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24 July 2017

Un «jour de colère», de larmes et de balles en Libye

Monde 18/02/2011 à 00h00
In Liberation.fr

Tensions . Alors que Tripoli reste calme, les manifestations violemment réprimées essaiment dans le pays. Bilan : au moins 22 morts.

Par ARNAUD VAULERIN, MADJID ZERROUKY

La «journée de la colère» a viré en émeutes meurtrières en Libye, hier. Depuis mardi, au moins 22 personnes auraient été tuées lors d’affrontements dans le nord-est du pays entre forces de sécurité et opposants au colonel Muammar al-Kadhafi, au pouvoir depuis 1969.

Au troisième jour d’un mouvement de contestation qui s’étend, Benghazi, deuxième plus grande ville du pays, à 1 000 km à l’est de la capitale, Tripoli, a de nouveau été le théâtre de violences. Des témoins ont indiqué au site d’opposition Libya al-Youm avoir dénombré 6 morts. La ville a connu plusieurs manifestations, selon des informations difficiles à vérifier.

Snipers. Ainsi, 5 000 personnes se seraient rassemblées, hier, dans le quartier Al-Shabi, près du tribunal. Des avocats et des juges étaient descendus dans la rue pour réclamer une Constitution, abrogée en 1977 par Kadhafi. Avenue Nasser, dans le centre-ville de Benghazi, un défilé de 2 000 à 3 000 manifestants aurait essuyé des «tirs nourris». Dans le même temps, plusieurs utilisateurs de Facebook et Twitter mentionnaient la présence d’hélicoptères, confirmée par des vidéos mises en ligne. D’autres indiquaient que des snipers avaient été vus sur les toits de la ville. «De nombreux blessés ont été dirigés vers l’hôpital Al-Jala, où les urgences étaient pleines hier en fin d’après-midi», selon Libya al-Youm.

Al-Bayda a elle aussi été survolée par les forces de sécurité, où trois gros-porteurs militaires auraient atterri hier matin. Située près de la frontière égyptienne, la troisième ville du pays semble avoir connu de graves troubles qui pourraient avoir fait 14 victimes, d’après le même site. Ils auraient démarré après la prière aux deux victimes de la veille, Khaled Khanfer et Saad el-Yamani. Les affrontements entre pro-Kadhafi et proches des deux victimes auraient fait 15 blessés.

La contestation a donc essaimé. Des manifestations violentes se sont déroulées à Zenten (au sud-ouest de Tripoli), où plusieurs personnes ont été arrêtées et des bâtiments officiels incendiés, selon le journal Quryna, sur son site. Des débrayages et des échauffourées auraient aussi eu lieu à Darnah et Mesratah. Sans compter les arrestations d’activistes et de militants.

En revanche, tout semblait calme dans la capitale, où le pouvoir a fait défiler ses partisans. La veille, ces derniers s’étaient montrés menaçants, via des SMS : «Si vous descendez dans les rues, on vous tirera dessus.» Mais les autorités ne sont pas restées dans le seul registre de la menace. Le ministère de l’Intérieur a limogé, hier, un haut responsable des services de sécurité d’Al-Bayda, après la mort des deux manifestants. Selon Quryna, proche du pouvoir, «le Congrès général du peuple [l’Assemblée libyenne, ndlr] se réunira lundi à Tripoli pour opérer des changements dans les modes de gouvernance et des remaniements dans l’administration». Le pouvoir tente de parer au plus pressé.

En berne. Si l’on en croit un document officiel diffusé hier par le site Al-Watanona, la contestation aurait gagné les forces de la sécurité. Un courrier en date de mercredi et signé du «frère directeur des opérations et des interventions d’urgence» se lamentait du moral en berne des troupes et de «certains officiers de la police […] protestant contre les ordres de recours à la force». Avant de demander des moyens supplémentaires dans l’est du pays.

«Depuis les années 90, le régime tente de contrôler cette région, souvent placée en état d’urgence, qui a toujours refusé la révolution de Muammar al-Kadhafi, analyse Luis Martinez, du Ceri-Sciences-Po. Cette partie du pays a toujours montré un attachement à la monarchie que le guide libyen a abrogée en 1969. Ils ont ensuite soutenu le Groupe islamique de combat libyen, avant d’être ostracisés et privés des bénéfices de la rente pétrolière.» Les révolutions tunisienne et égyptienne ont fini de mettre le feu aux poudres.


