bien organisée, bien introduite, fortement visible et opulente, l’Aipac inspire crainte et respect d’une extrémité à l’autre du spectre politique états-unien. Qui serait prêt à tenir tête à ce Moloch pour défendre des Palestiniens qui n’ont absolument rien à offrir en échange, alors même que l’Aipac est en mesure de briser votre carrière professionnelle simplement en refermant son carnet de chèques ? Par le passé, un ou deux membres du Congrès lui ont effectivement résisté ouvertement. Mais plusieurs Comités d’action politique chapeautés par l’Aipac ont veillé à ce qu’ils ne soient jamais réélus… Si telle est la situation au sein du pouvoir législatif, je vous laisse deviner ce qu’il en est, dans l’exécutif ! »
    2- Le Professeur Juan Cole, de l’Université du Michigan, a tiré la sonnette d’alarme au sujet de l’Aipac, avec une égale vigueur, relevant une information donnée par la chaîne télévisée CNN, selon laquelle l’Aipac « tient annuellement deux mille rencontres avec des sénateurs et des membres du Congrès des États-Unis, ce qui aboutit à l’adoption, en moyenne, d’une centaine de textes de loi, chaque année ! » Plus loin, il écrit :
    « Certains lecteurs ont suggéré l’idée que j’aurais exagéré l’ascendant de l’Aipac sur le Congrès. Mais je connais personnellement des sénateurs et des représentants qui ont peur de parler des affaires israéliennes en raison de la réputation non surfaite qu’a l’Aipac de cibler les parlementaires audacieux, afin de leur faire perdre les élections. C’est là d’ailleurs quelque chose d’aisément vérifiable. Examinez le journal officiel des débats au Congrès. A-t-on jamais vu, dans cette assemblée, un seul discours critiquant la politique israélienne, prononcé par un sénateur ou un représentant qui aurait remporté les élections suivantes ? Et examinez les débats de n’importe quel parlement, où que ce soit dans le monde : des critiques de cette nature sont formulées absolument partout, sauf aux États-Unis ! Le Congrès états-unien est tenu en otage par une organisation de lobbying monomaniaque qui, le plus souvent, fait passer les intérêts d’Israël avant ceux des États-Unis… »

    3- Seth Tillman faisait observer que :
    « Les présidents états-uniens ont toujours cherché à éviter la confrontation directe avec Israël ou avec ses partenaires acharnés aux États-Unis, à cause de la terrible controverse intérieure qu’un tel affrontement n’aurait pas manqué d’engendrer, à cause du capital politique exorbitant qu’il aurait fallu dépenser dans une telle bataille, au détriment des autres objectifs, tant intérieurs qu’extérieurs, d’une administration états-unienne donnée et à cause, enfin, de l’incertitude qu’un président donné finirait par l’emporter, dans un tel duel intérieur, quand bien même recourrait-il à tous les pouvoirs que lui confère sa fonction de président, dans les domaines politiques et pédagogiques… »
    Pour conclure , je reviens sur les raisons de mes doutes concernant la pensée de chomky.
    Chomsky à propos de l’approbation par le Conseil de Sécurité de l’Onu de la Résolution 242, en 1967, qu’il rejette en raison de son « rejectionnisme ». Sa propre pensée, à l’époque, toutefois, révélait clairement ses affinités et ses préoccupations pour Israël, qui informaient ses pensées à l’époque, comme elles continuent d’ailleurs à le faire, aujourd’hui. Dans Peace in the Middle East, il révèle qu’« à l’époque de la guerre des Six jours, en juin 1967, j’ai pensé personnellement que la menace de génocide était réelle, et j’ai réagi par un soutien virtuellement inconditionnel à Israël, dans ce qui semblait être des circonstances historiques désespérées. Rétrospectivement, il semble que cette évaluation des faits était douteuse, dans le meilleur des cas. »
    C’était là, de la part de Chomsky, une expression honnête de son affection pour Israël et une exceptionnelle reconnaissance d’une de ses erreurs. Apparemment, ce fut aussi la dernière ! Étant donné ce contexte, d’autres déclarations douteuses de Chomsky, notamment dans sa fameuse interview sud-africaine, deviennent compréhensibles. Alors qu’on lui demandait d’expliciter la différence entre Israël avant la création de l’État et Israël après la création de l’État, il répondait :
    « La période post-1967 est différente. Le concept de colonisation de peuplement s’appliquerait plutôt à la période d’après 1948. Il s’agit tout simplement d’une population venue d’ailleurs, qui vient fondamentalement déposséder une population indigène… Sans entrer dans les détails, en ce qui concerne 1948, cet argument est dépassé. Il y avait [désormais] un État, que cela soit juste ou non. Et cet État devait disposer des droits de tout État dans le système international, ni plus, ni moins. Après 1967, [en revanche] la situation est entièrement différente. Là, il y a conquête militaire. »
    Ce que Chomsky semble dire ici aux Palestiniens, après 1948, c’est : « Il va falloir vous y faire ! »
    S’agit-il simplement d’une mauvaise interprétation ?
    L’apartheid en Afrique du Sud n’aurait-il pas pu être défendu, lui aussi, sur la base des mêmes principes ? Et que fut la guerre de 1948,en Israël, sinon une conquête militaire ? Israël s’est emparé non seulement de la zone qui lui était allouée par les Nations unies, mais aussi de la plus grande partie de ce qui aurait dû devenir l’État palestinien, si les Palestiniens avaient accepté le partage.
    En définitive, comment l’idéal qui est celui de Chomsky, d’un foyer national juif en Palestine, aurait-il pu être réalisé autrement que grâce au colonialisme de peuplement ? Ce sont là quelques-unes seulement, parmi les nombreuses questions qui requièrent une réponse, de la part de Chomsky.
    Comme disait Jeff Blankfort Par ces quelques lignes, j’ai entrepris ce qui aboutira, idéalement, à une évaluation critique plus détaillée des œuvres de Chomsky. Il s’agira non pas d’un exercice purement académique, mais d’un instrument permettant de dynamiser ce qui fut un mouvement très largement inopérant, en ce qui concerne le combat en vue de la justice en Israël / Palestine, dont les fantassins s’en sont remis à Chomsky afin d’être guidés par lui. J’ai conscience du fait que ce que j’ai écrit va déranger ceux qui lui ont accordé un statut de quasi-divinité, comme cela irritera d’autres, qui ont laissé leur amitié pour Chomsky leur intimer le silence sur ses échecs, même quand ils en étaient conscients.
    Telle était bien mon intention !
    Plutôt que des réponses sous forme d’attaques personnelles, je souhaiterais que les questions soulevées ici soient examinées pour elles-mêmes.
    Que le débat commence !




