Édition du
29 March 2017

Le florilège qatari de Abdelaziz Ziari

Dans une allocution prononcée hier à l’ouverture des de la conférence de l’Union interparlementaire arabe à Doha (Qatar), le président de l’APN, Abdelaziz Ziari, a appelé à une analyse « audacieuse  et objective » de la réalité arabe, estimant qu’il ne fallait pas se « limiter à des lectures et à des analyses superficielles, mais plutôt  réfléchir à des démarches effectives à même de pallier les difficultés structurelles. »

Cette information est rapportée par El Moudjahid dans son édition du 10 février 2010. Disposant d’un moment de libre, je me suis amusé à procéder à une rapide déconstruction de son discours, ou du moins des extraits qui, je suppose, ont été jugés parmi les plus pertinents par l’auguste quotidien El Moudjahid pour en faire la publication. Florilège en trois temps.


Premier temps. Ziari établit un constat de la situation, tout en s’assurant d’éviter de se « limiter à des lectures et à des analyses superficielles » comme il a averti en préambule de son allocution. Notez donc la profondeur philosophique de ce constat en deux mouvements : D’abord, « Les circonstances actuelles nous obligent à faire face aux problèmes épineux qui menacent la stabilité et l’équilibre dans nos sociétés. » Ensuite, « La plupart de nos pays, notamment ceux à forte densité de population, font face, depuis des années, à de grands défis. »


Deuxième temps. Ziari se fait analyste et décortique avec une rigueur toute keynesienne les causes de la situation socio-économique. Là encore, appréciez la profondeur de son diagnostic en deux mouvements.  D’une part, « La crise économique mondiale a joué un grand rôle dans la détérioration  des équilibres socio-économiques, accentué le chômage et démontré l’incapacité  du marché de l’emploi à répondre aux demandes des jeunes, notamment les diplômés  universitaires. » Et d’autre part: « Les défis sont complexes et se présentent sous plusieurs aspects interactifs : politique, économique, social, scientifique, technologique, culturel, idéologique et religieux. »


Troisième temps enfin. Ziari se fait visionnaire. Et comme il l’a recommandé en préambule de son allocution il livre ses réflexions sur le s « démarches effectives à même de pallier les difficultés structurelles. »  Jugez donc de l’originalité de ces démarches effectives, cette fois-ci en trois temps, trois mouvements. En premier lieu : « Il est impossible  de trouver des solutions immédiates et globales à ces problèmes à défaut de moyens nécessaires et de capacités d’y faire face. » Ensuite : « La résolution de ces problèmes exige l’élaboration  d’un nouvel acte social et politique. » Enfin : « La mise en oeuvre de cet  acte et son acceptation par les peuples concernés, nécessitent l’édification  d’institutions capables de restaurer la confiance entre l’État et la société  et entre le gouverneur et le gouverné. »


Épilogue. Ziari enfile la chéchia du démocrate. La-aussi, il est primordial de relever ses convictions démocratiques. Admirez donc cette sortie digne de figurer dans une anthologie de la politique algérienne : « Il faut centrer les efforts sur l’édification  d’États politiquement forts, à travers des institutions qui reposent sur une  légitimité et une crédibilité (sic) les habilitant à accomplir pleinement le rôle  qui leur est assigné (re-sic). »


Et c’est Ziari, président d’une assemblée qui n’a voté aucun texte de loi conséquent pendant les deux dernières sessions, une assemblée composée de députés pour certains élus par la fraude et pour d’autres sortis des éprouvettes du DRS, une assemblée qui a voté comme un seul homme l’adoption de la Loi sur les hydrocarbures pour ensuite la rejeter toujours comme un seul homme, une assemblée dont les « députés » reçoivent un salaire 30 fois supérieur au SMIG, sans considération de tous les  primes connexes, c’est le président de cette même assemblée qui ne craint pas le ridicule en osant ergoter sur la « légitimité » et la « crédibilité » des institutions.


C’est cela que dans l’Algérie d’aujourd’hui, un président de l’APN qui partage le lit avec les satrapes du pays depuis son sélection comme député en 1982, appelle cela une analyse « audacieuse et objective » de la réalité arabe.


Sid Ahmed.


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9 Commentaires sur cet article
  • mihoubi
    10 février 2011 at 16 h 16 min -

    Le cynisme ne manque pas chez ces gens. Cela ne vaut même pas un comment, c’est leur donner trop d’importance.