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5 Commentaires sur cet article
  • Général AB
    18 février 2011 at 17 h 09 min -

    Essalamou Oua MinHou Essalam!

    elgaddafi, chef d’équipe des dictateurs arabes, obsédé sexuel et drogué, 1er représentant de la loge supérieur de satan en Afrique du Nord, 1er complice d’israël, plus grand corrupteur des peuples, 1er responsable de l’image hideuse des arabes que les dominants utilisent pour nous déclasser, …. a hier déjà entendu les chevaux, il va mourir d’une mort très violente……………….

    Pôvre et misérable crétin de bougre inconscient……….!

    «JAA ALHAKKOU WA ZAHAKA AL BATILOU INNAL BATILA KANA ZAHOUKA!» Sadaqua Allahou El-ADHIM!

    Vive les peuples dignes et libres!
    Général AB d’EL_AHRAR!




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  • Rédaction LQA
    18 février 2011 at 17 h 11 min -

    Libération.fr 18/02/2011 à 10h41 (mise à jour à 15h38)

    Au moins 24 personnes ont été tuées en deux jours en Libye

    Emeutes meurtrières en Libye

    La «journée de la colère» a viré en émeutes meurtrières en Libye, hier. Selon une source médicale locale, quatorze personnes ont été tuées jeudi dans les affrontements entre forces de l’ordre et manifestants antirégime à Benghazi.

    Les comités révolutionnaires, pilier du régime libyen, ont menacé vendredi les « groupuscules » manifestant contre le pouvoir d’une riposte « violente et foudroyante », prévenant que toute tentative de toucher aux lignes rouges serait un « suicide ».

    Depuis mardi, au moins 24 personnes auraient été tuées lors d’affrontements dans le nord-est du pays entre forces de sécurité et opposants au colonel Muammar al-Kadhafi, au pouvoir depuis 1969.

    Au troisième jour d’un mouvement de contestation qui s’étend, Benghazi, deuxième plus grande ville du pays, à 1 000 km à l’est de la capitale, Tripoli, a de nouveau été le théâtre de violences. Des témoins ont indiqué au site d’opposition Libya al-Youm avoir dénombré 6 morts. La ville a connu plusieurs manifestations, selon des informations difficiles à vérifier.

    Les comités révolutionnaires, pilier du régime libyen, ont menacé vendredi les « aventuriers » manifestant contre le pouvoir d’une riposte « violente et foudroyante », prévenant que toute tentative de toucher aux lignes rouges serait un « suicide ».




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  • mihoubi
    18 février 2011 at 17 h 54 min -

    Les relais du pouvoir des criminels sont actifs à la place du 1.Mai – Ils ont reçu instructions de sensibiliser les citoyens de défendre leurs biens contre les casseurs. Ces mêmes casseurs et chiarines (baltadjis algériens) reçoivent 5.000,00 DA chacun. Le PC et la caisse se trouvent à l’APC de Sidi M’hemed.




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  • chafik
    18 février 2011 at 18 h 06 min -

    Je suis solidaire de la lutte des libyens pour la chute du régime du plus grand salopard de la planète,vive la libye libre et démocratique.Tous pour une union des peuples du maghreb pour la LIBERTE.
    A BAT LES DICTATEURS




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  • Rédaction LQA
    19 février 2011 at 0 h 18 min -

    France 24.com
    Au moins 40 morts depuis le début des émeutes

    Le mouvement de protestation contre le régime ne s’essouffle pas en Libye. La répression a provoqué la mort d’au moins 40 personnes. Une situation sans précédent dans ce pays où Mouammar Kadhafi règne sans partage depuis 42 ans.

    AFP – Le bilan des émeutes en Libye dépassait vendredi soir quarante morts, les affrontements touchant l’Est du pays, notamment Benghazi, où le siège de la radio a été incendié alors que les manifestants ont pendu deux policiers dans la ville d’Al Baïda.