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  • Ait Mohand Ouwidir
    12 février 2011 at 15 h 58 min -

    @MAMLAM.

    Merci, d’avoir bien su confirmer que Noam a bel et bien traîné ses guêtres à UCLA où il a même discouru et SURTOUT soutenu d’une façon vicieuse en apportant intellectuellement son appui personnel au lobby sioniste en essayant de diminuer so rôle tentaculaire dévastateur aux yeux non seulement de la classe politique américaine mais également aux yeux de l’opinion publique américaine et internationale…

    Il a même soutenu les néocons : Perle, Wolfowitz etc… lors de leur guerre contre l’Irak auxquels il a apporté personnellement sa voix dans un discours développé à l’Université de Chicago sur leur guerre de l’Irak.

    Quel est le but recherché par son action en tant qu’intellectuel écouté mais pas avisé ? D’autant plus que l’on sait pertinemment comme disent les juristes :

    PAS D’INTERET PAS D’ACTION !!!

    Alors, qu’est-ce qui meut ce sinistre personnage dans son action de désinformation diabolique en faveur non seulement du loby sioniste mais également et par voie de conséquence en faveur d’Israel…???

    Merci, encore une fois, pour votre contribution de trés haute qualité qui démystifie ce Noam.

    Tanmirth.




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  • D B
    12 février 2011 at 16 h 14 min -

    @Ait Mohand Ouwidir
    Je suis très étonné par vos attaques contre Noam Chomsky.
    Ce sont des accusation graves que vous portez contre lui, et que vous n’étayez par aucun argument. Pourriez-vous nous publier des liens sur ses publications, qui nous renseigneraient sur son appui au Lobby sioniste, et sur son soutien aux néos cons dans leur guerre contre l’Irak. Des publications que nous pourrions lire dans le contexte dans lequel elles ont été rédigées.
    J’avoue que je suis impatient de les consulter.




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  • Ait Mohand Ouwidir
    12 février 2011 at 17 h 19 min -

    @DB

    Je suis personnellement consterné mais nullement surpris par ce que vous écrivez.

    Et que l’on se mette, d’abord, bien d’accord sur la chose suivante. Mes attaques contre Noam ne sont nullement comme certains essayent de le faire accroire par le fait qu’il soit juif ! Loin de là…

    Je n’attaque pas la PERSONNE que je respecte en tant qu’être Humain !

    Je m’attaque à ses écrits pour le soutient vicieux et caché qu’il apporte au lobby sioniste. Il est parfaitement libre de leur apporter leur total soutient, et ce n’est pas cela qui me préoccupe le plus.

