Édition du
25 March 2017

Les étudiants maintiennent la pression

Des rassemblements prévus aujourd’hui et demain

Les étudiants maintiennent la pression

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El Watan le 16.02.11 | 01h00

La réponse du ministère de l’Enseignement supérieur, le 9 février, n’a pas apaisé la colère des étudiants. Les représentants des grandes écoles et ceux de certaines universités décident de faire front commun contre le décret présidentiel n°10-315. Le retour au système classique est réclamé.

Les étudiants s’organisent. La protestation contre le décret présidentiel n°10-315 s’étend à d’autres universités. La mobilisation au niveau des grandes écoles et des universités est sans précédent. Les étudiants maintiennent la pression pour obtenir l’annulation de ce décret qui dévalue leurs diplômes. De nombreux campus, à l’instar de l’USTHB, des universités de Boumerdès, Tizi Ouzou, Béjaïa, Souk Ahras et Bordj Bou Arréridj, sont paralysés. Les contacts se multiplient ces derniers jours entre étudiants de l’ancien système à l’échelle nationale. Ils œuvrent à coordonner leurs actions à venir. L’Union des grandes écoles a déjà vu le jour. Bien que les revendications restent plus ou moins différentes, les représentants de ces écoles ont opté pour la collaboration avec les délégués des étudiants de l’USTHB dans la mesure où la revendication majeure est l’annulation du décret n°10-315. Sur le terrain, un rassemblement réunissant les étudiants des écoles nationales est prévu aujourd’hui, tandis que les délégués de l’USTHB parlent d’un autre rassemblement, demain, devant le siège du ministère de tutelle.
Il convient de rappeler que les étudiants des grandes écoles ont déjà tenu un rassemblement la semaine dernière. Ce qui a emmené le directeur de la formation en post-graduation à réagir. Mais le communiqué du ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique (MESRS) paru sur son site officiel le 9 février n’a pas apaisé la colère des étudiants des grandes écoles. Après une réunion qui a duré deux jours, les étudiants de huit écoles nationales ont décidé de riposter en organisant un autre rassemblement, aujourd’hui, devant le ministère de tutelle. Les représentants des grandes écoles d’ingéniorat, réunis à l’Ecole nationale supérieure d’informatique, ont exhorté l’ensemble des étudiants à répondre massivement à la l’appel des grandes écoles.
Encadrement exigé
Pour une meilleure organisation de ce rassemblement, les membres du comité seront présents dès la matinée. Chaque école s’attellera à assurer une bonne organisation de ses étudiants. Les participants à la réunion ont demandé à leurs camarades de ramener leur carte d’étudiant afin d’exclure les extras. La réunion, qui s’est déroulé à l’ex-INI, a permis aux différents représentants des écoles ainsi qu’aux délégués des étudiants de l’USTHB, venus en tant qu’invités, de s’entendre sur la stratégie qui sera menée dans le cadre de la collaboration avec les universités. «La réunion nous a permis de concrétiser l’Union des grandes écoles d’ingénieurs», lit-on dans le compte rendu de cette rencontre, dont une copie a été transmise à notre rédaction. La réunion a permis aussi aux participants de définir les actions à entreprendre au courant de la semaine.
Un statut particulier demandé
Une plateforme de revendications portant uniquement sur les préoccupations des étudiants des grandes écoles a vu le jour. Les étudiants des écoles nationales réclament un statut particulier qui permettra la valorisation des diplômes délivrés par ces établissements. Ils demandent également le double diplôme : le titre d’ingénieur d’Etat et celui de mastère leur permettant d’avoir tous les privilèges octroyés aux diplômés d’un mastère, en l’occurrence l’accès aux concours des bourses à l’étranger. Les étudiants revendiquent également le droit d’accès à la recherche scientifique, insistant sur la valorisation du diplôme de magistère. Ils demandent ainsi l’instauration des écoles doctorales au niveau de toutes les grandes écoles ainsi que le changement des conditions pour y accéder. Les rédacteurs de ce compte rendu n’ont pas omis d’inclure les revendications des techniciens supérieurs des étudiants de DEA. Toutefois, ils précisent que celles-ci seront prises en charge dès que les écoles concernées les communiqueront. Les étudiants des grandes écoles et ceux des universités se sont mis d’accord sur le principe d’établir deux PV différents. Cependant, pour éviter tout conflit d’intérêt, les représentants tiennent à prendre en considération les revendications de l’autre partie. Par ailleurs, une rencontre nationale réunissant les recteurs avec les responsables de la tutelle est prévue pour jeudi. Néanmoins, les étudiants demeurent sceptiques quant aux décisions qui seront prises. «Les recteurs sont des fonctionnaires de l’Etat, ils ne peuvent en aucun cas veiller sur  nos droits», a déclaré un délégué des étudiants de l’USTHB contacté hier par téléphone.

