Édition du
27 July 2017

Vérités sur la justice du téléphone et sur ses relais

Lourd silence de l’Union nationale des barreaux

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El Watan le 22.02.11 | 01h00 

-1) – à propos de l’Inspection générale du ministère de la justice
J’ai lu avec consternation et j’ai été abasourdi par les déclarations des syndicats de magistrats et de certains autres anonymes (par peur de représailles) à propos des pressions qu’ils subissent de la part d’une seule personne, en l’occurrence l’inspecteur général du ministère de la Justice. En effet, ce personnage s’est érigé en véritable juridiction de recours, n’hésitant pas à soumettre à la «question» tout magistrat qui aurait rendu une décision qui ne serait pas de son goût. Selon ses déclarations, il obligerait les juges à taper eux-mêmes les décisions, les reléguant ainsi, au rôle de dactylographe au point où certains, avec le volume de travail, ont attrapé des maladies chroniques à cause du stress, diabète, AVC, etc.
Le climat de terreur instauré par ce personnage, au vu de cette déclaration, a non seulement violé le principe sacro-saint de la séparation des pouvoirs mais fait de l’institution judiciaire un service annexe de la chancellerie. D’ailleurs, selon les mêmes  magistrats, ces injonctions leur parviennent par téléphone.
Si des magistrats longtemps muselés par peur de mesures disciplinaires arbitraires en sont arrivés à la rébellion, c’est que Dame Justice a atteint un seuil de gravité intolérable. S’il est vrai que la justice en Algérie est agonisante à cause de l’incompétence, l’insuffisance professionnelle et la corruption, que beaucoup de décisions de justice sont douteuses et contestables, il n’en  demeure pas moins que l’indépendance du juge (formelle) reste le minimum incompressible à revendiquer dans les faits.
-2) – à  propos des avocats Tunisiens et  égyptiens
Ces avocats étaient à la tête des manifestations en Tunisie et en Egypte. Ils ont été brutalisés et placés en garde à vue par des  bestadjia  de Ben Ali et de Moubarak. Nous étions une poignée d’avocats (trente) à avoir manifesté notre solidarité avec nos confrères par voix de presse (El Watan). La solidarité confraternelle n’a pas de frontières territoriales, culturelles  ou cultuelles.
J’ai moi-même appelé le président de l’UNBA, lui demandant de réagir, au nom de la corporation, aux  brutalités publiques subies par nos confrères de Tunisie et d’Egypte : sa réponse m’a refroidi. «Ils ne nous ont pas sollicités», m’a-t-il répliqué. Une attitude irresponsable alors que quelques jours avant, il n’a pas hésité à traiter d’émeutiers les manifestants en Algérie ; allant même jusqu’à enjoindre aux avocats de ne pas les défendre gratuitement. Inouï !!! Cette attitude nous fait comprendre que le président de l’Union des barreaux fait dans le funambulisme et l’équilibrisme pour ne pas déplaire en haut lieu : ne pas parler de corde dans la maison du pendu.
Ces deux événements, sur lesquels nous n’avons pas osé lever le petit doigt, démontrent le degré de régression dans lequel est plongé la profession.
Pour avoir prononcé un seul mot (sanction) à propos des magistrats,  Nicolas Sarkosy  s’est attiré la foudre de tous les magistrats et les avocats français unis pour une même cause. Malheureux ! Avant, la voix des avocats était entendue et redoutée même sous la chape de plomb instaurée par Ben Bella , Boumediene et Chadli qui ont tenté d’en faire une organisation de masse. Trente ans après, ce sont les avocats, eux-mêmes, qui tentent de faire soumettre la profession à la chancellerie. Pauvres de nous !!! Une seule réaction dans cet océan d’indifférence, de veulerie complice, celle de Me Lazhar , que je salue pour son courage. Merci Kho !!!S. M.

Saïd Mezil. Avocat au barreau de Tizi Ouzou


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7 Commentaires sur cet article
  • winelharba
    22 février 2011 at 22 h 03 min -

    je vous conseille d’aller voir les responsables de certains services de sécurité et les procureurs à l’intérieur du pays; c’est une véritable maffia qui pousse à la sédition. la situation au sud du pays est encore plus dramatique, alors si demain un autre Mak au sud , il faut pas s’étonner. c’est ça la boulitique du système, occupé à gérer la rente.




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  • echecs et maths
    22 février 2011 at 23 h 09 min -

    de la non independance des magistrats et du mepris des avocats le ministere de justice est devenus une machine a broye les droits des algeriens a des proces equitables .
    une justice a la solde du drs et de l oligarchie qui bafoue le droit et la separation des pouvoirs pour se soustraire a toute poursuite .les juges et les avocats ne son plus acteurs de l action de justice ils en sont devenus les spectateurs le justiciable quand a lui se retrouve dans la sa salle des pas perdus la grande victimes d un etat de non droit .




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  • Abdelkader DEHBI
    23 février 2011 at 11 h 04 min -

    @ — Me Saïd Mezil :

    «  » »…il obligerait les juges à taper eux-mêmes les décisions, les reléguant ainsi, au rôle de dactylographe au point où certains, avec le volume de travail, ont attrapé des maladies chroniques à cause du stress, diabète, AVC, etc. » » »

    Quand des magistrats sont incapables d’honorer la dignité de leur fonction de magistrat en se défendant eux même allant qui plus est, jusqu’à adopter de telles attitudes de soumission injustifiée à leur hiérarchie, eh bien ! ils méritent même qu’on leur donne des serpillères pour nettoyer les salles d’audience…
    Je veux dire qu’ils ne valent pas la peine d’être défendus.




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  • Boreal
    23 février 2011 at 13 h 50 min -

    Votre soumission ou plutôt votre servitude à ce régime n’est-elle pas le fondement même de votre misère ?

    Un citoyen lambda




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  • ahmed.22
    23 février 2011 at 21 h 46 min -

    En Tunisie,Egypte et en Libye voir d’autres pays,il y a ou avait qu’un seul dictateur a la tète du pays,mais en Algérie c’est une somme de dictateur occupant des postes clé et à leur tête un dictateur boutef jouant son rôle




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  • Abdul
    23 février 2011 at 21 h 48 min -

    Ils sont aussi serviles parce qu ’ils y trouvent leur compte.Les juges font littéralement commerce des décisions de justice ,ils suffit juste de voir les bidonvillas qu’ils construisent.C’est probablement la corporation la plus corrompues du pays.




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  • Gone
    24 février 2011 at 21 h 08 min -

    On ne doit pas badiner avec ce genre d’histoires. S’il y’a un secteur à assainir et parmi les premiers, c’est ce secteur, car de lui découle la concrétisation de l’Etat de droit. Puis l’enseignement supérieur et l’éducation en général. Ce qui a été fait à Blida , c’est déjà un bon début. Arracher autant que possible nos droits: sit- ins, pétitions, gréves s’il le faut.Les pratiques mafieuses doivent cesser.




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  • Congrès du Changement Démocratique