    Mais c’est sa façon de faire ainsi que sa manière de procéder de nous formater à ses propres idées et à celle de l’Empire de façon interposée…

    Je ne vous retiendrais pas de vous laisser fondre dans son propre moul de pensée qui veut nous entraîner à penser COMME et POUR le loby sioniste, et libre à vous de trouver encore… « GRAVE » ce que je n’ai fait que reporter aprés analyse de beaucoup de ses écrits et discours… à vous donc, de les chercher et de les trouver comme nous l’avons tous fait et nous continuons de le faire aujourd’hui encore…

    Offusquez-vous pour Noam ! C’est votre droit. Mais laissez-nous défendre le notre…

    Car personnellement, et contrairement à vous, je refuse de me laisser formater par et à ses idées aliénantes… je ne suis nullement complexé par ses écrits qui ne sont qu’un type de la pensée humaine trés diversifiée, mais, parmis tant d’autres… Toutefois, les siens (ses écrits) sont au service exclusif du loby et c’est ce que je conteste le plus, c’est tout ! Et j’en ai bien le droit, tout de même, non ?

    Si ce monsieur semble vous tétaniser à ce point personnellement, qu’il étouffe votre personnalité propre et votre être, pour ma part, je ne le suis pas et dieu m’en préserve… Je ne suis pas l’éternel complexé et prisonnier de sa propre pensée ethno-religieuse des temps moderne qui est d’un genre qui me révulse totalement… tant il est basé sur le MENSONGE ! L’éternel MENSONGE biblique…

    Personne, en ce bas monde, n’a le droit de CENSURER les idées des gens parce qu’ils ne pensent pas comme vous… ou comme vous le désirez et le souhaitez !

    L’être humain et le VRAI intellectuel DOIT S’AFFRANCHIR des idées préconçues qui ne cherchent en fait qu’à vous AUTO-CENSURER et à vous FORMATER !

    Si vous accepter de votre propre gré d’être formaté par les fausses pensées, LIBRE A VOUS, cher DB !!!

    MOI PAS…

    Je préfère, et de loin s’en faut, lire et m’inspirer des écrits de notre Grand Maître Emérite feu Malek BENNABI, MEBTOUL, KADRI Aïssa, Madjid BENCHIKH et tant d’autres éminences grises algériennes… qui contribuent à former notre propre pensée AL-GE-RIENNE !!!

    DB: Tout ce que je vous ai demandé, cher Monsieur, c’est de nous faire profiter des lectures qui ont forgé votre conviction que N.CHOMSKY soutenait le lobby sioniste et les néocons dans leur guerre contre l’Irak. Pour que nous mourrions pas idiots. Avec mes remerciements.




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  • Ait Mohand Ouwidir
    12 février 2011 at 18 h 24 min -

    @DB.

    Mais faites comme tout le monde ! Achetez ses ouvrages qui se vendent partout dans le monde et dans toutes les librairies. Faites de la recherche bibliographique pour un auteur dont vous vous entichez tant pourtant…

    Vous, mourir idiot…???




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  • mamlam
    13 février 2011 at 19 h 37 min -