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  • kanadi
    10 février 2011 at 17 h 30 min -

    Un autre chef d’oeuvre de cynisme de ces corrompus: du lugubre FAROUK KSENTINI,

    « Et puis, l’interdiction d’une marche à Alger ne constitue pas la fin du monde. Depuis que j’assiste à la vie politique de ce pays, je n’ai jamais vu une marche apporter de vraies solutions à des problèmes. Et puis, ce sont réellement, les gens qui projettent, aujourd’hui, de faire des marches pour poser leurs revendications. Je pense que les autorités sont claires à ce sujet. Il y a des grandes salles qui sont réservées à l’occasion. Comme ils peuvent également se prononcer autrement: par la presse, des réunions, des conférences de presse…On peut s’exprimer pacifiquement et utilement ».




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  • moussa
    10 février 2011 at 17 h 44 min -

    le quotidien el moudjhid?! Vous me faites rire le premier quotidien imposé aux lécteurs algériens de 1962 a 1990, d’ailleurs ressemble énormément a la gueule de Monsieur Ziari




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  • beghdouche
    10 février 2011 at 19 h 07 min -

    Sans vergogne!




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  • ALMIZANE
    10 février 2011 at 20 h 09 min -

    Le poids des mots, le choc des Photos…..
    C’est l’expression qui sied bien à cet hurluberlu qui s’honore de présider l’Assemblée des pingouins.




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  • nomade
    10 février 2011 at 20 h 15 min -

    toi aussi , tes jours sont comptés ya ouahd el-khain.
    tu dégageras avec tes maitres.
    le peuple algérien fera tout son possible pour récuperer l’argent que tu lui as volé avec la bénécdition de ceux qui ont fait de toi un lèche bottes , un larbin.




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  • Amad Malik
    10 février 2011 at 20 h 44 min -

    Ziari le « GRAND VISIONNAIRE »
    Que faut-il s´attendre de la part d´un CHAROGNARD qui mange dans le meme ratelier de ses maitres – imposteurs, incompetents, corrompus et criminels bien avant 1962, et qui ont lachement trahis le sermon fait aux chouhadas, trahis le peuple et assassines des centaines d´hommes integres du Colonel Amirouche jusqu´a Mohamed BOUDIAF en 1992 . Ses pretendus analyses « bidons » en ces moments cruciaux nous laissent supposer qu´il apprehende un serieux renversement de situation en Algerie dans les prochains jours… ALLELULIA!!!
    La Tunisie est un petit pays, mais elle a UN GRAND PEUPLE…
    Les peuples d´Egypte, de Jordanie, du Yemen sont en action en ces instants meme. Le « TSUNAMI DE L´EST » va bientot arriver en Syrie, Lybie, Maroc, Mauretanie, Soudan et enfin en Algerie…
    Les charognards ne dorment plus, ils guettent le moindre souffle de vent, le moindre petard… L´argent sale, les policiers, les militaires ne les
    protegeront plus, car ils font partie du PEUPLE… Certains sont deja en cavale dans les deserts d´Arabie, mais ils seront traques comme de vulgaire criminels pour le restant de leur vie. Et personne ne misera un dollars troue sur leurs tetes de CHAROGNARDS EN CAVALE…
    VIVE LA LIBERTE, VIVE LA DEMOCRATIE… A BAS LES MOUTONS OU QU´ILS SOIENT.
    MALIK




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  • wahmed
    10 février 2011 at 23 h 01 min -

    Si ce pouvoir est amené à tomber, les algériennes et les algériens doivent en débusquer les tentacules: la police politique, les nouveaux riches (corruption), les pseudo-hommes d’affaires, l’administration servile…. en faisant bien sûr attention de ne pas être injuste envers les justes.
    Que le peuple, d’une même voix, fasse entendre en sorte que ce régime soit traduit devant la cours de justice pénale internationale pour tout les crimes et la trahison commis sur le peuple depuis 1962. Suis-je radicale? Non! Ils vont pas nous jouer encore la pièce de qui -tu -qui avec la collaboration de leur amis Français? Dans le cas de l’assassinat de masse commis en Kabylie (2001) qui ne sait pas, encore, qui en est responsable (assassins et commanditaires). Il est plus que jamais temps pour le peuple de retrouver sa dignité, de recouvrer sa souveraineté en insistant sur la nécessité de juger le régime algérien par le TPI. Il n y a pas de raison pour la communauté internationale de ne pas accéder à la demande du peuple algérien à l’instar de ce qu’elle acceptée pour l’assassinat du Libanais Harriri.




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  • zarathoustra
    15 février 2011 at 17 h 29 min -

    son salaire est de 95 millions/mois,information publiée par elkhabar et à ce jour n’a pas été démentie.
    il ne peut bien sûr se démarquer de ses maitres,qui lui ont octroyé ce salaire astronomique,sa valeur est de 30 fois le salaire d’un maitre d’école.
    zarathoustra




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  • Congrès du Changement Démocratique