Ecoles nationales concernées :

– Ecole nationale d’informatique (ESI)
–  Ecole nationale supérieure d’hydraulique (ENSH)
–  Ecole supérieure nationale d’agronomie (ENSA)
–  Ecole polytechnique d’architecture et d’urbanisme (EPAU)
–  Ecole nationale supérieure des travaux publics (ENSTP)
–  Ecole nationale supérieure des sciences de la mer et d’aménagement du territoire (ENSSMAL)
–  Ecole nationale polytechnique (ENP)
– Ecole nationale supérieure des statistiques et d’économie appliquée
(ENSSEA)
– Et les étudiants en ingéniorat (système classique) de l’USTHB

Djedjiga Rahmani

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UN COMMENTAIRE
  • Rédaction LQA
    16 février 2011 at 13 h 11 min -

    Algérie : un millier d’étudiants manifestent devant le ministère de l’Enseignement Supérieur
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    El Watan le 16.02.11 | 10h36

    Plus de mille étudiants se sont rassemblés mercredi devant les portes du siège du ministère de l’Enseignement Supérieur à Alger. A partir de 10 H du matin, les étudiants de pas moins de huit écoles nationales épaulés par leurs camarades de l’Université de Boumerdès ont organisé une manifestation pacifique devant les locaux du département de Harrouabia situés à Ben Aknou.

    « Ecoles Supérieures, diplômes inférieurs », « On ne se laissera pas marcher sur les pieds », « Sos ingénieurs en détresse », etc., tels sont les slogans qui ont habillé mercredi matin des pancartes brandies par un millier d’étudiants issus de huits grandes écoles nationales réparties sur l’ensemble du pays.

    Ces étudiants en colère réclament aujourd’hui plus que jamais l’annulation du décret présidentiel n°10-315 et le retour au système classique. Ce décret qui fixe la grille indiciaire des traitements et le régime de rémunération des fonctionnaires a fini, ainsi, par unir les étudiants des grandes écoles d’ingénieurs lesquels contestent vivement la « dévalorisation » de leur cursus par les pouvoirs publics.

     » Ce décret est une humiliation pour nous. Notre diplome d’inégniorat a été trainé dans la boue. Et c’est tout notre avenir universitaire et professionnel qui est mis en péril. Nous n’accepterons jamais cela. Notre mobilisation se poursuivra jusqu’à la satisfaction de nos revendications », expliquent des délégués d’étudiants joints par téléphone.

    Nos interlocuteurs soulignent, par ailleurs, qu’une plate-forme de revendications sera remise mercredi par une délégation de huit représentants des étudiants aux responsables du ministère de l’Enseignement Supérieur. Dans cette plate-forme, les étudiants exigeant, entre autre, un statut particulier pour « les grandes écoles » qui assure la valorisation des diplômes délivrés par ces établissements.

    Ils appellent également à l’instauration des écoles doctorales au niveau de toutes les grandes écoles et au changement des conditions d’accès aux écoles doctorales en remplaçant l’accès sur dossier par un accès sur concours écrit obligatoire.

    « Si notre plate-forme n’est pas encore prise en considération, nous reconduirons jeudi notre manifestation devant le siège du ministère. Et nous tenterons d’être à chaque fois plus nombreux lors de nos rassemblements pour faire entendre notre colère au ministre. Nous ne sommes pas des gamins et Rachid Harrouabia doit savoir que nous irons jusqu’au bout de notre combat », confient encore les délégués de ces étudiants protestataires.

    Il est à signaler en dernier lieu que le mouvement de protestation vient de toucher l’ensemble des universités du pays et ne concernent plus uniquement les écoles nationales. Mercredi, après Souk Ahras, Bordj Bou Arréridj, Oran, Tizi-Ouzou, Bouira, Blida, c’est autour des étudiants de Laghouat de procéder à la ferméture des facultés de leur université.

    A Laghouat aussi, un millier d’étudiants ont exprimé leur colère contre « l’abusrdité » des modalités de ce décret présidentiel. Et en dépit des menaces de l’administration universitaire, les étudiants de Lagouhat ont décidé de maintenir leur grève « jusqu’à ce que le ministre annonce officiellement l’annulation de ce décret de la honte », indique à elwatan.com un délégué d’étudiants.
    Abderrahmane Semmar




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