    @ Ait Mohand ouwidir
    Azul felak!
    LA VISION CHOSKIENNE ET LE FLOP RETENTISSANT DES MOUVEMENTS « PRO-PALESTINIENS »
    La position de Chomsky- de minimiser l’influence de l’Aipac – est apparu au grand jour dans son ouvrage publié en 1983 (le Triangle Fatal [The Fateful Triangle]), il lui concédait déjà un maigre pouvoir. Citation : « La « relation spéciale » [entre les USA et Israël, ndt] est souvent attribuée à des pressions politiques internes, et en particulier, à l’efficacité du lobbying de la communauté juive américaine dans le milieu politique et dans les médias. Bien que cela soit en partie vrai, cette affirmation sous-estime l’ampleur du soutien américain à Israël, tout en exagérant le rôle que des groupes politiques de pression sont supposés jouer dans le processus de prise de décision politique. » (p. 13)
    En 1982, le Congrès américain avait soutenu l’invasion israélienne du Liban, avant de voter des millions de dollars d’aide exceptionnelle à Israël afin d’aider l’armée israélienne à payer les milliers de projectiles qu’elle avait utilisé. Quelle proportion de ce soutien était-elle due au soutien des législateurs à Israël, et quelle proportion était-elle attribuable aux pressions du lobby israélien ? C’était la une question qui aurait dû être examinée par la gauche, à l’époque. Mais elle ne l’a pas été. Vingt ans plus tard, l’opinion de Chomsky en la matière est restée « la croyance admise ».
    En 2001. Au beau milieu de la seconde Intifada, Chomsky est allé encore plus loin, avançant qu’ « il est particulièrement incongru – en particulier aux Etats-Unis – de condamner les atrocités israéliennes », et que « le conflit israélo-palestinien » est une expression plus correcte, car elle est comparable au fait de désigner les véritables responsabilités, comme dans le cas des « crimes commis par les Russes en Europe de l’Est » et « des crimes commandités par les Etats-Unis en Amérique centrale ». Et pour bien souligner ce point, Chomsky a écrit : « Les hélicoptères de l’armée israélienne sont des hélicoptères américains, pilotes par des Israéliens. »
    Le professeur Stephen Zunes, que l’on peut qualifier à juste titre d’acolyte de Chomsky, aurait non seulement tendance à absoudre les juifs israéliens de toute responsabilité dans leurs exactions : il voudrait nous faire croire qu’ils sont les victimes. Dans « Tinderbox », son nouveau livre sur le Moyen-Orient, généreusement encensé par Chomsky et d’autres, Zunes accuse les Arabes de « blâmer en permanence Israël ou le sionisme, voire les juifs, de leurs propres problèmes. »
    D’après Zunes, les Israéliens sont contraints aujourd’hui (par les USA) d’assumer un rôle similaire à celui qui était assigné aux membres des ghettos juifs d’Europe orientale, qui assuraient des services – principalement la collecte des impôts – en qualité d’intermédiaires entre les seigneurs féodaux et les serfs, en des temps reculés. En réalité, écrit Zunes, « la politique américaine, aujourd’hui, correspond à cet antisémitisme historique. »
    Quiconque comparera la puissance des communautés juives dans les siècles passés à celle qui est la leur aujourd’hui aux Etats-Unis ne pourra que trouver absurde une telle affirmation.
    Toutefois, toute tentative d’explorer la question d’un point de vue critique, aboutit inéluctablement à des accusations d’antisémitisme, comme l’ont souligné Bill et Kathy Christison dans leur article sur le rôle des néoconservateurs juifs de droite dans l’orchestration de la politique américaine au Moyen-Orient, dans la revue Counterpunch (25 janvier 2003). Ils ont écrit : « Quiconque a la témérité de suggérer une quelconque participation, voire même une simple instigation, israélienne dans la planification de la guerre par l’administration Bush, est inévitablement taxé d’être peu ou prou antisémite. Faites l’expérience de seulement murmurer le mot « domination » dans un voisinage par trop rapproché du mot « Israël », comme dans « la domination américano-israélienne du Moyen-Orient », ou « l’effort déployé par les Etats-Unis afin de s’assurer d’une domination mondiale et de la domination d’Israël sur l’ensemble du Moyen-Orient », et immédiatement, quelque homme de gauche, qui par ailleurs refuse qu’on fasse la guerre à l’Irak, déversera sur vous ses accusations selon lesquelles vous faites la promotion des Protocoles des Sages de Sion, ce vieux « faux » tsariste qui affirmait fallacieusement l’existence d’un plan des juifs visant à la domination du monde. »
    Il s’agit la vraisemblablement de ce que Zunes appelle un exemple de l’ « antisémitisme latent qui commence à se manifester par des affirmations largement exagérées de l’existence d’un pouvoir juif, économique et politique » et aussi par celle qu’il serait « naïf de croire que le processus de décision en matière de politique étrangère américaine est suffisamment pluraliste pour qu’un seul groupe de pression puisse exercer sur lui une telle influence. »
    A première vue Zunes à raison… sauf que,
    « Depuis les années 1960, les juifs sont parvenus au point d’exercer une influence considérable dans la vie culturelle, intellectuelle et politique aux Etats-Unis. Les juifs ont joué un rôle central dans la finance américaine durant les années 1980 ; et ils ont été les principaux bénéficiaires de cette décennie de fusions et de réorganisations d’entreprises. Aujourd’hui, bien qu’à peine 2 % de la population soit juive, ce sont près de la moitié des milliardaires américains qui le sont. Les PDG des trois plus grandes chaînes de télévision et des quatre studios de cinéma les plus importants sont juifs, tout comme le sont la plupart des propriétaires des plus grands journaux nationaux, et notamment du plus influent d’entre eux : le New York Times. » disait Benjamin Grinsgsberg dans son ouvrage : « The Fatal Embrace : Jews and the State » [L’étreinte fatale : les juifs et l’Etat]publier en 1993.
    C’est vrai que ce n’est pas la première fois que des juifs se trouvent placés aux plus hauts échelons du pouvoir, en revanche, on n’a jamais connu par le passé une situation analogue à celle que nous vivons.
    Aujourd’hui, dix ans après, les juifs américains ardemment pro-israéliens occupent des positions leur permettant d’exercer une influence sans précédent aux Etats-Unis, et ils ont accédé – ou on leur a confié – des postes décisionnaires dans virtuellement l’ensemble des secteurs de la culture et de la politique. Il n’est nullement question d’une conspiration secrète. Les lecteurs réguliers des pages économiques du New York Times, qui répertorient les faits et gestes des rois des médias, en ont certainement conscience. Cela signifie-t-il qu’ils soient tous, pris individuellement, des zélés pro-israéliens ? Pas nécessairement. Mais lorsqu’on compare les médias américains avec leurs homologues européens, dans leur manière de couvrir le conflit israélo-palestinien, le préjugé extrême en faveur d’Israël, dans les médias américains, saute aux yeux.
    Un autre élément de l’analyse de Chomsky est son insistance sur le fait que ce sont les Etats-Unis, plus qu’Israël, qui sont l’ « Etat ségrégationniste », ce qui implique que, sans l’influence des Etats-Unis, Israël aurait pu se retirer depuis longtemps de Cisjordanie et de Gaza afin de permettre aux Palestiniens d’y instaurer leur mini-Etat.