    Selon le journal libyen Oéa, proche du réformateur Seif Al-Islam, fils du numéro un libyen Mouammar Kadhafi, les manifestations contre le régime ont fait au moins vingt morts à Benghazi, la deuxième plus grande ville du pays, et sept à Derna (est).

    Ce nouveau bilan porte à 41 le nombre des morts depuis le début des protestations en Libye mardi, selon un décompte fait par l’AFP à partir de différentes sources locales.

    Il ne comprend pas quatre prisonniers tués vendredi par les forces de l’ordre alors qu’ils tentaient de s’évader de la prison d’El-Jedaida, près de Tripoli, ni les deux policiers pendus.

    Ces derniers tentaient de disperser une manifestation dans la ville d’Al-Baïda (200 km à l’est de Benghazi) lorsqu’ils ont été capturés par des manifestants avant d’être pendus, a indiqué Oéa.

    L’Organisation non gouvernementale Human Rights Watch avait de son côté fait état vendredi matin d’un bilan de 24 morts jusqu’à jeudi soir.

    Les manifestants réclament le départ de Mouammar Kadhafi, au pouvoir depuis 1969. La Libye a été à son tour touchée par des émeutes après que les Tunisiens et les Egyptiens voisins ont chassé ces dernières semaines leurs dirigeants respectifs Zine El Abidine Ben Ali et Hosni Moubarak.

    Les comités révolutionnaires, pilier du régime libyen, avaient menacé vendredi les « groupuscules » manifestant contre Mouammar Kadhafi d’une riposte « foudroyante ».

    « Le pouvoir du peuple, la Jamahiriya (pouvoir des masses), la révolution et le leader (Mouammar Kadhafi) constituent des lignes rouges. Celui qui tentera de les dépasser (…) joue avec le feu », avaient-ils prévenu.

    Le colonel Kadhafi n’est en théorie qu’un « guide » prodiguant ses conseils. Son modèle permet théoriquement au peuple libyen de gouverner par l’intermédiaire de comités populaires élus par des congrès populaires qui se réunissent annuellement pour prendre les décisions qu’ils font « remonter » au Congrès du peuple (Parlement), la plus haute instance législative du pays.

    Mais un mouvement de contestation contre son régime a débuté mardi et s’est intensifié jeudi après un appel sur internet à une « journée de la colère ».

    Les premières manifestations ont été très violemment réprimées, notamment à Benghazi, bastion de l’opposition, et Al-Baïda, toutes deux situées sur la côte méditerranéenne.

    Benghazi « l’insoumise » en première ligne de la fronde anti-Kadhafi

    Des milliers de personnes ont participé vendredi aux obsèques des manifestants tués à Benghazi, selon des témoins.

    Les forces de l’ordre étaient postées vendredi autour d’Al-Baïda et en contrôlaient les entrées et sorties ainsi que l’aéroport, a dit à l’AFP une source proche du pouvoir, après des informations circulant sur internet selon lesquelles des manifestants auraient pris le contrôle de la ville.

    « Les forces ont reçu l’ordre de quitter le centre de la ville pour éviter des affrontements avec les manifestants », a indiqué cette source, sous le couvert de l’anonymat.

    Au moins quatorze personnes ont été tuées à al-Baïda depuis mercredi, a indiqué une source libyenne bien informée, alors qu’un précédent bilan faisait état de deux morts.

    « Cela ne doit pas se faire dans le sang »

    Parmi ces morts figurent des manifestants, mais aussi des partisans du régime, a ajouté cette source.

    Plus d’un millier de prisonniers se sont par ailleurs évadés vendredi après une mutinerie dans une prison à Benghazi, selon le journal Quryna, également proche de Seif Al-Islam, et 150 auraient ensuite été arrêtés.

    A Tripoli, la capitale, des partisans du régime sont descendus vendredi dans la rue, comme la veille, en sillonnant la ville en voiture, brandissant des portraits du colonel Kadhafi et des drapeaux.

    Parallèlement, les médias officiels continuaient à occulter les protestations. Depuis mercredi, l’agence officielle libyenne et la télévision nationale se contentent d’évoquer des rassemblements et des défilés pro-régime.




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  • Congrès du Changement Démocratique