    Essentielle, dans son analyse, est la notion que toutes les administrations américaines, depuis celle d’Eisenhower, ont œuvré en sorte de promouvoir les intérêts d’Israël, conformément au programme d’action américain sur les plans mondial et régional. Il s’agit là d’une problématique bien plus complexe que ce que Chomsky nous invite à croire. Des spécialistes ayant eu accès à des informations confidentielles, de l’intérieur, tant critiques que favorables à Israël, ont décrit dans le détail les conflits majeurs qui se sont produits entre les Etats-Unis et les gouvernements israéliens successifs, conflits dans lesquels la position d’Israël, grâce à la diligence de son lobby américain, a prévalu.
    En particulier, Chomsky ignore ou interprète de façon erronée les efforts des présidents américains successifs, à partir de Richard Nixon, afin de tempérer l’expansionnisme d’Israël, de lui faire geler ses constructions de colonies et d’imposer son retrait des territoires occupés.
    « Que sont devenus tous ces projets intéressants ? » s’est interrogé le journaliste et militant pacifiste israélien Uri Avnery. « Les gouvernements israéliens ont mobilisé le pouvoir collectif de la communauté juive américaine qui domine le Congrès et les médias dans une large mesure, afin de les contrer. Confrontés à cette ferme opposition, tous les présidents américains ; qu’ils fussent de grands ou de médiocres présidents, qu’ils fussent footballeurs ou acteurs de cinéma, ont cédé, l’un après l’autre. »
    Beaucoup d’exemples étayent ce que dit Uri Avnery, je citerais en ce qui suit quelques uns :
    1- Lorsque Gerald Ford décida de suspendre toute aide à Israël pour une période de six mois et préconisa une réévaluation des relations américano-israéliennes, en mars 1975, courroucé par le refus d’Israël d’évacuer la presqu’île du Sinaï occupée par Israël après la guerre de 1973. Quelques semaines plus tard, l’Aipac (American-Israel Public Affairs Committee), lobby israélien auprès de Washington, publia une pétition signée par 76 sénateurs, « confirmant leur soutien à Israël, et invitant la Maison Blanche à faire de même. Le discours était très dur, le ton était presque brutal. » Ford céda.
    2- En 1991, soit la même année que le discours de Chomsky, le Premier ministre israélien Yitzhak Shamir demanda à la première administration Bush (père) un prêt garanti d’un montant de 10 milliards de dollars afin, avait-il dit, de financer l’installation d’immigrants de Russie. Bush père avait déjà rejeté auparavant une requête du Congrès de prévoir un budget additionnel de 650 millions de dollars en compensation de la retenue d’Israël, qui n’avait pas participé à la guerre du Golfe – toutefois il avait cédé après s’être rendu compte que son veto serait battu aux voix. Mais, dans le cas des prêts garantis, Bush père fit savoir à Shamir qu’Israël ne pourrait les obtenir après avoir gelé la construction de colonies et s’être engagé à ce qu’aucun juif russe n’irait s’installer en Cisjordanie. Ulcéré, Shamir refusa ces conditions et fit appel à l’Aipac afin qu’il mobilise le Congrès et la communauté juive américaine organisée afin d’appuyer la demande israélienne des prêts garantis. Une lettre-pétition de l’Aipac fut signée par plus de 240 membres de la Chambre des Représentants, exigeant que Bush signe le déblocage des prêts, et 77 Sénateurs s’engagèrent à voter la loi à cet effet.
    Le 12 septembre 1991, des lobbyistes juifs se rendirent à Washington si nombreux que Bush se sentit obligé de convoquer une conférence de presse (retransmise à la télévision) au cours de laquelle il se plaignit du fait que « mille lobbyiste juifs sont rassemblés sur la Colline du Capitole contre moi, petit malheureux. » Cela allait s’avérer son épitaphe, car il venait, par ces paroles, de signer la fin de sa carrière politique. Chomsky considéra la déclaration de Bush père, à l’époque, comme la preuve que le tellement redouté lobby israélien n’était qu’un « tigre de papier ». « Il a suffi qu’on lui fasse les gros yeux pour qu’il s’effondre », a-t-il déclaré aux lecteurs de Z Magazine. On n’aurait pu être plus dans le faux. Le lendemain, Tom Dine, directeur de l’Aipac, déclara que « ce 12 septembre 1991 est une journée marquée d’infamie ». Des commentaires similaires furent lancés par des dirigeants juifs qui accusèrent Bush de susciter l’antisémitisme. Plus important, non seulement ses amis dans les médias consensuels, tels William Safire, George Will et Charles Krauthammer critiquèrent Bush père, mais ils commencèrent à trouver désastreuses sa politique économique et sa gestion du pays. C’est à partir de ce moment-là que l’électorat juif de Bush commença à dégringoler. Estimé à 38 % en 1988, il plongea au-dessous de 12 %, certaines estimations allant même jusqu’à 8 %.
    Le blocage des prêts garantis par Bush fut la goutte qui fit déborder le vase, pour le lobby israélien. Lorsqu’il avait fait des commentaires critiques sur les colonies juives à Jérusalem Est, en mars 1990, l’Aipac avait commencé ses attaques contre lui (en marquant une brève pause, durant la guerre du Golfe). Dine publia une tribune très critique dans le New York Times, et il prononça peu après un discours très agressif à la Conférence des Jeunes Dirigeants de l’Appel Juif Unifié. « Frères et sœurs », leur dit-il, au moment où ils allaient entreprendre leur campagne de lobbying au Congrès sur cette question, « rappelez-vous toujours que les amis d’Israël, dans cette ville, résident sur Capitol Hill. » Quelques mois après, les prêts garantis étaient débloqués. Mais pour Bush, c’était trop tard : il était cuit.
    3- lorsque Bush junior demanda très justement que le Premier ministre israélien Ariel Sharon retire ses troupes de Jénine, allant jusqu’à dire, irrité : « Assez, c’est assez ! ». Cela fit les gros titres de la presse dans le monde entier, et son recul, après le refus de Sharon, fit, lui aussi, la une des journaux. Que s’était-il passé ? Des critiques très dures s’étaient élevées au sein de son propre parti au Congrès, ainsi que parmi les vieux amis de son papa, dans les médias. Will associa Dubya à Yasser Arafat et il accusa Bush d’avoir perdu sa « clarté morale ». Le lendemain, Safire suggéra que Bush était en train d’ « être poussé sur un champ de mines d’erreurs politiques » et qu’il était devenu un « allié peu fiable, au moment même où Israël combat pour sa survie. » Bush junior reçut le message 5 sur 5 et il ne lui fallut pas plus d’une semaine pour déclarer Sharon « homme de paix ». Depuis lors, comme l’ont fait observer Robert Fisk et d’autres journalistes, on a l’impression que c’est Sharon qui écrivait les discours de Bush.
    Pour conclure ce chapitre sur l’influence de l’Aipac sur la politique américaine au proche et moyen orient, la plus convaincante des explications est celle donnée par Stephen Green dans son ouvrage « Taking Sides, America’s Secret Relations with Militant Israël » [Prendre parti : les relations secrètes de l’Amérique avec l’Israël militant] qui fut la première analyse critique des archives du Département d’Etat concernant les relations américano-israéliennes. Depuis l’administration Eisenhower, écrivait Green en 1984, « Israël et les amis américains d’Israël, ont dicté les grandes lignes de la politique des Etats-Unis au Moyen-Orient. La seule tâche à avoir été laissée aux présidents américains consista à mettre cette politique en application, avec un enthousiasme variable, et aussi à faire face aux questions tactiques. »
    C’est peut-être un peu exagéré, mais l’ancien sénateur américain James Abourezk (Démocrate, Sud-Dakota), a repris des propos de Grenn, dans un discours qu’il a prononcé devant le Comité contre les Discriminations envers les Américains d’origine arabe :

    « Voilà où en est réduite aujourd’hui la politique américaine. Le lobby israélien a rassemblé tellement de puissance financière que nous assistons quotidiennement au spectacle de sénateurs et de représentants américains s’inclinant devant Israël et son lobby aux Etats-Unis.
    Ne vous y trompez pas. Les votes et les courbettes n’ont rien à voir avec l’amour des législateurs pour Israël. Ils ont, en revanche, tout à voir avec l’argent versé à leurs comités de campagne électorale par des membres du lobby israélien. J’estime personnellement à 6 milliards de dollars les débours du Trésor américain en direction d’Israël, chaque année. Cet argent, ajouté au soutien politique systématique que les Etats-Unis apportent à Israël à l’Onu : voilà ce qui permet à Israël de mener ses opérations criminelles en Palestine en toute impunité. »
    Il s’agit là d’une réalité qui a été relevée à de multiples reprises et sous des formes multiples par d’anciens membres du Congrès, s’exprimant généralement « on off ». C’est une réalité que Chomsky et ceux qui adoptent ses analyses choisissent d’ignorer. Le problème n’est pas tant que Chomsky se soit trompé. Il a, après tout, vu juste à de multiples égards, en particulier dans sa description des moyens utilisés par les médias afin de manipuler la conscience des gens au service des intérêts de l’Etat. Toutefois, en voyant dans le soutien américain à Israël une simple composante, parmi d’autre, de ces intérêts, il semble avoir commis une erreur majeure qui a eu des conséquences non négligeables. En adoptant l’analyse de Chomsky, le mouvement de solidarité pro-palestinien a échoué à prendre la seule mesure politique qui aurait été susceptible d’affaiblir l’emprise d’Israël sur le Congrès et l’électorat américain, à savoir : remettre en cause les milliards de dollars d’aide et de réductions fiscales offerts annuellement par les Etats-Unis à Israël.
    Il convient de se poser les questions suivantes : pourquoi cette argumentation de Chomsky a-t-elle été adoptée avec un tel enthousiasme par le mouvement pro-palestinien ; pourquoi les avis contraires formulés par des personnalités d’une envergure aussi considérable qu’Edward Said, Ed Herman, Uri Avnery et, plus récemment, Alexander Cockburn, ont-ils été ignorés ? Il semble y avoir plusieurs raisons à cela.
    Les militants du mouvement, juifs et non-juifs, ont adopté la position de Chomsky parce que c’était le message qu’il leur plaisait d’entendre ; ne pas se sentir obligé de « blâmer les juifs » a quelque chose de rassurant. La hantise soit de provoquer de l’antisémitisme, soit d’être taxé d’antisémitisme (ou de juif haineux de lui-même) est désormais tellement ancrée dans la culture politique américaine et la politique institutionnelle que personne, y compris Chomsky ou Zunes, n’en est à l’abri. Cela est encore renforcé par les évocations constantes de l’Holocauste juif qui – ce n’est pas un hasard – apparaissent régulièrement dans les films et les principaux médias. Chomsky, en particulier, a été fortement critiqué par l’establishment juif, depuis des décennies, en raison de ses critiques à l’égard d’Israël, au point de se faire « excommunier », honneur qu’il partage avec la regrettée Hannah Arendt. On peut légitimement supposer qu’à un niveau ou à un autre, cette histoire personnelle n’est pas sans conséquence pour l’analyse de Chomsky. Mais les problèmes du mouvement pro-palestinien vont au-delà de la peur de risquer l’accusation antisémitisme, comme Chomsky, qui en a conscience, le note très justement dans The Fateful Triangle : « La gauche et les groupes pacifistes américains, exceptés quelques éléments marginaux, ont très généralement été des soutiens ultras d’Israël (contrairement à bien des accusations sans fondement), certains étant même à ce point passionnément pro-israéliens qu’ils ont fermé les yeux sur des pratiques qu’ils auraient été les premiers à dénoncer, ailleurs dans le monde.

    L’évaluation chomskyenne de la position d’Israël au Moyen-Orient contient sans doute certains éléments de vérité, mais pas assez pour expliquer ce que l’ex-sous-secrétaire d’Etat George Ball a pu décrire comme « l’attachement passionnel » de l’Amérique à l’Etat juif [23] . Toutefois, sa tentative de décrire des relations américano-israéliennes comme des décalques de celles de Washington avec ses régimes – clients du Salvador, du Guatemala ou du Nicaragua, est fallacieuse.
    L’engagement des Etats-Unis en Amérique centrale était très simple à comprendre. Des armes et de l’entraînement militaire étaient fournis à des dictatures sud-américaines afin que leurs armées et leurs escadrons de la mort tuent chez leurs citoyens tous désirs d’obtenir des terres leur appartenant, des droits civiques et la justice économique – toutes choses susceptibles de miner les intérêts des grandes entreprises capitalistes américaines. Cela était parfaitement clair. Israël s’insère-t-il dans ce schéma ? A l’évidence : non. Quoi que l’on puisse dire d’Israël, sa majorité juive, à défaut des autres citoyens, jouit de droits démocratiques.
    Qu’en est-il de l’affirmation de Chomsky, selon qui Israël est le flic de l’Amérique en patrouille au Moyen-Orient ? Il n’y a, jusqu’ici, aucune occurrence d’un seul soldat israélien versant une goutte de sang au service des intérêts américains, et il est fort peu vraisemblable que l’un d’entre eux se verra demander de le faire à l’avenir. Lorsque les présidents américains ont jugé qu’un policier était nécessaire dans la région, c’est aux troupes américaines qu’ils ont demandé ce travail.
    La preuve que Chomsky apporte du rôle d’Israël en tant que gendarme des Etats-Unis fut l’avertissement d’Israël à la Syrie de ne pas intervenir dans la guerre du Roi Hussein contre l’OLP, en Jordanie, en septembre 1970.
    De toute évidence, cet avertissement visait au premier chef à protéger les intérêts israéliens. Le fait que cela servait aussi les intérêts américains n’est que secondaire. Néanmoins, pour Chomsky, il s’agissait là « d’un autre service important rendu (par Israël) » aux Etats-Unis . Ce que Chomsky et la plupart des historiens ignorent ou omettent de mentionner, c’est une autre raison pour laquelle la Syrie n’était pas intervenue en Jordanie afin de sauver les Palestiniens, à l’époque.
    La voici :
    Le commandant en chef de l’aviation syrienne, Hafez al-Assad, avait montré peu de sympathie pour la cause palestinienne et il critiquait les relations amicales entretenues par l’OLP avec le gouvernement syrien sous le président Atassi. Aussi, lorsque le roi Hussein déclencha ses attaques, Assad laissa ses avions au hangar.
    Trois mois plus tard, il fomentait un coup d’Etat et s’installait au pouvoir à Damas. Parmi ses premiers actes, il y eut l’emprisonnement de centaines de Palestiniens et de leurs amis syriens. Puis il entreprit de renforcer la milice (palestinienne) sponsorisée par la Syrie, Al-Saika, et de supprimer les fonds que la Syrie envoyait à certaines milices palestiniennes. Au cours des années suivantes, Assad permit à des formations opposées à Yasser Arafat de disposer de bureaux et de stations de radio à Damas, sans plus. En 1983, un an après l’invasion du Liban par Israël, il encouragea une guerre civile brève mais sanglante, entre Palestiniens, au Nord du Liban. Cet épisode a été passé par pertes et profits.
    Jusqu’à quel point la présence d’Israël a-t-elle dissuadé ses voisins arabes, plus faibles, de porter atteinte à des intérêts américains ; c’est là pure objet de conjecture. A l’évidence, la présence d’Israël a été utilisée par ces régimes réactionnaires, dont la plupart sont des alliés des Américains, comme excuse pour éliminer leurs propres mouvements d’opposition.

    Un autre argument de Chomsky consiste à dire qu’Israël avait manifesté sa volonté d’aider les Etats-Unis en se chargeant de missions que les administrations américaines passées avaient été incapables (ou n’avaient pas voulu) mener à bien pour des raisons tenant à la législation ou à l’opinion publique américaines, telles que vendre des armes à des régimes insortables, ou entraîner des escadrons de la mort.
    En réalité, à aucun moment les Etats-Unis n’ont cessé de former des escadrons de la mort en Amérique latine ou de fournir des armes aux pays de cette région du monde, à l’exception du Guatemala, où Carter mit un terme à l’aide américaine en raison des nombreuses violations des droits de l’homme commises dans ce pays, chose qui ne posait aucun problème à l’armée israélienne, d’ores et déjà impliquée dans ce genre de violations. Il y eut un cas où l’on assista à la situation inverse. Israël fournissait au Salvador plus de 80 % de son équipement militaire avant que les Américains ne s’engagent dans ce pays.
    Quant aux relations commerciales et à la coopération militaire, y compris dans le domaine nucléaire, entre Israël et l’Afrique du Sud, elles étaient celles d’une alliance naturelle propre à deux sociétés ayant usurpé le territoire d’autrui et se considérant dans une situation similaire, celle « d’un peuple civilisé cerné par des sauvages menaçants ». Cette relation devint tellement étroite que la ville sud-africaine de Sun City devint une villégiature de choix pour les touristes israéliens.

    Israël a bénéficié du silence des mouvements anti-interventionnistes et anti-apartheid américains, dont les dirigeants étaient plus à l’aise lorsqu’il s’agissait de critiquer les politiques des Etats-Unis que celles d’Israël. Que leur comportement ait été attribuable à leur volonté de faire passer les intérêts d’Israël avant tout, ou qu’ils aient été paralysés par la crainte de susciter de l’antisémitisme aux Etats-Unis, le résultat fut le même.
    Plusieurs manifestations ont eu lieu aux USA pour critiquer la politique guerrière que mène leur administration dans le monde, mais pas une contre l’occupation de la Palestine… et cela est justement le fruit théories Chomskyennes, car les organisations pro palestiniennes focalisent leurs revendications sur les aides américaines pour Israël, ce qui n’est pas tout à fait faux, mais le vrai combat est celui contre les lobbies sionistes en Amérique… car je pense, la paix ne fera que lorsque le sionisme disparaîtra.




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  • Congrès du Changement Démocratique